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ZOOLOGIE EN SUISSE (HISTOIRE DE LA

Dans les premiers siècles qui marquent, le réveil de l'esprit scientifique, l'observation et la description de la nature ont été l'apanage de quelques érudits, médecins ou philosophes le plus souvent. Malgré la part très large qui y est faite à la fantaisie et à la superstition et malgré l'absence de toute conception systématique, l'ouvrage sur les vertébrés du Zuricois Conrad Gesner (1516-1565), paru en quatre volumes, de 1551 à 1558, est considéré comme point de départ de la science zoologique en pays de langue allemande. A plus d'un siècle de distance, un autre Zuricois, J.-J. Wagner, donne dans son opuscule Historia naturalis Helvetiœ curiosa (1680) un aperçu concis de la faune de la Suisse, telle qu'il la connaissait, en désignant souvent les animaux par un nom générique et un nom spécifique, procédé que' Linné généralisa plus d'un demi-siècle plus tard. Ce petit livre porte encore la marque de son époque ; il admet en effet, comme l'avait fait Gesner, l'existence de dragons ailés et non ailés. En revanche, les écrits de deux médecins zuricois du XVIIIe s., émules de Linné e1 de Fabricius, marquent un progrès réel du sens critique et indiquent l'acheminement vers la spécialisation. Les ouvrages classiques de J.-G. Fuessli : Archiv der Insektengeschichte (1781-1786) et Magazin fur die Liebhaber der Entomologie (1778 et 1779) peuvent être considérés comme le prototype du périodique zoologique. G. Sulzer, auteur de Kennzeichen der Insekten (1761) el Abgekùrzte Geschichte der Insekten nachdem Linnaeischen System (1776), complète l'œuvre de Linné pour l'embranchement des arthropodes, en l'illustrant de plane lies coloriées qui pourraient de nos jours encore servir de mo-

dèles par la beauté et l'exactitude de leur exécul ion . Suivant des voies plus personnelles, L. Jurine, à Genève, donne dans sa Nouvelle méthode de classer les Hyménoptères, t. X (1807), parle texte et par l'image, l'exemple d'une classification rationnelle. Son Histoire des Monocles qui habitent les environs de Genève (1820) met en évidence la richesse animale de nos eaux douces, tout en faisant faire un grand pas à la connaissance morphologique et biologique des petits crustacés. Revenant au XVIIIe s., nous constatons chez les naturalistes genevois une prédilection pour l'observation des mœurs deinsectes. Le philosophe Ch. Bonnet, auteur d'un Traité d' Insectologie (1745), est resté célèbre par la découverte de la parthénogenèse des pucerons. Égalant comme lui en sagacité et persévérance leur maître commun, Réaumur, les Genevois Huber, père et fils, posent les fondements de notre connaissance de la vie sociale des insectes. Les Nouvelles Observations sur les abeilles (1789 et 1810) de l'aveugle François Huber, qui guidait et interprétait les observations faites par son domestique « sont restées le trésor abondant et sûr où vont puiser tous les apidologues » (Maeterlinck). Pierre Huber publie en 1810 les Recherches sur les fourmis dont il découvre les mœurs sociales les plus étonnantes et tout particulièrement les expéditions guerrières. Ce champ d'investigations connaîtra plus tard un chef de file sur les bords du Léman même.

Le grand essor que prit la zoologie en Suisse pendant le XIXe s. ne peut être compris qu'en rapport avec l'évolution politique et intellectuelle du pays et les courants universels de la pensée. La restauration accomplie, un réveil général du sentiment public se manifeste dans tout le pays. L'enseignement des sciencesest introduit dans les vieilles académies et les universités nouvellement fondées ; celui de la zoologie sera bientôt confié à des zoologistes de carrière et suscitera. dès lors des vocations. Comme les instituts de zoologie, les associations de naturalistes tendent, elles aussi, à l'organisation et à la direction des recherches. Grâce au groupement des naturalistes en « écoles » et sociétés, la recherche collective vient s'ajouter à la recherche individuelle dans une rivalité de bon aloi qui assurera à l'exploration zoologique du pays, sinon une continuité absolue, au moins une suite indéniable dans son orientation et ses méthodes. L'exploration du pays, tel était bien le but principal des nombreuses sociétés cantonales de naturalistes qui vinrent se grouper autour de la Société helvétique des sciences naturelles, fondée à Genève en 1815. A peine en marche, la Société helvétique fait paraître ses Mémoires et puis, dès 1837, ses Nouveaux Mémoires qui en sont actuellement à leur 67e volume. On a recours à eux, ainsi qu'aux Actes de la Société pour faire la part de la zoologie dans l'œuvre commune. C'est sous l'égide de la Société helvétique que H.-B. Schinz (1771-1861) donna le premier élan à la publication d'une Fauna helvetica en faisant paraître, en 1837, son Verzeichnis aller in der Schweiz lebender Wirbeltiere, qui fut suivi du grand catalogue des coléoptères d'Oswald Heer (1809-1883) et de quelques autres. Le projet était prématuré et l'œuvre resta très incomplète i mais elle fui reprise plus tard sous des formes diverses. Parmi les travaux entomologiques d'ordre général de cette époque, il convient de citer ceux de F.-J. Pictet (1809-1873) sur les phryganides et surtout son Histoire naturelle générale et particulière des neuroptères (1841-1845), le premier jalon important pour la connaissance de cet ordre d'insectes. En attendant, une orientation nouvelle de la recherche se dessina. L. Agassiz et Cari Vogt ouvrirent à l'anatomie comparée la porte de nos instituts universitaires, en même temps que le livre populaire de Fr. von Tschudi, Das Tierleben der Alpenwelt, 1853, par le pittoresque de son style comme par les faits qu'il rapporte, répandait dans le public l'intérêt pour la vie des animaux. Mais d'une manière générale, la période de 1825 à 1860 est une période de stagnation pour la recherche zoologique. L'impulsion nouvelle vint du dehors. Les idées transformistes trouvèrent auprès des zoologi-ir- suisses un accueil enthousiaste, et le désir d'établir dans les domaines de la morphologie, de l'anatomie, de la répartition géo-

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graphique ou de L'embryologie, les étapes d'une succession ininterrompue devint le leitmotive de toute la recherche. Nos anatomistes de la seconde moitié du Merle, les C. Vogt (1817-1895), E. Yung (1854-1918), A. Lang (1855-1914), Ed. Claparède (1832-1871), Th. Studer (1845-1922), 11. Blanc (1859-1930), R. Burckhardt (1866-1908); les embryologistes H. Fol (1845- 1892), E. Beraneck (1859-1920), furent tous des évolutionnistes convaincus. A la base de la grande œuvre systématique de H. de Saussure (1829-1905) sur les hyménoptères ci orthoptères, de P. de Loriot (1828-1908) sur les échinodermes et de celle de Th. Studer sur les coraux se trouve la pensée transformiste,. C'est dans l'esprit Lamarckien que E. Yung et son école recherchèrent l'action des facteurs physico-chimiques sur Panatomie des animaux, que Standfus, E. Fischer et Arnold Pictet déterminèrent l'effet de la nourriture et de la température sur le dessin des papillons. Citons dans cet ordre d'idées une étude très récente de J. Piaget, sur l'adaptation de la limnée aux milieux lacustres, où l'auteur, sans revenir au Lamarckisme primitif, se refuse à voir dans les mutations le seul facteur d'évolution et fait intervenir le temps et la réaction animale pour faire le pont entre les effets du milieu et la lixation héréditaire du type.

De descriptive qu'elle était jusqu'alors, la zoologie devint dans la période postdarwinienne une science comparative et historique.

EHe fit comme telle ses preuves dans le concours qu'elle prêta à la préhistoire en précisant les caractères anatomiques des animaux domestiques des palafittes, découvertes en 1854. Les ossemenls fournis par les fouilles lacustres permirent à L. Rùtimeyer (1825-1895) d'établir déjà en 1862, dans ses grandes lignes, la composition de la faune domestique des stations lacusiics suisses. Son ouvrage fondamental, Die Fauna der Pfahlbauten, devint le point de départ d'une histoire des races bovines, des porcs, des chevaux et des cerfs, et la base d'une œuvre classique sur l'ostéologie et l'odontographie des ongulés. A Bâle même, l'étude de l'évolution des mammifères est poursuivie par H. -G. Stehlin sur une documentation fossile beaucoup plus étendue. Th. Studer, à Berne, qui fut le continuateur direct de Rùtimeyer, étudia les ossements provenant du lac de Bienne (Die Tierwelt in den Pfahlbauten des Bielersees, 1883), fit compléter par ses élèves l'histoire des races du bétail et publia enfin, en 1901, son ouvrage classique : Die prâhistorischen Ilunde in ihren Deziehungen zu den gegenwârtigen Rassen. A Berne, la tradition est suivie par U. Duerst qui précise les méthodes des recherches zootechniques, tandis que l'étude des ossements lacustres est continuée à Zurich par K. Hescheler et ses élèves et à Genève par L. Reverdin et P. Revilliod. Les fouilles pratiquées par P. Vouga et L. Reverdin sur les grèves stratigraphiées de Saint- Aubin et d'Auvernier semblent ouvrir une ère nouvelle dans ce domaine. Au sujet de l'origine de nos races domestiques, il convient de citer l'œuvre de C. Keller qui prit sur plus d'un point la contre-partie des précédents (voir Geschichte der schweiz. Haustierwelt, 1919). Ses méthodes sont adoptées par II. Kràmer, donl l'étude sur les fouilles de Vindonissa, 1900, de la période romaine, combla une grande lacune entre la documentation lacustre et celle de l'époque actuelle.

Vers la fin du siècle passé, les zoologistes suisses furent appelés à étudier les ossements d'animaux sauvages trouvés dans les cavernes préhistoriques de Schaffhouse, fouillées par J. Nûesch (voir Denkschr. d. schweiz. naturf. Ges., t. 35, 39, 43), dans celles de la vallée de la Birse, explorées par F. Sarasin (ibidem, t. 54) ; enfin dans les deux plus anciennes, celles du Wildkirchli (Baechler, dans ASN 1906) et de Cotencher (Aug. Dubois et II. -G. Stehlin, dans Mem. Soc. paléont. Suisse, t. 52), où dominait, l'ours des cavernes. Ils réussirent à reconstituer la faune sauvage des mammifères et oiseaux contemporaine de l'homme troglodyte et à suivre ses I r;i n-l'oi im,i I nui- successives depuis l'interglaciaire de Wildkirchli jusqu'à nos jours. Du tableau qu'ils en firent jaillit, une lumière très vive sur les changements du climat à travers les âges. Les chevilles ou-

\ i ières de ce1 1 livre si importante furent, à ses débuts.

Rùtimeyer (1874), plus tard Th. Studer, V. Fatio, K. Hescheler, E. Baechler et II. -G. Stehlin.

A la lumière des faits révélés par les recherches génétiques, la connaissance exacte de la faune suisse de l'époque actuelle prend une signification et une importance nouvelles. Dès 1870 et surtout depuis 1896, les recherches faunistiques sont poursuivies sans interruption. Elles partent tantôt d'un groupe systématique déterminé, tantôt d'un milieu bien caractérisé. L'idée d'une Fauna helvetica est reprise par Victor Fatio (1838-1906) pour les vertébrés et. mené j bien par ses propres forces. Dans son grand traité: Faune des vertébrés de la Suisse, 6 vol., de 1869 à L890, il consacre à chacune de nos espèces de vertébrés une monographie descriptive, biologique et géographique, basée en grande partie sur ses propres recherches. En collaboration avec Th. Studer, il organise les observations ornithologiques dans tout le pays, pour les condenser, à partir de 1889, dans le grand Catalogue des oiseaux de la Suisse. La rédaction du catalogue fut confiée, à partir de la Ve livraison, à G. von Burg et passa enfin, avec la XVe livraison, à W. Knopfli. Dans cet ordre d'idées, il convient de citer l'ouvrage de K. Bretscher : Der Vogelzug in Mitteleuropa, 1920. Les nombreuses observations faites par nos ornithologistes sont publiées dans trois périodiques : Der Ornithologische Beobachter, dès 1902 ; Nos Oiseaux, dès 1913 ; Archives suisses d'ornithologie, dès 1933. Les vertébrés de la Suisse dans leur ensemble firent l'objet d'un traité de E.-A. Gœldi : Die Tierwelt der Schvjeiz in Gegenwart und Vergangenheit, t. 1. W'irbeltiere, 1914, qui met l'accent sur la distribution et la genèse de la faune actuelle. L'étude de nos poissons, à laquelle s'étaient déjà consacrés plus spécialement Hartmann (Helvetische Ichtyologie, 1827), G. Lunel (1874) et V. Fatio (1882 et 1890), se confond dès lors de plus en plus avec les recherches hydrobiologiques (Asper et. Heuscher, P. Steinmann) et, parasitologiques : (Zschokke, Fuhrmann, Surbeck, André). C'est en bonne partie à cet apparentement des disciplines qu'est due l'orientation scientifique de la Société suisse de Pèche et de Pisciculture et de ses organes la Schweizerische Fischerei-Zeitung, sous la direction de G. Surbeck, et le Bulletin suisse de Pêche et Pisciculture, rédigé par O. Fuhrmann et P. Vouga. La création de l'Inspectorat fédéral de la pèche témoigne de l'intérêt que prennent les autorités au développement de cette branche. Par l'iihl hyologie nous touchons à un domaine dans lequel la Suisse a devancé ses voisins, l'exploration zoologique des lacs, dont F. -A. Forel (1841-1919) fut le pionnier. En précisant les notions fondamentales, les méthodes et la nature géophysique du milieu, dans ses ouvrages : La faune profonde des lacs suisses, 1885, et Le Léman (3 vol. 1892 à 1904), Forel ouvrit la voie à d'innombrables travaux sur la faune des lacs suisses. Ses méthodes furent appliquées aux lacs moyens et petits du Plateau, à ceux du Jura et des Hautes-Alpes. Les mémoires de F. Zschokke : Die Tierwelt der Hochgebirgsseen, 1900, et Die Tiffsee fauna der Seen Mittcleuropas, 1911, marquent des étapes dans le progrès rapide de la biologie lacustre et l'ont ressortir la part, du mérite qui revient à chacun de ses nombreux artisans. L'exploration des lacs continue encore par ordre écologique ou systématique. Entre temps, les premiers jalons furent posés pour la connaissance des faunes des mares du Jura, du Rhin, des torrents, des sources et des eaux souterraines. L'étude de la faune terrestre ayant progressé dans la même mesure, rémunération des travaux consacrés à nos invertébrés depuis cinquante ans sous forme de monographies régionales ou systématiques remplirait des feuillets. On les trouve cités dans l'œuvre collective et synthétique que publie le Muséum de Genève, depuis 1908, sous le titre Catalogue des invertébrés de la Suisse et dont 18 fascicules ou volumes ont déjà vu le jour. Cet ouvrage ne comprend pas les insectes. La Société entomologique suisse, fondée en 1858, entreprit, ellemême la publication d'une Fauna insectorum Helvetiœ. qui suit son cours, et celle d'un bulletin : Mitteilungen der Schweiz. entomol. Gesellschaft, qui, avec les publications locales de Genève et Zurich, réunit la plupart

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des études relath es à noire faune des insectes. La Fauna insectorum a (''lé complétée par deux ouvrages importants de K. Vorbrodt et Muller-Rutz : Die Schmetterlinge der Sçhweiz (2 vol. 1911 et 1914) et H. Fruhstorfer : Die Orihopteren der Schweiz, 1921. Partant d'études sur notre faune indigène : Les fourmis de la Suisse (1874), Aug. Forel devint le maître incontesté de la myrmécologie systématique, biologique, psychologique i'l géographique. Fr. Ris s'acquit une réputation mondiale dans l'étude des libellules. L'œuvre utilitaire des entomologistes suisses a été considérable. Ils ont contribué à la lutte contre les insectes nuisibles aux arbres fruitiers (Hegetschweiler, 1833), organisé la statistique et la destruction des hannetons (Heer 1841-1843, Décoppet 1920), dirigé la lutte contre le phylloxéra sur une base scientifique (V. Fatio de 1874 à 1881), étudie la biologie des insectes ravageurs des forêts (Aug. Barbey, C. Keller, H. Thomann), enfin engagé la guerre contre les mouches et les moustiques (E.-A. Gœldi, Galli-Valerio). Cet aspect de l'entomologie a reçu une consécration officielle par la création de chaires d'entomologie à Zurich et Bâle, d'un institut entomologique à l'École polytechnique et de stations d'essais fédérales et cantonales (nombreux travaux de H. Faes, O. Schneider-Orelli, etc.). La parasitologie animale n'a cessé depuis Cari Vogt d'occuper nos instituts universitaires, ceux de Bâle et de Neuchâtel en particulier. La découverte si longtemps attendue du premier hôte intermédiaire du Bothriocéphale de l'homme a été réalisée par F. Rosen et C. Janicki, en 1917.

Les faits récoltés durant cinquante années de recherches faunistiques en Suisse ont donné lieu à des synthèses de grand intérêt. Malgré l'absence de documents fossiles pour les invertébrés, Zschokke a réussi, en transposant dans ce domaine certaines notions acquises pour les vertébrés et en utilisant les données de la faunistique comparée et de l'écologie à établir les rapports de notre faune avec celle de l'époque glaciaire et à montrer les phases et les voies de son développement postglaciaire.

La Société helvétique n'a cessé d'encourager l'exploration zoologique. Elle a couronné, de 1865 à 1922, sept mémoires faunistiques; elle surveille l'étude de la faune du Parc national qui a déjà fait l'objet de cinq mémoires et enfin elle a attribué à quatre zoologistes la bourse fédérale pour voyages scientifiques. A côté d'elle, la Société zoologique suisse, fondée en 1894, encourage la recherche zoologique par des prix et des subsides. Le programme général qu'elle a établi pour l'étude de la faune altitudinaire a suscité deux mémoires importants (E. Baebler, 1910, et Ed. Handschin, 1919). Son intervention valut des subsides fédéraux annuels au Conciliurn bibliographicum (dirigé par H. Field, actuellement par J. Strohl) ainsi qu'à la Revue suisse de zoologie, fondée par M. Bedot en 1893, organe officiel de la société depuis 1906. La revue, par la variété de ses articles, témoigne du changement d'orientation survenu dans l'activité des instituts zoologiques universitaires. Ceuxci se consacrent de plus en plus aux grands problèmes de la vie (hérédité, évolution, sexualité, greffe, régénération), que la découverte des lois de Mendel, en 1900, a de nouveau mis au premier plan. Par leur nature très complexe, ces études nécessitent une collaboration dirigée et une suite rigoureuse dans la recherche, ainsi que des installations coûteuses en vue de l'expérimentation. Les résultats obtenus dans ce domaine à Zurich par A. Lang, à Genève par E. Guyénot et son école, à Berne par F. Baltzer et ses élèves, et la perspective de leur application ont valu à ces recherches la munificence des autorités et des particuliers. Les nouveaux laboratoires zoologiques de Berne et l'Institut de zoologie expérimentale que Genève vient d'inaugurer avec l'aide de la Fondation Rockfeller promettent à la zoologie suisse un brillant .avenir dans le domaine de la biologie générale.

Pour être un petit pays, sans côtes et sans colonies, la Suisse a donné un nombre remarquable d'explorateurs de la faune marine : C. Vogt, Ed. Claparède, H. Foll, C. Keller, A. Lang, Fr. Baltzer, A. Naef (Méditerranée), P. et F. Sarasin (côtes de Ceylan), M. Bedot et C. l'iciet (baie d'Amboine), Th. Studer (Océans indien et antarctique).

Plus nombreux encore ont été les explorateurs des faunes terrestres exotiques depuis le voyage au Surin;! ni de Maria Sybilla Merian (1699-1701). Citons pour l'Amérique : Rengger (Paraguay, 1819-1825), J.-J. von Tschudi (Pérou, 1844-1846), H. de Saussure (Mexique et Antilles 1854-1855), E.-A. Goeldi (Brésil, 1893- 1900), O. Fuhrmann (Colombie, 1910), O. Stoll (Guatemala, 1878-1883). A l'exploration zoologique de l'Afrique ont contribué : J. Bûttikofer et W. Volz (Libéria), (',. Keller (Somali), J. Cari (Afrique centrale), A. Monard (Angola). Dans la région indo-australienne, P. et F. Sarasin ont consacré des années à l'exploration zoologique de Ceylan et de Célèbes, F. Sarasin et J. Roux à celle de la Nouvelle Calédonie. J. Cari et K. Escher explorèrent les massifs de l'Inde méridionale. Citons encore les contributions d'Al. Ilumbert pour Ceylan, W. Morton pour Ceylan et Sumatra, W. Volz pour Sumatra. E. Handschin pour Java et le Nord de l'Australie. Enfin, c'est à Th. Studer que revient la plus grande part dans l'exploration des Iles Kerguelen, dans l'Océan antarctique.

Collections zoologiques. Grâce aux recherches sur les faunes indigènes et exotiques, la Suisse possède des collections zoologiques aussi riches que variées. A l'exception de celles de Zurich, elles se trouvent réunies avec les collections géologiques et minéralogiques dans nos Musées d'histoire naturelle. Ils sont presque tous issus des « cabinets de curiosités naturelles » du XVIIIe s. et se sont développés suivant les besoins et les traditions de nos villes, mais en progressant vers une conception scientifique de leur organisation et en s'adaptant de plus en plus à leur triple but : 1. être les dépositaires des collections documentaires ayant servi ou devant servir à des ouvrages classiques ; 2. servir à l'enseignement de la zoologie à tous les degrés et pour cela tenir compte du principe didactique non milita sed multum ; 3. Contribuer à l'instruction du public en général. Sous ce rapport, les musées de nos petites villes ont souvent donné l'exemple, en présentant les animaux non plus dans l'ordre systématique en séries monotones, mais sous forme de préparations dioramiques, comme on les voit à Saint-Gall, à Aarau et au Musée régional de

I renève.

Jardins zoologiques. A côté des musées, les jardins zoologiques contribuent pour une large part à éveiller dans le public l'intérêt pour le règne animal et le goûl de l'observation. Grâce à la libéralité de particuliers, le jardin zoologique de Bâle, ouvert en 1874, a pu se maintenir à travers plusieurs crises et progresser jusqu'à nos jours. Celui de Zurich, de date plus récente, est dû, lui aussi, à l'initiative privée. [J. Carl.]

Bibliographie. Voir Bibliographie nationale suisse, fasc. IV, 6. Fauna helvetica.

ZOPFI. Vieille famille glaronnaise, bourgeoise de Schwanden et de Miihlehorn. Armoiries : d'azur à trois plumes d'autruche d'argent mouvant de 3 coupeaux de sinople. — I. Famille de Schwanden ; elle a donné des ecclésiastiques, des conseillers, des maîtres bateliers et autres fonctionnaires.

— 1. Esajas, 1745-1812, administrateur d'église, conseiller, juge au tribunal des Cinq et à la cour d'appel, préfet sous la République helvétique, bailli de Baden 1788 ; médecin et philanthrope. — 2. JOACHIM, * 1771.

f après 1806, inspecteur général des milices helvétiques et de l'élite du canton de la Linth 1799. — 3. JOACHIM, 25 nov. 1821 - 26 mai 1889, capitaine et conseiller, fonda en 1869 une filature et tisserie à Ranica près de Bergame. — 4. Melchior, 10 mars 1847-7 mars 1931, fondateur de la fabrique de chaux à Elggis dans le Netstal 1900. — II. Famille de Miihlehorn. — 1. Johann- Peter, 1685-1764, acquit en 1721 le droit de communier de Kerenzen ; conseiller 1725, capitaine à Wil 1730, du tribunal des Neuf 1735, bailli de Lugano 1742. — 2. Georg, 1721-1799, conseiller 1742, procureur, nommé bailli du val Maggia en 1797, il n'entra pas en fonction à cause de la révolution. — 3. Johann-Jakor. 1692-1750, du tribunal des Cinq,

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ZOUG

Landeshauplmann, Landammann du I lasli, où ses descendants se sont éteints. — M. Schiller : Gesch. des Landes Glarus. — JHGG III, p. 73,77 ; V, p. 59, 71 ; VI, p. 17 : VIII, p. 89; XI. p. 32; Wlll. p. 96; XXV, p. 84, 162. — LL. — LLH. — A. Jenny : Handel u. Industrie

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