CADETS
l'obligation d'entretenir la chapelle de Saint-Pierre. Cadenazzo fit partie de la paroisse de Bellinzone jusqu'en 1442, puis forma une paroisse avec S. Antonino. En 1830, il fut érigé en paroisse autonome. Suivant LL, un château existait à Cadenazzo et aurait été détruit pendant les guerres d'Italie. Population: 1698, 191 hab.; 1764,200; 1870, 239; 1900, 333; 1910, 408; 1920, 466. Registres de paroisse dès 1836. — ■ Voir BStor. 1909. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. — Borrani : Bellinzona, la sua chiesa e i suoi arcipreti. — - LUI. [C. T.]
CADERAS. Famille habitant la ferme Ca d'Airas à Ruschein (Oberland grison). Une branche protestante s'est fixée à Luvis et une autre, depuis le début du XIXe s., à Zuoz (Engadine). — 1. Mathis-Anton, *26 nov. 1745 à Ladir, homme politique éminent, chef des patriotes de l'Oberland, président du Conseil communal ; examinateur à l'assemblée nationale de 1794, auteur de la Grundliche Widerlegung der Wilzeckischen Beschwerden 1795, membre de la députation envoyée à Milan en 1797 ; dans la question des émigrants, il prit position contre ces derniers. Il fut appelé par Masséna à faire partie de la préfecture provisoire de la Rhétie et en fut quelque temps le président; il s'opposa à ce que le district de la Moesa fut détaché des Grisons. Préfet de la Gruob 1802. | 14 nov. 1815. — Voir A. Rufer : Der Freistaat der III Blinde und die Frage des Veltlins. — V. Pfister : Die Patrioten, dans JHGG 1903, p. 68. — Igl Ischi 1911, p. 5. — ASHR. — 2. Johann-Placidus, * 1775 à Ladir, juge 1815, 1818 et 1820 (représentant de la Ligue Grise dans le gouvernement). Avec A. von Sprecher et Friedrich Tscharner il dirigea la remise par l'Autriche au canton des Grisons de la seigneurie et du château de Rhâzuns. Président du Grand Conseil 1815-1818, député à la Diète 1816, plusieurs fois membre de la Cour de cassation, f 9 juin 1821. — J. Robbi : Unsere Standes- und Vizeprâsidenten. — Churer Zeitung 1821, p. 47. — [L. JJ. — 3. Gian-Fadri, poète ladin, * 1830 à Modène, t 1891 à Samaden. Il fut pendant un certain temps rédacteur du Fôgl d'Engiadina et du Progress et publia quatre volumes de vers. — Voir Biographie par A. Vital, dans Annalas XIII. — Rdtoroman. Chrest. VIII. [B.P.]
CADETS. Très tôt, les troupes de garçons armés sont mentionnées dans les chroniques. Justinger en indique une de 500 garçons, qui se rendirent en juillet 1414 à la rencontre du roi Sigismond, lors de sa réception à Berne. 400 autres venus de la même ville allèrent, en mai 1475, recevoir les troupes bernoises et lucernoises revenant de Grandson et Orbe. Les députés de Fribourg et, Berne furent reçus à Genève en 1531 par la jeunesse de cette ville, costumée en arquebusiers et lansquenets. Une députation de Strasbourg assista à Zurich en 1588 à un défilé et à une manœuvre d'une troupe de 400 à 500 garçons armés. Au XVIe s., il est question d'exercices de tir à la cible, exécutés par des jeunes gens. Selon Diebold Schilling, les garçons de Lucerne se rendirent en 1507 à un tir dans le canton d'Uri et furent accueillis par toute la vallée en fête. Un corps de garçons arbalétriers fut créé à Thoune en 1530 ; il possède encore aujourd'hui sa maison de tir. Les écoliers de la ville de Genève furent organisés en 1574 en plusieurs compagnies pour collaborer à la défense des murs. Zurich fit beaucoup pour former la jeunesse au tir. A la fin du XVIe s., fut institué le Tàlschschiessen ou tir à la cible de terre glaise, à l'arbalète, et au XVIIe s., le tir des garçons, concours pour la jeunesse scolaire de la ville, qui a encore lieu annuellement. Dans le Valais, des corps de cadets existaient au collège de Sion (XVIIe s.) et au gymnase des Jésuites de Brigue (XVIIIe s.). Vers le milieu du XVIIIe s., ces institutions perdirent de leur caractère sérieux et tendirent à devenir des occasions de festivités pour les parents.
Les premiers corps d'exercice de garçons furent créés en 1759 à l'orphelinat de Berne et à Zurich, un autre suivit à Berthoud en 1774. On leur donna le nom usité en France de cadets. Le premier véritable corps de cadets, selon l'esprit moderne, fut organisé en 1787 par le colonel Johann-Konrad Escher, à Zurich, avec 67 garçons. La société militaire helvétique approuva son
initiative dans son assemblée tenue la même année à Aarau ; il fut imité dans cette ville en 1789 par le capitaine Johann-Rudolf Meyer. Ce corps servit de modèle à un certain nombre d'autres : Schaffhouse 1790, Winterthour 1791, Bàle 1798, Brugg 1804, Lenzbourg et Zofingue 1805, Lausanne 1807, Coire 1808, Lucerne 1814. Henri Pestalozzi en adjoignit un à son institut d'Yverdon 1805 ; celui de l'orphelinat de Berne fut pourvu en 1791 de véritables fusils, livrés par l'arsenal. La commune d'Aarau prit la première à son compte la direction du corps de cadets, le rattacha à ses écoles et en rendit la fréquentation obligatoire. D'autres communes suivirent cet exemple. Durant les guerres de la Révolution, les chefs des armées étrangères : Schauenbourg, l'archiduc Charles, Hotze, parurent s'intéresser vivement aux cadets et les distinguèrent. C'est d'alors que date la destination plus militaire que pédagogique de ces organisations. Des raisons patriotiques motivèrent la formation de corps de cadets sous l'Acte de médiation, entre autres dans le canton d'Argovie. Après la chute de Napoléon, le goût pour la formation militaire de la jeunesse passa quelque peu à l'arrière-plan, pour renaître vers 1820. Partout se formèrent alors des corps nouveaux organisés par les communes, la plupart obligatoires : à l'école normale de Munchenbuchsee, à l'école cantonale catholique de Saint-Gall, à Morat, Olten, Glaris, Bienne, Soleure, Aarbourg, Porrentruy, Langenthal, Thoune, Zurzach, Vevey, Altstâtten, Rheinfelden, Baden, etc.
L'âge d'admission des cadets fut presque partout fixé à 10 ans révolus. La pratique des exercices fit considérer peu à peu les corps de cadets comme l'école préparatoire du soldat et des officiers. Dans les années 1830 et 1840, on organisa volontiers de grandes parades et démonstrations, voire des manœuvres complètes, avec investissements, capitulations, traités d.î paix, espions, parlementaires, etc. Les cantons prirent en main la formation de la jeunesse vers 1840 et Schaffhouse alla vers 1850 jusqu'à libérer de l'école de recrues les cadets qui avaient accompli un cours complet d'instruction de 4 ans, et accepta les officiers de cadets comme aspirants officiers. Parmi les corps de cadets fondés depuis 1848, nous citons comme les plus importants les suivants : Fribourg (école cantonale) 1848 ; Soleure 1849 ; Frauenfeld 1855 ; Saint-Gall (gemeinsame Kantonsschule) 1856 ; une série de corps aux écoles du Tessin entre 1850-1860 ; Neuchâtel 1863 , Genève 1864, etc. Vers 1850 et plus tard eurent lieu les grandes fêtes de cadets, celle de Zurich 1856 en particulier, à laquelle prirent part 25 corps et 3600 cadets et où fut «imitée» la première bataille de Zurich. Dans le canton d'Argovie, l'instruction des cadets dépendait de l'école cantonale et les exercices de district du directeur militaire et d'un état-major d'officiers supérieurs. Un des principaux promoteurs du mouvement des cadets fut le directeur de l'instruction publique et futur conseiller fédéral Emile Welti, qui demanda que toutes les branches de l'enseignement eussent une utilité militaire directe. C'est au moment où elle atteignait son apogée, vers 1860, que l'organisation des cadets fut l'objet des premières attaques ; elles venaient des partisans du mouvement alors naissant en faveur de la gymnastique, parmi lesquels se trouvait aussi le conseiller fédéral Stâmpfli. L'introduction d'une nouvelle arme, le fusil de précision système Vetterli-Schmidt, que le Conseil fédéral fit construire dès 1870, ramena l'attention du public sur les cadets. Depuis lors, et surtout depuis la nouvelle Constitution fédérale de 1874, la Confédération eut aussi un droit de contrôle sur l'organisation et l'activité des corps de cadets, qui ne dépendaient auparavant que des cantons et des communes. Le Département militaire édicta en 1887 un règlement provisoire d'exercice du tir pour les élèves des écoles moyennes et des gymnases ; il fixait comme limite inférieure d'âge 14 ans révolus. Un nouveau fusil à un coup, long de 110 cm., au calibre de 7,5 fut introduit dans tous les corps en 1898. La Confédération participa aux frais de fabrication pour le 50 %, mais ne prit aucune part des frais causés par l'artillerie dont certains corps étaient munis.