‹ Dictionnaire historique & biographique de la Suisse (volume 3)Chapitre 63 sur 213 · VILLENEUVE · texte numérisé non relu

VILLENEUVE

YILLERJVIAULAZ

Sous la domination bernoise, l'hôpital et son domaine furent administrés par un hospitalier bernois. Les places gratuites de l'hôpital furent maintenues, et la distribution de pain aux indigents continuée. L'hôpital

Villeneuve en 1840 environ. D'après une lithographie de Guigon (Bibliothèque nationale, Berne i.

fut supprimé en 1806 et vendu en 1826 à la ville : celleci utilisa une partie des bâtiments comme maison d'école, et la reconstruisit en 1919.

Villeneuve doit à sa situation exceptionnelle sur la grande route d'Italie en France, au moment où les marchands de Venise et les commerçants lombards affluaient aussi bien que les pèlerins de Rome, de s'être développée très rapidement. Un compte de 1260 indique que les propriétaires de 180 ou 200 maisons y payaient l'impôt foncier; un terrier en 1332 établit l'existence de 172 feux soit environ 1500 habitants ou plus, davantage que dans la ville voisine et plus ancienne d'Aigle. Cette prospérité est due au commerce. En 1278, le comte de Savoie perçut à Villeneuve SOlivres de revenus ordinaires et 500 livres de droits de douane. Il passe de 4000 à 6000 balles de marchandises par an, soit en moyenne 20 chevaux chargés par jour. Les banquiers lombards et juifs s'établissent en nombre, ils bénéficient de différents privilèges. Ils en usent et en abusent pour se livrer à l'usure sur une grande échelle. Ce qui fut, sans doute, l'une des raisons de l'hostilité de la population. Au moment de la grande peste de 1348, les Juifs de Villeneuve furent accusés d'avoir empoisonné les fontaines. Ils furent conduits au château de Chillon et brûlés vifs par la populace. Bientôt après commença la décadence de la ville. Les foires de Champagne avaient perdu | de leur importance : les marchands de Venise trafiquaient par mer avec les Flandres. Les comptes du | péage de Villeneuve de la fin du XIVe s., n'enregistrent plus le passage que de 600 balles de marchandises par an au lieu de 6000. En 1417, huit ans après un grand incendie, il est vrai, on n'enregistre plus que 120 feux dans la ville. Au cours des guerres de Bourgogne, en mars 1476, Villeneuve fut pillée et brûlée par les Haut-Valaisans.

Dès lors, Villeneuve n'a plus que la vie d'une bourgeoisie ordinaire et son histoire est la même que celle des petites villes vaudoises et valaisannes. Même la période moderne ne lui a pas été favorable. Relai presque indispensable au temps des «chars d'Anjou » et des diligences, elle a plus souffert que gagné à l'établissement des chemins de fer. Registres de baptêmes dès 1572, registres de mariages dès 1576, de décès dès 1717. — VoirDHV". — Études de Eugène Corthésv et de Maxime Reymond dans BHV 1900, 1902 et 1920. [Maxime Reymond.]

VILLENEUVE (Affaire Imbert de). Imberi de Villeneuve, seigneur de Joux-sous-Tarare, premier président au Parlement «le Dijon, fut chargé neuf fois de missions en Suisse par le roi Louis XII. Sa dernière mission fut l'occasion d'une grave affaire. Le roi de France refusait de ratifier le traité de Dijon : il envoya alors une ambassade en Suisse qui devait comprendre notamment Imbert de Villeneuve. Celui-ci, qui était alors auprès de Charles III de Savoie où il s'occupait de la question des foires de Genève, arriva à Genève en novembre 1513. Il attendit un sauf-conduit pour entrer en Suisse. Fribourg et Berne envoyèrent une ambassade au Conseil de Genève pour demander l'arrestation du Premier Président jusqu'à ce que le roi de France eût ratifié le traité de Dijon. Satisfaction fut donnée aux deux cantons, qui exigèrent ensuite l'extradition du prisonnier. Le Conseil se trouva dans une situation des plus embarrassantes : il demanda l'avis des citoyens, du princeévêque Jean de Savoie, du duc Charles III ; le roi de France recommandait aux Genevois de ne pas laisser enfreindre leurs franchises. Devant les menaces des Suisses, le Conseil ne voulant pas céder ouvertement suggéra aux ambassadeurs des deux cantons de saisir par surprise Villeneuve dans sa prison. Ainsi fut fait dans la nuit du 21 déc. 1513. Le président fut interné neuf mois à Berne :

il avoua avoir raccolé illégalement de-

questionne

mercenaires et corrompu des magistrats suisses dans son ambassade précédente, mais il déclara n'être pour rien dans la conclusion du traité de Dijon. Il fut enfin mis en liberté contre rançon (sept. 1514). — Henri Fazy : Une question d'extradition en 1513, dans BIG XXIX. — Ch. Kohler : L'ambassade en Suisse de Imbert de Villeneuve, dans Pages d'histoire dédiées à Pierre Vaucher. — E. Rott : Bepr. dipl. 1. [H. G.]

VILLERET (C. Berne. D. Courtelary. V. DGS Com. et Vge dépendant de la paroisse de Saint- Imier. En 1330, Viler, Velleret, Villieret, diminutif de VUliers. ou Villars, dans le Jura bernois. L'histoire du village se confond avec celle de Saint-Imier. Des horlogers y sont mentionnés déjà en 172.") et c'est à l'horlogerie qu'il doit son grand développement. On y compte quatre grandes fabriques. Population : 1818, 496 hab. ; 1930, 1255. — Trouillat. [G. A.]

VILLERMAULAZ (VuiLLERMAULAZ, Willer- MAUI.A). Ancienne famille gruyérienne, mentionnée à Crésuz dès 1442, à Charmey dès 1501. — I. Clai DE, lieutenant baillival du val de Charmey 1719-1724. — 2. Michel, * à Charmey 13 juin 1672, entra dans la congrégation de Saint-Sulpice. Directeur du collège Saint-Charles à Avignon, puis missionnaire au Canadn. où il passa dix-huit ans. De retour en Europe, il travailla à un grand ouvrage : Anecdotes sur l'état de lu religion en Chine. 7 vol. qui parurent à partir de 1713 t à Paris 17 mars 1757. — 3. Claude-Antoine, neveu du n° 2, chapelain à Charmey 1747, curé de Vuippens 1756-1794, chapelain de Yaulruz 1796. Dans ces trois localités, il réorganisa les écoles et y introduisit de notables améliorations. Chaud partisan des idées déi ratiques, il accueillit avec joie l'arrivée des Français .'ii Suisse, en 1798. — 4. Marie-Thérèse-Amélif. de Charmey, * à Lille 14 nov. 1751. fut la troisième épouse de Beaumarchais, l'auteur du Mariage de Figaro En 1794. Beaumarchais s'étant réfugié à l'étranger, femme et sa fille Eugénie furent arrêtées et incarcérées pendant plus d'un mois. Mme de Beaumarchais étail célèbre à Paris par sa beauté et son esprit. Se-, let trépassaient pour des chefs-d'œuvre el ses amis l 'appelaient la petite Sévigné. t 1er avril 1816. — A. Dellion : Dici III. 72. 83, 90, '.»1 : XII. 17. 25. 184. — J. Dey : Chronique d'Éverdes et df Vuippens, dans MF 1. — L. Bonneville de Marsangy : Madame de Beaumarchais d'après

VILLET

Y1LLIGEN

sa correspondance inédite, Paris 1890. — F. Reichlen : Mme Thérèse-Emilie l iiilhrmaula, dans RHV 1898. — II. Khi ma us- .Ebischer : Marie- Thérèse Villermaula, dans Étr. frib. 1929. [J. N.]

VILLET. Ancienne famille de Vuisternens-en-Ogoz. Ce nom est mentionné aussi à Estavannens dès 1432 et à Fribourg au XVIIe s. Réception dans la petite bourgeoisie de Fribourg en 1 G 1 7 . — 1. LÉON, syndic et juge de paix de \ uisternens, député au Grand Conseil IKT'J- 1907. f 4 déc. 1907. — 2. Placide, frère du n° 1, * 9 mars 1864, prêtre 1891, professeur à Châtel-Saint-Denis et auxiliaire du curé 1891, directeur spirituel de la fermeécole de Sonnenwyl 1894, directeur de l'école latine et secondaire de la Veveyse 1896. t 10 avril 1910. — P. .Ebischer : Sur l'origine des noms de famille dans le canton de Fribourg. — A. Dellion : Dict. 11,298; III, 101 ; V, 94 ; XII, 221, 225, 226. — Semaine cath. du diocèse de Lausanne 1910, 183. [J. N.]

VILLETTE (C. Genève, Rive gaucbe, Com. Thônex. Y. DGS). Vge. Dès le début du XIVe s., il y avait à Villette une maison forte, qui ne doit pas être confondue avec le château des Terreaux (actuellement en France). Cette maison forte fut, avant la construction du château de Gaillard, le centre féodal et militaire de la région ; elle fut démolie pendant les guerres féodales du XIVe s. Une famille puissante du nom de Villette posséda du XIIIe au XVI s. des fiefs à Villette, Thônex, Fossard, etc. Ces fiefs se démembrèrent en plusieurs seigneuries qui furent de nouveau réunies au XVIIe s. par les Rossillon, marquis de Bernezzo ou de Bernex, seigneurs des Terreaux et de Villette. C'est probablement le marquis Hyéronime de Rossillon qui fit construire, dans la première moitié du XVIIe s. et avec les matériaux du château de Gaillard, le « château blanc », lequel fut démoli au XIXe s. Il existait au moyen âge une église à Villette, filiale de celle de Thônex. — Regeste genevois. — A. de Foras : Armoriai et nobiliaire de Savoie (art. Rossillon). — J.-A. Gaudy - Lefort : Promenades hist. dans le canton de Genève, Ie éd. — Archives d'État Genève. [L. B.]

VILLETTE (C. Yaud, D. Lavaux. Y. DGS). Vge et Com. En 1134-1136. Vileta. Ce fut, sans doute, à l'origine, une villa romaine, au bâtiment principal d'une architecture soignée, ainsi qu'en témoignent les nombreux vestiges retrouvés au cours du dernier siècle tout autour de l'église actuelle, avec un fragment de milliaire dédié à l'empereur Constantin-le-Grand. Sur l'emplacement d'une dépendance immédiate de la maison de maître, fut construite une chapelle primitive, laquelle, agrandie vers l'Ouest, s'est étendue au XIIe s. jusque sur les ruines de la demeure principale. L'abside, en forme de fer à cheval, indique qu'elle est antérieure au VIIIe s. Nous savons, d'autre part, que l'église de Villette était paroissiale de Cully et que cette dernière localité avait déjà une certaine importance en 967, alors qu'elle appartenait aux chanoines de Saint-Étienne de Besançon. On peut en conclure que cette église est l'un des plus anciens sanctuaires de la région, ce que confirme son vocable, saint Saturnin, archevêque de Toulouse dont le patronat fut sollicité surtout dans le haut moyen âge. Il n'y a jamais eu à Villette que l'église, la cure et une demi-douzaine de maisons. En revanche, il a existé de tout temps une paroisse de Villette, ayant une administration autonome et un territoire très étendu, comprenant entre autres les localités de Cully, de Bivaz, d'Épesses, de Grandvaux et de Forel qui en ont été détachées par décret du Grand Conseil vaudois du 15 mai 1824, pour former des communes entièrement distinctes de celle de Villette. Aussi haut qu'on peut remonter, Villette est du domaine temporel de l'évêque de Lausanne. Elle ne figure cependant pas dans l'état des propriétés de Rodolphe de Rheinfelden à Lavaux données en 1079 par le roi Henri IV à ce prélat. Les droits de ce dernier sont peut-être antérieurs. En tout cas, une sentence rendue en 1134-1136 par l'archevêque de Lyon, place Villette parmi les dépendances de l'évêché de Lausanne. Cette paroisse de Villette était divisée en confréries (du Saint-Esprit) qui sont devenues des bourgeoisies distinctes, et en quarts (il y en avait huit au XVIIe s.), qui avaient un caractère administratif et

que l'on appelait aussi districts. La paroisse avait son Conseil, son président ou banderet et deux gouverneurs, pour l'administration des biens communs, distincts de ceux des bourgeoisies. Elle avait aussi son châtelain et sa cour de justice. Le chœur et l'église de Villette remontent, sous leur forme actuelle, au XIIe s. Le clocher, qui donne au sanctuaire, par sa flèche de pierre, son cachet caractéristique, paraît être de la fin du XIVe s., de même que l'abside rectangulaire prolongeant le chœur. Un Christ de majesté, entouré des emblèmes des Evangélistes, des scènes de l'Annonciation, de la lapidation de saint Etienne ont été peints à la voûte et aux retombées dans le courant du XVe s. Le temple a été entièrement restauré en 1931 par M. F. Gilliard, architecte à Lausanne. Le siège de la paroisse a été transféré en 1837 à Grandvaux. Begistres de baptêmes et de mariages dès 1627, de décès dès 1728. — Voir F. Gilliard : L'Église de Villette et sa restauration. — RHV 1931. — DHV. [M. R.]

VILLICAIRE, évêque de Vienne en Dauphiné, se retira à l'abbaye de Saint-Maurice vers 739. Fut nommé évêque de Sion, puis simultanément abbé de Saint- Maurice, où l'on a retrouvé dernièrement sa pierre tombale. — Ed. Aubert : Trésor de Saint- Maurice. — Pierre Bourban : Fouilles de Saint- Maurice. [Ta.]

VILLIERS (C. Neuchâtel, D. Val-de-Ruz. V. DGS). Com. et Vge. Armoiries : de gueules au cœur d'argent surmonté d'une étoile à huit rais du même. On a découvert à Villiers des \ estiges de constructions romaines. Le village fit partie de la seigneurie et mairie de Valangin jusqu'en 1848, et appartient encore à la paroisse de Dombresson, avec qui son histoire se confond. Population : 1930, 272 hab.

En 1308, Pierre, fils Jacques de Villiers, donzel, reprit en fief du comte de Neuchâtel des terres à Villiers, que jusqu'alors il avait possédées en alleu. S'il s'agissait ici du village de Villiers au Val-de-Ruz, l'on pourrait admettre, suivant la tradition. L'existence d'un château sur la route qui mène dans l'évêché de Bâle. — Matile. — E. Quartier-la-Tente : Le C. de Neuchâtel, IVe série. — D.-G. Huguenin : Châteaux neuchàtelois . [L. M.]

VILLIGEN (C. Argovie, D. Brougg. V. DGS). Com. et Vge de la paroisse de Rein. En 1247, Viligen ; 1254, Vilingen. Armoiries : d'azur à une patte d'ours d'or accompagnée de trois étoiles du même et en pointe de trois coupeaux de sinople. Traces de murs romains et trouvaille de monnaies romaines sur le Geissberg. Villigen fit partie du bailliage habsbourgeois d'Elfmgen et Rein, puis du bailliage du Bôtzberg avec lequel la localité passa à Berne en 1460, en même temps que la seigneurie de Schenkenberg. Certaines circonstances font présumer que ce village fut, dans des temps fort anciens, une petite cité : c'est ainsi que les noms de certaines rues se sont conservés jusqu'aujourd'hui. Près de la localité se trouvait un château, dont les murs de fondation furent découverts en 1920 au lieu dit Œlberg. Elle donna son nom à une famille de ministériaux, mentionnée en 1247 avec Heinricus, miles, et qui apparaît par quelques-uns de ses représentants jusque vers la fin du XIVe s Ses armoiries étaient d'azur à la patte d'ours mouvant du flanc senestre de l'écu. Les rapports des seigneurs de Villigen avec le château voisin de Besserstein, aujourd'hui disparu, et considéré comme leur résidence, ne sont plus très clairs depuis la découverte des restes du château de Villigen. Toutefois, Stumpf fail porter les armoiries des seigneurs de Villigen à de prétendus seigneurs de Besserstein : la seule différence est que la patte d'ours est mouvante du bord inférieur de l'écu. Habsburg. Urbar, dans QSG 14. -- F.-X. Bronner : Aargan 1, p. ISti. 69, 188. irgovia S), p. 196 : 27. p. 82. - Aargauer Tagblatt 1920, n" 131. 242. IS I

N. S. XXII, p. 214. — \Y. Mit/ : Gemeindewappen Le même : Burganlagen u. Wehrbaulen 1. p. 117 : IL

VILLIGER

VILLMERGEN (GUERRES DE)

p. 533 ; III, p. 1 18. — Le même : Rechtsquellen... Aargau Landschaft III. [H. Tr.]

VILLIGER. Familles des cantons d'Argovie, Lucerne, Unterwald, Zoug.

A. Canton d'Argovie. Nom de famille répandu dans le Freiamt supérieur, surtout dans les paroisses de Meienberg et Beinwil depuis le commencement du XVIIe s. Armoiries : d'azur à deux flèches d'argent posées in sautoir, accompagnées de deux étoiles d'or cl en pointe de trois coupeaux de sinople. .Ettiswil est considéré comme le berceau familial. — Josef, d'.Kttiswil, 19 févr. 1836 - 6 juin 1886, recteur de l'école

cantonale de Zoug et de l'école de district de Mûri. — Aarg. Schulblatt

1886, p. 94. — Si hhisslin ii ht... Mûri

1887. — Franz-Emil, Dr med., fils du prénommé, * 22 mars 1870, médecin neurologue à Bàle 1899-1913, professeur ;i l'unh ersité de Bàle depuis 1913; publiciste, fondateur ■ et bienfaiteur d'établissements de convalescence à Bàle. — DSC. — Schweiz. mediz. Wochenschrift 1931, p. 526. — Sur les

ecclésiastiques, voir P. Ig. Hess : Die Pfarrgeistlichen von Si us. Anir und Abtwil. — E. Yilliger : Gesch., und Stamm baume der Villiger, en préparation. — LL. - LLH. [E. Villiger.]

B. Canton de Lucerne. Famille des bailliages de Lucerne et Hochdorf. — Hans, ammann et juge à Root 1573. — Peter, de Root, curé d'Artli, t 1581, auteur d'une chronique manuscrite schwyzoise 1571 et d'un récil de son voyage à Jérusalem 1565. — Johann, de Hitzkirch, 19 août 1815 - 9 avril 1867, conseiller d'État dès 1851, avoyer 1862. — Gfr. Reg. — Kas. Pfyffer : Gemalde I. — È.-F.v. Mulinen : Prodromus. — MHVS 9. — LL. [P.-X. W.]

C. Canton d'Unterwald. VILLIGER, FlLLIGER. Famille bourgeoise d'Ennetmoos en Nidwald, originaire du Freiamt, établie depuis 1592. Jost fut reconnu habitant

en 1653 et devint bourgeois en 1662.

Armoiries : parti d'azur et de sable, ou simplement d'azur, à la licorne d'argent. La famille a donné au pays îles conseillers, des juges, administrateurs d'églises et conseillers d'État. — Anshelm (Jakob), * à Ennetmoos I 1 févr. 1825, entra au couvent d'Engelberg en 1844, prêtre 1847, professeur et préfet 1849-1853, curé d'Engelberv |,s-,3-l85i, prieur 1854-1866, abbé du 26 févr. 1866 à sa mort, 14 janv. 1901. — Jahresber. des Gymnasiums Engelber g 1901. [R. D.]

D. Canton de Zoug. Yilliger (Filliger, autrefois ViLLlNGER, Yilinger). I. Famille de Hùnenberg. Armoiries : d'azur à la croix tréflée d'argent accompagnée de deux croissants figurés d'or et en pointe de trois coupeaux de sinople. Le nom apparaît en 1386 à Wiprechtswil, en 1417 à Rumcndikon. — 1. Wolfgang, curé et doyen de Frick, fonda un anniversaire à Cham en 1657. — 2. Leonz, 15 janv. 1811 - 15 mars 1893, conseiller d'État 1858-1865. — 3. Fidel, fils du précédent, 1843-1906, fui avocal et conseiller. -- 4. Gertrud, fille d'Augustin Keller, épouse du précédent, 14 août. 1843 - 5 avril 1908, fut l'une des têtes du mouvement féministe suisse, présidente de la Société féminine suisse d'utilité publique. A publié La femme suisse. — Presse suisse d'avril 1908.

II. Famille de Cham, originaire de Hùnenberg, actuellement sans rejeton mâle. Armoiries: celles des Villiger de Hùnenberg. — I. Oswald, 9 mars 1735- 16 juin 1809, sacristain de Cham, auteur d'un registre généalogique de la paroisse de Cham-Hûnenberg. — 2. Jakob, arrière-petit-fils du n° 1, 20 avril 1843- 10 sept. 1921, ébéniste, auteur de nombreux travaux d'art et d'héraldique. — Une autre famille, originaire d. Ettiswil. s'établit en 1827 à Lindencham. — III. Entre 1500 et 1800 vécurent à Zoug dix-huit familles Villiger. — Elisareth, 1574-1639. dominicaine, prieure de St. Peter à Schwyz, 1596-1599 el 1617-1620. fHOMAS, 1600-1672, bénédictin e1 prieuré Fischingen.

— E. Villiger: Geschichte und Stammbàume der \'illiger, en préparation. — Une famille Villiger originaire du canton de Zoug est encore florissante en Unterwald. [E. VlLLIOER.]

VILLING. Voir Filling.

VILLMERGEN (C. Argovie, D. Bremgarten. V. DGS). Com. et Vge paroissial. Armoiries : d'argent à une rose de gueules boutonnée d'or et feuillée de sinople. Trouvailles de sépultures de La Tène I et de murs romains à la Schwarzhalde et à Heidenbuhl. En 1185. Vilmaringen ; 1225, Vilmaringin ; 1248, Vilmeringen (dérivé d'un nom de famille alémanne). En 127'i. Villmergen, qui faisait partie de l'héritage de Kibourg, fut vendu à Rodolphe de Habsbourg par Anna de Kibourg, femme d'Eberhard v. Habsbourg - Laufenbourg. En 1415, Villmergen passa aux Confédérés e1 devint une commune du Freiamt . Coutumiers de 1495 et 1510. Le patronage de l'église des saints Pierre et Pau!, fief de la maison d'Autriche, fut remis en 1337 par celle-ci à Johann von Hallwyl. En 1376, il passa à Heinrich Bibi, de Lenzbourg ; après sa mort, il devait revenir définitivement au couvent de Mûri, qui dut toutefois s'entendre au préalable avec les seigneurs de Hallwyl au sujet de droits de gage restés en suspens. En 1425, les seigneurs de Hallwyl renoncèrent à leurs prétentions et la même année le pape Martin V incorpora l'église de Villmergen au couvent de Mûri. Celui-ci posséda le patronage jusqu'à la suppression de l'abbaye en 1841 ; il passa abus à l'Étal, puis à la commune. En 1688, l'église fui agrandie; elle fut pillée en 1712 après la seconde bataille de Villmergen. On la démolit en 1862 pour la remplacer par un édifice nouveau en style gothique, construit un peu plus bas. et qui fut consacré en 1866. — Villmergen donna son nom à une famille de ministériaux des Kibourg, dont le château tomba forl tel en ruine. En 1315, il est mentionné comme résidence non fortifiée. En 1927, on a découvert au Heidenbuhl, au Sud-Ouest de Villmergen, des vestiges de murailles d'une construction quadrangulaire. qui passe pour les restes de ce château disparu. La famille von Vilmarigen fait son apparition avec Wernherus en 1125 et disparaît avec Margarita en 1331. Armoiriei de sable à un fer de lance épointé d'argent. — En 1656 et en 1712, deux batailles décisives des guerres civiles e1 religieuses de l'ancienne Confédération se livrèrent à Villmergen et portent le nom de cette Localité. \ illmergen vit une troisième rencontre lors de la révolte du Freiamt ; le 12 janv. 1841, les troupes gouvernementales y battirent le landslurin. — F.-X. Bronner : Aargau I. p. 58, 223 : II. p. 167. — J. Millier : Aargau I. p. 196 E. Zschokke : Hist. Festschrift. — Argovia 9, p. 7n : 26, p. 51 ; 27. p. 82 : 30, p. 53, 55, 153, 157. — I nsen Heirnal. Jahresschrift der hist. Ges. Wohlen 1927, p. 14 : 1929. p. 67. — Habsburg. Urbar, dans QSG 14. — W. Merz : Gemeindewappen. — Le même : Burganlagen und Wehrbauten II-III. [H. Tr.]

VILLMERGEN (GUERRES DE). On donne le nom de guerres de Villmergen aux deux guerres civiles et religieuses qui se sont terminées par deux batailles décisives, livrées près du village de ce nom entre une partie des forces protestantes (surtout Zurich et Berne) et une partie des forces catholiques (V Cantons). La seconde de ces guerres porte aussi le nom de guerre du Toggenbourg, d'après la région où elle a pris naissance. ou guerre de 1712, d'après sa date.

I. Première guerre dr Villmergen, 1656. Elle est un produit des haines confessionnelles, toujours vives au XVIIe s. et de la tension continue entre les partis religieux en Suisse ; les passions, auxquelles la crise sociale de la guerre des Paysans en 1653, apporta une courte trêve, reprirent ensuite de plus belle. Une affaire, peu importante par elle-même, suffit pour faire jaillir la lia mine qui convait sous la cendre. En automne 1655. les pi tants d'Arth (dits Nïcodémites), menaces de persécutions, s'enfuirent à Zurich (voir art. Arth). La ville prit chaleureusement leur parti ; Schwyz répondit en exé-

MLLMERGEN (GUERRES DE)

VILLMERGEN (GUERRES DE UJ7

Truppenbewegungen

Signes forts starke Zeichnung u. Schraffur Troupes bernoises et alliées Truppen und Marschrichtungen der Berner und ihrer Hilfsmannschaften

Signes fins feine Zeichnung u. Schraffur: Troupes catholiques hathoîische Truppen Camp

Feldlager

Position en ordre de bataille Aufstellung m Schlaehtordnung Position de combat

Kampfstel lungen der Truppen .

Position lors des engagements décisifs Ste/iungen der Entscheidungskàmpfe

/'"'phase Mou vement des troupes

3' n I Phase Z. »

Artillerie

Artillerie

Cavalerie

Kavallerie

Marche

Marsch

Attaque

Angriff

Attaque repoussée

abgeschla gêner AngrifF

Retraite

Rùchzug

Champ de bataille du combat de Villmergen

en 1656

Kampfplatz der ersten Sch/acht X

von Villmergen 1656

Bùelisacker\

See'tiqen

y.' yzoflK-

BùttiUon*

Carte '1>- 1 conde bataille de Villmergen, 1712. D'après Histoire militaire suisst

cahier > .

cutanl quatre Nicodémites demeurés dans leurs foyers ; sur quoi, Zurich réclama les biens des fugilifs. Cette revendication ayant été écartée, Zurich décida la guerre, espérant que ce serait une occasion de mettre fin au régime politique établi par le traité de paix de 1531. Berne avait promis son appui à Zurich, tandis que Bâle, Glaris, Appenzell, la ville de Saint-Gall el les Grisons demeurèrent neutres. Schwyz avait l'appui de Lucerne, Uri, Unterwald et Zoug Les tentatives conciliatrices de l'ambassadeur «le France, Jean de la Barde, restèrenl

infructueuses. Le 6 janv. 1656, Zurich publia le manifeste déclarant la guerre à Schwyz et aux autres cantons catholiques. Zurich expédia les frères Hans-Rudolf el Hans-Georg Werdmùller avec 7000 fantassins, .'(on ca a liers ei :.'u pièces d'artillerie devant la place forte de Rappcrswil ; il lit occuper les frontières el la Thurgovie par le reste de ses forces. Berne uni sur pied in ni m fan tassins, 200 cavaliers e1 20 pièces d'artillerie, sous le commandement du général Sigismond d'Erlach el les offril à. Zurich pour l'occupation du Freiamt. Les trois

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VILLMERGEN (GUERRES DE)

Waldstâtten et Zoug levèrent 5000 hommes contre les Zuricois ; les Lucernois, avec les gens du Freiamt, opposèrent aux Bernois 10 000 fantassins, 250 cavaliers et 40 canons. Berne jeta ses forces principales, soit 6000 fantassins, 100 cavaliers et 8 canons, dans le Freiamt. Tandis que H.-R. Werdmuller assiégeait Rapperswil sans résultat jusqu'au 11 mars, les V Cantons coupèrent les communications entre Zurich et Berne en occupant Bremgarten, Mellingen et Baden : le 24 janvier déjà (14 janv. ancien style), ils livrèrent, à Villmergen, la bataille décisive. Deux jours auparavant, le général bernois d'Erlach avait franchi avec environ 9000 hommes, la frontière près de Dottikon, occupé le Maiengrùn et établi son camp près de Villmergen. Le commandement de l'armée bernoise avait pris ses quartiers au château de Lenzbourg ; une grande insouciance régnait dans le camp bernois, qui, attaqué à l'improviste le 24 janvier par les Lucernois et les gens du Freiamt, commandés par le colonel Christoph Pfyffer, fut si complètement défait que toute la campagne s'en trouva terminée. Les Bernois eurent 573 tués, 66 prisonniers et 396 blessés, les vainqueurs 189 morts et environ 300 blessés. L'incapacité du haut commandement fut la cause de la défaite bernoise. La guerre prit fin après quelques escarmouches. Les tentatives médiatrices de Bâle, Soleure, Fribourg, de l'ambassadeur de France et d'autres diplomates furent couronnées de succès. Le résultat de la guerre fut. la troisième paix nationale, celle de Baden, conclue le 7 mars 1656. Ses articles, décisifs pour le droit public suisse, reconnurent l'essentiel des revendications catholiques, assurèrent aux cantons l'entière autonomie en matière de foi et de territoire ; la Diète ne possédait plus aucun pouvoir de conciliation en ces matières. — AS I. — Dierauer IV (avec bibliogr.). — Nbl. der Feuerwerkcr Zurich 1856, 1874. — Argovia V, p. 194 : XXIII. p. 1. — ASG 1895, 1903, 1909. — BBG 1909 et 1912. — KSB 1889, p. 558. — Gfr. 19. p. 243. - BStor. 1893, p. 7. — W. Œchsli : Quellenbuch. — H. Rickenmann : Rapperswil, p. 245. — H. Eppenberger : Die Politik Rapperswils 1531-1712. — Hist. militaire de la Suisse, fasc. 7. — Ed. Rodt : Gesch. des bern. Kriegswesens. — DHBS II, p. 92.

IL La seconde guerre de Villmergen remonte à un conflit entre l'abbé Leodegar Bùrgisser, de Saint-Gall, et le pays de Toggenbourg. D'accord avec Sc.hwyz, l'abbé voulait construire une route de Wattwil à l'znach par le Ricken. Il entendait faire établir le tronçon toggenbourgeois par les gens de Wattwil, lesquels, craignant le retour des anciennes corvées, opposèrent une vive résistance à la prétention de l'abbé. Celui-ci infligea des punitions à ses sujets et conclut une alliance avec l'empereur, tandis que les gens du Toggenbourg trouvaient de l'appui auprès de leurs cantons protecteurs. Claris et Schwyz. Dans ce dernier canton, leur principal sou tien fut le bailli Jos. -Anton Stadler, un ennemi mortel de l'abbaye de Saint-Gall. Le conflit traîna pendant des années ; favorisé par Zurich et Berne, le Toggenbourg se lança de plus en plus résolument dans la voie de l'autonomie ; il se donna des Conseils, des tribunaux et une commission gouvernementale ; en 1707, le nouveau Conseil proclama la liberté religieuse des protestants. Sur cria, l'abbé se tourna de nouveau vers les cantons catholiques, qui reconnurent alors le caractère confessionnel du conflit. A Schwyz, Stadler lut renversé il exécuté, les Schwyzois prirent de nouveau le parti de l'abbé et le conflit gagna la Confédération tout entière, les cantons se rangeant, selon leur religion, du parti de l'abbé ou de celui des Toggenbourgeois. En 1708 déjà, la guerre faillit éclater. Les agissements des diplomates étrangers, notamment du nonce Caraccioli, de l'envoyé impérial Trautmannsdorf et de l'ambassadeur français du Luc n'étaient pas entièrement pacifiques. Les cantons protestants auraient voulu terminer le conflit m possible avant la fin de la guerre de Succession d'Espagne et la paix européenne. Finalement, ce furent les gens du Toggenbourg qui donnèrent eux-mêmes le signal des hostilités en se soulevant contre l'abbé, auquel ils prirent trois châteaux, et en occupant les couvents de Magdenau cl Neu St. Johann en avril 1712. Zurich et Berne attendaient l'occasion de mettre fin, définitive-

ment, à la suprématie politique des cantons catholiques qui ne répondait pas à la situation de fait ; dans leur manifeste du 13 avril 1712 contre l'abbé, ces deux (alitons proclamèrent leur volonté de soutenir les Toggenbourgeois. Un contre-manifeste des cantons catholiques consomma la rupture. Du côté des V Cantons catholiques se rangea le Valais, tandis que Fribourg, Soleure et l'évêque de Bâle se tenaient sur la réserve, en considération de Berne. Du côté de Berne, participant aux opérai ions avec le Pays de Vaud, se tenaient Xeuchâtel et | Genève. Les autres cantons protestants ne se mêlèrent pas au conflit. Les 26 avril et 19 mai. 1400, puis 600 Bernois passèrent l'Aar près de Stilli, pour aider les Zuricois à conquérir les terres abbatiales. La cité de Wil fut prise le 22 avril. Les alliés s'avancèrent sur Saint - Gall et l'abbaye ; l'abbé, laissé sans secours par les V Cantons, s'enfuit avec les gens du couvent à Neu- Ravensburg. Mais, de nouveau, le principal théâtre des hostilités fut le Freiamt et le comté de Baden. Ces territoires furent, cette fois-ci, occupés à temps par Berne et Zurich pour assurer leur liaison. Le 22 mai, les Bernois gagnaient le combat de Mellingen et le 26 la bataille dite des Buissons, près de Bremgarten. Ayant occupé ces deux villes, ils se portèrent avec un corps zuricois sur Baden, cité qui se rendit le 1er juin avec le château de Stem. Ainsi finit la première partie de la campagne ; le 3 juin des pourparlers de paix étaient ouverts et le 18 juillet, Zurich, Berne, Lucerne et Lîri signèrent la paix négociée à Aarau. Mais les conditions de paix furent rejetées par les landsgemeinde de Schwyz, Unterwald et Uri ; dans ce dernier canton et dans celui de Lucerne, elles provoquèrent une véritable rupture entre les peuples et les gouvernements ; ces derniers se virent obligés de mobiliser une seconde fois leurs forces militaires, rompant ainsi les conditions de la paix. Le 20 juillet, les gens des cantons de la Suisse centrale attaquèrent la faible position tenue par les Bernois au pont de la Sins : 1100 Bernois durent céder devant des forces plusieurs fois supérieures et se retirèrent sur la position principale de leur armée, au couvent de Mûri. Le 22 juillet, des Schwyzois et des Zougois attaquèrent les retranchements zuricois près de Richterswil et de Hiitten, mais sans résultat. Le 25 juillet se livra la bataille décisive à Villmergen. Quatre jours auparavant, les Bernois, au nombre de 8000 à 8500 hommes, s'étaient portés de Mûri à Wohlen où ils avaient établi un camp non fortifié ; le 25 au matin ils avaient pris position derrière le village de Villmergen, dans la plaine dite < auf der Langelen ». Lecatholiques, formés en deux colonnes, venant de Boswil et de Sarmenstorf, les y suivirent. Vers midi, l'aide droite lucernoise, commandée par Franz- Konrad von Sonnenberg, attaqua l'aile gauche bernoise sur le Langelenfeld. près de Dintikon et fut repoussée. Une heure plus tard, l'aile gauche catholique, commandée par l'avoyer Scliw eizer et le brigadier Lud. -Christ. Pfyffer, desceni l.tni de Herrliberg, attaqua à son tour l'aile droite bernoise du général Nicolas de Diesbach et du lieutenantgénéral Jean de Sacconay. Elle commença par repousser les Bernois. Mais l'at lit mlc résolue des chefs bernois rétablit le front. L'aile gauche bernoise tomba sur le dos des catholiques ; l'intervention d'un corps bernois de troupes fraîches, venant de Seengen et de Lenzbourg acheva la victoire que les Bernois remportèrentcomplète sur un adversaire fort de 7000 à 8000 hommes. Cette bataille fut la plus sanglante des guerres de religion. Levainqueurs eurent 206 morts et 607 blessés, les vaincuplus de 2000 morts, 540 prisonniers, ils perdirent 9 pièces d'artillerie, 5 drapeaux. 2 cors d'Uri et 5 fourgons de munitions. Les jours suivants les troupes bernoises pénétrèrent dans le canton de Lucerne et en Unterwald par le Brùnig ; Zurich s'avança dans le canton de Zoug. occupa Uznach et Gaster avec le concours des Toggenbourgeois et obligea Rapperswil. occupé par les cantons primitifs, à capituler. La résistance des cantons catholiques était brisée ; le 11 août était conclue à Aarau la IVe paix nationale, dont les dispositions, rétablissant complètement la prépondérance des cantons protestants, sont indiquées dans l'art. Aarau, Paix d\ — AS I. — Dierauer IV (avec bibl). — E. Gagliardi : Hist. de la Suisse II. — E. v. Rodt : Gesch. des bern. Ktiegs-

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