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BONNET

formes : Bona Fontana, Bonafonte, Fons de Chamblot. Les nobles de Montagny et le couvent d'Hauterive y possédaient des biens au moyen âge ; plus tard la famille d'Englisberg, la commanderie de Saint- Jean et l'hôpital de Fribourg en eurent également. Lors de la guerre de Savoie, les Bernois firent une attaque contre Bonnefontaine le 4 mai 1448. La paroisse fut créée en 1892 par séparation de celle de Praroman ; la nouvelle église date de 1894. — Voir Dellion : Dictionnaire IX, 197-199. — Diesbach : Regeste. [A. Bûchi.]

BONNEFOY, Jean. Imprimeur genevois, originaire de Saint-Chély en Languedoc, reçu habitant de Genève 1551, bourgeois 1561, f 1567 à Genève. Imprima surtout des Bibles, Psaumes et Nouveaux Testaments. — Voir France protestante. — Covelle : LB. — Arch. de Genève. — Ennemond de, * 1536 à Chabeuil (Valentinois), professeur de droit à Valence, jurisconsulte estimé, réfugié à Genève après la Saint-Barthélémy, y fut reçu habitant le 20 nov. 1572 et nommé professeur de droit à l'Académie en 1573. Il y publia son ouvrage, Juris orientalis lib. III et y mourut en 1574. — Voir Senebier : Hist. litt. II, 7. — France protestante. — Borgeaud : Hist. de l'Univ. de Genève I, 125. [F. G.]

BONNES VILLES DU PAYS DE VAUD. On appelait ainsi sous la domination de la Savoie les villes et bourgs qui avaient le droit d'envoyer des députés aux assemblées des États de Vaud et qui jouissaient pour la plupart des franchises de Moudon. Cette expression est employée pour la première fois en 1407. Buchat, qui indique quatorze de ces villes et bourgs, en a peutêtre donné la meilleure liste, soit : Moudon, Bomont, Yverdon, Morges, Nyon, Payerne, Estavayer-le-lac, Cudrefin, Bue, Cossonay, Grandcour, Sainte-Croix, les Clées et Châtel-Saint-Denis. Leur nombre a d'ailleurs pu varier suivant les temps et les circonstances. Sous la domination bernoise, après que Bomont et une partie du Pays de Vaud eurent passé sous la domination de Fribourg, cette expression fut réservée d'une manière spéciale aux quatre villes de Moudon, Yverdon, Morges et Nyon, qui d'ancienne date jouissaient de privilèges particuliers. La ville de Vevey, tout aussi importante que ces quatre, n'est jamais comptée au nombre des Bonnes Villes, car d'après la division territoriale du pays sous la domination savoisienne, elle faisait partie non du Pays de Vaud, mais de l'ancienne province du Chablais que l'on appelle aujourd'hui le Vieux Chablais. Lorsque, vers la fin du XVIe s., les États de Vaud cessèrent d'être convoqués, les députés des quatre bonnes villes se réunirent fréquemment, soit à la demande de l'autorité bernoise, soit sur la convocation de l'une d'entre elles. Elles participèrent ainsi à la rédaction du coutumier de 1616. Le gouvernement ne voyait pas de bon œil ces assemblées où l'on parlait politique, et en 1622 il interdit toute séance qui se tiendrait sans l'assentiment du bailli du lieu. En 1653, il exigea que la permission expresse en fût demandée à Berne. Les séances de 1679 et 1728 paraissent avoir été les dernières. — Voir Grenus : Doc. relatifs à Vhistoire du Pays de Vaud. — ■ MDR XXVII, p. XIV et XV. — DHV. [Ernest Cornaz et C. G.] BONNET. Nom très répandu dans la Suisse romande, porté par des familles autochtones et des familles de réfugiés français.

A. Canton de Genève. Familles venues de l'étranger à Genève : de Saint-Maurice en Tarentaise (bourgeoise en 1569), de Provence (1617), de Pragelas (1704), de Nîmes (1744), etc. La plus importante est autochtone, établie à Thônex dès 1409. Armoiries :

d'argent au chevron de gueules accompagné de trois mouchetures d'hermine de sable. Elle a donné : — 1.

Jean-Jaques, 1655-1721, banquier, du Conseil des Deux-Cents 1684, auditeur 1687, conseiller 1705, syndic 1715 et 1719, député au roi de Sardaigne, Victor-Amédée, en 1717, pour le complimenter à Annecy. — 2. Charles, 1720 - 1793, petit-fils du n° 1. Destiné à la jurisprudence, il devint docteur en droit en 1743, mais ne paraît pas avoir pratiqué. Ses goûts le portaient vers l'histoire

Charles Bonnet.

D'après un pastel de Jean-Daniel

Huber, de la lin du XVIII* s.

(coll. Maillart).

naturelle. A 20 ans, il avait fait sa belle découverte sur la reproduction des pucerons, ce qui lui valut les titres de correspondant de l'Académie des sciences de Paris (1741) et d'associé de la Société royale de Londres. Il reprit les observations de Trembley sur la propriété qu'ont les polypes de reproduire à l'infini les parties qui ont été coupées, et étendit ses expériences aux vers et aux insectes. En botanique, ses découvertes furent tout aussi importantes. L'usage du microscope ayant affaibli sa vue, il se tourna vers la philosophie spéculative.

Principales publications :

Traité d'insectologie ou observations sur les pucerons, 1745 ; Recherches sur l'usage des feuilles dans les plantes, 1754; Contemplation de la nature, 1764 ; Palingénésie philosophique, 1769. Ses manuscrits forment 24 vol. et sont

déposés à la Bibliothèque universitaire de Genève. — ■ Voir Wolf : Biographien zur Kulturgesch. der Schweiz.

— Pouilly : Éloge historique de Charles Bonnet. — Guérard : La France littéraire. — Sayous : Le XVIIIe s. à l'étranger. — Montet : Dictionn. — Rec. gen. suisse II.

— Cellérier : L'Académie de Genève. — France protestante. — H. B. de Saussure : Éloge historique de Charles Bonnet. — J. Trembley : Mémoire pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de Charles Bonnet.

— de Caraman : Charles Bonnet, philosophe et naturaliste, sa vie et ses œuvres. — ■ E. H. Gaullieur: Charles Bonnet considéré comme homme politique, dans Musée suisse, vol. II. — André Sayous : Ch. B.. sa vie et ses travaux, Rev. des deux mondes, 1er oct. 1855. — Albert Lemoine : Ch. B. philosophe et naturaliste. — Max Offner: Die Psychologie Ch. B.'s. — Whitman : Bonnets Theory of évolution. — ■ Le même : The palingenesia and the germ doctrine of Bonnet, Biological Lectures to the Marine Biological Laboratory (Woods Hole) . — Joh. Speck : Bonnets Einwirkung auf die deutsche Psychologie, Arch. f. Gesch. der Philos. 1897. X et XI. — Strozowski : Bonnets Psychologie in ihrem Verhàltnis zu Gondillac. — Schubert : Die Psychologie v. Bonnet u. Tetens.

— Cerutti : Ch. B., Thèse de Louvain. — Ed. Claparède : La Psychologie animale de Ch. Bonnet. — ■ 3. Jean- Jacques, 1728-1803, capitaine au service de France, chevalier du mérite militaire, du Conseil des Deux- Cents 1782. — La famille subdivisée en un grand nombre de branches est toujours florissante à Genève.

Famille de Pragélas en Piémont, bourgeoise en 1704. Armoiries : d'azur à trois bonnets d'argent. — 4. Etienne, 1721-1802, fut un des vingt-quatre commissaires choisis par la bourgeoisie en 1766 pour soutenir ses intérêts auprès des plénipotentiaires, du Conseil des Deux-Cents 1770, fut exilé après l'Édit de 1782.

— 5. Philippe- Antoine, fils du n° 4, * 1756, capitaine dans le régiment de la Bépublique 1787-1792, chef de brigade et commandant de la garde nationale sédentaire de la commune de Genève, puis lieutenant-colonel à Dusseldorf. — 6. Guillaume, 1784-1861. général de brigade au service de France, commandeur de la Légion d'honneur. — Voir Rec. gên. suisse II. — Armoriai genevois. — Montet : Dictionnaire. [H. Da.]

B Canton de Neuchâtel. Plusieurs Bonnet, venus de Molines en Dauphiné, furent naturalsiés neuchâtelois au commencement du XVIIIe s. Les descendants de l'un d'eux acquirent la commune d'Auvernier en 1834.

— Voir Vivien : Les familles du Refuge. — MN 1900. C. Canton de Vaud. Nom de plusieurs familles

vaudoises, les unes autochtones, à Bullet en 1470, à Champvent en 1650, les autres issues de réfugiés français. A ces dernières semble appartenir une fa-

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