II. — AS I. — P. Thiirer : Gem. Netstal, p
— Le même : Collectanea (mns.). — Œuvres généal. de J.-J. Kubli (mus). [P. Thurer.]
ZOPP. Famille uranaise du val d'Urseren, d'abord établie à Realp. actuellement bourgeoise d'Andermatt. Jakob, de la Léventine, t à Marignan 1515. — Johann- I i i ix, aumônier, f 1778, créa à Hospental un fonds pour un anniversaire et l'envoi de missions. La famille a fourni à la vallée d'Urseren un certain nombre de juges et conseillers. — Rentier du couvent de Seedorf 1678.
— KKZ 1857. — Wymann : Schlachtjahrzeit, p. 62. — Sbl. r. Uri 1917, p. 70. [Fr. Gislek.]
ZOPPI. Familles des cantons des Grisons et du Tessin.
A. Canton des Grisons. — Peter, de San Ait l oie. 1738-1789, prévôt de San Yittore 1768-1789, chanoine de Loire 1775. [J. S.]
B. Canton du Tessin. ZOPPI, ZOPPO. Famille d'Airolo et de Broglio, citée dans la Léventine au XVe siècle, dans le bailliage de Locarno en 1526, à Bellinzone en 1544. Jacob Zop, d'Airolo, t à Marignan 1515. — Giuseppe, Dr es-lettres, * à Broglio 12 sept. 1896, professeur au gymnase cantonal de Lugano 1919- 19-2 Y, aux écoles normales de Locarno 1924, dont il devint directeur en 19-28 ; professeur de littérature italienne à l'École polytechnique de Zurich dès 1933. Auteur de : La poesia di Francesco Chiesa, 1920 ; Pagine manzoniane 1921 ; //, libro dell'Alpe, 1922 ; La inivota hiiiniii. 1923; // lihrn dri aiali, 1924: Quando nvevo le ali, 1925 ; Leqtinidc del Ticino, traduites en français par 11. de Ziegler : \Hliliinsa, 1929. — AS I.
— L. Brentani : (Indice diplomatico ticinese IL — E. Wymann : Schlachtjahrzeit Uri. — DSC. — Jakob Zeller : Tessiner Zeitgenossen, dans Ber. d. Thurq. Kantonsschule 1931-1932.' [C. T.]
ZOPPO. Voir DlSCEPOLI.
ZOSSO. Famille fribourgeoise, reçue dans la bourgeoisie de Fribourg en 1438. En outre bourgeoise de neuf autres communes du canton. Armoiries : d'argent à trois poissons de gueules posés en pal, la tête en haut. A la branche de Heitenried appartient : — Pierre, qui entra dans l'Ordre des augustins sous le nom d Antoine, * 1806, prêtre 1831, sous-prieur du couvent de Fribourg ; chapelain, puis curé de Wunnewyl après la suppression du couvent en 1848, 1855-1886, aumônier de la Gauglera 1888. — A. Dellion : Dict. — Étr. frib. 1875, 1893. -- Archives d'État Fribourg. [R,on].
ZOUBALOFF, Pierre de, * à Tiflis 25 dec. 1863. t à Fribourg 8 déc. 1925, ingénieur des mines, obtint la naturalisation fribourgeoise et la bourgeoisie d'Autigny en 1921. Insigne bienfaiteur de toutes les œuvres charitables de Fribourg ; on doit à sa générosité la fondation de la crèche Saint-Étienne dans le quartier de Beauregard. — Voir La Liberté 1925. — Étr. frib. 1927. [RiEMY.]
ZOUG (ail. ZUG, voir DGS). Canton et ville, entré dans la Confédération en 1352, le septième dans l'ordre officiel des cantons. Le nom de la ville a été donné au canton ; à l'origine, elle n'était qu'un petit village de pêcheurs, dont la capture du poisson, le Fisch-Zug, était la principale occupation. Le nom de Zug en a probablement été tiré. — Zuger Heimatklànge 1929, p. 43. — Zuger Nbl. 1917. p. 17.
Sommaire : I. Armoiries, bannière et sceaux. - IL Préhistoire, période romaine et des invasions. —
III. Histoire: 1. Avant l'entrée dans la Confédération. 2. lie 1352 à la Réformation, 1519. 3. De la Réformation à 1798. 4. Révolution, Acte de médiation. 5. De 1813 au Sonderbund. 6. De 1848 à nos jours. —
IV. Développement de la, civilisation. A. Économie nationale: 1. Agriculture et élève du bétail. 2. Pêche et chasse. 3. Commerce, industrie, métiers. 4. Voies de communication. 5. Population. — ■ B. Église. — C. Écoles. — D. Assistance publique. — E. Constitution i'l institutions judiciaires. — F. Militaire. — G. Presse.
— H. Littérature. — .1. Arts. — V. Historiographie.
— VI. Monnaies. — VIL Costumes.
1. Armoiries, bannière et sceaux. Les armes de Zoug sont d'argent à une fasce d'azur, que l'on retrouve sur le sceau el la bannière. Un sceau a p p ar a î t. r e 1 ativement tard.
pour la première fois sur la charte des prêtres de 1370 ; la bannière a toujours porl é la fasce d'azur sur fond d'argent.Elle est ainsi représentée dans les chroniqu es
illustrées de Tschachtlan, Diebold Schilling, Edlibach. Le territoire de la ville ne formait au début qu'un domaine des comtes de Lenzbourg; à leur extinction
(1173), il passa aux Kibourg et en 1264 aux Habsbourg. Les armoiries de Zoug ont sans doute été octroyées à la ville par ses seigneurs, les ducs d'Autriche, qui s'inspiraient de l'écu autrichien à la fasce d'argent dans le champ de gueules, tout en changeant les couleurs : argent et azur au lieu de gueules et argent. — Sur l'affaire de la bannière et du sceau en 1404, voir au chapitre Histoire. — Paul Diebolder : Das Zugerwappen. dans Zuger Nbl. 1909, p. 21. [W.-J. Meyer.]
IL Préhistoire, périodes romaine et des invasions. Le canton de Zoug a été occupé depuis les temps préhistoriques. Les rives du lac forment le centre des premiers établissements.
1. Époque paléolithique. Le Baarerburg a livré des objets qui appartiennent au premier âge de la pierre, mais dont l'attribution est aujourd'hui fortement contestée. En 1933, on a découvert le premier établissement mésolithique au Hinterberg près de Steinhausen. De nombreux objets de silex ont été recueillis à la surface d'un champ. Une exploration mé1 hodique est nécessaire. D'autres vestiges de l'âge moyen de la pierre seront certainement trouvés avec les années parmi les palafittes.
2. Époque néolithique. Elle est représentée par de nombreuses stations palafittiques sur les rives Nord, Ouest et Est du lac de Zoug. Elles appartiennent à la fin du néolithique et, d'après P. Scherer, à la période de 2500 à 1900 avant J.-C. Les palafittes connues jusqu'en 1932 se trouvent à Zoug, Steinhausen, Cham, Hùnenberg, Risch, Zweiern. Toutes les stations n'ont pas encore été fouillées, et d'autres seront encore découvertes à l'avenir, notamment sur les rives Nord et Ouest. Aucun établissement n'a été signalé dans le haut lac. Les premiers vestiges de constructions sur pilotis ont été découverts en 1862 devant le faubourg de Zoug. Des villages lacustres étendus existaient probablement à cet endroit et à Kemmaten (Com. Hùnenberg) ; la station de Sainl- Andreas (Cham) est remarquable par la diversité des ustensiles et par les roches employées. C'est dans le laide Zoug qu'on a recueilli les premières scies de pierre Des exemplaires particulièrement beaux on1 été trouvés à Bachgraben (Cham) et à Schiitzengel (Zoug). De la façon dont seuil travaillés les objets et delà diversité des matériaux employés, on peut conclure que certaines stations sont d'époques séparées par un long espace de temps. C'est en particulier le cas pour les stations de Buonas et de Schwarzbach. Celles d'Otterswil el de Bachgraben durent exister jusque proche de l'âge du bronze ; la première a livré un fragment d'une hache de cuivre. 1 aïolis que la céramique de Bachgraben présente de la similitude avec les tessons trouvés dans la station de l'âge du bronze de Sumpf, située à proximité.
11 est remarquable de constater que les objets en os
ZOUG
(préhistoire)
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manquent presque complètement dans les stations du lac de Zoug. A de rares exceptions, ils paraissent s'être enfoncés dans le sol. La céramique est aussi peu représentée : on n'en a guère retrouvé que dans les stations
Zoug. Objets de l'âge du bronze au Musée de préhistoire de Zoug
situées proches d'un torrent et qui ont été recouvertes très tôt. Par contre, les haches de pierre sont extraordinairement nombreuses dans certaines stations et en très bon état de conservation ; ce sont surtout des haches quadrangulaires, les rondes sont moins nombreuses et les haches perforées n'existent qu'à quelques exemplaires. Les silex sont aussi fréquents, surtout à Kemmaten et dans les stations de Risch. Celle de Risch III Ouest a livré une lance de silex dont la pointe est marquée par un triple filet transversal ; elle était jusqu'alors inconnue en Suisse. On peut conclure des objets trouvés que les palafitteurs zougois sont venus de la Suisse occidentale. Les trouvailles faites depuis 1920, où un plan de fouilles méthodiques a été élaboré, ont été réservées presque toutes au musée cantonal de préhistoire, rouvert en 1930.
3. Age du bronze. Une seule station de l'âge du bronze existe dans le lac de Zoug ; elle est connue sous le nom de Sumpf-Koller, entre Kollermuhle et Cham. Elle a été découverte en 18Gii, mais c'est seulement, lorsque les fouilles ont commencé en 1923 qu'on a reconnu qu'elle appartenait à l'âge du bronze. Elle est de la fin de cette p iriode et peul dater de l'an mille avant J.-C. environ. L'inventaire des objets trouvés permet de conclure qu'elle est contemporaine des stations de Zurich, Wollishofen, Seengen, Risi el Auvernier. Sumpf est actuellement en terre ferme, ce qui a permis une exploration méthodique et procuré des connaissances précises sur les bases des constructions encore existantes. Les habitants avaienl élevé leurs maisons directement sur la craie
lacustre. Celles-ci auront été détruites par le feu, ainsi qu'en témoignent des planches carbonisées. Les objets trouvés sont particulièrement nombreux et variés. Les armes manquent généralement, d'où l'on doit penser que Sumpf abritait une population pacifique. Les épées, poignards, casques et boucliers font complètement défaut ; seules quelques lances et pointes de flèches ont été trouvées. Par contre, haches, ciseaux, faucilles, couteaux, épingles, hameçons, anneaux, pendentifs, boutons, rasoirs, sont assez nombreux. De nombreux objets sont munis d'ornements et décorés de filets gravés. La découverte d'une forme à fondre des pendentifs montre que certains de ces objets étaient en partie au moins fabriqués sur place. Un riche choix de pesons de fuseaux, de bobines à fil, de poids de tisserands prouve que la population de la station n'ignorait pas l'industrie textile.
On n'a cependant pas trouvé d'étoffe ou de lacets. Les instruments de bois manquent sauf quelques exceptions.
La céramique a donné lieu à une importante récolte. Elle étonne par la richesse de ses formes. Les habitants de Sumpf devaient posséder un sens inné de la décoration. On a trouvé des écuelles, des assiettes, des pots avec ou sans anse, de toutes les dimensions ; quelques types étaient jusqu'alors inconnus en Suisse. Fréquemment ces objets sont aussi décorés à l'intérieur. Il faut mentionner aussi les vases fumés et particulièrement un plat orné de méandres et d'un large filet au brillant remarquable. D'autres, très nombreux, sont munis de trous pour y passer un lacet. Une marque de propriété, ou de fabrication, se voit à la base de quelques objets, sous la forme de traits en croix. Des tessons de poterie innombrables sont pourvus d'ornements, en creux, et souvent ceux-ci sont remplis de chaux. Parmi les objets de parure, il faut citer les perles d'ambre et de verre, les anneaux, pendentifs, disques décorés, spiraux, bracelets de jais, etc.
Une station de l'âge du bronze a probablement existé près du faubourg de Zoug. On y a trouvé un grand nombre de tessons qui, sûrement, appartiennent à cette époque, mais aucun objet de bronze. Par contre, quelques objets de ce métal ont été découverts dans le canton : une hache à Luegeten près Zoug, une autre à Reimatterwald (Com. Hùnenberg) ; un poignard à Cham, et au Sud de Zoug, au Mennebach, une lance de la IVe époque du bronze. Une autre provient d'Oberâgeri ; elle a été retirée du lac au Schranken. Deux faucilles plates ont été découvertes au Ràmsel (Unteràgeri), une épingle de parure, perforée, avec son pommeau (bronze moyen). près d'Oberwil-Zoug ; enfin, à Kleinmattli (Walchwili une lame et à Stàdtlerwald près de Cham une perle de verre.
4. Premier âge du fer. A Rost (Zoug), on a mis au jour des vestiges de la civilisation de Hallstatt, ainsi qu'en témoignent des tessons décorés. La station contient aussi des traces de l'âge du bronze. Le musée préhistorique possède une hache à douille provenant de Kiem sur le lac de Zoug (Com. Meierskappel, Lucerne).
5. Second âge du fer ou période de La Tène. A Unterfeld (Stiinhausen) on a mis au jour dans les années 1885- 1887, quatre tombes avec squelettes et mobilier. Celui-ci se compose de trois bracelets de bronze, douze fibules. donl une porte le triquetrum gaulois, un anneau d'argent
ZOUG
(histoire)
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fendu, un petit anneau de bronze et une monnaie de potin. A Si. Karl (Zoug), on a aussi découvert en 1932 une station de La Tène contenant des tessons et des ossements. Oberwil près Zoug a donné une petite pipe d'argile.
ii. Époque romaine. La trouvaille de monnaies romaines à Zoug, Baar, Cham cl Risch, celle d'un petit plat en terre cuite rouge à Hûnenberg sont des témoignages de la colonisation romaine. Mais la preuve décisive a été fournie par la découverte, à Loretto près Zoug, d'une nécropole romaine de tombes à incinération datant du l" mi du début du IIe s. après J.-C. On y a trouvé des objets de céramique, de verre, de bronze et de fer. La céramique comprend de la vaisselle courante ainsi que de> objets de grand luxe. Une découverte des plus intéressantes est celle d'une assiette plate, lisse, avec des pieds droits, qui servait de couvercle à l'urne n° 13. Elle porte au centre la marque BELATULLLÏS I F). C'est le plus ancien document zougois écrit. Le potier Belatullus avait son atelier à Rheinzabern. Les objets de bronze se composent d'une clef massive, de deux fibules et de fragments de parures ; ils se trouvaient tous dans des urnes. 11 y avait en outre une lance de fer, deux couteaux à crampons et un certain nombre de clous. Les monnaies manquent. Le siège de la localité romaine n'a pas encore été retrouvé. Au Konvikt, audessus de Zoug, on a nus au jour aussi des tessons de poterie romaine. De Baar et du Baarerburg proviennent des tuiles romaines et des tessons, un coq de bronze et deux plaques de ceinture, de sorte qu'on peut parler avec une quasi certitude d'une colonie romaine à Baar. Deux autres coqs de bronze ont été découverts à Zoug, et des tuiles romaines sur le Muracher (Cham) près de l'institut Hciligkreuz. Il y avait sûrement un établissement romain dans les environs, qui est encore à trouver.
7. Période des invasions. Les lombes alémanniques découvertes dans le gravier de Marlachen datent des Ve et VIe s. 11 devait y en avoir au total six. La plupart des objets étaient en fer : 2 lances, 3 scramasaxes, 5 couteaux, une plaque de ceinture avec 3 clous de bronze, 3 boucles, 1 anneau. 2 autres plaques de ceinture, l'une en fer. l'autre en bronze, etc., 78 perles d'argile perforées, de couleur jaune, rouge, verte et bleue.
Bibliographie. Emanuel Scherer : Die urgeschichtl. und frùhgeschichtl. Altertùmer des Kls Zutj, dans .l.s'.l SN. S. XXII. — JSGU 1918-1932. — Emanuel Scherer : Was isi Urgeschichte, dans Zuger Nbl. 1928. — Eug. Tatarinoff : Kulturdol.u.mente der Bronzezeil (ibid. 1928). — ML Speck : Wasser- oder Landpfahlbauteii (ibid. 1928).— Karl Keller-Tarnuzzer : Problème der zuger. Pjfahlbauforsclni.ii a. dans Zuger Neujahrsblatt 1931. — M. Speck : Die dltesten Bewnhner des Ziiiierland.es. dans Zuger Kalender 1929. — Le même : Urgeschichtsforschung im Kt. Zug itn -laine 1932, dans Heimatklânge 1933. nos 2(1 et 21. [Midi. Speck.]
111. Histoire. 1. Avant l'entrée dans la < '.on fédérai mu . 1-3Ô2. Les nombreuses corporations d'allmend du canton sont la preuve d'une colonisation alémannique. Il y avait une centurie divisée en un certain nombre de tribus. Des tombeaux remontant au Ve s. ont été trouvés à Dràlikon et à Marlachen. L'unité de la marche s'est perpétuée jusqu'au moyen âge et même jusqu'aux temps modernes dans l'utilisation commune des allmend : Zoug avec .'Egeri, Baar et Steinhausen, Steinhausen et. Blickensdorf ; une partie de forêt, la Zanggenriiti, fut un objet de compétitions entre Zoug, Baar, Steinhausen et Cham. La landsgemeinde est une survivance de la marche alémannique, cette assemblée des anciens propriétaires fonciers qui décidait de l'entrée et de la sortie de la corporation. Sous la domination franque, la marche de Zoug fut divisée en un certain nombre île seigneuries ; toutefois les allmend et les biens communs fuient conservés. Zoug appartenait au pagus de Thurgovie, sauf une. petite partie de son territoire, de la rive Ouest du lae et de l'embouchure de la Lor/.e à la Reuss, qui faisait lia il le de l'ArgOA le. I la us la seconde moitié du I Xe s., le
Zùrichgau lut détaché de la Thurgovie, et compril Zoug, ainsi qu'en témoigne un document de 1036-1037. Louis-le-Germanique possédait un domaine ;i Cham ; le 16 avril nos. à lu requête de -a fille Hildegard, H lii don
de ce domaine, avec l'église, les maisons, les gens el les terres au couvent du Fraumiinster de Zurich. Les abbesses de Zurich séjournèrent parfois dans leur domaine de Cham ; ainsi Bertha, la fille du roi et sœur d'Hildegard, qui scella à Cham, le 18 mars 877, le don de propriétés en Alsace. Le domaine se composa plus tard de deux parties, et fut donné en fief héréditaire. Au début du XVe s., le chapitre des chanoines en possédait une ; il reprit l'autre, à titre de fief héréditaire, des mains de Anna von Buttikon née Hiinenberg. Le domaine royal comprenait au début le territoire de Cham et une partie de celui de Hiinenberg avec Meierskappel et le Kiemenwald ; le couvent plaça à Cham ainsi qu'à Hiinenberg un Meier ou administrateur. La maison seigneuriale devint par la suite le château cl Vorburg de St. Andréas.. On peut comprendre avec le domaine royal un autre domaine que l'abbaye possédait en propre à Steinhausen, avec gens, terres et. droits de police ; c'était peut-être une dépendance du domaine d'/Egeri. L'abbesse Fides von Klingen l'inféoda aux seigneurs de Hûnenberg. En 1313 encore, le couvent acquit plusieurs terres à Baar et les remit en fief. Le domaine de Baar est aussi mentionné très tôt. En 1045, le roi Henri III prit le couvent de Schànnis sous sa protection, et avec lui la moitié du domaine et de l'église de Baar, et le pape Alexandre III confirma cette propriété au couvent le 24 oct. 1178. Les Habsbourg avait. aussi à Baar des alleux. Les droits de Schànnis au domaine et à l'église prirent fin, et les Habsbourg donnèrent Baar, avec ses dépendances, au couvent de Cappel, qui, au cours des temps devint le plus riche seigneur foncier de Baar. Il possédait en outre le moulin, la dîme et celle du vin, la basse justice de IJlickensdorf et une partie de celle de Deinikon. Le couvent comptait 30 tenanciers de terres en 1525 dans la commune actuelle de Baar.
La grande communauté foncière de Zoug devait son existence à la colonisation primitive de la région par une forte tribu. Mais on n'est pas au clair sur la succession des droits seigneuriaux. Le registre des bourgeois de Zoug dit : «Les bourgeois peuvent de toute ancienneté donner ou enlever les allmend ». Les comtes de Lenzbourg et de Kibourg possédèrent les droits de souveraineté et de juridiction. La villa ou curtis de Zuge n'apparaît que tard dans les documents. La localité, mais avec quelques parties de son territoire seulement . est mentionnée dans le plus ancien rentier d'Engelberg, 1190-1197. Il faut en conclure que Zoug n'a pris de l'importance qu'avec l'octroi d'un droit urbain. En 1242, Zoug est un oppidum ; en 1255, il est question de son château. Il possédait une enlise paroissiale, une école et un droit de bourgeoisie. La ville de Zoug est une fondation des Kibourg à l'époque de l'ouverture du col du Gpthard el de la route commerciale Zurich-lac de Zoug- Kûssnacht, Flûelen-Saint-Gothard. Lors du partage des terres entre Hartmann l'Aîné et Hartmann le Jeune de Kibourg. Zoug parvint à ce dernier, Hartmann Y. A la mort de celui-ci (1263), il passa à sa fille Anna, qui épousa le comte Eberhard de Habsbourg. Rodolphe de Habsbourg acquit en 1273 les droits des Kibourg sur Zoug. qu'il constitua en 1278, avec d'autres terres, en douaire de Jeanne, fille d'Edouard d'Angleterre et fiancée de son (ils Hartmann. Ce document du 3 mai 1278 mentionne la ville et le domaine de Zoug, le bailliage extérieur, avec ses dépendances, et la vallée d'.Egeri. Les Kibourg el après eux les Habsbourg placèrent à Zoug un . \mtmanii . minister, pour exercer leurs droits et rendre la justice.
Les Habsbourg possédaient comme gaugraves la haute juridiction dans tout le territoire de Zoug. et généralement aussi la basse justice. Les relations de la ville avec les Kibourg liiienl bonnes : les Habsbourg bu concédèrent les droits de péage, d'entrepôt, de moulin et de marché, ainsi que celui de recevoir des bourgeois externes. La fidélité des bourgeois de Zoug à la maison de Habsbourg se manifesta dans la guerre de Morgarten el dans divers petits combats contre la jeune Confédération. Les ducs d'Autriche placèrent une garnison a Zoug, probablement permanente. \ Egeri et dans la. communauté de la Montagne (Menzingen e1 Neuheim
ZOUG
(histoire)
ZOUG
jusqu'en 1848) le couvent d'Einsiedeln avait des possessions étendues. La plupart étaient des dons de la noblesse, notamment du comte Conrad de Lenzbourg et de ses épouses Luitgardis et Gisela, et d'Ulrich de Kibourg ; d'autres furenl acquises par échange, en particulier à f'instersee. Le couvent possédait encore à titre d'alleux, sur la montagne, Les domaines de Hinterburg, Brettigen, Neuheim, (Élegg, Finstersee et Menzingen (rentier de 1331). Les propriétés d'Einsiedeln étaient au nombre de 68 à ^geri et de 152 sur la Montagne ; les sujets étaient soumis à sa basse juridiction, que présidait un Amtmann du couvent. Les monastères de Saint-Biaise et de Cappel possédaient aussi des alleux et des droits sur la Montagne. Les seigneurs de Hiinenberg avaient d'anciennes propriétés allodiales à Hiinenberg, où se trouvait leur château anceslral (à Oberhiinenberg), à Walchwil, probablement comme ministériaux des Kibourg et des Habsbourg ; plus tard ils reçurent en fief du Fraumûnster le château et le Vorbourg avec terres et cens à St. Andréas. A Risch, les terres étaient généralement des alleux des Habsbourg. Le domaine de Gangolf'swil, cumposé de I lolzh.iusern, Zweiern et Waldra.t , fut donné en 1055, par Werner de Habsbourg à l'autel Saint- Laurent de Strasbourg, mais, avant 1111, l'usufruit en fut remis au couvent de Mûri par le comte Otto IL En 1150, ce monastère possédait, outre ce domaine, Niederdersbach et Oberdersbach, Neisidelon (près de Dersbach), Ibikon, Kemmaten et des droits de pêche dans le lac de Zoug. Immo v. Buonas lui fit don d'une propriété à Waldrat et à Wald (domaine près de Zweiern). Les seigneurs de Buonas possédaient la souveraineté et les droits de juridiction, sauf l'exécution capitale, à Buonas, Risch et Kirchberg, Oberrisch et Bôschenrot. Ces droits passèrent à leurs successeurs. La ville de Zoug possédait depuis très anciennement les hameaux d'Ibikon (en partie), Kuntwil et une partie de Waldeten. Enfin, des maisons religieuses et des ministériaux comme les Hiinenberg, Wildenburg, Schwarzenberg, Eschenbach- Schnabelburg, étaient propriétaires de terres et de droits isolés. Le couvent de Frauental reçut et acquit dans le siècle de sa fondation (1231) la plupart de ses terres zougoises. Outre les sujets des seigneurs fonciers, il existait des hommes et des paysans libres (viri libers conditionis et liberi censarii). Les rapports des seigneurs avec leurs sujets étaient déterminés par des coutumiers : on possède ceux d\-Egeri, Neuheim, Blickensdorf, Gangolfs- \\i] et Buonas.
2. De 1352 à la Ré formation, 1519. L'alliance des Waldstâtten avec Lucerne et l'entrée de Zurich comme cinquième membre dans la Confédération eut pour conséquence l'encerclement du petit territoire de Zoug. Celuici fut le théâtre de guerres et de dévastations. Dans l'expédition contre Baden, les troupes schwyzoises empruntèrent le territoire zougois et y causèrent des dommages. La ville de Zoug, alors suffisamment fort i liée. servit de point d'appui et de refuge aux ducs d'Autriche dans toutes leurs querelles avec les Confédérés. Il en résulta une guerre de guerrillas qui porta obstacle aux relations entre ceux-ci et Zurich. On a conservé le souvenir des combats de Buonas et de Art, où. les Zougois perdirent 16 hommes. Cette situation était devenue intenable pour les deux parties. Le 8 juin 135-2. quatre jours après la conclusion de l'alliance avec Glaris, les Confédérés se présentèrent devant Zoug avec 2000 à 3000 honimes, dans l'intention de s'emparer de la ville par la force des armes. Le bailliage extérieur n'osa opposer aucune résistance e1 n'envoya aucun secours, mais il s'assura l'égalité politique avec la ville et réserva les droits des ducs d'Autriche. Réduite à la plus extrême détresse, la petite ville ouvrit ses portes, le 25 juin, après quinze jours de siège et une attaque avec catapultes et javelots enflammés. La garnison du duc obtint de pouvoir se retirer librement. Le Conseil et les bourgeois ne voulurent jurer l'alliance avec les Confédérés qu'à la condition que les effets de celle-ci resteraient en suspens pendant trois jours, afin de leur permettre de demander secours au duc Albert. Si ce secours était refusé, l'alliance entrerait immédiatement en vigueur. La tradition, rapportée par les chroniqueurs zougois et après eux par Tschudi, prétend que h députation zougoise recul
du duc un accueil inamical et indifférent. Il y a lieu toutefois de. considérer que le duc. qui connaissait la stratégie des Confédérés, dut se rendre compte qu'il lui étail impossible, dans un si bref délai, de lever une armée suffisante pour livrer combat ; en outre, un secours à Zoug devait lui paraître superflu tant que Zurich ne serait pas rentré sous son autorité. Il faut d'autre pari convenir qu'une plus forte garnison aurait probablement sauvé la ville, ce qui a pu faire croire à une certaine indifférence de la part du duc à l'égard des Zougois. Les Confédérés firent une réception solennelle à Zoug dans l'alliance. Le traité passé à cette occasion étail une répétition presque textuelle de celui passé avec Zurich ; il plaçait Zoug sur le même pied que les autres Confédérés, avec les mêmes droits et les mêmes obligations, très différent en cela de la réception faite, vingt-trois jours auparavant, à Glaris, qui n'avait qu'une situation inférieure. Quelques mois plus tard, le duc ouvrit les hostilités sur une vaste échelle et marcha sur Zurich : seul le désaccord dans son camp sauva la jeune Confédération. La paix de Brandenbourg, des 1 et 14 sept. 1352, mit fin à la lutte. En vertu de ce traité, Zoug devait sortir de l'alliance fédérale et rentrer sous la domination de l'Autriche. Malgré les sentiments de fidélité qu'ils éprouvaient à l'égard de l'Autriche, les Zougois ne se trouvaient pas à l'aise dans cette situation équivoque ; ils avaient conscience du serment prêté aux Confédérés et dès lors ne prirent plus jamais les armes pour la défense des intérêts autrichiens. De leur côté, les Confédérés ressentirent le retour de Zoug sous la domination autrichienne comme une offense. Les Schwyzois, champions de la démocratie, n'attendaient que le moment favorable pour reprendre Zoug. Cela se produisit en 1364-1365. Le bailliage extérieur salua les Confédérés comme des amis, et la ville elle-même parait avoir renouvelé l'alliance sans résistance. La paix de Torberg, du 7 mars 1368. rendit la ville et le bailliage de Zoug à la Confédération : l'Autriche reconnut l'ammann, les bourgeois et tout ce qui dans le bailliage appartenait à la ville, comme membre de l'alliance, dont Zoug fut déclaré un des États contractants. Les Schwyzois poursuivaient, dans cette seconde campagne pour Zoug, encore d'autres visées politiques, qui furent exposées dans la convention passée entre eux et le duc, le 18 déc. 1368. Il fut convenu entre les deux parties que Zoug et le bailliage, quoique membre de la Confédération, devaient payer les impôts, cens et autres redevances au duc jusqu'à la prochaine Saint-Martin. Puis le duc devait décider s'il ne consentirait pas à hypothéquer la ville et le bailliage à Schwyz pour 3000 florins. Cette mise en gage n'eut pas lieu, de sorte que Zoug échappa au danger de devenir un pays sujet de Schwyz. Lors du renouvellement de la paix de Torberg, le 28 mars 1376, Zoug fut à nouveau déclaré dégagé de tous liens avec l'Autriche. Mais il dut introduire dans l'Ammannbrief du 15 mars 1371, l'obligation de nommer un ammann « sur le conseil et la volonté d<"- Confédérés ». Cependant ces derniers laissèrent à Schwyz, probablement en raison du rôle joué par lui à Zoug, la faculté de désigner l'ammann pendant plus de trente ans. L'ammann avait le devoir de maintenir l'alliance fédérale à Zoug et d'y développer un esprit confédéral. Les événements facilitèrent sa tâche. Dans la guerre des Gugler, les Zougois combattirent à Buttisholz et à Fraubrunnen. Mais les villes de Zurich, Lucerne et Berne attirèrent l'attention de Zoug sur le fait que du sang autrichien coulait toujours dans les veines de ses vieux bourgeois. Zurich vint notamment au secours de Zoug lorsque la noblesse autrichienne entreprit, depuis l'Argovie, des expéditions en territoire zougois, à Hiinenberg. Les Zougois prirent part, aux côtés de Lucerne, à la « petite guerre », dans laquelle les châteaux de St. Andréas, Hiinenberg et Meienberg furent pris. Sous la bannière de Schwyz, ils combattirent à Sempach. Les ammann schwyzois méritèrent leur réputation de représentants de l'esprit confédéral à Zoug et participèrent aux combats contre les pillards autrichiens. Johann von Hospental perdit la vie au combat de Farwe. La ville parvint à une certaine aisance, entre autres par l'octroi du droit de bourgeoisie, et put acquérir, en 1371». son premier bailliage. La même année, le roi
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Wenceslas accorda, à la. ville cl au bailliage un tribunal en propre, puis la première acquit, en 1400, pour elle et le bailliage, le droit de rendre des condamnations capitales, Le bailliage considéra cet octroi comme une al-
Zoug en 154S. D'après une gravure de la chronique de Stumpf.
teinte à son égalité politique et juridique avec la ville. Il exigea que la bannière, le sceau et les archives de l'État lussent sortis de la ville et conservés dans une commune de la campagne. La ville repoussa cette demande et réclama l'intervention des V cantons. Schwyz se sépara de ses alliés et prit parti en faveur du bailliage. Des bandes de volontaires schwyzois, unies aux troupes de ce dernier, s'approchèrent, à la faveur de la nuit, de la ville, qui fut prise sans grande résistance. Mais la nou- \ elle de cet événement se répandit rapidement dans les autres cantons; ils levèrent immédiatement 10 000 hommes. Les Lucernois reprirent la ville, où ils pénétrèrent par une brèche de la muraille alors que les Schwyzois dormaient. Schwyz et le bailliage durent se soumettre à un arbitrage fédéral. Le sceau, la bannière et les archives restèrent déposés en ville, mais cette affaire ne fut pas sans apporter un avantage au bailliage. La sentence du 17 nov. 1404 accorda à tous les bourgeois de la ville el du bailliage le même droit électoral et par là l'égalité politique. En outre, dès que les V canlons eurent désigné l'ammann à tour de rôle, la nomination à cette charge importante revint à la ville <>t au bailliage, qui furent dès lors affranchis de la I nielle des cantons et mis sur un pied d'égalité avec eux. En 1415, le roi Sigismond octroya à la ville et au bailliage le droit de prononcer des condamnations capitales ; il les libéra du paiement des cens et autres redevances à la maison d'Autriche et leur concéda des fiefs au nom de l'empire. Maximilien I leur renouvela en 1489 leurs franchises, privilèges et coutumes. Au cours du moyen âge, les communes rachetèrent tous les droits et les redevances des couvents et des particuliers. La ville acquil en outre la basse justice à Walchwil, Gham, Steinhausen, Gangoltswil, Hùnenberg et Rùti. Les Confédérés trouvèrent toujours dans les Zougois des soldats fidèles. I lans la campagne contre le duc Frédéric, ils marchèrent avec les premiers sur Baden et obtinrent une part à la domination du Freiamt et du comté de Baden. Dans les expéditions au Sud des Alpes, les Zougois se distinguè- 1 1 ni avec les Zuricois à Tranton (1411) ; à Arbedo (1422) ils perdirenl 71 des leurs ; des volontaires de Zoug combattirent aussi à Crevola (1487). La guerre de Zurich étendit aux frontières du territoire zougois ; Blickensdorf fut incendié. Omis les guerres de Bourgogne, Zoug
envoya un fort contingent, à Grandson et à Morat (580 soldats à Morat). Zoug servit de place de rassemblement dans la guerre des plapparts. Par leur participation à la campagne de Saint-Gall et d'Appenzell (1490), les Zougois s'assurèrent une part à l'administration du Rheintal. Ils participèrent au nombre de 400 à la guerre de Souabe.
Le contingent de Zoug dans les guerres d'Italie fut important, mais grandes aussi furent les pertes : à Novare 44 morts, à Marignan 212 à 215, à la Bicoque 37.
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3. De la Réformation (1519) à 1798. La position que prendait Zoug à la Réformation était d'autant plus importante que ce canton, par ses relations politiques et économiques ainsi que par sa situation géographique, était la clef qui permettrait à la nouvelle confession de pénétrer dans les petits cantons. Sun territoire, limitrophe de celui de Zurich, l'exposait aux influences de cette ville. Zwingli trouva très tôt des amis dévoués à Zoug. A leur tête se trouvait le piètre Werner Steiner, d'une vieille famille connue de Zoug. Son père était l'ammann et le chef des Zougois à Dornach et à Marignan. Il y avait encore le chapelain Barth. Stocker, de Zoug, le curé Jost Mùller, de Gham. et son vicaire Bernhardin (Benz), le savant Peter Kolin, à Zoug. Le curé de la ville, Andréas Winkler (1514-1538), était un caractère pacifique ; il n'intervint pas dans les troubles politiques et religieux, mais pensa plutôt à démissionner. Il envoya même sa démission en 1524. mais on insista auprès de lui et il conserva son poste .jusqu'en 1538. Une opposition énergique aux idées de Zwingli, qui agitaient profondément l'église et la bourgeoisie, partit du Conseil et du peuple. La question du service mercenaire, qui avait à Zoug de nombreux partisans, pesa aussi dans la balance. Tandis qu'à Zurich. en 1520, il n'y avait que sept personnes recevant une pension du pape, on en comptait 156 à Zoug. En 1522, il y eut à Zoug un soulèvement, dans lequel partisans de la France et du pape s'affrontèrent en armes. Une effusion du sang put être évitée, grâce au curé de la ville qui s'interposa entre les adversaires avec les saints sacrements {Zuger Nbl. 1899, p. 1 ; Gfr. 65, p. 89). Lorsque Zwingli, qui avait lui-même reçu une pension du pape, entama avec succès la lutte contre le service mercenaire, il s'aliéna des partisans zélés comme les Schonbrunner et les Stocker et leurs amis, qui furent dès lors ses adversaires acharnés non seulement en matière ecclésiastique, mais aussi en politique. D'autres raisons s'opposèrent encore à l'introduction de la foi nouvelle. Berne comptait, de nombreux mercenaires, mais il avait cependant adhéré à la Réforme. A Zoug, le peuple en particulier avait de l'aversion imur les idées de Zwingli, ainsi que l'écrivait, le ~> juil. 1522. Barth. Stocker à Zurich. La requête à l'évêque de Constance, que signa, aussi Werner Steiner, accrut le mécontentement du peuple contre les novateurs. Le Conseil enjoignit aux prêtres de rester tranquilles et de prêcher comme de coutume. Zoug décida de se joindre aux IV Waldstàtten. Les délégués d'Uri. Schwyz. l'nterwald, Lucerne et Zoug se rencontrèrent pour la première fois, le 8 avril 1524, à Beckenried et décidèrent d'extirper la nouvelle confession de leurs cantons, de
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défendre d'y adhérer et de punir ceux qui s'y rattacheraient. Les changements intervenus à Zurich : destruction des images religieuses, interdiction de la messe r! des sacrements, confiscation des biens ecclésiastiques, persécution des prêtres et laïques restés fidèles, exaspérèrent les partisans de l'ancienne confession et les incitèrent à user de représailles. Après le sac de la chartreuse d'Ittingen, 18 juil. 1524, par les réformés, l'effervescence gagna le peuple à Zoug ; il s'assembla à Cham et à Hùnenberg et décida de partir pour Cappel afin d'y brûler par vengeance, le couvent qui avait passé à la Réforme. Les délégués des autorités parvinrent à l'arrêter dans son dessein. Les anabaptistes se firent aussi remarquer à Zoug, mais ils échouèrent complètement. Un Lorenz Fiirst, de Bulach, déclarait que le baptême était une cérémonie inutile et fausse ; il fut bientôt arrêté, remis au juge, conduit au lieu du supplice et jeté dans le lac pieds et poings liés. Cette exécution devait être un avertissement sérieux à chacun. L'issue, favorable aux catholiques, de la dispute de Baden, de I.V26, les encouragea à tenir encore plus fermement à leur religion ; les écrits de Luther et de Zwingli furent interdits à Zoug. La Diète de Lucerne, du 20 mars 1526, avait décidé de prier Zoug et d'autres cantons encore hésitants de faire savoir par écrit à Lucerne s'ils participeraient à la dispute religieuse. Zoug répondil qu'il avait posé la question aux quatre communes de Zoug, Baar, Menzingen, /Egeri ; que cellesci avaient décidé a la presque unanimité de rester fidèles à la foi des ancêtres, d'agir de concert avec les IV Waldstâtten et de ne pas se séparer d'eux. Un député serait envoyé à Baden avec ces instructions-là. Les incidents de frontière et les plaintes allaient se multipliant. Les autorités zougoises cherchèrent à pratiquer une politique pacifique. Elles eurent à leur tête des ammanns avisés tels que Leonhard Steiner, 1522-1527, oncle deWerner Steiner partisan de Zwingli, et Oswald Toss, 1527-1541. Agissant en bons voisins, elles s'adressèrent à plusieurs reprises à Zurich, et lui envoyèrent même une députation, le 6 oct. 1528, pour mettre un terme aux propos injurieux qui s'échangeaient de part et d'autre, ainsi qu'aux voies de fait, et instituer un modus vivcndi raisonnable. Schwyz fut surpris de cette démarche et fit demander au Conseil de Zoug si l'on pouvait compter sur lui en cas de guerre. Zoug n'avait jamais pensé à se séparer des IV cantons. Lorsque la guerre fut à craindre, en automne 1528, Zoug mit ses troupes sur pied, conformément à la décision de la Diète des V cantons, du 3 nov. 1528. Zurich exprima son étonnement de cette attitude de Zoug ; celui-ci répliqua qu'il avait été informé que les Zuricois marcheraient sur Zoug pour s'en emparer. Les conseillers zougois avaient de plus en plus la conviction que Zwingli ne cherchait pas un rapprochement, mais qu'il songeait seulement à étendre sa doctrine et ne reculerait pas devant une guerre civile. D'un côté et de l'autre on prenait toutes les précautions et l'on préparait la constitution d'alliances séparées. Les baillis zougois, Jakob Stocker, en Thurgovie, et Ulrich Staub, à Sargans, travaillèrent à la mise sur pied de l'Alliance chrétienne avec l'Autriche, qui fut conclue le 22 avril 1529. La situation devint toujours plus menaçante. Zurich devait tout d'abord s'attaquer à Zoug et à Schwyz. Le 8 juin, il déclara la guerre et fit marcher une armée de 4000 hommes sur Cappel, à la frontière de Zoug. Les cantons catholiques rassemblèrent leurs forces à Baar. Grâce à la médiation du landammann glaronnais Hans /Ebli, l'effusion du sang put être évitée et le 26 juin 1529 fut conclue la première paix de Cappel. C'était un succès pour les réformés, mais les catholiques n'en restèrent pas moins attachés à leur confession. La situation restait tendue. Werner Steiner, qui avait été puni pour s'être rendu à Zurich, n'osait plus s'afficher pour la nouvelle foi ; ne se sentant plus en sûreté, il partit pour Zurich le 26 août 1529, y prit résidence et passa à la Réforme. Peter Kolin fit de même. Leurs partisans et amis à Zoug se soumirent aux ordonnances du Conseil et restèrent fidèles au catholicisme.
En 1531, l'antagonisme des partis entra dans une phase aiguë. L'agitation à la frontière zougoise était plus
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vive que jamais ; la fermeture du marché de Zurich aux V cantons poussa ceux-ci à engager une lutte décisive ; elle eut le territoire zougois pour théâtre. Afin de sortir d'une situation embarrassée, les cantons catholiques déployèrent une activité surprenante. Le 4 octobre, ils rassemblèrent leurs forces à Zoug, soit 8000 hommes, et adressèrent une déclaration de guerre à Zurich ; elle y causa une grande consternation. Le 11 oct. 1531, vers midi, l'armée des V cantons franchit la frontière zougoise et attaqua les Zuricois à Cappel. La bataille se termina par la défaite de ceux-ci et la mort de Zwingli. Puis les catholiques établirent un camp fortifié à Inwil, au Sud-Est de Baar ; l'armée des réformés, qui atteignit 20 000 hommes, se retrancha en face. Les Bernois occupèrent Bremgarten et brûlèrent dans leurs expéditions Cham, Steinhausen et Baar. Le 23 octobre, une partie de l'armée réformée, forte de 4000 hommes sous les ordres du capitaine Jakob Frei, passa le pont de la Sihl et se rendit au Gubel dans l'intention de prendre à revers le camp d'Inwil. Dans cette expédition, les villages zougois de Neuheim, Menzingen et Schônbrunn furent dévastés et pillés. Les catholiques envoyèrent en observation un détachement de 1500 hommes commandés par les avoyers Hugde Lucerne et Jakob Stocker, de Zoug ; le 23 octobre au soir il installa son camp au Grût. De là, une bande entreprenante de 633 volontaires, la plupart des Zougois connaissant bien les lieux, fit une reconnaissance nocturne du côté du camp ennemi du Gubel et l'attaqua dans cette même nuit du 23 au 24 octobre. Ce combat du Gubel valut une seconde victoire aux catholiques ; il décida du sort de la guerre en faveur des V cantons, qui se termina par la seconde paix de Cappel. Celle-ci fut conclue à Deinikon, un hameau près de Baar, le 16 novembre et le traité signé à Zoug le 20 novembre. Les communes zougoises furent indemnisées par les réformés des incendies et pillages dont elles avaient eu à souffrir.
La contre-réformation catholique de la seconde moitié du XVIe s. développa en premier lieu à Zoug la vie religieuse. De Zurich, des écrits réformés se répandirent aussi à Zoug. Le Conseil de cette ville ordonna en 1555, ainsi que nous l'apprend un rapport du 28 janvier 1556 que toutes les Bibles zwingliennes et luthériennes fussent apportées à l'hôtel de ville, où elles seraient brûlées par un bourreau venu de Lucerne. Après le concile de Trente de 1562, l'église chercha à ranimer dans le peuple la vie religieuse par des prêtres exemplaires. Des envoyés pontificaux visitèrent les paroisses. Lorsque Charles Borromée se rendit dans un tel but de Lucerne à Zoug, le 24 août 1570, il célébra le curé de cette paroisse, Georg Vogt, comme un prêtre sans taches et gardien de la foi catholique. Le nonce Bonhomini, qui était à Zoug en août 1579, délivra également un témoignage honorable au curé Joachim Stabinger. La fondation d'un couvent de capucins à Zoug en 1595 donna une nouvelle impulsion à l'esprit de piété.
Zoug prit toujours une part active à la politique intérieure et extérieure. Ses chefs, ammanns et conseillers avaient généralement passé par le service étranger, surtout celui de France. Ils en revinrent souvent avec le rang d'officier, avec du savoir-vivre et des manières ; ils s'étaient créés des relations. Dans l'alliance fédérale et en politique étrangère, Zoug était l'un des V cantons ; en politique intérieure, il jouissait d'une pleine autonomie. Le coutumier de la ville et du bailliage fut soumis à une revision en 1566. La même année le Conseil édicta une loi somptuaire. Cela n'empêcha pas l'affaire Bachmann d'éclater en 1585. Adam Bachmann n'ayant pas été nommé par le Conseil secrétaire de la ville, réussit à gagner à sa cause la bourgeoisie de Zoug et à la persuader que c'était elle et non le Conseil qui avait le droit de nommer le secrétaire de la ville (les trois derniers secrétaires avaient été désignés par le Conseil sans opposition) ; jusqu'à l'introduction du libelle de 1604, celui-ci était aussi secrétaire d'État. A la suite d'une agitation populaire, Bachmann parvint à son but et obtint la place de secrétaire. A part cet incident, il y eut moins de conflits à l'intérieur de la ville qu'entre les trois communes (Baar, Menzingen et ^Egeri) et
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la ville, tels que l'affaire de la bannière et du sceau en 1404. La ville de Zoug avec ses cinq bailliages (Gham, Hiïnenberg, Gangoltswil, Walchwil et Steinhausen) formait un Etat dans l'État et prétendait jouer un rôle proportionné à son importance. Les trois communes rurales, de leur côté, restaient fidèles au principe de l'égalité des situations. Une intervention des VII cantons catholiques empêcha une scission du canton. Après de longues négociations un arbitrage fut rendu le 4 déc. 1604 ; ses dispositions sont contenues dans le libelle de 1604 qui pendant deux siècles, soit jusqu'à la Révolution française, servit de base à l'État zougois.
Les troubles des Grisons dans la première moitié du XVIIe s. (1600-1640) ne touchèrent Zoug qu'autant
Le XVIIIe s. débuta à Zoug sous le signe de l'affaire Tschurrimurri(1700-1703). Undifférend personnel s'enfia au point de devenir un conflit entre le Conseil, la landsgemeinde et la ville ; il dut être tranché par des arbitres à Baden. La catastrophe de la seconde guerre de Villmergen (1712) fut plus grave pour Zoug. Quand les hostilités éclatèrent, les Zougois, au nombre de 900, commandés par le Landes hauptmann Beat-Jakob Zurlauben et le major Joh.-Rud. Kreuel, s'avancèrent le 19 avril 1712 dans la direction de Baar, dans le but d'occuper la frontière du côté de Zurich. Des troupes de secours d'autres cantons vinrent les rejoindre, si bien que le contingent atteignit 3000 hommes environ. Zurich avait placé la moitié de son effectif à la frontière zougoise. Au Conseil de Zoug, sous l'influence des
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Zoug en 1652. D'après une gravure sur cuivre de Matth. Merian.
que les V cantons y prirent part. Le futur ammann Kaspar Brandenberg, qui se trouvait au service de Savoie en 1619, pénétra l'année suivante dans les Grisons avec 400 Zougois et prit part aux négociations de Coire et d'Ilanz des 23 nov. et 16 déc. 1620. Konrad Zurlauben était en 1626 à la tête d'un régiment sous le duc de Rohan. Zoug fut épargné par la guerre des Paysans de 1653, qui sévit dans les territoires de Berne et de Lucerne. L'ammann de Zoug, Jakob Andermatt, intervint avec succès et servit d'arbitre entre les Lucernois et les gens de l'Entlebuch. En récompense des services rendus, la ville de Lucerne lui accorda la bourgeoisie, pour lui et ses descendants. La première guerre de Villmergen se déroula sur un théâtre plus rapproché du territoire zougois. Le secrétaire du Freiamt était alors Beat Zurlauben. Il se mit à la tête de 1600 hommes du Freiamt, et lors de la bataille de Villmergen, 23 janv. 1656, contribua, par une attaque latérale, à la défaite des Bernois. Zoug, de son côté, avait levé 900 hommes, le 10 janv. 1656, sous la conduite du Lande shauptmann Karl Brandenberg et de Heinrich Zurlauben, pour garder les frontières du côté de Zurich. Son camp se trouvait à Baar. Une grande partie de cette troupe fut envoyée, au mois de février, au secours de Rapperswil. De petits engagements eurent lieu à Notikon près de Baar et à Frauenthal.
agents français et d'accord avec les autorités lue ernoises un mouvement favorable à la paix se manifestait, mais le parti de la guerre, ayant à sa tête des gens de Menzingen, l'emporta par sa violence. L'ammann en charge, Christof Andermatt (1641-1714) et même l'ancien ammann Beat-Jakob Zurlauben, un homme de guerre expérimenté, furent chassés du Conseil et privés de leurs charges et dignités. Au premier combat de Sins (21 juil. 1712) les Zougois perdirent leur chef, le major Franz Mùller. A la bataille de Villmergen, 25 juillet, ils se trouvèrent avec les Schwyzois et les Unterwaldiens à l'aile gauche de l'armée catholique ; elle eut à subir les attaques de la cavalerie bernoise et fut contrainte de fuir. Zoug eut à déplorer la mort de 68 soldats (liste dans Stadlin : Gesch. d. Kts Zug IV, 745) et un plus grand nombre de blessés. Après la défaite, les troupes des V cantons se retirèrent promptement, ainsi que celles de la protection des frontières zougoises. Zoug resta livré à luimême ; son faible contingent, qui faisait face à des forces zuricoises supérieures, dut se replier derrière la Lorze. Les Zuricois envahirent le canton sans ménagement. Frauenthal fut pillé complètement ; à Rumentikon près de Cham, 22 maisons devinrent la proie des flammes ; à Deinikon près de Baar, le feu dévora 30 maisons et granges, une seule maison resta debout. Le Conseil de Zoug ne put obtenir un armistice qu'à des
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conditions humiliantes et il dut livrer des otages jusqu'à la paix dvi 1 1 août 17 12.
A peine le pays de Zoug s'était-il remis de l'effroi causé par la guerre que surgirent des troubles intérieurs. La famille Zurlauben et ses partisans s'acquirent une grande influence et puissance, grâce aux pensions reçues de la France ; une réaction se produisit. Sous l'impulsion de Josef-Anton Schumacher éclata un conflit violent, celui des Durs et des Doux, 1725-1736. Le régime qu'il institua n'eut pas une longue durée ; après moins de trois ans Schumacher fut déposé et banni, 1735. Sa chute était due, non seulement aux antipathies que soulevait sa personne, mais aussi à l'argent des pensions et à l'affaire des sels. Au lieu du sel bourguignon, auquel l'État pouvait prétendre, la France envoya 6000 livres en espèces à titre de cadeaux. Mais le Conseil, d'accord avec l'ambassadeur de France, dissimula que cet argent était la contrevaleur du sel et il en résulta une méfiance qui n'était pas injustifiée. Le mécontentement éclata à nouveau vers 1760, lorsque le despotique ammann Jos.-Kaspar Luthiger (1718-1798) se fit attribuer les pensions sa vie durant. L'examen et la révélation de cet état de choses en 1764 provoquèrent à Zoug des assemblées orageuses. Luthiger et ses amis du gouvernement fuii'iil punis d'amendes et quelques-uns bannis. Mais l'ambassadeur de Fiance suspendit l'envoi des pensions jusqu'à ce que les condamnés eussent été réhabilités et rétablis dans leurs droits en 1768. Le canton dut alors choisir s'il voulait recevoir le sel ou sa contrevaleur, 6000 livres en espèces. Il se décida pour l'argent qu'il reçut jusqu'au début de la Révolution française.
Bibliographie. F.-K. Stadlin : Gesch. d. Kts. Zug, 4 vol., 1819-1824. — X. Uttinger : Die Pfarrei Zug, Gedenkblatt 1902. — Wilh.-J. Meyer : Der Chronist Werner Steiner 1492-1542, dans Gfr. 65. — Rud. Schmid : Stadt u. Ami Zug bis 1798, dans Gfr. 70. — Al. Mùller : Die Schlaeht auf dem Gubel, dans ZSK
1923. — ■ Le même : Feindliche Einfâlle ins Zugerland zur Zeit der Villmergerkriege, dans ZSK 1924. — Alb. l(ii< hî-Festschrift, p. 93. — Le même : Die Stellung des Standes Zug im Zwôlfer- oder zweilen Vilhnergerkrieg und die Sçhreckenstage des Jahres 1712 im Zugerlande, dans Heimatklànge, suppl. des Zuger Nachrichten
1924, n03 23-27. — ■ M. Hauser-Kùndig : Das Salzwesen der Innerschweiz bis 1798. — Phil. Etter : Zur staatsgeschichtl. Entwicklung des Standes Zug. — Ernst Zumbach : Die zuger. Ammànner u. Landammânner, dans Gfr. 85 et 87. — Al. Mùller : Der Landfriede von Deinikon, Festschrift 1931. — Phil. Etter : Die Srhlacht ara Gubel, Gedenkbldtter 1531-1931. [w.-J. Meyer.]
4. Révolution, Acte de médiation. On ne sait pas encore au juste jusqu'à quel point les esprits étaient gagnés au renversement de l'ordre établi dans la ville et le bailliage de Zoug. Mais on peut conclure des événements que les cercles dirigeants étaient favorables à un nouvel ordre de choses. Le clergé, en particulier, sous l'influence du commissaire Krauer, à Lucerne, approuva la nouvelle constitution ; les autorités temporelles aussi, notamment en ville, étaient assez; disposées en sa faveur, bien qu'elles eussent approuvé les quelques mesures de défense prises par la Diète. Le peuple de la campagne, moins accessible de nature aux influences étrangères, s'éleva contre les nouveautés, encouragé qu'il était par la résistance qui s'organisait dans le pays de Schwyz.
Le 13 févr. 1798, le Conseil décida d'inviter la ville à proclamer l'indépendance de ses bailliages de Cham, Hùnenberg, Steintiausen, Risch et Walchwil ; la ville donna suite à cette invitation par l'édit du 17 février. Le 14 eut lieu à Allenwinden une landsgemeinde extraordinaire des communes rurales ; après avoir pris connaissance du projet de constitution de Ochs, elle décida à l'instar de Schwyz et de Glaris, d'envoyer des secours à Berne menacé. Le contingent zougois (300 hommes) rentra dans ses foyers sans avoir rien fait. Le 11 mars, une nouvelle landsgemeinde extraordinaire approuva l'affranchissement des bailliages de la ville, puis elle décida des mesures à prendre pour résister à l'invasion menaçante. Les sentiments francophobes du peuple de la campagne se manifestaient toujours plus clairement ;
le 6 avril, une bande mal armée, composée en grande partie de gens de Walchwil et Oberwil, tenta une surprise contre la ville sans défense, mais elle dut se retirer sans avoir réussi. Entre temps, le commissaire français Lecarlier et le commandant des troupes d'occupation, le général Schauenbourg, avaient adressé aux petits cantons une sommation d'accepter la constitution helvétique ; le délai expirait le 24 avril. Quoique le projet de constitution attribuât au canton de Zoug le Freiamt. et le comté de Baden, la landsgemeinde du 17 avril 1798 décida tumultueusement, malgré les avertissements des autorités et du clergé, de s'opposer au nouvel ordre de choses et de résister par les armes aux maîtres étrangers.
Un Conseil de guerre réuni à Schwyz dirigeait la résistance armée. Le contingent zougois, commandé par le colonel Josef-Leonz Andermatt, le futur général helvétique, se porta à la rencontre des Français venant d'Aarau; un combat eut lieu à Hàgglingen, le 26 avril, qui démontra la supériorité de l'adversaire. Le 29 avril, les Français au nombre de 6000 environ, sous les ordres du brigadier Jordy, entraient à Zoug ; ils se firent remettre le trésor de l'État (environ 87 000 florins), ainsi que les armes en dépôt et tout le matériel de guerre. Dans les jours suivants les autres communes furent occupées et ainsi la soumission du canton devint complète. Toutefois, une partie de la population de la campagne prit part à la défense désespérée de Schwyz et aux combats de la Schindellegi et de St. Jost.
Cette invasion et les événements militaires ultérieurs qui se déroulèrent au centre et au Nord de la Suisse, valurent à la population une suite ininterrompue de charges de toute nature, qui jeta le discrédit sur l'œuvre de la constitution et dont le souvenir subsista longtemps dans la mémoire populaire. Les pertes, suivant les indications officielles postérieures, se sont élevées à 1 700 000 fr., sans compter les prélèvements à l'arsenal et la saisie du trésor.
Zoug ayant tout d'abord repoussé le projet de constitution de Ochs, le commissaire Lecarlier fit du comté de Baden et du Freiamt supérieur un canton de Baden ; peu après, son successeur Rapinat constitua les cantons primitifs et Zoug en un canton des Waldstàtten, dont Schwyz fut la capitale. Le Directoire plaça à sa tête Aloïs Vonmatt, de Stans ; le sous-préfet du district de Zoug fut d'abord l'ancien ammann F. -M. Mùller, que remplaça bientôt J.-M. Keiser im Hof.
Les troubles réactionnaires de Schwyz engagèrent le Directoire, en mai 1799, à désigner Zoug comme cheflieu du canton des Waldstàtten ; c'est là que pendant deux ans siégèrent la Chambre administrative et le tribunal du canton. Aujourd'hui encore, les archives du canton des Waldstàtten se trouvent, pour cette raison, à Zoug. Le peuple ne se releva que lentement des durs coups que lui portèrent la révolution et ses suites. La constitution de la Malmaison, du 29 mai 1801, morcela le canton des Waldstàtten en ses anciennes parties constituantes. La deuxième constitution helvétique, du 20 mai 1802, qui n'eut qu'une durée éphémère, prévoyait à nouveau le rattachement du Freiamt supérieur et du bailliage de Merenschwand au canton de Zoug. Sur la base de ce document, une nouvelle constitution cantonale fut élaborée, que la landsgemeinde du 23 sept. 1802 déclara provisoirement en vigueur. Le canton était divisé en deux districts, Zoug et Mûri, comptant chacun cinq communes. L'annexion des nouveaux territoires avait eu lieu à la suite des déclarations expresses des communes, et le lendemain de la landsgemeinde des députés du Freiamt prirent part à Zoug à une séance du landrat. Mais ceux qui travaillaient à la constitution d'un grand canton d'Argovie l'emportèrent ; ils étaient soutenus par les cantons voisins de Zurich et de Lucerne, ainsi que par le couvent de Mûri. Et l'Acte de médiation assigna définitivement la Reuss comme frontière au canton de Zoug. Les efforts déployés par le député zougois à la Consulta, le général J.-L. Andermatt, furent vains.
Entre temps, un fort mouvement était parti des communes de la campagne en faveur du rétablissement de l'ancien état de choses. La landsgemeinde du 23 septem-
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bre avait nommé l'ancien ammann F. -M. Miiller chef de l'État à titre provisoire. Il fut confirmé comme tel par le Premier consul qui le plaça à la tête de la commission d'État chargée d'appliquer la constitution du canton contenue dans l'Acte de médiation. Zoug connut enfin de nouveau le calme et la situation politique devint plus stable. La landsgemeinde du 11 avril 1803 élut les autorités prévues par la constitution et compléta celle-ci par une « Organisation ». Les bailliages de la ville furent élevés au rang de communes avec égalité de droits ; pour le reste, l'organisation du canton fut basée généralement sur l'état de choses antérieur à la révolution, sauf que le pouvoir législatif fut reconnu à la landsgemeinde. Les autorités helvétiques de Zoug avaient déjà déposé leurs fonctions bien avant leur retraite officielle qui eut lieu le 10 mars 1803.
Les dix années de l'Acte de médiation furent une époque paisible qui contrastait avec la période agitée ■de la République helvétique. Il s'agit tout d'abord de
dut se contenter de ses anciennes frontières. La constitution rétablissait encore plus que l'Acte de médiation l'état de choses antérieur à 1798 ; la landsgemeinde était dépouillée de son autorité législative. La reconstruction intérieure de l'État avançait timidement ; elle fut arrêtée par plusieurs événements : par l'année de disette de 1817 et le Geldhandel, c'est-à-dire le conflit provoqué par l'emploi de l'indemnité que les nouveaux cantons durent payer aux anciens pour la perte de leurs droits seigneuriaux, et cela en vertu d'une décision du congrès de Vienne. Zoug reçut du canton de Vaud la somme de 81 000 fr. Ils furent attribués au canton, tandis qu'un mouvement, parti de Menzingen et dirigé par le curé Bumbacher, demandait qu'ils fussent remis aux communes dans la gêne. L'activité législative de cette époque se réduisit à régler la poursuite pour dettes et les affaires militaires ; le ménage de l'État était des plus simples. Sa direction était entre les mains des deux landammanns alternants : Franz-Josef Andermatt et
Zoug on 1777. D'après un dessin de Pérignon gravé par Née.
panser les blessures causées par l'invasion et surtout de fournir constamment les hommes que la France réclamait en vertu de l'alliance. Quoique Zoug ne fût pas à proprement parler un canton-ville, un partage de la fortune de l'État dut être fait entre la ville et le canton ; un acte fut dressé à cet effet le 9 mars 1804. On s'efforça aussi de créer une meilleure organisation scolaire en instituant, sur la proposition du vicaire général Wessenberg, un Conseil d'éducation, mais il disparut avec l'Acte de médiation. La seule institution de cette époque qui survécut jusqu'à nos jours est l'établissement cantonal d'assurance contre l'incendie, qui fut créé en même temps que l'assurance des bâtiments était rendue obligatoire par décret du 30 avril 1812.
Bibliofirriphii'. ASHR. — Dierauer V. — W. (Echsli : Gesch. der Schweiz im XIX. Jahrh. I. — E. His : Gesch. des neuern schweizerischen Staatsrechts I. — A. Wrber : Fravzoseiizeit ira Zugerland, dans A,n\iv Kalender 1899-1901. ■ — Le même : Anschluss des Freiamtes an Zug, dans Gfr. 58. — - E. Zumbach : Ammânnerkatalog, dans Gfr. 85.
5. De 1813 au Sonderbund. L'Acte de médiation ne devait pas survivre à son auteur. Tandis que la longue Diète travaillait encore à la réorganisation de la Confédération, Zoug se donna une nouvelle constitution, non sans avoir tenté au préalable un dernier effort pour obtenir l'annexion du Freiamt. Après un échange de correspondance inamicale avec le gouvernement argovien, Zoug
Georg-Josef Sidler. Ce dernier avaii déjà représenté le canton à la Diète sous l'Acte de médiation, et il s'était acquis une grande considération par son intelligence et son éloquence. Mais lorsque, dans les années 1830. il travailla à la revision du Pacte fédéral, le peuple zougois, partisan de l'ordre établi, ne le suivit pas. Il perdit ses charges de landammann et de député à la Diète. Sous la conduite des landammanns F.-J. Hegglin et F.-X. Keiser, et encouragé par un tribun populaire très influent, Kaspar Brandenberg, Zoug prit résolument position, avec les petits cantons, pour le maintien de la situation actuelle dans la Confédération. Cette attitude s'affirma encore par la suite dans toutes les questions fédérales, en particulier lors de la suppression des couvents d'Argovie (Zoug accorda un asile hospitalier aux moines) et dans l'affaire des jésuites. Il fournit à Lucerne un secours militaire quand cette ville fut menacée par les Corps francs. Les 15 et 16 sept. 1845 eut lieu à Zoug une réunion de catholiques en vue présidée par l'homme d'État saint-gallois G.-J. Baurngartner. L'association catholique suisse y fut fondée dans le but de défendre les droits du catholicisme, ainsi que les 'Impositions juridiques générales du Pacte fédéral contre les atteintes de l'arbitraire.
Malgré cette attitude nette, Zoug ne voyait pas sans une certaine appréhension la succession des événements, en raison de sa situation exposée et d'une opposition toujours plus active. Il prit part aux conférences pré-
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liminaires du Sonderbund, mais ses députés, en particulier le landammann Bossard, conseillèrent de ne pas conclure une alliance formelle. Lorsque celle-ci fut devenue un l'ait accompli, le 10 déc. 1845, la grande majorité du peuple zougois y adhéra (décision du triple 'landrat, du 13 mars 1846). Puis, le 23 oct. 1846, la fondation d'un nouveau couvent sur le Gubel fut accordée, tandis que deux ans auparavant avait été créé à Menlingen l'institut des sœurs de la Sainte-Croix par le père Theodosius Florentini.
La situation devenant très sérieuse, on ne manqua pas de prendre les mesures de sécurité nécessaires. Le 15 iiiiv. IS'iti fui instituée une commission d'État permanente, avec des pleins pouvoirs extraordinaires. Cependant Zoug déploya une activité médiatrice durant la Diète de juillet 1847, mais sans succès ; la majorité de la Diète voulait une décision par les armes. Une landsgemeinde extraordinaire très fréquentée, la dernière du canton, eut lieu le 3 octobre ; elle approuva à une grande majorité la manière d'agir du gouvernement et décida de rester fidèle au Sonderbund. Le 13 octobre, le landrat vota une loi pour le maintien de l'ordre et de la tranquillité dans le canton. Les représentants envoyés par la Diète, le bourgmestre Jonas Furrer et l'ancien landammann J.-G. Sidler, durent se retirer sans avoir rien pu obtenir. On leur accorda cependant la publication de l'appel adressé par la Diète aux cantons du Sonderbund. Cela n'arrêta pas l'exécution des mesures prises par la majorité de la Diète.
Après la chute de Fribourg, Zoug devait s'attendre, d'après le plan du général Dufour, à subir la première attaque des troupes fédérales. La division Gmùr avait l'ordre de marcher du bailliage de Knonau sur la ville de Zoug, qui était son objectif principal. Mais avant qu'une bataille fût livrée, les délégués zougois, J.-L. Schmid et S. Schwerzmann, signèrent, le 21 novembre, à Aarau, une capitulation en donnant l'assurance que leur canton se retirerait du Sonderbund. Le lendemain, le landrat ratifia la capitulation et aussitôt les troupes fédérales entrèrent dans le canton qu'elles occupèrent un certain temps. Avec elles arrivèrent deux représentants fédéraux, J.-M. Hoffmann et J.-J. Hegetschwiler, « pour le prompt rétablissement de l'ordre légal », comme ils l'annonçaient dans une proclamation. Ils exigèrent la démission du Conseil d'État, ce que le landammann K. Bossard refusa avec dignité. Là-dessus un comité de 23 représentants de l'opposition, ayant à sa tète G. -A. Keiser, convoqua une assemblée extraordinaire, pour le 5 décembre, sur la place de la landsgemeinde. Celle-ci nomma un gouvernement provisoire, présidé par G. -A. Keiser, et prit les mesures préliminaires à une revision de la constitution. Le gouvernement provisoire entra immédiatement en relations avec lesr eprésentants fédéraux, qui le reconnurent.
Bibliographie AS II. — Dierauer V. — W. Œchsli : Gesch. der Schweiz im XIX. Jahrh. II. — E. His : Gesch. d. neueren schweiz. Staatsrechts II. — G.-J. Baumgartner : Schweiz 18-30-1850. — Amtliche Gesetzsammlung Zug I. — Ph. Etter : Staatsgesrliiiiill. Kntic'n l.huig des Standes Zug. — E. Zurnbach : Ammânnerkatalog, dan-- Gfr. 87. — K. Hegglin : Landammann F. J. Hegglin.
6. De 1848 à nos. jours. Après cette saisie du pouvoir on mit une hâte fébrile à élaborer une nouvelle constitution ; le 16 janvier 1848, quelques jours après son achèvement, on la soumit au vote populaire. Sous la pression des baïonnettes, le peuple l'accepta, mais avec une faible participation au scrutin. La constitution supprima la landsgemeinde et introduisit la démocratie représentative avec la séparation des pouvoirs. Elle approuva aussi, selon le vœu de l'ancienne opposition, la séparation des communes de Neuheim et Menzingen. Les élections eurent lieu dans les mêmes circonstances ; elles donnèrent une majorité nettement radicale. Cela n'empêcha pas les partisans de l'ancien gouvernement de regrouper leurs forces après le départ des troupes fédérales et d'obtenir un succès dans le vote du 20 août 1848 sur la Constitution fédérale, qui fut rejetée à Zoug à une forte majorité. Au premier renouvellement des autorités en 1850, ils reprirent le pouvoir.
Quand cette période de luttes violentes fut passée, le
canton, dirigé par des hommes d'État éprouvés, dut adapter son organisation à la nouvelle situation. La commune, l'école et les impôts furent réorganisés et, plus tard, on mit aussi la main aux réformes les plus nécessaires de l'appareil judiciaire. On édicta une loi sur le service hypothécaire et les transferts immobiliers et une ordonnance sur la procédure civile ; enfin, on dressa un code de toutes les dispositions de droit privé destiné à remplacer le Stadt- u. Amtbuch devenu inutilisable. A ces lois s'ajoutèrent les dispositions prises parles autorités fédérales en vertu de la nouvelle constitution.
Le parti conservateur conserva sa majorité jusqu'au début des années 1860 ; aux élections de 1862, au Grand Conseil elle fut mise en question, puis, aux élections de janvier 1868, l'opposition radicale obtint la majorité au Grand Conseil et au Conseil d'État. Mais au renouvellement de 1870 déjà, les conservateurs reprirent le pouvoir. Dès lors, Zoug se tint dans toutes les questions fédérales aux côtés des cantons catholiques, notamment lors des votations sur la revision de la Constitution fédérale : en 1872, 1333 oui, 3234 non ; 1874, 1797 oui, 2740 non. Entre temps, la constitution cantonale fut soumise à une revision ; le système représentatif fut remplacé par la démocratie pure avec référendum facultatif et nomination du Conseil d'État et des députés au Conseil des États par le peuple (constitution du 15 mai 1876). En 1894, la constitution fut encore revisée, mais on n'y apporta pas de modifications essentielles ; la nomination des tribunaux fut remise au peuple, la représentation proportionnelle introduite pour l'élection des autorités et la durée des fonctions portée de 3 à 4 ans.
Malgré l'exiguïté de son territoire et la centralisation toujours plus accentuée qui s'est manifestée dans tous les domaines de l'administration et de la législation, Zoug a réussi à maintenir sa situation et à se conserver la sympathie des autres cantons. Celle-ci s'est clairement manifestée à maintes reprises : lors du tir fédéral de 1869 ; dans la catastrophe qui engloutit le faubourg de Zoug en 1887 (la solidarité témoignée à cette occasion par les Confédérés n'est pas encore oubliée) ; puis lors de l'inauguration du monument de Morgarten en 1908 et à la troisième journée des catholiques suisses en 1909.
A l'évolution de l'organisation politique correspondit dans toute la Suisse une amélioration de la situation économique. Elle était due au développement de l'agriculture et de l'artisanat, à la construction de voies de communication et surtout à l'essor de l'industrie. A Zoug, cette période de prospérité a été marquée par la construction d'édifices publics, l'acquisition de propriétés ou l'entreprise de travaux d'utilité générale : Hôtel du gouvernement 1867, pénitencier 1881, arsenal 1895, meilleures communications entre la montagne et la plaine 1905 et 1910, bâtiment administratif 1911, endiguement de la Reuss 1914, acquisition du domaine de l'école cantonale 1920, construction de routes de communication dès 1922.
Bibliographie. Dierauer-Schneider VI. — J. Hildebrand : Gesetzgebung. ■ — • E. Zurnbach : Ammdnnerkalal., dans Gfr. 87. — Le même : Zugerische Mitglieder der Bundesversammlung, dans Zuger Kalender 1930, 1931.
— Ph. Etter : Staatsgeschichtl. Entwickl. Zug. — Bonif. Staub : Der Kanton Zug. — Katastrophe von Zug 1887.
— E. Zurnbach : Zuger. Benssverbauung. — W.- J. Meyer : Erinnerungsschrift an de.n Aktivdienst der Zugertruppen 1914-1918'. — F. Spillmann : Kriegsjahre 1914-1920. dans Zug. Nbl. 1921. — Chronik des Kts. Zug (dès 1882), dans Zuger Nbl. 1884 et suiv. [E. Zumbach.]
IV. Développement de la civilisation. A. Écono- NOMIE nationale. 1. Agriculture et élève du bétail. Le développement de l'agriculture dans le canton de Zoug a été influencé par la situation qu'occupe celui-ci entre les préalpes et le plateau. En plaine, la culture des céréales a été dès longtemps intensive (ainsi que la culture des pommes de terre dès le XVIIIe s.), mais dans les montagnes l'élève du bétail a la prépondérance. La culture des arbres fruitiers était insignifiante et suffisait à peine aux besoins locaux. La fabrication de boissons alcooliques telles que le cidre et l'eau-de-vie (kirsch de
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