BROYE
BRÙDERL1N
BROYE (C.Vaud etFribourg. V.DGS). Brodia 1155; Broya 1247. Nom de plusieurs cours d'eau. Le principal, qui donne son nom à la vallée de la Broyé, est cité au XIIe s. par un chroniqueur italien, Godefroy de Viterbe, qui place Avenches sur ses rives. La Broyé sert, sur une partie de son cours, de frontière au canton de Vaud d'une part, aux cantons de Fribourg et Berne de l'autre. Elle a donné en 1798 son nom à l'éphémère canton de Sarine et Broyé qui réunissait Fribourg et Estavayer à Payerne et Avenches. La Broyé est navigable entre les lacs de Morat et de Neuchâtel. En amont, les débordements fréquents ont causé de grands dommages et ont nécessité dès 1892 de grands travaux de correction, surtout dans la région d'Avenches. — DHV. [M. R.]
BROYE. Famille très répandue dans toute la Broyé fribourgeoise, bourgeoise d'Estavayer, Nuvilly et Fribourg. Armoiries : de gueules à la fasce. ondée d'argent (?) accompagnée de trois monts en pointe. — 1. Pierre, curé de Cugy de 1662 à 1699 année de sa mort. — 2. Claude, notaire 1785-1824, châtelain du Prévondavaux 1787-1796, président et juge de paix de Montagny 1806. — 3. Jean, 1828-1899, avocat, professeur de droit romain à l'École de Droit 1855-1876, conseiller communal de Fribourg 1862, membre du Conseil général, député au Grand Conseil 1866-1871, juge suppléant au Tribunal fédéral 1872, juge fédéral 1876 (président du Tribunal 1895-1896). — 4. Jules, frère du n» 3, avocat, juge cantonal, f 1911. — Voir Tabl. alphabétique des notaires. — ■ Dellion : Dictionnaire. — Nouv. Étr. fribourgeoises 1901, 1913. [H. V.]
BRUCHI, Arnold, bailli autrichien de Nieder- Windegg, dans le pays de Gaster, lors de la guerre de Sempach. Après la bataille de ce nom, les Confédérés voulurent le chasser, mais le massacre nocturne de Weesen, qui avait été organisé par Bruchi, fit échouer leur projet. En 1391, il était encore bailli autrichien de Windegg. — Voir Gubser dans MVG vol. 27, p. 471. — Dierauer. [Bt.]
BRUCHLI. Famille de conseillers à Winterthour. Armoiries : d'or à deux mains de sable, coupées, ou gantelets ou pattes d'ours. — 1. Budolf, membre du Petit Conseil 1414, reçoit en gage, de la part de Hermann Gessler, plusieurs fermes autrichiennes, le 15 février 1415 ; il fut plusieurs fois avoyer 1424-1428 ; t 27 septembre 1428. — 2. Budolf, fils (?) du n° 1, du Petit Conseil 1440, plusieurs fois avoyer de 1445 à 1473, pensionné de l'archiduc Sigismond d'Autriche vers 1470 ; f 1494 ou 1495 ; bienfaiteur de l'église de Winterthour. — 3. Hans, conseiller de l'archiduc Sigismond d'Autriche dans les grandes journées de la Diète de Zurich 1478. — Voir AHS 1912. — Gfr. XIV. — Dok. Waldmqnn. — Historische Zeitung 1854, p. 26. — Chroniques d'Edlibach, Brennwald, Bosshart. [F. Hegi.]
BRUCK. Voir Broc.
BRUCK, Arnold von, fut nommé maître de chapelle et doyen du couvent de Laibach par l'empereur Ferdinand Ier en 1534. Compositeur remarquable, il serait originaire de Brugg (Argovie). En 1536, on frappa une médaille jubilaire à son effigie ; f 1545. — Voir Publikationen der Ges. fur Musikforschung II. — Biemann : Dict. de musique. [Nef.]
BRUCKER. Familles des cantons de Bâle et d'Uri.
A. Canton de Bâle. Brucker, voir aussi Bruckner. Famille bourgeoise de la ville depuis le XVIe s., éteinte après 1800. Le nom s'écrivait autrefois tantôt Brucker, tantôt Bruckner, ce qui rend difficile la distinction d'avec la famille Bruckner. Armoiries : un pont de bois surmonté d'un cor (émaux inconnus). L'ancêtre est Heinrich, tailleur à Frick, bourgeois de Bâle en 1532. Son fils — 1. Heinrich, 1563-1637, greffier du Conseil 1602. — 2. Hans-Heinrich, 1592-1659, fils du n° 1, conseiller, prévôt de la corporation des tailleurs, fut bailli de Locarno 1646. — 3. Philipp-Adam, 1676- 1751, petit-fils du n° 2, pasteur à Buckeburg et Altona. Voir la liste de ses œuvres dans Athenœ Bauricœ. — 4. Theodor, 1682-1767, frère du n» 3, orfèvre, fut l'auteur de la couronne d'argent de l'abbaye des tisserands, déposée au musée historique de Bâle. — SKL. — 5. Johann-Heinrich, 1725-1754 (?), professeur d'histoire à Bâle 1747, bibliothécaire 1750, publia les Scriptores
rerum Basiliensium minores I en 1752. — Voir Athenœ Rauricœ, p. 398. — LL. — LLH. [W.B.]
B. Canton d'Uri. BrOcker, Brucker, Brugger. Armoiries : écartelé aux 1 et 4 d'azur au croissant d'or surmonté de deux étoiles du même ; aux 2 et 3 d'or à la rose de gueules tigée et feuille de deux feuilles. — 1. Walter, l'un des fondateurs de la paroisse de Spiringen en 1290. — 2. Hans, du Schâchental, membre du Conseil en 1482 ; capitaine en France 1492. — 3. Walter, du Schâchental, membre du Conseil 1500, bailli à Blenio 1506-1508. — 4. Heinrich, fils du n° 3, banneret, f en 1515 à Marignan. — 5. Johann, fils du n°3, bailli de la Léventine 1520-1523, banneret 1529 ; lors de la guerre de Cappel, il fut un des chefs des troupes uranaises, délégué lors de la conclusion de la paix en 1531 ; député à la Diète de 1529 à 1563, de 1545 jusqu'à sa mort juge fédéral à la cour de justice siégeant pour les Confédérés et le roi de France, vice-landammann 1535-1537, landammann 1537-1539, 1544-1546, 1557-1559 ; chevalier et membre du Conseil secret soit Conseil de guerre ; f entre le 12 décembre 1568 et le 19 juin 1569. — 6. Jacob-Franz, avoué, fit bâtir le couvent de la Sainte-Croix d'en haut et lui fit don, entre autres, d'un magnifique vitrail (actuellement au musée historique d'Altdorf). — Voir Obituaires d'Altdorf et de Spiringen. — Archives de la paroisse de Spiringen. — ■ AS IV. — Gfr. 39-44. — Hist. Nbl. von Uri 1901, 1910, 1918. — Wymann : Schlachtjahrzeit von Uri. — SGB 4. [J. mùller, A.l
BRUCKNER, voir aussi Brucker. Famille bâloise, bourgeoise en 1597 avec Ulrich, meunier, de Hattenhausen (Thurgovie). Armoiries : un pont de pierre surmonté d'un lys. — 1. Isaak, graveur de sceaux et d'armoiries, mécanicien et géographe, 1682-1762, séjourna à Paris où il obtint le titre de géographe du roi et membre correspondant de l'Académie, fut appelé en 1725 à l'Académie de Saint-Pétersbourg comme mécanicien, revint à Bâle en 1752. Un globe doré que le Conseil lui acheta pour 1000 livres, fait aujourd'hui partie de la collection de l'institut astronomique et météorologique de l'université de Bâle. — Athènes Bauricse. — 2. Daniel, neveu du n° 1, 1707-1781, substitut du Conseil 1765, entreprit la réorganisation des archives, publia : Versuch einer Beschreibung... der Landschaft Basel, 1748-1763, continua la Basler Chronik de Wurstisen de 1580 à 1620 et dessina une carte du canton de Bâle. — Wackernagel : Bepertorium des Staatsarchivs zu Basel. — 3. Theophil, médecin homéopathe, 1821-1896, étudia à Bâle, Fribourg-en-Brisgau, Wiirzbourg et Berlin, alla neuf ans aux États-Unis où il devint homéopathe convaincu, revint 1856 et fit connaître sa méthode ; son œuvre principale : Der homôopathische Hausarzt fut traduit en français, espagnol et portugais. — 4. Wil- HELM,fils du n° 3, * 1870, fut maître au gymnase, privatdocent 1899, professeur extraordinaire de philologie à Bâle 1905. Principaux écrits : Die Sprache der Langobarden, Charakteristik der germanischen Elemente im Italienischen. Plusieurs membres de la famille émigrèrent dans l'Amérique du Nord aux XVIIIe et XIXe s. — Voir LL. — LLH. [W. B.]
BRUDERER. Famille de Trogen (Appenzell, Bhodes-Extérieures). — 1. Matthias, capitaine du pays 1681. — 2. Matthias, trésorier 1733, vice-landammann 1735. — 3. Jakob, * 1742, conseiller 1766, banneret du pays 1773-1780. — 4. Johann-Konrad, 1797- 1859, fabricant de broderies, lieutenant-colonel fédéral, du Petit Conseil 1835-1837, intendant de l'arsenal 1841-1847, député au Grand Conseil entre 1849 et 1853. TR- Sch.-b.]
BRUDERHOLZ (C. Bâle-Campagne, D. Arlesheim. V. DGS). Hauteur sur laquelle se trouve une redoute (batterie) construite en 1815 par les Confédérés dans la lutte des Alliés contre la France. Sur le versant du côté de Beinach se trouve un petit monument, érigé en souvenir du combat victorieux des Confédérés contre les Impériaux, le 22 mars 1499, lors de la guerre de Souabe. [C. Ro.]
BRÙDERLIN. Famille de Muttenz (Bâle-Campagne), mentionnée en 1478, bourgeoise de Liestal 1694, de Bâle 1814. — Armoiries: de gueules au pèlerin
BRUDERTOBEL
BRÙGG
d'argent. — 1. Johann-Jakob, 1780-1838, président de la commune de Liestal 1825-1828, du Grand Conseil, de la Constituante 1830, du gouvernement provisoire 7 janvier 1831. — 2.Hans-Leonhard, * 1870, colonel d'artillerie.
— Voir ULB. — J.-J.
Brodbeck : Gesch. der Stadt Liestal. — K. Weber : Die Révolution im Kanton Basel 1830-1833. [K. Gauss.]
BRUDERTOBEL. Ancien ermitage près de Gantersvvil. — Voir Sedel.
BRUEL.de. Famille noble du Pays de Gex, dont le plus ancien château féodal s'élevait sur le territoire de la commune actuelle de Dardagny (Genève). L'emplacement de ce château (déjà ruine en 1465) est situé dans le bois de Roulavaz ; il est encore reconnaissable. — Hugonin, de Dardagny, reçu bourgeois gratis de Genève, eu égard à ses services, en 1575. — Voir : Regeste. — Archives de Genève: T et D. — Covelle:LB. [C.R.l
Une autre famille, se rattachant peut-être à la précédente, était possessionnée au XVe s. dans le Vully. A
donné : — André, seigneur de Saint-André, châtelain
de Moudon, député aux États deVaud en 1495. [M.R.l
BRUEYS DE BÉZUC, Philippe de. Voir Bézuc.
BRUGG (C. Argovie, D. Brugg. V. DGS). Ville,
commune politique et paroisse. 1164 Brucca.
Armoiries : d'argent au pont de sable, une tour à chaque extrémité.
Brugg doit son origine et son nom au pont qui traverse l'Aar à cet endroit, où la rivière est resserrée entre les rochers. On ne sait exactement s'il s'y trouvait déjà un pont romain, ou si celui-ci doit être cherché à 800 m.
en aval, au dessous de la porte Nord du camp romain de Vindonissa.
On peut reconnaître à Romains avaient établi Altenbourg et Umiken.
romains dans la partie Sud des tombeaux dans les terrains voisins de la gare. Dans le haut moyen âge, un pont de bois non couvert fut construit ; il fut remplacé en 1455 par un pont couvert, lequel fut refait en 1532. En 1577 on construisit le pont de pierre qui sert encore à la circulation. Brugg était une ancienne possession des Habsbourg, qui passa en 1239 à la branche aînée de cette maison. Elle fut pillée en 1242 par Gottfried de Habsbourg-Laufenbourg. Le roi Rodolphe lui conféra en 1284 les privilèges d'une ville. Son plus ancien sceau date de 1358. Avec la conquête de l'Argovie, en 1415, la ville passa en la possession de Berne. En 1444, elle fut occupée par surprise par Thomas de Falkenstein, qui incendia la plupart des maisons (destruction des archives), ainsi que toutes les portes. Vers 1480 la ville était entièrement rebâtie. Sous la domination bernoise Brugg était gouvernée par deux avoyers, qui alternaient tous les deux ans dans l'exercice du pouvoir. A côté d'eux, il y avait un petit conseil de neuf membres et un grand conseil de douze membres,
choisis dans un conseil de trente-six membres appelé la « petite cloche ». En 1626, 80 personnes de Brugg qui se rendaient en bateau à la foire de Zurzach firent naufrage et périrent.
Le plus ancien sceau de Brugg.
certaines indications que les un passage du lleuve entre On a trouvé des restes de la ville, notamment
Brugg vers 1835. D'après une aquatinte de J. B. Isenring.
Au point de vue ecclésiastique, la ville dépendit de Windisch jusqu'en 1275, après quoi elle devint une paroisse autonome. La Réforme y fut imposée par Berne. La ville possédait une école latine, que les Bernois favorisaient et dont les élèves bénéficiaient de nombreuses bourses ; de là le fait que beaucoup de pasteurs de la campagne bernoise étaient originaires de Brugg. Depuis 1907 la ville a une communauté et une église catholique. Population : 1910, 2325 habitants. Registres de naissances et de mariages dès 1558, de décès dès 1536. — Voir LL. — F.-X. Bronner : Der Aargau. — J.-J. Bàbler, dans TA 1896. — Merz : Wappen des Kts. Aargau. — Le même : Mitlelalterliche Durganlagen. — Brugger Nbl. 1893, 1898, 1901, 1906, 1907. [E.-E. F.]
BRÙGG (C. Berne, D. Nidau. V. DGS). Corn, et Vge de la paroisse de Bùrglen. Lors de la correction des eaux du Jura, on a trouvé une quantité d'objets de l'âge du bronze et des époques de la Tène et romaine. Le long de la Thièle, on découvrit une voie romaine allant à Port et de là probablement dans le grand marais, en passant par Belmont. En draguant, on mit à jour au-dessous de Brugg les piliers et les pilotis de deux anciens ponts, dont l'un date probablement des temps préhistoriques, et l'autre du moyen âge. Le voisinage de la place fortifiée celto-romaine de Petinesca a certainement des rapports avec les ponts desservant le passage de Briigg et de Port. — Voir 9. Pfahlbaubericht. [O. T.]
Briigg faisait partie du comté de Nidau ; la dîme était un fief des comtes de Nidau. En 1390, elle appartenait à Jost Rych, avoyer de Soleure ; après lui elle fut la propriété de son gendre, Burkhart d'Erlach, de Jonata d'Erlach (en 1498) et des chevaliers de Saint-Jean à Bienne. Depuis 1620, il existe à Briigg un moulin qui se trouvait auparavant à Zihlwil au bord du Gânsegraben. On attribue en grande partie l'accroissement des marécages dans le Seeland à la translation du moulin à Briigg, l'écoulement des eaux étant gêné par la digue du moulin. Briigg fut une station importante de navigation fluviale qui était très intense autrefois. La commune fournissait pour l'armée bernoise huit bateliers qui étaient tenus de se présenter annuellement devant l'inspecteur ( Trûllmeistcr ) armés et équipés. Mûlinen situe par erreur à Briigg le chapitre clunisien de Pons Bargia (Bargen-Bruck) ; il est certain que cette fondation était à Aarberg (voir art. Aarberg et Bargen-