‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 14 sur 213 · ASSISTANCE. ÉCONOMIE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

ASSISTANCE. ÉCONOMIE PUBLIQUE

VALAIS

paroisse. Mais le but principal de ces établissements restait le soin des voyageurs.

Les hôpitaux et hospices suivants existent encore : celui du Simplon (l'ancien fondé au XIIIe s. parles cheva-

Vatais. Pont sur le Rhône à Saint-Maurice au milieu du XIX D'après une lithographie (Bibl. Nat., Berne).

liers de Saint-Jean ; le nouveau, sur le col, commencé par Napoléon Ier, 1811 (terminé en 1835, sous la direction des chanoines du Grand Saint -Bernard) ; les hôpitaux Saint-Antoine à Brigue (XIVe s.) ; celui de Viège (XVIIe s.) ; Loèche (XIIIe s.) ; celui des bourgeois à Sion (XIIe s.) ; Plan-Conthey (XVe s.) ; Martigny, Sembrancher, Orsières, Liddes (du IVe au XIIe ou XIIIe s.) ; Bourg Saint-Pierre (fondé au temps de Charlemagne) ; Grand Saint-Bernard (créé par saint Bernard de Menthon au XIe s.) ; Saint-Maurice, le plus ancien du canton (du IVe s.) ; Monthey (XIVe s.).

Il faut aussi relever le bain pour indigents et l'hôpital de Loèche-les-Bains. Les célèbres sources thermales de ce village, déjà connues des Bomains, étaient aussi fréquentées par les pauvres de toute la Suisse. La charité ouvrit de bonne heure un établissement à leur intention : le bain pour indigents. Vers 1870-1890, la bienfaisance privée permit la construction de l'hôpital des pauvres avec ses bains, qui ouvre ses portes hospitalières aux pauvres de tous pays sans distinction de confession. 120 personnes environ y sont reçues chaque année. La fondation est placée sous la surveillance de l'État.

Vers 1890, a été ouvert l'asile Sainte-Catherine, à Sion, pour les domestiques âgées sans ressources ; la fondatrice et principale donatrice fut M"e M.-L. de Stockalper. L'hôpital et asile pour indigents de Sierre date de 1900, l'orphelinat de garçons de Sion fut ouvert en 1858 ; il est dirigé actuellement, par les frères de Saint- Vincent de Paul. Le chanoine Franz Blatter, de Beckingen, ouvrit en 1865 l'orphelinat des filles à Sion et le dota richement ; les ursulines en ont la direction. Une maison identique existe à Saint-Maurice depuis 1861. Le 1er oct. 1894, les sœurs de la Croix d'Ingenbohl entrèrent dans l'antique maison des chartreux de Géronde près de Sierre, rénovée par l'État, pour y créer le premier établissement de sourds-muets. Il devint rapidement si florissant que l'État acquit en 1929 l'hôtel de l'Aiglon au Bouveret pour 400 000 fr., dans le but de l'y transférer.

La loi du 3 déc. 1898 régla complètement la question de l'assistance publique. Les communes et districts créèrent, avec l'appui de l'État et de particuliers, les hôpitaux di' cercle de Martigny 1906-1907, Brigue 1908 ; ceux de district de Monthey 1912, Sierre 1920 (qui bénéficia des dons de 200 000 fr. chacun de J.-J. Mercier et de la Société pour l'industrie de l'aluminium de

Neuhausen à Chippis). A fin 1930, les legs en faveur de la création d'un futur hôpital cantonal se montaient déjà à plus de 352 000 fr. Le fonds de la famille J.-J. Mercier-de Molin a donné à l'État un ensemble de terres à Montana pour l'érection d'un établissement en faveur des tuberculeux ; J.-J.

Mercier y ajouta 100 000 fr. en espèces en 1930. La famille de l'artiste peintre B. Ritz donna dans le même but un terrain à l'État, en 1929, à Montana. Le Dr Paul Repond, de Fribourg, ouvrit, en 1901, à Malévoz sur Monthey le premier asile d'aliénés du canton ; pourvu de 60 places, il se développa rapidement. L'État racheta l'établissement en 1912, le remania selon le système des pavillons, de sorte qu'il peut recevoir actuellement 250 personnes. Un institut agricole y est annexé depuis quelques années. Les communes et districts du Haut-Valais achetèrent en 1912 le domaine de Werra à Souste (Loèche) pour en faire le St. Josephsheim, asile des vieillards et pauvres, avec 50 places. Le promoteur de cette fondation était Hermann Seiler, de Brigue. Sous la direction de l'archiviste d'État, Léo Meyer, de Tourtemagne.

qui fit une importante donation à la fondation, la vieille maison a été complètement rénovée et agrandie de 1929 à 1930, de sorte qu'elle peut recevoir 130 pensionnaires. Grâce à un don d'Ernest de Stockalper, de Sion, et à l'appui tant de l'État que des particuliers, un asile"1 de vieillards put être ouvert à Sion en 1928 pour 70 personnes. Le Bas-Valais prépare également un établissement du même genre. La nouvelle loi sur l'assistance publique est du 26 nov. 1926.

Bibliographie. D. Imesch : Die Werke der Wohltàtigkeit ira Kt. Wallis. — E. Anderegg et H. Anderegg : Die schw. Philanthropie, Kt. Wallis. — Ad. Brunner : Das Leukerbad. — Ber. d. Irrenanstalt von Malévoz anlàsslich ihres 30j. Bestandes. [r. l.]

5. Économie publique, a) Agriculture. Les Valaisans s'adonnent à l'élevage du bétail, à la viticulture et surtout, depuis une cinquantaine d'années, à l'arboriculture. Le climat du Valais étant particulièrement sec. les cultures ne pourraient subsister sans les canaux d'irrigation appelés « bisses » dans le langage populaire. Ces bisses, dont quelques-uns ont été créés même avant l'ère chrétienne, ont, en Valais, une longueur totale que l'on peut estimer à 1750 km. et servent à irriguer, dans le centre du canton principalement, plus de 20 000 ha. Ces bisses détournent, précisément à l'époque des crues du Bhône, soit au printemps et en été, une partie importante des eaux des torrents et influent, de ce fait, favorablement sur le régime du débit du Bhône. On ne saurait se faire une idée des innombrables difficultés que les constructeurs de bisses, généralement des montagnards du pays, ont dû vaincre pour la traversée des couloirs d'avalanches, des parois de rochers perpendiculaires ou même en surplomb, des moraines glacières, etc. En 1919 a été élaborée une loi sur l'organisation de l'enseignement professionnel agricole, en vertu de laquelle a été créée l'école d'agriculture de Château-Neuf près de Sion.

b) Mines. Les mines d'anthracite du Valais ont été exploitées d'une façon particulièrement intense durant les années de guerre et d'après-guerre, soit de 1916 à 1922. Sept mines furent équipées, exigeant un capital d'environ 12 millions de francs. Dans la seule année 1919, la production de l'anthracite s'éleva à 64 937 tonnes. Malheureusement, ces mines furent progressivement abandonnées depuis 1922. D'importants gisements de magnétite, situés à Mont-Chemin, près de Martigny, ont fait et font encore l'objet d'une étude approfondie dont les résultats promettent un avenir intéressant pour l'utilisation d'un minerai de fer dont la qualité est excellente. Des gisements de fluorine sont actuellement exploités dans la même région.

VALAIS

Page 1