‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 20 sur 213 · VALLETTE · texte numérisé non relu

VALLETTE

Src .m, de la Valle (XV» s.).

des possessions sises dans le Valmaggia au monastère de Sun Pietro in Cielo d'Oro de Pavie. Effectivement ce couvenl \ avait des terres au XIIe s. Les capitanei de Locarno y possédaient de nombreux droits de propriété, pâturages, dîmes, cens, etc.

Au début du XIIe s. on comptait dans la vallée 13 communes. Au point de vue politique et administ ratif, la vallée, la Lavizzara comprise, fit d'abord partie de la pieve de Locarno, dont elle suivit, en général, les destinées jusqu'à sa séparation.

Elle était représentée au Conseil de la pieve par trois membres, et le Val Verzasca par un seul, quoique ces deux vallées dussent payer à elles seules un tiers îles impôts. Au surplus, ces députés étaient nommés par les capitanei. La domination de ces derniers, du l'ait des innombrables charges foncières, était impopulaire. Au printemps de 1398, les deux vallées se soulevèrent, marchèrent sur Locarno et le mirent à sac. Klles ne parvinrent cependant à s'en séparer qu'entre 1403 et 1406. Avec Mergoscia, elles formèrent une communauté politique portant le noir de Communitas Vallium Madie Verzasche et Mergossie (1406) ou de Communitas Vallis Madie et pertinenciarwm (1412), avec un Conseil ment lonné en I i06. Les statuts, cités en 1412, lui eut continués par les ducs de Milan et par les Rusca encore en 1500. Le chef-lieu était Cevio, où siégeaient le vicaire ducal, le Conseil et le tribunal. Une premier,' occupation suisse du Valmaggia e1 Verzasca eut lieu vers l'ilu-l'ill ei un bailli confédéré y esl mentionné. Mais, en septembre 1411, les vallées prêtaient serment de fidélité, avec le Val d'Ossola, au comte Amédée VIII de Savoie. En 1416, les cantons, à l'exception de Berne et de Scb.wyz, reprirent, avec le Val d'Ossola, le Valmaggia, tandis que les gens de la Léventine obligeaient le Y;il \ erzasca à leur prêter serment, mais en 1417 celle vallée étail .mssi sous le gouvernement de Domodossola. Valmaggia, Verzasca et Mergoscia appartenaient à I n, I nterwald, Lucerne, Zurich, Zoug et Glacis. Lors île l,i deuxième occupation suisse, les deux vallées formèrent d'abord une seule juridiction avec le Val d'Ossola, mais, à partir de 1418, elles eurent leur propre bailli avec un lieutenant dans le val Verzasca. Le 23 in.u I 'rJ2. Philippe-Marie Visconti, redevenu le maître du Valmaggia et de Verzasca après la bataille d'Arbedo, reconnut tacitement leur séparation d'avec Locarno ; mais les deux vallées continuèrent à contribuer aux finis de la défense de Locarno. En 1439, le Valmaggia el Verzasca passèrent avec Locarno, à titre de fief, à Franchino Rusca et suivirent dès lors les destinées île la seigneurie des Rusca. Les vallées eurent cependanf un podestal spécial, mentionné de 1441 à 1476. Vers 1500 le Val Verzasca retourna sous la juridiction de Locarno. Comme événements d'ordre intérieur, nous mentionnerons la mobilisation d'environ 670 hommes ordonnée en 1484 pa,r les Rusca pour la protection des passages vers le val d'Ossola; la révolte, vers 1502, des communes de la Boana superior contre les Français. Le Valmaggia lui occupé par les Suisses en 1512; il devint un bailliage des douze cantons qui confirmèrenf ses statuts en 1514. Celui-ci fut divisé en deux juridictions : Valmaggia et Lavizzara, avec un seul bailli, deux chanceliers indigènes (celui du Valmaggia élu tous les deux ;ms par chaque commune suivant un ordre établi), sept co-juges dans chaque juridiction pour les affaires pénales. Le Conseil général du luis Valmaggia se composait de trois représentants de chacune des 1 \ communes el étail présidé par le caneparo (trésorier). Il étail renouvelé par tiers chaque année. En 1798, le Valmaggia se donna un gouvernement provisoire, el accepta la constitution helvétique le 3 juillet. Sous la République helvétique, il lit partie du canton de Lugano. La constitution de 1803 en fit un seul district. Les 27 communes énumérées dans le décret du 25 juin 1803

lurent réduites à 22 dans le courant du XIXe s.

Au spirituel, le Valmaggia releva d'abord de Locarno. L'église Saint -Maurice à Maggia et celle de Saint- M art m à Sornico auraient été les premières églises paroissiales de la vallée. De ces deux centres religieux, qui remoni en1 à une date inconnue, se seraient séparées au cours des siècles les 26 paroisses ou vice-paroisses du Valmaggia

La Maggia a été la cause de nombreuses inonda1 ions, notamment en 1566, 1570, 1571, 1588, 1601, 1648, 1765, 1868. Population : 17ti."> approximativement 6123 hab.;1850, 7400 ; 1900, 5195; 1930, 4197. De 1850 à 1930 la vallée a perdu le 14,63% de sa population.

Voir AS I. — ASHR. — B. Hidber : Urkundenri gister. — AHS 1895. — BStor. 1880, 1885, 1888,1893- 1895, 1897, 1899, 1901, 1909, 1921. — Period. di soc. slor. corn. I. — A. Heusler : Rechtsquellen d. Cts Tessin. — K. Tanner : Der Kampf unis Eschental u. der Verrat von Domodessola. — Riv. arch. corn. 1916, 1924. — In/,. stor. Svizzera italiana 1928-1930. — E. Pometta : Corne il Ticino. — Le même : Saggi di storia ticinese. — Le même : Moti di libertà. — Le même : La battaglia di Giornico. — E. Bonta : La Leventina nel Quattrocento.

— A. Baroffio : Dell'invasione francese. — St. Fran cini : Storia d. Svizzera italiana. — K. Meyer : Die Capitanei von Locarno. — Le même : Politique transalpine, dans Hist. mil. suisse III. — Le même : lllrnio u. Leventina. — Album délie Bellezze naturali del C Ticino. — P. Schâfer : Dus Sottocenere im Mittelalter.

— U.Weiss : Die tessin. Landvogteien. — Dierauer. — C. Buetti : Note storiche relig. — t',. Simona : Note di arte antica. — S. Monti : Atti. — Art. Locarno, Lavizz.MiA, Rusca. [C. Trezzini.]

VALLET. familles genevoises venues de France et de Savoie, reçues à l'habitation en 1559 et au XVIIe s., à la bourgeoisie en 1513-1551 et 1644. — I. Famille parfois qualifiée noble, venue du Faucigny suivanl Sordet ou dont l'auteur serait, d'après Galiiï'e, l'nin Vuallet, de Colovrex, vivant en 1425. Elle semble s'être éteinte quanf aux mâles vers le milieu du XVIe s. — 1. Jean, serait fils de Pierre précité, du Petit Conseil 1457-1462. — 2. Hugonet, t 1482, fils du n" 1, du Petit Conseil des 1474, syndic 1478, 1479, 1482. — 3. Nicod, frère du n° 2, du Petit Conseil 1457. f après 1473. - 4. Jean, t entre 1528 et janv. 1531, fils du n° 2, du Pe1 h Conseil à plusieurs reprises de 1493 à 1525, fut chargé avec d'autres de composer et de faire jouer des histoires

I r l'entrée à Genève de l'évêque et de princes de

Savoie, en 1508, 1513 et 1523. Il fui impliqué dans la procédure instruite dès juillet 1527 contre les Mammelous fugitifs, il fut emprisonné de janv. à a\ r.

1528. — IL — Guillaume, du Petit Conseil 1475, 1478 et 1491. — Sordet : Dict. mns. — Covelle :

LB. — Armoriai genevois.

— Galiffe mus. — RC. — Archives d'État Genève.

III. — Edouard, * 1876 à Genève, t 1929 à Confignon, originaire de Beaurepaire ( Isère), nal uralisé gene\ ois 1902, \ écul plusieurs années à Savièse (Valais). D'abord graveur, puis peint re I huile et pastel). Il illustra le Jean- Luc persécuté de Ramuz

el lui l'un des illusl ra -

teurs des \'aran.ri's d'artistes de Baud-Bovy. Liste de ses œuvres dans SKL. — Sa femme, — Marguerite née Cilliard, 1889-1918, fut également peintre ; sociétaire du Salon d'automne à Paris 1907. — Pai/rs d'art 1918, 1919. - - Archives d'État Genève. [André Di i kert.]

VALLETTE (VALETTE). Familles genevoises, originaires du Sud de la l-'rance. Réceptions à. l'habitation el à la bourgeoisie aux XVIIe et XVII I" s. — I. Famille originaire de la paroisse de Saint-Étienne de Serre (Ar-

Edouard Valtet.

D'après un portrait point par

lui-même.

VALL1ER

YALLORRE

Gaspard Vallette.

D'après une gravure sur bois

de P.-E. Vibert (coll. Maillart)

dèche), établie ilan< la seconde moitié du XVIIIe s. à Moillesulaz et à Chêne. Reconnue genevoise, ressortissante de la commune de Chêne-Thônex et attribuée lors du partage de 1809 à celle de Chêne-Bourg. — 1. Jean- Louis, * 1800 à Chêne-Thônex, f 1872 à Paris. Pasteur

à Naples 1827 et aumônier des régiments suisses, pasteur à Paris (Billettes) 1841 et chapelain de la duchesse d'Orléans. — 2.

Élie-ALFRED, * 1860, petit-neveu du n° 1, ingénieur, l'un des fondateurs en 1899 de la maison Wartmann, Vallette et Cle, constructions en acier, à Brougg. — 3. Charles- Gaspard, 1865-6 août 1911, frère du n° 2, écrivain, critique littéraire et artistique, journaliste ; Dr es lettres h. c. de l'université de Genève 1909. Rédacteur en chef de La Suisse 1898-1903. Auteur, entre autres, de : Malletdu Pan et la Révolution, française, dans MDG XXV : Croquis de route, 1903; Promenades dans le passé, 1900: Reflets de Rome, 1909 ; J. - J. Rousseau genevois, 1911 ; Croquis genevois, 1912; Un humaniste genevois: Isaac Casaubon, dans Pages d'histoire dédiées à P. Vaucher. Collaborateur à P. Seippel : La Suisse au XIXe s., aux Annales de la Société J. - J. Rousseau, à la Semaine littéraire dès sa fondation (parfois sous le pseudonyme de « Chanteclair ») au .Journal de Genève, à la Ri bliolhèque universelle, au Foyer romand. Correspondant de la Gazette de Lausanne dès 1892, à la NZZ, à la Suisse libérale. Une fontaine a été érigée à Genève en 1914 à sa mémoire et à celle de son ami intime, Ph. Monnier. La Fondation Gaspard Vallette a été créée en 1912 pour récompenser des écrivains ou artistes suisses de moins de 40 ans. — SL, 26 août 1911. — Ph. Godet dans RU, sept. 1911 et dans Pages d'hier. — Die Schweiz 1906, p. 552, 575 ; 1909, p. 471 ; 1911, p. 406 ; 1918, p. 615. — Genève suisse. — F. Aubert dans L>ages d'art 1918. — RSHG II, III. — Quotidiens de Genève et de la Suisse romande. — 4. Emile-Louis, * 1869, frère des nos 2 ri :!, pasteur à Annemasse 1895, à Plainpalais 1905-1930 ; rédacteur à La Semaine religieuse de Genève dès 1929. Auteur de La Société île chant sacré de Genève 1826-1926. — 5. PIERRE, * 1904, fils du n° 4, auteur de recueils de vers : Les deux cœurs ; En passant près du bonheur et d'ouvrages en prose : La cité douloureuse ; L'appel des sables.

IL A une famille originaire de Mun en Rouergue appartient — Pierre, qui fut chargé en septembre 1556 d'enseigner « la chanterie » au collège de Genève. Chantre en 1553 et 1556. En 1559, il obtint du Conseil le privilège pendant trois ans d'imprimer les psaumes avec la musique d'une façon de son invention. Auteur d'une épître en vers figurant dans un psautier de 1555. — Archives d'État Genève : Mns. Th. Dufour 11. — RC. — Reg. ôes particuliers. — Douen : Clément Marot et le psautier huguenot. — G. Becker dans Mcnatshefte jni Vlusikgesch. XVI, et Bull. Soc. prétest, français 1885. - Rob. Eisner : Bicgr.-bibliogr. Quellen-Lexikon der

\lusil.i-r X. [André Duckert.]

VALLIER. Voir Valier.

VALLIÈRE, DE RÉGNIER DE. Famille du Pays de Vaud, fixée en France au XVIe s., ayant possédé la seigneurie, puis marquisat de Vallière, en Bourbonnais. Armoiries : d'azur au chevron d'or accompagné de deux étoiles d'argent en chef et d'un gland du même m pointe. - 1. Claude-Louis, 1684-1758, vint à Lausanne en 1716, officier au régiment de Gingins, en 1724. — 2. .lu m es-Loi is. 1746-1804, pasteurà Moudon et à Thierrens, fut reçu en 1790 bourgeois d'honneur île M. union. — 3. Théodore, 1828-1894, colo-

nel-instructeur d'artillerie. -- 4. EMILE -FRANÇOIS, 1834-1908, ingénieur, directeur «le- salines de Bex 1867-1874; auteur d'une notice historique sur la chute du Tauredunum et d'une autre sur les dépôts salins dans le district d'Aigle. — 5. Paul- Emanuel, * 1877, instructeur d'infanterie, major d'état-major, directeur de la Bibliothèque militaire et des archives de l'armée pendant la guerre. Auteur de Honneur et fidélité, 1913 ; Morat ; Le 10 août 1792 ; collaborateur à la Revue militaire suisse, à la Revue militaire française, au DURS. — 6. René, * 1880, ingénieur, directeur à la fabrique Dubied, à Neuchâtel, membre du Conseil et professeur à l'École polytechnique fédérale, à Zurich. [M. R. et P. V.] VALLIN (Valin). Familles genevoises. — I. Guil CHARD, trésorier 1410, syndic 1411. — IL Famille de Rives (Dauphiné), reçue à l'habitation en 1573. — Jean, 1589-1644 à Genève, régenta Orange (France), premiei régent au collège de Neuchâtel 1634-1641. Auteur de : Israël affligé ou tragecomedie sur la peste du temps </• David, 1637, et de vers latins sur Genève, imprimés sans titre. — Covelle : LB. — Bibl. publ. Genève, mns. — Archives d'État Genève et Mns. Th. Dufour 11. Archives Neuchâtel. [André Duckert.]

VALLON (C. Fribourg, D. Broyé. V. DGS). Corn, et Vge de la paroisse de Carignan (Dompierre-le-Grand). Ce village, qui faisait primitivement partie du fief des seigneurs d'Estavayer, fut incendié en 1338 par les Payernois. En 1686, Berne fit un arrangement avec le clergé d'Estavayer au sujet de la dîme de Vallon. — I Kueiilin : Dict. — A. Dellion : Dict. [H. Y.]

VALLORBE (C. Vaud, D. Orbe. V. DGS). Localité industrielle, paroisse et commune. En 1139, Valli

I iln : 1219, \alorbes. Ce dernier nom est aussi celui d'un lieu dit à Bavois ; il semble marquer une autre étymologie que celle indiquée en 1139. On y a trouvé une hache en serpentine, une hache en bronze et une monnaie romaine ; mais la colonisation de Vallorbe paraît être très postérieure et être due à la jonction des roules conduisant d'Orbe et de Jougne à la Vallée de Joux. La localité avait, dès 1148, une église paroissiale que l'évêque de Lausanne donna au couvent de Romainmôtier et qui était dédiée à saint Pancrace. Le même couvent y avait, dès 1139, une « obédience », soit prieuré. qui cessa d'avoir en 1321 une existence distincte ; ce prieuré jouissait de vignes à la Côte et du tiers de la dîme de Jougne. La commune de Vallorbe suivit les destinées de la terre de Romaimnôtier ; ses habitants furent affranchis de la taille en 1403. moyennant paiemeiii d'une redevance annuelle de 20 livres au couvent. Celui-ci favorisa l'industrie métallurgique dans la région. Une « ferrière » ou forge fut créée vers 1285 à La Dernier. une autre au Vivier, une troisième au Chàtelard. En 1528 le prieur Claude d'Estavayer autorisa P. Vallotton-Develey à s'installer au-dessous du pont de l'Orbe une usine pour fondie et forger le fer, fabriquer des faux, moyennant remise au couvent de trois quintaux de fer comme entrage et une redevance annuelle de 9 florins. Cette industrie se développa assez rapidement. En 1580. Nicolas de Hennezel, seigneur d'Essert-Pittet. se tit recevoir bourgeois de Vallorbe et s'y livra en grand à la

livrer tout le charbon nécessaire au travail de 80 000 pièces de fer par an. En 1669, on comptait dix forj Vallorbe. Ces fabriques ont orienté plus tard leur production, non seulement vers celle des gros fers, mais aussi celle des clous, puis des limes (1820), et finalement relie dernière industrie a prévalu. On a introduit, mi outre, à Vallorbe l'horlogerie, la fabrication des dentelli et d'autres encore, mais elles ne se sont pas maintenues.

II va maintenant une usine électrique, une fabrique de chaux et ciment, une usine de produits chimique-- qui sont, estimés.

Vallorbe comptait 21 feux en 1371. soil environ 160 habitants. 1 2 feux seulement en 1529. Le nombre des habitants est monté à 1000 en 1703, i 2000 en 1870. pour atteindre 4500 en 1930. La localité a été souvent

VALLOTON

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