‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 107 sur 425 · BOISSIER · texte numérisé non relu

BOISSIER

BOKESS

patrimonial et contrôleur des finances de Bresse, chargé en 1460 d'une négociation avec la ville de Genève. — 2. Humbert, fils du n° 1, conseiller ducal, archiviste de la Chambre des comptes de Savoie, patrimonial et contrôleur des finances en Bresse, f av. 1530. — 3. Jean, dit de Loriol, seigneur de Verel, de Dullin et de Saint- André du Bouchoux, auteur de la famille de Loriol actuelle. — Voir Covelle LB. — Gai. : Not. gen. I. — Guichenon : Hist. de Bresse. — Rec. gen. suisse I.

II. Famille du Languedoc. Originaire de Sauve, elle passa à Anduze, puis à Gènes où elle eut une maison de banque florissante, et s'établit à Genève à la fin du XVIIe s. Elle acquit la bourgeoisie en 1695. Armoiries : d'or à la fasce d'azur chargée de trois écussons d'argent et accompagnée de trois glands de sinople. — 1. Jean- Jaques, 1716-1766, du Conseil des Deux-Cents 1752, secrétaire de la Justice 1755, auditeur 1758, châtelain de Jussy 1762, procureur de l'hôpital 1762. — 2. Jean-Isaac, 1718-1776, frère du n° 1, officier au service de France, puis lieutenantcolonel en Hollande, du Conseil des Deux-Cents 1758, auditeur 1772. — 3 Henri, 1762- 1845, professeur de belles-lettres à l'Académie de Genève 1784, du Conseil des Deux-Cents 1792. Banni par le tribunal révolutionnaire, il se retira à Yverdon, mais le jugement ayant été annulé, il revint en 1795 prendre sa place à l'Académie. Sous le régime français, il fit partie de l'administration municipale et fut nommé en 1799 membre du Conseil d'arrondissement, et du Conseil général du Département du Léman. Becteur de l'Académie 1800-1815, professeur de chimie appliquée 1800 et de belles-lettres et d'archéologie 1815, président du musée académique, dont il fut le promoteur ainsi que du conservatoire des arts et métiers 1825, un des fondateurs de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève. A publié quelques ouvrages d'histoire et de littérature, entre autres : Précis d'antiquités romaines (d'après l'allemand de Schaaf), Précis d'antiquités grecques (d'après le même auteur). — Voir Rapp. sur le Collège et l'Académie de Genève 1844-1845. — Ed. Mallet : Notice sur Henri Boissier. — Montet : Dictionnaire. — France protestante. — Chapuisat : La municipalité de Genève. — 4. Henri-Louis, 1786-1827, philanthrope. Avec Marc-Auguste Pictet et Charles Pictet, il créa pour

les jeunes gens pauvres une école rurale qui devint plus tard celle de Cara ; par un don considérable, il assura la construction et l'établissement à Genève de l'école lancastérienne de Saint-Gervais, créa le Comité d'activité cantonal auquel il donna 245 000 fr., et laissa la plus grande partie de sa fortune à des établissements de charité et d'utilité publique. — 5. Pierre-Edmond, 1810-1885, neveu du n° 4. Il s'occupa surtout de botanique descriptive et de géographie botanique, fit des voyages en Espagne et en Asie, qu'il parcourut jusqu'aux Indes. Il possédait un herbier remarquable, enrichi et entretenu par son gendre Barbey. Les héritiers de ce dernier en ont fait don à l'Université de Genève. Principales publications : Icônes euphorbiarum 1856 ; Voyage botanique dans le midi de l'Espagne pendant l'année 1837 ; Flora orientalis, 5 vol. — Voir A. de Candolle : Edmond Boissier. — JG, 7 sept. 1885. — Semaine religieuse, 3 oct. 1885. — Bull, de l'Association pom la protection des plantes 1886, n° 4. — Les travaux botaniques de M. Ed. Boissier, dans JG, 5 mai 1840. —

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Pierre-Edmond Boissier.

D'après une eau-forte de

R. Piguet (collection Maillart)

Bull. soc. vaudoise se. nat. 1886. — 6. Catherine- Valérie, 1813-1894, sœur du n° 5, épousa en 1837 le comte Agénor de Gasparin. Voir sous ce nom — 7. Edmond-Agénor, fils du n° 5, 1841-1913, philanthrope. — 8. Emile, 1841-1901, député au Grand Conseil 1882- 1901, maire de Cologny 1885-1898, conseiller d'État 1898-1900. — Voir quotidiens genevois des 20 et 21 déc. 1901. — PS 1902. — 9. Jules-Edmond, 1842-1890. frère du n° 8, agronome, étudia en Allemagne, puis s'occupa d'agriculture et de viticulture en Suisse. Maire de Cologny et député au Grand Conseil 1872-1875. — Voir JG, 28 sept. 1890. — 10. Edouard-Edmond,

* 1864, fils du n° 7, colonel de cavalerie, ancien maire de Choulex, député au Grand Conseil, membre du Comité international de la Croix-Bouge. — 11. Gustave,

* 1867, fils du n° 8, conseiller de Légation à Paris, détaché au Département des Affaires étrangères à Berne 1892-1893, maire de Cologny 1910-1916, ministre de Suisse à Bucarest 1916. — PS 1916. — 12. Alfred- Perceval, * 1867, fils du n° 7, assyriologue, collaborateur à plusieurs revues savantes : Revue d'assyriologie, Proceed. of the Society of Ditt. archaeology, etc. Auteur de travaux linguistiques et archéologiques : Recherches sur quelques contrats babyloniens ; Choix de textes relatifs à la divination assyro-babylonienne, etc. — ■ Voir Gai. : Not. gen. I et IV. — A GS IV. — France protestante. — LL. — LLH. — Montet : Dictionnaire. — Covelle : LB. — Sordet : Dict. des familles genevoises . — H. Wagner : Pedigree of the prolestant refugee families of Boissier. [H. Da.]

BOISSIÈRE (LA) (C. Genève. V. D GS). Maison de campagne et domaine sur la route qui tend de Genève à Chêne. A la fin du XVIIe s., le domaine appartenait à Amy de Chapeaurouge qui fut 1er syndic. Il fut acheté vers 1702 par Guillaume Boissier à son arrivée à Genève et passa ensuite à son fils Gaspard (f 1730). La Boissière échut à la fille de Gaspard Boissier, épouse de Jean-Bobert Tronchin (1710-1793), le procureur-général, l'auteur des Lettres écrites de la campagne, dont le salon était célèbre (l'historien Jean de Mûller y séjourna à plusieurs reprises à cette époque), puis à Boissier- Buisson et à Jacques Achard-Bontems. En 1838, le baron P. P. de Vaucher, conseiller d'État russe, acheta In partie orientale du domaine et transforma l'orangerie, ainsi que d'autres dépendances, à l'usage de la grande duchesse Anna Feodorovna de Bussie, épouse séparée du grand-duc Constantin. Le château est aujourd'hui la propriété de Edouard Kunkler-de Beaumont. — Voir La Maison bourgeoise en Suisse : Le Canton de Genève II. — C. Fontaine-Borgel : Histoire des communes genevoises... Eaux-Vives. [E. Be.j

BOISSONNAS. Famille originaire de Livron en Dauphiné, devenue genevoise par Joseph, reçu habitant en 1748. — Charles, 1832-1912, architecte, député au Grand Conseil, conseiller d'État 1889-1897. D'autres membres de cette famille firent et font encore partie du Grand Conseil de Genève. — Voir : Archives de Genève. — SKL. — Annuaires officiels. [C. R.]

BOISY (CERCLE DE). Le cercle aristocratique de Boisy ou de la maison deBudé, à Genève, prit naissance sous forme de café public entre 1782 et 1789. Il remplaçait le cercle de Montréal dissous en 1782. Il joua un rôle important pendant les années qui précédèrent la révolution de 1792 et fut fermé en 1794 après avoir été mis à sac, mais il se rétablit dès que la chose fut permise. En octobre 1798, il quitta la maison de Budé pour la maison de La Bive, rue de l'Hôtel-de-ville. Il fut remplacé dans son premier local par un autre cercle auquel on donne aussi quelquefois le nom de cercle de Boisy. Le cercle de Boisy existe encore aujourd'hui sous le nom de cercle de la Terrasse rue Eynard ; c'est toujours le cercle de la haute société genevoise, mais il ne joue plus de rôle politique. [E.-L. Burnet.]

BOITEUX. Famille de Travers (Neuchâtel), mentionnée dès le début du XVIe s. — Estevenin, qui fut châtelain et receveur de Boudry de 1449 à sa mort 1463, n'appartenait probablement pas à cette famille. [L. M.]

BOKESS. Famille bourgeoise éteinte de Thoune, originaire du Simmental où elle apparaît au milieu du XIVe s. Elle possédait en 1437 encore des dîmes à

BOLCHEVJSME

BOLLA

Erlenbach. Le premier connu à Thoune est : — 1. Matthias (Matthis), bourgeois en 1358, souvent témoin et chargé d'apposer le sceau du Conseil, bourgeois de Berne 1376, acquit en 1378 d'Elisabeth von Buchegg la seigneurie de Diessenberg avec le patronage de Diessbach ; en 1395 Anton zum Thurn, seigneur de Frutigen, lui céda la vallée de Lauterbrunnen pour 500 îb., mais le couvent d'Interlaken la lui racheta en 1396. Il aida aussi Berne lors de l'achat de Thoune et Berthoud ; administrateur de l'église de Scherzligen 1405. — 2. Ulrich, fils du n° 1, seigneur de Diessenberg 1392. Ses beaux-frères Heinzmann von Bùtschelen etBertschi von Ergsingen lui cédèrent leurs parts au château et à la seigneurie d'Oberhofen et en 1393 leurs droits sur celle d'Unspunnen. Il fut membre du Conseil de Thoune 1405, bourgeois de Berne vers 1408, f avant 1428 — 3. Imer frère du n° 2, possédait de nombreux biens dans la région de Thoune, bourgeois de Berne 1405, de Bâle 1432, vendit 1420 la moitié de la seigneurie de Hunigen (Emmental) au Bernois P. Schleiff, en 1426 la moitié de celle de Diessbach à N. von Diessbach, en 1437 les deux tiers des dîmes d'Erlenbach à ce village. Avec — 4. Hans, mentionné en 1480, la famille disparaît. [Huber.] BOLCHÉVISME. Au milieu de la guerre mondiale et des privations qu'elle causait, quelques chefs socialistes suisses cherchèrent à fomenter la révolution parmi les ouvriers, et, dans ce but, entrèrent en relations avec les éléments de mêmes tendances à l'étranger. Les menées révolutionnaires commencèrent surtout après la conférence internationale réunie secrètement à Zimmerwald en septembre 1915 et celle de Kiental en avril 1916. La première engagea le monde ouvrier à passer à une lutte économique et politique ouverte « contre les classes dominantes et leurs gouvernements ». Celle de Kiental donna des directions pour cette lutte et recommanda les grèves économiques et politiques, ainsi que les démonstrations, car, dans l'idée du socialisme, le monde doit être transformé. Les éléments révolutionnaires se dressèrent vivement contre les « socialistes patriotes », comme ils appelaient leurs camarades qui réprouvaient les moyens violents. En novembre 1917 la révolution éclata en Bussie et institua la dictature du prolétariat et les conseils d'ouvriers et de soldats. En voulant mettre en pratique les théories de Bakunine et de Kropotkine, Lénine, Trotzky (alias Bronstein), Zinowief (alias Apfelbaum), etc., précipitèrent la Bussie dans l'anarchie, la misère et la famine. Lénine, le chef du bolchévisme russe, avait vécu autrefois en Suisse et noué des relations avec les chefs ouvriers suisses. Sous le titre : La Tâche des Représentants de la gauche de Zimmerwald dans le parti socialiste suisse, il a donné au parti socialiste suisse des instructions formelles qui furent publiées pour la première fois au début de novembre 1918 par la feuille genevoise La Nouvelle Internationale. Comme moyens de lutte révolutionnaire, il préconisait les démonstrations, les grèves générales et une propagande antimilitariste dans l'armée. Dans toutes les unités de troupes, on devait constituer des groupes socialistes.

11 fallait dire aux soldats que l'emploi des armes est légitime seulement dans la lutte du prolétariat contre les capitalistes ; plus que cela, qu'il est non seulement légitime, mais indispensable. La première propagande active en faveur du bolchévisme en Suisse fut celle de la mission soviétique qui fut expulsée de notre pays le

12 novembre 1918. Cette mission entretenait à Berne le bureau de propagande Nouvelles russes. Cette officine s'occupait de la publication d'écrits bolchévistes pour lesquels fut fondée à Belp près Berne la maison d'édition Promachos qui édita et répandit une quantité de publications révolutionnaires. L'impression occupa une série d'imprimeries. Beaucoup de brochures sorties du bureau Promachos étaient signées par Fritz Platten, comme éditeur. Les menées des Busses et leurs agitations secrètes ne contribuèrent pas peu à la grève générale du 11 au 14 novembre 1918 ; au moyen de cette action étendue aux masses, le Comité d'action d'Olten croyait pouvoir facilement renverser les autorités fédérales et établir la dictature du prolétariat selon le modèle russe. Cette tentative de coup d'État échoua

grâce aux mesures prises par les autorités fédérales et la mise sur pied de troupes. En décembre 1920, le congrès du parti socialiste suisse a repoussé, par 350 voix contre 213,1a proposition d'entrer dans l'Internationale communiste de Moscou qui fixait 21 conditions, et ainsi la scission entre socialistes et bolchévistes ou communistes est devenue effective. [J. L.]

BÔLE (C. Neuchâtel, D. Boudry V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes : Boulo, Bule, Bosle. Armoiries : d'argent à deux sapins de sinople terrassés de même. On y a trouvé en 1907, 30 tombes mérovingiennes, contenant divers objets, entre autres un anneau d'argent. Bôle est mentionné dès le XIVe s. ; il faisait partie de la châtellenie de Boudry dont il ne fut détaché qu'en 1848. De 1875 à 1888, une municipalité y fut érigée. Au spirituel, Bôle dépendait de Pontareuse (Boudry) ; il s'en sépara en 1644 pour former une paroisse avec Bochefort et en 1860 devint paroisse autonome. L'église a été construite en 1639. Population : 1779, 185 hab. ; 1880, 318 ; 1900, 534 ; 1910, 499. Begistres de naissances et de mariages dès 1824, de décès dès 1774. — Voir Quartier-la-Tente : Le Canton de Neuchâtel IIe série. — Boyve : Annales. — Bévue Charlemagne 1912. — Arch. d'État Neuchâtel. [L. M.]

BOLL. Voir Bulle.

BOLL. Famille de la ville de Bienne. — Mathis, de Montbéliard, armurier, bourgeois en 1611, fut chargé de l'entretien de l'arsenal et des pièces d'artillerie. — Voir Ratsprotokolle u. Stadtrechnungen Biel. — [w. B.] — Friedrich, * 12 février 1801 à Bienne, f 16 avril 1869,. pasteur de Niederbipp 1832, ou il dirigea la première école normale d'institutrices. Elle fut transférée en 1839 à Hindelbank où Boll fut appelé comme pasteur. Directeur de l'école normale d'instituteurs de- Miinchenbuchsee 1843-1846, pasteur de Gottstatt 1846, il reprit de 1852 à 1865 la paroisse et l'école normale de Hindelbank, et se retira en 1868. — Voir Volksblatt fur Kirche und Schule 1861, 1-3. [E.B.]

BOLL, JAKOB,*29mai 1828, f 29 mai 1880, de Bergdietikon. Pharmacien à Bremgarten dès 1853, il se fit connaître par ses recherches sur la période glaciaire dans le canton d'Argovie et la flore du marais de Bùnzen (D. Mûri). Il s'expatria en '1869 et entreprit des voyages d'exploration au Texas, où il découvrit de nombreux ossements d'animaux préhistoriques. Ses collections sont déposées dans les musées de Philadelphie et une petite partie en Allemagne. — Voir Mitteil. der Aarg. Nalurforsch. Ges. III. [O.M.]

BOLLA. Famille de Castro dont une branche s'établit dès la fin du XVIIIe s. à Olivone et de nos jours à Bellinzone. La branche d'Olivone-Bellinzone a joué un certain rôle politique dans les rangs du parti radical tessinois. En 1590, un Johann-Antonius est lieutenant du bailli de Blenio, et Johann-Jacob à plusieurs reprises de 1622 à 1632. — 1. Pietro, curé d'Olivone, député au Grand Conseil tessinois de 1808 à 1813. Le 31 juillet 1811, il votait pour la cession du Sud du Tessin à Napoléon Ier. — 2. Luigi, 1813-1877, avocat d'Olivone. Député au Grand Conseil de 1848 à 1856 et de 1863 à 1877, qu'il présida en 1855, 1870 et 1874. De 1856 à 1863 membre du Conseil d'État, député au Conseil des États 1870-1874. Il collabora à la Gazzetta del Popolo Ticinese (1861-1867) où il prôna la construction du chemin de fer du Lukmanier. — 3. Cesare, fils du n° 2, professeur, 1848-5 février 1922. Député au Grand Conseil 1893-1907 (président 1898 et 1907) ; chancelier cantonal 1908-1917 ; archiviste d'État 1919 ; député au Conseil national 1896-1899. Promoteur du tunnel de la Greina. — 4. Plinio, fils du n° 2, 1859-1896, avocat. Député au Grand Conseil 1892-1896 (président 1894) ; député au Conseil nationa 1893-1896. Auteur d'une biographie de Vincenzo d'Alberti. ■ — 5. Arnaldo, fils du n° 3, avocat, * 5 janvier 1885. Président du tribunal de Bellinzone-Biviera 1908 ; depuis 1909 député au Grand Conseil, qu'il présida en 1915 ; 1918 syndic de Bellinzone ; député au Conseil national 1920, au Conseil

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