‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 145 sur 425 · BRIGUE · texte numérisé non relu

BRIGUE

Terzol et quartum solum, Vazerol ; il désigne une colonie de soldats romains libérés du service (BM 1917, p. 377). Brienz est déjà mentionné dans la Divisio, document du temps de Louis-le-Débonnaire, sous le nom de Brinzola. En 1295 des nobles de Brinzels sont aussi cités. En 1412 l'évêque Hartmann à donné à Wilhelm von Stain en fief la tour avec des propriétés sises à Bryentzols.Le même fief passa plus tard à trois nobles von Turm ou a Porta. Brienz appartenait à la juridiction d'Ausserbelfort ; par contre, plusieurs de ses habitants possédaient des biens épiscopaux ; de ce fait, ils ressortissaient à la Justice de Greifenstein, du moins depuis son acquisition par l'évêque en 1334. A la suite du rachat des droits épiscopaux, Brienz, ainsi que les communes voisines, se détacha de Greifenstein (Bergun) et constitua avec celles-ci la juridiction autonome d'Ausserbelfort. Au spirituel, Brienz fut jusqu'au XVIe s. une filiale de Lenz, mais il avait déjà au XIe s. une petite chapelle dédiée à saint Callixte. En 1526, il se constitua en paroisse autonome avec une filiale, Surava, qui fut à son tour érigé en paroisse en 1725. Au début du XVIe s., l'antique chapelle fut remplacée par une église gothique avec un des plus beaux autels des Grisons. En 1874, une partie du village fut la proie d'un incendie. La ferme de Vazerol avec ses cinq maisons est selon la tradition, l'emplacement où eut lieu en 1471 l'alliance des III Ligues grisonnes. Begistres de naissances dès 1627, de mariages dès 1646, de décès dès 1643. — Voir Mohr : Cod. dipl. I et II. — Fort. Sprecher: Rhàtische Chronik, p. 326. — P.-C. Planta : Die currât. Herrschaften. — J. C. Muoth : Zwei sogenannt. JEmter-

bucIîBT TL T 1

BRIENZ (LAC DE) (C. Berne. V. DGS). Sur' les traces d'établissements préhistoriques, voir art. Nie-

DERRIED.

BRIENZ (BARONS DE). Voir BiNGGENBERG.

BRIENZWILER (C. Berne, D. Interlaken. V. DGS). Vge etCom. dans la paroisse de Brienz. Il appartenait à l'origine aux Rudenz d'Unterwald, qui possédaient un château à l'endroit appelé encore aujourd'hui beim Schloss. Il passa par vente aux mains de différentes familles de Berne ; le couvent d'Interlaken y avait également des droits seigneuriaux. La ville de Berne l'acquit en 1522 de Beat von Scharnachtal. — Jahn : Chronik. [L. S.]

BRIÈRE. Famille originaire de Paris dont le nom était anciennement Bruyère, bourgeoise de Genève en 1570 ; elle subsiste à Genève et dans le canton de Vaud où elle acquit les bourgeoisies de Begnins (1700) et Saint-Prex (1748). — Ami, 1640-1698, acquit en 1698 la seigneurie du Martheray près Begnins qui resta dans la famille pendant trois générations et passa par mariage aux Rigot, de Genève, au XVIIe s. Armes : coupé d'azur et de gueules, au lion coupé d'or et d'argent et tenant une branche de bruyère d'argent sur une terrasse de sinople. — Voir Galiffe : Not. Gen. III, 80. — Armoriaux genevois et vaudois. — Covelle : LB. — France Protestante. — A GS IV. — Sordet : Dict. des familles genevoises. — Rivoire : Bibliographie. [H. Da.]

BRIFFAUD. Famille originaire de Banconnières, diocèse de Langres, bourgeoise de Genève en 1594, éteinte au XVIIIe s. Armes : d'argent au chevron d'azur accompagné en pointe d'un lapin accroupi de même. Des personnages du même nom sont qualifiés d'habitants de Genève au commencement du XVIIe s. Un Michel, de Lucinge, fut reçu bourgeois en 1629 ; il ne laissa pas de postérité. — Voir H. Deonna : Famille Deonna, p. 12. — Covelle : LB. [H. Da.]

BRIFFOD, Otto-Alfred, * le 21 mai 1869 à Mûri (Berne). Peintre décorateur, a exécuté la décoration artistique de vingt-cinq temples, celle des salles du Conseil de la Banque cantonale et du Crédit foncier à Lausanne. — SKL. [M. R.]

BRIGANTI. Les Briganti, appelés aussi Patriotti et Giacobini, formaient un parti politique tessinois sous la République helvétique, opposé à celui des aristocrates. Les chefs étaient : G.-B. Quadri ; les frères Riva ; Antonio Albrizzi ; G.-B. Maggi ; P. Bellasi ; Giovanni Reali, etc.

Favorables aux idées de la Révolution française, les

Briganti contribuèrent à libérer le Tessin du régime des baillis, mais ils cherchèrent aussi à le détacher de la Suisse pour le réunir à la République cisalpine. Partis de l'enclave de Campione, la nuit du 14 au 15 février 1798, ils attaquèrent, aidés par les Cisa pins, le bourg de Lugano, mais ils furent repoussés. Expulsés du territoire de Campione par la République cisalpine (22 février), ils établirent le quartier-général à Bissone, d'où ils exécutèrent des coups de main sur le lac et contre les villages voisins. Le 22 février ils marchèrent sur Mendrisio qu'ils obligèrent à proclamer sa réunion à la Cisalpine. Sous leur pression, la pieve de Riva San Vitale se détacha de Lugano et proclama son indépendance. La peur des Briganti provoqua une descente des soldats de la Léventine à Bellinzone (février 1798). Le 4 mars, les Luganais attaquèrent les Briganti à Bissone, les chassèrent et leur prirent deux drapeaux. Une amnistie générale fut accordée par la Diète et le Sénat helvétique aux Briganti, puis à fin avril 1799 la réaction populaire se déchaîna contre eux. Le peuple de Lugano et de la campagne saccagea les maisons des principaux partisans de la Cisalpine, détruisit la typographie Agnelli, où la Gazzetla di Lugano était imprimée, et se rendit coupable du meurtre de l'abbé Vanelli, rédacteur du journal, de Bartolomeo Papi et de Luigi Castelli (29 avril). Le 12 juin, le gouvernement provisoire de Lugano, issu de l'émeute d'avril, prononçait la séquestration des biens de 14 chefs des Briganti. Le calme se rétablit peu à peu et la plupart des Briganti rentrèrent au pays. Il y eut encore quelques tentatives de réaction de leur part (1800), puis ils s'adaptèrent aunouvel ordre de chose et plusieurs d'entre eux, notamment Quadri et Maggi, jouèrent un rôle politique considérable dans le nouveau canton du Tessin. — Voir Motta : Nel 1° Centenario délia indipendenza del Ticino. — Franscini- Peri : Storia délia Svizzera italiana. — P. Angelico Cattaneo : / Leponti. — Baroffio : DelV Invasione francese. — ASHR. [C. Trezzini.]

BRIGANTIA, BRIG ANTIUM. Voir Bregenz.

BRIGELS (rom. Breil) (C. Grisons, D. Vorderrhein, Cercle Disentis. V.DGS). Com. et Vge. BregelumenlQQ; Brigel en 1184. Primitivement Brigels était habité par des sujets du couvent de Disentis et de gens libres qui étaient en majorité. En 1184, le pape Lucius III confirma à l'abbé et au chapitre de Disentis l'église paroissiale de Sainte-Marie à Brigels conjointement avec les annexes de Saint-Eusèbe et de Schlans. La chapelle de Saint-Martin est en tout cas une fondation directe de Disentis pour le' couvent. Sous le rapport économique et politique, on fit la distinction entre hommes libres et sujets du couvent pendant tout le moyen âge. Ces deux catégories de personnes avaient leurs droits et leur juridiction séparée ; les hommes libres à Saissafratga avec le sceau des gens libres de Laax ; les sujets du couvent formaient avec Medels une section de la haute-juridiction de Disentis. En 1536, tous les hommes libres de Brigels se réunirent aux sujets du couvent dont la position s'était peu à peu améliorée sous le rapport politique depuis la Ligue de Trons. Brigels a joué à diverses reprises un rôle dans la haute-juridiction de Disentis. C'est la querelle soulevée à propos des dîmes qui fut la plus orageuse, de telle sorte qu'en 1737 le couvent dut se résigner à admettre le rachat de la dîme du blé. — Voir J. C. Muoth : Einkauf der Freien von Brigels... als Golteshausleute des Kloslers Disentis. — AS G 1899, p. 146. — BM 1914, p. 217. — JHGG 41. — P. Tuor : Die Freien von Laax. — P. N. Curti : Aile Kirchen im Oberland, dans BM 1915. [P. N.C.]

BRIGUE (C. Valais, D. Brigue. V. DGS). Ville et chef-lieu du district du même nom. Armoiries : d'or à la couleuvre ailée de sable. On a trouvé sur la colline du Castel des fragments d'objets de l'âge de la pierre, et au Totengârtli (actuellement rue de la gare) des boucles de l'âge du bronze. La tradition veut que, Brigue ait été le principal centre des Vibères, peuplade apparue dans la haute vallée du Rhône au temps de l'empereur Auguste. Brigue est mentionnée pour la première fois en 1215 sous le nom de Briga; 1275 Brigia; 1304 Brigo; 1408 Brûga. La ville est citée en 1300 comme lieu de

Page 1