‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 18 sur 425 · BAVOIS · texte numérisé non relu

BAVOIS

reden II, p. 3. — AHS 1906, p. 125. — SGB II, 21. - Renseignements de M. A. Bavier-Salis. [L. J.l

BAVIÈRE. République. L'ancien duché de l'Empire romain, électorat en 1623, royaume souverain en 1806, 1815-1866 Etat de la Confédération germanique, 1818- 19 18 monarchie constitutionnelle, dès 1871 Etat de l'Empire allemand ne devint limitrophe de la Suisse qu'en 1806 par l'acquisition de Lindau. PourlePalatinat quifut réuni à la Bavière en 1777 voir Palatinat. Les relations politiques entre les deux pays, qui ne furent jamais très suivies, remontent au XVe s. Vers 1460, Louis-le- Riche, duc de Bavière-Landshut, se rapprocha des Confédérés probablement par opposition contre l'Autriche. A la Diète du 28 avril 1466, Berne déclara que le comte palatin et les ducs de Bavière voulaient faire alliance avec les Confédérés ; en 1467, le duc Louis n'accorda pas a l'Autriche les secours demandés contre les Suisses, et au printemps de l'année suivante il offrit sa médiation qui aboutit à la paix de Waldshut. Il avait aussi participé à la paix de Constance en 1461. Son fils Georges et Albert de Bavière-Munich, conclurent en 1491 un traité de neutralité de cinq ans avec la Confédération. En 1500, le duc Georges et l'électeur Palatin Philippe négocièrent une alliance avec les Confédérés, mais celle-ci n'aboutit pas. Lorsque les Confédérés renoncèrent à la grande politique, les relations entre la Suisse et la Bavière se relâchèrent. Pendant les luttes religieuses, les cantons catholiques envoyèrent des députés au chef de la Ligue. D'autre part, des Bavarois se fixèrent dans les cantons protestants à la suite de la contre-réformation. Pendant la guerre de succession d'Espagne, les Confédérés entamèrent à plusieurs reprises des négociations avec la Bavière afin de maintenir la neutralité de la Suisse. Pour sauvegarder la ville impériale de Lindau, menacée par des troupes bavaroises, Zurich et Berne y entretinrent pendant un certain temps une garnison. En 1806 la Bavière acquit Lindau, le Tyrol et le Vorarlberg. Les négociations, entamées précédemment avec l'Autriche relativement aux propriétés situées dans ces pays et appartenant à des Suisses, furent continuées avec la Bavière ; elles durèrent jusqu'en 1815. Sous l'influence de Metternich, la Bavière participa, par l'intermédiaire de son ministre, à diverses démarches des puissances conservatrices auprès de la Confédération : lors du conflit de séparation à Bâle en 1833, de l'expédition en Savoie en 1834 et de l'affaire des fugitifs en 1835. Lors des négociations qui précédèrent la guerre du Sonderbund, Metternich engagea, mais sans succès, la Bavière à participer à une démonstration militaire contre la Suisse. Pendant la guerre de 1870, la Suisse se chargea de sauvegarder les intérêts des Bavarois et des Badois en France.

Les rapports commerciaux entre la Bavière et la Suisse furent plus intenses que les relations politiques. La Suisse importe principalement du sel (de Reichenhall), du fer ouvragé et du blé. Depuis des siècles, le sel est le principal objet d'importation. Au XVIIIe s., les envoyés de la Bavière avaient avant tout mission de pousser à la vente du sel, qui était un monopole du prince. Sur sa demande, Berne « prêta » en 1782 au gouvernement de l'électeur son directeur des mines, Johann-Sebastian Claiss, qui reconstruisit la saline de Reichenhall de manière à en augmenter considérablement la production. Dans la suite, l'importation alla en augmentant jusqu'à un total de 40-42 000 fûts = 200 000 quintaux.

A l'instar d'autres pays, la Bavière fit souvent du tort au commerce suisse par l'établissement de droits d'entrée très élevés. En 1809, pour la première fois, la Diète chargea le landammann d'obtenir une réduction des droits bavarois, en premier lieu sur le vin et d'arriver, si possible, à conclure un traité de commerce. En dépit de tous les efforts, la Suisse n'y parvint pas avant 1834, époque où la Bavière entra dans l'Union douanière allemande.

Le 20 juillet 1804 fut conclu un traité d'établissement, encore en vigueur aujourd'hui, auquel tous les cantons adhérèrent jusqu'en 1822. Le traité d'extradition, proposé en 1821 par Fribourg, aboutit en 1847 ; 12 cantons y adhérèrent d'emblée et les autres cantons successive-

ment. Saint-Gall avait déjà conclu en 1808 un traité analogue avec le commissariat général en Souabe bavaroise. Aux XIXe et XXe s., les universités bavaroises ont attiré de nombreux professeurs et étudiants suisses, tandis que des Bavarois venaient étudieren Suisse. En outre, Munich est un centre très fréquenté par les artistes suisses. Légations et Consulats. La Suisse n'a jamais eu de légation en Bavière ; lorsque fut créée celle de Berlin en 1867, le ministre fut aussi accrédité à Munich. Dès lors, c'est ce dernier qui est chargé des relations diplomatiques entre la Suisse et la Bavière. Lors de la réorganisation des consulats suisses, on créa en 1877 un consulat à Munich pour la Bavière de la rive droite du Rhin, depuis 1920 transformé en consulat général ; le Palatinat fut desservi par le consulat de Carlsruhe (plus tard à Mannheim). De 1850 à 1867,1e consul suisse de Leipzig eut pleins pouvoirs auprès des États de l'Union douanière pour toutes les affaires concernant le commerce et les douanes. La légation bavaroise auprès de la Confédération remonte au von Frohberg qui fut envoyé par l'empereur Charles VII. Elle subsista comme légation de Bavière, mais avec des interruptions. Dès 1803, elle a toujours eu à sa tête soit un envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, soit un ministre résident. Au mois d'avril 1872, la légation de Berne fut réunie à celle de l'empire allemand ; toutefois, en juillet de la même année, un nouveau ministre fut nommé. En réalité, depuis la fondation de l'empire allemand, elle n'a déployé qu'une activité consulaire. En novembre 1918, le ministre bavarois von Bœhm fut remplacé par F.-W. Fôrster qui, étant le représentant d'un gouvernement non reconnu, ne fut pas agréé par le Conseil fédéral. En vertu de la nouvelle constitution de l'empire allemand, la légation bavaroise fut supprimée en 1919. De 1851 à 1871, la Bavière entretint à Winterthour un consulat général (baron Sulzer vonWart) ; jusqu'en 1860, la chancellerie de la légation y fut logée.

Envoyés et ministres de Bavière en Suisse. ■ — ■ Philipp-Anton-Joseph von Frohberg, dit Montjoie, envoyé impérial, 1742-1745 ; Franz-Adam Wocher von Oberlochen, envoyé du prince-électeur, 1745-1754 (?) ; Franz-Rudolf von Schwachheim, ministre résident, 1770-1778 ; Johann Baptist-Anton von Verger, m. résident, 1803-1807 ; Johann-Franz-Anton von Olry, m. résident, 1807-1827 ; Konrad-Adolf, baron de Malzen, m. résident, 1827-1828 ; Philipp-Karl, baron de Hertling, m. résident, 1829-1836 ; Karl, baron de Stengel, env. extr. et m. plénipotentiaire, 1837 (il ne rejoignit pas son poste et le chargé d'affaires pendant l'intérim fut le baron Sulzer von Wart) ; Konrad-Adolf, baron von Malzen, env. extr. et m. p., 1838-1841 ; Ferdinand von Verger, m. résident, 1841-1848, env. extr. et m. p., 1848-1854 ; Konrad-Adolf, baron de Malzen, env. extr. et m. p., 1854-1862 ; Wilhelm von Dônniges, chargé d'affaires (à Genève), 1862-1865 ; Hompesch, comte de Bollheim, m. résident, 1862-1865 ; Eduard Riederer, baron de Paar zu Schônau, m. résident, 1868-1867 ; Wilhelm von Dônniges, m. résident, 1867- 1868, env. extr. et m. p., 1869-1870 ; baron de Bibra, chargé d'affaires dès le 1er février 1869 pendant la mission de Dônniges en Espagne ; et de 1870 à 1872, m. résident, 1871 ; du 25 avril au 19 juillet 1872, la légation est gérée par celle de l'empire allemand ; Friedrich, baron de Niethammer, env. extr. et m. p., 1872- 1887 ; Kurt, baron de Pforten, m. résident, 1887août 1895; Riederer, baron de Paar, chargé d'affaires, août-décembre 1895 ; Eduard, comte de Montgelas, m. résident, 1895-1903; Otto, baron de RitterzuGrûnstein, m. résident, 1903-1907 ; Gottfried von Bœhm, m. résident, 1907-1918. [Lessing.]

BAVOIS (C. Vaud, D. Orbe. V. DGS). Cette localité était habitée à l'époque romaine, et un lieu dit Marterey indique l'emplacement d'un cimetière burgonde, près de l'église Saint-Légier, mais le premier document qui le mentionne sous le nom de Baioes date de 1182. Son histoire se lie avec celle des terres de Corcelles et de Suchy et dans quelque mesure avec celle de la ville d'Yverdon. Les sires de Joux la possédaient au XIIIe s., puis Aymon de Faucigny qui transmit ses droits à

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