VAL-DE-TRAVERS
VALAIS
Le Val-de-Ruz entre dans l'histoire au XIIIe s. ; à cette époque, il appartient à la maison d'Aarberg- Valangin, à litre de fief et d'alleu. Dès lors, il suivit les destinées de la seigneurie de Valangin, sauf le village de Boudevilliers qui relevait des comtes de Neuchâtel. - Voir J. Jeanjaquet : Que signifie Val-de-Ruz ? dans Festschrift Louis Gauchat. — Art. Aarberg (comtes d') et Neuchâtel. [l. m.]
VAL-DE-TRAVERS (C. Neuchâtel. V. DOS). Vallie et district depuis 1848. Ce dernier a été composé des territoires de trois anciennes juridictions : la seigneurie de Travers avec les villages de Travers, Noiraigue et Rosières, qui fut un fief de la maison de Neuchâtel de I S 13 à 1827 ; la châtellenie du Val-de-Travers comprenant les six communes de Métiers, Gouvet, Boveresse, l-'leurier, Bulles et Saint-Sulpice ; enfin la mairie des Verrières formée des villages des Verrières, de la Côteaux-Fées, du Grand et du Petit-Bayard. Le nom de la vallée, vallis transversa, est dû au fait qu'elle coupe transversalement la chaîne du Jura. Au XIVe s. l'appelation Val-de-Travers, ou Vautravers, était donnée à la région qui s'étend de la Clusette, sur Noiraigue, au\ Bayards. La mairie des Verrières n'y était donc pis comprise. Le premier événement historique intéressant la vallée est la fondation, au début du XIIe s., du prieuré Saint-Pierre, à Métiers, par des moines venus peut-être de Grandson. En 1107, le couvent fut rattaché à l'abbaye de la Chaise-Dieu, dont il dépendit jusqu'à la fin du XVe s. Au XIIe s., on a quelques mentions d'un maire, ou villicus, du Vautravers. En 1178, l'empereur Frédéric Barberousse prit le prieuré Saint-Pierre sous sa protection, en réservant les droits du gardien qui était le comte de Bourgogne. Ce dernier était sans doute le seigneur de la plus grande partie de la vallée. Le comte de Neuchâtel avait, au début du XIIIe s., un fief à Travers, qu'il tenait de l'empereur. En 1237, il reprit du comte de Bourgogne les droits de justice, les villages que celui-ci possédait au Val-de-Travers, avec la garde du prieuré. Il en excepta les péages et la chasse, qui relevaient de l'empereur, ainsi que les hommes royés. La main-mise des Neuchâtel sur le Val-de-Travers n'était pas encore complète ; un fief important, celui des sires de Joux, subsistait encore, et le territoire des Verrières échappait aussi à leur autorité. Les Neuchâtel acquirent le premier avant 1343 et le second avant 1337. Une i"ur au-dessus de Saint-Sulpice, la tour Bayard, fermait le Val-de-Travers à l'Ouest. Les habitants des Verrières furent dispensés en 1373 d'y faire le guet et d'y payer le péage.
Le Val-de-Travers ayant été réuni au domaine de la maison de Neuchâtel, son histoire se confond avec celle du comté. La châtellenie est mentionnée en 1343 déjà; le château de Métiers, dont on ne peut préciser la date de construction, a sans doute été bâti vers la fin du XIIIe s. L'autorité du châtelain s'étendait au début sur toute la vallée, à l'exception des Verrières ; en 1413 on lui enleva le territoire qui devint la seigneurie de Travers. La cour de justice, composée de 12 jurés, puis, dès 1620, de 24 jurés, jugeait au civil et au criminel. Son ressort en matière criminelle s'étend, ut aux Verrières, à La Brévine, à Travers et, dès 1832, aux Ponts-de-Martel. Un consistoire seigneurial fut créé pour le Val-de-Travers en 1538. En 1369, Louis de Neuchâtel vendit aux habitants du Val-de-Travers le droit d'ohmgeld, pour 650 torins d'or. Cette mesure, qui créa des intérêts commun- aux villages du Val-de-Travers, fut peut-être la cause de leur groupement ultérieur en une corporation des six communes, qui subsiste encore. — Voir Matile. — E. Quartier-la-Tente : Le canton de Neuchâtel, IIIe série. — [Charles-Henri] Allamand : Statistique de la châtellenie, du Val-de-Travers. — D.-G. Huguenin : Châteaux neuchâtelois. [L. M.]
VAL/ER (VON \ \i,.i H) et VALÈR. Famille de chevaliers grisons établie, à l'origine, entre Conters et Fideris, qui se bâtit aux XVe ou XVIe s. deux maisons fortes à Fideris ; plus tard ses membres occupèrent des situations en vue à Fideris, Jenaz et Davos dans la Ligue des Dix-Juridictions. Anciennes formes: von Valâra, von Valeren, Faler, Valler, de Valeriis. irmoiries : d'azur au bélier contourné saillant d'argent.
In vitrail armorié de 1461, à l'église de Fideris, est au musée rhétique (JHGG 1899).
a) Branche de Fideris. — 1. Otto Kilt). 1383-1416, ammann pour le comte du Toggenbourg du tribunal de Castels. — 2. Hertli (Hercules), bailli de Strassberget Marschlins 1435.
— ■ 3. Hans, fils du n» 2, bailli de Strassberg 1437. — 4. Hans, commissaire à Chiavenna 1551-1553. — -5. Jacob, | vers 1620, ammann de la juridiction de Castels, propriétaire des bains de Fideris. — 6. Paul, petit-fils du n° 5, podestat de Tirano 1641-1643, landammann de la Ligue des Dix - Juridictions 1653, copropriétaire des bains de Fideris. t 1684.
h) Branche de Jenaz. — 1. Hans, ammann de la haute juridiction de Castels 1494. -- 2. Christian, landammann de la Ligue des Dix-Juridictions 1685- 1686. — 3. Hans et — 4. Lorenz, construisirent en 1728 et 1746 la « grande maison » de Jenaz, le plus important édifice en bois du Pràtigau. Cette branche a compté plusieurs ecclésiastiques réformés, dont - 5. Peter, 1829-1845, antistès de l'église principale de
c) Branche de Davos. — 1. Jacob, frère du n° 6, de la branche de Fideris, secrétaire d'État à Davos, landammann, capitaine, auteur de l'ordonnance pénale de la Ligue des Dix-juridictions ; landammann de cette Ligue 1659-1660. f 1688. — 2. Jacob, fils du n" 1. secrétaire d'État à Davos, chancelier de la Ligue des Dix-Juridictions, podestat de Teglio 1675. | 1680. — 3. Jacob, podestat de Tirano 1796, chancelier de la Ligue des Dix-Juridictions, landammann de Davos 1799, préfet du district d'Oberlandquart 1802. — 4. Michael Valèr, 1861-1929, Dr phil., maître secondaire, rédacteur de la Neue Bûndn. Ztg., finalement archiviste de la ville de Coirc ; auteur de nombreux travaux sur l'histoire grisonne. ■ — 5. Hans, * 1871, architecte et longtemps directeur à Davos. — M. Valèr : 6 Jahrh. Davosergesch. — AGS III. [B. H.]
VALAIS (ail. Wallis. V. DGS). Canton suisse depuis 1814, le vingtième dans la nomenclature officielle.
I. Nom, armoiries, sceaux. Vers l'an 25 avant Jésus- Christ, lorsque le pays du Valais passa sous la domina-
Valais. Sceau, employé dès 1628, portant les armoiries officielles du Valais.
lion romaine, quatre peuples, les Ubères, les Sédunois. les \ éragres et les Nantuates y étaient établis, possédant chacun sa propre organisation. Sous la désignation de Vallis Poenina, leur pays fut réuni à la Rhétn en i i avant J.-C, pour former une province. En 22 après J.-G. encore, ces peuples sont appelés ririlates dans l'inscription du monument élevé à Tarnaiae (Saint-Maurice) en l'honneur de Drusus le Jeune. Les noms de V'alai et Valaisans semblent avoir été usités sans complément
(préhistoire)
VALAIS
sous l'empereur Claude déjà (41-54) ; les inscriptions mentionnent une civitas Vallisa (communauté valaisanne ; C. /. Helv. 117) et une Ala Valensium (escadron de cavalerie valaisanne ; C. I. XII, 21). Le peuple vivant dans la vallée inférieure portait déjà au temps des Celtes le nom de Nantuates (gens de la vallée). Il semble que les Romains aient simplement traduit ce nom et l'aient appliqué au nom usuel de Vallis Poenina. Au VIe s., l'écrivain Marius d'Avenches écrivait « Vallis ». désignant le Valais.
Au moyen âge les armoiries de l'église de Sion étaient considérées comme armes du pays :ïa Vierge avec l'Enfant,; flanquée de saint Théodore et de sainte Catherine avec leurs emblèmes ; il en est encore ainsi sur l'acte du 28 mai 1344 passé par l'évêque Guichard Tavelli au château de la Soie. Le grand sceau du cardinal Mathieu Schiner, appendu à l'acte conférant une bannière au Valais, le 24 juin 1512, représente les mêmes figures. Celles-ci sont parfois remplacées par saint Théodore (Theodolus) tout seul, tenant d'une main l'épée, de l'autre la crosse (jusqu'en 1628). Sous l'évêque H. Jost (1613-1638), la Vierge et l'Enfant figurent encore sur le cimier des armoiries de famille de l'évêque. A l'époque de l'évêque Adrien III, de la famille de Riedmatten (1640), ces vestiges des armoiries d'autrefois
disparaissent du blason épiscopal.
dont les support s demeurent L'épée et la crosse. Les armoiries officielles du Valais, qui ne comprenaient d'abord que sepl étoiles, furent employées la première fois en 1628. La République des VII dizains, qui ne dura qu'un an, frappa en 1628 des monnaies et choisit comme sceau 7 étoiles sur un écu parti, chaque étoile représentant l'un des sept dizains de l'ancien Valais épiscopal. Aucun élément nouveau ne fut ajouté jusqu'à la République helvétique. En 1802, le Valais redevint indépendant et la Diète décréta : Les couleurs de la République sont le blanc ci le rouge ; sur ce fond, il y aura douze étoiles et pour légende : Sigillum Reipubiicœ Vallesiœ. Les 12 étoiles correspondaient à la répartition du territoire cantonal en 12 districts. Le 12 sept. 1814, le Valais fut admi dans la Confédération. La constitution cantonale forma, de parties détachées des dizains de Sion et de Martigny, le treizième district, celui de Conthey, de sorte que l'ai l 58 de cette constitution a la teneur suivante : Le sceau du canton a un champ parti d'argent et de gueules avec treize étoiles dont les couleurs sont argent sur gueules ri gueules sur argent ; il a pour légende : Sigillum Reipublicse Vallesiœ. [L. Mr.]
II. Préhistoire. Les deux professeurs zuricois J. Heierli et W. Œchsli ont étudié pour la première fois la préhistoire du Valais (Urgeschichte des Wallis 1896). Depuis lors, de nombreuses trouvailles ont été signalées et commentées par la presse cantonale, des ouvrages spéciaux, AS A, JSGU ou le Musée national. Les ouvrages d'ensemble sur la préhistoire de la Suisse, comme ceux de H. Reinerth sur l'âge de la pierre et particulièrement, de G. Kraft, sur l'âge du bronze, vouent une attention spéciale au Valais.
1. L'Age de la Pierre. L'époque paléolithique c'a pas été reconnue jusqu'ici en Valais ; la préhistoire valaisanne commence avec le néolithique. Du Léman, en remontant la vallée du Rhône, l'homme de la pierre a laissé des traces certaines aux endroits suivants : Collombey-Barma, Monthey, Sembrancher, roule du Sami
Bernard, Fully, Saillon, Chamoson, Sion, Sierre, Rarogne, Balen dans la vallée de Saas, Glis et Brigue. Il y a des sépultures, formées de dalles de pierres enfermant le mort, lié et accroupi. L'exploration de la nécropole de <ilis a permis de faire les constatations suivantes : le mort avait le visage tourné vers l'Ouest et était couché sur le dos ; les cuisses étaient ramenées à la hauteur de la poitrine, les bras étaient parfois placés sur la tête.
■Des trouvailles particulièrement importantes ont été faites à Collombey (cimetière, ASA 1900 et 1920), à Saillon (marbre de Saxon travaillé et os travaillés du néolithique, découverts dans la grotte Tanna du Poteux), à Sion, sépultures, à Glis, sépultures (BWG III. p. 228). Certaines sépultures ne contenaient que des ossements humains (Glis, tombe avec deux squelettes) ; d'autres contenaient divers objets, notamment des haches de pierre ; à Collombey, on a trouvé une hache de pierre et une pointe faite d'une corne de cerf. Les haches sont en pierres du pays, en serpentine généralement ; une seule, provenant de Glis, en silex, étranger au pays, a probablement été apportée de l'Ouest. Elle semble être d'un type plus ancien, taillée grossièrement.
Toutes les haches sont des haches rondes du néolithique et appartiendraient, selon H. Reinerth, à la zone occidentale de civilisation. Une seule hache, trouvée à Sion en 1904 appartient au type de la hache à angle droit de la civilisation nordique. Elle ressemble à celles de la Suisse centrale et septentrionale, du type de Thayngen.
En fait de poterie on n'a retrouvé que des fragment - : les tessons de Collombey sont simplement décorés, couverts de petites stries avec un ornement figurant une chaîne ; les poteries de Brigue et de Sion ont des empreintes digitales. Ces vestiges sont, selon H. Reinerth, des fragments de céramique dite mêlée, unissant les caractères de la poterie du Nord et de l'Ouest.
A Glis, on a trouvé d'autres objets encore : des braci lets de coquillages sur des corps d'hommes et de femmes, des pointes de flèches, des boutons en pierre blanche entourant les bras, les doigts et les hanches en forme de cordons ; sur un seul squelei te, on en a compté 144 ; enfin des couleurs servant de fards.
Les crânes sont brachicôphales, avec le front concave, les cavités oculaires basses et le nez épaté, du même type que ceux qui ont été trouvés à la même époque en Espagne et en France. Dans la dernière époque du néolithique, l'homme brachicéphale fut probablement le premier colon du Valais. Il doit être venu de l'Ouest, lorsque la période humide à climat atlantique eut été remplacée par un climat sec et chaud et que le bassin supérieur du Rhône fut devenu peu à peu habitable
Les résultats des fouilles ne permettent que d'émettre quelques hypothèses sur le degré de civilisatioi de ces premiers habitants du Valais. Tous les habitants du Valais à l'époque néolithique appartenaient à la même race, celle des brachicéphales de l'Europe occidentale (Crô-Magnon) et constituaient une unité ethnique : ils étaient stables. Collombey, Saillon, Sion. Sierre et Glis étaient des bourgades. Il semble que le hameau de Glis ait possédé son chef de famille. La double sépulture, n° 5, se distingue nettement des autrepar sa position, ses dimensions et les objets qu'on j a trouvés. Auprès du même squelette, on a découvert deux haches et une pointe de flèche, des bracelets en coquillage, des ornements en boutons de pierre blanche et des fards. Le commerce était pratiqué. Peut-être, on passait déjà le Grand Saint-Bernard, le Monte Moro et le Simplon, tandis que plusieurs cols des Alpes bernoises permettaient de communiquer avec les autres régions de la Suisse. Ainsi, à l'époque de la civilisation palaiittique déjà, le Valais était un pays de transit. Les trouvailles de l'époque néolithique permettent d'établir avec certitude que les hommes d'alors connaissaient déjà la vigne et l'arboriculture, les animaux domestiques, notamment la race bovine qui est l'ancêtre du bétail valaisan, de la vache d'Hérens.
A l'époque néolithique se rattachent aussi les nombreux monuments en pierre et les pierres à écuelles qu'on trouve, entre autres, au col du Lin sur Vollèges, à Grimentz, Saint-Luc, Tourtemagne, etc. Us ue datent
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Objets trouvés dans le Valais.
1. Fibule du type de Golaseca, en bronze, Loèche-les Bains (Musée hist., Berne). — 2. Fibule de La Tène I, en bronze, Bramois (Musée hist., Berne). — 3. Brassard de bronze, Ernen (Musée histor., Berne). — 4. Epingle à tête élargie en bronze, Conthey (Musée national). — 5-8. Bracelets de bronze, Loèche-les-Bains (Musée national). — 9. Pendentif de bronze, Conthey (Musée national). — 10-13. Bracelets plats de bronze, Loèche-les-Bains (Musée national). — ■ 14-15. Bracelets de bronze, Sion (Musée national). — 16. Pendentif de bronze, Drône, près Savièse (Musée national). — 17. Épingle à tête discoïdale, en bronze, Drône près Savièse (Musée national).
(préhistoire)
VALAIS
pas tous de l'époque préhistorique : sur les alpages, les bergers emploient volontiers des pierres à écuelles pour leurs jeux ; mais il en existe certainement qui remontent aux temps les plus reculés. On peut en dire autant de certaines de ces lampes de pierre, dont, selon B. Reber, le Valais serait le centre principal.
L'époque de la pierre n'a pas disparu du jour au lendemain en Valais ; en évoluant elle a survécu aux deux époques suivantes et s'est continuée en une certaine mesure jusqu'au XIXe s. Elle a revécu, pour la première fois, dans les ateliers de poterie découverts à Zermatt en 1883, dont les produits, en chlorite d'ardoise, se répandirent jusqu'à Saint-Nicolas, Montana, Saas, dans le Lôtschental, etc., et étaient encore utilisés jusqu'au IIIe s. après J.-C. (L. Meyer : Zermatt in alten Zeiten, dans JSAC 1923). A Zermatt même, la poterie de pierre se maintint jusqu'à la fin du XIXe s. On peut même ajouter que l'époque de la pierre se prolonge jusqu'à nos jours par l'emploi des plats en pierre, des anciens mortiers en pierre (Mirsla) et des affiloirs en pierre bleue-verte qu'ont employés encore les gens de notre époque. — H. Reinerth : Die jûngere Steinzeit in der Schweiz. — Rùtimeyer : Topfsteinbearbeitung in der Schweiz, dans ASA 1919.
2. L'âge du Bronze. L'âge de la pierre trouve en Valais sa continuation naturelle dans celui du bronze. Les deux périodes se pénètrent à Rarogne, où on a trouvé des haches de pierre polie au même endroit que des ustensiles de bronze. Comme précédemment, les morts sont parfois ensevelis, liés et accroupis, dans des cercueils faits de dalles de pierre. Ce n'est que très rarement qu'on trouve des sépultures en pleine terre, comme à Sion ; plus tard, on procéda par incinération. J. Heierli, dans / ></<schichte des Wallis, a groupé les trouvailles de l'âge du bronze, au nombre de 30. Depuis lors, les collections de Sion, Zurich, Berne et Lausanne, ont été enrichies d'objets nouveaux, mais ce qui a été recueilli ne représente qu'une partie infime de tout ce qui a été trouvé dans le défoncement des vignes et dans les travaux de fondation des maisons. Beaucoup de choses ont été de nouveau enfouies par ignorance.
Des objets de l'âge du bronze ont été trouvés en une cinquantaine d'endroits. Les découvertes sont plus rares en Haut- Valais ; elles sont peu nombreuses aussi sur le versant Nord des Alpes valaisannes, probablement parce que ces régions, peu abondantes en vignobles. ont été moins affouillées. On ne citera ici que les stations où des trouvailles ont été faites à plusieurs reprises, la plupart du temps dans des cimetières, et qui peuvent être considérées comme des établissements de l'époque du bronze.
Ce sont : Collombey-Mura (déjà station du néolithique), Monthey, Martigny, Salvan, Vollège, Liddes, Saillon, Chamoson, Nenda (Cleva, Aproz), Vétroz, Conthey (Plan-Conthey, Aven, Sensine), Châteauneuf (40 tombes environ), Sion (Tourbillon, ville, Petit Séminaire, Montorge), Savièse (Chandolin, Drône, Château de la Soie), Salins, Bramois, Ayent, Granges, Saint- Léonard, Lens (Chélin), Sierre (Géronde), Saint-Luc, Varone, Loèche, Loèche-les-Bains (Gemmi), Lôtschental (Ferden), Rarogne, Saint-Germain, Viège, Zermatt, Brigue, Môrel et Fiesch.
Les objets trouvés se divisent en trois groupes : 1. les ustensiles domestiques (récipients, 6 vases à Chélin), outils (haches de bronze, plates à ailerons, couteaux, ciseaux, marteaux, faucilles) ; 2. armes et instruments de chasse (pointes de flèches et de lances, poignards et glaives) ; 3. objets de parure (épingles ornées, bracelets, agrafes, anneaux, chaînes et pendentifs, perles d'ambre, ornements en coquillages).
G. Kraft (ASA 1928) divise l'âge du bronze en quatre périodes, applicables au Valais également : a) la période des marchandises importées (2500-1700) : colliers et petits poignards triangulaires : Sierre, Conthey (parure), Ayent, Riddes, Vex (poignards) ; b) poignards triangulaires ornementés ci libule> i 1 9i 10-1500) : Granges et Vétroz; c) colliers à œillet (1600-1200) ; d) dernière époque du bronze (1100 à 800), aboutissant à l'âge du fer : Sion, Granges, Lens, Rarogne.
Les premiers objets de bronze furent importés en
Valais, simultanément de l'Est et de l'Ouest ; la plupart proviennent de l'Est. Les trouvailles jalonnent la route qu'ils prenaient : ils arrivaient de la Haute-Italie. Ce sont pour la plupart des objets de parure, colliers avec incisions circulaires, plus rarement en forme de losanges, probablement originaires de Hongrie. Ils apparaissent dans la première période du bronze.
Avec les colliers arrivèrent aussi, par le même chemin, des épingles. Les types d'épingle à tête ornée, de la première époque du bronze dans l'Europe centrale, possèdent en Valais un sous-groupe orné d'un disque rond, plus rarement elliptique (épingles d'Ayent). Une épingle à disque rond, à la bordure dentelée, trouvée à Saillon. est dans le style hongrois ; les gracieuses fibules de Conthey et Savièse se rencontrent en Valais aussi bien qu'en Hongrie, comme accompagnement des colliers. Ces formes ne se retrouvent pas dans le centre de la Suisse, ce qui permet de conclure que ce sont des produits d'importation.
D'autres objets proviennent des pays occidentaux et semblent originaires d'Espagne, où l'industrie des métaux florissait pendant la période intermédiaire entre l'âge de la pierre et celui du bronze. Un poignard de Vétroz aurait une origine espagnole selon G. Kraft (ASA 1927, p. 9). Plus nombreux sont les petits poignards triangulaires, qu'on rencontre aussi dans les pays de l'Est (Hongrie), mais qui proviennent très probablement d'Occident. On en a trouvé trois à Ayent. d'autres à Riddes et à Vex. Les ustensiles originaires de l'Occident sont plus rares que ceux venant d'Orient. Durant l'âge du bronze, de nombreux objets ont été importés en Valais par le Simplon et le Saint-Bernard, venant de l'Est. Les uns et les autres ont été imités et retravaillés ; ils ont été le point de départ d'un art indigène. Le collier oriental fut transformé par les artisans locaux ; ses extrémités furent aplaties et ornées, ou bien la pièce tout entière fut élargie. Les deuxspécimens se sont trouvés à Conthey. Les fibules et les épingles ornées ont également donné naissance à des formes nouvelles. C'est ainsi que fut créée l'épingle à rouleau, comme celle de Sierre et celle à tige recourbée, issue de la simple épingle (G. Kraft).
L'évolution du poignard triangulaire est plus nettement marquée en Valais. Les petits poignards triangulaires (Ayent, Riddes). doivent être considérés comme des objets importés ; les grands et beaux poignards triangulaires, par contre, dits poignards italiens, ont été trouvés dans des tombes (Granges, Vétroz), ce qui permet de supposer qu'ils ont été fabriqués en Valais. Leurs ornements, très caractéristiques avec leurs bandeaux couverts de stries, sont d'un travail très fin. Au commencement de l'âge du bronze, la haute vallée du Rhône et ses alentours (Valais et Vaud), était un important centre de civilisation, qui créa des œuvres d'art et en exporta. Kraft fait rentrer la rive Xord du Léman jusqu'à Lausanne, la Gruyère et la région bernoise de Ringoldswil et Amsoldingen dans la zone d'influence de la civilisation valaisanne de l'âge du bronze.
Il semble qu'à l'âge du bronze, le Valais ait été peuplé d'une tribu de Ligures, ainsi qu'en témoignent la communauté de culture des Valaisans d'alors avec les habitants de la vallée du Pô, et peut-être quelques vestigelinguistiques. Quelques lieux connus par les trouvailles qui y ont été t;iites d'objets de l'âge du bronze, peuvent avoir porté des noms ligures, avec les suffixes caractéristiques en asca, esc, use (Amaniosc et Amagnosch (Magnot ?), Arnioch (Ayent), Bluvignosc (Blivignot), Bornuech, Bramues (Bramois), Graniesc, Graniosc (Granois, Savièse), Grimisoch, Grimisosc (Grimisuat). — G. Kraft : Die Stellung der Schweiz innerhalb der bronzezeitlichen Kulturgruppe Mitteleuropas, dans AS 1 192' et 1928.
3. L'AGE DU fer. Dans le reste de la Suisse, la civilisation des palafittes s'achève au commencement de la période moyenne de Hallstatt ; la civilisation valaisanne. de son côté, quelque florissante et riche qu'elle ait été à l'époque du bronze, décline progressivement avec l'importation et le travail du fer. Vers la fin du IIe millénaire avant J.-C, le climat; avait changé; une période humide avait fait son apparition. Des trouvailles de la première
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[préhistoire)
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période du fer, celle de Hallstatt, ont été faites en diverses localités : Ayent, Brigue, Bourg-Saint-Pierre (Gr. Saint- Bernard), Conthey, Grimisuat, Kippel, Saint-Léonard, (Loèche), Loèche-les-Bains (Saint-Luc), Martigny, Rarogne, Savièse, Sierre, Sion. A l'exception de Grimisuat, toutes ces localités étaient déjà connues à l'époque du bronze ; elles doivent être considérées comme des lieux habités d'une façon stable, ce qui est également le cas à l'époque du fer.
Des trouvailles du second âge du fer (celui de La Tène) ont été faites dans des localités nouvelles : Ardon, Ayent , Bagnes (Bruson, La Tène II), Saint- Bernard, Binn (ASA 1899), Bramois (La Tène I), Chamoson, Chippis, Conthey (Aven), Ernen (Binnachern, cimetière utilisé depuis La Tène I jusqu'à l'époque romaine, découvert en 1838), Évionnaz, Ferden, Fully (sépultures), Grengiols, Grône (La Tène I), Guttet, Hérémence, Isérables
En premier lieu viennent les bracelets ; ils sont très nombreux et portent l'ornementation caractéristique du Valais. Ceux de Loèche-les-Bains sont effilés, courbés et ne se retrouvent que rarement ailleurs. Viennent ensuite les anneaux et les bracelets de bronze, d'argent, de jais et de verre (Conthey, Savièse et Mura près de Sierre). On a trouvé également des statuettes représentant des animaux, des hommes ou des dieux (à Sierre deux statues de divinités) ; enfin, les monnaies. F. von Duhn indique 92 monnaies préromaines, trouvées au Grand Saint-Bernard ; à Collombey et à Port-Valais on a trouvé une monnaie d'or des Salasses ; à Liddes, 5 monnaies celtiques ; à Martigny une monnaie des Séquanais ; à Ausserberg une monnaie d'or du IVe s. avant J.-C, avec l'effigie d'Alexandre-le-Grand. Les bracelets et les fibules de cette époque ont une ornementation caractéristique. L'âge du fer mit à l'honneur l'ornementation dite
Objets trouvés dans le Valais : 1. Épée courte en bronze, Château Neuf près Sion (Musée liist., Berne). — 2. Épée courte en bronze, Liddes (Hospice du Grand Saint-Bernard). — 3. Poignard avec poignée en bronze, Granges (Musée hist., Berne). — 4. Poignard en bronze, Crête, près Sion (Musée de Sion). - — 5. Épée avec poignée en bronze, La Plaine, près Martigny (Musée hist., Berne).
(La Tène II), Kippel, Saint-Léonard, Loèche, Loècheles - Bains, Leytron, Saint-Luc, Mage, Miège, Saint- Nicolas, Reckingen, Riddes (cimetière de La Tène I), Salins, Saxon, Sembrancher (La Tène II), Stalden (nombreux bracelets), Venthône, Vernamiège (La Tène III). Viège (id.), Visperterminen (sépultures), Zeneggen (Sisetsch, cimetière).
Les trouvailles de l'époque du fer soulèvent deux observations, relatives, l'une, au nombre des trouvailles, l'autre, aux particularités de la forme des objets. Le nombre peut être une indication de la densité de la population. A cet égard, le Valais central, avec son sol fertile et la douceur de son climat, vient en tête ; mais les cols, également, ont livré de nombreuses trouvailles qui témoignent de l'intensité du trafic passant par le Grand Saint-Bernard, la vallée de Viège, le Simplon, la vallée de Binn et se dirigeant sur l'Italie. D'autre part, le Sanetsch, la Gemmi et le Lôtschberg, ainsi que le Grimsel, sans doute, étaient les routes commerciales pour le Nord. Il est probable que beaucoup de villages de montagne, où aucune trouvaille n'a été signalée, conservent encore nombre d'objets enfouis notamment sous les vieilles maisons.
Les objets de l'âge du fer sont fort divers en Valais.
valaisanne. Les commencements de cette ornementation remontent à l'âge du bronze (sépultures de Sion). Le cercle avait déjà été employé comme ornement par les premiers palafittes, tout particulièrement sur les petits bracelets en bronze lamé. C'était, la plupart du temps, des cercles concentriques avec un point au milieu. L'histoire de cet ornement peut se reconstituer à peu près comme suit : sur les bracelets de Sion de la dernière époque du bronze il figure sous la forme d'une décoration très finement travaillée, ayant à chaque extrémité cinq cercles, disposés en diagonale. Il est possible que ces objets aient été importés. D'autres, qui sont des imitations manifestes des précédents, portent une ornementation formée de cercles quelque peu grossièrement travaillés, mais ce sont des pièces encore rares. Dans la 2e époque du fer, les bracelets avec les cercles grossièrement travaillés deviennent fréquents. Un bracelet porte de 14 à 17 cercles, groupés par trois à chaque extrémité de la parure (à Loèche-les-Bains, on en a trouvé dix exemplaires dans la même tombe). Plus tard, les bracelets deviennent un peu plus épais, puis lourds, informes et presque fermés. L'ornement devient de plus en plus grossier et laid jusqu'à sa disparition, dans le Ier ou le IIe s. de notre ère.
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On a certains renseignements sur la population de l'âge du fer. Depuis l'âge de la pierre, les peuplades primitives s'étaient progressivement mélangées d'éléments ethniques de la race indo-germanique. A l'époque du bronze un nouveau type s'était formé, auquel vinrent s'adjoindre, à l'âge du fer, les Celtes. Les Valaisans d'alors étaient un peuple établi de façon stable sur la terre héréditaire ; ils jouissaient d'un certain bien-être. De même qu'à l'époque précédente, ils commerçaient activement avec le Nord et le Sud par les cols alpestres et établirent des centres d'activité dans les vallées latérales, dans les vallées de Binn, de Viège (Stalden), de Lôtschen (Kippel), au pied de la Gemmi (Loècheles-Bains) et dans le val d'Anniviers (Saint-Luc). Les villages montagnards connus déjà à l'époque du bronze, Ayent, Savièse, Conthey, Bagnes et la route du Saint- Bernard, gagnèrent en importance.
Deux importants témoignages écrits nous ont été transmis sur le Valais de l'époque du fer. Dans son poème Ora Maritima, l'auteur romain Rufus Festus Avienus, vivant au IVe s., nous a laissé les plus anciens renseignements écrits sur le pays. Il s'en réfère à des écrivains grecs du Ve s. avant J.-C, dont les ouvrages ne nous sont pas parvenus. Il énumère les peuplades habitant la vallée, de la source du Rhône en aval : les Tylangi, les Daliterni, les Clahilci et les Lemeniens (ager lemenicus ) . Les Tylangi et les Daliterni suivant certains auteurs seraient des Germains ; on en fait de même, mais plus dubitativement, des Clahilci, à cause de leur nom. Ainsi se vérifierait ce que dit Tite-Live (XXI, 38) que le Grand Saint-Bernard aurait été barré par des demi-Germains. Tandis que les Daliterni, les Clahilci et les Lemeniens ont disparu de l'histoire sans laisser de traces (la Dala et le Léman en seraient un souvenir), nous apprenons par César (de Bello Gallico) certains détails sur les Tylangi. Jean de Miiller, Heierli, Œchsli, puis Zeuss et Much et d'autres, identifient les Tylangi aux Tullingi de César, cette courageuse peuplade voisine des Helvètes, qui quitta le pays avec eux, en 58, se distingua à la bataille de Bibracte et couvrit la retraite. A partir de là, ils disparaissent de l'histoire. Ils auront probablement été absorbés par les Helvètes. Un autre témoignage est fourni par l'historien Polybe (f H7 av. J.-C). Il retrace les destinées des quatre peuplades valaisannes depuis l'époque du fer. Selon lui, les Gaulois de la plaine du Pô, les Boiens, les Insubères, etc., auraient fait appel à des « Gaulois des Alpes et du Rhône » pour les aider dans leur lutte décisive contre les Romains. Ces expressions ont toujours été attribuées au Valais. Toutefois, à en juger par le nombre de ces auxiliaires, venus des Alpes, il faut qu'ils aient été rejoints par d'autres peuplades, accourues d'autres partie de la Suisse. Quoi qu'il en soit, il paraît certain que des Valaisans prirent part à cette expédition. Ces troupes étaient armées de lances et de javelol s. Leur première expédition italienne eut lieu en 236 av. J.-C. et se termina par un échec près de Rimini. En une seconde expédition, ces peuplades, conduites par leurs rois, le Celte Concolitan et le Germain Anroest, apparurent sur le Pô en l'an 225 av. J.-C. En un premier combat, elles vainquirent les Romains à Clusium, mais furent ensuite défaites à Telamon, sur la côte toscane. Les vaincus n'étaient vêtus que de leurs colliers et de leurs bracelets d'or. Leurs boucliers ne purent les protéger suffisamment contre les javelots des Romains et leurs glaives en métal insuffisamment dur ne purent détourne) les armes de choc de l'ennemi. Une troisième et une quatrième expédition eurent lieu en 222 av. J.-C. : 30 000 (lésâtes accoururent au secours des Insubères. Ils furent vaincus à Clastidium (Clasf et'iM") par le consul Claudius Marcellus qui tua leur chef Viridomar et 10 000 de ses guerriers. Ceux qui échappèrent à la mort, s'enfuirent au delà des monts. Leur nom disparaît désormais de l'histoire, mais on admet que certains d'entre eux purent regagner le Valais. Le nom de Gaulois, attribué aux Valaisans qui firent irruption en Italie, n'a pas de signification précise quant à la race. Depuis leurs premières rencontres avec les Gaulois au temps de Brennus, les Romains appelaient indistinctement Gaidois tous leurs ennemis d'au delà des Alpes, fussent-ils Gaulois, ou
Gaulois et Germains, ou simplement Germains. Dans les habitats des quatre peuplades citées à l'âge du fer en Valais, s'établirent quatre autres peuples ; César, en 57, en cite trois : les tribus celtes des Nantuates, des Véragres et des Séduniens (de Bello Gallico III), tandis que les Ubères, tribu des Lépontins, occupaient vraisemblablement l'ancien domaine des Tylangi. Leur nom est inscrit, avec celui des trois autres tribus valaisannes, sur le monument de la Turbie, parmi les peuples sujets des Romains, en l'an 7 av. J.-C. [L. Mr.]
III. Histoire. 1. De l'époque romaine A 1798. Dès le milieu du Ier s. avant J.-C, l'histoire du Valais s'appuie sur des faits certains. A cette époque, les environs de Martigny étaient habités par les Véragres dont la ville principale était Octodurum, Octodure (forteresse dans un défilé) ; plus à l'Est étaient établis les Séduniens, autour de leur capitale Sedunura, Sion (château sur une colline), tandis que la plaine, d'Octodure au Léman, était occupée par les Nantuates avec, comme chef-lieu, Tarnaiae. Ces peuplades étaient de race celtique. Au temps d'Auguste, la partie supérieure de la vallée, jusqu'aux sources du Rhône, était habitée par les Ubères, de race lépontienne.
En 57 avant J.-C, César chargea Servius Galba de conquérir le Valais. Les trois peuples unis résistèrent avec vaillance aux attaques des Romains, et, s'il est vrai que ceux-ci remportèrent finalement la victoire à Octodure, le général romain dut néanmoins abandonner le pays sans l'avoir soumis. Cette conquête définitive était réservée à l'empereur Auguste qui l'accomplit après avoir subjugué les Salasses de la vallée d'Aoste (25 av. J.-C).
Le Valais sous les Romains. Le Valais fut incorporé à la province de Rhétie, gouvernée par un préfet impérial. Les quatre peuplades de la vallée du Rhône formaient chacune une cité (civitas), qui se gouvernait selon ses coutumes, tout en restant sujette des Romains, et tenue à payer l'impôt. Le joug de l'empire était si léger que les Séduniens dès l'an 7 ou 8 av. J.-C, et les Nantuates peu après, élevèrent, à Tarnaia?, un monument à Auguste, leur protecteur. Vers l'année 22 ap. J.-C, ce furent les quatre cités ensemble qui dédièrent un monument au jeune Drusus, fils unique de l'empereur Tibère.
L'empereur Claude montra une bienveillance particulière aux peuples du Valais, qui comptaient encore parmi les étrangers (peregrini), en leur accordant le droit latin (jus Latii), et bientôt après, le plein droit de cité. Ils devenaient ainsi citoyens romains (civi romani). Octodure devint forum impérial (marche,, et reçut le nom officiel, qui se lit sur les bornes milliairede Forum Claudia Vallense.
Le commerce prit un plus grand développement par la construction (vers 47) de la voie militaire du mont Pœninus (plus tard appelé Saint-Bernard), qui se dirigeait vers Moudon et Soleure, et par celle du Simplon (vers 196). Le Valais exportait du bétail, du gibier, des produits laitiers, et achetait au dehors des fruits, du vin, des objets d'art et de luxe. Les Valaisans incorporés dans l'armée romaine étaient regardés comme d'excellents soldats ; ils formaient un corps spécial de cavalerie (ala Vallensium), fort de 500 hommes. Ceci prouve que le pays jouissait d'un état social assez élevé el d'un certain bien-être.
Probablement vers la moitié du IIe s., sous le règn
Marc Aurèle, le Valais fut détaché de la Rhétie et forma avec la haute vallée de l'Isère une province particulière, fraction elle-même de la préfecture des Alpes occidentales. Vers la fin du IIIe s., elle porta le nom de province des Alpes graies et pennines et fut divisée en cité de Tarentaise (civitas Tarentasia), et cité des Valaisans (civitas Vallensium), nom sous lequel les quatre peuplades de la vallée étaient réunies en un seul peuple. Le pays s'appelait Vallis pœnina, et plus tard, simplement Vallis (vallée). L'antique Octodure était la ville princij pale, avec laquelle Sedunum et Tarnaia? ne tardèrent pas à rivaliser pour le premier rang. On voit donc que le nom du Valais et son unité nationale, qui. brisée après l'époque carolingiennne, fut restaurée plus tard par les dizains supérieurs, sont un héritage de la domination romaine.
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C'est à l'époque romaine également, qu'il faut faire remonter les origines chrétiennes du Valais. Outre le martyre de saint Maurice et de ses compagnons (vers 285 ou 286), le préteur Asclepiodotus fit apposer le monogramme du Christ sur un édifice public qu'il construisit à Sion (377) ; l'évêque saint Théodore, qui avait son siège à Octodure, est mentionné au concile d'Aquilée en 381, et assiste très probablement aussi au concile de Milan (390).
Le Valais sous les Burgondcs. Les Burgondes occupèrent le Valais vers 455-457 ; ils étaient chrétiens ; mais leurs souverains professaient l'arianisme. Le roi Sigismond revint à la foi catholique avec son peuple. Ce prince bâtit en 515 une nouvelle église sur le tombeau des martyrs thébains et un monastère qui a résisté à l'assaut des siècles et fleurit encore aujourd'hui, Saint- Maurice.
Le dernier roi burgonde fut vaincu par les Francs, qui soumirent le Valais à leur domination (534). Ils laissèrent subsister la Burgondie comme nation, avec ses lois et ses usages, et lui imposèrent seulement leur système de division administrative en comtés. Le Valais, dans ses anciennes limites, jusqu'à l'Eau froide de Villeneuve, forma un pays particulier : pagus Vallensis. Sion devint capitale et ville épiscopale (vers 585).
Il semble bien que le Valais avait, à cette époque, une certaine importance. A Saint-Maurice et à Sion, les Mérovingiens avaient ouvert un atelier monétaire. Charlemagne passa probablement par le Saint-Bernard pour se rendre en Italie. Une tradition constante veut que le grand souverain ait manifesté son intérêt éclairé à l'abbaye de Saint-Maurice, et que plusieurs privilèges de l'église de Sion remontent jusqu'à lui.
C'est probablement à la fin de l'époque franque qu'il faut fixer l'immigration des Alémannes dans la haute vallée du Rhône. Du Nord de l'Helvétie où ils étaient établis depuis le IVe s., ils pénétrèrent en Valais par la vallée de Hasli, et occupèrent peu à peu le pays jusqu'à Loèche au XIIIe s. st jusqu'à Sierre vers le XVe s. Ils parlaient l'allemand, et la limite des langues suivit les progrès de leur établissement en Valais.
Le démembrement de l'empire carolingien par le traité de Verdun (843) fit du Valais et de la Bourgogne une partie du royaume de Lotharingie, lequel ne tarda pas à se disloquer. Le Valais suivit alors les destinées du royaume de Bourgogne, fondé en 888 par le comte Rodolphe à Saint-Maurice, dont il était abbé commendataire.
Le Valais depuis 999. — a) L'apogée de la puissance épiscopale. C'est de l'époque du royaume de Bourgogne que date l'histoire propre du Valais. Le point de départ en est l'acte du roi Rodolphe III, qui, étant sans postérité, fit don, à perpétuité, du comté de Valais, avec tous ses droits et domaines, à l'évêque Hugue et à ses successeurs sur le siège épiscopal de Sion (999). De ce fait, l'évêque de Sion devenait vassal du roi de Bourgogne qui lui avait donné le Valais en fief ; quand la Bourgogne fut réunie à la couronne impériale, le Valais fit partie du « Saint empire romain-germanique », et l'évêque de Sion devint, en sa qualité de comte du Valais, feudataire de l'empereur (1032).
Ce comté donné à l'évêque n'avait cependant plus l'extension de l'ancien pagus Vallensis. En effet, la région située entre la croix d'Ottan près du Trient et le Léman, s'était séparée du reste du Valais, pour former un pays appelé Chablais (pagus caputlacensis ) . Cette séparation se produisit probablement lors de la fondation du royaume de Bourgogne en 888 ; en tout cas pas avant 839, ni après 921. Le comté de Valais comprenait la vallée du Rhône, avec les vallées latérales, de la croix d'Ottan jusqu'à la Furka. Le diocèse de Sion, par contre, conserva ses anciennes limites jusqu'à Saint - Gingolphe et jusqu'à l'Eau froide de Villeneuve.
L'évêque de Sion était, en sa qualité de comte, représentant de l'autorité impériale en Valais, et, à ce titre, recevait de l'empereur les droits régaliens. Ceux-ci conféraient à l'évêque l'administration de la justice el de l'armée, le droit de chancellerie et de police, la surveillance des marchés et de la grand'route (strata regia) qui traversait toute la vallée. 11 disposait des revenus de la couronne, des douanes et des péages ; mais ces som-
mes servaient en grande partie à payer les fonctionnaires. Comme prince séculier, il gouvernail librement le pays et rendait la justice en dernière instance.
Nous manquons presque totalement de documents relatifs aux premiers temps du régime épiscopal. Les plus anciens remontent à la fin du XIe s., et font voir qu'à ce moment, l'évêque n'était plus en pleine possession du domaine donné par Rodolphe III. Une partie des biens avait passé à l'abbaye de Saint-Maurice, au Saint-Bernard, à d'autres seigneuries ecclésiastiques, et surtout à la maison des comtes de Savoie. Nous ignorons complètement comment se firent ces acquisitions. Toujours est-il que, dès le début du XIe s., Humbert aux Blanches Mains, de la maison de Maurienne-Savoie, comte de Chablais, jouissait d'une haute considération et posait alors les bases de la future puissance de sa famille. Il était avoué de Saint-Maurice et le plus grand propriétaire foncier en Chablais et sur les rives du lac. Dans le comté de Valais aussi, il possédait de nombreux domaines et exerçait une influence prépondérante. Ayant réussi à faire nommer son fils Aimon au siège épiscopal de Sion (1037), il mit, par là-même, tout le Valais dans une étroite dépendance vis-à-vis de la Savoie. Vers la fin du XIe s., la région en dessous de la Morge de Conthey était, presque en entier, devenue domaine savoyard, à l'exception de Martigny. Chamoson, Ardon et Massonger en Chablais, qui étaient seigneuries épiscopales. L'évêque possédait, en outre, des droits importants sur les rives du Léman, pour lesquels il devait prêter hommage au comte.
En dessus de la Morge, par contre, l'évêque était le principal propriétaire foncier. Il possédait les plus importantes localités, comme la ville de Sion, Sierre, une partie de Rarogne, Viège, la vallée de Saint-Nicolas, Simplon et la majeure partie de Conches. Loèche et Naters, qui appartenaient à l'abbaye de Saint-Maurice et que l'empereur Henri IV donna à l'évêque Ermanfroi, furent définitivement réunis par l'évêque saint Garin au domaine épiscopal en 1138. Ces deux villages devinrent bientôt des centres administratifs importants.
Le chapitre de la cathédrale possédait, lui aussi, des biens considérables dans le Haut-Valais, et dans le val d'Hérens. D'autres terres furent données par l'évêque en fief à des seigneurs séculiers ; certaines seigneuries étaient attachées comme fief à des charges dépendant de l'évêque. La Savoie possédait, dans le Haut-Valais le comté de Morel, et inféodait Bas-Châtillon et Lotschen aux seigneurs de la Tour.
L'évêque exerçait ses droits séculiers par l'intermédiaire de fonctionnaires : les charges de ceux-ci étaient considérées comme des fiefs.
On mentionne en 1054 un avoué épiscopal (advocalus). Vers la fin du XIIe s., c'est le vidame (vicedominus) qui apparaît comme le premier fonctionnaire. Il était chargé de l'administration et de la justice, et de tenir les plaids (placita), assemblées des gens d'une seigneurie épiscopale, qui avait lieu chaque année, en plein air, aux mois de mai et d'octobre. On y traitait des intérêts économiques communs, on cherchait à résoudre les conflits. C'est de ces plaids que sortirent plus tard les assemblées de dizains. L'évêque avait établi des vidâmes à Sion, Sierre, Anniviers, Loèche, Rarogne, Viège, Naters, Chamoson-Ardon, Martigny et Massonger. Un autre fonctionnaire important était le major, qui avait à percevoir, au nom du seigneur, les impôts et autres redevances. Comme le vidame, le major ne tarda pas à prendre rang parmi les conseillers de l'évêque, qui en vint même à confier au major, en plusieurs localités, des pouvoirs seigneuriaux et judiciaires assez étendus. Le nom du château de Majorie à Sion vient du major qui y avait sa résidence. Depuis qu'au XVe s. la charge du major passa aux mains des dizains, elle fut remplacée, en certains endroits, par celle du châtelain. Le métrai, primitivement employé de ferme, devint l'aide et le sous-ordre du major. Le sautier enfin, était un officier de police. Toutes ces charges étaient héréditaires.
Le domaine foncier du comté était alors divisé en métairies ou seigneuries, données généralement en fief aux fonctionnaires. Les terres d'une seigneurie se
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répartissaient : 1, en celles que le maître se réservait et faisait cultiver lui-même ; 2, en fermes qui demeuraient aux mains des paysans ; 3, en biens banaux, alpages, ] ià l virages et forêts que le seigneur laissait à l'usage commun de ses fermiers.
Les paysans se livraient à l'élevage du bétail, à la culture des champs et des prairies, souvent aussi à celle de la vigne. Ils formaient la classe des sujets, en leur qualité de tenanciers héréditaires ; en cas de vente de la seigneurie, ils appartenaient au nouveau maître, sans pour cela perdre leurs terres ; bien plus, ils avaient même le droit de les aliéner. En échange des biens que le seigneur leur laissait, ils lui devaient le servis (servi-
complète, à une réelle puissance et à la considération générale : ils formèrent la classe des nobles. La chevalerie, composée d'hommes libres et de sujets, qui combattaient à cheval dans les guerres, formèrent une noblesse particulière. Le Valais possède encore une soixantaine de ruines de châteaux-forts du moyen âge, habités jadis par de nobles chevaliers.
Le Bas- Valais, domaine savoyard, faisait partie, au commencement du XIVe s., du gouvernement du Ghablais, placé sous l'autorité du châtelain de Chillon. Il était divisé en six châtellenies : celles de Chillon, de Saint-Maurice-Monthey, de Sembrancher, de Saillon, de Saxon et de Conthey. Chacune avait son châtelain.
Valais. Sion au milieu du XVIe s. D'après une gravure de Johannes Kalbermatten (Bibliothèque Nationale, Berne)
tium), impôt foncier en nature ou en numéraire. Si le seigneur changeait, ils étaient tenus de lui offrir des dons appelés plaids ( placilum ) . Ils devaient lui rendre hommage par le serment de fidélité (homagium), faire pour lui des corvées à jour fixe, et le suivre à la guerre. Une classe particulière du peuple était formée par les taillables, astreints à un impôt spécial appelé taille. Ils étaient, sans être esclaves, attachés à la glèbe. L'Église avait droit aux dîmes, soit le dixième des produits du sol : cette taxe passa plus tard aux mains des laïcs. En réalité, le paysan ne souffrait pas plus de ces charges que nous-mêmes des impôts actuels, car leurs obligations envers le seigneur étaient toujours proportionnées à l'état des récoltes ; les années maigres, ils n'avaient rien ou très peu de chose à livrer. Les marchés étaient bien fréquentés et facilitaient les transactions de bétail ou de produits du sol. Le peuple vivait heureux, et, dans les périodes paisibles, dans une aisance presque générale. Les fonctionnaires qui se distinguaient par leur fidélité au service du comte-évêque, par leur prudence et leur courage, parvenaient souvent à la liberté
résidant au bourg, centre important de l'administration, des foires et des marchés. Le châtelain avait à ses ordres des métraux et des sautiers.
La période qui s'étend jusqu'à la fin du XIIIe s. peut être regardée comme la plus florissante du régime épiscopal. Ce n'est pas à dire que les évêques aient jamais pu exercer leur pouvoir dans une complète tranquillité : ils eurent tout d'abord à lutter contre des ennemis du dehors, pour défendre l'indépendance du pays. Le duc de Zâhringcn avait obtenu de l'empereur I'avouerie des diocèses de la Suisse romande ; ceci faisait perdre au Valais le privilège de l'immédiateté impériale et contraignait l'évêque à recevoir les régales des mains du duc (1162). Quelque vingt ans plus tard, ce droit ayant passé à la Savoie, la situation du Valais ne s'en trouva pas améliorée ; au contraire, entre les mains de la Savoie, ce droit d'investiture devenait un moyen facile de s'immiscer dans les affaires valaisannes, et de réaliser progressivement le projet cher aux comtes de Savoie. depuis Humbert III (f 1189) : restreindre les droits de l'évêque de Sion au seul territoire haut-valaisan. Le
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conflit entre L'énergique évêque Gonon et la Savoie I I 170), dont on ignore les causes, fut le point de départ d'une lutte séculaire entre les deux pays voisins. S'il est vrai que l'empereur Henri VI reconnut solennellement L'immédiateté impériale du Valais, par un diplôme délivré à Bâle (7 mai 1189) en faveur de l'évêque Guillaume II, la Savoie, néanmoins, réussit un peu plus tard à s'emparer de nouveau du droit d'investiture, et à le conserver longtemps.
Les tentatives répétées des Zàhringen pour affirmer leurs prétentions sur la vallée du Rhône furent définitivement brisées en 1211 à Ulrichen, où les Valaisans, sous la conduite de leur évêque Landn de Mont (1206- 1237), infligèrent au duc Bertold V une sanglante défaite. L'évêque Landri dut défendre énergiquement ses droits contre l'un de ses propres vassaux, le baron de I mu", qui était également vassal de la Savoie (1210 et 1219) ; puis contre les entreprises militaires de Thomas de Savoie (1223) et de son fils Aimon de Chablais, qui fit construire sur territoire épiscopal la forteresse de Montorge (1233) et chercha tous les moyens de provoquer des conflits. On conclut finalement la paix, sur la base de concessions réciproques ; le château de Montorge fut cédé à l'évêque. L'évêque Henri de Rarogne (1243-1271) s'assura l'appui de Berne par une alliance conclue pour dix ans (Loèche, 17 juil. 1252), car le comte Pierre II de Savoie, dont la puissance ne cessait de grandir en Suisse romande, menaçait de nouveau le comté épiscopal. En 1260, il envahit le Valais à l'improviste, enleva les forteresses de Martigny et du Crest et força l'évêque Henri à signer le traité du 5 sept. 1260, qui donna à la Savoie tout le pays en dessous de la Morge.
Non content de ce résultat, Pierre construisit à Nendaz, sur la frontière des deux comtés, le château de Brignon, et fit occuper celui de Montorge. Henri réussit à reconquérir cette dernière forteresse en 1264. Après une trêve que Pierre utilisa pour préparer une nouvelle attaque, il se jeta sur l'armée épiscopale et la défit à Riddes en mai 1266, puis il mit le siège devant Sion. La paix fut conclue aux mêmes conditions qu'en 1260 ; mais après la mort de Pierre, l'évêque obtint de son successeur, le comte Philippe, une revision du traité et la restitution de ses domaines du Bas-Valais.
Vers la fin du XIIIe s., quelques membres de la noblesse voulurent profiter de la situation affaiblie de l'Église, pour s'approprier un certain nombre de fiefs épiscopaux. L'évêque Boniface de Challant (1289-1308), prince éclairé, à qui l'on doit le château de Tourbillon ( 1294), réclama avec force la soumission des mutins. A la tête de ceux-ci se trouvait Pierre de la Tour, qui prit les armes, dès 1294 probablement. L'évêque, ne se sentant pas assez fort, conclut une alliance de dix ans avec la ville de Berne, le comte de Viège et la commune de Loèche (4 avril 1296). La noblesse révoltée était, de son côté, soutenue par quelques seigneurs de l'Oberland bernois. L'évêque, aidé du comte de Viège et de tous ses fidèles sujets, infligea une défaite décisive à ses adversaires, près de la Souste de Loèche, sur les rives du Rhône, en un endroit appelé depuis lors « Pré des soupirs », Seufzermatten (1296). Les rebelles, et Pierre de la Tour le premier, ayant reconnu la suzeraineté de l'évêque, furent mis en liberté dès 1299. Anselme de Saxon seul, convaincu de haute trahison, fut décapité à Sion. Deux ans plus tard, Boniface parvint à régler avantageusement de nouvelles difficultés qui s'étaient élevées avec la Savoie.
b) Les communes commencent à s'immiscer dans le gouvernement du pays. Dans la période qui s'ouvre au XIVe s., nous voyons le peuple, représenté par les communes, entrer graduellement dans le gouvernement du pays : par exemple, en 1301, pour traiter de la paix avec la Savoie. Les assemblées qui avaient lieu deux fois palan dans les différentes circonscriptions administrative sous la présidence du vidame, fournissaient tout naturellement au peuple l'occasion de s'unir plus fortement en communes pour la défense de leurs franchises. L'existence de ces groupements remonte peul être au XIIe s. déjà. Vers la fin du XIIIe s., certains villages commencèrent à se séparer de la grande commune ou paroisse primitive, pour administrer eux-mêmes le-
biens banaux dont ils avaient demandé le partage. Mais, malgré cela, ils conservèrent des liens nécessaires avec leur commune-mère, ou continuaient à résider le vidame ou le major, ainsi que le curé. Toutes ces communes ne cessaient pas de former une division administrative qui, depuis le milieu du XIVe s., prit le nom de dizain. 11 y eut au début, dans le Valais épiscopal, dix cercles ou seigneuries, semble-t-il : Ernen (Conches), Naters, Viège, Rarogne, Loèche, Sierre (Géronde), Sion, Chamoson-Ardon, Martigny et Massonger. Chacun formait un dixième de la terre épiscopale, d'où le nom de dizain. Lorsque le Valais en dessous de la Morge passa à la Savoie (fin du XIVe s.), il ne resta plus que les sept dizains du Haut-Valais.
Le peuple avait fidèlement soutenu ses princes dans les luttes contre les ennemis du dehors et de l'intérieur ; aussi les évêques surent-ils reconnaître ses services en lui accordant des droits importants. Les communes prirent rang après le chapitre et les fonctionnaires dans les Conseils de l'évêque-comte ; ainsi prit naissance la diète, ou conseil général (consilium générale terrae Vallesii), à laquelle participaient régulièrement les représentants des communes, et, depuis la seconde moitié du XIVe s., ceux des dizains. Depuis 1277. l'évêque nommait un capitaine du pays ou bailli, pour l'assister dans le gouvernement, le commandement des troupes et l'administration de la justice. Plus tard, l'évêque nomma aussi un juge du pays. La présidence de la diète revenait à l'évêque, ou en son absence, au capitaine du pays.
I /exemple des cantons primitifs luttant pour leur liberté eut certainement à cette époque une grande influence sur le développement de l'esprit d'indépendance en Valais. L'évêque Aimon de la Tour lui-même, s'en référant à la charte impériale d'Henri VI, de 1189, et soutenu par les communes, refusa de recevoir l'investiture de la Savoie (1323). Il eut la joie de terminer ce conflit à son avantage, la Savoie renonçant à son droit d'investiture sur le comté du Valais (1337).
Le règne de Guichard Tavel (1342-1375) ne fut pas heureux. Apparenté à la maison de Savoie et soutenu par elle, cet évêque ne tarda pas à se brouiller avec le chapitre et la ville de Sion. Dans ses démêlés avec Pierre de la Tour, il se vit abandonné par ses sujets, toujours plus avides de liberté ; les dizains supérieurs étaient même ouvertement partisans de la Tour. L'évêque demanda l'intervention du comte vert, Amédée VI, qui saisit avec empressement cette occasion de préparer la conquête du Valais. La ville de Sion fut prise par le Savoyard qui marcha jusqu'à Salquenen, où il exigea des communes la soumission et une grosse indemnité de guerre (avril 1352). Cependant les communes s'étaient de nouveau emparées de la ville de Sion. Le comte revint l'assiéger, et, grâce à son armée nombreuse, triompha de la résistance acharnée des défenseurs, reprit la ville, la pilla à fond et la livra aux flammes. Le 8 nov. 1352, le vainqueur imposa aux Valaisans les plus dures conditions de paix. Elles furent, en apparence acceptées, mais les communes du Haut-Valais ne songeaient à rien moins qu'à se soumettre, et chercha nul plutôt un appui auprès des cantons suisses. Les autres communes, qui souffraient vivement de leur défaite, en appelèrent à la médiation de l'empereur Charles IV. Celui-ci confirma l'immédiateté impériale et assura le Valais de sa haute protection (31 août 1354), mais ce fut tout. Les communes supérieures, jusqu'à la Raspille, jurèrent alors entre elles une alliance offensive et défensive (10 avril 1355).
La paix d'Évian (11 mars 1361) vint mettre un terme à ces querelles stériles ; le comte, voyant qu'il n'avait rien à y gagner, renonça à la charge de capitaine du pays et à toute immixtion dans les affaires valaisannes ; les communes, par contre, eurent la satisfaction de voir aboutir leurs efforts tenaces pour l'indépendance de la patrie. Plus tard, l'évêque, pour affirmer cette indépen dance, prit le litre de comte et préfet du Valais (cornes et praefectus Vallesii). L'évêque Tavel avait acquis en 1373 le château de la Majorie qui devint et resta, jusqu'en 1788, la résidence des évêques de Sion.
Le conilii entre le baron de la Tour et l'évêque
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(histoire)
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s'étant rallumé, celui-ci chercha un appui auprès des communes, tandis que son adversaire demandait l'aide de la Savoie. Les machinations des La Tour provoquèrent l'assassinat de la comtesse de Blandrate et de son jeune fils au pont de Naters (3 nov. 1365) ; le baron eut à subir encore le siège de son château de Bas-Châtillon (1367). La paix de Saint-Maurice mit fin aux démêlés avec la Savoie (juin 1370) ; Antoine de la Tour dut se soumettre et rendre hommage à l'évèque qui avait su repousser toute nouvelle immixtion de la Savoie. Antoine de la Tour, cependant, jura de se venger ; le 8 août 1375, il pénétrait par surprise dans l'enceinte du château de la Soie et faisait jeter le vieil évêque dans un précipice. Ce crime suscita une réprobation générale dans le peuple. Antoine de la Tour subit une complète défaite à Saint- Léonard, sa forteresse de Châtillon fut assiégée, et lui-
appelés, depuis plus de cent ans, à prendre part au gouvernement épiscopal, n'avait cessé de s'accroître. Dans les guerres contre la Savoie, elles avaient pris conscience de leur force, qui leur permit de défendre seules leurs libertés. A l'époque suivante, les succès obtenus devaient naturellement les conduire à réclamer des droits nouveaux, et même celui de gouverner le pays, conjointement avec l'évèque. C'est vers ce but que tendirent, sans se lasser, les efforts des députés des dizains, qui aimaient à prendre le titre de « Patriotes ».
Leur premier souci fut d'obtenir le droit de participe] à l'élection de l'évèque de Sion, pour empêcher la désignation d'un étranger, surtout d'un Savoyard. Ils réussirent, en effet, à faire nommer évêque par Rome, en 1392, Guillaume V de Rarogne, dont le père, Pierre de Rarogne, avait tenu le parti des Patriotes dans la guerre
Valais. Brigue et Naters en 1654. D'après une gravure sur cuivre de la Topographie de Matth. Merian.
même, avec toute sa famille, banni pour toujours du pays. Les biens de la maison de la Tour furent achetés pour le diocèse, par l'évèque Edouard de Savoie (1376- 1386).
Ce prince ne sut pas gagner l'amour de son peuple. Dès 1378, il eut à apaiser un soulèvement des communes de Conches, auxquelles il dut donner confirmation de leurs libertés ; six ans plus tard, il fut forcé de s'enfuir, devant la révolte de la noblesse et du peuple, qui détruisirent les châteaux épiscopaux et portèrent la dévastation en territoire savoyard. Le comte Amédée VII de Savoie, le comte rouge, ne tarda pas à se venger : il prit Sion qu'il détruisit en partie, occupa les châteaux, réclama pour lui les possessions épiscopales en dessous de la Morge, plus une forte indemnité de guerre. L'année suivante, il remonta la vallée du Rhône jusqu'à Salquenen, pour contraindre les communes du Haut à payer leur part d'indemnité, mais sans succès. Enfin, en décembre 1388, eut lieu la grande bataille de Viège, dans laquelle Rodolphe de Gruyère, qui commandait l'armée savoyarde, subit une sanglante défaite. Les communes avaient une fois encore sauvé leur indépendance. La paix fut signée le 24 nov. 1392 et renou- \ elée sept ans plus tard : elle fixait la Morge de Conthey comme limite entre les deux pays.
c) Les dizains associés au gouvernement du pays. Depuis la seconde moitié du XIVe s., l'influence des communes, dont les représentants à la diète avaient été
contre la Savoie. Avec lui commença la longue séru- des évêques haut-valaisans, qui occupèrent, pendant près de 500 ans, le siège de saint Théodore. Le traité d'alliance, conclu en 1403 avec Lucerne, Uri et Unterwald rapprocha l'évèque et les dizains des cantons suisses, tandis que l'accord de 1410 avec la Savoie leur donnait quelque répit de ce côté.
La guerre de Rarogne. Pierre de Rarogne étant mort, son fils Guichard fut nommé grand bailli par l'évèque. Guillaume VI, lui-même neveu de Guichard. Celui-ci. ambitieux et orgueilleux, se comporta durement vis-àvis du peuple. Il obtint même de l'empereur Sigismond. à Seravalle, le 13 mars 1414, le transfert à son profit et à celui de ses héritiers, de tous les droits de souveraineté sur le comté du Valais. Ces prétentions eurent pour effet de soulever tout le pays, comme un seul homme, contre la maison de Rarogne. La révolte se manifesta pour la première fois, au début de l'année 1415, à Brigue, où une association dite « du chien », portant comme emblème une chienne avec ses petits, réunissait les Patriotes sous sa bannière. Au mois de juin, la même bannière, entourée d'une foule menaçante, llottait sous les murs du château de la Soie, où l'évêqw . avec son oncle Guichard et la famille de celui-ci, croyait en sûreté. Il fut cependant forcé de faire à ses sujets d'importantes concessions : assentiment des dizains au choix du grand bailli, qui serait dorénavant responsable devant l'évèque et les dizains ; participation
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îles dizains au gouvernement; cession provisoire aux dizains des anciens domaines de la famille de la Tour à Chàtillon et à Lôtschen.
Guichard en appela vainement à Berne et à l'empereur Sigismond ; le 4 mai 1416, il se vengea en attirant dans une embuscade les membres de la diète, qu'il avait convoqués à Platta, près de Sion, et les fit assommer par ses gens d'armes. Le peuple, indigné de cet attentat, se réunit le lendemain à Salquenen, à l'hospice Saint-Jean. et proclama sa séparation d'avec la maison de Rarogne. Le château de Beauregard fut livré aux flammes. Une suspension d'armes fut conclue, qui se transforma, le 21 juin de l'année suivante, en traité de paix entre la Savoie et le Valais ; mais les Patriotes n'en incendièrent pas moins les deux forteresses de Tourbillon et de Montorge. Et comme Berne menaçait de prendre fait et cause pour Guichard, les dizains de Conches (1416), de Brigue, de Viège, de Sion et de Sierre (1417), renouvelèrenl l'alliance avec les trois cantons. Schwyz, Zurich, Maris et Zoug, tentèrent de s'entremettre pour arriver à un arrangement. Mais les Valaisans mirent de nouveau le siège devant le château de la Soie, qui dut se rendre ; il fut incendié et complètement détruit (sept. 1417), après que Guichard et sa famille eurent obtenu de se relirer librement à Berne. Les Valaisans refusèrent tout accommodement, leur obstination faillit même allumer la guerre entre les cantons suisses. La situation devint encore plus tendue du fait des brigandages exercés sur le versant Sud des Alpes bernoises par Guichard, et surl <mt par l'attaque inopinée des bandes bernoises qui, "descendant par le Sanetsch, prirent sans coup férir la ville de Sion, le 17 oct. 1418, pillèrent la cathédrale et le château épiscopal, incendièrent la ville et plusieurs villages situés au Nord de Sion. 36 Valaisans furent tués.
L'année suivante, Berne résolut d'entreprendre une expédition militaire de grande envergure contre le Valais. Dès l'été 1419, des bandes pénétrèrent dans le pays par la Gemmi, le Sanetsch, le Grimsel ; c'est par ce dernier col que devait arriver l'armée, forte de 13 000 hommes. L'avant-garde avait déjà incendié les premiers villages de la haute vallée, lorsqu'elle se heurta à une troupe de quelque 700 Valaisans, réunie près d'Ullichen. Ceux-ci infligèrent aux envahisseurs une sanglante défaite (1er oct. 1419). L'armée bernoise, poursuivie par les vainqueurs, s'enfuit dans la nuit par le Grimsel. Les Valaisans avaient perdu 50 hommes. Quant aux Bernois qui avaient passé par le Sanetsch. ils se heurtèrent également à une vive résistance près de Chandolin et de Grimisuat, et furent contraints de se retirer sans gloire, après avoir incendié quatre villages. Les pourparlers de paix s'engagèrent par l'entremise de la Savoie, de l'archevêque de Tarentaise et de l'évêque de Lausanne. Guichard de Rarogne dut reconnaître la suzeraineté de l'évêque de Sion, et on lui restitua ses biens avec une indemnité ; la cathédrale rentra en possession des pièces du trésor qui avaient été emportées (7 févr. 1420). La puissance de la maison de Rarogne était anéantie ; Guichard, ainsi que son neveu Guillaume VI, finirent leurs jours à l'étranger.
L'évêque André de Gualdo, que le Concile de Constance avait nommé en 1418 administrateur du diocèse, étant devenu évêque de Sion, accorda une constitution qui donnait à ses sujets des droits considérables : celui de participer au gouvernement, d'élire librement les deux représentants des dizains à la diète, de nommer des fonctionnaires épiscopaux avec l'assentiment des députés, et les majors ou châtelains (16 mars 1435). Non contents de ces concessions, une troupe de 2000 hommes eut la hardiesse de se présenter, en armes, à l'évêque Guillaume VII de Rarogne (1437-1451), dans son château de Naters et de lui imposer les Articles de Naters (28 janv. 1446), qui ne comportaient rien moins qu'une renonciation aux principales prérogatives souveraines. L'évêque, cédant à la violence, les accepta pour la durée de son règne. Son successeur, Henri d'Asperlin (1451-1457), fit de la suppression des Articles de Naters, la condition de son acceptation de l'épiscopat. Les députés des dizains préférèrent en passer par là, plutôt que de se voir nommer un évêque étranger. Guillaume VII fut plus heureux dans ses ententes avec
Berne et la Savoie, qui lui donnaient un appui contre les prétentions des Patriotes (31 août 1446). L'évêque Asperlin, à son tour, conclut avec Milan et les États de l'Italie du Nord, un accord qui fut grandement profitable au pays, en lui donnant la paix et des avantages commerciaux (31 août 1454).
Guerre de Savoie. Il était réservé à l'évêque Walther II Supersaxo (1457-1482), de chasser définitivement du pays l'antique ennemi héréditaire, la Savoie, et de reconquérir les droits souverains, jadis donnés aux évêques de Sion sur le Valais. On avait, il est vrai, bien oublié, depuis le XIIIe s., l'acte de donation de Rodolphe III, de 999, et l'on se basait sur une prétendue donation de Charlemagne (d'où le nom de Carolinet donné à la charte supposée) à saint Théodule. Il y avair évidemment là une confusion : on préférait imaginer le grand empereur et le saint patron du pays présideà la création du comté de Valais, plutôt que l'insigni. fiant roi Rodolphe et le très ignoré évêque Hugue, Mais il est clair que cette grossière erreur ne pouvait porter nul préjudice aux droits, par ailleurs si bien fondés, de l'évêque de Sion.
La Savoie, elle-même, fournit une raison à la déclaration de guerre, en donnant asile, au mépris du traité de 1446, au transfuge Rodolphe d'Asperlin. Des querelles éclatèrent entre Savoyards et gens de l'évêque. La Savoie prit des mesures économiques gênantes pour le Valais. La duchesse Yolande chercha du secours auprès de Genève (août 1474), et s'allia avec la Bourgogne et Milan (janv. 1475). De son côté, Walther 1 1 se rapprocha des cantons suisses et de Berne, à qui il rendit un signalé service, en fermant les cols des Alpes aux mercenaires de Lombardie qui rejoignaient l'armée de Charles-le-Téméraire. Une alliance perpétuelle fut conclue entre Berne et l'évêque avec le dizain de Loèche (7 sept. 1475). Au moment où Berne entreprenait la conquête du Pays de Vaud, les hostilités éclatèrent en Valais entre les épiscopaux et la garnison ducale de Conthey. Le 13 novembre 1475, l'armée savoyarde, forte de 10 000 hommes, était devant Sion. Le quartier Ouest de la ville était déjà en flammes, lorsque 3700 Haut-Valaisans arrivèrent à temps pour empêcher la prise de la capitale. Sur la plaine de la Planta s'engagea une violente bataille entre des forces inégales. Heureusement quelque 3000 volontaires de Berne et Soleure, avec une troupe de Fribourgeois, ayant passé le Sanetsch, survinrent au moment critique pour soutenir les Valaisans et faire pencher la victoire de leur côté. L'ennemi s'enfuit en désordre. 300 cavaliers et 1000 soldats jonchaient le champ de bataille ; un riche butin resta aux mains des vainqueurs. Les Valaisans poursuivirent les fuyards, prirent une série de forteresses et occupèrent Saint-Maurice. Martigny prêta serment de fidélité aux vainqueurs (29 nov.). 17 châteaux furent détruits totalement ou en partie et tout le Bas- Valais fut conquis, jusqu'au défilé de Saint-Maurice. L'évêque fixa au 13 novembre la fête des « 7 Joies de Marie », pour honorer cette mémorable journée.
Malgré l'armistice (1er déc), la duchesse, humiliée de ^a défaite, lança une troupe de mercenaires sur le Valais, pour prendre Saint-Maurice, Martigny et Conthey. Ces places, retombées un instant sous la domination étrangère, furent regagnées rapidement, et presque sans effusion de sang. Le pays étant complètement libéré des Savoyards, l'évêque put détacher quelquesunes de ses troupes, et les envoyer à Grandson, soutenir les Bernois (1476). En même temps, les Valaisans empêchaient les Lombards de traverser le Grand Saint - Bernard, s'unissaient aux Bernois pour attaquer les Savoyards près de Villeneuve et les mettre en fuite, prenaient d'assaut la forteresse de Villeneuve, s'avançaient jusqu'à Chillon et dévastaient les environs de Monthey. Le 26 mars 1476, le commandant bernois qui tenait en gage la ville de Saint-Maurice, en fit remise au grand bailli pour qu'il la réunit au domaine de l'évêque et à la patrie valaisanne.
Une nouvelle tentative de la Savoie pour reconquérir le Bas- Valais, fut brisée par les Valaisans et les Bernois, à Aigle (avril 1476). Une armée savoyarde qui pénétrail par le Grand Saint -Bernard, fut également arrêtée à
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(HISTOIRE
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Sembrancher, et, après un sanglant combat sur le col même, forcée à se retirer. La Savoie prépara encore un plan d'attaque par le col de Balme et Saint-Maurice, mais ce projet ne fut pas exécuté.
Le Valais, fidèle à l'alliance avec Berne, non seulement occupa les cols des Alpes, et retint une partie des troupes savoyardes par ses incursions sur les rives du Léman, mais il envoya encore un secours de 8000 hommes aux Confédérés, contre les Bourguignons. Une partie des Valaisans garda la ville de Fribourg contre les entreprises du Téméraire, tandis que la majeure partie participait à la bataille de Morat (22 juin 1476).
Après des pourparlers longs et inutiles avec la Savoie, l'évêque Walter II et les députés de la diète, réu-
Valais. Viège en 1054. D'après une gravure sur cuivre de la Topographie de Matth. Merian.
nie le 31 décembre, proclamèrent souverainement que tout le pays conquis, jusqu'au défilé de Saint-Maurice, était incorporé, à perpétuité, au domaine épiscopal et des sept dizains. Les dispositions légales, appliquées au pays conquis, furent modérées et conformes au droit alors généralement en usage. S'il est vrai que le peuple fut traité en sujet, il fut cependant mis sur le même pied que les Haut- Valaisans pour les droits civils ; le droit de propriété était, garanti. L'évêque abandonna à ses nouveaux sujets toutes les taxes dues pour une année, et prit à son compte l'hypothèque que Fribourg tenafl de la Savoie sur Conthey et Saillon. De la sorte, le Valais était complètement dégagé de toute domination étrangère.
Un heureux événement fut le renouvellement de l'alliance des cinq dizains avec les trois cantons (à Munster, 1er sept. 1478). Les cantons s'interposèrent auprès de la Savoie pour l'engager, devant le fait accompli et la force des circonstances, à conclure avec le Valais un armistice de quinze années, qui assurait à ce pays, au moins provisoirement, la possession tran-
quille de ses conquêtes. De nouvelles tentatives poui remettre en question les « anciens droits » au sujet des régales, furent écartées. Enfin, 50 ans plus tard, un traité, passé entre les deux pavs, confirma la situation de fait (1528).
Le successeur de Walter II fut Josse de Silinen (1482- 1496), prélat entièrement dévoué au roi de France Une capitulation, rédigée au moment de l'élection, assura au pays de nombreuses concessions ; lors de son entrée à Sion, le nouvel évêque confirma les droits et franchises du chapitre, de la ville et des dizains. Pour affirmer sa souveraineté, il fît forger un nouveau glaive qu'il faisait porter devant lui dans les solennités ; mais, malgré cela, il dut céder aux dizains une part considérable de l'administration du Bas- Valais et de ses revenus, en reconnaissance des services rendus pendant la guerre.
Expéditions dans le val d'Ossola. Les expéditions que Silinen entreprit dans la vallée d'Ossola ne furent pas heureuses. Depuis les guerres de Bourgogne, pendant lesquelles le duc de Milan avait envoyé des troupes au service de Charles-le-Téméraire, une tension dangereuse existait entre le Valais et Milan. Elle fut encore accentuée par les rixes surgies à la frontière, entre les paroissiens de la même église Saint-Marc appartenant aux habitants allemands de Zwischbergen et aux italiende la vallée. Ceux-ci maltraitèrent grossièrement le> Valaisans (25 avril 1484). Après que l'on eut renouvelé le traité d'alliance avec les trois cantons (10 août 1484) une armée épiscopale, malgré l'opposition de quatre dizains, passa le Simplon (19 oct.), et s'empara du pont de Crevola qui formait la plus forte position de la hautr vallée. Déjà Milan tremblait, lorsque vint s'interpose] une ambassade des Confédérés, gagnés par l'or milanais : elle obtint une suspension d'armes, et le retrait des Valaisans, auxquels leur succès militaire ne rapporta aucun avantage. A la diète helvétique commencèrent de longues discussions entre les partisans de Milan (Hans Waldmann, de Zurich), et ceux du Valais (l'avoy.i Seiler de Lucerne, cousin de Silinen). Finalement, les ducats milanais emportèrent la conviction de la majorité (16 avril 1487).
De nouvelles querelles forcèrent Silinen à une seconde expédition. 5000 à 6000 hommes, Valaisans et mercenaires, descendirent dans l'Ossola, prirent de nouveau le pont de Crevola, puis le mont Matarello, importante position au centre de la vallée. Malheureusement, un millier de Confédérés, sans écouter les chefs et oubliant leur devoir, abandonnèrent leur poste du Matarello. ce qui permit à la forte armée milanaise de reprendre facilement cette position, puis de refouler les Valaisans de Masera vers Crevola où ils leur infligèrent une sanglante défaite (28 avril 1487), et firent de nombreux prisonniers.
L'évêque, en face de la diète, irritée de cet insuccès, ne put empêcher qu'on le dépouillât d'une nouvelle partie de ses droits souverains (18 mai). En Valais aussi, l'or milanais jouait son rôle, grâce à l'agitateur Georges Supersaxo (auf der Flue), et les dizains décidèrent de faire la paix avec Milan, sans s'occuper de l'évêque. qui était absent, et dont le prestige avait bien baissé (23 juil. 1487). Silinen cependant, à la suite de nouvelles difficultés et d'une injure personnelle, résolut de tente) encore une fois la fortune des armes. Les perspectives n'étaient pas fort encourageantes, et cependant les Valaisans réussirent, après un combat acharné dans les gorges de Gondo et sur le versant Sud du Simplon. à repousser l'ennemi (avril 1494). Après une suspension d'armes, l'évêque fut assez heureux pour conclure, l'année suivante, une paix honorable et définitive avec Milan (9 janv. 1495).
La France, qui, en ce temps-là, cherchait à étendre sa domination sur tout le Nord de l'Italie, menaçait les Confédérés et le Valais. Notre petit pays, parce qu'il détient les passages des Alpes, acquit à ce moment une importance européenne, et l'on vit Milan, l'empereur, le pape et Venise s'efforcer de gagner son amitié et son appui. La France et Milan agissaient surtout au moyen des subsides et pensions. Finalement, Milan l'emporta, et Silinen, entièrement dévoué à la France, se vit aban-
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donné et repoussé par les autres puissances, par les Confédérés e1 ses propres sujets. Ayant voulu citer en justice (leorges Supersaxo, pour haute trahison, il ne réussit qu'à déchaîner le mécontentement du peuple, qui leva la « mazze » contre lui. Forcé de résigner sa charge, il se réfugia à la cour de France (19 avril 1496). Dès le jour suivant, la diète élut Nicolas Schiner, évêque de Sion. La déposition de Silinen et l'élection de son successeur, étaient évidemment contraires aux canons de l'Église, et par conséquent illégales. La charge de justifier ces actes, et de les faire approuver par le Saint- Siège, fut confiée au jeune Mathieu Schiner, qui réussit à mener à bien ces négociations, grâce à l'appui de Milan et de l'empereur, et malgré la France qui cherchait à
démagogiques de Georges Supersaxo. En automne 1509. tandis que le cardinal était à Rome, Supersaxo fomenta une révolte ouverte contre son souverain. Il excita les esprits, surtout dans les dizains supérieurs, convoqua de sa propre autorité une diète à Viège (12 et 13 févr. 1510) et, faisant pression sur l'assemblée, força les dizains de Conçues, de Viège et de Brigue à s'allier à la France, malgré la défense expresse de l'évèque. Il empêcha le représentant de celui-ci de prendre la parole. Le jour suivant, Schiner qui revenait en Valais avec le grand bailli, fut assailli au pont de Naters, assiégé dans le château, menacé de mort et forcé à reconnaître l'alliance conclue avec la France. Peu après, Schiner convoqua la diète à Sion (26 févr.) où l'alliance fut déclarée nulle et
Valais. L'hospice du Grand Saint-Bernard vers 1780. D'après une gravure sur cuivre de Le Veau (Bibliothèque Nationale, Berne]
faire nommer un candidat de son agrément. La décision romaine fut rendue le 30 août 1496.
Mathieu Schiner et son temps. Cette époque est dominée par la haute figure de Mathieu Schiner, le plus illustre des Valaisans. qui fut nommé par le pape évêque de Sion (20 sept. 1499). lorsque Nicolas Schiner prit sa retraite. D'accord avec le chapitre et les dizains, Schiner renouvela l'alliance avec Berne (30 nov. 1500), promulgua une nouvelle constitution pour le pays (1514), défendit le Bas- Valais contre les prétentions de la Sa\ oie (1506-1507), négocia au nom des Confédérés la paix d'Arona (10 avril 1503) et porta défense de s'enrôlei au service étranger sans son autorisation. En qualité d'allié de Berne et des trois cantons, il assista aux Diètes confédérées et Diètes impériales. Il avait le projet de donner au Bas-Valais tous les droits politiques, en le divisant en deux dizains, et de faire entrer le Valais comme État dans la Confédération ; mais il se heurta aux intrigues de son ennemi Georges Supersaxo, qui l'empêcha de réaliser ces plans. 11 réussit, par cou lie,
à obtenir que le diocèse de S fût, pour le temps de
son règne d'abord (4 sept. 1510), puis à perpétuité (6 juil. 1513), directement soumis au Saint-s
Le règne du cardinal Schiner aurait sans doute été le plus brillant de l'histoire valaisanne, si son action n'avait été sapée par les intrigues et les manœuvres
sans effet. Les dizains supérieurs se révoltèrenl à l'instigation de Supersaxo, levèrent la mazze à Brigue et descendirent en troupe la vallée, malmenant ou menaçant tous ceux qui tenaient pour l'évèque. Cependant Schiner rentrait par la Gemmi de la Diète confédérée et annonçait qu'il pardonnerait à ceux qui abandonneraient l'alliance française. Le pape lui-même invitait les révoltés à se soumettre : ce qu'ils firent les uns après les autres, Viège en 1510, Brigue en 1511 et Conches en 1513. Mais la rupture entre les deux adversaires était devenue irréparable, surtout lorsque l'on connu I le but secret de Supersaxo, qui était d'exiler l'évèque et de le remplacer par son fils François. A la diète de Sion ( 11 mai 1510), Schiner donna connaissance de la lettre du pape sur « l'union papale », et interdit sévèrement l'alliance avec la France et le service militaire du roi. Supersaxo ne parut pas à l'assemblée, car il passait alors en Italie à la tête d'un millier de Valaisans, pour les conduire au service de la France. Déclaré de ce chef ennemi de la patrie, ses biens furent saisis. La diète du mois d'août le reconnut de nouveau traître à la patrie, ei ses partisans furent déclarés rebelles. Supersaxo fui arrêté à Fribourg et jeté en prison (22 sept. 1510). En Valais, ses partisans voulurent de nouveau lever la mazze, mais leur tentative échoua. Le conspirateui réussit à s'enfuir à Neuchâtel (10 janv. 1511), qui le
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(histoire)
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remit aux amis de la France à Berne. De là, il put rentrer en Valais. Le cardinal porta le conflit devant la cour romaine et, pour finir, Supersaxo dut gagner Rome et tenter de se justifier ; il fut emprisonné au château Saint-Ange (sept. 1513).
L'échec de Marignan ne pouvait manquer d'être exploité par les ennemis du cardinal en Valais et en Suisse. Supersaxo, délivré de sa captivité (déc. 1515), sut: naturellement en profiter pour exciter le peuple et créer un nouveau parti de révoltés. Avec ses afiidés de Viège, Brigue, Glis et Ernen, il forma une véritable conjuration en vue de l'expulsion de Schiner (mi-août 1515). Les conjurés se rendirent, bannières déployées, à Munster où Schiner venait d'arriver ; mais celui-ci, devant cette démonstration, se vit forcé de fuir par la Furka (30 août). Les mutins alors, probablement précédés de la mazze, descendirent la vallée, en ravageant les villages, jusqu'à Sion où, sur la place du marché, ils proclamèrent la « paix générale ». Celle-ci consista essentiellement dans le bannissement de Schiner, et la main-mise sur les droits et tous les biens de l'évêque. Le même jour, Georges Supersaxo se rendit à Valère, pilla les biens des chanoines et força ceux-ci, sous la menace de son épée, de nommer son fils François à la charge de doyen, et quelques-unes de ses créatures aux autres dignités.
Le parti de Supersaxo tyrannisait de plus en plus le Valais, sans que les amis de Schiner pussent se concerter et agir ; les fidèles de l'évêque ne se trouvaient plus guère que dans le dizain de Loôche et dans le Bas- Valais. C'est en vain que le pape réitéra les peines ecclésiastiques (2 oct. 1518 ; 12 sept, et 19 nov. 1520), que les chargés d'affaires romains cherchèrent des accommodements (1518, 1520), que deux empereurs portèrent des édits de bannissement contre Supersaxo (30 janv. 1518, 28 mai 1521), que celui-ci fut condamné par le tribunal suprême de Rome (la S. Rote, 11 juil. 1519), que la peine de l'interdit fut jetée sur le Valais (12 sept. 1519), et que l'empereur confirma solennellement la Caroline (28 févr. 1521), la situation ne s'améliorait pas. Le cardinal demeura à Zurich, ou à Constance, et le plus souvent à la cour de l'empereur. Il mourut de la peste, à Rome, le 1er oct. 1522 (voir art. Schiner).
d) Efforts des dizains pour s'emparer du pouvoir. A l'époque de la Réforme, le Valais se déclara formellement partisan de l'antique foi catholique (1525). et, malgré l'attitude menaçante de Berne, refusa de prendre part aux discussions religieuses (1527). Pour mieux défendre et conserver la foi, le Valais conclut d'abord un traité de paix et d'alliance avec la Savoie (1er mai 1528) ; celle-ci renonça définitivement à la domination du Bas-Valais jusqu'à Saint-Maurice, l'uis, ce fut l'alliance perpétuelle avec les cantons catholiques (12 mars 1529), renouvelée et étendue quatre ans plus tard au canton de Soleure (18 déc. 1533). Lors des guerres de Cappel, le Valais fournit des troupes qui participèrent à la prise du Gubel et à la victoire qui suivit. De plus, les Valaisans empêchèrent une partie ■ les troupe- bernoises, campées au-delà de Saint-Maurice, de marcher ci mire les cantons catholiques.
Conquête de Monthey et d'Évian. Lorsque les Bernois, après avoir imposé la nouvelle doctrine aux habitants de la rive droite du Rhône jusqu'au Léman, pénétrèrent dans le Pays de Vaud et, par Genève, dans le Chablais (1536), le Valais put, à juste titre, craindre que ce pays, ainsi que la rive gauche du Rhône ne devinssent, euxaussi, victimes des novateurs. Les habitants du Chablais, qui dépendaient, pour une part, du diocèse de Sion, demandèrent eux-mêmes la protection de l'évêque. C'est ainsi que les Valaisans occupèrent sans résistance cette région jusqu'à Thonon, s'engageant à défendre la religion et les droits du pays, et à le restituer à son souverain légitime, si celui-ci, le duc de Savoie, arrivait à se faire rendre également ses autres possessions. Le pays occupé forma les gouvernements d'Évian et de Monthey, à la tête desquels furent placés deux gouverneurs (10 mars 1536). Deux ans plus tard, la vallée de Saint-Jean d'Aulph reçut, elle aussi, son gouverneur.
Les cantons catholiques ne virent pas de bon œil cette conquête, car ils craignaient qu'elle ne rapprochât trop les Valaisans des Bernois. Ceux-ci, de fait, ne ménagè-
rent aucun moyen de s'assurer l'amitié du Valais, qui parvint cependant à conserver également celle de la Savoie ; car le duc n'oubliait pas la promesse de restitution éventuelle qui lui avait été faite. Quelques conflits de peu d'importance ne parvinrent pas à troubler les bons rapports. Enfin, par le traité du 4 mars 1569, le Valais restitua au duc Emmanuel-Philibert la région comprise entre Thonon et la Morge de Saint-Gingolphe, tandis qu'il conservait définitivement le pays de Monthey. A cette occasion, l'alliance de 1528 fut renouvelée. En 1589, en vertu du traité, le Valais occupa de nouveau Thonon et Évian, qui étaient menacés par la France. puis les remit au duc. L'alliance avec la Savoie fut renouvelée le 16 déc. 1590.
Guerre des masques de taureaux. Le soulèvement populaire connu sous ce nom f Trinkelstierkrieg ) se produisit vers le milieu du XVIe s. Au sujet d'une mine de sel de la vallée d'Hérens, dont l'exploitation ne rendait plus, et à propos de « l'union avec la France » (1549), toute sorte de faux bruits furent répandus parmi le peuple trop crédule, dans le but de l'exciter contre ses gouvernants ; les prédicateurs de la nouvelle foi, eux aussi, profitèrent de ces circonstances pour agir contre l'évêque et le Chapitre. La révolte éclata à Loèche (6jan\ 1550), où des gens masqués en taureaux, avec de grosses sonnailles, forcèrent l'assemblée communale à se dissoudre. Des bandes de ces masques, de Sierre, Lôtschen, Niedergesteln, Eischoll. puis de tous les dizains sauf Conches, se réunirent à Viège et déclarèrent ne plu> vouloir reconnaître les autorités. Les Confédérés, l'évêque, le grand bailli, soutenus par tous les patriotes qui n'avaient pas perdu la tête, s'empressèrent de prendre des mesures et appelèrent les Conchards pour rétablir l'ordre. Les révoltés n'en arrivèrent pas moins jusqu'à Sion, toujours menaçants. Enfin, grâce aux efforts des envoyés des cantons catholiques, ces malheureux se laissèrent persuader de la fausseté des bruits qui avaient causé ces troubles. Un traité d'alliance conclu entre les quatre dizains supérieurs et les bourgeoisies de Loèche et de Sion (13 févr.), dans le but de se mettre à l'abri des coups de main et des complots, fut étendu peu après (28 mars), à d'autres localités, et ramena graduellement le calme dans le pays. Les révoltés furent sévèrement punis ; ceux de Lôtschen, Niedergesteln et Eischoll, en particulier, furent réduits à l'état perpétuel de sujets. bien qu'ils ne fussent pas les instigateurs du soulèvement, mais seulement les instruments de ceux-ci. Quelques-unes des peines furent commuées et adoucies par l'évêque (1552).
Le protestantisme t n Valais. La foi nouvelle se répandit en Valais aussi, grâce aux circonstances de l'époque. L'état religieux du pays n'était pas très brillant, pour des causes qui remontaient assez loin dans le passé. Les évêques, souverains du Valais, étaient trop souvenl détournés de leur devoir pastoral par le soin des affaires séculières. Comme il n'existait pas de séminaire, le> prêtres ne recevaient pas de formation régulière, ils manquaient souvent d'esprit ecclésiastique et considéraient leur vocation comme un moyen commode de subvenir à leur subsistance ; aussi, rien d'étonnant, si la conduite de beaucoup d'entre eux n'était rien moins qu'exemplaire. A cause du manque de prêtres, il arrivait souvent que l'on dût accepter des étrangers, ignorants et indignes, qui négligeaient leurs devoirs les plus importants et causaient du scandale. Nombre de curés détenaient en même temps des prébendes de chanoines ou d'autres bénéfices ; ils demeuraient loin de leur troupeau qu'ils ne visitaient que rarement, et se faisaient remplacer dans la paroisse par quelqu'un de ces prêtres incapables. La diète avait demandé à plusieurs reprises que les curés résidassent dans leur paroisse et que l'on remplaçât les prêtres étrangers par des indigènes.
La longue révolte de Georges Supersaxo et de ses partisans contre les souverains légitimes, le bannissement de ceux-ci, le mépris des décrets de l'Église, tout cela avait détruit dans le peuple le respect de l'autorité et préparé les voies aux nouveautés religieuses.
Berne, dont l'influence fut prépondérante dans la Réforme, s'efforça de toute manière de gagner aussi le Valais à la foi nouvelle. Son influence se fit plus parti-
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Mai 1932
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(histoire)
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culièrement sentir à Sion, Sierre, Loèche et le Bas- Valais, tandis que les dizains du haut étaient plutôt en relation avec les cantons catholiques par la Furka. La France, dont la politique traditionnelle cherchai l à affaiblir les puissances catholiques, l'empereur, l'Espagne et la Savoie en favorisant la Réforme au-dehors de ses frontières, favorisait l'action de Berne. Il faut aussi mentionner l'humaniste Thomas Platter, de Grâchen, dont l'influence se fit sentir surtout dans le dizain de Viège. Il connut Zwingli à Zurich, puis devint professeur de latin et de grec, à Bâle. Un certain Briinlen (Breunli) dirigea à Sion et à Loèche, pendant quelque dix ans, des écoles inspirées de l'esprit nouveau. Il fut chassé en 1557, mais quelques familles importantes n'en continuèrent pas moins à lui confier leurs fils, qu'elles envoyaient en pays bernois. C'est à lui qu'il faut attribuer l'initiative des assemblées clandestines de nouveaux croyants, à Sion et à Loèche. Dans ces difficiles conjonctures, l'évèque Adrien I de Riedmatten, ne put, malgré son zèle et sa vigilance, empêcher la propagation de la nouvelle doctrine. Les diètes, il est vrai, affirmèrent leur attachement à l'antique foi et votèrent d'utiles ordonnances, mais pour leur exécution, elles laissèrent l'évèque se tirer seul d'embarras. Le gouvernement de l'évèque Jean Jordan (1548-1565), homme sans énergie et non sans défauts, fut un temps de décadence au point de vue catholique. La diète décréta la tolérance religieuse (1551), qui dura une vingtaine d'années. Sous Hildebrand I de Riedmatten (1565-1604), la puissance épiscopale ne fit que déchoir jusqu'à n'être plus qu'une ombre. La diète, dans sa majorité, était toujours catholique, mais certains députés, extérieurement catholiques, étaient favorables à la Réforme. Ceux qui parlaient le plus haut étaient des novateurs déguisés, très influents à cause de leur instruction, de leur fortune et de leurs situations. En un mot, à la fin du XVIe s., les partisans de la Réforme avaient acquis une force prépondérante en Valais. Ces progrès étaient bien faits pour effrayer les cantons catholiques. Aussi mirent-ils lout en œuvre pour conserver le Valais à son ancienne foi. Ils poussèrent au renouvellement de l'alliance, ce qui eut lieu en 1540, 1555, 1567, 1578 ; ils tâchèrent, à plusieurs reprises, de faire pression sur l'évèque et sur la diète, notamment en 1560. Mais le Valais s était transformé. Quelques faits en témoigneront : en 1562, la diète refusa à la France des mercenaires destinés à marcher confie les huguenots, tandis qu'elle n'empêcha nullement ceux-ci à lever des troupes de volontaires. Berne, soutenu par la France, empêcha les Valaisans d'aller occuper des places gratuites aux écoles de Milan. En 1578, un secrétaire de la diète, ami des novaleurs, put impunément falsifier, dans un protocole, le texte de l'alliance confédérale. En 1579, le châtelain Weiss, de Sion, chef des réformateurs, eut la hardiesse de refuser au nonce apostolique l'entrée de la ville. Les nouveaux croyants s'efforcèrent d'empêcher le Valais d'entrer dans la Ligue d'or des cantons catholiques (1586) et dans l'alliance avec l'Espagne (1587) et, par contre, ils réussirent à faire admettre une alliance avec les Réformés des Grisons, malgré les protestations du nonce il des cantons catholiques (5 août 1600). La diète renouvela l'alliance avec ces derniers (18 avril 1589), mais, quinze jours plus tard, fut scellée l'alliance entre Berne il l'évèque, à laquelle le pays adhéra également. Le pape Urinent VIII ayant rappelé l'évèque à son devoir (1592), la diète de Viège décida l'expulsion des novateurs, le rappel des jeunes gens étudiant dans les écoles des Réformés, etc., mais ces mesures restèrent à peu près letl iv morte. Vers 1600, l'état du catholicisme en \ alais était à son point le plus critique. Les novateurs avaienl déjà décidé la suppression du siège épiscopal après la mort d 'Hildebrand. On commençait à substituer un
sceau de la diète à celui de l'évèque (1602). Nombre de prêtres penchaient pour la nouvelle foi. Le peuple restait toujours, en grande majorité, catholique, mais il était entraîné par ses chefs qui soutenaient les nou-
Valais. Sion au milieu du XIXe s. D'après une aquarelle de J. Deroy (Bibliothèque Nationale, Berne).
velles idées religieuses. L'alliance des cantons catholiques fut jurée à nouveau à Sarnen, le 31 juil. 1601, mais on renouvela également les alliances avec Berne, le 10 juin 1602, avec la France le 20 oct. 1602 et encore une fois, à Sion, celle avec les cantons catholiques (29 oct. 1602).
L'organisation de la résistance reçut sa première impulsion du pape Clément VIII qui, durant l'été 1602, envoya dans le Bas- Valais deux capucins savoyards, les Pères Sébastien de Maurienne, et Augustin d'Asti. Par leur œuvre, la foi était raffermie, dès le printemps de 1603, dans le Bas- Valais. Dans les dizains du haut vinrent, en 1603, deux capucins de Lucerne, les Pères André von der Aa et François Schindeli, qui prêchèrent le premier à Couches et le second à Brigue.
Une ambassade des cantons catholiques vint en Valais en août 1503. Elle descendit par la Furka et, passant de dizains en dizains, elle engagea le peuple à conserver sa foi. Elle parvint à Sion, malgré quelques oppositions i I la diète décida l'expulsion des novateurs. Le parti catholique se sentait le plus fort. Le vicaire général. Adrien de Riedmatten, convoqua une nouvelle diète à Viège, le 25 mars 1604, laquelle ordonna le retour de tous à l'ancienne foi, sous peine de bannissement, l'expulsion des novateurs de la diète et des charges publiqurs. l'établissement des capucins et l'adoption du calendrier grégorien. L'opposition des partisans de la Réforme faillit provoquer la guerre civile, mais ils se soumirent. Toutefois, les décrets de la diète ne furent pas exécutés et à la mort d'Hildebrand (4 déc. 1604) la cause catholique n'était point assurée. Le 27 déc. 1604, Adrien II de Riedmatten fut élevé à l'épiscopat I i prélat énergique travailla infatigablement à extirper les abus du clergé et intervint énergiquement pour la mise à exécution des décisions de Viège. La diète de Noël 1607 autorisa les capucins à prêcher à Sion, mais refusa l'établissement aux jésuites. De 1604 à 1614, les alliés de Lucerne mirent à la disposition du Valais leurs propres prêtres, qui au nombre de 36 exercèrent alternativement le ministère. Depuis 1607 , les jésuites ouvrirent des écoles à Sierre (Venthône) et à Ernen ; on les fréquentait même de Loèche.
La luiir pour le pouvoir temporel. Vdrien 11 mourut en 1613, sans avoir vu le triomphe de la cause catholique. Ses adversaires avaient encore dans le pays de nombreux partisans ; ils dominaient dans
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h^ importantes communes de Loèche et de Sion ; des charges nombreuses restaient entre leurs mains. Les novateurs, reconnus ou cachés, qui siégeaient à la diète, crurent assurer la victoire de la nouvelle religion en détruisant le pouvoir politique de l'évèque. Les i Patriotes », les représentants des dizains, étaient également enclins depuis longtemps à restreindre les droits du souverain. On vit donc, durant les vingt années suivantes, les magistrats, réformés et catholiques, unis dans la lutte contre la puissance politique de l'évèque ( 1613-1634). Avant l'élection du successeur d'Adrien II, on présenta à l'approbation du chapitre cathédral une renonciation à la Caroline, renonciation que devait accepter le nouvel élu ; celui-ci, Hildebrand Jost, la signa. C'était en t'ait une reconnaissance de l'indépendance «les VII dizains. A la diète de mai 1614, l'évèque et les chanoines rétractèrent leur consentement et decnandèrent l'annulation du document, mais ce fut inutile. Plusieurs protestations de l'évèque provoquèrent de l'effervescence dans le pays et des manifestations d'indépendance. C'est ainsi que la diète lui interdit de conclure des traités sans le concours du pays, de prendre des décisions dans les questions matrimoniales, de correspondre avec le Saint-Siège et de condamner qui que ce soit au bannissement (1617), d'expédier des lettres au dehors et de voyager hors du Valais (1619V La diète renouvela, sans le consentement de l'évèque, l'alliance avec Berne (31 mai 1618) et, malgré l'opposition de l'évèque et des cantons catholiques, celle avec les «irisons (26 juil. 1618). Elle fit publier un libelle injurieux par les ennemis de l'évèque. La confirmation de la Caroline par l'empereur Ferdinand II n'améliora pas la situation (26 nov. 1624). A la suite d'un sermon prononcé par un jésuite à Rarogne sur « les deux glaives », une diète convoquée à Loèche par le grand bailli prononça l'expulsion des jésuites (1627). Le capitaine Antoine Stockalper, partisan de l'évèque, emprisonné au château de Loèche, fut condamné à mort et exécuté le 4 décembre. L'évèque, craignant pour sa vie, accepta l'invitation du nonce et se rendit à Lucerne (2 janv. 1628). Lorsque le vicaire général, Pierre Furrer, se fut installé au château épiscopal comme administrateur du diocèse, le grand bailli, avec sa suite, vint loger à la Majorie et s'arrogea le droit de frapper de nouvelles monnaies, sur lesquelles les armes épiscopales étaient remplacées par les 7 étoiles des dizains.
Appelé à Rome par Urbain VIII, en 1628, Hildebrand Jost voulut rentrer en Valais par le Grand Saint-Bernard, en 1630, mais il fut arrêté par une troupe de Patriotes. Il resta cinq mois à l'hospice sous leur garde. Enfin, menacé à Sembrancher par les Patriotes, Hildebrand céda à la violence ; le 9 janvier 1634, l'évèque et le chapitre renonçaient encore une fois à tous les droits qu'ils pouvaient tenir des empereurs.
e) Gouvernement du pays par les dizains (1630-1798). Dès le début, les chefs manifestèrent un soin jaloux de conserver leurs droits. Les cantons catholiques reconnurent, en 1630 déjà, et à l'instigation de la France, la souveraineté des représentants du pays, mais à la condition que les décisions de Viège seraient exécutées. L'alliance conclue avec eux fut renouvelée en 1634- 1637 et en 1645 ; avec Berne en 1643. Lorsque le Valais prit le titre de république, l'évèque s'y opposa, et les cantons catholiques ne l'acceptèrent qu'avec des réserves. Mais ils finirent par s'y rallier et l'alliance de 1681 rétablit les anciens rapports d'amitié. Dans l'intervalle, l'œuvre de restauration catholique continuait à progresser. En 1655, la diète décréta que tous les Béformés auraient à quitter le pays dans les trois mois; elle accepta aussi d'introduire le calendrier grégorien, en usage depuis longtemps dans le Bas- Valais, mais que, pour diverses raisons et sous l'influence des Réformés, elle avait toujours repoussé. Au début du XVIIIe s. on ne s'apercevait plus en Valais que la foi catholique avait couru de grands dangers.
Depuis 1689, le Valais assistait aux réunions de la Ligue d'Or et depuis 1697 aux pourparlers secrets des trois villes catholiques, dirigés contre Berne. S'il ne fournit pas une aide très efficace aux cantons catholiques dans l'affaire du Toggenbourg (1707), ni dans la
guerre de 1712, l'on resta cependant amis, et l'alliance fut renouvelée en 1728, 1756 et, pour la dernière fois, en 1780, à l'occasion de la consécration de l'évèque, à Sion. Cette alliance avait bien perdu de son caractère agressif contre les cantons protestants ; on avait appris, des deux côtés, à entretenir des rapports pacifiques et le Valais était considéré par tous comme un pays allié à la Confédération.
Pendant toute cette période, de nombreuses troupes valaisannes étaient au service étranger, particulièrement en France ; dans plus d'une occasion elles se couvrirent de gloire sur les champs de bataille.
A l'intérieur, la tranquillité fut troublée en 1732 par un soulèvement contre les autorités, dû à quelques ambitieux qui excitèrent le peuple, surtout dans la vallée de Conches, à Viège et à Loèche. Une assemblée populaire, réunie à Viège, parlait déjà de renverser l'ordre établi (27 et 28 août). Heureusement, les efforts réunis de l'évèque, des autorités religieuses et civiles, de la ville de Sion, de Sierre et d'une partie du dizain de Loèche aboutirent peu à peu au rétablissement de la paix. En 1755, Uri avait sollicité l'aide du Valais pour apaiser la révolte de la Léventine, Conches était déjà sous les armes et les troupes bas-valaisannes se trouvaient à Sierre lorsqu'on apprit que le conflit était terminé. L'évèque, Jean-Joseph Roten, invita chez lui les Bas-Valaisans et leur fit servir à manger, et à boire d'excellent vin rouge, en quantité, d'où le nom de « guerre du vin rouge » donné à cette expédition.
Cette période se termina par un triste événement, l'incendie de Sion, 24 mai 1788. Un vent violent porta le feu aux châteaux de Tourbillon et de la Majorie qui furent consumés avec leur mobilier et des documents d'inestimable valeur ; en ville, 226 maisons furent détruites en trois heures.
Quatre ans plus tard, les habitants de Lotschen rachetèrent des dizains, pour une grosse somme d'argent, leur liberté qui, peu après leur eut été octroyée sans autre, à la suite des bouleversements politiques qui se préparaient déjà.
Bibliographie. AS I. — Annales valaisannes. — V. van Berchem : Guichard Tavel. — M. Besson : Recherches sur les origines des évêchés de Genève, Lausanne, Sion. — Le même : Nos origines chrétiennes. — F. Boccard : Hist. du Valais. — ■ A. Bùchi : Kardinal Schiner I.
— W. Ehrenzeller : DerFeldzug der Walliser ins Eschental.
— Der Sturz J. v. Silinen. — S. Furrer : Hist. du Valais.
— Gallia Christiana XII. — Hilaire Gay : Hist. du Valais. — Grand : Anteil d. Wallis a. d. Burgunderkriegen. — Gremaud. — ■ P. -A. Grenat : Hist. moderne du Valais. — S. Grùter : Anteil der kathol. u. protest. Orte an den rel. u. pol. Kâmpfen im Wallis. — E. Hauser : Gesch. der Freiherren v. Raron. — R. Hoppeler : Beilrdge z. Gesch. des Wallis im Mittelalter. — D. Imesch : Wall. Landrats-Abschie.de I. — de Rivaz. — J. Eggs : Geschichte des Wallis im Mittelalter (avec bibliogr., p. 320). [J. Eggs.]
2. De 1798 A nos jours. La fermentation des esprits dans le Bas- Valais, sujet du Haut- Valais depuis trois siècles, autant que le désir du Directoire français d'intervenir dans nos affaires, amenèrent l'occupation du pays par les troupes de la Révolution. A l'instar des villes vaudoises des bords du Léman, Saint-Maurice, à l'instigation du résident français Mangourit, dressa un arbre de liberté le 28 janv. 1798, tandis qu'à Monthey, un comité provisoire se constituait, invitant la bannière d 'Entremont et celle de Saint-Maurice, à établir la République sur une base d'égalité et de liberté, conforme aux droits du peuple. Les Haut-Valaisans reconnurent alors l'indépendance du Bas- Valais qui consentit à traiter. Dans ces circonstances difficiles, le patriotisme éclairé et l'énergie de quelques magistrats, surtout de Charles-Emmanuel de Rivaz, contribuèrent à calmer l'effervescence et à faire respecter les personnes e1 les classes. Une assemblée provisoire des représentants de toute la vallée du Rhône, tablant sur l'inviolabilité de la propriété, l'oubli du passé et le rachat des fiefs, s'ouvrit à Saint-Maurice, le 16 mars, pour élaborer une nouvelle constitution, portant le nombre des dizains de sept à dix par l'accession de Monthey, de Saint-Mau-
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(histoire)
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rice et d'Entremont. Afin de prendre les premières dispositions jusqu'à la nomination d'un gouvernement, L'on constitua un directoire de trois membres : Signsten, ancien bailli de Couches, pour le Haut ; Chastonay,
Valais. Le
hàteau de Majorie à Sion au milieu du XIXe s. D'après une lithographie (Bibliothèque Nationale, Berne).
grand châtelain de Sierre, pour le Centre ; et Charles- Emmanuel de Rivaz, capitaine gênerai de Monthey,
P°0ueedeviendrai1 la vallée du Rhône ? Le Directoire français rêvait de diviser la Suisse en trois territoires, oarmi lesquels la République Rhodamque comprenanl le Valais, Vaud, Fribourg, l'Oberland bernois e1 es bailliages du Tessin. Pareil projet ne sourit a aucun des intéressés. A l'ambassade valaisanne qui lui exprimait à Berne le vœu de tous, de continuer à former un btat indépendant, allié des Suisses, le général Brune, taisant volte-face, conseilla, à rencontre de ses promesses, 1 incorporation à la République helvétique. Voyant 1 im- ,„,.., h, lilr de résister, l'assemblée provisoire de Saint- Maurice s'y résigna et les dizains, après elle, donnèrent, en avril, un vote affirmatif.
Transporté de Saint-Maurice a Sion, le 26 avril 1798, le directoire valaisan trouva les électeurs des dizains réunis non sans peine, excepté ceux de Conches, quelques-uns de Brigue et de Rarogne. Le i« mai 1798, t'asemblée nomma la Chambre administrative du \ alais, composée de cinq membres : Isaac de Rivaz, Delasoie, Louis Pittier, Nicolas Roten et Gaspard Stockalper nuis le tribunal cantonal et enfin les députes au Grand Conseil helvétique et au Sénat, ainsi qu un membre du Tribunal suprême. Cependant, les Conchards qui ne pouvaient se faire aux nouvelles institutions et s inquiétaient des propos du jacobin Mangount, maigre Les as surances données à l'évêché au sujet du libre exercice de la religion, se soulevèrent aux premiers jours de mai s,, us la conduite du géant Sébastien Wegner, de Geschenen ■ ils entraînèrent, dans leur descente, les populations, forcèrent à Sierre, le 4 mai, les officiers Joseph et Eugène de Courten, à prendre le commandement de leur troupe. Sion occupé, les Patriotes poursuivirent leur marche sur le Bas- Valais, lancèrent une proclamation nour rassurer les populations et les engager a se joindre à eux contre les envahisseurs, tandis qu une colonne, par la Croix du Cœur, occupait Bagnes.
( e préfet du Léman, Henri Polher et le colonel Samuel Bergier, commandant du corps d'expédition yaudois s'interposèrent encore pour empêcher les hostilités Vlais Mangourit, le 14 mai, à Bex, fit échouer les négociations par son intransigeance. Trop confiants, les dizains se retirèrent derrière la Morge, succombèrent à Chandolin et à Château-Neuf, sous le nombre des soldats du Français de Lorges qui pilla Sion impunément et chargea les vaincus de lourdes contributions, le
17 mai 1798. Tout paraissait rentré dans l'ordre, en apparence, mais le décret de conscription atteignant tous les hommes, mariés ou non, de 20 à 25 ans, provoqua une nouvelle levée de boucliers, terminée par le massacre de Finges, le 20 mai 1799.
Arrivé avec des troupes fraîches, le général français Xantrailles, battit les Valaisans et poursuivit les fuyards jusque dans la vallée de Conches, malgré des essais de résistance à Viège et à la Massa. Le Haut-Valais offrait un spectacle navrant : le fer et le feu avaient fait leur œuvre. Aidé par les cantons voisins, le Bas- Valais vint en aide aux malheureux et recueillit nombre d'orphelins.
En mai 1800, la gêne occasionnée par ces deux campagnes s'accrut encore à la suite du passage du Grand Saint-Bernard par Bonaparte avec 35 000 hommes. Les communes ne rentrèrent jamais dans leurs frais de fournitures à l'armée française. Un nouveau danger surgit encore au printemps 1802. Le Valais, mettant en communication la France et l'Italie, le Premier Consul entreprit la construction d'une route internationale par le Simplon. Il décida peu après, l'annexion de la vallée à la France, chargeant le général Turreau de l'exécution de son plan, qui échoua devant l'attachement des populations à l'Helvétie. Modifiant alors sa tactique, Bonaparte isola le pays en proclamer République indépendante sous "Italie et de la Suisse
Le faisant ,
la protection de la France, de , *.. — La constitution du nouvel État prévoyait un pouvon exécutif, composé d'un Conseil d'État de trois membres avec autant de suppléants ; un pouvoir législatif, formé de la diète où siégeaient les représentants des dizains, portés à 12 par l'adjonction de Martignv et d'Hérémence (Hérens), avec une ébauche de représentation proportionnelle des diverses région- du pays ; ces deux corps présidés par le grand bailli, entm un' tribunal cantonal pour la justice en appel : dans ledizains un Conseil et un grand châtelain pour l'administration de la justice.
Jusqu'en 1810, le Valais jouit d'une paix relative Puis l'empereur Napoléon, prétextanl qu'il ne tenail pas ses engagements, l'incorpora d'un coup de plume à la France, sous le nom de Département du Simplon IL fut divisé en trois arrondissements : Sion. chef-lieu et préfecture avec les cantons d'Hérémence. Sierre, Loeche ; Brigue, sous - préfecture avec Môrel, Conches, Viège, Rarogne: Saint-Maurice, sous-préfecture avec Monthey. Martigny, Entremont. Le préfet centralisait l'administration, représentée dans les arrondissements par des sous-préfets ; dans les communes, par un maire et son adjoint nommés par lui. La chute de Napoléon après la défaite de Leipzig en 1813, rendit la liberté au Valais. A l'effet de donner satisfaction aux deux parties du pays, les puissances européennes, imposèrent au Valais une constitution favorable au Haut, momentanément acceptable par le Bas, en faveur duquel on çreail le dizain de Conthey. Le pacte de 1815 faisait residi le pouvoir législatif dans la diète, à raison de 4 députes par dizain, sans égard au chiffre de la population il'ev êque, un Haut-Valaisan, comptait pour un dizain) ; il confiait le pouvoir exécutif à un Conseil d Etat de cinq membres sans suppléants ; au tribunal du canton, la justice en appel. Dan- le dizain, il prévoyait un Conseil de- représentants des communautés avec le . châtelain chargé de rendre la justice ; dans la commune, un Conseil et un châtelain. Le tout fut règle par la loi organique de 1826, qui ne cadra pas longtemps avec les idées démocratiques de la génération sui\
\ux maux de la guerre et aux occupations française et autrichienne, s'ajoutèrent la disette de 1816, la débâcle du Giétroz (1818), ave.- les ravages de I Entremont, l'inondation de Martigny et de la plaine par le Rhoni . en 1835 : les avalanches meurtrières de Randa? . ( lM.'i. de Biel (1827). Le pays sentait un pressant besoin de re-
VALAIS
(HISTOIRE
VALAIS
pos. [1 profita de la paix pour améliorer son sort, par le rachat des diiiies et des fiefs seigneuriaux.
Après la Révolution de juillet 1830, en France, des hommes induis des idées nouvelles travaillèrent à les faire prévaloir à leur retour chez nous. L'esprit dominant avait amené un peu partout en Suisse, la création d'un système électoral qui ne pouvait s'accorder longtemps avec les tendances démocratiques de l'époque. Vinrent ensuite agiter les esprits, la revision du Pacte fédéral (projet Rossi), l'érection d'arbres de liberté.' particulièrement à Martigny, que le gouvernement occupa momentanément, 1833 : mais surtout la proportionnelle réclamée par le Bas- Valais poulies élections à la Diète. Le Haut- Valais, cherchant à temporiser, malgré le préavis favorable du Conseil d'État, les députés des dizains inférieurs arrivèrent à l'assemblée de 1839, à Sion, à raison d'un représentant par 1000 âmes, ce qui provoqua en signe de protestation, la levée de la séance diétale par le grand bailli Maurice de Gourten. Les mandataires basvalaisans, auxquels se joignirent bientôt ceux de Sion et d'Hérens, se constituèrent alors en assemblée législative, dans le but. d'élaborer une constitution, nommer un Conseil d'État, tandis que l'ancien Conseil d'État se transportait à Sierre, au mois d'août, demandant l'intervention du Vororl, sans succès. La Diète fédérale s'opposant au partage du Valais en deux demi-cantons, il ne restait que la voie des armes. L'incident de Lanaz, village d'Évolène, mit le feu aux poudres. Après les engagements de Bramois et de Saint Léonard, les Bas-Valaisans, sous les ordres de Maurice Barman, entrèrent à Sierre, imposant la nouvelle constitution avec l'introduction de la proportionnelle au Grand Conseil, qui si1 réunit le 18 mai 1840.
Mais les vainqueurs se divisèrent à leur tour, lorsqu'il fallut appliquer la constitution, qui bouleversait les anciennes institutions et mettait en cause les immunités ecclésiastiques. Il s'ensuivit une fermentation des esprits attisée par une presse passionnée. En face de la Jeune Suisse de Mazzini, réfugié à Chemin sur Martigny avec son organe, l'Écho du Rhône, se dressa en 1843, la Vieille Suisse et son journal, la Cazetti' du Sim/ilmi. Dès 1842 avait commencé une période de troubles, d'anarchie, de représailles, qui rendaient l'atmosphère étouffante. Les excès commis contre les personnes et la propriété, alarmèrent les populations ; elles se donnèrent, au printemps 1843, un Grand Conseil, partant un Conseil d'État, en majorité conservateurs. Loin de s'améliorer, la situation empira toujours, le gouvernement cherchant à temporiser. A la suppression des couvents d'Argovie, qui eut sa répercussion dans les cantons catholiques, la discorde glissa toujours plus sur le terrain religieux. L'Etat, à la vue du danger, réunit enfin, le 14 mai 1844, le Grand Conseil en séance extraordinaire à l'effet d'aviser aux moyens de remédier à la situation. Contrariés de la tournure des débats, Maurice Barman et ses tenants quittèrent la séance du 17 mai pour appeler leurs partisans aux armes. Mais déjà la résistance s'organisait dans tout le canton. Le lendemain, prévenant la Jeune Suisse, qui campait à Corbassière, les bataillons haut-valaisans du général Kalbermatten occupèrent Sion, refoulant leurs adversaires, le 19, d'Ardon, de Riddes, le 20. Ceux-ci, dans leur retraite, subirent une défaite, au Trient, gardé par la Vieille Suisse du Bas. de Salvan, Val d'Illiez, Vionnaz. Le 24 mai, le Grand Conseil prononçait la déchéance de la Jeune Suisse, tandis qu'un tribunal central, nommé par le Conseil d'État, établissait les responsabilités, condamnait à des contributions les communes compromises, les partisans du mouvement à des peines diverses, l'exil même, pour les chefs qui, d'ailleurs, s'étaient déjà mis en sûreté.
Le Valais adhéra au Sonderbund. Après la prise de
Fribourg, la défaite du général conservateur Salis- Soglio, à Gislikon, la reddition de Lucerne au général Dufour, l'État valaisan capitula à son tour, le 30 nov. 1847, et les troupes du colonel Rilliet occupèrent Sion.
Valais. Louche vers 1860. D'après une gravure sur cuivre de F. Hablitscheck (Bibliothèque Nationale, Berne).
Mettant à profit cet échec, les chefs de la Jeune Suisse exilés, rentrèrent au pays, lancèrent de la Planta, le 2 décembre, une proclamation au pays, déclarant dissous le Grand Conseil et le Conseil d'État, abolissant les immunités ecclésiastiques, plaçant les biens du clergé et des couvents sous la surveillance du pouvoir civil, mettant les frais de guerre depuis 1844 autant que possible à la charge des institutions religieuses et des magistrats conservateurs. Il s'agissait de 200 000 fr., soit le montant de la contribution imposée au Valais par la Confédération. De semblables résolutions provoquèrent de nouveau une réaction et ramenèrent les conservateurs au pouvoir. Le 24 mai 1859, un décret réintégra l'Église dans la possession de ses biens et, après de longues tractations, un concordat, sous l'épiscopat d'Adrien Jardinier, premier prélat bas-valaisan, depuis cinq siècles, fut mis sur pied par la convention du 4 oct. 1879. Dès lors, l'entente existe entre les autorités ecclésiastique et civile. Cette dernière, à l'élaboration de la nouvelle constitution, en 1907, céda à l'évèché le droit de présentation aux cures de Collombey, Vionnaz et Port- Valais.
Il existait en Valais, au moyen âge déjà, à côté des communautés, des bourgeoisies dont les membres participaient à la fois de ces deux institutions ; par leur nombre, leur aisance ou leurs qualités, ils s'imposaient à la généralité et dirigeaient les affaires communales, à l'exclusion des étrangers, même des Confédérés. Le nouveau régime, en 1798, par l'institution des municipalités, rejeta les bourgeoisies au second plan. Dans le Valais, toutefois, les populations continuèrent à se donner des Conseils mixtes pour la gestion de la chose publique, jusqu'à la constitution fédérale de 1848. Dès lors, elles élirent deux Conseils : le Conseil municipal pour l'expédition des affaires générales et le Conseil de bourgeoisie, chargé des intérêts des bourgeois et des œuvres de bienfaisance. Le Valais, dans la deuxième partie du XIXe s., connut de nouveau une ère de prospérité, paralysée un moment par la crise financière de 1871, mais dès lors toujours grandissante. En 1852, une nouvelle constitution modifia un peu la précédente, portant le nombre des conseillers d'État de 5 à 7, fixant à quatre ans la durée de leurs fonctions. Elle maintint l'exclusion du clergé des charges publiques, exclusion qui fut révoquée par la loi de 1920, et réserva le vote (les citoyens pour tout changement important. Dans le district, ainsi qu'en 1848, un préfet représente l'État ; un juge-instructeur remplace l'ancien grand châtelain ; comme, du reste, un juge de paix le châtelain commii-
VALAIS
(histoire)
VALAIS
nal. Un souille de démocratie, au début du XXe s., fit voter, en 1907, la constitution qui nous régit (revisée en 1920), laquelle attribua au peuple l'élection des membres du gouvernement et des députés au Conseil des États, introduisit la représentation proportionnelle au cantonal ainsi qu'au communal. Au Grand Conseil, pourtant, était réservé de choisir le président e1 le vice-président du Conseil d'État, ainsi que les membres de la Cour d'appel, qui, à son tour, nomme les juges-instructeurs.
Trois facteurs contribuèrent au développement du canton depuis un fort demi-siècle : l'endiguement du Rhône avec les subsides de la Confédération, travaux qui rendirent à l'agriculture d'immenses terrains utilisés pour les cultures maraîchères et les arbres fruitiers ; la construction du chemin de fer du Bouveret à Martigny en 1859, à Sion en 1860, à Sierre en 1868, en 1872 jusqu'à Brigue, enfin le percement du Simplon en 1906. Ce nouveau moyen de communication permet l'écoulement des produits valaisans, surtout des vins et des fruits, et a imprimé une impulsion à l'industrie hôtelière, notamment après le rattachement à la ligne principale des réseaux desservants les vallées latérales, comme le Viège-Zermat. Vers 1900, l'utilisation des forces hydrauliques constitua un troisième élément de prospérité dans le pays si riche en cours d'eau. Captés en divers endroits, le Rhône et ses affluents fournissent les forces nécessaires à nombre d'usines, à Monthey, Vernayaz, Martigny, Sion, Chippis, Gampel, Viège. A l'effet de fournir l'argent nécessaire à ces entreprises, comme à l'agriculture, du reste, des banques s'ouvrirent, en particulier celle du Valais, avec des agences dans les principaux centres dès 1895. Les expositions cantonales de Sion, en 1910 et de Sierre, en 1927, mar-
quèrent un progrès et obtinrent un véritable succès dans tous les domaines.
Aussi, les habitants des hautes vallées, sont lentement attirés vers la plaine, ce qui provoque un accroissement de population à Viège, Sierre, Sion, Martigny, Monthey et, par contre, une diminution dans l'Entremont, Hérens et Conches, malgré les mesures de protection prises en faveur des montagnards : amélioration des alpages, construction de route, etc.
De cette ère de prospérité, le Valais profita pour développer l'instruction primaire par les lois prévoyant l'ouverture de classes jusque dans les hameaux les plus éloignés, la fondation d'écoles normales pour la formation du personnel enseignant dans les deux langues nationales, mais aussi l'enseignement secondaire par l'organisation de cours industriels ou commerciaux à Monthey, Martigny, Sierre, Loèche, par l'agrandissement des collèges-lycées de Sion, Brigue, Saint-Maurice, par l'ouverture des écoles d'agriculture de Château-Neuf et de Viège. Il vit encore la création d'oeuvres de charité, de cliniques à Monthey, Martigny, Sierre, Brigue ; l'asile de Malévoz pour les aliénés ; de maisons pour l'entretien des vieillards à la Souste près de Loèche, ainsi qu'à Sion, d'orphelinats à Sion et à Saint-Maurice, d'un institut des sourds-muets au Bouveret.
Bibliographie. Antoine Grenat : Hist. moderne du Valais. — Hilaire Gay : Hist. du Valais. — Louis Ribordy : Documents pour servir à l'histoire du Valais. — Chanoine Carraux : Manuscrits. — D. Imesch : Die Kàmpfe gegen die Franzosen. — Charles-Emmanuel de Rivaz : Mémoires sur l'occupation du Valais par Turreau. — Rilliet de Constant : Une année d'histoire valaisanne. — Victor Bieler ; Rapports entre l'Église et l'État en Valais depuis 1847. [Ta.]
Humbert de Congerone, chevalier,
ballivus terrae episcopalis inValle-
sia, 1352.
Burkard Mônch, de Bâle, et Pierre
comte d'Aarberg, tous deux au
nom de l'empereur Charles IV,
Jean Guin, seigneur d'Albona en
Piémont, au nom du comte de
Savoie, 1356 Jacob de Majona (Mionas), chevalier,
Berchodus de Gruyères, 1373.
Aimon de Poypone, chevalier, 1379.
Pierre de Roveria, chevalier, 1386.
Rodolphe, comte de Gruyères, 1388.
Ibletus, chevalier de Savoie, 1392-
(iuiscard de Rarogne, 1408-1415. Johann Hengartner, appelé aussi de
Platea, de Viège, 1423.
Thomas Theiler, châtelain de Brigue,
Rodolphe de Rarogne, 1427.
Thomas Venetz, de Viège, 1428, 1435-
Heinzmann de Silinen, de Viège,
Anton Curten, de Brigue, 1432-1433.
Anton Kuonen, de Brigue, 1437-
Johann de Pratis, de Conches
(Andenmatten), 1442-1444, 1448-
Johann de Platea (am Hengart), de
Viège, 1446-1447, 1449.
Martin Ziren, de Brigue, 1450-1452.
Nikolaus Kalbermatter, de Rarogne,
Gilig (Egidius) in der Kummen, de
Loèche, 1456, 1470.
Kaspar Theiler, de Brigue, 1457-
Liste des Grands baillis du Valais :
Johann de Pileo, appelé aussi Huo-
ter, de Brigue, 1460-1465.
Petermann de Platea, de Sierre,
1468-1470. Michel Tschampen, de Conches,
Jodro Venetz, de Stalden, 1472-
Anselm auf der Eggen, de Conches,
Peter zen Gafinen, alias de Cabanis,
de Loèche, 1478-1479.
Anton Lehner, de Conches, 1480-
Franz de Platea, de Sierre, 1487-
Nikolaus Zwala (Walen), de Brigue,
Gcorg Meyer (Maioris), de Viège,
Joh. Rymen, 1496-1497.
Nicolaus Clavioz (Clawo). de Loèche,
Martin-Valentin Holzer, de Conches,
Johann Theiler, de Brigue, 1503-
Franz de Platea, de Sierre, 1505.
Hans de Platea, de Sion, 1507-1509.
Johann Walker, de Môrel, 1511.
Arnold Kalbermatter, de Rarogne.
Martin Stetfiler, de Loèche, 1514.
Johann de Platea, de Sion, 1515.
Gilig Venetz, de Naters, 1516-1517.
Simon In Albon, de Viège, 1518.
Johann Roten, de Rarogne, 1519. Peter zu Lawinen, d'Ernen, 1520.
Johann Zentriegen, de Rarogne,
Anton Wyss (Albin), de Sion. 1522-
Johann YVerra, de Loèche, 1524-1525.
Kaspar Metzilten, de Brigue, 1526-
Anton Venetz, de Brigue, 1528-1529.
Stephan Maxen, de Rarogne, 1530-
Gilig im Ahorn, de Conches, 1532-
Peter Owlig, de Brigue, 1538-1539.
Jost Kalbermatter, de Brigue 1540-
Johann Winschen (Schauben), de
Loèche, 1542-1543.
Martin Clausen, de Conches, 1544-
Peter Stockalper, de Brigue, 1546-
Gôrig Summermatter, de Viège,
Johann Kalbermatter. de Sion, 1550-
Nicolaus im Eych, de Viège, 1556-
Peter Allet, de Loèche, 1558-1559.
Anton Kalbermatter, de Sion, 1566-
Morilz zum Brunnen. de Conches.
Anton Mayenzet (Mayenchet). de
Loèche. 1571-1575. 1577-15,;».
Johann in Albon, de Viège, 1575-
Matthàus Schiner, de Conches, 1581-
Gôrig Michlig (ou Michels, dit Supersaxo), de Naters, 1593-1595.
Gilig-Jossen Bannmatter, de Sion.
VALAIS
Franz de Platea, de Sion, 1611-1613.
Anton Waldin, de Sion, 1615-1617.
Nikolaus Kalbermatter, de Sion,
Sébastian Zuber.de Viège, 1621-1623.
Johann Roten, de Rarogne, 1624-
Michaël Mageran, de Loèche, 1631-
Heinrich in Albon, de Viège, 1659-
Stephan Kalbermatter, de Sion,
Gorig Michlig (appelé aussi Uf der
Fluo et Supersax), de Naters,
Kaspar Stockalper, de la Tour, chevalier, de Brigue, 1670-1678.
Jean de Monthevs, de Sion, 1678-
Peter von Riedmatten, de Conches,
1682. f 1" )uin 1683.
Adrian Lambien, 1684-1687. f 1687.
Johann-Anton Curten, de Sierre,
(écoles)
i Johann-Stephan de Platea (Amhen-
gart), de Sion, 1689-1699.
Johann Kreig, de Conches, 1699-
1701. t 29 mai 1701.
Peter von Riedmatten, de Conches,
Johann-Jost Burgener, de Viège.
Eugen Curten, de Sierre, 1721-1729.
t 31 juil. 1729.
J. -Christian Roten, de Rarogne,
1729-1730. t juin 1730.
Arnold Blatter, de Viège, 1731-1737.
Alphons Ambùel, 1737-1741.
Johann-Fabian Schiner, de Conches,
Franz-Joseph Burgener, de Viège,
Christian-Gôrig Boten, de Barogne.
Fabian-Moritz Wegener, de Brigue,
Augustin-E. Gasner, de Loèche,
1785-1790. t 3 juin 1790.
VALAIS
Jakob-Valentin Sigristen, de Conches, 1790-1798.
Antoine Augustini, de Loèche, 1798- 1807, 1821,1822.
Leopold de Sepibus, de Môrel, 1807- 1810, 1815-1817, 1827-1829, 1831-
Kaspar-Eug. von Stockalper, de Brigue, 1810, 1819-1820, 1823-1824.
Derville-Maléchard, préfet du département du Simplon, 1810-1813.
Bambuteau, préfet du département du Simplon, 1813.
Charles-Emm. de Bivaz, de Saint- Maurice, 1817-1818, 1825-1826.
Michel Dufour, de Monthey, 1829- 1830,1836-1837.
Maurice de Courten, de Sierre, 1833- 1834, 1839-1840.
A partir de 1840, la charge de
grand bailli a été remplie par le
président du Conseil d'État et le
président du Grand Conseil, qui sont
nommés chaque année à la session
de mai du Grand Conseil. [L. Mr.]
IV. Développement de la civilisation. 1. Église. Voir Sion, Diocèse et Évêché de.
2. ÉCOLES. I. Enseignement primaire, a) Avant 1828. Les capitulaires de Charlemagne, de 789, confirmés et expliqués par le concile de Mayence de 813, obligeaient tous les prêtres à instruire les enfants dans la religion et à leur apprendre à lire, à écrire et à chanter. Il faut croire que le diocèse de saint Théodule, qui est resté jusqu'à nos jours dévoué à « saint Charlemagne », n'a point négligé les prescriptions de son généreux protecteur. Dès le IXe s., la cathédrale de Sion avait son école, qui a laissé quelques monuments scripturaires. Comme recteurs ou maîtres de cette école sont connus : Jean d'Ast 1240, qui, en 1249, porte le même titre à Loèche ; Martin, en 1279, maître et recteur des écoles de Sion, plus tard curé de la ville et chancelier ; Guillaume de Fayz 1288, etc. Le premier maître laïque qui soit connu est Théodule Valet, bourgeois de Sion, 1400. A partir du XIIIe s., les écoles paroissiales sont signalées ; elles deviennent nombreuses au XIVe s., faisant pour le peuple ce que les écoles des châteaux, par exemple de Châtillon, d'Anniviers, de Granges, d'Ayent, de Saillon et de Saxon faisaient pour les fils de familles nobles et ceux de leurs métraux. Le couvent du Grand Saint-Bernard entretenait, à cette époque, des écoles à Martigny et dans l'Entremont, tandis que l'abbaye d'Agaune se dévouait à l'instruction du peuple, à Saint- Maurice et dans son fief à Bagnes et que les moines d'Abondance enseignaient dans le Val d'Illiez. Le XVe s. ne fit que développer l'héritage reçu des temps précédents. Le XVIe s. amena des changements déplorables : nombre d'écoles paroissiales fermèrent leurs portes ; d'autres, peu fréquentées, eurent à leur tête des maîtres laïcs insuffisamment instruits. Ce fut un déclin général de l'instruction dans le pays entier. Le XVIIe s. a vu des temps meilleurs. Dans ses statuts synodaux du 20 avril 1626 (imprimés en 1635), l'évêque Hildeprand Jost, déplorant la désorganisation de la plupart des écoles, ordonna que dans les localités les plus importantes, les anciennes écoles fussent réorganisées, et s'il n'y en avait pas, qu'on en créât de nouvelles. « Les garçons et autant que possible les filles, apprendront à lire et à écrire le latin, l'allemand ou le français, au moins pendant l'hiver ». A partir de ce moment, l'instruction primaire est répandue dans de nombreuses écoles paroissiales. L'éducation du sexe féminin fut l'objet des soins particuliers de deux ordres religieux. La ville de Saint-Maurice appela en 1629 des sœurs cisterciennes de la Savoie, qui ouvrirent des écoles à Saint-Maurice, à Monthey 1634, à Collombey 1643. Des ursulines de Besançon, appelées à Brigue par G. de Stockalper, en 1661, employèrent les largesses de leur protecteur pour construire un couvent et ouvrir des écoles primaires. C'est ainsi que Brigue fut doté d'un
foyer d'instruction qui, dans le cours des temps, n'a cessé de se développer.
b) De 1828 à nos jours. Une enquête sur les écoles du Valais fut faite en 1828, par les soins du gouvernement. Il y avait à cette date, 212 écoles primaires, soit une classe de 35 élèves pour 347 habitants. La première loi scolaire est de 1828 ; elle déclare la fréquentation de l'école obligatoire durant les cinq mois d'hiver pour les enfants de 7 à 14 ans. Les lois suivantes portent les dates de 1848, 1873, 1907. Un musée pédagogique a été ouvert en 1910.
II. Enseignement secondaire. A. Gymnases. 1. Saint- Maurice. L'école latine de Saint- Maurice, dès le VIe s., connut des maîtres illustres tels que saint Séverin, maître Achive, Probus, Amé. En 1376, Humbert, économe du couvent, est chargé de diriger l'école de grammaire et de littérature à Aigle ; en 1448, Déodat Chenut a la direction de toutes les écoles du Chablais. Toutefois, à la suite de jours malheureux, l'école de Saint-Maurice disparut, et, en 1559, la diète valaisanne la remplaça par un collège. Celui-ci fit place à l'ancienne école monastique, en 1662, lorsque fut ouvert le collège de Brigue. Il fut toutefois rouvert en 1766, mais dut fermer ses portes de 1798 à 1806 et de 1810 à 1814. Il comprend un lycée complet dès 1898 et une école de commerce dès 1911.
2. Sion. L'école des jésuites (progymnase) ayant été fermée en 1627, des prêtres séculiers instituèrent à Sion un gymnase à plusieurs classes. Réorganisé par l'évêque Supersaxo en 1734, ce collège fut desservi par les jésuites jusqu'en 1773, puis par des prêtres séculiers. En 1805, des pères piaristes rouvrirent le collège aux frais de l'État, puis le passèrent aux jésuites en 1814. En 1848, en vertu de la constitution, Sion gardait le lycée cantonal, mais devait fermer son gymnase. Toutefois, en 1850, la ville fit rouvrir 4 classes latines et, en 1859, l'ancien collège fut rétabli. L'école moyenne s'y ajouta en 1859, remplacée en 1897 par l'école professionnelle de trois ans, qui, à son tour, fit place à l'école industrielle supérieure en 1911. En 1894, deux cours techniques furent institués.
3. Brigue. Ouvert en 1662 par les jésuites, le collège prospéra jusqu'en 1773 ; en 1777, les piaristes furent appelés comme professeurs. Supprimé de 1798 à 1800, puis de 1812 à 1814, le collège fut confié une seconde fois aux jésuites. De 1827 à 1833, un gymnase français lui fut annexé. Après l'expulsion des jésuites en 1848, le gouvernement confia le collège aux prêtres du diocèse, assistés de maîtres laïcs. Une école moyenne lui fut adjointe en 1858, remplacée en 1911 par l'école industrielle et commerciale. Le lycée est complet depuis 1911. Les trois gymnases valaisans délivrent depuis 1913 le certificat de maturité fédérale.
B. Écoles normales. Le Valais entretient trois écoles
VALAIS
(constitution)
VALAIS
normales : l'une pour instituteurs, de langues allemande el française, à Sion, confiée aux frères de Marie, des 1846 ; la deuxième pour institutrices de langue française, à Sion, fondée en 1848 et dirigée depuis 1901 par
V. il. lis. Loèche-les-Bains an milieu du XIXe s. D'après uni- aquatinte de Salathè (Bibliothèque Nationale, Berne).
les ursulines ; la troisième pour institutrices de langue allemande, desservie dès le début de son existence, 1853, par les ursulines de Brigue.
G. Écoles ménagères et professionnelles. En 1914, l'État subventionnait 18 écoles ménagères et des cours professionnels et économiques dans la plupart des communes importantes. Une école d'agriculture a été inaugurée à Êcône en 1894 ; elle fut remplacée par celle de Château-Neuf en 1923. Une autre école d'agriculture fut ouverte à Viège en 1920 pour les agriculteurs de langue allemande.
D. Enseignement supérieur. 1. Théologie. Le grand séminaire de Sion relève directement de l'évèque diocésain. Il fut fondé à Géronde en 1748 par l'évèque J.-J. Blatter, qui le dota de 5000 couronnes ; il fut transféré à Sion en 1781, revint à Géronde 1800, en 1806 à Sion, passa à Loèche-les-Bains en 1809 et 1810, à Géronde en 1813, à Valère en 1817. Le nouveau bâtiment, à Sion, a été inauguré en 1874. Depuis un temps fort reculé, les couvents du Grand Saint-Bernard et de Saint-Maurice possédaient leurs cours de théologie. La fondation des bourses devienne date de 1727 (transférée à [nnsbruck eu 1858 ; celle du grand séminaire de Milan de 1576).
2. Droit. Des cours pratiques de dn>ii ont été donnés très tôt déjà. Au XVIe s., une école de droit exista à Brigue, dirigée par l'humaniste Thomas Walther, de Grengiols ; une autre à Naters, vers le milieu du même siècle, confiée aux soins de l'humaniste Jérôme Valsenus et à la fin du siècle, Martin Jost enseignait la jurisprudence à Ernen. A partir de 1760, le droit civil est enseigné à l'abbaye de Saint-Maurice. En 1780, le chanoine M. -A. de Courten, Dr theol., est professeur des deux droits à Sion (droit romain et statuts valaisans). De 1791 à 1806, le chanoine P.-J. André, prit la direction de l'école de droit à Sion ; en 1810, ce fut le chanoine E. de Kalbermatten. En 1807, la diète, considérant qu'il était important d'avoir des juges instruits, autorisa le Conseil d'État à établir une chaire de droit à Sion. L'école de droit fut réorganisée en 1824 et rouverte l'année suivante. Etienne Cropl la dirigea de 1825 à sa mort, 16 janv. 1896. Elle disparut en 1908. — Voir Ferd. Schmid : Geschichtl. iïber das Unterrichtwesen im Kt. Wallis, dans BWG IL — Pierre Bourban : L'ensei-
gnement à Saint- Maurice, du Ve au XIXe s., dans Mélanges d'hist. et d'archéol. de la Soc. helvétique de Saint-Maurice, 1897. — ■ D. Imesch : Zur Gesch. des Kollegiums von Brig, Brigue 1912. — Jérôme Zimmermann : Essai sur l'histoire du collège de Sion (1625-1900), Sion 1914.— L. Meyer : Soles d'histoire sur l'enseignement en Valais (mns. présenté à l'exposition de Berne 1914). [L. Mr.]
3. Constitution et organisation judiciaire. A. Constitution. 1. -Jusqu'en 1798. En 999 Hugues, évèque de Sion, reçoil le comté du Valais avec tous les droil régaliens de la main du roi de Bourgogne. En 1277, le grand bailli est mentionné pour la première fois. Fonctionnaire seigneurial, il remplaçait probablement l'avoué de l'église de Sion. Dès le début, il fut juge d'appel. Dès le XIVe s., les communes tendirent à prendre part à l'administration du pays. Ce furent d'abord Môrel, Naters, Viège, Rarogne, Loèche, Sierre et Sion. Les petites agglomérations et les vallées latérales restèrent plus longtemps sous la domination des seigneurs féodaux. Elles se rallièrent l'une après l'autre à l'une des communes qui avaient déjà siège et vote à la diète : à la fin du XVIe s., le Valais comptait sept dizains : Conches, Xaters-Brigue.
Viège, Rarogne (avec Môrel), Loèche.
Sierre, Sion. Les dizains étaient de petits États autonomes en matière législative et administrative, avec bannière et sceau ; ils signaient des alliances entre eux et même, jusqu'au XVIIe s., avec L'étranger. Le Conseil du dizain siégeait sous la présidence du grand-châtelain ou du major. La diète (landrat), attestée la première fois en 1339 comme Conseil général du Valais, se réunissait deux fois par an, en mai et à Noël, au château épiscopal de la Majorie à Sion. A côté des diètes régulières, il y avait des assembléeextraordinaires (diétines). Les décisions de la diète, laquelle devenait de plus en plus le porte-parole des Patriotes vis-à-vis de l'évèque, étaient prises adreferendum et avaient besoin de la ratification des communes. La diète se composait des représentants du chapitre de Valère et des députés des dizains ; elle était présidée par l'évèque ou, en son absence, par le grand bailli. En 1613, l'évèque Hildebrand Jost dut renoncer contre son gré, à ses prérogatives, mais plu^ tard î! révoque En K334. il reconnaît le régime démocratique du Valais tout en gardant le titre de comte et préfet du pays. Par la renonciation de l'évèque à la Caroline, le grand bailli devint chef de l'État à côté de l'évèque (de 1627 à 1634, il fut le seul chef de l'État). Il êtail nommé par la diète pour deux ans et ne pouvait être réélu à partir de 1659. Il présidait la diète.
Le pays, en dessous de la Morge. conquis par les sept dizains en 1475, fut divisé en six bannières : Conthey. Ardon, Saillon, Entremont, Martigny, Saint-Maurice Le gouvernement de Saint-Maurice se trouvait à la tête de l'administration du pays sujet. Il était nommé par la diète pour deux ans. En 1536. trois nouveaux gouvernements furent créés : Monthey. Evian. Abondance, mais les deux derniers furent restitués à la v voie. Le gouverneur de Monthey était aussi nommé par la diète.
2. A partir de 1798. La diète ayant proclamé, le 15 févr. 1798. L'indépendance du Bas- Valais, une constitution, établie sur le modèle des constitutions française et helvétique, est votée le 16 mars. Elle prévoit un Grand Conseil et un Sénat comme pouvoir législatif et un directoire de trois membres comme exécutif. Aux sept dizains sont ajoutés ceux de Saint-Maurice, Entremont et Monthey. Elle n'est cependant pas appliquée puisque le pays, sous le nom de canton du Valais, d< vient partie intégrante de la République helvétique. 11 se compose de dix districts. La république du Valais, proclamée en 1802, est divisée en douze dizains (les
VALAIS
Coiffures valaisannes. En bas de gauche à droite: Katharina Kempfen, fin XVIIe s. — Josefa Willa-Allet, 1756. En haut : de gauche à droite : La même à 47 ans. — Theresia Allet-Gasner, 1 toi 2 (d'après Hecht). — M™ Allet-Augustini, 1807
(Propriété de la (amille Willa, Loèche).
Vex (costume de fête)
Costumes valaisans :
Évolène Savièse Hérémence
(D'après des aquarelles de Raphaël Dallèves.)
DHBS TOME VII
VALAIS
Infanterie
Officier Grenadier
Carabiniers
Sous-officier Officier
Infanterie Fusilier 1827-42
Chirurgien
Major
Artillerie Capitaine 1827-42
Infanterie Officier 1819-24
D'après des aquarelles à la Bibliothèque militaire, à Berne (Collection A. Pochon-Demme, Berne).
(constitution)
VALAIS
sepl anciens et en plus, Hérémence, Martigny, Sembrancher, Saint-Maurice, Monthey). En vertu de la constitution du 30 août 1802, la diète est l'organe législatif : les députés des dizains, un député par 3000 âmes, sont nommés pour deux ans. Le droit de vote commence à 20 ans, l'éligibilité pour les autorités communales à 21 ,111^. dérénales à 25 ans, nationales, à 30 ans. Le gouvernement est formé par le grand bailli, le vice-bailli, deux conseillers d'État et deux vice-conseillers. Sons l'empire fiançais, le département du Simplon est divisé en t r< pi^ arrondissements : Sion, chef-lieu de préfecture, Brigue, Saint- Maurice. Le préfet est assisté par un Conseil général de douze membres. Le Simplon envoie un député au Corps législatif.
La constitution du 12 mai 1815 créa la division actuelle du canton en 13 dizains, aujourd'hui districts. L'évêque a quatre voix à la diète, comme un dizain. Les députés sont nommés pour deux ans par les Conseils des dizains. A peu d'exception près, les arrêts de la diète sont soumis au référendum des Conseils décénaux. Le gouvernement est formé par le grand bailli et 5 conseillers d'État, dont 2 doivent être originaires des dizains occidentaux et 3 des dizains orientaux.
Le mouvement révisionniste de 1833 tend à introduire la répartition des sièges à la diète sur la base du chiffre de la population. La constitution du 3 août 1839 remplace la diète par un Grand Conseil, où les dizains sont représentés à raison d'un député par 1000 habitants. L'évêque et un second représentant du clergé ont droit de siège et de vote au Grand Conseil. Le Conseil d'État est composé de cinq membres ; deux doivent être ressortissants du Haut-Valais, deux du Bas- Valais et un du Centre. La constitution du 14 sept. 1844 accorde au clergé un troisième siège au Grand Conseil. Celle du 18 janv. 1848 contient un grand nombre de changemoiils. Elle supprime le référendum législatif, mais accorde au peuple un droit d'initiative constitutionnelle. Le Grand Conseil est élu en votation directe par les assemblées primaires. Le clergé est privé non seulement de sa représentation au Grand Conseil, mais aussi de l'exercice des droits politiques. Le nombre des membres du Conseil d'État est porté à 7 ; il sera ramené à 5 en 1857. La constitution actuelle, du 8 mars 1907, soumet, à la votation populaire toutes les lois et décrets d'une portée générale e1 introduit l'initiative populaire en matière législative à côté de l'initiative constitutionnelle. Les revisions partielles les plus importantes portent les dales du 25 janv. 1920 (introduction de la représenl ation proportionnelle pour les élections au Grand Conseil) et du 28 déc. 1920 (élection des conseillers d'État et des députés au Conseil des États parle peuple).
B. Organisation judiciaire, fans ses possessions, l'évêque exerçait la justice par un vidomne. Le vidomnal de Sion avait une certaine suprématie : aux XVe et XVIe s. les bourgeois de Sion revendiquaient le droit de réformer toutes les sentences capitales prononcées dans le pays, Le droit de nommer le vidomne fut obtenu au début du XVIe s. par le dizain de Viège, en 1527 par celui de Barogne, en 1560 par la ville de Sion. Le major, qui administrait d'abord la basse justice, finit par exercer les mêmes droits de juridiction que le vidomne. La diète était le I ribunal suprême pour tous les jugements civils. Dans les bailliages bas-valaisans, les gouverneurs exerçaient l'omnimode juridiction ; ils tenaient leur tribunal une fois par an dans chaque paroisse assistés par le Conseil e1 quatre assesseurs. Les châtelains, majors et métraux jugaient les causes mineures. A partir de 1703, les causes civiles furent jugées en première instance par les tribunaux inférieurs, les causes criminelles par le tribunal du gouverneur. En 1005, le major de Nendaz - Hérémence reçut l'omnimode juridiction, le châtelain du Bouveret en 1673.
En vertu de la constitution de 1802, les organes judiciaires étaient : en première instance, les châtelains des communes ; en appel, les tribunaux des dizains, composés du grand-châtelain, son lieutenant et six
assesseurs. La cour d'appel de Sion fonctionnait coin
tribunal suprême. Pendant la domination française : une cour d'assises et, pour les causes civiles, un tribunal de première instance qui fonctionnait en même temps
comme tribunal de commerce. La cour impériale de Lyon jugeait les causes en appel.
L'organisation judiciaire actuelle est basée sur la loi du 30 mai 1896, modifiée le 24 mai 1901, et sur le code de procédure civile de 1919. Les autorités judiciaires sont : dans les communes, un juge et juge-substitut et. un tribunal de police composé du Conseil communal ou d'une commission prise dans son sein ; quatre tribunaux d'arrondissement compétents au civil, au correctionnel et au criminel, présidés par le juge-instructeur du district, dans lequel la cause est pendante ; le tribunal cantonal à Sion. Il prononce aussi comme cour d'appel et ccur de cassation. La juridiction administrative est exercée par le tribunal cantonal comme tribunal du contentieux de l'administration et par la cour des cou Hits de compétence, composée des présidents du Grand Conseil, du Conseil d'État et du tribunal cantonal.
C. Le Landrecht, purement coutumier à l'origine, a été enrichi et développé plus tard par la législation. Il trouva sa forme définitive dans les Statuta patriœ Vallesii, de 1571. En 1598 et 1780, les révisions des Abschiedi recueils des arrêts importants de la diète, sont ajoutes aux statuts.
Avant 1798, le droit pénal et la procédure criminelle étaient réglés pour la plus grande partie par les statuts et franchises des communes et dizains, pour une petite partie seulement par le Landrecht. Le code de procédure pénale entra en vigueur en 1848 ; le code civil en 1855 et le code pénal en 1858.
Bibliographie. V. Bieler : Notice sur les rapports entre l'Église et l'État en Valais depuis 1847. -- B.-E.-J. Cropt : Statuta juris Romano-Vallesii. — Le même : Théorie du code civil du Valais. — H. Évêquoz : Essai sur l'histoire de l'organisation communale et des franchises de lu ville île Sion. — J. Graven : Essai sur l'évolution du droit pénal valaisan. — ■ Le même : Les origines du rode i>rinil rulaisan. — A. Heusler : Rechtsquellen des Cantons Wallis. — B. Hoppeler : Bas Unterwallis und tlesseii. lieziehiingen zuni Hochstift Sitten wàhrend des 13. Jahrh. — W.-A. Liebeskind : Bischof Walters L un/' drr Fine Landrecht der Landschaft Wallis und Gerichtsordnung. — Le même : Bas Référendum der Landschaft Wallis. — M. Mangisch : Be la situation el </r l'organisation du notariat en Valais sous le régime épiscopal. -- L. Mengis : Die Rechtsstellung des Bistums Sitten im Kt. Wallis, dans BWG IV. — F. Seiler : Die Anfânge der modernen Bemokratie im Kt. Wallis. - Statuta Vallesix cum duabus revisionibus, «1843. — Art. SlON, ÉvÊCHÉ DE. [W.-A. Liebeskind.]
4. Assistance et philanthropie. Ce fut durant des siècles le champ d'activité de l'église, d'ordres religieux. de sociétés ecclésiastiques et de confréries, ainsi que de l'initiative privée. L'évêque Landri de Mont, cité de 1206 à 1237, rappelle déjà à ses subordonnés le devoir d'utiliser en faveur des pauvres tous les dons qu'ils reçoivent, afin qu'il n'y ait aucune infidélité. L'évêque Hildebrand .lost édicta de semblables dispositions dans ses statuts de 1635. En nombre de cas, les évêques de Sion punirent de peines spirituelles ou temporelles ceux qui tentèrent de détourner des donations pieuses.
Il s'agissait, à l'origine, de distributions uniques on annuelles de fromage, viande, pain, vin, sel. étoiles, etc . faites au jour de l'enterrement ou à l'anniversaire du décès du donateur aux pauvres de la paroisse. La loi sur les indigents, du 23 mai 1827, première du canton à régler l'assistance publique, supprima ces repas e1 disposa que les fondations testamentaires seraient 1 1 a informées en espèces et versées à la caisse des pauvres.
Les associations ecclésiastiques et les confréries s'occupèrent d'assistance d'une façon spéciale, notamment celle du Saint-Esprit. Au cours du XIXe s., la majorité des paroisses attribua à des fonds de pauvres ou scolai ces La loi lune de cette confrérie. La création de véritables asiles de pauvres, tels qu'on les connaît à l'époque moderne, demeura réservée aux XIXe et XXe s.
Le canton du Valais est actuellement riche en hôpitaux et hospices (auberges) créés aux siècles passés pour accueillir et hospitaliser les voyageurs et les pèlerins. Seul l'hôpital de Sion et, dans une certaine mesure. quelques autres étaienl ouverts aux pauvres de leur
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