BOURGOGNE
BOURGUILLON
lui. Dans le royaume de Bourgogne, la vie religieuse se maintient et se développe : ses souverains, maîtres de l'abbaye de Saint-Maurice, créent les couvents de Payerne et de Saint- Victor et les rattachent, avec le couvent de Romainmôtier, à l'ordre de Cluny, et les abbés Mayeul et Odilon exercent personnellement dans le pays une grande influence. Un familier du roi fonde le prieuré de Lutry, un autre celui de Bevaix. Bernard de Menthon établit la congrégation hospitalière de Montjoux qui prendra son nom. Aux environs de l'an 1000, l'évêque Henri reconstruit la cathédrale de Lausanne, l'empereur Henri II inaugure en 1019 celle de Bâle. Genève semble avoir bénéficié aussi d'une œuvre semblable. L'église de Sion est réédifiée en 1010 après un incendie. Quelques documents, l'étude des monuments et des noms de lieux établissent que durant la même période le nombre des églises et des paroisses se multiplie. Les assemblées d'évêques et de prêtres autour de l'an 1000, notamment à Lausanne en 1036, pour établir la Trève-Dieu, témoignent de l'ardent désir de subordonner les conflits politiques à des préoccupations d'un ordre plus élevé.
Les rois de Bourgogne sont des hommes cultivés. Rodolphe Ier place à la tête de l'école du couvent de Moutier-Grandval l'un des plus brillants moines de Saint-Gall. Un annaliste célèbre l'instruction de Rodolphe II. L'église de Lausanne a son écolâtre, et sans doute aussi les autres cathédrales. L'église de Lausanne dresse un nouveau cartulaire, celle de Bâle son censier. On ne connaît pas, à vrai dire, d'historiographe particulier à la Bourgogne helvétique, si ce n'est peut-être Wipo, le biographe de Conrad II. Les routes n'offrent peut-être plus au commerce la même sécurité qu'au temps de Charlemagne. Cependant, c'est au début du règne des Rodolphiens que les deux quartiers marchands de Lausanne se constituent. Bâle, brûlée en 917, prend au commencement du siècle suivant un nouveau développement. L'étude archéologique des quartiers de Genève établit des agrandissements analogues. Malgré les Hongrois,' les Sarasins et les Normands, les passages du Jura et des Alpes sont si fréquentés par les étrangers, notamment par les pèlerins allant à Rome ou en revenant, que le roi Canut d'Angleterre et de Danemark se préoccupe d'obtenir de Rodolphe III l'exemption des péages pour ses sujets. Enfin, peut-être peut-on faire remonter au second quart du XIe s. la rédaction des premières franchises de Lausanne, témoignage certain d'un notable ■ — progrès juridique. Une charte de 976 présente ce fait curieux, qu'un des témoins est dit vivre sous la loi des Romains, un autre sous celle des Alémannes. — Voir les articles consacrés à chacun des souverains de Bourgogne.
Bibliographie. H. Bresslau : Jahr bûcher des deutschen Reichs unter Konrad II. — - Carutti : Il conte Humberto I. — Gingins-la-Sarra : Hist. des royaumes de Provence et de Bourgogne Jurane. — Hirsch : Jahrbucher... unter Heinrich II. — ■ Jahn : Gesch. der Burgundionen. — Lex : Eudes, comte de Blois. — • Manteyer : Les origines de la maison de Savoie. — • Poupardin : Le royaume de Provence. — - Le même : Le royaume de Bourgogne. — ■ Renaud : Humbert aux Blanches Mains. — Reymond : Comment l'archevêque de Besançon est devenu seigneur de Nyon. — Le même : Les origines de la maison de Savoie. — Trog : Rudolf I. und Rudolf II. von Hochburgund. [Maxime Reymond.]
BOURGOGNE, Henri de. De la famille des comtes de Salins et de Bourgogne, évêque de Lausanne 985-1019. Constructeur de la cathédrale romane de Lausanne, reçut du roi en 1011 le comté de Vaud. Assassiné le 21 août 1019 dans une émeute. — Hugues, fils naturel du roi Rodolphe III, succéda au précédent comme évêque de Lausanne, f 31 août 1037, après avoir proclamé la Trève-Dieu à Montriond. — Voir Cartulaire de Lausanne, dans MDR VI. — Reymond : Dignitaires. — Reymond : Origines de la maison de Savoie. [M. R.]
BOURGOZ. Familles des cantons de Vaud et du Valais.
A.Canton de Vaud. Famille bourgeoise de Saint-Sulpice (Vaud) avant 1545. — 1. David, * à Saint-Sulpice le 21 mai 1828, instructeur cantonal dès 1855, attaché aux troupes vaudoises d'occupation de Genève en 1864 ; instructeur des troupes genevoises en 1868, instructeur de la Ire division dès 1874, colonel dès le 31 décembre 1891, f le 15 octobre 1901. — 2. Isaac, juge de district, administrateur de la Banque cantonale vaudoise, président de la Société cantonale des chanteurs vaudois, t 1921. [A.B.]
B. Canton du Valais. Famille éteinte de la vallée de Bagnes (Valais) mentionnée dès le XVIe s. — Héliouore, capucin, * à Bruson 1719, f à Sion 1804. Après bien des difficultés il réussit à fonder une école secondaire dans sa vallée natale en 1765. Cette école subsiste encore. — Voir M. Charvoz : Un pédagogue valaisan, dans BIG XLIV. [L. C]
BOURGUET, Louis^ 1678-1742, vint en Suisse après la révocation de l'Édit de Nantes et fut élevé à Zurich où son père avait fondé une grande fabrique de soieries. Archéologue et naturaliste, Bourguet fit de nombreux voyages en Italie, puis fonda à Genève la Bibliothèque Italique, 1729-1734, et à Neuchâtel en 1732, le Mercure suisse. Il avait été nommé en 1731 professeur de philosophie et de mathémathiques à Neuchâtel. Bourguet, qui devint membre des académies des sciences de Paris et de Berlin, était en correspondance avec Leibniz et Réaumur. Outre une quantité d'articles dans le Mercure suisse, la Bibliothèque Italique et d'autres recueils, il a publié en collaboration un Traité des pétrifications, 1742. Bourguet avait été reçu bourgeois de Neuchâtel en 1704. — • Voir Biogr. Neuch. I (avec la liste de ses œuvres). — ■ Sordet : Dict. des familles genevoises. [C. R. et L. M.]
BOURGUILLON (ail. BORGLEN) (C. Fribourg, D. Sarine, Com. Fribourg. V. D GS). Hameau de la banlieue de Fribourg. La localité est mentionnée pour la première fois en 1252 sous le nom de Burgillon ; 1275, Burguillion. Avant la fondation de Fribourg, il y avait au XIIe s. un château-fort des seigneurs de Hattenberg, dont on voit encore les restes des fossés. Une léproserie existait à Bourguillon ; elle avait été fondée probablement par la ville de Fribourg, car le Conseil en avait la surveillance et en réglementait l'ad-
L'église de Bourguillon au commencement du XXe,siècle.
ministration. Au XVIIIe s., l'hôpital de Fribourg utis lisa le bâtiment pour y installer des prébendaires pauvres et des malades incurables. En 1838, la maison Invendue et démolie pour faire place à l'hôtel des Troit
BOURJAC
BOURQUENOUD
Tours. Près de la léproserie existait une chapelle, dédiée à la Sainte- Vierge, dont la date de fondation est inconnue. Elle servait de lieu de culte aux lépreux et était desservie par le curé de Tavel ; au XVIe s. par un chapelain spécial. Elle devint un lieu de pèlerinage très fréquenté par les habitants de Fribourg et environs. En 1418, les Fribourgeois se rendirent en procession à la chapelle de Bourguillon pour faire des prières publiques pour le duc Frédéric IV d'Autriche, excommunié par le Concile de Constance et mis au ban de l'empire. La chapelle primitive fut rebâtie plus grande en 1464- 1466, et la nef reconstruite en 1759. Le trésor de la sacristie possède plusieurs objets sacrés de haute valeur, entre autres un magnifique ostensoir en argent de 1507-1508. Trois autres chapelles existaient encore à Bourguillon : une consacrée à sainte Marie-Madeleine, une autre au prophète Daniel et la troisième à sainte Anne, ainsi qu'un ermitage. Plusieurs familles aristocratiques de Fribourg avaient et ont encore des propriétés à Bourguillon. — Voir Ch. Baemy : Notice hist. sur la léproserie et le sanctuaire de Bourguillon. — Kuenlin : Dictionnaire. — Dellion : Dictionnaire, V-VI.
— N. Peissard : L'ostensoir de Bourguillon, dans AF 1913.
— P. Hilber : Die kirchl. Goldschmiedekunst in Freiburg, dans F G XXV. — ■ P. Bern. Fleury : Notice sur l'ermitage de Bourguillon, dans AF 1913. — P. Sevin : Plan de Bourguillon de 1715 (Bibl. cant. Fribourg). ■ — Al. Comte : Notre-Dame de Bourguillon. — Mns. Buffieux (Bibl. cant. Fribourg). [J.-P. Kirsch.]
BOURJAC, Félix de, seigneur de Touranne, militaire et diplomate français. Envoyé en 1568 par Coligny et Condé atiprès des Confédérés pour leur demander du secours en faveur des Huguenots ou tout au moins leur neutralité, l'accès de la Diète lui fut refusée. Celle-ci écarta également la demande de l'ambassadeur du roi, Pomponne de Bellièvre, de lui livrer Bourjac. — Voir AS IV-2, 399. — Bott : Représent, diplom. I. [A. R.]
BOURJOD (C. Vaud, D. Échallens. V. DGS). Ancienne seigneurie détachée de celle de Belmont (de la famille de Grandson) ; elle avait son centre au château de ce nom, démoli au début du XIXe s., qui se trouvait sur le territoire de la commune de Fey. Cette seigneurie fut successivement la propriété des Belmont, des Billens (1360), des Blonay, des Gruyère, des Vergy (1414), puis de nouveau des Gruyère (1524). En 1553, le comte Michel de Gruyère se vit saisir la seigneurie de Bourjod, qui passa alors aux Challant, puis aux Martines qui l'ont gardée de 1567 à 1798. — DHV. [M. R.]
BOURLA - PAPEY (Brûleurs de papiers). On désigne sous ce nom patois, dans le canton de Vaud, les paysans qui, au mois de mai 1802, s'insurgèrent pour détruire par le feu les archives des villes et des seigneurs, afin de faire disparaître les titres des droitures féodales.
Quand la Bévolution vaudoise éclata, les chefs du mouvement promirent aux campagnards l'abolition des dîmes afin de leur faire adopter les nouvelles idées. Les redevances féodales, plus importantes dans le canton du Léman que dans les autres, étaient dues en partie à l'État, soit au gouvernement de Berne avant 1798, et en partie à des particuliers, c'est-à-dire aux seigneurs. Les premières furent détruites par la révolution. Devait-il en être de même des secondes, ou fallait-il les racheter en donnant une indemnité aux seigneurs qui possédaient, depuis des siècles, le droit de les lever ? Les hommes d'État modérés qui dirigèrent la Bévolution et organisèrent ensuite le canton du Léman préparèrent un projet de loi en vertu duquel les droits féodaux devaient être rachetés au moyen de la vente d'une partie des biens nationaux. Les pouvoirs de la Chambre administrative du Léman passèrent malheureusement au Directoire helvétique avant qu'elle ait eu la possibilité de mettre ce projet à exécution et la question de la suppression des dîmes resta à la base des préoccupations politiques du Pays de Vaud de 1798 à la fin de 1802.
Les Conseils de la Bépublique helvétique adoptèrent bientôt une loi sur la suppression des redevances féodales, mais la sitxiation financière déplorable du pays décida l'autorité centrale, en 1801, à supprimer cette loi et à lever de nouveau ces droits impopulaires.
Les campagnards vaudois avaient déjà manifesté, en automne 1800, par une « adresse» célèbre, leur volonté de voir les dîmes disparaître définitivement et les titres qui les constituaient « lacérés et anéantis ». Dès la fin de l'année 1801, encouragés par les hommes politiques les plus populaires et certains agents français, entre autres le général Turreau, ils se levèrent pour aller détruire les archives féodales des villes et des châteaux en adoptant comme programme : Paix aux hommes, guerre aux papiers !
Les archives du château de La Sarra furent en partie détruites dans la nuit du 19 au 20 février 1802, et celles de Bière, appartenant à l'ancien ministre des finances Necker, quelques jours plus tard, sans qu'aucune enquête officielle pût aboutir à la découverte d'un seul délinquant.
A la suite de la chute du gouvernement de Beding, les Bourla Papey recommencèrent leur entreprise, mais d'une manière plus générale et plus ouverte sous le commandement principal de Louis Beymond, ancien imprimeur et journaliste qui avait été en 1798 un des patriotes les plus exaltés. Le 1er mai 1802, ils cherchèrent à s'emparer des archives de Lausanne, mais cette entreprise échoua à la suite d'un malentendu. Ils se retirèrent sur Morges et, le 6 mai, le traité de Biond Bosson leur livra les archives de cette ville.
Le 8 mai, au nombre de 1500, ils réussirent à entrer à Lausanne, mais ils s'y heurtèrent à une force militaire régulière et le commissaire du gouvernement, Kuhn, les décida à se retirer sur Saint-Sulpice où ils campèrent pendant quelques jours. Leur nombre augmenta encore et, lorsque Kuhn revint peu de jours après avec une troupe française et helvétique et des instructions sévères, il fut cependant obligé de négocier avec L. Beymond qui déclarait vouloir demander l'annexion du canton à la France, si on ne lui accordait pas l'amnistie et la suppression des dîmes. Kuhn dut finalement se soumettre à cette condition.
Pendant ce temps, des troupes de paysans s'étaient formées des bords du lac de Neuchâtel et du Jorat à la frontière de la France. Elles avaient détruit les archives féodales de villes et de châteaux : Grandson, Yverdon, Champvent, Orbe, Orny, Bavois, Agiez, Échallens, Goumoens, Cuarnens, Cottens, Perroy, Vufilens-le- Château, Begnins, etc.
Malgré l'amnistie promise par le commissaire du gouvernement, un tribunal spécial fut cependant chargé de juger les principaux chefs du soulèvement, qui passèrent à Genève ou en Savoie. Quelques-uns furent condamnés à mort par contumace, ou à la prison.
L'insurrection fédéraliste de l'automne 1802 et le départ du gouvernement helvétique de Berne pour Lausanne changea la situation. Henri Monod fut nommé préfet national du Léman ; il exigea une amnistie complète en faveur des Bourla Papey et la liquidation immédiate des dîmes. On revint alors à la solution que ce même magistrat avait préconisée en 1798 et les campagnards vaudois virent disparaître enfin le régime féodal. — Voir Eug. Mottaz : Les Bourla Papey. [Eug.M.] BOURNENS (C. Vaud, D. Cossonay. V. DGS). Brunens 1184. Village qui, après avoir dépendu des sires de Cossonay et des sires de Vuffiens, passa aux d'Allinges qui le vendirent en 1589 à Georges-François Charrière, seigneur de Mex, dont quelques descendants ont pris le titre de seigneurs de Bournens. Autrefois chapelle dépendant de Penthaz. — DHV. [M. R.] BOURQUENOUD. Famille fribourgeoise, originaire de Charmey, où elle est mentionnée au XIVe s.; elle portait autrefois le nom de Du Cimetière (de Cimisterio). Armoiries : d'azur au château d'argent, à la porte encadrée de sable et ouverte du second, accompagné en chef d'une étoile d'or. — 1. Jacques, 1658-1743, étudia à Fribourg et Paris, curé de Châtel-Saint- Denis 1686-1694, de Vuisternensdevant-Bomont 1694-1719, et provicaire apostolique du diocèse de Lausanne. Dans les dernières années de sa vie, il s'occupa, à Charmey,
BOURQUI
BOURRIT
de la reconstruction de l'église et du développement des écoles. Auteur de : Les noms des patrons de Vuisternens-devant-Romont, 1715 ; Effata quaedam disciplinae ecclesiasticae seu vitae clericali arnica, 1731. — 2. Claude-Josué, f 1761, conseiller de Pondichéry, gouverneur de Mahé (Côte de Malabar, Indes), puis de Ramathaly, mourut prisonnier des Anglais. — 3. François, l'ancien, * 1763, capitaine d'artillerie au service de France, fit les campagnes de la République et de l'Empire de 1792 à 1812. Chevalier de la Légion d'honneur.
— 4. François, le jeune, 1785-1837, membre du Grand Conseil de Fribourg 1814, conseiller d'État 1816-1819. Dégoûté de la politique et du régime patriciens, il s'adonna dès lors à l'étude de l'histoire et de la botanique, refusa la nomination de juge au tribunal de Gruyères et de président de la Direction des orphelins de Charmey (1822). Il revint siéger au Grand Conseil en 1831 et y resta jusqu'à sa mort. Il a laissé plusieurs travaux manuscrits concernant le pays de Charmey : Matériaux pour l'hist. du Pays et du Val de Charmey ; Précis historique du vénérable monastère de la Valsainte depuis sa fondation en 1295 jusqu'à nos jours 1836 ; Essai sur la flore du c. de Fribourg, etc. — 5. Alexandre, fils du n° 4, 1824-1868, jésuite ; il quitta la Suisse à l'époque duSonderbund, enseigna les humanités à Namur, acheva ses études théologiques à Rome, puis alla étudier les langues orientales en Syrie. Revenu en Europe, il enseigna l'Écriture sainte et la langue hébraïque à Paderborn ; en 1863, il repartit pour Ghazir où il mourut. Auteur de : Mémoire sur les ruines de Séleucie de Pierie ou Séleucie de Syrie, 1860 ; Mémoire sur les monuments du culte d'Adonis dans le territoire de Palaebyblos, 1861 ; Les distractions de M. Renan, 1863 ; M. Renan et la grammaire hébraïque, 1863. etc. — Voir ASHF IV, 68, 95 ; VI, 359 ; IX, 251. — Dellion : Dictionnaire III, 91-92.
— Sommervogel : Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, Ribliographie II, nouv. éd. 1891, p. 41-42 (liste complète des œuvres du n° 5)- — Arch. d'État Fribourg : Collection Gremaud, 67 i ; 90 IV. [Jeanne Niquille.]
BOURQUI. Famille fribourgeoise, originaire de la Broyé. — 1. Joseph, 1791-1860, prêtre 1815, professeur d'exégèse et d'histoire ecclésiastique au collège Saint- Michel à Fribourg, membre de la cour épiscopale, directeur des religieuses de Montorge. Auteur de : Examen critique et historique de la Conférence de Baden, 1836 ; Observations sur les articles de la Conférence de Baden, 1836 ; Le radicalisme en 1844-45 jugé par ses œuvres, 1845 ; Déroute des Corps francs dans le c. de Fribourg le 7 janvier 1847, 1847. — Voir Le Chroniqueur 1860, n° 66. — Status Cleri 1847. — Catalogue de la Bibliothèque économique. ■ — Schneuwly : Pot-pourri. — 2. Joseph-Louis-ALEXis, * 1826, f 27 janvier 1903, professeur de langue française et de géographie au collège Saint-Michel 1858, directeur et professeur à l'École industrielle de Delémont 1868, puis directeur de l'École secondaire des filles de cette ville, préfet du district du Lac 1874, officier de l'état-civil de Fribourg 1887-1903. Membre de la Soc. économique de Fribourg dès 1858. A publié plusieurs brochures, entre autres : Notice historique sur le rétablissement du culte catholique-romain à Morat, 1885. — Voir Quotidiens de Fribourg 1903. — Êtr. frib. 1904. [R«my.]
BOURQUIN. Nom de famille très répandu dans le Jura bernois et le canton de Neuchâtel.
A. Jura bernois. Familles originaires de Diesse, Romont, Sonceboz-Sombeval, Cortébert, Villeret, Sonvilier, Loveresse et Courtételle. Celle de Sonceboz est mentionnée pour la première fois en 1303. Armoiries : d'argent à trois sapins de sinople sur trois monts de sable. — 1. Pierre, chanoine à l'Abbaye de Bellelay 1303. — 2. Fidèle-Georges, 1731-1790, bourgeois de Bienne, joua un rôle en vue comme député du pays et capitaine des chasseurs de l'Erguel lors de la tournée du prince-évêque F. de Wangen dans ses États en 1776. - 3. Frédéric, 1732-1805, fait avec le régiment de l'évêché au service de France les campagnes de Hanovre
(1757-1761), et de Corse (1768-1769) ; officier de grenadiers et chevalier de l'ordre du mérite militaire. — ■ Archives de l'anc. évèché de Bâle. — ■ Arch. de Sonceboz. — Armoriai de Bienne. — [J. Bourquin.] — 4. Zuma, 1849-1918, graveur à Bienne, un des promoteurs du Technicum et un des fondateurs de la Musique de la ville et de la Chorale ; pendant 29 ans président de l'Union des chanteurs jurassiens. Député au Grand Conseil pendant trois législatures. [E. Kg.]
B. Canton de Neuchâtel. Nom de famille très répandu dans le canton. Des Bourquin sont originaires entre autres de Corcelles, Gorgier, Savagnier, La Sagne, La Chaux-de-Fonds, Coffrane, La Côte-aux-Fées. Dans cette dernière localité, ils ont donné leur nom à deux hameaux : les Bourquins de Bise et les Bourquins de Vent. A Neuchâtel, une famille Bourquin était bourgeoise au XVe s. ; éteinte actuellement. — Alphonse, * 11 décembre 1802 à Corcelles, lieutenant de carabiniers, député au Corps législatif, chef militaire de l'insurrection républicaine de 1831. A la tète d'une troupe de « patriotes », il prit possession, sans coup férir, du Château de Neuchâtel, le 13 septembre Le gouvernement de la Principauté - Canton fit appel à la Diète réunie à Lucerne, qui envoya des commissaires, Tillier et Sprecher de Berneck, et fit occuper Neuchâtel par des troupes fédérales commandées par le colonel Forrer. Après des pourparlers laborieux, Bourquin et sa bande, qui avaient fort indisposé les habitants de la ville par leurs réquisitions, capitulèrent au nombre de 700
environ. A leur sortie du Château, Bourquin et quelques patriotes signèrent un engagement « de faire, au besoin, le sacrifice de leur temps et de leur vie pour forcer le Gouvernement ou le Corps législatif à faire réunir les assemblées populaires pour consulter l'opinion générale de la manière la plus libre et la plus étendue ». Peu après, le 30 septembre, Bourquin eut une entrevue avec le commissaire royal, de Pfuel, et fit une espèce de soumission, selon le jugement de Sprecher de Berneck, « avec une dignité vraiment militaire ». Le gouvernement royaliste se refusant à consulter le peuple neuchâtelois sur la question de l'émancipation, les patriotes, pour la plupart réfugiés à Yverdon, organisèrent une nouvelle prise d'armes pour le mois de décembre. Bourquin avait obtenu l'aide de nombreux Vaudois et Genevois. De Pfuel n'eut pas de peine à disperser cette petite troupe mal armée et mal organisée. Bourquin se réfugia dans le canton de Vaud et de là en France où il fut interné à Troyes, en même temps que d'autres patriotes, les frères Renard et Gaberel. Bourquin recevait un subside du gouvernement français et des secours de son frère, Victor- Aimé, fixé à Paris. En 1835, il quitta Troyes et s'embarqua au Havre pour Rio-de-Janeiro. — Voir U. Guinand : Fragmens neuchâtelois. — Louis Grandpierre : Mémoires politiques. — H. -A. Junod : Quelques lettres d'Alphonse Bourquin à Fritz Courvoisier (1831), dans MN 1898. LA. P.]
BOURRIGNON (ail. Bûrgis, BOrkis) (C. Berne, D. Delémont. V. DGS). Coin, et paroisse. Anciennes formes : Borenunjunsen 1136, Burengis 1223, Burgis 1444, Borgognon, XVe s. Bourrignon est un ancien établissement romain auquel ont succédé les Burgondes. La paroisse existait déjà en 1181 ; l'église a été consacrée en 1753 en l'honneur de saint Sébastien. Population en 1910 : 338 hab. [A. D.]
BOURRIT. Famille originaire de Saint-Étienne, Val Francisque dans les Cévennes, émigrée à Genève au commencement du XVIIIe s., reçue à la bourgeoisie
Alphonse Bourquin.
D'après une gravure de Louis- Ami Bourquin.