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ALTDORF
Voir article page 217.
Altdorf : Peintures murales de 1694 (la bataille du Morgarlen) au « Tiirmli », exécutées par Karl Leonz Pùntener, définitivement détruites lors de l'érection de la statue de Tell en 1895.
(D'après une copie en couleurs de Nikl. Huiler à la Biirgerbihliothok, Lucerne.)
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et les Confédérés les liens qui avaient attaché ceux-ci à ses prédécesseurs. Il s'agissait avant tout de reviser certains articles de l'alliance de 1582, d'obtenir des Suisses une déclaration précisant l'importance et la qualité des secours que la couronne croyait être en droit d'exiger d'eux et de leurs alliés. Il importait en outre que le nouveau traité donnât à Henri IV une arme puissante pour inquiéter l'Espagne en Italie et isoler le Milanais des possessions allemandes de la maison d'Autriche.
Pour atteindre ces lins diverses, pour dissiper les malentendus du passé et obliger les Confédérés à ne plus marchander au gouvernement <le Paris « levées et passages » et à renoncer à assister désormais les ennemis de la France, il paraissait indispensable de leur accorder une satisfaction à tout le moins partielle quant à leurs revendications pécuniaires.
Cette question brûlante de la dette du Trésor royal à l'égard des cantons, pour peu qu'elle ne reçût pas une solution favorable à bref délai, pouvait devenir à elle seule un sujet de rupture entre les deux pays. Or, il est permis de l'affirmer sans exagération, au commencement du XVIIe siècle, plus de la moitié des Suisses se trouvaient directement ou indirectement créanciers de la couronne Très-Chrétienne. Sully lui-même nous apprend, qu'en 1598, la dette étrangère exigible de son maître ascendait à soixante-huit millions de livres et que, dans cette somme, figuraient près de trente-six millions dus aux Suisses. Ce chiffre eût été certainement doublé si, vers la fin du XVIe siècle surtout, chaque nouveau roi eût reconnu la validité des contrats signés par ses prédécesseurs. Assurément, on ne sait de quoi il y a lieu de s'étonner le plus : de la désinvolture dont usait le gouvernement de Paris en reniant une partie de sa dette extérieure, ou de la facilité avec laquelle ses alliés des Ligues se soumettaient à ses décisions arbitraires en cette matière.
Ce qui assura en quelque sorte la pérennité de l'alliance franco-suisse et son renouvellement en 1602 à des conditions fort avantageuses en somme pour la France, ce fut d'une part l'énormité même de la dette de cette puissance envers les Confédérés, dette au remboursement partiel de laquelle ceux-ci, aussi bien les catholiques que les protestants n'auraient su renoncer sans compromettre gravement leur situation économique et, d'autre part, si paradoxale que cette affirmation puisse paraître, la conclusion du traité hispano-suisse de mai 1587. Ce traité qui, dans la pensée des conseillers de l'Escurial, devait porter le dernier coup à l'influence française dans les Ligues fut précisément ce qui la sauva. Il n'enlevait en somme à la couronne Très-Chrétienne que Fribourg, car les Waldstàtten et Zoug étaient perdus pour elle depuis longtemps, ou, pour mieux dire, paraissaient trop enclins à n'embrasser ses intérêts qu'autant que ces derniers n'étaient point contraires à ceux de la maison d'Autriche. En revanche, il maintint dans l'orbite de sa politique Soleure et y ramena Berne, Zurich, Bâle et Schaffhouse, soit les Etats les plus importants et les plus populeux de la Confédération. Menacés dans leur existence même par la conclusion des alliances helvéto-piémontaise (1577) et helvéto-lombarde (1587), les cantons évangéliques, préoccupés à juste titre de leur conservation, cherchèrent pour la première fois dans l'alliance de France autre chose que la seule satisfaction de leurs intérêts pécuniaires et mercantiles. Mais, à la longue, ils ne pouvaient persévérer dans leur rôle de prêteurs. Depuis dix ans et plus qu'ils versaient leur sang pour le roi, les régiments protestants n'avaient pas touché le vingtième de leur solde. La misère devenait extrême en Suisse, où le service dans les armées étrangères était le grand revenu des particuliers. L'heure sonna où le mécontentement s'accrut aux Ligues à tel point que l'ambassadeur du Louvre y courut de sérieux dangers, après que les dernières missions helvétiques acheminées vers Paris eurent abouti à de retentissants échecs. Sous peine de perdre toute influence auprès des Confédérés et de jeter ceux-ci dans les bras des Espagnols, Henri IV comprit enfin que le moment n'était plus aux atermoiements ou aux expédients.
Rompre ou payer, tels étaient en somme les termes du dilemme à quoi se voyait acculé le roi Très-Chrétien. Hompre, c'était renoncer à l'exécution de ses dessein^
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contre l'Espagne et l'Autriche. Payer, c'était briser avec les traditions d'ingratitude que ses prédécesseurs et lui n'avaient cessé de suivre quand il s'était agi de recon naître les services parfois désintéressés que leur rendait l'étranger. Le Béarnais se décida à payer. Dès mars 1600, son ambassadeur à Soleure, Holmann de Montefontaine, put annoncer aux députés des cantons réunis dans cette ville que son maître souhaitait renouveler l'alliance dans le plus bref délai. Le décès subit de ce diplomate n'interrompit que durant peu de temps les négociations. Celles-ci furent reprises avec vigueur en août. Le roi avait désigné pour en assumer la conduite le maréchal de Biron, Brulart de Sillery, président à mortier au parlement de Paris et Méry de Vie, conseiller d'Etat et surintendant de la Justice à Lyon. Ce dernier, dès son arrivée en Suisse, s'appliqua à calmer l'impatience des Confédérés en attendant la venue de son collègue Sillery, venue qui lui permit de passer en Bhétie et d'y entamer des démarches jugées à Paris d'autant plus importantes que l'adhésion pleine et entière des Grisons au traité en préparation paraissait indispensable à la réalisation des plans du monarque français. La lutte fut dure dans les hautes vallées du Rhin et de l'Inn et sujette à de brusques revirements, car les intrigues lombardes y étaient en recrudescence. Elle se termina néanmoins, vers le milieu de janvier 1602, par une victoire signalée de l'ambassadeur de Henri IV. Au total les Grisons se décidèrent à renouveler l'alliance « suivant le vieux traité ». En un mot, il s'abstinrent d'y réserver le Milanais, ainsi qu'on l'eût désiré à Madrid, mais se refusèrent à étendre aux « amis du roi », c'est-à-dire aux Vénitiens, le privilège de l'usage de leurs passages, réservé uniquement à ce prince.
Durant ce temps, Sillery triomphait, en Suisse et dans le Valais, des oppositions espagnoles. Lorsque Biron le rejoignit à Soleure, où Vie venait de se porter de son côté, la moisson était mûre. Le 29 janvier, les représentants de onze cantons et de tous les alliés (Zugewandten) prirent l'engagement solennel que l'alliance serait renouvelée aux conditions arrêtées avec les ambassadeurs royaux. Berne, ébranlée par les adjurations des autres Etats confédérés, vint à résipiscence le 28 avril, après avoir obtenu dans une lettre annexe la promesse que tous ses pays sujets, sans en excepter ceux qui avaient appartenu jadis à la maison de Savoie, seraient compris dans la capitulation, que le traité de Soleure pour la protection de Genève serait maintenu et que les auxiliaires-bernois à la solde de la couronne se verraient dispensés de l'obligation de servir contre leurs coreligionnaires. En revanche, l'accession de Zurich aux articles de janvier 1602 ne se produisit que onze ans plus tard, au temps où Jeannin de Castille représentait le roi Très-Chrétien en Suisse.
L'alliance du 29 janvier 1602 différait en plusieurs points de celle conclue par Henri III en 1582. Sur les vingt-sept articles dont elle se composait, huit renfermaient des dispositions nouvelles n'ayant encore figuré dans aucun traité franco-suisse. En dehors des clauses relatives à l'assistance réciproque que les deux parties contractantes avaient à se donner en cas de guerre, aux levées, au droit d'établissement des Suisses dans le royaume, à la neutralité de la Franche-Comté, à la fourniture de sel aux cantons, à l'accroissement des privilèges des marchands des Ligues, il était stipulé que le nouveau traité demeurerait en vigueur pendant la vie du roi, celle de son successeur et huit ans après, et qu'il embrasserait tous les pays dépendant à cette époque de la couronne de France et de Navarre, aussi bien le domaine particulier du monarque que les territoires acquis par la paix de Lyon. Le remboursement de la dette de trente-six millions d'or exigible du Louvre par les Confédérés était assuré par un premier paiement d'un million d'écus et des paiements successifs et annuels de quatre cent mille écus. Berne, d'autre part, abandonnait ses prétentions surThonon et le bailliage de Gex. Les passages alpestres, ceux du moins du massif suisse et valaisan, étaient à la disposition du roi et de ses amis et ceux des Grisons à celle de ce prince seul. En outre la plupart des Etats confédérés promettaient d'aider le roi à défendre le Milanais et autres provinces possédées par François Ier en 1521, pourvu que ces pays fussent reconquis sans l'aide
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des cantons. Sur un point, à dire vrai, la diplomatie française éprouvai! un échec, puisque Lucerne, rrib Zoug et les cantons primitifs obtenaient, eu ce qui les concernait, la réservation des duchés de Milan et de Savoie. La cérémonie de la solenniBatioi) de l'alliance eut lieu à Paris le 20 octobre et fut l'occasion de réjouissances dont les mémoires de ce temps relatent I ampleur et la belle ordonnance.
Le rétablissement d'un poste diplomatique français à Coire, où des troubles provoqués par les compétitions vénéto-lombardes mettaient en péril la stabilité de l'alliance du Louvre; le renouvellement de l'alliance de 1587 entre la couronne d'Espagne et six d'entre les sept cantons catholiques (1604), renouvellement dans lequel ces derniers omirent de réserver leur alliance avec Henri IV, ce qui leur attira de sérieuses et efficaces protestations du gouvernement de Paris: une tendance marquée de la part de celui-ci à se désintéresser des affaires (les Ligues pour porter l'effort de sa diplomatie vers la Hollande, tels sont les principaux changements survenus dans l'état des relations franco-lielvétiques durant les dernières années de ce règne, L'annonce des projets belliqueux formés par Henri IV à l'égard de la maison d'Autriche, confirmée par la levée de six mille Confédérés à la solde de la couronne Très-Chrétienne, soulève un réel enthousiasme dans les cantons protestants. Les catholiques, en revanche, n'hésitent pas à accorder des troupes à l'Espagne. L'assassinat du roi, le 14 mai 1610, et l'abandon de ses desseins par la Régente épargnèrent aux Confédérés le déchaînement des luttes fratricides qu'ils avaient évité non sans peine vingt ans auparavant. *
La durée inusitée assignée au traité franco-suisse lors de son renouvellement à Soleure en janvier 1602 le mettait à l'abri des fluctuations politiques que devait entraîner la disparition du prince qui l'avait conclu. De fait, ce traité n'eut à souffrir ni du renversement des alliances qui suivit de peu l'établissement de la régence en France, ni des desseins conçus ou exécutés par le duc de Savoie à l'égard de Cenève, ni des défiances éveillées par l'annonce des mariages espagnols chez les Confédérés de la nouvelle croyance, ni de l'assistance morale ou effective prêtée par ceux-ci à leurs coreligionnaires d'Outre-Jura, ni des relations de plus en plus étroites nouées entre eux et les Réformés d'Angleterre, de Hollande et d'Allemagne,, ni de l'occupation de la vallée de l'Adda par les Espagnols, puis par les troupes pontificales, occupation due pour une bonne part à l'étroitesse des conceptions de Richelieu en matière de politique étrangère.
Le traité de janvier 1602 subit une première «escorne» en mars 1634, lorsque les cantons catholiques procédèrent au second renouvellement de leur alliance avec l'Espagne. Aussi bien, ayant réservé en 1602 Milan et la Savoie dans leur traité avec la France, ils cédèrent à la pression du cardinal-infant, frère de Philippe IV, qui leur demandait de prendre sous leur protection la Franche-Comté, au même titre que les possessions espagnoles de la Haute-Italie. Or, si l'agrément anticipé du roi de France — stipulé dans les lettres réversales du 31 janvier 1602 — leur avait permis, le 28 avril 1604, de s'engager à l'Escurial à défendre Milan contre tous agresseurs, cet agrément leur faisait défaut en 1634. Par suite, aux yeux des ministres français, l'accord signé cette année-là à Lucerne entre les députés de la diète catholique et les ministres d'Espagne était entaché de nullité.
Le second accroc au traité franco-suisse de janvier 1602 se produisit en mars 1637, date à laquelle les Grisons expulsèrent par la force les armes de Louis XIII des deux Rhéties, en attendant de conclure, trente mois plus tard, une alliance très étroite avec le gouverneur de Milan. De ce fait, bien qu'elle n'eût été dénoncée, ni d'une part, ni de l'autre, l'adhésion des Trois Ligues au traité franco-helvétique se trouva annulée et les relations officielles entre Paris et Coire cessèrent et ne furent reprise* qu'au commencement du XVIIIe siècle.
Peu à peu cependant, la France perdait le bénéfice que son gouvernement s'était promis de l'alliance du Corps helvétique. Les divers membres de celui-ci inclinaient, chaque jour davantage, à considérer cette alliance comme
purement défensive et à qualifier de « transgressions » les services imposés à leurs troupes hors des frontières du royaume et notamment sur le* terres de l'Empire. D'autre part, les catholiques, que leurs affinités confessionnelles rendaient tributaires de la maison d'Autriche, embrassaient chaque jour davantage la cau*e de cette dernière, que les protestants, à leur tour, favorisaient en secret. Louis XIV se donna dé* lors la tâche d'introduire dans le traité qu'il se proposait de renouveler avec les cantons suis-e- des clause* suffisamment précises pour qu'elles le missent à l'avenir à l'abri de l'interprétation, erronée selon lui. que les Confédéré* faisaient de, certain* articles du dit traité. Toutefois *on ambassadeur à Soleure, Jacques LeFèvre de Caumartin, arrivé dan* cette ville en janvier 1641, prit congé des autorité* BUisses en janvier 1648, sans avoir pu entamer à fond les démarches indispensables à la prolongation d'un accord qui n'avait plu* en somme que trois ans à courir.
Ce fut à Jean de La Harde qu'incomba la mission de mener à bien les négociations que son prédécesseur avait à peine ébauchées. Le labeur s'annonçait rude. Il s'en fallait de beaucoup qu'il arrivât à son terme lorsque. h lî mai 1651, l'alliance prit lin. On convint néanmoins qu'elle continuerait a sortir ses effet* pour les deux parties contractantes jusqu'au complet achèvement de* démarches entreprises par l'ambassadeur français. Or, plus de douze ans d'efforts furent encore nécessaires à celui-ci pour lui permettre de conduire à chef ses négociations, que la première guerre de Villmergen avait interrompues de la façon la plus inopportune.
Le traité signé à Soleure le 24 septembre 1663 — et solennisé à Notre-Dame de Paris le 20 novembre suivant — consacra la plus éclatante victoire que la diplomatie française eût remportée depuis le commencement du siècle, car elle permit au roi d'affirmer, dans un traité qui ne fût point un traité de paix, la suprématie de la France sur les Etats limitrophes de se* frontières du Nord et de l'Est et sa ferme volonté de les soustraire à d'autres influences que la sienne.
Au total, Louis XIV obtenait de ses alliés des Ligues tout ce qu'il souhaitait obtenir d'eux. Déjà résolu à annexer la Franche-Comté, il n'avait d'obstacles à redouter en une pareille conjoncture que de la part des Suisses, Or, après de laborieuses négociations, à dire vrai, il sut amener ceux-ci à renoncer formellement au rétablissement delà neutralité des deux Bourgognes. Il leur lit en outre souscrire l'obligation de l'aidera défendre ses plus récentes conquêtes, telle l'Alsace. En revanche, les Confédérés se firent gloire de la promesse obtenue du roi que ce prince leur rembourserait leurs créances par le moyen de paiements échelonnés, maintiendrait les privilèges commerciaux et militaires de la « nation » et assurerait à leurs « auxiliaires » une place toujours plus en vue et mieux rémunérée dans ses armées.
L'erreur des Suisses était profonde. Leur confiance dans la sincérité du roi Très-Chrétien ne tarda pas à être mise à une dure épreuve. Louis XIV semblait bien décidé à n'observer dans les stipulations du nouveau traité que celles dont l'exécution ne contrarierait pas l'accomplissement de ses desseins politiques ou financiers. Les promesses de prompte extinction des dettes de la couronne à l'égard des Confédérés demeurèrent lettre morte. Les privilèges du commerce suisse furent à nouveau discutés. La volonté du monarque français d'employer les contingents militaires des cantons partout ou il le jugerait nécessaire à ses intérêts s'affirma derechef avec force. 11 convient de reconnaître que l'exécution de ses plans lui fut facilitée parles discordes intestines qui sévissaient au sein de la Confédération el hâtèrent la déchéance de celleci. En fait, la première occupation de la Franche-Comté, celle de 1668, trouva les Suisses divisés et par suite incapables de l'unité d'action qui seule eût pu tenir en bride les ambitions françaises. La seconde, définitive, celle de 1674, les prit une fois de plus au dépourvu. L'emprise politique de la France sur ses voisins de l'Est devenait de jour en jour plus manifeste. Bientôt Bâle fut tenu sous le canon d'Huningue, en attendant que Genève se trouvât coupée de ses communications avec ses protecteurs suisses par les ouvrages fortifiés de Versoix. Et cependant telle était la vogue du service militaire à la solde fran-
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çaiseque, de toutes parts, les mercenaires des Ligues continuaient à affluer vers 1rs lieux de rassemblement qui leur étaient assignés sur le versant occidental du Jura. Le 0 defensional •> helvétique, institution dont la mise au point eût garanti le sol de la patrie des violations qui le menaçaient et éloigné les hostilités de la ligne du Rhin, aboutit à un lamentable insuccès, grâce à la répugnance que manifestaient les cantons orientaux et ceux du massif alpestre à en supporter le poids et à assurer la sécurité de leurs confédérés de l'Ouest, plus exposés qu'eux aux incursions fortuites ou concertées des belligérants. La révocation de l'Edit de Nantes et l'afflux
desseins de complète de Louis XIV. Les relations de plus en plus confiantes entretenues par eux avec les gouvernements de Londres et de La Haye, les capitulations militaires conclues en leur nom avec ces derniers, l'assistance efficace prêtée par eux à Genève, leur opposition sourde à l'annexion déguisée de Neuchalel à la France en 1707, l'appoint d'influence apporté par eux aux tenants des prétentions du roi de Prusse à la succession de la Maison de Longueville, tout tendait à démontrer que, si les cantons de l'alliance espagnole inclinaient à passer dans le camp de l'Empereur, ceux de la nouvelle croyance se détachaient chaque jour davantage de la cause du
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Alliances franco-suisses. Illumination à l'occasion du renouvellement de l'Alliance à Soleure (Bibliothèque nationale suisse, Berne).
en Suisse des « religionnaires » français et des Vaudois du Piémont expulsés de leurs foyers ne contribua pas à rétablir l'union parmi les Confédérés. Du moins ouvrirent-ils les yeux aux protestants sur la réalité et l'imminence du péril qui les environnait. Les mesures de plus en plus vexatoires prises à Paris envers Genève, l'instabilité de la situation sur le Rhin entre Bâle et Schaffhouse, où, malgré le projet de traité de neutralité négocié par les Suisses et les belligérants (7 mai 1689), des surprises étaient encore à craindre, le déchaînement des hostilités en Savoie, la campagne conduite par Catinat contre les « Barbets » et les succès de ce général en Piémont, l'accroissement des appréhensions découlant pour les cantons de la conclusion de la paix de Ryswick et, plus que toute autre chose, le second partage de la monarchie espagnole et l'attribution du Milanais au petit-fils de Louis XIV devaient porter Berne et les cantons de son groupe à se persuader que leur salut résidait désormais dans la victoire îles puissances résolues ;'i s'opposer aux
Louvre. Lorsque, de surcroît, à la veille de leur rupture avec les protestants, les catholiques invoquèrent l'assistance de Louis XIV, ce prince ne fut pas en état de s'opposer à l'écrasement de leurs troupes à Villmergen.
A cette date, soit au lendemain de la victoire libératrice de Villars à Denain, mais à la veille de cette paix d'Utrecht, qui enlevait le Milanais à Philippe V pour le faire passer sous la domination autrichienne, la nécessité d'une nouvelle et prompte consécration du traité d'alliance conclu par Louis XIV avec les Suisses en 1663 se faisait sentir. Le terme de la durée de ce traité avait été fixé en effet à la vie du roi, à celle du dauphin et huit ans après. Or le dauphin était décédé en 1711. Du Luc, ambassadeur de la couronne à Soleure, reçut en conséquence l'ordre de mettre les fers au feu à cette intention. Mais ce diplomate savait mieux que personne que la paix conclue à Aarau en 1712 entre les catholiques et leurs adversaires n'avait pas entièrement éteint les divisions surgies naguère entre eux. Dans un mémoire adressé par lui au