‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 2)Chapitre 93 sur 329 · OL · texte numérisé non relu

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Alliances franco-suisses. Renouvellement do l'Alliance dans la collégiale de Suleure (Bibliothèque Nationale suisse, Berne),

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Il ne restait plus en Bomme qu'à convertir en alliance offensive l'alliance défensive de 1470. Berne l'en

avec beaucoup plus île résolution dans cette voie que les autres Confédérés. L'accord définitif austro-suisse ayant été arrêté de façon définitive, le 22 octobre, à Feldkirch, l'alliance offensive entre le roi el les cantons le fut le 26 du même mois. La coalition anti-bourguignonne Be renforçait d'un élément capital. Or, le roi entendait faire « donner» ses nouveaux alliés contre l'ennemi commun et n'intervenir lui-même dans le conllit que pour s'approprier, au moment opportun, le fruit de l'effort victorieux de ceux-ci. Ses encouragements occultes provoquentdela part des Confédérés deux expéditions militaires successives : celle contre Héricourt (nov. 1474) et celle qui se termina pour eux par la conquête du pays de \ and (mars-avril 1475). Une troisième expédition contre i'Islesur-le-Doubs et Blamont par les liernois entraîna sur les pas de ces derniers des contingents de tous les Etats des Ligues, jusqu'alors hésitants. Ils en fuient mal récompensés d'ailleurs. La honteuse paix franco-bourguignonne de Souleuvres (13 sept. 1475) allait les porter à s'accommoder eux-mêmes avec Charles le Hardi, lorsque la rencontre de Grandson tira Louis XI du pas difficile où il s'était engagé.

Sommé par les Suisses de tenir ses promesses à leur égard, le roi continuait à louvoyer. Il ne se réveilla qu'après Morat, pour imposer à ses alliés un armistice avec la maison de Savoie, qu'il prenait désormais sous sa sauvegarde. A la nouvelle de l'ultime défaite du duc Charles devant Nancy, il envahit aussitôt les Deux-Bourgognes, avec l'espoir d'y devancer les Suisses. Mais ceuxci, élevant des prétentions sur la Franche-Comté, ils se les firent acheter par les héritiers du prince défunt. L'échec subi de ce chef par la diplomatie de Louis XI était grave. Elle prit sa revanche en faisant conclure sous sa médiation la paix entre le duc de Milan et les cantons. Dans l'intervalle, au reste, les Français avaient réoccupé la Franche-Comté. Six mille mercenaires suisses levés par le roi demeuraient à sa solde, et les marchands de Berne, de Zurich et de Saint-Gall, séduits par les privilèges que leur concédaient des lettres-patentes de sept. 1481, commençaient à s'établir à Lyon et dans d'autres villes du royaume.

Si brillante qu'elle apparût au premier abord, l'œuvre politique ainsi accomplie par Louis XI reposait cependant sur des assises quelque peu chancelantes. Ce prince avait certes tiré un merveilleux parti du concours inespéré et décisif prêté par les Suisses à la réalisation de ses desseins. Mais aussi bien, en se réservant la part du lion, il s'était joué de ses nouveaux alliés, et ceux-ci lui en gardaient rancune. Lui disparu, la régente, mère de Charles VIII, put se convaincre que les dispositions des Confédérés à l'égard de la France n'étaient rien moins que favorables. Arrivés à peu près à l'apogée de leur réputation militaire, ces derniers paraissaient résolus à défendre leurs intérêts politiques et à ne plus laisser à un roi Très-Chrétien la faculté d'exploiter à son seul profit la situation créée par leurs victoires. Ils n'agréèrent point les offres de Paris de renouveler l'alliance qui les liait à la couronne, et le « grand accueil » fait à leurs députés à la cour, vers la fin de 1483, lorsqu'ils s'y rendirent pour complimenter le jeune roi sur son avènement, ne modifia point ces résolutions. Au total, le traité signé à Lucerne le 4 août 1484, après plusieurs mois de laborieuses négociations, ne pouvait être considéré que comme un traité d'attente, assez semblable à celui conclu entre les parties au temps de Charles VII. Au reste, il ne semblait pas y avoir péril en la demeure. D'un côté, en effet, les hostilités avaient momentanément pris lin ; de l'autre, grâce à l'habileté et à la prudence des recruteurs français, des levées clandestines de troupes continuaient à s'effectuer dans l'admirable pépinière d'hommes que constituait l'Helvétie à cette époque. La mission exécutée dans ce pays par Pierre-Louis de Valtan, en juin 1486, eut pour objet de rendre plus efficace pour la couronne Très-Chrétienne son alliance avec les cantons. La situation s'aggravait en Bretagne, en Picardie, en Savoie. Mais les déliances des Suisses persistaient à l'endroit de la France et de son gouvernement. Néanmoins huit mille Confédé-

ré- formaient le noyau de l'armée royale victorieuse à Saiut-Aubin-du-Cormier <28 juil. 1488i. Dans ces entrefaites se produisit la rupture entre Charles VIII et i empereur Maiimilien. Cet événement n'était certes pas de nature à fortifier les sympathies Buisses envers l'héritier de Louis XI. De futiles incidents de frontières, de malencontreuses saisies opérées à Auxonne au préjudice d'un marchand îles Ligues achevèrent d'indisposer l'opinion en Helvétie contre les autorité- royales. Aux conférences de Constance de l'année 1492, les représentants de l'empereur prirent nettement l'avantage sur les partisans du roi Très-Chrétien. User de duplicité et de tergiversations, tel fut désormais le mot d'ordre imposé aux agents de ce dernier accrédités auprès des cantons. Si la Franche- Comté ne put être conservée pjr la France, la eau-' es fut à l'hostilité de plus en plus marquée qui se manifestait parmi les Etats occidentaux des Ligues à l'égard de cette puissance. En revanche, à l'inverse de ce qui s'était produit sous Louis XI, les petits cantons du centre et de t'est, naguère encore très hésitants à accueillir les ouvertures venues du Louvre, tendaient à ne pas les repousser désormais

La paix faite avec l'Autriche, Charles VIII tourne son activité vers l'Italie. L'attrait du butin entraîne les mercenaires des Ligues à descendre à sa suite dans les riches plaines de la Péninsule, et cela en dépit des défenses édictées par leurs supérieurs. Huit mille Confédérés rejoignent l'armée royale au delà des monts, participent à la victorieuse affaire de Hapallo, entrent avec le prince français dans Home, le 31 décembre 1494 et dans Naples le 22 févr. suivant. Ils accompagnent Charles VIII dans sa retraite vers le Nord, culbutent les troupes vénétolombardes à Fornovo 16 juil 1495) et, renforcés de vingt mille des leurs, descendus par la voie des Alpes, sous la conduite du bailli de Dijon, réussissent à débloquer Novare et a contraindre à la paix le gouvernement milanais (10 oct.). C'est à la suite de celte campagne, glorieuse mais infructueuse, que lap lupart des cantons se décident à resserrer les liens qui les rattachent à la France (traité du 1" nov. 1495). Seuls, Herne, Schvvyz et le Bas-Unterwalden se refusent à entendre aux offres des ambassadeurs de Charles VIII, mais repoussent avec non moins d'énergie l'idée de faire cause commune avec ses adversaires.

Au total, durant les quinze années du règne de Charles VIII, la renommée militaire des Confédérés s'était accrue sous les bannières fleurdelisées. Mais, encore qu'ils eussent vu conlirmés et augmentés les privilèges de leurs marchands en France, les Suisses, grâce à leurs hésitations, n'avaient pas permis à la diplomatie du Louvre de conserver les positions conquises par elle en Helvétie vers la fin du règne de Louis XI.

On put croire que l'avènement de Louis XII provoquerait la conclusion d'une entente plus étroite entre la cour de France et les Confédérés. Aussi bien ce prince n'était point un inconnu pour ces derniers. Pendant trois années, leurs mercenaires avaient fait campagne sous lui dans la Haute- Italie, alors qu'il n'était que duc d'Orléans. De prime abord le rapprochement souhaité de part et d'autre se dessina nettement. Les démarches tentées de Paris aux fins de le hâter furent poussées avec vigueur. L'opposition de Berne et des cantons dissidents ne se prolongea point, et, le 16 mars 1499, un traité renouvelant l'alliance fut arrêté à Lucerne entre les représentants des dix cantons et les ambassadeurs du roi, lequel en ratifia les clauses à Blois le 16 mai suivant. Ce traité, plus explicite et plus étroit que ceux qu'il était appelé à remplacer, devait surtout profiter au monarque français, que les Suisses aidèrent à conquérir la Lombardie, alors qu'eux-mêmes ne reçurent de lui que des secours dérisoires au cours de leur lutte contre l'Autriche.

Politique à courtes vues, Louis XII ne lit rien pour atténuer le mécontentement des Confédérés. Loin de reconnaître les services qu'ils lui avaient rendus et ne cessaient de lui rendre, il parut, dès In conclusion du traité de mars 1499, s'attacher- à se dégager, sans bourse délier, des obligations contractées par lui à l'égard de ses alliés des Ligues des Hautes-Allemagnes, dans lesquels il inclinait à ne voir que des mercenaires. Or, les vainqueurs des guerres de Bourgogne, de Souabe et d'Italie

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étaient moins disposés que jamais à subir un pareil traitement. Le successeur de Charles VIII reçut d'eux un premier avertissement qui ne réussit pas à- vaincre sa maladroite obstination. Ce fut les offres de médiation de son ennemi Ludovic Sforza et non les siennes qu'ils acceptèrent pour hâter leur accommodement avec l'empereur. Lorsque, de surcroît, le roi Très-Chrétien négligea de maintenir les privilèges accordés au commerce helvétique à Milan par les anciens maîtres du duché; lorsqu'il s'abstint de payer les soldes dues aux auxiliaires suisses di1 ses années, ces derniers n'hésitent pas à changer de camp et à aider à l'expulsion momentanée des Français de la Lombardie. C'est, à dire vrai, grâce à l'assistance de vingt-quatre mille des leurs que Louis XII parvient au bouî de peu de temps à rentrer en possession de ses conquêtes d'outre-monts. Mais sa duplicité et la mauvaise foi qu'il apportait à remplir ses engagements n'étaient certes pas faites pour lui ramener les sympathies déjà fort ébranlées des gouvernements confédérés. Son refus d'autoriser les cantons primitifs, ou du moins Uri, Sehwyz et Xidvvald à conserver Bellinzone. ainsi qu'il le leur avait promis, déchaîna l'orage. Les enseignes de ces redoutables montagnards descendirent surMilan. Tout plia devant elles. Par suite, Louis XII se vit acculé à la nécessité d'acheter la paix (Arona, 11 mars 1503) à des conditions qu'il se promettait de ne point observer.

Cependant les défiances subsistaient du côté suisse, à tout le moins. Elles s'accrurent après la reprise de Gênes par les Français, puis au lendemain d'Agnadel, quand il ne fut plus permis de douter de l'ingratitude persistante du successeur de Charles VIII envers ses alliés des Ligues et de son dessein de marchander le prix des services considérables qu'ils lui avaient prêtés. Elles s'exaspérèrent lorsque de surcroît, le traité de Blois de 1499 étant expiré, Louis XII s'abstint d'en solliciter le renouvellement et entama des négociations avec les Valaisans et les Grisons dans l'intention, clairement manifestée, de se passer désormais de l'assistance et du concours des contingents suisses.

La situation se tendait de plus en plus entre le roi et les cantons, et les ambassadeurs dépêchés par Louis XII aux Confédérés ne s'estimaient plus en sûreté au delà du Jura. Aussi bien, dès l'instant que le parti du Louvre subissait une disgrâce en Helvétie, il était dans l'ordre des choses que le parti impérial cherchât à y relever la tête. Il y réussit. Mais le pape, de son côté, ne demeurait pas inactif. Il proposa son alliance aux Confédérés. Ceux-ci l'acceptèrent après quelques hésitations (4 mars 1510) et, du coup, les mercenaires suisses et valaisans passèrent au camp des ennemis de la France. Un rapprochement momentané, survenu vers la lin de l'année 1510 entre les alliés de Blois ne dura guère. L'arrogance imprudente de Louis XII à l'égard des Confédérés suffit à resserrer les liens récents qui unissaient ceux-ci au Saint-Siège. Il restait au monarque français une dernière faute à commettre. La victoire de Bavenne avait relevé son prestige aussi bien en Italie que dans le massif alpestre. Il en prit occasion pour briser les négociations que ses ambassadeurs venaient de renouer à grand'peine au sein des Ligues, tout en continuant à y lever des troupes malgré l'opposition formelle des autorités cantonales. La réponse de celles-ci ne se fit pas attendre. A l'instigation du cardinal Schinner, ils s'abouchèrent avec Maxîmilien d'Allemagne, avec Maxîmilien de Milan et tous les ennemis de Louis XII. s'emparèrent de Lugano, de Locarno, de Mendrisio et du Val Maggia, pendant que les Grisons se saisissaient de la Valteline, défirent à Novare une armée française, qu'ils chassèrent de la Péninsule, enlevèrent Neuchâtel au duc de Longueville, envahirent la Bourgogne et ne s'arrêtèrent (pie sous les murs de Dijon, où La Trémoille parvint à conclure avec eux un traité de paix que le roi se refusa au reste à ratifier. Lorsque mourut Louis XII, la rupture était complète entre la royauté française et les petits Etats dont les mercenaires avaient été les artisans de ses succès militaires sur les champs de bataille de Bretagne, de Lorraine et d'Italie. *

Le refus de Louis XII de ratifier le traité de Dijon avait, on vient de le dire, achevé d'assurer le triomphe

des ennemis de la France parmi les Ligues. Lorsque François I" monta sur le trône, l'état de guerre existait donc de fait à la frontière orientale de ses Etats, et le duché de Bourgogne demeurait sous la menace dune nouvelle invasion des Confédérés. Le gendre et successeur du roi défunt s'attacha vainement à ramener ceux-ci. Les conditions qu'ils lui firent pour déposer les armes étaient si sévères qu'il ne se résigna pas à les accepter. Décidé à reconquérir « son » duché de Milan, il franchit les Alpes à la tête d'une imposante armée. Appelés à l'aide par Maxîmilien Sforza, les Suisses n'hésitèrent pas à accueillir avec faveur cette requête. Ils s'attendaient à renouveler les prouesses de Novare. Vainqueurs, le 13 sept. 1515, ils subirent le lendemain une glorieuse défaite à Marignan et se retirèrent en bon ordre vers leurs montagnes, où François Ie1 ne songea pas à les poursuivre.

Ce fut dans ces entrefaites que Charles III, duc de Savoie offrit ses bons offices aux deux parties. Ses eftorts devaient être couronnés de succès. La paix conclue à Genève le 7 nov. 1515 réconcilia le roi avec les Confédérés, en attendant que la paix perpétuelle signée à Frihourg, le 29 nov. 1516, aplanît les dernières difficultés qui subsistaient encore entre ceux-ci et la couronne Très- Chrétienne.

A dater de cette époque, des relations de jour en jour plus étroites et plus amicales s'établissent enlre les deux pays. Elles ne suffisent pas cependant à détacher les Suisses de la cause de Charles-Quint, dont ils favorisent la candidature à la succession de l'empereur Maximilien. Mais elles rendent plus sensible aux yeux de François Ier l'intérêt essentiel qu'a désormais la France à consolider son hégémonie politique au sein des cantons, dès lors que les couronnes impériale et espagnole sont réunies sur une seule tête. La rénovation et l'amélioration des capitulations intervenues entre les Confédérés et le gouvernement de Paris au cours des cinquante dernières années apparaissent désormais comme une nécessité. Deux années de négociations ardues aboutissent enfin, le 5 mai 1521, à la conclusion d'un traité d'alliance défensive, auquel les Ligues Grise et Cadée adhérèrent par un acte séparé le 5 févr. 1523. Ce traité assurait des avantages commerciaux importants aux cantons, ainsi que le paiement de grosses pensions par les soins du trésor royal. Il consacrait, d'autre part, la légitimité des acquisitions faites par les Suisses au delà des monts, aux dépens de la Lombardie. En revanche, les cantons s'engageaient à défendre contre tous agresseurs le royaume et ses dépendances italiennes. Ils surent tenir parole et combattre pour leur nouvel allié aux bons comme aux mauvais jours, notamment à la Bicoque (27 avril 1522) et à Pavie (24 févr. 1525), sur la Somme, où ils contribuèrent à la levée du siège de Péronne (1536), puis en Provence et en Piémont (1537-1544), où leur intervention décida le gain de la bataille de Ceresole (Cérisoles).

Par malheur la Béforme, dont le triomphe à Zurich, à Berne, à Bâle, à Schaffhouse, était désormais certain, divisait chaque jour davantage la Suisse en deux camps et lésait au plus haut degré Tes intérêts de la couronne Très-Chrétienne dans ce pays. Les démarches entreprises par François Ier à l'effet de ramener la concorde au sein des Ligues ayant échoué, les autorités des deux grands cantons de la nouvelle croyance se montrèrent de moins en moins disposées à accorder des levées de troupes à ce prince dans sa lutte contre Charles-Quint. *

Au début de son règne, Henri II, lui aussi, se heurta à la mauvaise volonté manifeste des Bernois et des Zuricois à appuyer ses revendications contre l'empereur. Néanmoins ses ambassadeurs, chargés de renouveler avec les Suisses l'alliance de 1521, ne laissèrent pas de conclure à Soleure, le 7 juin 1549, un nouveau traité avec onze cantons, l'abbé et la ville de Saint-Gall, Mulhouse, le Valais et les Ligues Grises, que le roi, par une déclaration spéciale, s'engageait à traiter dorénavant sur le pied de trois cantons. Encore qu'aux termes de cet instrument diplomatique, les Confédérés ne fussent pas astreints à prendre fait et cause pour la France, dans la question du Milanais, ils ne rendirent pas moins de bons services à leur grand allié d'Occident, combattirent sous ses drapeaux en Picardie, en Bourgogne, à Calais, à Guines, ainsi

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qu'en Italie el furenl compris au traité de Cateau-Cambrésis parmi les Etats qu'y réservait le roi Très-Chrétien.

* Néanmoins, ;i chaque « renouvellement », les canton- i ' leurs confédérés émettaient îles prétentions si léonines que la couronne se trouvait fort empêchée à leur donner satisfaction. Catherine de Médicis dépêcha en Suisse en 1564 quai h' ambassadeurs : le maréchal de Vieilleville. l'évêque de Limoges, Sébastien de l'Aubespine, Nicolas de La Croix, abbé d'Orbais, et Pomponne de Hellièvre. L'alliance conclue par eux au prix de grandes difficultés, le 7 décembre, ne il i liera pas sensiblement de la précédente. Berne et Zurich refusèrent d'y adhérer, comme ils avaient refusé d'adhérer

.•m plus tard, jour pour jour. Mais les rapports Be tendent de plus en plus entre catholiques et protestants des Ligues. Si ceux-là ont consenti à la prolongation de leur alliance avec la couronne, c'est à seule lin de ne pas perdre Irurs créances sur celte dernière. Leurs aspirations politiques les attirent ailleurs; elles les enragent à signer des traités avérés ou secrets avec le Pape, le gouverneur de Milan, le duc de Savoie. Complètement acquis à la cause des Guises, ils se jettent à corps perdu dan- le parti de la Ligue et concluent avec le roi d'Espagne le traité d'alliance de Lucerne(12 mai 1587).

La scission se manifeste dès lors complète au sein de la Confédération. Berne et les Etats de son groupe sou-

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Alliances franco-suisses. Feu d'artifice à l'occasion du renouvellement de l'Alliance à Soleure (Bibliothèque Nationale suisse, Berne).

à celle négociée sous le règne de Henri IL Toutefois les gouvernants de ces deux villes furent assez politiques pour résister aux sollicitations de leurs coreligionnaires français rebelles à l'autorité royale. La nouvelle même de la Saint- Barthélémy ne les engagea pas à se départir de la stricte neutralité qu'ils s'étaient promis d'observer dans les affaires d'Outre-Jura. Ils pu rent ainsi éviter d'entrer en conllit avec leurs confédérés catholiques, lesquels, pendant ce temps, se couvraient de gloire au service de Charles IX.

Peu à peu, cependant, de profondes transformations s'opèrent dans les esprits en Helvétie. Les cantons protestants se rapprochent insensiblement de Henri III, que leurs adversaires confessionnels n'estiment plus assez catholique à leur gré. Des négociations pour un renouvellement d'alliance conduites par François de Mandelot, Jean de Bellièvre-Hautefort, Henri Clausse de Fleury et Jean Grangier de Lyverdis aboutissent, le 22 juillet 1582, à un traité en due forme, auquel Berne adhère à son tour un

tiennent ouvertement le roi de Navarre et le roi Très- Chrétien. Berne et Soleure — ce dernier canton demeurant réfractaire aux avances espagnoles — signent avec Henri III un traité de comprotection en faveur de Genève (8 mai 1579). En revanche, sous l'impulsion du nonce apostolique, d'un agent de la Ligue et du représentant de l'Escurial à Lucerne, les Suisses de l'ancienne croyance s'engagent par milliers à la solde de Mayenne (1588-1589). Ce fut une époque douloureuse pour notre pays. L'inévitable se produisit à Ivry, où l'intervention généreuse des officiers helvétiques de l'armée royale sauva d'un anéantissement complet les régiments catholiques de l'armée adverse. * L'alliance renouvelée en 1582 étant expirée en 1597, aucun traité n'obligeait plus les cantons à fournir des troupes à la France. Henri IV, au sortir de dix années de guerre civile et étrangère, s'empressa donc d'entamer des négociations en vue de rendre plus étroits entre lui

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