‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 206 sur 213 · ZURICH (LAC DE · texte numérisé non relu

ZURICH (LAC DE

deuxième coalition. En mai 1799, le général français Masséna fut contraint par l'archiduc Charles d'Autriche d'abandonner ses positions en Suisse orientale. Zurich devint le point d'appui du front français rétréci. La défense de la ville fut renforcée par des tranchées établies du Burghôlzli à Hôngg à travers le Zùrichberg. Les Autrichiens qui avaient poussé vers la vallée de la Glatt, atteinte le 1er juin, prirent, le 3 juin, leurs dispositions pour l'assaut des positions françaises. L'attaque principale devait être donnée par l'aile gauche et le centre de leur armée sous le commandement du lieutenantgénéral von Hotze. De petits combats d'avant-postes, le 3 juin, à Hirslanden et Riesbach, préludèrent au mouvement général qui se déclencha le 4 juin, sans aboutir à la conquête des positions ennemies. Masséna ne s'en décida pas moins à évacuer la ville et opéra sa retraite dans la nuit du 5 au 6 juin et le matin du 6. L'aprèsmidi, les Autrichiens occupèrent la ville. Comme les Français purent atteindre leurs nouvelles positions, situées de l'Albis à la vallée de la Limmat, à travers l'Uetliberg, et maintenir leurs avant-postes de Leimbach à Albisrieden par Wiedikon, la victoire de la coalition fut très limitée. Elle devait entraîner des opérations nouvelles, en septembre. — J. Becker : Die erste Schlacht von Zurich.

Seconde bataille, 25 au 26 sept. 1799. Depuis la première bataille de Zurich, Lecourbe avait réussi, en août 1799, à reconquérir avec les troupes françaises les principauxpassages alpestres de la Suisse centrale, ce qui avait amélioré les positions de Masséna. Celles de la coalition, au contraire, s'étaient trouvées notablement affaiblies par le remplacement de l'archiduc Charles par Korsakoff. Le plan général de la coalition consistait à déclencher, le 26 septembre, une attaque sur toute la ligne, partant de Zurich, sous la direction de Korsakoff, de la plaine de la Linth, sous le commandement de Hotze. et du Gothard, avec Souvarov, et dont le but était de détruire les positions françaises en Suisse. Masséna la prévint en engageant la seconde bataille de Zurich, le 25 septembre. Concentrant le gros de ses troupes, dans la nuit du 24 au 25, près d'Urdorf, pour pousser de l'avant, de bon matin, en franchissant la Limmat près de Dietikon sur des bateaux et un pont de fortune, il donnait au général Mortier la mission d'ouvrir l'attaque avec une deuxième division, dans la région de Wiedikon et Wollishofen et au général Mesnard celle d'exécuter une attaque feinte avec un rideau de troupes dans la direction de l'embouchure de la Limmat et de la rive droite de l'Aar. Dans la journée du 25, Masséna parvint à s'avancer jusqu'à Hôngg et à atteindre au Nord la ligne Dâllikon-Regensdorf, à l'Est le Wipkingerberg et partiellement le Zùrichberg. Korsakoff se trouvait ainsi en danger d'être investi dans la ville de Zurich. Ayant appris que Hotze avait été tué dans une reconnaissance le 25 septembre et que les Français avaient réussi à franchir la Linth, il se décida, le 26 septembre à évacuer Zurich, à se retirer dans la direction de Bùlach à travers les lignes françaises et à gagner le Rhin. Cette opération réussit. Ainsi, l'aprèsmidi du 26 septembre la ville de Zurich était de nouveau en possession des Français. Tout le plan de la coalition était, détruit ; virtuellement, le sort de la seconde guerre de coalition était décidé. Les Français purent de nouveau occuper toute la Suisse orientale. — Wilh. Meyer : Die zweite Schlacht von Zurich. — H. Zeller- YVerdmùller : Zurich vor hundert Jahrcn — Œchsli avec bibl. ■ — Le même : Die Schweiz in den Jahren 1798 und 1799. — K. Dândliker : Zurich III. [W. G.]

ZURICH (LAC DE) (C. Zurich, Schwyz et Saint-Gall. V. DGS). La première mention du lac se trouve dans la Vita S. Galli (VIIIe s.) sous le nom de lacus de Turegum, plus tard (1252) lacus Turicinus ; depuis 1286 le lac est toujours appelé Zùrichsee (et non Zùrichersee). La plus ancienne représentation graphique est donnée dans la carte de la Suisse de Tschudi en 1538 (passablement inexacte), puis par Jost Murer en 1566 et par Gyger en 1667 (meilleures). A l'origine le lac s'étendait de Baden au lac de Walenstadt ; plus tard se formèrent des moraines près de Zurich et de Rapperswil (séparalion du lac et du haut lac).

L'écoulement du lac provoqua de nombreuses inondations, ainsi en 1343, 1553, 1664, 1726, 1728. A l'origine il se faisait par la Limmat, le Frôschengraben et le Schanzengraben. Par suite de l'extension de la ville de Zurich, le Frôschengraben fut recouvert en 1864. Afin d'éviter un refoulement des eaux, les palissades et les tours Grendel et Wellenberg furent supprimés. Les quais furent construits de 1881 à 1888.

Un vestige du plus grand lac, appelé le Tuggenersee, est encore mentionné dans un document de l'abbaye de Saint-Gall. La région est aujourd'hui une terre ferme.

Jusqu'à une époque récente le trafic utilisa de préférence la voie du lac plutôt que celle de terre. Au moyen âge. le lac de Zurich était la principale artère commerciale entre les pays du Rhin, Bâle et les Grisons et l'Italie. A la fin du moyen âge, le lac fut aussi utilisé comme voie d'accès au col du Gothard ; une souste élevée à Horgen provoqua l'aménagement d'une route reliant le lac de Zurich à celui de Zoug en 1452. Les pèlerinages d'Einsiedeln furent d'une grande importance pour le développement de la navigation ; le transport jusqu'à Richterswil coûtait 8 schilling. Le trafic de localités à localités se faisait par bateaux marchands qui, généralement le mardi et le vendredi, se rendaient à Zurich. Deux membres du Conseil de Zurich (Seevôqte) et un employé étaient chargés de surveiller la navigation. La surveillance du haut lac était faite par trois inspecleurs à Rapperswil, Lachen et Schmerikon. Mais des accidents ne purent être évités. En 1308, 50 hommes se noyèrent en passant à Ufenau ; en 1345, 40 eurent le même sort près de Rapperswil ; en 1704, un bateau ayant sombré près de Stàfa, fit 18 victimes. Le lac gèle complètement en moyenne une fois par siècle ; toutefois au XVIIe s., il gela six fois et à notre époque en 1879-1880, 1890-1891, 1929.

Le premier bateau à vapeur, la Minerva, fit sa première course le 19 juil. 1835. La société de navigation à vapeur, fondée en 1838, fusionna en 1868 avec une autre société créée en 1862. La compagnie du Nord- Est reprit en 1874 toute la flottille, parce que la construction de lignes de chemins de fer sur les deux rives avait considérablement ralenti le trafic lacustre. Une nouvelle société de navigation, fondée à Zurich en 1892, fusionna avec celle de Wâdenswil (1895-1900) et obtint en 1902 les bateaux du Nord-Est lorsque cette compagnie fut rachetée par la Confédération. Sur le haut lac ne circulent que des bateaux de charge pour le transport du sable, de la pierre, etc. Entre Meilen et Horgen, un service de bac a été organisé en 1933.

Les rives du lac ont été occupées déjà à l'époque préromaine. Quelques trouvailles isolées furent faites en 1830-1831 près de Meilen. En 1854, J. ,43ppli, instituteur, découvrit à Obermeilen les premières palafittes de la Suisse. Les recherches faites notamment par Ferdinand Keller, ont abouti à la mise au jour de 15 stations lacustres ; les rapports sur les fouilles ont été publiés régulièrement dans MAGZ. Les stations les plus importantes de la rive gauche sont : Wollishofen, Horgen ; sur la rive droite : Rapperswil, Hombrechtikon, Stàfa, Mànnedorf, Uetikon, Meilen, Erlenbach. A Zurich même, quatre stations sont connues, dont la plus importante est devant le quai des Alpes.

A l'époque romaine, une route conduisant du lac de Walenstadt à Vindonissa longeait les hauteurs de la rive droite du lac de Zurich, mais le trafic principal utilisait la voie fluviale.

Pendant la guerre de Zurich, le lac fut parfois le théâtre d'exploits guerriers, notamment devant Mànnedorf en 1445. D'autres actions militaires eurent encore lieu dans la suite ; ainsi en 1656, lorsque pendant la première guerre de Villmergen le général Werdmiïller assiégea en vain Rapperswil ; en 1799, lors de l'occupation du pays par les Français et les Autrichiens. En 1804 eut lieu un transport de troupes par le lac pour le Bockenkrieg. Le dernier bateau de guerre fut utilisé pour la dernière fois en 1810.

Les droits de pêche dans le lac appartenaient à plusieurs couvents et, dès 1362, à la ville de Zurich. Celleci édicta jusqu'en 1798 des ordonnances pour en limiter l'exercice.

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