ARMOIRIES, PRÉHISTOIRE
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canton de Vaud sont : coupé d'argent, charge des mots liberté ET patrie, rangés sur trois lignes, et de sinople. Ces armoiries furent adoptées par le Grand Conseil le 16 avril 1803. A l'époque de la Révolution, le vert était considéré comme la couleur des partisans du nouvel ordre de choses. Les patriotes vaudois l'arborèrent aux banquets de Rolle et des Jordils en 1792. Au matin de la Révolution vaudoise, le 24 janvier 1798, chacun orna son chapeau de la cocarde verte, la jeune République lémanique fut proclamée et elle adopta pour emblème un drapeau vert, portant en lettres blanches la devise liberté, égalité. Cette république, qui ne dura que quelques jours, fut incorporée à la République helve- 1 ^ tique dont elle de-
vint le canton du Léman. Lorsqu'en 1803 le Grand Conseil adopta les armoiries du canton de Vaud, la couleur verte était restée populaire, aussi forma-t-elle la base des nouvelles armoiries. La partie supérieure fut ajoutée pour y placer la devise.
La couleur des lettres de la devise ne fut pas précisée, mais elle a été fixée par l'usage. Sur les anciens drapeaux elles sont toujours d'or serties de sable.
La disposition du sceau du canton de Vaud a aussi été fixée par le décret du 16 avril 1803.
Les couleurs du canton sont d'après ce même décret « le vert-clair et le blanc ». Le drapeau est coupé blanc et vert, mais on porta aussi dès 1803 le drapeau à la grande croix traversante et aux quatre quartiers flammés vert et blanc. L'huissier cantonal porte un manteau vert avec la pèlerine blanche. La cocarde cantonale est verte au centre et bordée de blanc. . .
La baronnie de Vaud. En 1295, la seigneurie de Vaud devint l'apanage de Louis I de Savoie, frère cadet du comte Amédée V. Ses armes étaient d'or a 1 aigle de sable (Savoie ancien) au lambel de gueules brochant, en chef • mais son fils Louis II, seigneur de Vaud, porta des le commencement du XIVe s. les armes de Savoie avec une brisure, soit de gueules à la croix d'argent à la bande, componée d'or et d'azur brochant sur le tout, ainsi que sa fille Catherine, dame de Vaud. Ces armes figurent durant le XIVe et le XVe s. sur les sceaux des châtelains des différentes chàtellenies vaudoises et furent considérées aussi comme les armes de la baronnie de Vaud.
Bailliage de Vaud. Les armes de ce bailliage étaient :
d'argent au mont à trois coupeaux de sable. Elles n'apparaissent qu'à partir du commencement du XVIe s soit sur un sceau du duc Charles III, dernier baron de Vaud, et sur les vitraux de l'église de Brou à Bourg-en-Bresse.
Voir Ch Ruchet : Les armoiries du Lardon, de \ aua, dans 4H.S 1905. — Fréd.-Th. Dubois : Les armes du bailliage de Vaud, dans AHS 1905. [F. Dubois.]
Sceau de 1S03.
III. Préhistoire et période romaine. Le pays ne paraît pas avoir été habité à l'époque paléolithique. On n'y a trouvé aucune trace de l'homme des cavernes, si ce n'est que plusieurs générations de chasseurs de rennes ont occupé la grotte du Scé à Villeneuve. En revanche, pendant la période néolithique, les bords du Léman et du lac de Neuchâtel se couvrirent d'habitations. Les trois stations lacustres de Morges comptent parmi les plus importantes. D'autres populations vivaient a l'intérieur. La grotte du Scé fut réoccupee ; une grotte à Baulmes servit aussi d'asile, de même le vallon de Vaux, près de Chavannes-le-Chêne. On ne trouve pas trace d'habitation permanente, mais l'existence de menhirs dans la région de Grandson, d'un cromlech a la Praz de pierres à écuelles et de refuges dans divers lieux, notamment à Écublens, la découverte d'objets isolés un peu partout, marquent l'existence de populations plus ou moins sédentaires. On ne peut dire avec certitude si les cimetières importants .le la n-gnui de Chamblandes-Lutry. à l'Est de Lausanne, à portée du lac, se rapportent à une population terrienne ou aux lacustres. .
A l'âge de la pierre polie succède celui du bronze. A Morges, une station lacustre n'appartient qu a la crémière période; objets de pierres et objets de bronze se mêlent dans la deuxième ; la Grande Cité est tout entière de l'âge du bronze. De cela et d'autres indices, on peut inférer que l'apparition du bronze ne fut pas exclusivement le fait d'une population nouvelle, ou tout au moins que les nouveaux venus ne supprimèrent pas les anciens occupants. Les peuples qui introduisirent chez nous la civilisation du bronze ont laissé de très nombreux vestiges de leur présence, notamment leurs sépultures qui jalonnent les grandes routes, les rives du Léman, la vallée du Rhône, celle de la Broyé, le pied du Jura, laissant à peu près de côté les régions forestières du centre du canton, le Jorat.
Les dernières populations lacustres connurent 1 emploi du fer. Mais elles paraissent avoir disparu violemment, peut-être à la suite de modifications dans les conditions atmosphériques, plus probablement par suite de l'invasion de peuples nouveaux. Les Celtes se superposèrent aux Ligures. Le pays de Vaud fut habite par une population plus dense, occupant aussi bien 1 intérieur que les rives des lacs. Les noms de Lausanne, Nyon, Vevey, Pennelocus (Villeneuve), Oron, Moudon. Ayenches, Yverdon, ainsi que ceux de nos principales rivières, sont d'origine celtique. Il ne s'agit plus de groupement isolés, mais d'un peuple ayant son organisation et ses lois. C'est finalement le peuple helvète qui se divise en tribus : l'une, qui occupe le Pays de \aud actuel, est celle des Tigurins ; elle paraît avoir eu son centre politique à Avencb.es, mais l'un des plus importants cimetières de l'époque esta Saint-Sulpice entre Morges et Lausanne. .. , „, ,
Cette tribu avait ses chefs — on connaît le rôle de rjivico et c'est peut-être à Avenches que se déroula le drame politique dans lequel Orgétorix, accuse d avoir voulu se faire proclamer roi, trouva la mort.
Occupation romaine. A la suite de la bataille de Bibracte (an 58 avant J.-Chr.), les Helvètes durent rentrer dans leurs pays, reconstruire leurs villes et leurs villages. Jules César leur laissa une grande liberté. mais° il prit ses précautions. Pour les empêcher de recommencer leurs incursions en Gaue, il établit en vue de Genève une colonie de vétérans, la Lolonm equestns, à Woviodunum (Nyon). Une génération se passa après quoi le pavs, suffisamment assimile, entra dans 1 oiga- , isation romaine régulière. Auguste en 1 an 2,. en fit a .ir.nis Helvetiorum. capitale Avenches, qui reçut des le début le droit latin, tandis que des notable, particulièrement sûrs bénéficiaient dès le début des avantages du cîtoven romain. Marche de l'empire. 1 Helvetie reçut un réseau de routes approprié, et le pan des voies wdoises dressé par D. Viollier, montre leur intérêt stratégique. A part la route du Léman et le passage sur France, tous les tracés se dirigent vers Avenches. d ou ils continuent dans la direction du Rhin, A un croisement de route important, un castrum est édifie a ï Verdun, et le port de Lousanna prend du développement.
Objets trouvés dans le canton de Vaud.
I. Age du bronze : 1. Épée (lac de Luissel), Musée, Berne. — 2. Lance (Cheseaux). — 3. Brassard gravé (Villeneuve). — ■i. Gorgerin gravé (Villeneuve). — 5. Hache de cuivre (Bex). — G. Bracelet creux (Lavey). — 7. Hache à ailerons (Villeneuve).
II. Premier âge du fer : 8. Disque ajouré avec cercles mobiles et anneau de suspension (Rances). — ■ 9. Plaque de ceinture estampée (Bofllens). — - 10. Cercle en or estampé (fragment), Trey.
III. Deuxième âge du fer: 11. Épée en fer (Vevey). — 12. Broche ornée de corail, face et revers (Saint-Sulpice). — 13. Fibule ornée de corail (Saint-Sulpice). — 14. Bracelet (Lausanne), Musée National. — 15. Fibule (Lausanne), Musée National. — Sauf indication contraire, tous ces objets sont en bronze et se trouvent au Musée cantonal à Lausanne.
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De la vie politique du pays de Vaud à l'époque romain", nous ne connaissons guère que ce que dit Tacite de la rébellion des gens d'Avenches contre Vitellius en l'an 69, et de la punition d'un de leurs chefs, Julius Alpinus, 11 est peu probable qu'il s'agisse ici d'un soulèvement national : nous ne sommes en présence que d'une lutte de factions, e1 l'i'ntérêl que prit Vespasien au développement et à l'embellissement de celle ville, où peut -èlre il était né, montre que rien ne subsista de l'incident. L'essentiel de ce que nous savons de celle période nous est fourni par les monuments, les nombreuses inscriptions d'Avenches et de Nyon, celles de
romaines des environs de Lousanna onl travers siècles.
Cette civilisation s'épanouil pendant deux siècles el demi. Puis, les barbares dévastèrent l'empire. On conjecture qu'Avenches fut ravagée deux fois, en 250 et en 276, el avec cette ville évidemment le reste du pays. Dioclétien chercha à réparer les ruines et à reconstruin les défenses de l'empire. L'n nouveau remparl prot une Avenches plus restreinte, le camp d'Yverdon fut renforcé, le Lousanna de Vidy fut enfoui, de murs. La vie renaît sur les ruines. Des maisons de maîtres très soignées, à Vidy, datent de ce renouveau. Mais voici une
Vénus trouvée à Poliez-Pittet en 1803 (collection \V. Cart).
Junon trouvée à Avenches.
Dieu lare trouvé à Avenches.
Lausanne, de Moudon, d'Yverdon, de Payerne, de Villars-les-Moines, de Nonfoux et les restes d'habitations romaines. Viollier ;i calculé que. sur les 388 communes du canton de Vaud, 217 en ont livré. Cela ne veut évidemment pas dire que les Romains se sont établis partout. Ils ne furent au contraire qu'en petit nombre. .Mais la civilisation romaine a imprégné fortement les populations indigènes, si fortement qu'à part quelques noms gaulois relevés dans des inscriptions, le monument des maires de Vidy, que l'on appelle la « Pierre Oupin ». toute la culture helvète a disparu.. La carte archéologique du canton montre en outre que les Romains el le- Helvètes ne colonisèrent pas les régions montagneuses des Alpes, le Jura et même le flanc méridional du Jorat ; ils se contentèrent des plateaux, des vallées et des rives du lac. La ville d'Avenches témoigne encore de l'importance de ses édifices anciens ; le> maisons romaines de Boscéaz près d'Orbe, de Commugny, de Vidy, de Cheseaux et d'autres manifestent de l'opulence de leurs propriétaires ; le> noms d'une vingtaine de villas
nouvelle tourmente, la ruée des Alémannes au milieu du IVe s. La collection des monnaies romaines s'arrête à 350 à Lausanne, à 364 à Yverdon, et l'on n'en connaît point du règne de Julien (t 363) à Avenches. Ammien Mareellin constate que cette ville est à peu près déserte e1 que les lûmes veule- démontrent miii ancienne grandeur. [.Maxime Reymond.]
IV. Histoire. 1. Jrsut 'a la conquête BERNOISE. a) Les Burgondes et les Mérovingiens. Dans la dés gation de l'empire, les Burgondes introduisirent un ordre nouveau. Ils occupèrent la Savoie en 443. il> furent à Genève axant l'an 500. C'esl probablement entre ces deux dates qu'ils s'établirent au pays de Vaud (l'évêque de Windisch passa lui-même avant 517 sous leur domination) refoulant les Alémannes qui s'étaient avancés vers 450 jusque dans la région de Romainmôtier. Ces nouveaux maîtres du pays ne firent pas bande à part. Ils se mélangèrent étroitement à la population indigène. Sur les 218 communes dans lesquelles on a constaté des restes d'habitations romaines,
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