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ÉCONOMIE NATIONALE

ZOUG

Zoug) est de date récente ; au XVIIIe s., elle était encore sans importance. Des expositions de fruits ont été organisées à Zoug en 1871 et en 1931. La culture de la vigne était autrefois assez répandue. C'est au couvent voisin de Cappel, de l'ordre de Citeaux, que revientprobablement îe mérite de cette acclimatation vinicole. Outre les écrits qui en témoignent, de nombreuses dénominations locales révèlent l'existence de ce genre de culture. Le rendement ne fut jamais assez considérable pour faire face aux besoins du pays. Au cours du XIXe s., la vigne a cessé d'être cultivée dans le pays, à l'exception d'un petit vignoble situé à Walchwil.

La branche la plus rentable de l'agriculture zougoise est l'élève du bétail; on y élève exclusivement des bêtes de la race brune schwyzoise. Le jeune bétail était principalement exporté en Haute-Italie, le fromage et le beurre dans le plateau suisse. Depuis la création à Cham d'une fabrique de lait condensé en 1867 (famille Page), la culture des champs se réduisit à fort peu de chose dans les communes du bas pays et le paysan s'y adonna exclusivement à la production laitière, plus avantageuse pour lui. Il fallut les expériences des années de guerre et les limitations apportées à la condensation du lait, complètement supprimée en 1933, pour modifier cet état de choses.

De toutes les branches de l'agriculture, c'est l'élève du bétail qui a bénéficié la première et de la manière la plus abondante de l'appui et de la sollicitude des pouvoirs publics en même temps que se créaient et se développaient des organisations agricoles : Société d'agriculture fondée en 1852 ; la première exposition cantonale de bétail eut lieu en 1874, et chaque année depuis 1896 ; de nouvelles associations d'éleveurs virent le jour, à Risch en 1891, Unterageri en 1893, etc. Le marché intercantonal de taureaux de Zoug remonte à 1897 (c'est actuellement la plus importante des institutions de ce genre en Suisse). L'école d'agriculture d'hiver est ouverte depuis 1917. Le Zuger Bauernblatt paraît depuis 1923. L'aide donnée par l'État à l'agriculture a été réglée d'une manière complète par une loi du 7 avril 1924. Dans les années 1890 à 1900, on a procédé à d'importants travaux d'amélioration foncière et de drainage (1898, 1904, 1915).

Bibliographie. Habsburg. Urbar. — K. Rùttimann : Allmendkorporationen. — A. Letter : JEgeri. — B. Staub : Kt. Zug. — J. Stutz : Acker und Wiesenbau des Kts Zug. — A. Weber : Die Kartoffel und deren Einfiihrung. — Zuqer Nbl. 1894. ■ — Mùhlberg : Geistiqe Getranke. der Zuqer, dans Jahresb. der Kantonschule 1864-1865. — ■ J. Stutz: Obstbau des Kts Zug. — Le même : Kirsche... dans Zuqer Nbl. 1932. — ■ Schumacher : Weinrodel in Baar 1683, dans Zuqer Nbl. 1883. — ■ Zuqer Kalender 1928. — Schweiz. Alpstatistik, XIe fasc' — Ber. der landw. Winterschule, dès 1919. [E. Zumbach.]

2. Pêche et Chasse. Il est prouvé qu'un droit de pêche dans le lac d'/Egeri fut octroyé au couvent d'Einsiedeln au Xe s. ou au début du XIe s. ; on trouve aussi la preuve d'anciens droits de pêche dans le lac de Zoug concédés par exemple au couvent de Mûri. D'autres droits de même nature furent octroyés plus tard, mais ils ne parvinrent jamais à supprimer l'usage général de la pêche. Le lac « ouvert » ou « non concédé » formait une partie de l'allmend et était administré comme tel par lis communes qui édictaient les règlements sur la matière. Il existait, à Zoug une confrérie spéciale des pêcheurs. Des conflits provenant d'un manque de clarté dans les délimitations des divers droits de pêche furent peu à peu aplanis par les tribunaux ou par la voie amiable ; dans le lac d'.Egeri. par exemple, par la convention de 1862 et par un arrêté du Tribunal fédéral du 21 déc. 1905, qui reconnut au canton le droit de souveraineté sur le lac, mais qui consacra un droit exclusif de pêche aux communes d'Oberâgeri et d'Unterâgeri, comme ayant droit de l'ancienne communauté d'.Egeri, sous réserve de certains droits privés légitimement acquis. Pour le lac de Zoug, certains droits privés furent réglés au moyen de contrats : pêche de Dersbach, de Buonas et d'Eielen. Une réglementation plus complète de la police de la pêche fut apportée par la loi fédérale de 1875 qui fut remplacée en 1888 par la loi actuellement en vigueur.

Pour la pèche dans le lac de Zoug, un concordat fut conclu avec les cantons de Lucerne et de Schwyz en 1892, 1909, 1925.

Les premières limitations importantes apportées à la chasse, jadis entièrement libre, ont une origine fiscale (loi d'impôt de 1842) et ont fait dépendre le droit de chasse d'un permis. Mais la police proprement dite de la chasse fut créée par la loi fédérale de 1875, revisée en 1904 et en 1925. Une tentative de substituer dans le canton le système de l'affermage à celui des permis de chasse a échoué (1914).

Voir J. Hildebrand : Gesetzgebung. — Alph. Iten : Fischereirechte der Stadt Zug im Zugersee. ■ — A. Brutschy : Mono graphische Studien am Zugersee. — E. Zumbach : Fischereirechte im JEgerisee. — J. Heuscher : Monographie des Mgerisees. — Schweiz. Fischereizeitung 1896. [E. Zumbach.]

3. Commerce, industrie, métiers. Lorsque Zoug se fut élevée au XIIIe s. au rang de ville, elle devint tout naturellement le centre des transactions commerciales avec les environs, favorisée par sa situation de carrefour du trafic avec la Suisse centrale et le Sud. Ses principales marchandises étaient les céréales, le sel, le vin et les métaux ; les épices et les étoffes de luxe ne vinrent s'y ajouter que plus tard. On doit admettre que Zoug a possédé un marché depuis les temps les plus anciens. En 1485 deux marchés sont mentionnés, celui de Pentecôte et celui qui avait lieu après la Saint-Gall. Mais la proximité de Zurich et de Lucerne empêcha le commerce zougois de se développer au delà de son propre territoire.

Abstraction faite de la fabrication du papier, il n'existait à Zoug aucune industrie locale dans les siècles passés. Cette industrie du papier remonte au moins au début du XVIIe s. et s'est maintenue jusqu'à nos jours. Une papeterie fut fondée en 1657 à Cham et est devenue l'actuelle papeterie de Cham S. A. Pour le surplus, l'industrie zougoise date d'une époque récente ; elle doit principalement son existence aux abondantes forces hydrauliques de la région. Filatures de coton d'Unterâgeri 1834, de Neuâgeri 1845, de Baar en 1854, filature d'Hagendorn 1862 (incendiée en 1888), filature mécanique de la Lorze à Zoug 1857, etc. Actuellement quarante fabriques sont soumises à la loi fédérale et une filature de soie a existé en tant qu'industrie locale de 1829 environ jusqu'au début de ce siècle.

Des corporations de métiers se formèrent aussi dans la ville de Zoug ; elles revêtirent à l'origine la forme de confréries qui imposaient à leurs membres la pratique de la religion. La première fut la confrérie des tanneurs, cordonniers et selliers, de 1407, qui disparut en 1864. Il y eut seize corporations diverses dont celle des tailleurs et tondeurs de drap de 1408, existe encore actuellement. La confrérie de Saint-Luc (1602-1866) groupait les artistes et les artisans d'art. Celle des boulangers et meuniers (1686), existe encore actuellement (liste des corporations, dans J. Miihle : Festschrift). Au XIXe s. les corporations furent sacrifiées au principe de la liberté de l'industrie ; les trois seules qui survécurent ne poursuivirent plus guère qu'un but social. Les corporations de Zoug n'eurent jamais d'influence politique. Les orfèvres, les imprimeurs, les fondeurs de cloches et les potiers d'étain ont acquis aux XVIIe et XVIIIe s. une assez grande notoriété ; ils faisaient partie de la confrérie de Saint-Luc, qui exerça une grande influence sur la vie artistique. L'association cantonale des arts et métiers fut fondée en 1899. Des écoles professionnelles furent créées à Zoug en 1830, à Unterageri en 1885, à Mm/.ingen en 1899, à Baar en 1896, à Cham en 1903. La première exposition zougoise d'industrie et d'agriculture eut lieu en 1910. — J. Mûhle : Festschr. d. Gewerbeschule Zug 1830-1930.— Gewerbeblatt 1929-1930. n" 8. — G. Bossard : Bericht... Ausstell. in Bern, Zug 1858.

4. Voies de communication. La seule voie de communication de quelque importance fut, antérieurement au XIXe s., la route dite d'Horgen (Horgen-Sihlbrugg- Baar-Zoug) ; elle continuait par eau dans la direction Immensee, Kùssnacht, Lucerne et Fliielen et reliait Zurich au lac des Quatre-Cantons. A Zoug, il existait un entrepôt, et un péage y était perçu pour l'entretien

ZOIG

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