MILITAIRE, PRESSE
VALAIS
c) Industrie. L'ouverture du tunnel du Simplon, qui fit de la voie ferrée du Valais une artère internationale, et l'utilisation des torrents ont remarquablement favorise l'évolution industrielle du Valais. L'existence de plateaux aux altitudes de 1800 à 2000 m. a permis l'établissement de bassins d'accumulation par la création de lacs artificiels. Les bassins d'accumulation de la Dranse et de Barberine ont déjà été créés ; un autre, à la Dixence, est en voie d'aménagement ; d'autres sont projetés. Us permettent la production d'une quantité considérable d'énergie électrique, si bien que le Valais se place en tête des cantons suisses dans ce domaine. En 1930, La force électrique produite en Valais atteignait près de 700 000 chevaux.
d) 1 oies de communication. La ligne de chemin de fer qui traverse la vallée dans presque toute sa longueur a un caractère international très marqué. Elle met en relation l'Angleterre et la France avec l'Italie et les pays d'Orienl par le tunnel du Simplon. Une autre ligne, qui accède au Simplon, relie le Valais au canton de Berne e1 aux pays du Nord, c'est celle du Lôtschberg, rendue possible par le percement du tunnel du même nom. De nombreuses voies ferrées de montagne ont ouvert les vallées latérales au tourisme. Ce sont les lignes : Viège-Zermatt, ouverte en 1891 ; Zermatt- (lornergrat 1898 ; Aigle-Ollon-Monthey 1907 ; Monthey- Champéry 19U8; Martigny-Orsières 1910; Martigny- Châtelard 1910 : Sierre-Montana 1911 ; Loèche-Loècheles-Bains 1915 ; Furka-Oberalp 1915.
Les cols valaisans sont utilisés depuis des temps très reculés, notamment le Grand Saint-Bernard. Actuellement, ils sont franchis par de bonnes routes carrossables qui permettent des services réguliers d'autocars postaux pendant l'été. Ainsi au Grand Saint-Bernard, au Grimsel, à la Furka, au Simplon. [\V. Henni.]
6. Militaire. Au moyen âge, il n'y avait pas un service militaire bien organisé. Celui-ci consistait, en temps de paix, dans le guet à monter dans les châteaux et les bourgs par les populations de la juridiction ; ainsi selon les rôles du XIIIe s. ou les comptes de châtellenies, de 1258 à 1475, à Tourbillon, la Soie, Montorge, Conthey, Saillon, Saxon, Martigny, Monthey, Loèche, Bas-Châtillon, etc. Comme officiers apparaissent d'abord les châtelains, les majors, les métraux, dans leurs territoires, plus tard, au XVe s., les grands bannerets, à Monthey, Saillon. Conthey. La troupe se composait de chevaliers lourdement armés, avec leurs écuyers. Après la conquête du Bas- Valais, en 1475, le service militaire se perfectionna. Les tirs imposés par la Diète à chaque dizain, vers 1550, provoquèrent la fondation de sociétés d'arquebusiers. Peu à peu, l'on se familiarisa avec le maniement des armes à feu, et l'État put organiser l'armée sur un nouveau pied. Un décret du XVIIe s. imposait le service militaire à tout homme capable de porter les armes. Les communes les choisissaient par rang de fortune des familles, de là le nom d'élus donné aux soldats. Successivement, on faisait deux levées dans le dizain ; la première, de cent hommes, constituait L'élite, la seconde, de cent hommes aussi, la landwehr ; tous, peu à peu, armés de mousquets. Quant aux autres soldats disponibles, ils formaient les généralités ou le landsturm avec un armement moins perfectionné.
Les 7 dizains du Haut- Valais fournissaient chacun une bannière de 300 hommes, en tout 2100, commandés par le colonel au-dessus de la Morge ; le Bas-Valais, les 3 bannières d'Entremont, de Saint-Maurice et de Monthey, soit 900 hommes, sous les ordres du colonel au-dessous de la Morge; au total 3000 hommes. Pour la commander, iliaque bannière possédait quatre officiers, le grand banneret qui convoquait, présidait les réunions H portail la bannière ; le capitaine général qui commandait les effectifs dans les exercices, les parades et en campagne ; le major, officier de carrière dirigeait les manœuvres, les revues, faisant l'office d'instructeur ; enfin le banneret des élus, nommé par les soldats, depuis le \\ Ie s., servait d'aide ;i ses collègues. L'on pouvait toujours aspirer à un grade supérieur et l'on tenait à ces places dont la repourvue donnait lieu à des rivalités. Les Conseils de dizains nommaient à vie les autres officiers. Dans le Bas-Valais, le choix se faisait à vie, par
le colonel au-dessous de la Morge, sur présentation de quatre candidats par les communes. La République helvétique changea cet état de choses, obligeant tous les hommes de 20 à 25 ans à se présenter, pour les répartir entre les différentes armes.
Gremaud I-VIII, passim. — Comptes de châtellenies savoyardes (Turin, Chanoine Anne-Marie de Rivaz : Topographie). — Père S. Furrer : Statistique. — P. -A. Grenat : Hist. moderne du Valais. — Barthélémy Rameau : Manuscrits. — Archives cantonales et locales. [Ta.]
La première loi valaisanne connue sur l'organisation d'un corps de milice date du 31 mai 1803. Elle prévoit la formation d'un régiment de trois bataillons, chacun composé de cinq compagnies de fusiliers (à 50 hommes) et d'une compagnie de grenadiers, soit un effectif de 775 hommes. Ces dispositions furent remplacées par la première loi cantonale sur l'organisation militaire de 1819, complétée successivement en 1853, 1859 et 1860. L'effectif de l'élite s'élevait à 1280 hommes et celui de la réserve était de force égale. A son tour, la landwehr fut organisée en 1832 et son effectif fixé à 1280 hommes. [L. Mr.]
7. Presse. Le Bulletin officiel, publié dès le 4 sept. 1803 avec le sous-titre de Feuille d'avis, fut remplacé, du 1 mai 1811 au 9 avril 1813, par le Mémorial de la préfecture du Déparlement du Simplon (bilingue) ; jusqu'en 1839, il fut l'unique organe d'information du Valais.
A cette date commencent à paraître les premiers journaux politiques du canton.
a) Journaux libéraux. L'Écho des Alpes, dès le 4 mai 1839, fut interdit par le Grand Conseil le 24 mai 1844 ; Le Courrier du Valais parut du 1er janv. 1843 au 31 déc. 1844. Il eut pour successeur L'Observateur, 1846-1847 (63 nos), puis le Journal du Valais, 1848 (92 nos), puis il reprit son titre de Courrier du Valais, 1849-1856 (dernier n° 129). Le Confédéré du Valais parut dès le 1er févr. 1861 à Sion et dès 1894 à Martigny.
b) Journaux conservateurs. Le Défenseur de la religion et du peuple, 3 mai 1839 - 7 mars 1840, auquel succéda la Gazette du Simplon, 25 juin 1842 - 12 juin 1843 et 6 sept. 1844 - 13 sept. 1847. Après le Sonderbund, la Gazette du Valais reparut dès 1855 ; elle porta le titre de Nouvelle Gazette du Valais de 1874 à 1889, puis revint à son titre, primitif jusqu'en 1922. Elle fut remplacée par Le Valais, de 1922 à 1927, et la Patrie Valaisanne dès 1927. L'Ami du Peuple parut de 1878 à 1922.
c) Journaux récents. Le Nouvelliste Valaisan, fondé en 1903, quotidien dès 1929 ; Journal et Feuille d'avis du Valais, dès 1903 ; Le Courrier de Sion et des districts du Centre, dès 1925 ; Le Rhône, à Martigny, dès 1929 ; Le Peuple valaisan, hebdomadaire socialiste, paraît à Lausanne dès 1927 ; Journal de Sierre, succéda en 1931 à la Feuille commerciale de Sierre, 1918-1930 ; Feuille d'avis de Monthey 1920, de Martigny 1929 ; L'Avenir, journal ouvrier du Valais, 1920-1923.
d) Journaux de langue allemande. Le Walliser Bote, fondé en 1840, succéda au Nacldàufer, dont les six numéros parurent en annexe au Bulletin officiel 1 839. Dès le n° 16, il porta le nom de Messager du Valais (bilingue) et cessa bientôt de paraître. Il reparut en 1851 sous son titre primitif de Walliser Bote, dès 1858 Walliser Wochenblatt, puis de nouveau Walliser Bote en 1869. Bi-hebdomadaire dès 1901. Le Volksfreund vom Simplon parut seulement en 1884. Le Briger Anzeiger, organe démocratique pour le Haut- Valais, dès 1899 ; Walliser Nachrichten, Sierre 1901-1903 ; Walliser Volksfreund , Naters dès 1922 ; Oberwalliser Zeitung, Viôge 1929- 1931. Der Oberwalliser, organe libéral, Martignv, dès
Les publications scientifiques du Valais sont les suivantes :
Walliser Monalschrifl fur vatcrl. Geschichte, 1862- 1865 ; Blalter aus der Walliser Geschichte, dès 1895 ; Walliser Jahrbuch, 1931 ; Mélanges d'histoire et d'archéologie de la Société helvétique de Saint- Maurice, 1897l'.MH ; Annales valaisannes, dès 1916, Petites annales valaisannes, dès 1926 ; Bulletin des travaux de la Sociélé Murithienne, dès 1862. — Voir L. Meyer : Die licriodischi'v lhitcksacli.cn im XIX. Jahrh., dans ZSS 1907. [L. Mr.]
VALAIS
wcMi
Monnaies valaisannes.
1 Teston de Jost de Silenen, s. d. — 2. Teston de Mathieu Schiner. s. d. — 3. Demi-teston de Mathieu .Schiner, s. d. — 4. Taie.- de Philippe de Platea, 1528. — 5. 12 creuzers de François-Frédéric Ambuel 1777. - 6. Batz de François-Jos Supersaxo. 1722 — 7. Taie, de Mathieu Schiner, 1501. - 5. Funfer de Philippe de Platea. s. d. t. Creuzer de Hildebrand de F
ten, s. d. — 10. Triens d'or de Sion. s. d. rice, s. d. — 13. Teston de la République,
11 Demi-creuzer d'Adrien V de Riedmatten. 1685. — 12. Triens d'or de Saint-Mau- 1628.— 14. Demi-batz de la République, 1628. — 15. Triens d'or de Saint-Maurice, s. d.
VALAIS
VALANGIN
Y . Monnaies. Au moyen âge, deux ateliers monétaires existaient au Valais. A Sion, les Mérovingiens ont frappé au VIIe s. des triens d'or portant au droit un buste diadème avec une légende : Snlnnis fit ou Sedunis civetate, Seduni civ., Seduninsivm. civitate ; le rev ers porte une croix latine ou grecque. Quelques noms de monnayeurs sonl connus : Aetius (Agetius), Ansebertus, Betto, Gratus, l'elorcinus, Laicus, Mundericus. De l'atelier de Saint-Maurice sont aussi sortis des triens d'or donl la légende du droit est Acauno Mo (nasterio) el celle du revers In honore Sci Maurici Marti fris). Sur d'autres pièces on lit Dagoberto ou Sci Maurici, ou Acauno fit. Les noms des monnayeurs sont : Romanos Vlunitarius, Acaunensis, Bertemindus ou Nicassio Munitario. I ne pièce rare un Quadrans ou quart de sol, mirait aussi été frappé à Saint-Maurice (Burri : ( n quadrans inédit d'Agaune, dans /f.S'.Y 1891). L'atelier de Saint-Maurice a encore été utilisé sous les Francs, les Carolingiens et les comtes de Savoie jusqu'au XIIIe s, Les deniers émis ont donné naissance à la livre ma uriçoise.
Le premier évêque ((m ail frappé monnaie est Walter Supersaxo. En 1479, il émit des deniers, des quarts de gros el des plapparts. Ils portent au droit les armes de sa famille avec la légende : Waltherus Eps. Sedun; au revers, un grand W ou une croix grecque. Légende : Prœfectus et cornes Vatlesise. Douze de ses successeurs battirent également monnaie. Ce sont Jost de Silenen ; Nicolas Schiner, qui frappa les premiers talers ; Mathieu Schiner, dont on connaît trois sortes de talers. Il utilisa la légende : Soli Deo gloria, employée dès lors ; Philippe II de Platea, qui l'ut le dernier à émettre des talers : Adrien I de Riedmatten, auquel on doit les premiers batz ; Jean Jordan ; Hildeprand I de Riedmatten ; Hildebrand 11 Jos1 : Adrien III de Riedmatten; Adrien V de Riedmatten : François-Joseph Supersaxo ; François-Joseph-Frédéric Ambuel.
Nicolas Schiner, le premier, lit graver IVIligie de saint Théodulc sur les pièces valaisannes. En 1628, la république émit des creuzers, des gros, îles batz et testons. Au lieu de l'écu épiscopal, ces pièces portent les armoiries du Valais et la légende : Mon. Beip Vallèsix. Au revers, l'image de sainl Théodule, ou une croix grecque ou une aigle bicéphale. Après la république, le type des monnaies ne varie plus : au droit les armes épiscopales, m revers les sept étoiles surmontées de l'aigle bicéphale.
La dernière monnaie valaisanne, un batz, a été frappée en 1778. Le Valais ayanl obtenu son autonomie en 1802 et.
par là. acquis la régale monétaire, tenta
de reprendre l'émission de monnaies. En 1804, il fut décidé de frapper pour 100 000 fr. de batz, demi-batz el creuzers. Le droit devait porter les armes du pays, la date ei la valeur, avec la légende Resp. Vallesiœ ; au revers, une croix el : in manu Domini nos. Mais cette décision n'eui p;is de suite.
Voir M. de Palézieux du Pan : Numismatique de l'évêchi de Sion, — d'Angreville : Numismatique calitisann.c, époque mérovingienne, dans MIG VIII e1 X.
— A. Ladé : Les deniers mauriçois dans BSN IX. -- M. Hesson : Antiquités du Valais, Fribourg 1010. — L. Coraggioni : Munzgeschichte der Schweiz. — Archives d'État Sion. [L. Mr.]
Bibliographie générale. J. Gremaud :
Documents relatifs à l'histoire du Valais, dans MDR 29-33, 37-39. — Le même :
dm rtes sèdunoises, dans MDR 18. — P.
liourban : Memoriihilium rerum qun'dam monumenta ab auiu* Kilo ad 1642 (Chronique G. Berody). — Jos. Simler : De Vaïlesia sive Descriptions Vallesix libri du:}, 1574. — F. de Gingins-La Sarraz : Développement <lt l'indépendance du Haut-Valais et conquête du Bas- Valais, dans Arch. SG II, III. — P. S. Furrer : Gesch- Statistik u. I rkundensammlung ûber II allis. — J.Heierli el W. (Echsli : I rgeschichte des Wullis. — B. Rameau :
Le Valais historique. Châteaux et Seigneuries. — M. Besson : Monasterium Acaunense W. Perrig : Die
Finanzgesetzgebung der Republik Wallis 1802-1810. — A. Biichi : Korrcspondcnzeu. n. Aklen zur t'.esch. des Kardinals Matth. Schiner, dans QSG. — Le même : Kardiual Matthxus Schiner I. — J. Kampfen : Die Freiheitskâmpfe der Oberwalliser in den Jahren 1798 u. 1799. — D. Imesch : Die Kàmpfe der Walliser gegen die I ■ runzosen in den Jahren 1798/1799. — S. Grùter : Der Anteil der kath. u. prot. Orte der Eidgenossenschafl an di n relig. u. pol. Kampfen im Wallis wdhrend der Jahre 1600- 1613. — L. Courthion : Le peu pic valaisan. — Le même : Le Valais. — J. Bertrand : Le Valais. Étude sur son. développement intellectuel à travers les âges. — E. Tamini et P. Delèze : Essai d'histoire de la vallée d'Illiez. — W. Hauser : Die Kirchen des Saastales im Wallis mit besonderer Berùcksichtigung der Pfarrkirche von Saas- Talen. — F. -G. Stebler : Das Hum* n. die Gomser. — Le même : Ob den Heidenreben. — Le même : Lôtschberg. — Le même : Sonnige Halden am Lôtschberg. — H.u.K. Anneler : Lôtschen. Landes- und Volkskunde des Lôtschentales. -- J.-E. d'Angreville et A. de Mandrot : Armoriai hist. du Valais — Voir aussi la bibliographie qui se trouve à la tin de plusieurs chapitres. [L. Mr.]
VALANGIN (C. Neuchâtel, D. Val-de-Ruz. X.DGS). Yge et Com., château, ancienne seigneurie et mairie. Armoiries : celles des seigneurs de Valangin : de gueides au pal d'or chargé de trois chevrons de sable. Une branche de la maison de Neuchâtel, les comtes d'Aarberg, entra en possession, au XIIIe s., de la seigneurie de Valangin, dont elle prit le nom (v. art. Aarberg, Comtes d'). La seigneurie fui réunie en 1592 au comté de Neuchâtel, dont elle suivit, dès lors les destinées (voir art. NEUCHATEL).
Le château, qui a donné son nom et servait de résidence aux seigneurs de Valangin, a été construit à une époque encore inconnue. Il fut remis par eux, en 1297, :.i l'évêque de Bâle, qui, en 1300, l'inféoda aux comtes de Montbéliard. Ceux-ci le cédèrent en 1335, dans un échange, à Louis, futur comte de Neuchâtel. Un châtelain y est signalé en 1346. Lorsque Valangin eut été réuni à Neuchâtel, le château servit de prisons jusqu'au milieu du XIXe s. Il subit des réparations importantes
Le château de Valangin vers 1785. D'après une aquarelle de li.-A. (au château de Valangin).
Dunker
en 1430, brûla le 13 juin 17'i7 el fut réédifié en 1772. L'État de Neuchâtel, cpn en devint propriétaire en 1848.
le nul en IN'.l'i ;'i l;i disposition de l;i Société d'histoire el
d'archéologie, à charge pour elle de le meubler, Un petil musée y a élé installé.
30 VALANGIN (BOURGEOISIE DE)
VALENDAS
Le bourg s'est développé au pied du château ; il faisait partie du fief castrai, et c'est à ce titre que Louis de Neuchàtel lui concéda deux foires en 1356. Valangin était le siège du tribunal criminel, unique pour toute la seigneurie ; du tribunal civil de la mairie, des Trois-États de Valangin et du consistoire seigneurial. Au spirituel, il dépendit d'abord d'Engollon, puis, en 1505, Claude d'Arberg construisit une église qui fut inaugurée l'année suivante. C'était une collégiale, consacrée à saint Pierre, avec un prévôt et 6 chanoines. En 1530, Farel vint prêcher la Réforme à Valangin, et en 1531 les bourgeois mirent à sac la collégiale. Depuis 1563, Valangin forme une paroisse avec Boudevilliers. L'église a été restaurée en 1840 et 1908-1909. Registres de baptêmes et de mariages dès 1696. de décès dès 1781. Population : 1930. 453 hab. — Matile. — G. -A. Matile : Hist de la seigneurie de Valangin. — E. Quartier-la-Tente : Le c. de Neuchàtel, IVe série. — Paul Vuille : Le sac de la collégiale de Valangin en 1531, dans MN 1915. — L. Thévenaz : L> château de Valangin, dans MN 1926. — D.-G. Huguenin : Châteaux iicucluitelois. — [S. de Chambrier] : Description de la mairie de Valangin. — Georges Quinche : Promenades autour de Valangin (mns. aux Archives de l'État). [L. M.]
VALANGIN (BOURGEOISIE DE). Dans l'échelle des conditions sociales de la seigneurie de Valangin, les bourgeois étaient les plus favorisés. Au début étaient seuls bourgeois ceux qui possédaient maison à Valangin et y habitaient. En 1362, la condition de bourgeois fut accordée à diverses familles du Valde-Ruz, qui avaient l'obligation de posséder maison au bourg, mais non celle d'y habiter. En 1502. 37 personnes du Locle et de La Sagne obtinrent la même faveur, mais il n'était plus question d'avoir maison à Valangin. Dès lors, et jusqu'en 1848, la qualité de bourgeois fut concédée, moyennant finance le plus souvent, à des sujets de Valangin et même de Neuchàtel. Elle était accordée par le souverain, soit le seigneur de Valangin, plus lard le prince de Neuchàtel. Outre les communes de la seigneurie, celles de La Brévine, de La Chaux-du-Milieu et des Ponts-de-Martel suivaient également la bannière de la bourgeoisie. Les couleurs de celle-ci étaient bleu et rouge. Le sceau portait les armes des anciens seigneurs : de gueules au pal d'or chargé de 3 chevrons de sable. En 1352, le seigneur de Valangin créa la charge de banneret pour être à la tête de ses troupes. C'est de là peut-être que date l'organisation des bourgeois ; en 1374, ils ont des receveurs et à la fin du XVe s. deux maîtres bourgeois : un pour le bourg, un pour le Val-de-Ruz. A partir de 1687, un troisième maître bourgeois fut choisi aux Montagnes. Ils étaient assisté d'un Conseil dont le nombre varia, 27 membres au XIXe s. Les bourgeois se réunissaient tous les 3 ans à Valangin en assemblée générale, sorte de landsgemein.de, qui désignait les maîtres bourgeois. Ils avaient reçu une grande franchise en 1407 et passèrent un traité de combourgeoisie avec Berne en 1475.
La bourgeoisie était un organisme politique qui ne comprenait que les bourgeois qui avaient été incorporés. Elle était une démocratie dans l'État. Elle possédait de nombreux privilèges, entre autres celui de faire des « remontrances » contre les mesures et ordonnances du gouvernement. Elle soumettait les lois et mandements au suffrage du peuple dans les communes. Tout au cours de son histoire, elle a joué un rôle considérable dans le pays de Neuchàtel. Jalouse de défendre les droits et les privilèges de ses membres, elle a été de tradition conservatrice. En 1831, elle parut tout d'abord se mettre à la tête du mouvement libéral, puis, lorsque Bourquin se fut emparé du château de Neuchàtel, le 13 septembre, elle fit appel à ses fidèles pour défendre le gouvernement. Un « camp de Valangin » se constitua jusqu'à la fin du mois; il compta jusqu'à 20G0 hommes. \ ( . 1 1 • s la révolution de 1848, la bourgeoisie tint encore une assemblée générale en 1849 et 1852. La dernière fit voir le danger qu'il y avait pour la République à tolérer un corps politique resté fidèle à l'ancien régime. Un décret du 30 juill. 1852 abolit la bourgeoisie de Valangin. Sa fortune fut répartie aux communes suivant la bannière de la bourgeoisie au prorata du nombre des
bourgeois inscrits au rôle dressé en 1836. Il y en avait alors 7999. Il fut interdit aux bourgeois de se réunir et de porter leur titre. Les archives de la bourgeoisie ont été versées aux Archives de l'État. — L. Vivien : La bourgeoisie de Valangin. — L. Montandon : Les premiers bourgeois de Valangin, dans MN 1918. — A. Piaget : Hist. de la Révol. neuch. III, p. 123. — J. Jeanjaquet : Traités d'alliances et de combourgeoisies. [L. M.]
VALANGIN, de. Dans l'obituaire de Fontaine-André (Neuchàtel) on trouve la mention d'un Renaud. dominas de Valangin, et de son fils Guillaumk. Le premier est encore mentionné dans un acte du milieu du XIIe s. On n'a pas d'autres renseignements sur ces personnages, qui furent peut-être les premiers seigneurs de Valangin, avant que cette terre ait passé à la maison de Neuchàtel. — Matile. [L. M.]
VALCAVA (C. Grisons, D. et Cercle Mûnstertal. V. DGS). Com. et Vge paroissial. Valcava est peut-être le nom primitif de la partie supérieure de la vallée du Rambach, dont la partie inférieure portait probablement le nom de Val Tuberis. Valcava formait à l'origine une communauté avec Cierfs, Fuldera et Lû-Lusai, avec lesquels les forêts et les alpages étaient communs. Ces localités constituaient le tiers intérieur, formant avec les deux tiers extérieurs de Santa-Maria, Munster et Taufers, la demi-haute juridiction d'Ob-Calven (Sur Chala Vaina), possédant un tribunal civil particulier. Taufers ayant passé à l'Autriche au XVIIe s., la contrée forma en 1851 le district et cercle de Mûnstertal. Le 12 août 1556, les alpages furent partagés entre les communautés de la vallée ; le territoire situé entre Valcava et Fuldera ne fut exactement délimité que le 9 oct. 1788. Le 7 févr. 1861, les habitants du tiers inférieur décidèrent qu'ils pourraient se domicilier comme bourgeois dans toutes les localités du territoire. Valcava avait à entretenir, avec Santa-Maria et Munster, la route de l'Umbrail, dont de nombreuses parties étaient taillées dans le rocher, ainsi que la. route du Val San Giacomo di Fraela ; il existe à ce sujet des accords de 1740, 1771 et 1772. Au moyen âge, les seigneurs de Valcava étaient le couvent de Saint-Jean à Munster et le couvent de Marienberg. Coutumiers de 1322 et 1394. En 1418. Valcava possédait déjà sa propre église, consacrée à saint Martin, mais ce ne fut qu'en 1783 que le village se sépara de Santa-Maria. Vers 1536, il adhéra à la foi nouvelle. — Regesten von Valcava. — Albuin Thaler : Gesch. des Miinslertales, dans Kalhol. Pfarrblatt fur das Mûnstertal 1924-1929. - - P. Foira : Das biind. Mûnstertal. — A. Nûscheler : Golleshâuser. — Fort. Sprecher : Rhetische Chronica. [L. J.]
VALDANI, A.LESSANDRO, peintre, * à Chiasso 1712, f 1773, travailla à l'hôpital et dans l'église San Nazaro à Côme. dans le chœur de l'église du Carmel à Bergame. dans l'église de Villa-Coldrerio, à Coire, à Gironico (Italie), etc. Chevalier. — SKL. — G. Bianchi : Artisti ticinesi. — A. Oldelli : Dizionario. — G. Simona : Note ili arte antica. [c. T.]
VALDO. Voir Waldo.
VALENDAS (C. Grisons, D. Glenner, Cercle Ilanz. V. DGS). Vge paroissial et Com. Dans le testament de Tello en 766, déjà, il est fait mention d'un majorinus (juge et administrateur local) à Valendas.
a) Château et seigneurie. Depuis le XIIe s., les documents mentionnent un château et une famille noble de ce nom. Situé à la sortie du Safiental (au moyen âge. le chemin muletier conduisant à Safien passait par Valendas et Brun à cause de l'impossibilité de franchir PAclatobel), le château fut certainement construit vers le milieu du XIIIe s. par les barons de Vaz pour protéger Safien et pour servir de point d'attaque contre les châteaux épiscopaux de la Gruob (Kâstris, Schiedberg). Au XVIe s. le château fut abandonné : il n'est plus aujourd'hui qu'une ruine. Il formait le centre d'une seigneurie qui doit avoir compris les deux villages de Valendas e1 \ ersam, sans Sculms et, originairement, le village de Tenna qui faisait partie de la paroisse de Valendas. Par Ursule, fille de Donal von Vaz. Valendas fut transmis au comte Rudolf IV von Werdenberg-Sargans (Cod. dipl. II, ii° 255). En 1383, Johann I von Werdenberg vendit Safien à son beau-frère Ulrich Brun de