‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 46 sur 213 · VM · texte numérisé non relu

VM

Wszi

Vevey au XVII me s. D'après une gravure de Merian (Bibliothèque Nationale, Berne).

l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem) et d'un rière Conseil de 60 membres.

Sous ce régime, la ville de Vevey se développa fort bien, jusqu'au moment des guerres de Bourgogne où elle fut pillée à plusieurs reprises, en octobre 1475 par les Bernois, en mars 1476 par les Valaisans, le 9 juin 1476 par les Bernois encore. Tous les habitants s'étaient enfuis à l'approche de ces derniers, hormis une dizaine qui furent pris et tués ; la ville fut pillée et incendiée par la soldatesque, qui se répandit ensuite dans les villages et châteaux environnants ; la région étant en outre frappée d'une contribution de guerre de 5000 livres.

En 1536, Vevey fut disputé entre les Bernois et les Fribourgeois. La ville manifestait son attachement à l'ancienne foi, mais la tradition veut qu'un Joffrey pressa les Bernois d'accourir et les Fribourgeois qui avaient déjà occupé Blonay arrivèrent trop tard. Finalement ces derniers durent abandonner la partie. Le gouvernement bernois confirma aux Veveysans leurs franchises et promit la liberté du culte. Il n'en fut plus question après la Dispute de Lausanne et le 2 juillet déjà, les religieuses de la maison de sainte Claire, fondée en 1422 par sainte Colette avec l'approbation du duc de Savoie, passèrent de l'autre côté du lac.

La possession de la seigneurie de Vevey fut assez difficile à régler. En 1536, le duc de Savoie en avait donné l'apanage à François de Luxembourg, vicomte de Martigues, époux de Louise de Savoie, cousine du duc Charles III. Le gouvernement bernois la confisqua, mais sur les instances du roi de France la rendit en 1547 au fils du vicomte de Martigues, François II, lequel, au bout de peu d'années, dut l'abandonner à des créan-

asile privilégié pour les proscrits, d'Angleterre d'abord en 1662 (Ludlow et Broughton), puis de France après la révocation de l'Édit de Nantes. Les réfugiés français ranimèrent l'industrie locale, fondèrent des manufactures de draps, des tanneries, d'élevage des vers à soie, qui ne purent toutes se maintenir. Mme de Warens. femme d'un Loys et amie de Jean-Jacques Rousseau, possédait une fabrique de bas, qui périclita et détermina sa fuite en 1725. En 1643, un missionnaire catholique, François Folch, ayant prêché à Vevey contre le protestantisme, fut condamné à mort et décapité.

La Révolution française trouva immédiatement à Vevey de nombreux admirateurs. Le principal, Vincent Perdonnet, agent de change, détermina l'occupation du château de Chillon par les patriotes le 11 janvier 1798, une semaine avant que l'indépendance vaudoise fut proclamée. Il fit démolir les remparts de la ville, et son fils légua en 1839 à la commune une somme de 300 000 francs, à condition qu'elle supprimât tous les noms de rues et de quartiers rappelant les temps passés.

La ville de Vevey s'est d'ailleurs beaucoup développée dans le courant du XIXe s. Elle a débordé à l'Ouest de la Veveyse et à l'Est de l'Ognonnaz, se confondant avec La Tour de Peilz. Quatre industries importantes ont porté son nom au loin : la chocolaterie Cailler, fondée en 1819, qui se développa considérablement après que Daniel Peter eut trouvé en 1878 le moyen de fabriquer le chocolat au lait et se fut associé à la première maison ; la fabrique de farine lactée et de lait condensé Henri Nestlé, fondée en 1867 ; la fabrique de cigares Ormond, qui date de 1848-1852, et enfin les Ateliers de constructions mécaniques qui ont succédé en 1889 à des établissements moins importants.

VEVEY

VEVEY

Le « château » de Vevey est une ancienne propriété Tavel où le bailli de Chilien se transporta en 1732. Le bâtimenl de la Cour au chantre, construit au XIIIe s. pai un membre de la famille d'Oron, devint plus tard la propriété des Joffrey ; des services municipaux ont été installés dans l'édifice reconstruit entièrement au XVIIIe s. Le bâtiment de Belles-Trucb.es, qui appartint aussi aux Joffrey, fut à l'origine une des demeures des Hlon.iv I n hôpital de Marie-Madeleine, desservi par les us du Saint-Bernard, existait déjà au XIe s. Un hôpital neuf fut élevé en 1327 par deux bourgeois, Guilli te d'Aubonne et Perrod de Cojonay ; l'administration communale y eut longtemps ses séances. Des croie- mmiI mentionnées dès 1287, et il y avait au XVe s. à VeVej un collège des Innocents, établissement secondaire qui s'est perpétué.

L'église actuelle, dédiée à saint Martin, et qui en a remplacé de plus anciennes, date, par son chœur et par sa tour autrefois séparée de la nef, du XIIIe s. ; la nef fut reconstruite à partir de 1496. L'ensemble de l'église a été restauré à la fin du XIXe s. et en 1931 encore. La seconde église de Vevey est celle de Sainte-Claire, qui servail autrefois aux clarisses, et qui fut transformée au XVIIIe s. Une église libre a été construite en 1862, une enlise catholique en 1869-1872, une église russe en 1878, et une chapelle anglaise en 1880. Vevey a conservé d'anciennes confréries. L'Abbaye des Vignerons (voir art. Abbaye), dont le patron est saint Urbain, n'est citée qu'à partirde 1647, mais remonte très probablement au moyen âge. Une dame Jenisch a légué en 1881 une somme de 200 000 francs pour la construction d'un musée qui renferme d'intéressantes collections scientifiques, artistiques et historiques. Registres de naissances dès 1613, de mariages dès 1613, de décès dès 1740.

BiblitHjrmiliii'. DHV (avec bibliographie). — F. de Gingins : L'Antinie de Vevey. — ■ A. de Montet : Documents relatifs à l'histoire de Vevey. — A. Ceresole : Notes historiques sur la ville de Vevey. — Al. Naef : Le cimetière gallo-romain de Vevey. — Ed. Recordon : Njote sur l'église de Saint-Martin. [Maxime Reymond.]

VEVEY, de. Nom de familles des cantons de Fribourg, Neuchàtel, Soleure et Vaud.

A. Canton de Fribourg. Famille originaire de Cudrefin, bourgeoise d'Estavayer-le-Lac ; plusieurs de ses membres furent reçus dans la petite bourgeoisie de Fribourg en 1582, 1602 el 1603, et dans la bourgeoisie privilégiée en 1783 et 1787. Armoiries : de gueules au pal d'argent chargé d'un écol de sable mouvant d'un mont à trois coupeaux de sinopie. -- 1. Wuillelme, fils du n° 4 de la branche de Cudrefin (Vaud), 1497-1573, s'établit à Estavayer-le- Lac vers 1514, bourgeois avant 1520, gouverneur 1520-1522, conseiller 1547, châtelain de Dellej 1530, titré de «noble» en 1522. — 2. Jean, fils du n" 1, conseiller, lieutenant d'avoyer 1584-1592, bienfaiteur de l'hôpital d'Estavayer. f 1592. Souche d'une blanche soleuroise, éteinte au XVIIe s. (voir Viyis, von). — 3. André, lils du n° 1, bourgeois de Fribourg 1582, auteur de la branche soleuroise actuelle (voir Vivis, VON). — 4. Antoine, fils du n° 1, 1562-1623, donzel 1572, conseiller 1578-1623. — 5. Tobie, fils du n" 4, 1602-1636, conseiller 1611-1632, reçu bourgeois de Fribourg 1602. -- 6. François-Pierre, fils du n° 5, * 1621 a Estavayer, t 1706, banneret 1645-1649, 1665, conseiller 1666-1677, lieutenanl d'avoyer 1677-1704. — 7. Frani ois-Henry, petit-fils du n° 5, * 1653 à Estavayer, f 1714, banneret 1677-1685, châtelain de Bussy 1697- 1703. - 8. François-Antoine-.Joseph, fils du u" 6, * 1654 à Estavayer, f 1703, banneret 1678-1686, major de \ ille. 9. Jean-Baptiste, fils du n° 6, * 1658 .à Estavayer, f 1724 à Fribourg en Brisgau, jésuite 1675, professeur à Fribourg en Brisgau, Lucerne, Porrentruy, etc., spiritual à Brigue, Porrentruy el Fribourg en Brisgau ; recteur de Brigue 1709-1713. - - 10. François- Hyacinthe, lils du n<> 6, * 1667 à Estavaver, f 1746, bannerei 1689-1694, lieutenant d'avoyer 1704-1746, châtelain de Bussy 1730-1742. — H. Antoine-Joseph, dhbs vu — 8

fils du n° 7, * 1682 à Estavayer, f 1749, major de ville 1720, châtelain de Seiry 1727-1738, banneret 1730-1734, hospitalier 1734-1736. — 12. Georges-Antoine, fils du n» 10, * 1707 à Estavayer, f 1788, banneret 1747-1749, acquit la COseigneurie de Bussy el Morens en 1754. — 13. Marie-Ursule, fille du n°*10, * 1712 à Estavayer. t 1793, dominicaine sous le nom de Sœur Marie-Pacifique de St. Hyacinthe 1732, prieure du couvent d'Estavayer 1763-1769. — 14. Philippe-Laurent, neveu du n° 11, * 1710 à Estavayer, t 1755, major de ville 1748. banneret 1750, conseiller 1753. - - 15. Marie-Elisabeth, petite-fille du n° 8. * 1719 à Estavayer, t 1791 à la Fille-Dieu, abbesse du couvent de la Fille-Dieu 1780-1791. — 16. Henry-Emmanuel-Joseph, petit-fils du n° 8, * 1720 à Estavayer, f 1778, officier au service de France, lieutenant d'avoyer 1746-1778, généalogiste, collaborateur à LL et au Dictionnaire de la noblesse, de La Chenaye-Desbois.

— 17. Jean-Antoine, pefit-lils du n» 8, * 1725 à Estavayer, t 1795, capitaine au service de France, fit les campagnes de Flandre et d'Allemagne, blessé à la bataille de Rosbach, chevalier de Saint- Louis. — 18. Louis-Béat- Ignace, fils du n° 12,

* 1745 à Estavayer, f 1803.

coseigneur de Buss\ e1 Morens 1788, coseigneur de Vuisternens - devant - Romont, banneret, 1767- 1772, 1778, reçu bourgeois patricien de Fribourg 1783. — 19. Louis- Béat, fils dun°14, *1751 à Estavayer, f 1822, lieutenant d'avoyer 1786-1799, conseiller, membre du Sénaf helvétique 1799, du Petit Conseil de Fribourg (Conseil d'Appel) 1803-1815, du Grand Conseil de Fribourg 1813-1822. - - 20. Marie-Catherine, fille du n° 14.

* 1752 à Estavayer, dominicaine, prieure du couvent d'Estavayer 1790-1793,

t 1812. — 21. François- Hyacinthe, fils du n° 16,

* 1744 à Estavayer, f 1828, officier au service de France, colonel par commission 1781, maréchal de camp 1817, chevalier de Saint-Louis 1779 : il fit les deux campagnes de Westphalie avec le régiment des Gardes en 1761 et 1762. et échappa, étant en congé de convalescence à Estavayer, à la journée du 10 août 1792 et aux massacres de septembre :

reçu bourgeois patricien de Fribourg 22. François Alexandre, n« 19, * 1778 vayer, f 1857,

Louis-Béat de Vevey (n° 19i D'après un portrait â l'huile.

• Joseph fils du

à Estajuge au

Francois-Hvacinthe de Vevev

D'après une miniature.

tribunal d'Estavayer 1803-1806, président et juge de paix 1807-1816. banneret 1809, major de ville el premier conseiller 1817, du Grand Conseil de Fribourg 1817-1830, 1839-1847, du tribunal de censure 1822- 1824; syndic d'Estavayer 1829-1832, 1844-1847; reçu bourgeois patricien de Fribourg 1787. — 23. Henry-Georges-Joseph, fils du n° 21, * 1778 à Estavayer, t 1821 à Surpierre, procureur d'office 1803- 1816, juge de paix 1807-1815, du Grand Conseil de Fribourg 1813-1821, préfet de Surpierre 1815-1821. — 24. Joseph-Henh y-Léon, fils du n° 22, * 1801 à Estavayer, f 1859. officier au service de Naples 1825, capi

\ . » ii t 1932

VEVEY

VEYRASSAT

Charles-Emmanuel de Vevey.

D'après une photographie.

taine-quartier-maitre 1846, décoré de la Médaille de bronze de Pie IX. — 25. Alexandre-Jean-Nicolas, fils du n° 24, * 1824 à Pensier, f 1899 à Estavayer, officier au service de Naples 1842, fit la campagne dans les États Pontificaux 1849, capitaine 1853, décoré de la Médaille de bronze de Pie IX. — 26. Charles-Emmanuel, arrière-petit-neveu du n°21, * 1862 à Estavayer, t 1929 à Villars-sur-Glàne, chimiste cantonal 1888, directeur de la station laitière de Fribourg 1900. premier

directeur de l'Institut agricole de Fribourg 1906- 1927, professeur de physique et de chimie à l'Ecole normale ménagère de Fribourg 1906, présidenl delà Société lïi bourgeoise d'industrie laitière 1909, président du Conseil d'administration de la Fabrique de chocolat de Villars à Fribourg 1906 - 1929, membre du jury de l'exposition fédérale de Frauenfeld 1903, de l'exposition internationale de Milan 1906, des expositions fédérales de Lausanne 1910 et de Berne 1914, directeur honoraire de l'Institut agricole de Fribourg 1927 - 1929. Ardent défenseur des intérêts agricoles et de l'industrie laitière, il fut l'auteur de très nombreuses publications et de plusieurs manuels d'enseignement fondateur et rédacteur de la Chronique d'Industr. laitière etd'agrû ulture 1888-1920, puis du Paysan Fri bourgeois 1920-1927 ; collaborateur aux Élrennes Fribourgeoises, etc. — 27. BERNARD-Maurice-Marie, fils du n° 26, * 20 août 1895 à Fribourg, avocat, professeur de droit au collège Saint-Michel, à l'Institut agricole et à l'École normale ménagère de Fribourg. Auteur de : Manuel de droit rural, 1927 ; Le, droit d'Estavayer, 1932, dans Sammlung schweiz. Rechtsquellen ; collaborateur aux AF, DHBS. — 28. HuBERT-Marie- Louis, fils du n° 26, * 11 oct. 1897 à Fribourg, professeur au collège Saint-Michel 1927, héraldiste et généalogiste. Auteur de : Manuel d' Héraldique, 1922, en collaboration avec D.-L. Galbreath, et Les Anciens Ex-Libris Fribourgeois Armoriés, 1923 ; collaborateur aux AF, MIS. AGS et DIIBS. -- LL. — LLH. — AHS 1910, 179.— -AGS. -- Ph. Grangier : Annales.

— A. Daubigney : Le monastère d' Estavayer. — DSC.

— La Liberté, 1927, n» 21 ; 1929, n" 195. — Étr. frib. 1930. — La Chenaye-Desbois : Dictionnaire de la noblesse. — H. de Vevey : Ex-Libris fribourgeois. — Le même : Généalogie, mns. — Archives de famille ; Arch. d'Estavayer ; Arch. d'État de Fribourg. [G. Cx.]

B. Canton de Neuchâtel. Famille originaire de Montet sur Cudrefin (Vaud), bourgeoise de Neuchâtel en 1573. Elle s'établit à Saint-Biaise vers la même époque et y fournit de nombreux gouverneurs, capitaines, sautiers, juges, notaire. Elle s'y éteignit en 1806.

— Archives de Saint-Biaise et de Neuchâtel. — H. de Vevey : Généalogie, mns. [H. V.]

G. Canton de Soleure. Voir article Vivis, VON.

D. Canton de Vaud. Plusieurs familles de ce nom, généralement sans liens de parenté entre elles, ont existé dans le canton. A Vevey, où elles apparaissent dès le XIIe s., l'une d'elles posséda, jusqu'au déclin du XIIIe s., la mayorie de Vevey ; cette famille pourrait être la souche des « Mayor dit de Vevey » établis à Cudrefin dans la seconde moitié du XIVe s. On rencontre encore des Vevey à Aubonne au XIVe s., à Moudon et à Payerne aux XIVe et XVe s., à Lausanne du XIVe au XVIIIe s., à Nyon au XVe s., etc. — 1. Bonusfilius, mayor de Vevey vers 1150. — 2. Ulrich, mayor vers 1 187. — 3. Raymond, mayor avant 1218. — 4. Àmédée, frère du n° 3, mayor après 1218. — 5. Martin, fils du n° 4, mayor 1228-1235. — 6. Girard, * 1262, mayor 1284. t entre 1304 et 1313. — 7. Rodolphe, chanoine

de Lausanne 1270-1289, juge du Chablais 1285. —

8. BÉatrix, religieuse dominicaine au couvent d'Éc)n>sie sur Lausanne, puis première prieure du couvent d'Estavayer de 1316 à 1343, année de sa mort. —

Page 1