VELLA
VENDELINCOURT
le contingent de Fribourg dans l'expédition du Hegau. f 1504. — 8. Heintzman, frère du n° 5, bourgmestre 1458-1461, 1465-1468, prétendant de Louise Rych (voir art. Dives). — 9. Petermann, fds du n° 8, bourgmestre 1462-1465. f 1469. — 10. Nicolas, fils du n° 6, bourgmestre 1495-1498. f 1498. La famille s'éteignit dans la ligne masculine en la personne de Guillaume, t 1511, petit-fils du n° 5, dont la fille Dorothée devint la femme de Hans-Rodolphe d'Erlach. — Nouv. Étr. frib. 1881, 32. — FA 1891 . — .4F 1913, 241. — P. de Zurich : Les avoyers, dans AF 1918, 1919, 1927. — Généalogies Daguet et Schneuwelv aux Archives d'État de Fribourg. l.s 1 1915, p. 221, 320, 325. [Pierre de Zurich.]
VELLA. Famille tessinoise citée à Bedretto en 1755 où un membre de cette famille était député de la Léventine à Alldorf pour la question de la révolution des Léventinais contre le gouvernement uranais. — ■ VlTTOrino, * à Faido 1870, f à Lugano 24 févr. 1921 ; chirurgien en chef des hôpitaux de Mendrisio et de Lugano et de la clinique de Moncucco. — A. Cattaneo : I Leponti. — Educatore 1870, 1896, 1921. [C. T.]
VELLEMAN, ANTOINE-Georges-Gustave, d'origine belge, * 15 mai 1875 à Vienne (Autriche), bourgeois d'honneur de Zuoz (Grisons) 1912. Établi en Suisse depuis 1898 ; privat-dozent à l'académie de Neuchâtel 1900. Directeur du lyceum alpinum de Zuoz 1904, privat-docent 1917, puis chargé de cours de langue et littérature rhéto-romanes à l'université de Genève. Chef de section au secrétariat de la Conférence internationale du travail à Washington 1919 ; interprète dès 1920 à l'Assemblée de la Société des Nations, à l'Institut international d'agriculture, à l'Union interparlementaire, à l'Institut international de statistique. Premier secrétaire des commissaires de la Société des Nations pour Dantzig 1920-1921, secrétaire du Président de la conférence germano-polonaise pour la Haute-Silésie, etc. Principales publications : Le principe de l'égalité en matière d'impôts, 1901 ; Grammalica... de la lingua ladina, 2 vol., 1915, 1924 ; Dieziunari scurznieu da la lingua ladina, 1929 ; collaborateur aux Annalas délia Societad rhaeto- Tomànscha etc. [H. G.]
VELLERAT (C. Berne, D. Moutier, V. DGS). Com. et Vge de la paroisse de Courrendlin. D'après une tradition, trois familles d'origine allemande, les Heitchemann ou Echemann, s'établirent en ce lieu à l'époque de la Réforme et reçurent en fief du chapitre de Moutier- Grandval différentes terres situées à l'endroit qui est devenu \ ellerat. I ne petite chapelle y a été construite en 1888. Population : 1850, 88 hab. ; 1930, 129. — A. Daucourl : Dict. I. [G. A.]
VELLIET, VELLIETI. Familles genevoises. A l'une d'elles, probablement originaire d'Hauteville, se rattache — Pierre, syndic en 1429. f après 1433. - RC. — Archives d'État Genève. — Galiffe : Not. gén., mus. [H. G.]
VELLUT, VELLUTI, VELUZ. Famille genevoise donl quelques membres sont parfois appelés « Pictet alias Veluti - ; ils se rattachent peut-être aux Pictet de Vernier. — 1. Berthet, conseiller 1394. — 2. JEAN, boucher, membre du Conseil des Cinquante 1457-1462, 1473 : du Petil Conseil 1478, 1481. Riche bourgeois qui, d'après l'accord de Fribourg de 1477, devait être un des otages dans les petits cantons pour le paiement de la contribution de guerre genevoise. — 3. Jean, junior, boucher, cité dans les RC dès 1459, difficile à distinguer du n» 2 ; du Conseil des Cinquante 1502, 1505, 1507- 1511 ; assista à plusieurs reprises aux séances du Petit Conseil. — 4. Girard, boucher, du Petit Conseil 1484- 1485, 1497-1498, du Conseil des Cinquante 1502-1503, 1505, 1507. — 5. Anselme, frère du n° 4, Dr en droit civil et canon, du Petit Conseil 1488-1491 ; élu syndic 1492, refusa cette charge. Plusieurs fois conseiller juridique des syndics ; l'ut même délégué au duc de Savoie 1498. — 6. Richard, notaire. Participa à la proclamation burlesque de 1517 qui donna le prétexte aux poursuites contre les eidguenots. Arrêté en 1532 pour avoir exécuté dans Genève des lettres du pape, soit du légal en Savoie, ce qui fut considéré comme contraire à l'autorité du prince-évêque et de la ville. Secrétaire de la Dispute de Rive 1535. Auditeur 1540 et secrétaire de
Conseil 1540. — 8. J. Velut, sergent ducal, qui ne se rattache peut-être pas à cette famille, fut tué le 15 juil. 1529 près de Chêne, dans une rencontre entre Genevois et Savoyards. Cette affaire occupa Berne et Fribourg et fut l'occasion de toute une négociation. — RC. — Archives d'État Genève. — Galiffe : Not. gén. I et II.
— Galiffe : Matériaux I. — V. van Berchem : La Folle Vie, p. 49 et 56. — J. Balard : Journal, p. 241. — Sordet : Dict. mns. ,J I ■•* [H. G.]
VELTHEIM (C. Argovie, D. Brugg. V. DGS). Com. et Vge paroissial. Au XIIIe s., Velthein. Armoiries : ([d'azur à un coq au naturel, posé sur [[un mont de sinople, surmonté d'une [étoile d'argent. Veltheim suivit les destinées politiques de la seigneurie de Wildenstein avec laquelle le village passa à Berne en 1720 ; il fit dès lors, partie du bailliage de Schenkenberg. Selon la tradition, un ermitage aurait existé au sommet du Gisulafluh, près de Veltheim ; on en fait la résidence d'une sainte Gisèle, inconnue dans l'hagiographie suisse et à laquelle on attribue même la fondation de l'église de Veltheim. On relève la présence d'un vicaire en 1288. La collation relevait du château de Wildenstein. L'église actuelle daterait du milieu du XVIIIe s. — W. Merz : Gemeindewappen. — Le même : Burgen und Wehrbauten II, p. 532, 573. — Le même : Rechtsquellen... Aargau; Landschaft IL — LL. — F.-X. Bronner : Aargau I, p. 69. — J. Millier : Aargau II, p. 257. — . Wg. 23, p. 148, 205. [H. Tr.]
VELTHEIM (C. Zurich, D. Winterthour. V. DGS). Ancienne commune. Armoiries : de gueules à un soc de charrue d'argent surmonté d'une serpette du même emmanchée d'or.
On y a trouvé une fonderie de l'âge du bronze, des restes de colonisation romaine et alémannique. Un Blitgàr, grand personnage laïc, possédait en 774 des biens à Feldhaim. Un combat eut lieu aux environs en 1079 entre les troupes de l'abbé de Saint-Gall, Ulrich, ami d'Henri IV, et des partisans de Rudolf von Rheinfelden conduits par Berchtold de Zâhringen. Un château aurait existé au moyen âge sur le Gallispitz ; il n'en reste rien et les actes sont muets à son sujet. Le village appartint au comté de Kibourg et fut attribué en 1230 par le comte Hartmann IV l'Ancien, avec la collation de l'église, à son épouse Marguerite de Savoie ; il passa ensuite aux Habsbourg et finalement à Zurich avec le comté de Kibourg et fut alors rattaché à l'enneren Amt du bailliage de Kibourg. La paroisse est citée la première fois en 1319. Sur l'emplacement de l'église se trouvait à l'origine une chapelle dédiée à sainte Anne, probablement desservie par Winterthour. Les habitants de cette ville s'y rendaient chaque année en pèlerinage en souvenir de leur victoire de 1292 sur les Zuricois. La collation passa en 1358 au couvent de nonnes de Toss, puis après sa suppression en 1524, à Zurich. Veltheim fut réuni en 1922 à la commune de Winterthour. — UZ. — Lauréntius Bosshard : Chronik.
— K. Hauser : Das Gefecht bei Veltheim, dans Sonntagsblatt des Landboten, 19 mars 1893. — G. et F. Hegi : Das Tôsstal. — K. Wirz : Etat. — Sonntagspost des Landboten 1915, n° 17. [M Th.]
VENDELINCOURT (allemand Wendelinsdorf) (C. Berne, D. Porrentruy. Y. DGS). Com. et Vge paroissial. En 1136, Uuandeleincurt ; 1266, Wandelincorl ; 1285 Wendlisdorf, domaine de Vendelin (prénom germain), La collégiale de Saint-Ursanne possédait à Vendelin. court la troisième partie des dîmes. Les couvents d- Lucelle et de Moutier-Grandval avaient aussi des terrée en ce lieu et, en 1317, le comte de Montbéliard possédais le cours d'eau avec moulin. En 1378, l'évêque de Bàlet Jean de Vienne, engagea le village à Simon de Saint- Aubin jusqu'au paiement de 550 florins qu'il lui devait. Son successeur, Imier de Ramstein, augmenta cette dette de 500 florins (1383) et ce n'est qu'en 1424 que
VENDELINCOURT
VENISE
Vendelincourt retourna aux évoques de Bàle. La dîme appartenait aux Tavannes à la fin du XVe s. Le château, sorte de maison forte entourée de fossés, a été en partie détruit et il n'en reste que des vestiges. Vers le milieu du XIXe s. l'horlogerie y fut introduite et occupa une lionne partie de la population. Aujourd'hui, elle en a presque disparu. En 1832, pendant les troubles politiques et religieux, les habitants du village chassèrent des étrangers et refusèrent de payer l'impôt foncier. Vendlincourt fut occupé militairement par un bataillon d'infanterie et une demi-batterie d'artillerie, sous les ordres du colonel Hoffmeyer, de Bassecourt. L'occupation dura trois jours et la popidation se soumit. Vendelincourt fit partie, avec Bonfol, de la paroisse de Damphreux jusqu'en 1619. A cette époque, les deux villages furent séparés de Damphreux et Vendelincourt fut desservi par le curé de Bonfol. On ignore la date de la const Miction de l'église, dédiée à saint Léger, évêque et martyr. Elle fut démolie en partie en 1817 et reconstruite. Elle fut consacrée le 11 oct. 1864. En 1888, une école secondaire fut créée à Vendelincourt. Par suite de la diminution de la population, elle a été supprimée en 1930. Population : 1764, 475 hab. ; 1850, 644 ; 1930, 623. — Voir Trouillat. — J.-L. Vautrey : Notices IV. — A. Daucourt : Dict. VIII. — E. Daucourt : Les Troubles de 1836 dans le Jura. [G. A.]
VENDELINCOURT, de. Famille noble connue du XIIIe au XVIe s. Le premier membre cité est — ■ Eberhart qui était vouhay ou bailli de Porrentruy avec ses deux frères Renaud et Ulric. Un autre, Eberard, écuyer, reprit, le 1er nov. 1316, en fief de Renaud, comte de Montbôliard, la forteresse de Vendelincourt et ses dépendances. — Jehannenat dut. rendre hommage, en 1333, à la duchesse d'Autriche, Jeanne, pour un domaine sis au même lieu qu'il avait acheté de l 'écuyer Jehan de Muriaulx. — Alart, chevalier, fonda un autel dans l'église de Porrentruy. ■ — Jean-Philippe, maître d'hôtel de l'évêque de Bâle, trouva la mort en combattant avec l'amiral Coligny contre Charles IX, en 1570. La famille s'éteignit vers cette époque. Ses biens et, en particulier le château, entrèrent dans le domaine des évêques de Bâle. Armoiries : d'azur à un sautoir d'or. — Trouillat. — J.-L. Vautrey : Notices IV. [G. A.]
VENEL. Famille vaudoise, de Bursins, admise en 1764 à la bourgeoisie d'Orbe. — 1. Jean-André, 1740- 1791, médecin, l'un des fondateurs de la science orthopédique dans le canton de Vaud ; fonda un hospice à Orbe et une école de sages-femmes à Yverdon. — 2. Jean-François-Henri, 1780-1855, fils du n° 1, géographe et cartographe. — F. Barbey : Orbe. — Livre d'Or. — ES III. [M. R.]
VÉNÉRAND. Abbé de Saint-Maurice, après Tranquillinus, vers 530, transporta, avec la permission du roi franc Tierry, les restes du roi Sigismond et de ses enfants, précipités dans un puits près d'Orléans par l'ordre du roi Clodomir, à Agaune, dans la chapelle Saint-Jean qui devint l'église paroissiale Saint-Sigismond. — - M. Besson : Monasterium acaunense. [Ta.]
VENEZUELA. La colonie suisse au Venezuela comprend un peu plus de 200 membres, commerçants, ingénieurs, techniciens, géologues, employés d'hôtel pour la plupart. Elle s'est accrue depuis la découverte de sources pétrolifères dans la baie de Maracaibo. Pendant un certain temps, une centaine de Suisses, y compris les auxiliaires, étaient occupés dans l'industrie du pétrole, mais ce nombre a diminué depuis la crise. Il y a quelque temps, on parla du Venezuela comme d'un but pour la colonisation suisse, mais ce pays ne peut devenir pour nous une terre d'émigration, à cause des difficultés d'établissement qu'il offre. Selon le recensement de 1920, la colonie vénézuélienne en Suisse ne comprend que 40 personnes. En 1931, les échanges commerciaux entre la Suisse et le Venezuela, y compris la Guyane, s'élevaient à neuf millions de francs environ, dont 6,4 millions pour l'importation du Venezuela en Suisse et 2,5 millions pour l'exportation de Suisse en Venezuela. Il n'existe pas de traité entre les deux pays. Depuis 1919, le Venezuela est représenté en Suisse par son ministre résidant à Paris, et, pendant son absence,
par un chargé d'affaires résidant à Berne à titre intérimaire. Voici les noms des représentants diplomatiques du Venezuela en Suisse :
Gil Fortoul, José, chargé d'affaires, du 11 juin 1894
au 8 oct. 1897.
Gil Fortoul, José, envoyé extraordinaire et ministre
plénipotentiaire, du 24 mai 1919 au 29 nov. 1923. Barcelô, Simon, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, du 29 nov. 1923 au 30 août 1927. Zumeta, César, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, depuis le 30 août 1927.
Le Venezuela n'a pas eu de représentant en Suisse du 8 oct. 1897 au 24 mai 1919.
Le Venezuela entretient, en outre, des consulats à Berne, depuis 1888, à Lausanne, 1909, à Genève, 1910, à Zurich, 1920 et à Bâle, 1922. Le consulat du Venezuela à Lucerne, fondé en 1895, fut supprimé en 1919. La Suisse ne possède aucune représentation diplomatique au Venezuela. Un consulat honoraire existe depuis 1909 à Caracas, capitale du pays. Les consuls ont été les suivants : Balestra, Max (Tessin), 1909-1911 ; Scharplaz, Jean (Grisons), 1911-1913 ; Guinand, Ernest (Neuchâtel), 1914-1922 ; Guinand, Auguste (Neuchâtel), depuis 1923. Au sujet de l'arbitrage du Conseil fédéral dans l'affaire des litiges de frontière entre le Venezuela et la Colombie (commission d'experts Lardy), voir art. Colombie. [Bzr.]
VENISE (République de). C'est en 824 qu'il est fait pour la première fois mention de Suisses à Venise : un moine du couvent San Michèle. Il faut descendre le cours des âges jusqu'au XIVe s. pour en trouver à nouveau. A cette époque, il existait déjà d'étroites relations commerciales entre Venise et la Confédération, notamment avec Bâle et Zurich. Les banques qui, à la fin du XIIe s., utilisaient déjà les lettres de crédit, jouèrent dans ces relations un rôle important. A L'occasion de la fourniture de marchandises vénitiennes à l'empereur Charles IV (1348-1365), de longues négociations s'engagèrent dans le but d'obtenir le libre passage des convois sur le territoire de Bâle. C'est probablement cette circonstance qui décida l'envoi d'une mission vénitienne à Bàle au milieu du siècle. La première mission du Sénat vénitien dont la preuve soit certaine fut envoyée auprès des Confédérés (à Lucerne) en 1425, en la personne de Giovanni Amadi. Il semble qu'au XVe s. des mesures de réciprocité aient déjà été en usage dans les transactions commerciales. Un droit d'entrée de 1 1> % décrété par Venise, à la suite de certains frottements, et qui frappait les marchandises textiles suisses sur tout le territoire de la Confédération, y suscita du mécontentement. Berne et Fribourg déléguèrent en 1496 deux représentants (Joh. Ballistarius et le bourgmestre Techtermann) à Venise, où ils parvinrent à faire supprimer cette taxe pour leurs cantons respectifs. Au XVIe s. des cartes géographiques renseignaient déjà sur la voie commerciale Venise-Zurich. Une sorte de zone franche, exempte de droits de douane, paraît avoir existé à cette époque dans le commerce avec la Confédération et cette faveur avoir été étendue aux Grisons. Les divers traités d'alliance et les capitulations militaires conclues dans la suite avec Venise ont contribué dans une large mesure à développer les tractations commerciales et assuré à celles-ci une plus grande somme de liberté. Ce fut notamment le cas dans le territoire des III Ligues où l'exportation du bétail à destination de Venise prit, à partir de 1649, une notable extension.
Venise eut de bonne heure une organisation diplomatique fortement constituée. En 1463, l'ambassadeur Niccolô Bernardo se rendit en mission spéciale à Zurich pour conclure une alliance avec les Confédérés. En 1489, un Bernois, Jean d'Erlach, fut envoyé à Venise en qualité de représentant de la Confédération, probablement avec le mandat de proposer une alliance. A cette même époque, il est fait pour la première fois mention de magistrats des Ligues pensionnés par Venise, notamment à Berne, à Schwyz et dans le Nidwald, et dont la mission consistait à empêcher la conclusion d'alliances avec la France. L'un des plus influents parmi eux fut. dans la seconde moitié du XVIe s.. Melchior Lussi, landammann d'Unterwald, dont une collection d'environ
VENISE
VENISE
IDIl Lettres confidentielles sur la politique fédérale et les capitulations nous ont été conservées. En 1671, Berne et Zurich déléguèrent à Venise un envoyé extraordinaire
(G ges Orelli) pour réclamer le paiement de 104 000
ducats représentant des pensions échues. Lors du renouvellement de l'alliance avec les III Ligues, des sommes considérables furent distribuées dans cette région. Il existe par contre une liste datant de cette époque, où figurent les noms des personnes qui refusèrent les présents de Venise.
Le début du XVIe s., époque à laquelle un nombre considérable de soldats suisses prirent part aux guerre. d'Italie, vit les relations vénéto - suisses prendre un nouvel essor. Quand les troupes de Venise eurent été vaincues par les Français, dont l'armée comprenait
ni Suisses, le gouvernement vénitien engagea avec la
Diète des négociations d'alliance couronnées de succès en insistant sur les intérêts communs qu'avaient les petits États à se grouper contre les grandes puissances. En 1511, un certain nombre de négociateurs suisses se rendirent à Venise pour discuter avec le doge et le cardinal Schiner, représentant du pape Jules II, les conditions d'une alliance entre le pape, Venise, l'Espagne, l'Angleterre et les Confédérés (Sainte Ligue) contre la France. Les délégués suisses furent accueillis à Venise comme des libérateurs et y furent comblés de présents. En outre, à la suite d'une décision rendue par le Sénat de Venise, les troupes reçurent une lettre qui leur offrait de grandes facilités de ravitaillement.
En vertu de l'alliance conclue avec Venise, 20 000 Confédérés se rendirent à Vérone où ils opérèrent Leur jonction avec les troupes de Venise et du pape. Un heureux résultat de la victoire de 1512 fut la cession de la partie méridionale du Tessin aux cantons et celle de Chiavenna, Bormio et de la Valteline aux III Ligues. A la bataille de Novare en 1513, les troupes suisses se distinguèrent de nouveau. De nouvelles levées militaires eurent lieu au profit de Venise. La conduite des Suisses qui combattaient en Italie a été fréquemment louée par les historiens et par les envoyés de Venise auprès des cantons (Jean-Baptiste Padavino : Relazione). Les représentants diplomatiques de Venise à Paris, Vienne et Rome au XVI', XVIIe et XVIIIe s. se sont exprimés d'une façon fort suggestive à ce sujet dans leurs rapports confidentiels. Dans son ouvrage Prospetto délia Svizzera, paru en 1832, L'historien Tullio Dandolo, émet sur les troupes suisses de fort intéressantes considérations. Mais les relations entre la Confédération et Venise ne furent pas seulement de nature militaire. Au XVIe s., l'envoyé grison Fr. de Salis proposa aux Vénitiens la conclusion d'un traité pour réprimer les nombreux délits commis à la frontière. Ce traité fut conclu pour une durée de dix ans et fut renouvelé en 1564 et en 1596. Si l'on en croit un rapport de L'envoyé vénitien à Rome, ce traité a contribué à créer une plus grande sécurité dans la région frontière. Des Confédérés furent souvent traduits, pour des délits de ce genre, devant les tribunaux vénitiens et l'on vit même des innocents encourir des condamnations. Pour éviter le retour de faits semblables, l'envoyé grison à Venise (Salis) proposa en 1596, à son gouvernement, de nommer un consul en la personne de Francesco Ponthys (Ponthia), citoyen de Venise, mais qui descendait d'une ancienne et noble famille des Grisons. Après de longues négociations, Ponthys fut enfin agréé en qualité de consul à Venise.
La fin du XVIe s. est marqué par l'effort constant fait par Venise, menacée par la politique d'expansion de l'Autriche, pour conclure une alliance avec les III Ligues. En 1603, une alliance de dix ans fut conclue. C'est à partir de cette époque qu'on vit s'établir à Venise un nombre considérable d'artisans et de commerçants grisons. Cette alliance paraît avoir incité le gouverneur espagnol de Milan, le comte de Fuentès, à des actes hostiles. L'influence espagnole devait d'ailleurs dans la suite reprendre la haute main dans les Grisons et faire échouer, en 1613, le renouvellement de l'alliance vénétogrisonne.
Il faut mentionner aussi la mission spéciale qu'accomplit auprès des Confédérés, en 1607, le plus habile des diplomates de Venise, Padavino, dans le but de recruter
des troupes en Suisse. Padavino était très apprécié à Zurich. Ses rapports présentés au Sénat de Venise de 1605 à 1608 sont des preuves convaincantes de sa clairvoyance ; ils ont été publiés au XIXe s. par V. Cérésole sous le titre : Relazioni inlorno allô Stato dei Signori Grigioni e del Governo e Statu dei Signori Svizzeri.
Après l'échec subi par l'alliance proposée aux III Ligues, Venise dépêcha en 1613 son représentant Barberigo à Zurich et à Berne pour sceller une autre alliance. La résistance de l'ambassadeur de France, Castillon, prolongea les négociations durant une année, mais elles furent couronnées par la conclusion pour douze ans de la Lega Ira... Venezia e i Signori Svizzeri di Berna e Zurich. Venise obtint le droit de lever 4200 volontaires répartis en deux régiments commandés l'un par un colonel zuricois, l'autre par un colonel bernois ; en revanche, les deux villes recevaient une pension annuelle de 4000 ducats et des facilités de passage et de trafic. En 1616, Padavino fut de nouveau envoyé à Coire, mais sa tentative de nouer de nouvelles négociations avec les III Ligues échoua à cause de l'influence prépondérante de la partie adverse (Milan, l'Espagne et les cantons catholiques). Lors des difficultés qu'éprouvèrent les Grisons dans l'affaire de la Valteline, Venise délégua en 1620, auprès des III Ligues, un envoyé déguisé en moine qui offrit aux Grisons l'appui de la France et de la Savoie.
Le Tessin a joué aussi un rôle dans les relations de la Suisse et de Venise, notamment la famille Neuroni de Lugano. En 1598-1602, un André Neuroni servit le gouvernement de la Républiqne, on ne sait en quelle qualité. Un autre membre de cette famille, le colonel Pietro- Antonio Neuroni, fut de 1632 à 1636 ministre plénipotentiaire de Venise auprès de Ferdinand II, grand-duc de Toscane. Le plus marquant fut le colonel Gian-Pietro Neuroni qui fit des levées de troupes en Allemagne, en Autriche, en France, en Savoie, dans les cantons suisses et à Lugano, en vue de la guerre livrée aux Turcs dans l'île de Crête. Ces troupes furent rassemblées par Neuroni dans sa ville natale et conduite par Bergame, au bord du Lido. Ce colonel Neuroni fut aussi accrédité en qualité d'envoyé des cantons suisses auprès de la République de Venise.
Dans le domaine intellectuel, certaines relations s'établirent aussi entre la Suisse et Venise. Padavino sut tirer pour la République de grands avantages diplomatiques du désir qu'avaient beaucoup de familles grisonnes d'envoyer leurs fils étudier à l'université de Padoue. En 1607, il proposa au Sénat d'admettre gratuitement dans cette université 26 jeunes Grisons catholiques. De 1624 à 1629, un savant suisse, le jésuite Bartholomée- Soverus (Souvay), de Corbières (Fribourg), y enseignait les mathématiques. Du point de vue de l'histoire des mœurs, il est intéressant de relever que le gouvernement bernois de 1645 fit conduire à Venise des vagabonds et d'autres délinquants pour ramer sur les galères qui faisaient la chasse aux Turcs. Cet exemple fut, en 1648, suivi par Lucerne qui condamna en bonne et due forme deux individus à six ans de travaux forcés à Venise. Cet usage devint bientôt général (Zurich, Sc.hwyz, etc.). Tandis que la peste exerçait ses ravages dans diverses régions de la Confédération dans la seconde moitié du XVIIe s., Venise ferma hermétiquement ses portes, supprima entièrement en 1667 tout commerce avec Bâle, Zofmgue et leurs environs et cessa de recruter des troupes.
La guerre de Trente ans et l'occupation de la Valteline provoquèrent de profonds bouleversements dans les III Ligues et troublèrent les relations de ce pays avec l'extérieur. Le départ du résident vénitien, Francesco Giavarina (1663-1668), fut le signal de graves perturbations et marqua une nouvelle orientation de la politique extérieure de la République. Ce ne fut qu'en 1705 qu'un résident vénitien fut réinstallé en Suisse (Vendramino Bianchi) pour négocier une alliance avec Berne, Zurich et les III Ligues. Un traité fut conclu pour douze ans le 12 janv. 1706, un autre pour vingt ans le 17 déc. 1706. Tous deux eurent une grande importance et comportèrent de notables facilités pour de nombreux Suisses résidant à Venise. Une nouvelle capitulation fut
VENISE
VENOSTA
conclue avec Zurich et avec Berne prévoyant la levée de 4000 volontaires. Le traité prévoyait le règlement par la voie arbitrale de tous conflits qui pourraient surgir entre parties ; il prévoyait un for et la livraison réciproque de malfaiteurs sous suite de frais. Pour marquer la joie que lui procurait ce renouvellement d'alliance, Venise fit frapper trois médailles en l'honneur des Confédérés et des Grisons. Sous le pseudonyme d'Arminio d'Annebuchi, Vendramino Bianchi écrivit en souvenir de son séjour au Nord des Alpes, une relation des plus intéressantes intitulée : Relazione dei Paese dei Svizzeri e loro Alleati. Malgré les alliances conclues, les Suisses eurent à subir à Venise de cruelles vicissitudes. Les protestants y furent poursuivis comme « sacrilèges ». Une magistrature instituée contre « le blasphème » promulgua même divers décrets pour empêcher qu'il ne se formât une majorité grisonne dans les corporations vénitiennes. En 1734, les maîtres artisans furent répartis en trois catégories : 1. Vénitiens ; 2. étrangers catholiques ; 3. hérétiques, dont les droits étaient inégaux. Ces mesures et d'autres encore rendirent bientôt aux protestants la vie presque impossible. Ces persécutions étaient avant tout dirigées contre les Grisons, de beaucoup supérieurs en nombre aux autres Suisses. Leur colonie paraît avoir compté au milieu du XVIIIe s. plus de 1500 membres. D'après d'autres sources, les Grisons possédaient 256 entreprises. Dans la suite, la situation s'aggrava à tel point que le Sénat décida en 1766 de dénoncer le traité conclu en 1706 et'd'exclure des corporations les Suisses qui n'étaient ni Bernois ni Zuricois. Ces mesures, appliquées un an plus tard, engagèrent beaucoup de Suisses à rentrer dans leur patrie. C'est ainsi que les relations se relâchèrent et après le dernier résident permanent de Venise à Zurich (Giuseppe Giacomazzi 1717-1719), seuls les représentants Giovanni Colombo à Coire (1762) et Sanfermo Rocco à Bàle (1794- 1795) exercèrent encore leurs fonctions.
En 1797, la République de Venise tomba sous la domination française, puis elle fut cédée la même année à l'Autriche par le traité de Campo Formio. En 1806, elle fit retour à la France, puis à l'Autriche en 1814. Lors de l'insurrection qui éclata contre l'Autriche, le 22 mars 1848, sous Daniele Manin et Niccolô Tommaseo, la République de Saint-Marc fut rappelée à la vie. Pour se protéger contre l'Autriche, cette seconde République de Venise désira recourir à des troupes suisses. Vers la fin d'avril 1848, Antonio Canetti, commandant de la garde nationale, fut envoyé en Suisse pour y recruter des volontaires ; il s'y rencontra avec un délégué du gouvernement milanais venu dans les mêmes intentions. Malgré l'interdiction de recruter des troupes promulguée dans les cantons libéraux, 126 Suisses commandés par le capitaine Jean Debrunner, de Frauenfeld, partirent pour Venise où ils furent incorporés dans le Corpo dei cacciatori Svizzeri. Debrunner a publié en 1850 d'intéressants Erinnerungen de cette époque agitée. Les archives du Consulat suisse ont conservé une importante correspondance échangée entre Benedikt Wôlflin, le premier vice-consul auprès du gouvernement provisoire, et Pepe, commandant en chef des troupes vénitiennes. Manin fit don à la Colonie suisse de Venise d'un drapeau portant l'inscription Socielà Eive.tica in Venezia. Dono di Daniele Manin, 18 aprile 1848. Wôlflin fut désigné le 2 juil. 1847 par le Vorort fédéral pour gérer le Vice-consulat au nom du Consulat général suisse à Milan. L'exequatur lui fut accordée le 19 févr. 1848, c'est-à-dire un mois avant la proclamation de la IIe République. Il continua ses fonctions même après la chute de celle-ci (27 août 1849) et jusqu'en mars 1850.
Ce ne fut qu'en 1862 qu'une représentation consulaire de la Suisse fut instituée à Venise ; le premier titulaire fut E. Rothpletz d'Aarau. Son successeur, le consul Victor Cérésole (1867-1892) a donné, sous le titre : La République de Venise et les Suisses (1864), un premier relevé des manuscrits des archives de Venise se rapportant à la Suisse et aux trois Ligues grisonnes. Après la publication de cet ouvrage, il fut chargé par le Conseil fédéral, en 1875, de contrôler les travaux de copie de tous les documents des arch. d'État de Venise qui concernent les Suisses (40 000 feuilles formant 94 volumes,
aux arch. fédérales) et fit paraître en 1890 une nouvelle édition, augmentée, de son susdit Relevé des manuscrits.
Bibliographie. LL. — LLH. — A. Stolz : Venezia e la Svizzera (dans le supplément n° 9 du Rulletin consulaire suisse de février 1925). [A.-W. Herzig.]
VENNES (Venne). Architecte français, à Genève; auteur de plans pour une aile de l'hôtel de ville 1700 (il prit part à la construction) et des plans du temple de la Fusterie ; il travailla aussi à la construction de l'Hôpital général, aujourd'hui Palais de Justice. Très probablement identique à Jean Venne, ci-devant conseiller du roi et contrôleur des gabelles en Languedoc, cité à Genève en 1700. — S KL. — Camille Martin : La Maison de Ville. — Le même : Le Temple Neuf de Genève. — La maison bourgeoise en Suisse, II ; La maison bourgeoise dans le Canton de Genève. [André Duckert.]
VENNINGEN, Jean de, évêque de Bâle, d'une famille noble autrefois nombreuse dans le Bas-Rhin el en Souabe, chanoine de Spire 1433, de Bâle 1439 ; négocia en 1451, comme chanoine de Spire, auprès du pape la reconstruction de la cathédrale de cette ville partiellement détruite par un incendie. Doyen du chapitre de la cathédrale de Bàle, il fut élu évêque de cette ville le 17 mai 1458 ; par son économie et l'institution de ressources nouvelles, il sut relever la situation financière de l'évêché. Sous son administration fut fondée l'université ; l'Ajoie et la ville de Porrentruy, hypothéquées par les précédents évêques aux comtes de Montbéliard, furent dégagées en 1461. Porrentruy redevint alors la résidence préférée de l'évêché. Venningen s'occupa aussi de remettre en état les bâtiments de culte généralement délaissés, et avant tout la cathédrale de Bâle. Il fut fréquemment en conflit avec la ville à cause des droits de seigneurie nombreux qui, peu à peu, à partir du XIVe s., avaient passé à la bourgeoisie. Membre de la Basse Ligue, il prit le parti des Confédérés lors des guerres de Bourgogne, ce qui valut à l'évêché, en 1477, un petit agrandissement de territoire en Ajoie. t 20 déc. 1478 au château de Porrentruy. — Jos. Stocklin : Johann VI. v. Vermingen, Bischof v. Basel. [C. Ro.]
VENOSTA. Famille noble de Valteline, dont les membres étaient à l'origine ministériaux de l'évêque de Côme au château de Pedenale près de Mazzo (Valteline), plus tard aussi établie à Tirano et Groselto. Les Venosta sont une branche des Matsch, qui venue en Valteline a pris le nom de la Valle Venosta (Vintschgau). Armoiries : coupé de gueules à l'aigle couronnée et d'azur à la fasce d'argent chargée de trois vols d'azur. Le 6 août 1187, l'évêque de Côme remit à la maison Venosta des fiefs à Trévise et en Valteline, avec Mazzo et Tirano (Quadrio I, 219). — Gebhart I. frère d'Egon II de Matsch, aurait quitté le Tirol pour s'établir au château de Pedenale près de Mazzo. Ses descendants s'appellent Venosta. Quadrio déclare qu'Arnold von Matsch, évêque de Coire, cité de 1210 à 1221, étail en fait un de Mazzo, donc un Venosta. — Vers 1260, les droits des Matsch et des Venosta sur le Poschiavo furent partagés ; pour 2/3 aux derniers et ' , aux premiers. — Conrad, homme de guerre remarquable et parfois podestat de Côme, prit alternativement le parti de l'empereur et du pape ; il protégea les réfugiés religieux venus du Milanais. Le fief de Poschiavo passa de lui à son neveu Egidius I. Au cours des luttes contre Milan, les Venosta perdirent temporairement leurs droits sur ledit fief. L'évêque de Coire, Johann, confirma en 1380 les fiefs d'Egidius et de Gebhard V dans le val Poschiavo ; ils furent de nouveau perdus pour Milan en 1394. Les gens de la vallée se rachetèrent d'ULRlCH de Venosta en 1417 pour 260 livres.
— 1. Nicolaus, prévôt de la cathédrale de Coire et vicaire général 1564-1596, est considéré comme le sauveur de l'évêché, qui marchait à la ruine, t 6 nov. 1596.
— 2. FrancesCO, Dr, fut avec Robustelli l'un des principaux chefs du massacre des protestants du 19 juil. 1620. — LL. — LLH. — Art. Matsch. — B. Puorger : Ans der Gesch. des Puschlav, dans BM 1924. — J.-S. Quadrio : Dissertazioni. — F. Sprecher : Kriege und Unruhen. — J.-G. Mayer : Bistum Chur. — M. Tuor : Reihenfolge der... Domherren. — Œchsli I. — Ed. Rott : Représ. dipl. IV. [L. J.]
VENTHONE
VERCORIN
VENTHÔNE (('.. Valais, D. Sierre. V. DGS). Coin. et Vge. Venthône faisait partie primitivement de !a villa gallo-romaine donnée par le roi Sigismond à l'abbaye de Saint-Maurice en 515 ; au XIe s., de la chatellenie épiscopale de Sierre. Il était administré par une famille qui en prit son nom ; celle-ci rendait la justice en première instance et exerçait des droits de police ; ces compétences passèrent, vers 1400, au châtelain et au vidomne de Sierre. Dans la communauté embrassant dès le XIIIe s. le territoire de Sierre, Venthône constitua une commune et bourgeoisie, qui acquit, vers 1600, des propriétés, ainsi que la tour des nobles de l'endroit, revenue à l'évêché. Il conserva avec la communauté la présentation et la nomination du grand châtelain, des officiers militaires : le grand banneret et le capitaine général, ainsi que la gestion des biens communs restés dans l'indivision ; racheta peu à peu des servitudes féodales, de l'évêché, des vidomnes de Chevron (1536) et de Monthey (1713), etc. Le nouveau régime vit en 1839 la séparation des tiers. Venthône formait le tiers du milieu, dans le dizain de Sierre, avec Veyras et Miège. Depuis 1889, Venthône est administré par les deux Conseils de la municipalité et de la bourgeoisie. L'évêque Adrien IV de Riedmatten transporta à Venthône, en 1663, l'église paroissiale de Musotte. Le nouveau sanctuaire de Saint-Sébastien fut construit sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Jean l'Évangéliste, qui dépendait de Saint-Maurice de Laques. — Gremaud I- VIII. — Riyaz. — Archives locales. [Ta.]
VENTHÔNE, de. Famille noble mentionnée en 1131 avec AYMON, qui possédait outre la seigneurie de Venthône, la majorie d'Ernen, vendue en 1215. Elle joua un rôle dans la contrée et le diocèse au XIIIe s. — Willencus, t 1230, et son neveu Aymon, f 1267, tous deux doyens de Sion ; le chanoine Pierre, f 1330, connu par la défense du droit de chancellerie du chapitre ; le chevalier Pierre, délégué épiscopal dans l'arrangement avec Pierre de Savoie en 1260. Il construisit la tour de famille vers le milieu du XIIIe s. — Jean (1300), bourgeois de Sion. Cette famille s'éteignit avec le donzel François avant 1400. — Gremaud I-VI. — Archives locales et de Saint-Maurice de Laques. [Ta.]
VENTURI, ULRICH, serrurier, bailli de Kriens 1590, f 1601, auteur de la grille du chœur de l'église collégiale de Lucerne 1584. — Christof, fils du prénommé, auteur des travaux de ferronnerie du couvent reconstruit de Rathausen 1588-1589. — Gfr. II. — Kaspar, chanoine de Lucerne 1650, custode 1658, prévôt 1659. t 1666. — Gfr. Reg. — ■ Ph.-A. Segesser : Bechtsgeschiclttc III. [P.-X. W.]
VENZI. Famille bourgeoise de Bellinzone, où elle s'est établie dans la première moitié du XVIIIe s., originaire du canton d'Uri. Armoiries : de gueules à une fasce nébulée d'argent, accompagnée en chef d'un lion issant d'or tenant la lettre V d'argent, et en pointe d'une bande dentelée d'argent. — 1. Tranquillo-Lodovico-Bartolomeo-Fedele, * 2 juil.
1737, f 28 avril 1814 à Bellinzone ; député au Grand Conseil tessinois 1803- 1808 ; membre du tribunal cantonal 1803-1805 et 1807-1809, du tribunal administratif cantonal 1808. — 2. Enrico-Francesco-Donato, fils du n° 1, * 16 février 1783, f 1er janv. 1831 à Bellinzone ; archiprêtre de cette ville de 1823 à sa mort. — AHS 1914. — S. Dotta : / Ticinesi. — S. Borrani : Bellinzona, la sua chiesa ed i suoi arcipreti. [C. T.]
VÊPRES (Vesperis). Famille genevoise, bourgeoise déjà en 1434, qui joua un certain rôle au XVe s. — 1. Hugues, lieutenant du vidomne depuis 1442, f avant octobre 1475. — 2. Louis, syndic 1494, conseiller 1495. Peut-être faut-il rattacher à cette famille Humbert, trésorier de l'église de Tarentaise et de la Sainte- Chapelle de Chambéry en 1531. — Archives d'État Genève. — B.C. — Galiffe et Gautier : Armoriai genevois. [G. V.]
VER. Voir PLAN LES OUATES.
VERAGRI. Tribu gauloise qui s'était établie dans la vallée supérieure du Rhône, probablement au début
DHliS VII — 7
du IIIe s. avant notre ère. Les Veragri occupaient en particulier les vallées de Bagnes et d'Entremont, et avec leurs voisins méridionaux, les Salassi, tenaient le col du Grand Saint-Bernard et l'une des principales routes alpestres. Ils profitaient de leur situation pour piller les voyageurs et rançonner les commerçants qui passaient d'Italie en Gaule. Pour mettre fin à leurs exactions, César envoya contre eux, en 57, son lieutenant Galba. Celui-ci s'empara de leur principale bourgade, Octodorus, sur la Dranse, mais il ne put résister aux assauts des Veragri aidés de leurs voisins les Sediini, et il dut bientôt se retirer chez les Allobroges (César, De bello III, 1). Les Veragri furent définitivement vaincus par Auguste, en 14 avant notre ère, qui envoya contre eux son lieutenant Drusus. Sous l'empire, les quatre tribus valaisannes formèrent la Province des Alpes Pœninae dont Octodurus devint le chef-lieu, après avoir été élevé au rang de Forum sous le nom de Forum Claudii Vallense. C'est sans doute Claude qui octroya aux habitants d'Oclodurus et probablement à tous les Veragri le droit latin (Pline n. h. III, xxiv). Les Veragri se romanisèrent rapidement puisqu'on les voit élever un monument à Caius César, fils adoptif d'Auguste, mort en 4 de notre ère (CIL XII, 141). Ils s'associèrent aussi aux trois autres tribus du Valais pour élever un monument, en 23, à Drusus et, en 37, à Caligula (CIL XII, 147 etASA 1896, p. 110). Octodurus, chef-lieu des Veragri demeura chef-lieu de la Civitas Vallensium lors de la réorganisation de l'empire par Dioclétien. En 381, Octodurus était déjà le siège d'un évêché qui fut ensuite transféré à Sion. [D. V.]
VERAGUT (Ferragud, Vergit, Veraguth, probablement dérivé de ferrum acutum). Vieille famille du Heinzenberg (Grisons), à l'origine vraisemblablement titulaire de la charge de forgeron épiscopal du Domleschg. Elle reçut en 1370 et 1410 des fiefs épiscopaux à Sarn, Tartar et Pràz. On la cite à Thusis à partir de la fin du XVIe s. ; elle y remplit les fonctions de juge des Porten, trésorier, landammann, etc., et compta des officiers au service étranger, ainsi qu'une série de médecins éminents, parmi lesquels — 1. Franz-Thomas, Dr med., 1812-1891, médecin à Maienfeld et Thusis. — 2. Conradin, Dr med., 1851-1914, médecin des bains de Fideris, St. Moritz, Parpan et Gurnigel ; éminent climatologue et balnéologue, publiciste, conseiller aulique du grand-duc de Bade. — 3. Otto, frère du prénommé, * 1870, Dr med., neurologue, professeur extraordinaire de thérapeutique physique à l'université de Zurich depuis 1918, auteur de travaux de neurologie. — 4. Daniel, * 1862, maître au gymnase de Bâle, historien. — J.-C. Muoth : JEmterbùcher. — Th. Mohr : Cod. dipl. III. [B. H.]
VERCHÈRE, Isaac-ANTOINE, * à Genève 23 déc. 1827, f à Meyrin 18 août 1916. Député au Grand Conseil 1862-1874, président 1868-1870 ; enseigna pendant de longues années l'histoire et la philosophie au collège et au gymnase. A publié quelques travaux historiques et littéraires, entre autres dans le Bull, de l'Institut nat. genev. : Précis histor. de la réunion du canton de Genève à la Confédération suisse (t. XII) et Épisodes de la Bévolution française à Meyrin (t. XXXII). — JG 20 août 1916. [F. G.]
VERCORIN (Vercorens, Vercoreins) (C. Valais, D. Sierre, Com. Chalais. V. DGS). Vge qui releva successivement des seigneuries épiscopales de Sierre, puis de Chalais. Y avaient des droits, les familles de Chalais, Albi, de La Tour, les d'Anniviers et leurs successeurs les Tavelli, enfin les Chevron, qui constituèrent un petit vidomnat, rétrocédé, avec la tour de justice près de l'église à la fin du XVIe s., à l'évêché, dont il restait un arrière-fief. Le prélat comme les anciens seigneurs y avait un métrai pour la rentrée des redevances, la police et l'exercice de la justice en première instance ; il se réservait les causes en appel, qui allèrent plus tard au grand châtelain de Sierre, lieu dont Vercorin dépendait au militaire. Depuis 1299, on connaît à Vercorin une communauté avec des procureurs, communauté qui fusionna avec Chalais au début du XVIIe s. Vercorin forme, depuis 1250, une paroisse sous le patronage de saint Boniface. Son église, souvent agrandie et retou-
Juillet 1932