BROT-DESSOUS
lations lacustres se montrèrent pendant longtemps réfractaires à la nouvelle civilisation. Durant tout le Bronze I et II, nous ne rencontrons, dans nos stations néolithiques, que de rares objets de métal. Ce n'est qu'à partir du Bronze III que la civilisation du bronze supplanta complètement celle de la pierre. Mais, dès le Bronze II, nous trouvons nos vallées du Plateau et des Alpes (Valais et Grisons) habitées par des tribus terrestres, vivant loin des lacs et ne connaissant plus que le bronze comme métal usuel. Nous ignorons l'origine de ces nouvelles populations. Nous ne connaissons encore aucun des villages habités par ces tribus de l'âge du bronze ; en revanche un certain nombre de hauts-lieux fortifiés (refuges) ont été occupés dès cette époque (Châtelard de Bevaix, Ebersberg près Berg, Heidenburg près Seegrâben, Uetliberg (Zurich).
Une des découvertes les plus intéressantes faites ces dernières années est celle du captage de la source de Saint-Moritz (Grisons) à l'aide de deux caissons de bois renfermant deux gros tuyaux creusés dans des troncs d'arbres. Les objets recueillis à la base de ces tuyaux permettent de dater ce captage de la fin du Bronze III.
Sur les rives de nos lacs s'élevaient encore des villages lacustres ; leur nombre était bien moins grand qu'à l'époque néolithique, mais en revanche, ils étaient bien plus étendus et démontraient la tendance de leurs habitants à se concentrer de plus en plus sur un petit nombre de points. Les hommes se livraient à l'agriculture et à l'élevage ; aux animaux domestiques connus dès l'âge de la pierre s'ajouta le cheval que l'on a appris à utililiser, comme le prouvent les mors trouvés dans les ruines des stations. Notre pays était parcouru par des marchands ambulants qui achetaient les objets hors d'usage et vendaient des objets neufs. Nous connaissons plusieurs foyers sur lesquels ces marchands fondaient les débris de bronze et plusieurs cachettes dans lesquelles ils avaient coutume de déposer une partie de leur pacotille. Cependant, quelques-uns de ces dépôts sont rituels comme le prouve la disposition des objets (épées ou haches) en cercle ; ces objets, voués à la divinité, avaient été déposés dans le sol et souvent sous un bloc erratique.
Les sépultures connues, appartenant toutes aux populations terrestres, sont déjà nombreuses et chaque jour, on en découvre de nouvelles. Elles forment deux groupes bien distincts : les tumuli et les tombes souterraines. Les premiers sont tous à incinération ; les secondes sont soit à inhumation, soit à incinération. Une seule sépulture peut être attribuée au Bronze I : c'est l'ossuaire d'Auvernier. Les tombes du Bronze II sont nombreuses et toutes à inhumation. Il existait de grands cimetières comme ceux d'Ayent (Valais) et d'Ollon (Vaud). Des tombes isolées ont été découvertes à Auvernier, Veytaux, Ollon, Bex (Vaud), à Enney, Broc, Saint-Martin, Villars (Fribourg), à Strâttligen (Berne). Quelques-unes de ces sépultures sont cubiques (comme les tombes néolithiques de Chamblandes et Glis) et renfermaient chacune un corps accroupi (Ollon). Pendant le Bronze III, on trouve des tombes à inhumation comme celles de Cornaux (Neuchâtel), Dachsen, Stammheim (Zurich) ou de Mullheim(Thurgovie). C'est à cette époque qu'apparaissent les premières sépultures à incinération Belp, Wangen (Berne), Binningen (Bâle). Au Bronze IV appartiennent des tombes à inhumation comme celles du Châtelard (Vaud), Sion (Valais), Erstfeld, Bûrglen (Uri) et des tombes à incinération comme celle de Glattfelden, Egg, Thalheim (Zurich), Unterschlatt (Thurgovie), ou Mels (Saint-Gall). A cette époque appartiennent aussi quelques cimetières mixtes renfermant des tombes à inhumation mêlées à d'autres tombes à incinération, comme celui de Tolochenaz fouillé par F.-A. Forel. Les sépultures sous tumulus sont rares pendant l'âge du bronze ; elles appartiennent au Bronze II et III : Forst (Berne), Weiach, Gossau (Zurich).
Pour la chronologie absolue de l'âge du Bronze, voir l'art. Ages.
Dans la figure ci-jointe, nous donnons les principaux types d'objets de l'âge du bronze, groupés par périodes. [D.V.]
BROSI, Albert, * 1836 à Olten, f 8 mai 1911 à
Joh.-Rud. Brosi. D'après le Bundner Kalender de 1879.
Soleure, étudia le droit à Genève, Heidelberg et Berlin, avocat à Soleure 1862. Député au Grand Conseil 1860- 1874, 1882-1896, président 1874, 1887, 1890-1896 ; conseiller d'État 1875-1882, landammann 1875 1877, 1882; député au Conseil national 1872-1874, 1882-1908, président 1892-1893 ; conseiller aux États 1875-1882. Il fut un des chefs du parti radical soleurois et jouit d'une grande influence dans les chambres fédérales où il fit partie des commissions du Code civil suisse et de la révision du Code fédéral des obligations. Président du synode national des catholiques-chrétiens. A publié: Beilrag zur Gesch. der Volksschule des Kls. Sol. 1880; Straf- und Gefângniswesen im Kt. Sol. 1879. — Voir Léo Weber : Albert Brosi. [H. D.]
BROSI, Johann-Budolf, * 1801 à Klosters, étudia le droit à Berlin, fut ensuite landammann dans la juridiction de Klosters, grand conseiller et chef des jeunes radicaux, partisans des idées nouvelles des années 1830 et 1848. Il fut à cinq reprises membre du Petit Conseil, de 1833 à 1848, délégué à la Diète, et après 1848 conseiller aux États, conseiller national et pendant plusieurs années membre du tribunal fédéral, f à Noël 1877. — Voir Bundner Kalender 1879.
— Bundner Tagblatt 1877, n° 306. [L J/|
BROSIMA.BROSS- MA, BROSEM.BRŒ-
S E M Ll. Ancienne famille bourgeoise de Zurich des XIIIe et XIVe s. — Werner, membre du Conseil 1253-1268.
— Ruedeger, jusqu'en 1315 co-propriétaire de grands fiefs à Reichenau, ainsi que de la basse justice à Dùbendorf, fut arrêté vers 1320 pour des raisons inconnues et condamné à l'exil perpétuel. — Voir UZ II-IX. — ZSt.B, Stadtbucher I. — Mon. Germ. Necr. I. [W. U.]
BROSSY. Famille payernoise qui apparaît en 1437. Une branche, lors de la séparation de Payerne et de Corcelles en 1803, opta pour cette dernière commune. [B.]
BROT, Auguste-Louis, * à Gênes en 1821, médecin et naturaliste. A publié une Étude sur les coquilles de la famille des nayades du bassin du Léman, et laissé sur les nayades de la Suisse un ouvrage manuscrit qui a reçu le prix Schlaefli et qui est conservé au Musée d'hist. nat. de Genève. Il a écrit pour l'ouvrage de Forel, Le bassin du Léman, la partie relative aux mollusques, f à Genève 30 août 1896. Il a laissé au Musée de cette ville ses collections conchyliologiques. — Voir Mém. Soc. phys.ethist. nat. 32. — JG 8 sept. Î896.[M.Boubier.] BROT-DESSOUS (C. Neuchâtel, D. Boudry. V. DGS). Vge et Com. Armoiries : coupé d'argent à la charrue de sable ombragée par un noyer de sinople terrassé de même, et d'azur à un poisson d'argent. Broch est mentionné en 998 dans l'acte de fondation du prieuré de Bevaix. Dès 1372, Brot fut incorporé dans la seigneurie, plus tard mairie de Rochefort, et y resta jusqu'en 1848. La commune se composa des deux hameaux de Brot-Dessous et Brot-Dessus jusqu'en 1888 ; de 1524 à 1730, elle fut associée à Rochefort. En 1848, lors de la division du canton en districts, Brot-Dessous avec les hameaux de Champ-du-Moulin et de Fretereule fut attribué au district de Boudry et Brot-Dessus à celui du Locle. En 1875, ce dernier forma une municipalité avec Plamboz, et dès 1888 une commune sous le nom de Brot-Plamboz. En 1846, une chapelle fut bâtie à Brot-Dessous qui appartint à l'origine à la paroisse de Bôle-Rochefort, puis dès 1861 à celle de Rochefort ;
BROT-PLAMBOZ
BROWN, BOVERI
Brot-Dessus, par contre, est rattaché à la paroisse des Ponts. Population : 1849, 255 hab. ; 1900 (Brot-Dessous), 346 ; 1910, 316. — Voir Quartier-la-Tente : Le Canton de Neuchâtel, IIe série. fL. M.]
BROT-PLAMBOZ (C. Neuchâtel, D. Locle. V. DGS sous Brot-Dessus). Vge et Com.
de la paroisse des Ponts-de-Martel, composé des deux communes de Brot- Dessus et de Plamboz qui furent réunies en municipalité en 1875 et en commune en 1888. Brot-Dessus formait auparavant une commune avec Brot-Dessous. Armoiries : d'azur à un pont d'une arche d'argent sur lequel sont un sapin de sinople et une meule de tourbe de sable accostés des lettres B et P et surmontés d'un râteau, d'une faux et d'une
excité à l'assassinat de chefs d'État, il fut condamné à deux mois de prison et dix ans de bannissement. Brousse vécut en Belgique et en Angleterre, puis il rentra en France en 1880 où, abandonnant ses idées anarchistes, il devint député socialiste. A publié : Le suffrage universel et le problème de la souveraineté du peuple ; L'État à Versailles et dans l'Association Internationale des Travailleurs. — Voir M. Nettlau : Bibl. de l'anarchie. — Stegmann u. Hugo : Handbuch des Socialismus. — J. Langhard : Die anarchist. Bewegung in der Schweiz. — J. Guillaume : L' Internationale. [f O. K.]
BROUSSON. Famille d'origine française, bourgeoise d'Yverdon en 1807. Elle a donné Anne-Louise, f 1874, fondatrice de l'asile des vieillards d'Yverdon avec Marie, née Gauteron, 1803-1871, peintre et professeur. — SKL. — Livre d'or. [M. r.]
BROWN, Charles, ingénieur-mécanicien de grand
Usines Brown, Boveri & O, à Baden. Vue prise d'avion en septembre 1919 à l'altitude de 200 m. environ par l'Ad Astra-Aero.
fourche d'argent passés en sautoir. Population : 1889, 409 hab.; 1910, 312. — Voir art. Brot-Dessous. [L. m.]
BROUCHOUD. Famille de Bagnes (Valais), connue depuis 1636 et fixée aujourd'hui encore dans la vallée, à Saint-Maurice, à Paris et aux États-Unis. — 1. Pierre- Joseph, * 1812 au Châble, peintre de portraits, établi quelque temps à Saint-Léonard près Sion. f à Mishicott (Wisconsin). — 2. Joseph-Frédéric, fils du n° 1, * 28 février 1841, peintre, enseigna pendant quelques années le dessin au Collège Stanislas à Paris, vers la fin du second Empire, puis se rendit en Amérique où il travailla notamment à la décoration d'églises à New- York et à San-Francisco. Il dut disparaître lors du tremblement de terre de cette ville en 1906. [L. C]
BROUSSE, Paul, socialiste français, * à Montpellier 4 janvier 1844. Condamné pour délit de presse en 1871, il s'enfuit en Espagne, puis en Suisse où il prit son doctorat en médecine et devint assistant à l'université de Berne de 1875 à 1877. Lié avec Bakounine et partageant ses idées, il a joué un rôle important dans l'Internationale. Il fut le principal collaborateur de YArbeiter-Zeitung de 1876 à 1877, et de 1877 à 1878 rédigea V Avant- Garde, qui paraissait à La Chaux-de-Fonds. Lors de l'affaire dite du drapeau rouge à Berne, 8 mars 1876, Brousse était parmi les manifestants et fut condamné à 30 jours de prison. Traduit devant les assises fédérales, siégeant à Neuchâtel en avril 1879, pour avoir
mérite, * 1827 à Axelbridge près Londres, f 1905 à Bâle. Employé depuis 1851 dans la maison Sulzer frères, à Winterthour, il fonda dans cette ville en 1871 la Fabrique suisse de machines et de locomotives. Spécialiste en machines à vapeur. ■ — Voir C. Matschoss : Gesch. der Firma Gebr. Sulzer. [H. Brunner.]
BROWN, BOVERI & C'E, Société anonyme. Fabrique de machines pour la production de l'électricité, universellement réputée, fondée en 1891 par C.-E.-L. Brown et W. Boveri à Baden (Argovie), avec succursale (1913) à Mùnchenstein près Bâle ; d'autres succursales ont été fondées en Allemagne, France, Italie, Norvège, Autriche, Hongrie et Pologne. La maison a eu une part prépondérante dans les premiers grands travaux hydrauliques entrepris en Suisse pour la captation des forces motrices. On lui doit les premières installations à 8000 volts (réseau du Bighi) et à 25 000-50 000 volts (usine Beznau-Lôntsch) qui aient été faites sur le continent. Elle a électrifié en 1898 le premier chemin de fer à voie normale (Thoune-Berthoud), construit en 1905 l'installation électrique du tunnel du Simplon et, depuis lors, celle de plusieurs chemins de fer de plaine ou de montagne. La société en commandite a été transformée en 1900 en société anonyme. Le nombre total des employés et ouvriers occupés par la maison dépasse 22 500. — D'après des renseignements fournis par la Société. [L. S.]