ALLIES
peut-être de Laya, />a:, nom de terre à Lausanne, nom d'un prieuré au paya de Gex. Di/V 1,62. [M. h.]
allidi ou dalidi. Ancienne famille du Locarnai8 peut-être originaire du Val Maggia. En 1431 un Jacqi i - Dalidi de Bignasco(Val MaggiaJ représentait cette commune au procès de Locarno et Ascona contre Val Maggia ei Val Verzasca. En 1653 un Jacques-Antoine Allidi était un des sept représentants de la pieve de Locarno au congrès des bailliages que les douze canions avaient réuni pour l'envoi d'argenl et d'hommes tessinois pour la guerre despaysans.— Charles-Antoine, d'Ascona, médecin et l>on écrivain latin du X V 1 1 1 u s. En 170L2 il était encore étudiant à Milan. [1 exerça l'art sanitaire dans sa pairie, en Allemagne, en Pologne et à Lodi où il publia différents écrits scientifiques. — Oldelli : Dizionario. — BSior. 1903. — Pometta : Corne il Ticino venue inpolere degli Svizzeri. — Lavizzari : Escurtioni. — Vegezzi : Esposizione storica. | D" T. |
alliés. Ce terme désigne généralement dans l'histoire suisse les puissances alliées, Angleterre, Russie, Prusse, Autriche, qui Luttèrent de 1813 à 1815 contre Napoléon et dont les armées traversèrent en partie la Suisse. En novembre 1813 le quartier général des Alliés à lia nefort approuva le plan conçu par le quartier-maître général autrichien de Langenau qui consistait à faire prendre à l'armée principale, commandée par le prince de Schwarzenberg, le chemin à travers la Suisse, afin de tourner la ligne des forteresses françaises. Bien que la Suisse eût décidé le 18 novembre d'observer une neutralité armée, l'armée principale s'avança à travers l'Allemagne du Sud vers la frontière suisse, La protestation du tsar Alexandre contre toute violation du territoire suisse — il songeait à un passage du Rhin au Nord de Bàle — força Schwarzenberg et Metternich à ajourner leurs plans d'agression, jusqu'au moment où une absence d'Alexandre et les intrigues perfides du « comité de Waldshut » leur donnèrent gain de cause. En vertu d'une capitulation négociée le 20 décembre 1813 à Lôrrach, le général suisse Wattenwyl retira sans coup férir sa petite armée qui aurait dû protéger la neutralité, et à partir du 21 décembre, 100 000 Autrichiens et 30(100 Bavarois passèrent en quelques jours sur territoire suisse à Bàle, Rheinfelden, Laufenhourg et Eglisau. Il ne s'agissait pas seulement de traverser aussi rapidement que possible la Suisse ; ce pays jusqu'au Léman était considéré en lui-même comme un important objectif. La grande poussée devant se produire de Berne par Pontarlier sur Besançon, toutes les colonnes purement autrichiennes furent dirigées sur Berne et Bienne. Après coup seulement on choisit comme but de l'armée principale le plateau de Langres et l'attaque fut portée plus au Nord dans la direction de Bàle, vers Vesoul ; c'est pourquoi trois des cinq colonnes qui avaient pénétré dans la Suisse en furent retirées vers le Nord en passant par Porrentruy. Ces trois colonnes, autrichiennes, 35 0U0 hommes, formèrent le centre de l'armée principale ; les gardes et les réserves prussiennes et russes marchaient à leur suite comme réserves. Les Bavarois et lesWurtembergeois devaient, avec un corps d'armée russe, couvrir à l'aile droite le liane du centre, en assiégeant Hun in eue et les autres forteresses d'Alsace. L'aile gauche, 30000 hommes placés sous le commandement du prince héritier de Hesse-Hombourg, devait s'avancer par Neuchâtel contre Besançon. Le lieutenant-général Bubna eut la tâche spéciale de marcher par Lausanne sur Genève et d'envoyer une colonne mobile dans le Valais, pour s'emparer du Grand Saint-Bernard et du Simplon. Le 30 décembre Bubna fit son entrée à Genève, après que les Français eurent quitté la ville, qui leur avait du reste fait clairement entendre qu'elle n'avait pas la moindre envie de se faire bombarder pour Napoléon. Le même jour la colonne mobile de Bubna, sous les ordres du colonel Simbschen, se trouvait déjà à Sion, tandis que des postes autrichiens occupaient le Grand Saint-Bernard et le Simplon.
Après que les gardes et les réserves russes et prussiennes, 32000 hommes, sous les ordres de Barclay de Tolly, eurent déjà commencé, dans la nuit du 30 au 31 décembre, à passer le Rhin à Hàle, et que le général russe eut fait son entrée à Bâle pour s'avancer à la suite du centre de l'armée principale, l'avance de l'armée russe fut retardée par le désir du tsar de traverser le Rhin en personne,
à la tête de sa gaule, le 13 janvier, jour de l'an ruBse. Jeudi, le 13 janvier 1814, lea Bâlois jouirent du spectacle de voir l'empereur François d'Autriche, ayant à sa gauchi 1 empereur de Russie, à sa droite le roi de Prusse, traversera cheval leur pont du Rhin, au son de toutes les cloches, et les 30 000 hommes de la garde et de la réserve défiler devant eux sur la place Saint-Pierre. Avec les trois monarques parut toute leur suite de princes, ministres, diplomates et fonctionnaires, jiarmi eux le futur roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, son frère Guillaume, le futur empereur d'Allemagne, le prince de Metternich, Lord Castlereagh, le chancelier d'État llardenberg, le baron de Stein, Guillaume de Humboldt, etc., et puis aussi les délégués envoyés par la Diète pour saluer les souverains, tous les députés des cantons, des villes et des pays qui espéraient hâter la réalisation de leurs vieux par des audiences. Le séjour des monarques à Bâle dura dix jours entiers. En même temps avait lieu le siège de Huningue par 10000 Bavarois et Autrichien* (du 22 décembre I8I3 au 13 avril 1811), avec ses dillérents bombardements, auxquels répondait parfois la ville dans la direction de Râle, à la grande terreur des habitants. Genèye aussi courut un moment le danger d'être châtiée pour avoir abandonné .Napoléon, dont les généraux contraignirent Bubna, qui s'était avancé jusqu'à Lyon, à se retirer et l'enfermèrent à Genève. Grâce à la formation d'une o armée du Sud » autrichienne de 40000 hommes qui devait dégager l'aile gauche de l'armée principale, l'avance des Alliés à travers la Suisse prit de nouveau des proportions importantes, jusqu'à ce que les défaites d'Augereau sur la Saône forcèrent celui-ci à évacuer Lyon, et les généraux placés sous ses ordres à abandonner leurs positions près de Genève.
Après l'abdication de Napoléon, le grand flot humain fut dirigé pendant la retraite des Alliés dans d'autres voies, avec l'intention évidente de ménager la Suisse. Seul Bâle fit exception par sa situation sur la grande route stratégique, jusqu'au moment où la ville fut délivrée en juin du cauchemar qui avait pesé sur elle depuis sept mois. Comme l'avance des Alliés, leur retraite fut aussi accompagnée de visites de souverains en Suisse. L'impératrice Marie-Louise passa avec son lils par Bâle, Schalfhouse et Zurich, son père l'empereur François par Bâle et Schaffhouse, pour se rendre en Autriche. Le roi Frédéric-Guillaume III rendit visite à sa principauté de Neuchâtel qu'il venait de regagner et se rendit sous le nom de comte de Ruppin à Berne et dans l'Oberland bernois et retourna en Allemagne par Zurich et Schalfhouse, dans le plus strict incognito. Le passage des Alliés par la Suisse n'a été, au point de vue militaire, qu'une promenade. Le prince de Schwarzenberg avait promis une « exacte indemnité » qui, au règlement final des comptes en 1818, ne s'éleva, il est vrai, qu'à peine au tiers des dépenses que les cantons, les communes et les particuliers avaient du s'imposer pour le lourd fardeau du logement des troupes, de leur approvisionnement, des livraisons de fourrage et de véhicules pour les réquisitions. L'importation de la fièvre d'hôpital et delà peste bovine a été une conséquence grave du passage des troupes ; une autre plus grave peut-être, fut une tentative de contre-révolution : un émissaire de Metternich. le comte de Senlft-Pilsach. d'accord avec les « intransigeants » (Unbedingte) bernois, avait provoqué l'abdication du gouvernement du canton de Berne, le 23 décembre 1813. l'abolition des actes de médiation de ce canton et le rélablissement del'ancien conseil patricien des Deux Cents. Ce fut, pour la Suisse, le début d'une période de troubles intérieurs pénibles qui ne prirent fin que grâce à une décision du Congrès de Vienne. Le passage des Alliés eut toutefois cela de bon qu'il supprima d'un coup et pour toujours le protectorat que la France avait exercé sur la Suisse depuis 1798, d'une façon plus ou moins déguisée, ainsi que la domination française dans le Jura bernois, à Neuchâtel, Genève et dans le Valais et qu'il rendit possible le retour de ces territoires à la Confédération. Le danger passager d'une transformation du protectorat français en un protectorat autrichien, fondé sur la contre-révolution aristocratique, fut écarté par l'empereur Alexandre de Russie, qui s'érigea, sous l'influence de Laharpe, en protecteur des nouveaux cantons et empêcha une restauration de l'ancienne