‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 44 sur 213 · VERRE · texte numérisé non relu

VERRE

VERRE (PEINTURE SUR

un métrai et un châtelain. Les cas d'appel allaient au juge mage du Chablais ; depuis 1475, au gouverneur haut-valaisan de Saint- Maurice. Au militaire, Vérossaz appartenait à la grande bannière d'Agaune. Sous le nouveau régime, Vérossaz se détacha de Saint-Maurice en 1822 pour former commune et bourgeoisie. L'oratoire de Saint-Sigismond, retrouvé au moyen âge, devint la chapelle, puis en 1844, l'église paroissiale Sainte- Marguerile, agrandie, dernièrement réparée. — Archives du couvent de Saint-Maurice. — Gremaud. [Ta.]

VERRE. Famille genevoise reconnue citoyenne en 1792, qui remonte à Jean, originaire de Chapelle (Vaud), reçu habitant en 1764. — Marie-André, petit-fils du précédent, * 17 janv. 1802 à Genève, graveur, miniaturiste, peintre et poète. Maître de dessin à Poltava (Russie) 1824, revint à Genève, se convertit au catholicisme à Turin 1828, se fixa à Paris, puis à Rio-de- Janeiro, où il rédigea un journal en français. Il serait mort en 1861. On a de lui quelques élégies, recueillies par Louis Reybaud, dans les Poésies genevoises, et un mystère : Le dernier jour, 1827. — Marc Monnier : Genève et ses poètes. — SKL. — Tribune de Genève, 31 juil.-l" août 1927. — Arch. d'État Genève. [H. G.]

VERRE (INDUSTRIE DU). Elle a été de tout temps de peu d'importance en Suisse, malgré le beau développement qu'avait pris jadis chez nous la peinture sur verre. Constamment notre pays a dû se procurer le verre de l'étranger. Au moyen âge, il le tirait surtout de Venise, plus tard de Bohême, de la Forêt-Noire et de Bourgogne. On ne peut préciser avec certitude quand a commencé la fabrication du verre en Suisse. Il est probable que les premières verreries étaient rattachées à des couvents. Un serf de l'abbaye de Saint - Gall, Stracholfus, est désigné au IXe s. comme verrier. Au XIIe s., du verre était fabriqué au couvent d'Hauterive près Fribourg. A Lausanne, en 1235, P. d'Arraz fabrique, devant le moûtier, les vitres des fenêtres de la cathédrale. A Bâle, un verrier du nom de Johannes von Winterthur est mentionné vers 1300 et un autre, Petermann Murer, en 1365 ; à Berne existe un verrier en 1378. La profession de verrier est mentionnée dans une ordonnance de Zurich en 1431. Les édifices religieux possédèrent très tôt des fenêtres de verre, tandis que ce n'est qu'à la fin du XIVe s. qu'elles commencèrent à remplacer, dans les maisons des particuliers, les fenêtres de papier, de toile ou de parchemin. Des verreries furent ouvertes hors de l'enceinte des couvents, principalement dans les endroits où se trouvaient les matières premières, nécessaires à la fabrication du verre, et du combustible en suffisance. Les villes ne les admettaient pas à l'intérieur de leurs murs, à cause du danger d'incendie.

On ne sait quand ni où les premières verreries, hormis celles des couvents, furent ouvertes en Suisse. Au début du XIVe s., il y en avait dans le Haut-Rhin, deux dans le bailliage de Wehr en 1303, d'autres dans celui de Sâckingen en 1311. D'après la tradition, une verrerie a dû exister « dans les anciens temps » à Rotenturm (Schwyz), mais on ne possède aucun renseignement à son sujet. En 1450, une verrerie est mentionnée dans le bailliage de Falkenstein (Soleure) ; elle fut transférée plus tard à Klus, où les ouvriers décidèrent en 1480 de fonder une confrérie. Elle dut cesser son activité tôt déjà. Dans la Boowalde, non loin de Saint-Urbain, deux endroits portent les noms de Vordere et Hintere Glashùtte ; une verrerie y était exploitée au début du XVe s. En 1568, Johann-Peter de Badis demandait une concesion pour élever un four à verre à Locarno (ASA 1884, p. 75). Des noms locaux comme Glasbach, Glasholz, La Heutte, dans les cantons de Berne, Argovie et Lucerne, témoignent d'anciens établissements de verriers.

On ne possède qu'à partir des XVIIe et XVIIIe s. des renseignements précis sur la fabrication du verre en Suisse. Elle doit sans doute son essor à l'industrie du verre qui florissait dans la Forêt-Noire et dont les produits étaient importés dans notre pays par de nombreux marchands ambulants. Il est très possible que ces marchands furent les fondateurs des verreries élevées dans les régions fortement boisées du Jura (Moutier, bords

du Doubs), l'Entlebuch et le canton de Schwyz (un verrier est mentionné à Yberg en 1664). En 1665, la commune de Bursins (Vaud) avait installé une verrière dans une de ses montagnes du Jura. Ces entreprises ne durèrent qu'un certain temps à cause de la pénurie du combustible, puis elles furent transportées ailleurs. C'est ainsi qu'avec le XVIIIe s. commença pour l'industrie du verre une période d'instabilité qui dura jusqu'au milieu du XIXe s., époque des moyens modernes de communication et de l'introduction du chauffage au charbon. Pendant cette période furent créées des verreries dans l'Entlebuch, à Schangnau (Berne), dans le Muotatal (Schwyz), à Guldental près de Balstal (Soleure), à Lodrino (Tessin). Dans l'Entlebuch, l'industrie du verre doit sa naissance à la famille de verriers Siegwart, originaire de la Forêt-Noire, qui, en 1723, était recommandée par l'abbé de Saint-Biaise au Conseil de Lucerne. Les Siegwart élevèrent leur première verrerie à Hirsegg près de Flùhli ; d'autres suivirent à Sôrenberg et à Schangnau. En 1741, une verrerie fut créée à Fontanne (Com. Romoos). Le gouvernement lucernois commença en 1764 à réglementer la profession de verrier, qui jusqu'alors jouissait de grandes franchises et privilèges. La plus importante communauté de verriers se forma à Kragental près de Flùhli, où des verreries furent fondées en 1764 et 1781. La famille Siegwart acquit peu après celle de Lodrino et en 1818 celle de Hergiswil (Unterwald). L'industrie du verre prit fin dans l'Entlebuch vers 1860.

Outre les verreries déjà mentionnées, il faut encore citer celles de Monthey (Valais), fondée en 1822 par la famille Contât. En 1768, une verrerie existait à Paudex (Vaud) qui a été transférée à Semsales (Fribourg) en 1776 et réunie en 1912 à celle nouvellement fondée de Saint-Prex (Vaud). La verrerie de Bùlach, la plus importante de Suisse, a été fondée en 1891. La plus récente verrerie suisse date de 1914 à Altstetten (Zurich). Toute une série de petites entreprises, créées au cours du XIXe s., eurent une existence plus ou moins longue. Des quinze fabriques de verre des XVIIIe et XIXe s., il en existait encore huit en 1870 et cinq en 1892. La concurrence étrangère a été de tout temps le grand obstacle à leur développement.

Voir Ernst Zaugg : Die schweiz. Glasindustrie. — Al. Œttling : Die Glasfabrikation ira Kt. Schwyz. — Jubildumschrift zum 100. Belriebsjahre der Glasltittte Hergiswil, 1918. — H. Lehmann : Zur Gesch. der Glasmalerei in der Schweiz. — N. Reichesberg : Handworterbuch. [H. Tr.]

VERRE (PEINTURE SUR). La peinture sur verre est le seul art industriel de Suisse qui ait pris un caractère typiquement national depuis la fin du XVe s. sur le territoire de l'ancienne Confédération, le seul dont les œuvres aient été, pendant deux siècles, supérieures aux œuvres similaires de l'étranger.

A. Les vitraux d'église à caractère monumental. I. Époque primitive. Les premiers maîtres verriers établissaient leurs ateliers dans les couvents ; le plus ancien dont le nom nous soit parvenu est Stracholfus, serf de l'abbaye de Saint-Gall au temps de Louis-le-Pieux (81 'i- 840). Les premiers vitraux d'église sont ceux de 1,'église du Fraumùnster, nouvellement bâtie à Zurich (874), puis ceux de l'église de Zurzach (entre 917 et 920). Le vitrail le plus ancien qui nous soit parvenu est la pet ite image de la Vierge de la chapelle de Saint-Jacques, près de Flums (actuellement au Musée national), datant du XL s.

IL Aux XIIIe et XIVe s., les évêques, les abbés, les prieurs et les commandeurs décoraient de temps à autre de peintures sur verre les fenêtres de leurs cathédrales, églises et cloîtres ; de riches dynastes en faisaient de même pour celles de leurs églises particulières. Les maîtres verriers venaient des pays voisins ; les premiers appartinrent probablement aux ateliers conventuels ; les suivants faisaient partie du personnel des princes ecclésiastiques ou laïcs. Leur art est celui de leur pays d'origine. Les fenêtres étaient, au début, formées de vitres grossières, peu transparentes, en forme de losange ; elles étaient parfois ornées de figures géométriques coloriées, de sujets empruntés à l'héraldique, ou des portraits et des armoiries de leurs donateurs (Notre-Dame

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de Valère à Sion ; vitraux de la petite église de Pleif (Grisons, maintenant au Musée national). La plus simple des peintures sur verre consiste en carreaux échiquetés sur lesquels se détachent de petites figurations polychromes (église de Nendaz, Valais, actuellement au Musée historique de Bàle, et hôtel de ville de Soleure). Le degré suivant est représenté par une ornementation stylisée aux vives couleurs (cloître de Wettingen) et par la grande verrière en style tapisserie. L'art du verrier atteint son apogée dans les fenêtres à figures et à images

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Romont (vers 1295), Hauterive (vers 1325) et Notre- Dame de Valère à Sion (vers 1376).

III. Au XVe s. la peinture sur verre fait de nouveaux progrès. Ses sources d'inspiration restent les mêmes, mais le vitrail inspiré de la tapisserie (fenêtre de la Bible dans la collégiale de Berne) disparaît de plus en plus pour faire place aux verrières architecturales qui prennent un développement excessif souvent (fenêtre des Trois-Rois dans la collégiale de Berne). Les images se voient en profondeur, ce qui était déjà parfois le cas

Madone de l'église de St. Jakob près Flums. Vitrail du début du XIImlî s. (Musée National, Zurich).

(prophètes, apôtres, saints). Ces figurations sont empruntées aux livres saints, aux légendes pieuses et même aux ouvrages de théologie et de philosophie (image du monde dans la rose de la cathédrale de Lausanne) ; elles sont ordinairement rangées en médaillons superposés, à l'imitation des arts textiles ou encadrées dans des constructions (Kônigsfelden). Les armoiries et les portraits* nous révèlent les noms des donateurs. On trouve des vitraux complets ou des fragments de vitraux :

En Suisse centrale et orientale : à Wettingen (cloître, 1256 environ), Blumenstein (vers 1300), Kôniz (vers 1300), Mùnchenbuchsee (vers 1300), Rappel sur l'Albis (avant 1308), Pleif (vers 1311) et Oberkirch, près de Frauenfcld (vers 1340) ; les plus précieuses de ces verrières sont des donations de la reine Elisabeth de Tirol et de ses enfants, spécialement la reine-mère Agnès de Hongrie dans L'église du couvent franciscain de Konigsfelden, fondé sur l'emplacement du meurtre du roi Albert en 1308 (1313-1350 environ) ;

En Suisse romande : à la cathédrale de Lausanne (vers 1270), ;nnsi que dans les églises de Nendaz (Valais),

Vitrail de paysan daté de 1599 (Musée National, Zurich).

au XIVe s., mais les artistes ignorent les lois de la perspective. L'art du verrier cesse de faire partie des activités conventuelles et devient un métier libre. Les verres colorés s'industrialisent et sont importés de l'étranger. Des verreries se fondent à Zofingue et à Klus près de Balsthal. Leurs produits sont acquis aussi par les Conseils des cantons et des villes, ainsi que par l'aristocratie urbaine.

Des verrières de cette époque existent, en Suisse centrale et orientale ; à Staufberg, près de Lenzbourg (1420-1430), Zweisimmen (vers 1450), Bienne (église Saint-Benoit, 1457), Zofingue (vers 1480) ; Berne, dont les magnifiques fenêtres du chœur de la collégiale ont été commencées vers 1441 ; en Suisse romande à Fribourg (musée), Bourguillon, à Chapelle près de Moudon, à Romont ; les plus grandes sont à Saint-Pierre de Genève (actuellement au Musée d'arl et d'histoire) ; les plus récentes se trouvent à Saint-Saphorin près Vevey (vers 1530) et Carignan (actuellement à la cathédrale de Fribourg).

I '• i bl io ii rapide. W. Wackernagel : Die deutsche Glasmalerei, Leipzig 1855. — W. Liibke : Ueber die alten

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VERRIERES (LES)

Glasgemàlde in der Schweiz. — J.-R. Rahn : Die Glasgemâlde in der Rosette der Kathedrale von Lausanne, dans MAGZ XX, 1, fasc. 2. — Le même : Gesch. der bildenden Kiinste in der Schweiz, p. 598 et 688. — H. Lehmann : Zur Gesch. der Glasmalerei in der Schweiz bis zum Anfang des 16. Jahrh., dans MAGZ XXVI. — Le même : Kônigsfelden, dans ASA, N. S. IX.

B. Les vitraux armoriés. La Réi'ormation sonna le glas du grand vitrail d'église ; dans les régions passées à la foi nouvelle, l'ornementation des églises fut proscrite ; dans les régions restées catholiques, on cessa de poser des vitraux à cause de l'insécurité des temps. Depuis le milieu du XVe s., un vitrage nouveau, composé de disques de verre cerclés de plomb (coquecibe) , fut importé de l'étranger. Il fut employé dans les églises et les bâtiments publics ; les villes prirent l'habitude de placer leurs armes dans les vitrages et de se faire cadeau, de l'une à l'autre, de vitraux armoriés. Cet échange de présents devint rapidement une coutume populaire, s'étendant des princes et des hautes autorités aux bourgeoisies des villes, aux riches paysans et finalement à toutes les classes de la société.

Ces vitraux armoriés ne tardèrent pas à devenir l'ornement essentiel de la fenêtre. Avec les progrès de la technique, ils finirent par représenter les tableaux les plus variés, empruntés non seulement à l'Écriture- Sainte et aux légendes sacrées, mais aussi aux chroniqueurs profanes, puis aux gravures sur bois et sur cuivre. Ces peintures sur verre devinrent ainsi un véritable recueil d'images, au même titre que les poêles de fayence couverts de figures. Elles représentaient des scènes de l'existence quotidienne, tableaux de la vie citadine et champêtre, de la guerre et de la paix, de l'atelier et de la ferme, des réjouissances populaires et du travail quotidien. Dans son émulation avec l'illustration, le vitrail ne tarda pas à perdre tout caractère monumental. Au cours du XVIIe s., lorsque les vitres hexagonales, puis carrées, commencèrent à supplanter les coquecibes et que la fenêtre devint transparente, on se mit à supprimer les vitraux qui empêchaient la vue de se porter au-dehors. Les donations de vitraux avaient commencé à se raréfier dans la seconde moitié du XVIe s. On chercha à remplacer les peintures sur verre par des grisailles, s'harmonisant mieux avec le style nouveau des intérieurs, puis par des verres gravés, mais ces innovations ne se maintinrent pas et l'art du peintre sur verre s'éteignit peu à peu à la fin du XVIIe s.

Beaucoup de peintres sur verre exerçaient des métiers accessoires ; leur art ne parvenant pas, à lui seul, à nourrir leur famille. Les seuls qvi firent œuvre de créateurs furent les peintres de profession. Mais nombre d'entre eux achetaient parfois leurs modèles. Ceux-ci devinrent des objets d'industrie. C'est pourquoi, ils portent, à côté de la signature du maître, la marque de l'atelier dont ils sont sortis. Nombre de monuments de la peinture sur verre qui subsistaient dans les églises et les édifices publics furent détruits, à la fin du XVIIIe s. à la suite d'un décret du gouvernement de la République helvétique proscrivant les armoiries ; beaucoup furent vendus à l'étranger. Ce ne fut que dans la seconde moitié du XIXe s. que les amateurs d'art commencèrent à s'y intéresser. Les plus importantes collections de vitraux se trouvent actuellement au Musée national de Zurich, dans les collections archéologiques de Berne, Bâle, Saint-Gall, Aarau, Stein a. Rh. (hôtel de ville), Soleure, Lucerne (hôtel de ville), Winterthour, Zolingue, Zoug (hôtel de ville), Frauenfeld, Schaffhouse, Coire, Neuchâtel, Fribourg et Genève. Il existe encore des vitraux dans de nombreuses églises, notamment des cantons de Berne, Argovie, Lucerne, Zurich et Fribourg. — Voir W.-F. von Mùlinen et F. Thormann : Die Glasgemàlde der bern. Kirchen. — H. Lehmann : Die Glasmalerei in Bern am Ende des 15. und Anfang des 16. Jahrh., dans ASA N. S. XV-XVIII. — Le même : Die Glasmalereien in d. aarg. Kirchen, dans ASA III et IV. — On a conservé également, sur place, les vitraux des cloîtres de Wettingen (H. Lehmann : Das Kloster Wettingen und seine Glasgemàlde), d'Eschenbaeh, ceux des hôtels de ville de Bâle, Rheinfelden, Rheineck, Lausanne, Soleure, etc., ceux des maisons communales d'Ober-Stammheim et

Davos, enfin ceux des maisons des tireurs de Bâle et Weinfelden.

Bibliographie, dans J.-R. Rahn : Die schweiz. Glasgemàlde in der Vincent' schen Sammlung in Constanz, dans MAGZ 1890, XXII ; continuée juqu'en 1900 dans ASA N. S. II, p. 69 ; voir aussi vol. XX, p. 677. — Ouvrages d'ensemble : H. Meyer : Die schweiz. Sitte der Fenster- und Wappenschenkungen vom 15.-17. Jahrh. — H. Oidtmann : Gesch. der Schweizer Glasmalerei, dans Diamant, Glas-Industrie-Zeitung, Leipzig 1905. ■ — ■ H. Lehmann : Zur Geschichte der Glasmalerei in der Schweiz. [H. Lehmann.]

VERREY. Famille vaudoise, originaire de Pully (XVe s.), bourgeoise de Lausanne et de Vevey. — 1. Jean-David, 1812-1845, pasteur, aumônier de bataillon, a laissé des souvenirs : Ma campagne de 1845 en qualité d'aumônier. — 2. Louis, 1809-1886, député 1841-1845, agronome en Amérique 1845-1862, procureur- général 1862-1866, juge cantonal 1867-1882, présida ce corps en 1871 et 1880.— 3. Jules-Louis, f 1896, architecte à Lausanne, construisit en 1871 le théâtre de cette ville. — 4. Henri, 1852-1928, fils du n° 3, architecte, construisit à Lausanne plusieurs édifices publics et à Leysin l'un des sanatoria. — 5. Louis, 1854-1916, frère du n° 4, médecin oculiste à Neuchâtel et à Lausanne : privat-docent d'ophtalmologie à l'université de Lausanne de 1892 à 1916, fondateur de la clinique de Bois Cerf. — Voir Livre d'Or. — Gazette de Lausanne. 1928. [M. R-]

VERRIÈRES (LES) (C. Neuchâtel, D. Val-de- Travers. V. DGS). Com. et Vge. Armoiries : d'azur à la bande d'argent chargée de trois étoiles à six rais du champ. En 1344, Verreyres, dérivé probablement de vernaies = vernes. Le territoire des Verrières appelé Mijoux au XIVe s., est parvenu au comte de Neuchâtel probablement au début du XIVe s.

Jusqu'en 1848, il forma une mairie comprenant Les Verrières, Les Bayards et La Côte - aux- Fées. Le maire rendait la justice civile, mais pour le criminel, les habitants des Verrières relevaient du châtelain du Val-de-Travers. La juridiction des Verrières fut supprimée en 1809 et rattachée à celle du Val-de-Travers, mais l'année suivante elle fut rétablie. En 1337, le comte Rollin de Neuchâtel accorda des franchises à ses hommes de Mijoux et de La Côte-aux-Fées, dans le but de favoriser la colonisation de la contrée, et en 1357, son fils Louis affranchit de la main-morte un certain nombre de familles de taillables des Verrières. Entre temps, Louis avait vendu la « bonne ville » des Verrières, pour être possédée, à titre de fief, à Guy de Montrond, pour 800 florins d'or. En réalité, c'était une mise en gage, que détenaient encore, en 1354, les héritiers de Montrond. Peu avant sa mort, 1373, Louis de Neuchâtel donna la terre des Verrières à ses bâtards Jean et Vauthier, lesquels ne furent jamais mis en possession de leur fief. Après l'exécution de Vauthier en 1412, Les Verrières furent définitivement rattachées au comté de Neuchâtel. Elles se composaient de trois communes ou bourgeaux : Meudon, Grand Bourgeau et Belle-Perche qui. avec le Grand et le Petit-Bavard, formaient la générale commune des Verrières. En 1878, Meudon, Grand Bourgeau et Belle-Perche fusionnèrent, et c'est alors que'fut constituée la commune des Verrières. Le partage des biens de la générale commune eut lieu en 1881 et en 1883 elle cessa légalement d'exister. Une municipalité avait été érigée aux Verrières en 1860 : elle subsista jusqu'en 1888. La paroisse de Mijoux est mentionnée en 1344. Son église, dédiée à saint Nicolas, releva du diocèse de Besançon jusqu'à la Réforme. La Côte-aux-Fées en fut détachée en 1672 et Les Bayards en 1712.

Le 1er févr. 1871 fut signée la Convention des Verrières par les généraux Herzog et Clinchant réglant l'entrée en Suisse de l'armée de l'Est. Une partie des troupes de Bourbaki défila le même jour par Les Verrières. Un asile pour jeunes filles pauvres put être ouvert en 1883 aux Verrières, grâce à la générosité de Sully Lambelet.

VERSAM

VERTIER

Une imprimerie fondée en 1790 par Jérémie Vuitel subsista quelques années. Population : 1930, 1275 hab. Registres de naissances dès 1626, de mariages dès 1699, de décès dès 1800. — Voir Matile. — E. Quartierla-Tente : Le C. de Neuchâtel, IIIe série. — P.-H. Lambelet : Recueil des principales Chartres et immunités des Verrières. — A. Sauser : Les Verrières, dans AfiV1876.

— Ch.-H. Allamand : Essai statistique sur la mairie des Verrières. [L. M.]

VERSAM (C. Grisons, D. Glenner. Cercle Ilanz. V. DGS). Vge paroissial et Com. comprenant les domaines de Sculms, Arezen, Calôrtsch et Fahn. Henri III donna en 1050, à l'évêché de Coire, la forêt sise sur les deux rives du Rhin, de la Landquart à Valle Versamia (Cod. dipl. I, n° 92). Divers domaines dépendant économiquement de Valendas constituèrent Versam par leur réunion ; ils formaient avec ce village une seigneurie foncière dont il était le centre. Au XVIe s., l'ensemble n'était encore qu'une commune ayant ses forêts et pâturages. Le tribunal de la Gruob attribua, à Versam, le 13 nov. 1606, la propriété des bois sis en amont du village, qui devint commune autonome dans les années suivantes. En 1626, il formait déjà une paroisse avec Arezen, et Sculms s'y fit recevoir ensuite. Il n'y avait à Versam qu'une chapelle desservie depuis Valendas. Une église fut construite en 1634 à Versam. Le domaine de Sculms dépendait de la seigneurie de Rhàzùns ; par votation populaire de 1854, il passa à Versam. L'établissement des routes de Bonaduz-Ilanz en 1880-1881 et de Versam-Safien en 1882-1885 fit de Versam un centre important du réseau grison. Registre de naissances dès 1711, de mariages dès 1729, de décès dès 1705.

— L. Joos : Herrschaft Valendas. — Seb. Sutter : Hof Sculms, dans BM 1927. — Le même : Aus Versams

Vergangenheit, dans BM 1929. [L. J.]

VERSCHO (VVerscho). Famille fribourgeoise éteinte au XVe s. Armoiries : un V surmonté d'une étoile (émaux inconnus). — Henri, appelé parfois de Praroman, parce que sa mère appartenait à cette famille, bourgeois en 1350, associé de la maison de commerce Praroman et Bonvisin, garde des sceaux de 1383 à 1396, édile de 1399 à 1400 ; fut impliqué dans les procédures d'hérésie en 1399 [Pierre de Zurich.]

VERSCIO (C. Tessin, D. Locarno. V. DGS). Commune et paroisse. En 1213, Vorzio ; en 1473, Varcio ; en 1479, Verzio ; en 1530, Varscio.

Armoiries de la paroisse: celles de l'ancienne Com. de Pedemonte : d'argent à la croix de gueules cantonnée des lettres P. E. D. E. de sable. Verscio était au moyen âge le chef-lieu de la commune ou vicinanza de Pedemonte.

Après la division de 1464, il fit partie du patriziato maggiore de Pedemonte el Tegna et du patriziato maggiore de Pedemonte ; on l'appelle encore aujourd'hui terra di mezzo par rapport à Cavigliano (livra in cima) et Tegna (terra in fondo). Dès 1803, Verscio forma une Com. politique. Les Orelli et Magoria de Locarno avaient à Verscio des droits fonciers, cités encore en 1525, qu'ils tenaient en fief de l'évêque de Côme dès 1213. Au spirituel, Verscio était à la tête de la paroisse de San Fedele de Pedemonte, dont l'érection est certainement antérieure à 1473. Auressio et Tegna furent détachés de San Fedele à une date inconnue ; Cavigliano en 1850. L'église San Fedele est mentionnée en 1214 et fut remplacée par une nouvelle, bâtie en 1743-1748 et consacrée en 1776. De l'ancienne église, il reste le chœur et une partie de la voûte où l'on découvrit en 1891 des fresques du XVe s., sous lesquelles, seize ans plus tard, on en trouva d'autres plus intéressantes remontant peut-être à la fin du XIVe s. Le clocher fut construit en 1704-1720. L'église possède aussi un ancien autel en bois doré de la fin du XVIe s. Population : 1591, 30 ménages ; 1801, 457 hab. (avec Cavigliano) ; 1930, 309. -- BStor. 1885, 1898, 1894, 1909-1911. — K. Meyer : Die Capitanei von Locarno. — J.-R. Rahn : 1 Monumenti. — G. Simona : Note di arte antica. — G. Buetli : Note Storiche religiose. — S. Monti : Atti. — ANS 1921. [C. T.]

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VERSOIX (C. Genève, Rive droite. V. DGS). Com. et ville. Station lacustre. Un aqueduc et de nombreux vestiges indiquent que Versoix était déjà habité à l'époque romaine. Armoiries : d'azur à la croix traversante d'argent aux 1er et 2me quartiers chargés de trois fasces ondées d'argent. Versoix, soit Versoya, était en 1177 une paroisse du décanat d'Aubonne , son château dépendait des sires de Gex. En 1535, Genève ayant proclamé la Réforme, le duc de Savoie, Charles III, fit occuper Versoix et coupa ainsi les communications entre Genève et le Pays de Vaud. Les Bernois envahirent le Pays de Gex et Versoix tomba sous leur domination jusqu'au traité de 1564 qui rendit le Pays de Gex à la Savoie. Le duc de Savoie Charles-Emmanuel ayant fait fortifier le château de Versoix et construire des galères, Genève se sentit menacée et en novembre 1589 une expédition genevoise, commandée par Lurbigny, fit le siège du fort, s'en empara, le rasa et brûla la plupart des maisons du village qui ne fut reconstruit qu'en 1595. Le traité de Lyon (1601) fit passer Versoix et le Pays de Gex sous la domination française. En 1766 les Genevois ayant rejeté le plan de médiation proposé par la France et les cantons de Berne et Zurich, la France ferma ses frontières et le ministre Choiseul, encouragé par Voltaire décida de créer à Versoix une ville et un port pour amener la ruine économique de Genève. A cet effet une commune fut créée au Nord du bourg de Versoix sous le nom de Versoix-la- Ville ; le port fut construit, mais la chute de Choiseul arrêta les travaux. En 1793 les communes de Versoix-le-Bourg et de Versoixla-Ville furent fusionnées sous le nom de Versoixla-Raison. Par le traité de Paris en 1815, Versoix fut réuni à Genève. [J.-P. Fermer."]

VERSONNEX, VERSONNAY, de. Famille de Genève remontant à Etienne de Gex, dit de Versonnay (nom d'un village au Pays de Gex), qui vivait en 1306. Armoiries : un sautoir cantonné de quatre coquilles (émaux inconnus). — 1. François, riche apothicaire et marchand, fonda, en 1429, une école publique pour y enseigner la grammaire, c'est-à-dire la lecture, l'écriture, l'orthographe, la logique et les autres arts libéraux ; elle subsista jusqu'à la fondation du collège. Il créa aussi un hôpital pour les pauvres honteux. Syndic 1417. f après 1462. — 2. Aymon, fils du n° 1, syndic 1465. En 1476, pour payer la rançon promise par Genève aux Suisses, afin d'éviter un assaut et le pillage dont elle était menacée, il lui prêta toute son argenterie. Conseiller de l'évêque Jean-Louis de Savoie, il obtint de celui-ci une charte reconnaissant que les citoyens ne pouvaient être obligés d'aller combattre, comme on voulait les forcer, en dehors de la banlieue. — 3. Marin, petit-fils du n° 2. Son attachement au parti de l'évêque le fit condamner en 1533 et ses biens furent confisqués.

— Galiffe : Not. gén. I. — J. Senebier : Hist. litt. — L. Gautier : La Médecine à Genève. — J. Vuy : Notes historiques sur le collège de Versonnex, dans MI G, XII. [H. Da.]

VERSOYA, de (de la Versoy ; de Verso ye). Famille genevoise probablement originaire de Versoix.

— Jean, citoyen, cité en 1307. — Antoine, syndic 1403.

— Pierre, syndic 1421, conseiller 1422 ; peut-être identique à Perrodus. apothicaire, cité en 1410. — Regeste genevois. — MDG XVIII, 332. — Galiffe : Matériaux I. — RC. — L. Gautier : La médecine à Genève, dans MDG XXX. — Rivoire et van Berchem : Sources du droit iIh canton de Genève I. [H. G.]

VERTEMATE, von. Voir Werthemann.

VERTIER. Plusieurs familles reçues à la bourgeoisie de Genève dès 1413. A l'une d'elles, bourgeoise en 1530, appartient — Jean, dit Remilly, auditeur 1583, du Conseil des Soixante 1592, confirmé comme contrôleur 1595. f après septembre 1603. Armoiries : coupé d'azur à 3 étoiles d'or mal ordonnées et d'or au chevron d'azur à la tète de cheval de sable en pointe (variantes). — Galiffe : Mns. — RC. — Galiffe et Gautier : Armoriai genevois. — Archives d'État Genève. [André Duckert.]

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