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BOURGOGNE (ROYAUME DE

sion de la Franche-Comté à la Suisse, mais les petits cantons ayant peu d'intérêt à la possession de terres aussi lointaines, ne soutinrent pas cette prétention. La France, qui tenait aussi à la Franche-Comté, leur offrit 100 000 francs de dédommagement. Mais Louis XI, par sa conduite peu loyale pendant la guerre, avait perdu la sympathie des Confédérés, qui laissèrent finalement la Franche-Comté au nouveau maître de la Bourgogne. Ce dernier dut verser 150 000 florins aux Confédérés en trois annuités. Personne ne réclama d'in-

Le pillage du camp bourguignon devant. Grandson par les Confédérés D'après une enluminure de la Chronique de Schilling.

demnité de guerre, la neutralité fut mutuellement garantie et la liberté de commerce rétablie.

La guerre, à laquelle toute l'Europe s'était intéressée, modifia profondément la vie politique et économique de la Suisse. Vainqueurs du plus brillant et du plus puissant des princes, les Confédérés furent sollicités de tous côtés comme alliés ou mercenaires. Leurs nombreuses relations avec l'étranger les entraînèrent dans la politique européenne où ils prirent rang aux côtés des grandes puissances.

Voir Diebold Schilling : Bernerchronik. — Chroniques de Joh. Knebel, de Bâle, Petermann Etterlin, de Lucerne, Gerold Edlibach, de Zurich, et de Hans Fries et Peter von Molsheim, de Fribourg. — Bas G. II-III. — Em. von Rodt : Feldzilge Karls des Kuhnen. — Dierauer. [K. Stettler.]

BOURGOGNE (ROYAUME DE). L'empereur Charles-le-Gros ayant été déposé à la Diète de Tribur le 11 novembre 887, et étant mort deux mois après, l'empire carolingien se disloqua. Arnoulf, neveu du défunt, devint roi de Germanie ; Eudes, roi des Francs ; Louis, roi de Provence ; Gui et Bérenger se disputèrent

le royaume d'Italie. Au point de contact de ces différents États se trouvait l'ancien royaume de Lothaire, comprenant la Lorraine et l'Alsace, le diocèse de Besançon et les évêchés de Lausanne et Genève. Ces évêchés avaient formé autrefois un duché d'outre-Jura, qui avait appartenu au duc Hubert, tué près d'Orbe en 866 par le comte Conrad, lequel reçut le duché et le transmit (avril 872) à son fils Rodolphe. Celui-ci porta les titres de comte (du pays de Vaud) et de marquis d'un territoire assez analogue à l'ancien duché, et qui allait du Jura à l'Aar et aux Alpes pennines, de la Tarentaise et de la Savoie jusqu'à Moutier-Grandval et peut-être jusqu'à Bâle.

C'est ce Rodolphe, apparenté à la famille impériale, qui, en l'abbaye de Saint-Maurice, se proclama, au début de l'année 888, roi de Burgondie (rex Burgundiae, Burgundionum, Jurensis, Viennensis, Allamanorum). Son royaume s'étendit immédiatement jusqu'à la Saône, puis à l'Alsace et à la Lorraine, où l'évoque de Toul le sacra au printemps de 888, au milieu d'un certain nombre de partisans, qui ne tardèrent pas à l'abandonner sous la pression du roi de Germanie. Rodolphe eut vraisemblablement l'intention de reconstituer le royaume de Lothaire, mais la fortune lui ayant été défavprable, il dut se résigner à gouverner les territoires allant de la Saône aux Alpes à travers le Jura, et qui furent appelés le royaume de Bourgogne. En 888, la limite orientale du royaume semble être l'Aar, c'est-à-dire qu'elle se confond avec celle du diocèse de Lausanne. Mais en 919 on voit Bodolphe II disputer au duc Bourcard d'Alémannie la possession du Zurichgau, ce qui implique celle de l'Aargau. L'origine de ces droits sur ce dernier pays est inconnue.

Le premier des rois de Bourgogne, Rodolphe I, mourut le 25 octobre 912 (ou le 27 oct. 911) ; son successeur Rodolphe II, décéda le 12 ou 13 juillet 937, laissant le trône à son fils Conrad, qui mourut le 19 oct.

993. Son fils, Rodolphe III fut le dernier souverain de Bourgogne. La mort de ce dernier, survenue le 6 sept. 1032, mit en présence l'empereur Conrad et le comte Eudes de Blois qui se disputèrent sa succession.

L'empereur était en ce moment occupé en Pologne. Dès qu'il put se dégager, il réunit une armée à Strasbourg, où il passa les fêtes de Noël 1032, entra à Bâle le mois suivant et continua sa route par Soleure et Payerne. Le 2 février 1033, il se faisait proclamer et couronner roi de Bourgogne dans l'abbatiale de Payerne. Il fit ensuite une démonstration contre Neuchàtel et Morat, puis rétrograda sur Zurich. Après une première expédition en Champagne contre Eudes de Blois, au mois d'août, Conrad s'avança vers le pays de Vaud avec des troupes allemandes, tandis que des troupes italiennes passaient le Saint-Bernard et le rejoignirent à Genève à la fin de mai 1034. Le 1er août suivant, l'empereur Conrad était proclamé roi de Bourgogne pour la seconde fois dans la cathédrale de Saint-Pierre à Genève ; en 1038, il revint en Bourgogne et tint une grande assemblée à Soleure en octobre, où il réorganisa l'administration de l'État et associa son fils Henri au trône de Bourgogne.

Le développement de la civilisation. Dans l'ensemble, notre pays avait participé à la rénovation religieuse, intellectuelle et économique qui avait marqué le règne de Charlemagne. Lorsque l'empire carolingien s'écroula, toutes ses institutions ne s'effondrèrent pas avec

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