G A LAME
Glaris. La Landesèrspamiskasse fut créée en 1835, avec la garantie de l'État, par la Landsgemeinde, sur proposition du Synode évangélique. Le 1er janvier 1884, elle fut réunie à la nouvelle Banque cantonale, de même que la Caisse de prêts, qui avait été fondée en 1863, sous la forme de corporation. [Nz0
Neuchâtel. Le projet de créer une caisse d'épargne en faveur des domestiques et ouvriers fut présenté en 1801 à la Société d'Émulation patriotique. Il prit corps en 1812. La Caisse d'Épargne fut fondée le 24 novembre 1812 à Neuchâtel. Fondation philanthropique, la crise économique de l'après-guerre lui fut fatale. Le 15 mars 1920, le Grand Conseil neuchâtelois devait accorder la garantie de l'État aux déposants de la Caisse d'Épargne, puis, le 29 octobre de la même année, cet établissement était repris par la Banque Cantonale. — Ph. Godet : La Caisse d'Epargne de N. — Messager boiteux de Neuchâtel, 1922. [L. M.]
Tessin. La seule caisse d'épargne qu'ait possédée le Tessin a été fondée en 1833. C'était une société par actions due à l'initiative de la société tessinoise d'utilité publique. Ouverte le 4 décembre 1833, elle fut absorbée en 1858 par la Banca cantonale ticinese. [C. T.]
Saint-Gall. L' Ersparnisanstalt der Stadt St. Gallen, fondée en 1811, fut d'abord une institution communale. En 1831, lors de la séparation de la commune politique de la commune civile, elle passa à cette dernière, mais dans la suite perdit son caractère local pour devenir un établissement au champ d'activité très étendu. Depuis 1835 existe une Ersparnisanstalt des Kaufm. Direktoriums, qui fut d'abord ouverte aux seuls habitants du canton, puis, dès 1864, à chacun. Depuis le milieu du XIXe s. d'autres caisses d'épargne se sont fondées à Saint-Gall et dans presque tous les districts du canton. — Wartmann : Industrie und Handel des Kts. St. Gallen auf Ende 1866, p. 56-66. [Bt.]
Thurgovie. Une caisse d'épargne fut fondée en 1822 par la commune bourgeoise de Frauenfeld. En 1893, elle passa à la Banque cantonale thurgovienne, qui créa une succursale à Frauenfeld. [Sch.]
Vaud. Des caisses d'épargne privées ont été fondées à Vevey en 1814, au Chenit en 1816, à Lausanne, Caisse d'épargne et de prévoyance, 1817, à Yverdon 1820, Moudon 1822, Nyon 1828, Morges 1828, etc. La caisse d'épargne cantonale a été créée par le Grand Conseil vaudois en 1848 ; elle fut administrée par la Banque cantonale, puis dès 1875, par le Crédit foncier. — Voir A. Bonard : La Caisse d'épargne et de prévoyance de Lausanne. — J. Landry : La Caisse d'épargne et de prévoyance d' Yverdon 1820-1920. [M. R.]
Zurich. La plus ancienne caisse d'épargne est celle de la ville de Zurich, fondée en 1805. A la fin de 1848, il en existait 19 dans le canton. 26 en 1852, 37 en 1858, 48 en 1882, 79 en 1908 et 112 en 1918. — Voir Meyer von Knonau : Der Kt. Zurich. — Statist. Mitteilungen Zurich 1882. — Spyri : Die Ersparniskassen der Schweiz. [C. B.]
CAJACOB, Georg. Voir Blaurock, Jœrg.
CAJŒRI (rhétorom. Cagieri). Vieille famille de Schams (Grisons), dont les membres étaient autrefois des hommes libres d'église ayant des fiefs héréditaires et appartenaient à la basse noblesse des ministériaux. — 1. Symon, de Ca gœry, fut investi en 1413 par l'évêque du domaine de Maria Mengusch à Andeer. — 2. Janutt, tenait avec son frère, à titre viager, de nombreux biens ecclésiastiques à Andeer vers 1500. — 3. Alexander, secrétaire d'État en 1549 lors de la codification du droit coutumier (Brev d'ia terra) ; landammann 1528, 1546 et 1550. — 4. Gieri, de Zillis, landammann 1799 et 1802. — 5. Flurin, de Zillis, landammann 1827 et 1834. — 6. Gion, de Zillis, landammann 1850 ; président de cercle 1851. — 7. Flurin, de Zillis, 1840-1918, président de commune à Andeer 1879 et 1881, président de cercle 1867, fut dans la suite inspecteur scolaire et préfet. — Voir Muoth : A^mter bûcher. — Conrad: Register dils mastrals dil Cumign da Schons. [G. Conrad.]
CALA, CARA.CARRI. Alpage dans la vicinanza de Chironico, déjà mentionné 1203. Il possédait une corporation d'ayants droit, dont on possède encore les statuts de 1268. La chapelle de San Bernardino existait déjà
ohbs n — 25
en 1581. — ■ Meyer : Blenio u. Leventina. — Meyer : Die Capitanei von Locarno. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. \C. T.]
CALABRI. Nom donné à une maison de la rue de la Croix-Rouge à Genève. Elle date du XVIIIe s. et a abrité pendant un hiver le prince Louis-Napoléon Bonaparte et sa mère l'ex-reine Hortense. C'est dans cette maison que furent établies les premières écoles de dessin fondées en 1751. — Voir Doumergue : La Genève des Genevois. — Galiffe : Genève Hist. et Archêol. — Crosnier : La Société des Arts. [L. B.]
CALABRI. Famille du terroir genevois reçue à la bourgeoisie en 1401, dont le nom désigne encore dans la ville un emplacement où les Calabri furent possessionnés. — Voir Galiffe et Gautier : Armoriai. [C. R.] CAL AME. Famille neuchâteloise, mentionnée dès le XVe s. au Locle, d'où elle s'est répandue à la Brévine, puis dans tout le canton. Armoiries : d'argent à l'ancre de sable accompagnée de deux étoiles de gueules. — 1. Abram, f 1731, lieutenant de La Chaux-de-Fonds 1720, et en outre, dès 1724, maire des Brenets. — 2. Jean-Jaques-Henri, 1740- 1817, au Locle, maître-bourgeois de Valangin. Graveur de son état, il fit les coins de plusieurs monnaies neuchâteloises sous le prince Berthier. — 3. Marie- Anne, 1775-1834, fille du n° 2, peintre miniaturiste. Elle ouvrit une école de dessin et peinture au Locle, puis fonda en 1815 un asile pour jeunes filles pauvres.
L'asile des Billodes prospéra rapidement, et en 1820 fut également ouvert pendant quelques années aux garçons. — Voir La femme suisse.
— SKL. — C. Lorimier :
Marie-Anne Calame. — MN 1915. — 4. Hemi- Florian, 1807-1863, neveu du n° 3. Après des
études à Berlin, il don- Marie-Anne Calame.
na en 1829-1830 un Diaprés un dessin de P.-Elie Bovet. cours de droit civil aux
Auditoires de Neuchâtel. Jusqu'à l'adoption du code civil neuchâtelois en 1855, ce cours, répandu sous la forme manuscrite, fit règle pour les tribunaux ; il fut publié en 1858 sous le titre de Droit privé d'après la coutume neuchâteloise Maire des Brenets
1830, secrétaire d'État
1831, membre du Conseil d'État et député à la Diète 1837-1848. La révolution de 1848 fit rentrer Calame dans la vie privée, mais en novembre 1848 déjà, il était élu au Grand Conseil où il siégea jusqu'à sa mort. La même année, il avait pris la rédaction du Neuchâtelois, qui succédait au Constitutionnel neuchâtelois, et ne survécut pas à son rédacteur ; pendant quelques
années, il rédigea la Chronique suiss,e à la Bibliothèque universelle. En 1831, il avait été un des rédacteurs des Feuilles neuchâtelois es, et publia en 1852 des Méditations poétiques. — Le Neuchâtelois 1863. — BU 1863. — Biogr. neuch. II. — 5. Alexandre, 1810-1864. peintre, * à Vevey, mais élevé à Cortaillod,
Mai 1923
Henri-Florian Calame. D'après un dessin de P.-Elie Bovet.
GALANCA
CALDELU
puis à Genève. Il outra d'abord dans la banque, mais ses goûts le portant vers la peinture, il prit en 1829 des leçons chez Diday. Peu après, il abandonnait définitivement le bureau pour l'atelier. En 1835, il ouvrit une
classe de dessin à Genève en même temps qu'il exposait dans cette ville et à Paris. Un voyage dans l'Oberland lui révéla la haute montagne : Calame allait entrer dans la voie ouverte par Maximilien de Meuron et devenir un peintre de l'alpe. Son succès fut grand et sa réputation européenne ; dans le mouvement artistique suisse au XIXe s. son rôle a été considérable.
Calame fit de nombreux séjours dans l'Oberland et des voyages en Hollande et en Italie; ses Alexandre Calame. principales œuvres expo-
D'après une gravure sur acier sees a Fans, lui valurent de L. Boisson. de hautes récompenses et
la croix de la Légion d'honneur. A citer parmi ses œuvres : L'orage à la Handeck ; Chênes battus par l'orage ; Le Mont Rose ; Les ruines de Pœstum ; Le Wetterhorn. — Voir Eug. Rambert : Alexandre Calame. — SKL (avec bibliographie). — 6. Charles-Edouard, 1815-1852, peintre, se fixa à Môtiers en 1840 Son œuvre la plus importante est une série de 16 lithographies représentant des sites du Val-de-Travers. — SKL. — 7. Jules Calame-Colin, * 1852 à La Chaux-de-Fonds, f 1912 aux bains de Nauheim, fabricant d'horlogerie à La Chauxde-Fonds. Député au Grand Conseil dès 1889, président de ce corps 1902-1903, conseiller national de 1895 à sa mort. Dans cette autorité, où il fut le premier représentant du parti libéral neuchâtelois, Calame-Colin joua un rôle très en vue. Il fit également partie du Conseil général de La Chaux-de-Fonds. — Voir Jules Calame- Colin, conseiller national. — Quotidiens neuchâtelois. — 8. Albert, * 1866, avocat et notaire, procureur général 1893-1908, conseiller d'État, chef des Départements de Justice et Police, 1908-1918, directeur du Crédit Foncier dès 1918. Grand juge au tribunal militaire de la IIe Division ; juge d'instruction pour la Suisse romande. — 9. Henri, * 1867, instituteur, puis rédacteur du Neuchâtelois (radical) de 1892 à 1912; député au Grand Conseil 1895-1912, président de ce corps 1903-1904 ; au Conseil national dès 1904, président 1918 ; conseiller d'État, chef du Département des Travaux publics dès 1912. A Cernier, il entra en 1894 au Conseil communal qu'il présida de 1898 jusqu'à son entrée au Conseil d'État. Fait partie du Conseil d'administration des C. F. F. [L. M.]
Une branche, fixée à Bâle, a donné : — 10. Louis, * 1863, professeur au technicum de Winterthour 1897, sous-directeur 1908 et 1914 directeur de cet établissement. [F. S.]
CALANCA (C. Grisons, D. Moesa. V. DGS). Vallée des Grisons, qui débouche à environ deux heures au Nord-Est de Bellinzone ; les habitants sont catholiques et parlent l'italien. Depuis le XIIe s., la vallée de Calanca, avec celle de la Mesolcina, était placée sous la souveraineté des comtes de Sax, lesquels vendirent leurs droits sur ces deux contrées en 1480 à J.-J. Trivulce, de Milan. Lorsqu'en 1496, celui-ci eut un conflit avec Louis Sforza, duc de Milan, il entra avec ses possessions dans le Mesocco et le Calanca dans la Ligue grise. En 1549, les deux vallées se rachetèrent auprès de Trivulce pour 2400 fl. Depuis lors, elles partagèrent la destinée des III Ligues grisonnes, dont elles formèrent la huitième juridiction. La vallée de Calanca constitua jusqu'en 1866 une corporation économique ( Markgenossenschaft) . Elle fut alors partagée en onze communes qui reçurent chacune leur territoire propre et leur administration autonome. Au spirituel, il en est de même,
chaque commune esl indépendante. - |it. i'.| - Très étroit, en grande partie improductif, lu Val Calanca ne parvient |>;is à nourrir entièrement sa population, qui s'occupe surtout d'élevage du bétail et d'économie alpestre. Beaucoup de ses habitants Calanker, sont obligés encore de nos jours d'émigrer périodiquement ou d'une façon durable dans les villes suisses ou à l'étranger comme vitriers ou peintres en bâtiment. Au temps de Campell déjà (XVIe s.), beaucoup s'en allaient mendier hors du pays. Ils faisaient le commerce des corbeilles, de la poix et du goudron qu'ils recueillaient en des écorces creuses, et envoyaient leur gain dans la vallée pour faire vivre les vieillards et les enfants. Vers l'hiver, beaucoup quittaient la vallée pour les Grisons, la la Suisse ou l'empire allemand et revenaient avec une petite somme au pays au printemps. — Voir M. Campell : Zwei Bûcher ràtischer Geschichte. [L. J.]
CALANCA (C. Grisons, D. Moesa, Cercle Calanca, Com. Santa Maria). Antique château appelé par les gens de la vallée Torre Santa Maria. Le donjon serait d'origine romaine et aurait été l'un des postes de la chaîne des fortins de l'antique voie romaine. C'est là, qu'en 402, le gouverneur romain Bonasius, avec l'aide des gens de la vallée, aurait battu et dispersé, près du pont de Gola, les Goths qui avait pénétré dans la contrée par le Vogelberg (Saint-Bernardin). ■ — Voir Marca : Compendio. [A. M.]
CALANDA. Voir Felsberg, Haldenstein et Un-
TERVAZ.
CALANDRINI. Famille originaire de Luma (ville disparue qui était située entre la Toscane et Gênes), établie à Sarzane (Gênes) et au XVe s. à Lucques où elle occupa une brillante situation. Six membres de cette famille quittèrent Lucques pour cause de religion au moment de la Réforme. Ils se réfugièrent en France, en Angleterre, en Allemagne et aux Pays-Bas. La famille fut admise à la bourgeoisie de Genève en 1634, elle s'est éteinte au XIXe s.
Armes : d'azur au sautoir d'or accompagné en chef d'une alouette éployée d'argent (variantes). — 1. Jean- Louis, 1585-1656, commerçant et poète, auteur demémoires historiques sur sa famille, bourgeois de Genève le 14 octobre 1634. — 2. Benedict, 1639- 1720, fils du n° 1, pasteur de l'Église italienne de Genève, puis de l'Église de Genève et de celle de Lyon, professeur de théologie à l'académie de Genève, recteur. — 3. François, 1677-1750, fils du n° 3, auditeur, 1er syndic. — 4. Jean-Louis, 1703-1758, professeur de mathématiques et de philosophie, recteur, syndic. — 5. François, 1729-1801, fils du n° 3, conseiller d'État, lieutenant de police. — 6. André-Richard, 1762-1826, fils du n° 5, du gouvernement provisoire 1814, conseiller d'État 1814-1826, cinq fois syndic. — Voir Galiffe : Not. gen. II, et manuscrits aux Archives de Genève. — Galiffe : Le Refuge italien de Genève. — Le même : D'un siècle à l'autre. — Sordet : Dict. des familles genevoises. — De Montet : Dictionnaire. — Borgeaud : Académie de Calvin. — Senebier : Hist. litt. de Genève. — Heyer : Église de Genève. [H. L.]
CALANORINO, Scipio, de Lucques. Réfugié italien pour cause de religion, vint en 1562 à Zurich et passa en 1569 aux Grisons où il devint pasteur à Sondrio de 1577 à 1604. Il échappa à grand'peine aux massacres de 1572 et 1594, t vers 1605. — Voir Truog : Bundner Prâdikanten, n° 93. [J. 1». Truog.]
CALAS, Jean. Originaire du Tarn, établi à Toulouse, victime de la célèbre erreur judiciaire dont Voltaire obtint la revision en mars 1765. — Jean-Pierre et Jean-Donat, ses fils, réfugiés à Genève, y furent reçus gratuitement à la bourgeoisie le 28 septembre 1770. Plusieurs autres réfugiés du Languedoc portant le nom de Calas furent reçus habitants de Genève au XVIIIe s., entre autres : — Jean-Mathieu, fils de Jacques, * à Londres, cité dans le SKL. — ■ Voir Sordet : Dict. des familles genevoises. — De Montet : Dict. — Archives de Genève.' [C. R.]
CALDELLI, Giovanni-Antonio. Peintre etsculpteur,
CALDEKÀKI
GALLONI
de Brissago, 1721-1791. Il travailla dans les Pays-Bas, où il laissa ses œuvres les meilleures. Le Tessin possède de lui des tableaux dans les églises de Saint-Gothard à Intragna, de Saint-Antoine à Locarno, dans la maison Orelli à Locarno et à Brissago. — SKL. — Vegezzi : Esposizione Storica. — ■ Oldelli : Dizionario. [C. T.]
CALDERARI, CALDIRARO, CALDIRARIO, COLDERARII. Nom d'une ancienne famille mentionnée au XVIe s. à Lugano et Bancate, au XVIIe s. à Coldrerio et au XVIIIe à Maroggia. Première mention de la famille en 1475. — Tomaso, de Bancate, maîtreconstructeur du XVIe s. Il travailla comme ingénieur militaire dans le Piémont. Un Calderari, du Luganais, travaillait à Paris vers 1800 et est l'auteur de deux bustes en porcelaine d'Albert de Haller. — BStor. 1899, 1901 et 1908. — SKL. [C. T.]
CALENDRIER. Pendant tout le moyen âge, le calendrier usité a été le Calendrier julien, c'est-à-dire le calendrier romain réformé par Jules César en l'an 46 av. J.-G. L'année, comptée à 365% jours, était en réalité trop longue d'un peu plus de onze minutes. Cette petite différence, répétée chaque année, avait produit à la longue des jours entiers, de sorte que le calendrier ne correspondait plus à l'année astronomique. Au XVIe s., le premier était en retard de dix jours sur le second. Après plusieurs tentatives de réforme, le pape Grégoire XIII promulga le 24 février 1582 un nouveau calendrier. Celui-ci, qui porte le nom de Calendrier grégorien, est encore usité. Afin de mettre en harmonie l'année civile et l'année astronomique, il fallut avancer la première de dix jours. Les cantons catholiques décidèrent à Baden, le 10 novembre 1583, d'adopter le nouveau calendrier et pour cela de supprimer en 1584 les jours entre le 12 et le 21 janvier. Unterwald seul opéra la réforme au mois de juin suivant. La plupart des cantons protestants et de leurs alliés n'acceptèrent le calendrier grégorien qu'en 1701, année qui commença le 12 janvier. Ils furent suivis en 1724 par la ville de Saint-Gall et les parties protestantes du Toggenbourg, de Glaris et d'Appenzell. Ce dernier canton avait accepté la réforme grégorienne au XVIe s déjà, mais il en était résulté un tel conflit que les protestants avaient été autorisés à employer l'ancien calendrier. Dans les Grisons, le calendrier grégorien pénétra dès le XVIIIe s., mais son emploi ne fut général qu'à partir de 1811.
La Bévolution française apporta entre autres innovations celle d'une nouvelle façon de compter les années. On vit apparaître une ère de la Liberté, qui ne dura pas, puis on se mit d'accord sur une ère républicaine dont le point de départ était le 22 septembre 1792, proclamation de la république. Un Calendrier républicain fut adopté le 24 novembre 1793 et demeura en vigueur jusqu'au 1er janvier 1806.
En Suisse, le calendrier républicain ne fut officiellement en vigueur que dans les régions annexées par la France, Genève et l'évêché de Bâle. Dans la Bépublique helvétique, une loi du 26 juin 1798 décréta la suppression du calendrier julien et l'emploi général du calendrier grégorien, auquel serait joint le calendrier français. Le calendrier républicain ne prévalut pas, mais, cependant, on le trouve, en regard du calendrier grégorien, dans les almanachs de l'époque et jusqu'en
A Genève, les révolutionnaires introduisirent une Année de l'égalité genevoise qui dura de fin décembre 1792 à juin 1798 (voir cet art.). — Voir aussi art. Chronologie. — Voir A. Giry : Manuel de diplomatique. — DHV. — B. Thommen : Die Einf. des gregor. Kal. in der Schweiz, dans Festschrift zur 49. Versammlg. deutscher Philolog. — Le Fort : Introduction du cal. gregor. à Genève, dans MDG XXII, p. 348. [L. M.]
CALENDRIER (QUERELLE DU). L'adoption par les seuls cantons catholiques en 1584 du calendrier grégorien provoqua une tension avec les protestants au sujet des bailliages communs. Les jours de fêtes et de marché furent le sujet de nombreuses contestations dans lesquelles protestants et catholiques se dressaient surexcités en face les uns des autres. Une guerre civile put être évitée, grâce à la médiation des cantons neutres et
de l'ambassadeur français Fleury. Une sentence intervint le 24 février 1585 : dans les bailliages mixtes au point de vue confessionnel, le nouveau style devait être appliqué ; dans les bailliages protestants, l'ancien style prédominait. Les convocations de la Diète seraient aussi faites suivant le nouveau calendrier. — Voir Dândliker II. — Dierauer III. [L. M.]
CALFEISENTAL (C. Saint-Gall. V. DGS). Vallée qui, sous le nom Kalveys, appartenait au couvent de Pfâfers en 1346. Elle fut colonisée à cette époque par des Walser libres ; leur principal établissement fut Saint-Martin. Ils payaient l'impôt à Pfâfers, mais dépendaient du titulaire de la seigneurie de Freudenberg et élisaient eux-mêmes leur ammann chargé de l'administration de leur communauté. Les Walser émigrèrent de bonne heure, de sorte qu'au XVIIe s., la vallée était de nouveau inhabitée. Depuis 1907, une route la remonte jusqu'à Saint- Martin, et un chemin conduit à l'alpe de Sardona, 1908. — Voir Bâchler : Das Drachenloch, dans Jahrb. der st. gall. nat. Ges. 57, I, p. 26. [Bt.]
CALFREISEN (C. Grisons, D. Plessur, Cercle Schanfigg. V. DGS). Petite seigneurie dépendant du château de Cavraissen, plus tard Bernegg. 1156 : Cauvraisene. Le couvent de St. Luzi et l'église de Coire y possédaient des terres au XIIe s. Au XIIIe, apparaissent les vonCAVARAissEN qui devaient être ministériaux des barons de Vaz. A l'extinction de la famille, au commencement du XIVe s., leurs biens passèrent aux von Unterwegen et de ceux-ci, au XVe s., probablement aux Sprecher. Quand les III Ligues constituèrent un État, Calfreisen forma une communauté de la juridiction de St. Peter, haute juridiction de Schanfigg, dans la Ligue des X juridictions ; toutefois, il ne posséda pas à l'origine les mêmes droits que les autres voisins de St. Peter. L'accès à toutes les fonctions publiques date de 1668. Au temporel, il dépendait de Castiel. [F. P.]
CALGARI, anciennement CALGARIO. Famille de Osco et plus tard aussi de Faido. — 1. Protasio, était notaire de la Léventine en 1387. — 2. Giovmi-Giuseppo, prêtre, * à Faido 20 mars 1780, f à Venegono Superiore (Italie) 4 novembre 1847. Vicaire capitulaire pour la Léventine, 1805-1839 curé de Faido. En 1814, il était délégué de la plaine à la vicinanza générale de Faido (3 mars), où l'on traita de l'union de la Léventine à Uri ; le lendemain, nommé membre de la députation à Altdorf pour traiter de cette question, mais destitué ensuite pour son attitude peu enthousiaste dans cette affaire. 1821-1830 député au Grand Conseil, qu'il présida en 1830. 1839 député à la Diète fédérale. A la révolution de 1839, il fut accusé d'avoir travaillé à la dissolution de la Société des carabiniers (radicale) et avoir agi à la Diète sans instructions. Il fut exilé et de 1841 à sa mort fut curé de Venegono Superiore. — 3. Lorenzo, curé d'Anzonico 1801-1846. En 1796, il défendit les intérêts de la Léventine, et aux temps troublés de la Bépublique helvétique fut partisan des Français. En 1802, 1804 et 1814, un des plus ardents partisans de la réunion de la Léventine au Tessin. 1834-1839 député au Grand Conseil, f 5 octobre 1846. — 4. Tomaso, d'Osco, * 14 mars 1819, f à Personico 30 octobre 1880. Bon peintre, il décora l'église paroissiale de Faido et plusieurs églises de la Léventine. Il travailla aussi en Algérie. — BStor. 1890. — Dotta : / Ticinesi. — ASHR.
— P. Angelico Cattaneo : I Leponti. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italiana. [C. Trezzini.]
CALIGARIO. Famille que l'on rencontre en 1284 parmi les bourgeois de Locarno et en 1475 àBellinzone.
— Giovanni-Antonio, de Porza, maître-constructeur, qui travaillait en 1593 aux fortifications de Casale Monferrato. — BStor. 1902 et 1911. [C. T.]
CALLIVER. Voir LlVER.
CALLONI, anciennement CALLONE. Famille de Pambio. Armoiries : coupé mi-parti : au premier d'azur à un soleil d'or ; au 2e d'or à une aigle de sable au vol abaissé ; au 3e d'azur à un château d'argent, ouvert du champ, surmonté d'un coq de sable et accosté de deux fleurs de lys d'or. — Silvio, * 1851 à Pazzallo, professeur au lycée cantonal de Lugano. A écrit : Anomalies de la fleur du Rumex scrutatus ; Il ripopolamento dei nostri laghi ticinesi ; La fauna nivale ; I tardigradi
CALMBERG
CALVEN (BATAILLE DE)
nivali (couronné par V Istituto lombardo di Scienze e letteré). — En 1598 Tullio Solari de Carona était aussi appelé de Callone. Voir Solari Tullio. — AHS 1914.
— Corti : Famiglie palrizie Ticinesi. — DSC. [C. T.] CA LMB ERG, Adolf, * 21 avril 1837 à Lauterbach
(Hesse), f 26 mai 1887 à Kusnacht (Zurich) ; il fut appelé en 1867 par le gouvernement zuricois pour enseigner la langue et la littérature allemandes à l'école normale de Kusnacht. Dramaturge connu, il publia aussi un cours de rhétorique, stylistique et poétique. — Voir Franz Brummer : Lexikon der deutschen Dichler u. Prosaisten I, 403. — 0. Hunziker : Bilder zut neueren Geschichte der Schweiz. Volksschule, p. 99. [D. F.]
CALMET, Augustin, * 1672 àMesnil la Horgne près de Commercy en Lorraine, il devint bénédictin en 1688 et fut l'un des plus célèbres exégètes du XVIIIe s. et historien réputé. Il fit en 1748 un voyage en Suisse au sujet duquel parut en 1756 à Einsiedeln son Diarium Helveticum. f 25 octobre 1757 abbé de Senones. [R-r.l
CALMONA, Antonio. Envoyé espagnol aux Grisons ; après avoir déjà proposé en 1578 une alliance avec l'Espagne, il conclut le 19 décembre 1584 avec la Diète assemblée un accord en dix articles et chercha à le faire suivre d'une alliance. Il demandait la suppression ou la transformation de l'école de Sondrio et le renvoi des réfugiés religieux italiens. Jean Grangier, l'ambassadeur français, était précisément absent, mais Henri Glausse de Fleury, envoyé français près la Confédération accourut et empêcha juste à temps l'alliance espagnole. — Voir F. Sprecher : Gesch. der bùndnerischen Kriege und Unruhen I, p. 40. |L. J.]
CALONDER. Famille de Trins (Grisons). — Félix, * 7 déc. 1863 à Schuls, fit ses études au collège cantonal de Goire, puis aux universités de Berne, Zurich, Munich et Paris. Il fut d'abord greffier du tribunal cantonal, puis avocat à Coire. Membre du Grand Conseil 1891, président 1896 et 1899 ; chef du parti radical, conseiller aux États 1899-1913, président de ce conseil 1912 ; conseiller fédéral 1913-1919 ; président de la Confédération 1918 ; Dr jur. hon. causa de l'université de Genève. Après sa retraite du Conseil fédéral, il fut nommé par la Société des Nations membre de la Commission pour les îles Alana et ensuite, en 1921, président-arbitre de la commission germano- polonaise pour le partage de la Haute-Silésie. [L. J.]
CALONICO (C. Tessin, D. Léventine. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes du nom : Callonego, 1227 ; Callonico, 1300 ; Canonico. L'église de Saint- Martin est déjà mentionnée au XIIIe s. Calonico faisait primitivement partie de la paroisse et de la vicinanza de Chiggiogna et il en était encore ainsi à l'époque de saint Charles Borromée. En 1834, le village eut beaucoup à souffrir des ouragans du 27 août. Population : 1567, 40 ménages ; 1870, 132 hab. ; 1900, 81 ; 1910, 63 ; 1920, 50. Registres de baptêmes et de décès dès 1713, de mariages dès 1714. — Meyer : Blenio u. Leventina.
— D'Alessandri : Atti di S. Carlo. [C. Trbzzini.] CALPINI. Famille valaisanne originaire de Vanzone (Piémont). — 1. Jacques, * 9 janvier 1780, s'établit à Sion en 1797 ; bourgeois 1814 ; f 1858. — 2. Jacques, fils du n° 1, 1804-1870, vice-président de Sion. Le 18 mai 1844, il reçut, comme capitaine, la mission d'arrêter les troupes du Haut- Valais qui entraient à Sion, mais au moment d'ouvrir le feu un contre ordre le contraignit à rentrer en caserne. — 3. Jean- Baptiste, fils du n° 2, 1831-1884, journaliste, un des fondateurs du Confédéré, qu'il rédigea pendant plusieurs années. Il y mena une vive campagne contre le conseiller d'État A. Allet, et contre les jeux de Saxon dont il contribua à hâter la fermeture. Député au Grand Conseil 1869-1873. Dans la suite, correspondant du Journal de Genève et de la Gazette de Lausanne. [Courten.]
CALPIOGNA (C. Tessin, D. Léventine. V. DGS). Com. et paroisse. Au moyen âge, Calpiogna appartenait à la vicinanza de Faido et à la paroisse de Faido- Mairengo. En 1577, il possédait déjà une chapelle de Sant'Eutichio. En 1665 la chapelle fut réédifiée et dédiée à saint Athanase. En 1651 on édifia à Primadengo la chapelle de Saint-Antoine de Padoue. Au commencement du XIXe s., il comprenait encore
Campello, qui s'en sépara ecclésiastiquemenl vers 1837 et civilement en 1853 pour former une paroisse et une commune autonomes. Population . 1567, 37 ménages (dont 7 à Primadengo) ; 1870, 260 hab. ; 1900, 147 ; 1910, 160 ; 1920, 125. Registres de baptêmes dès 1670, de mariages et de décès dès 1671. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. — Meyer : Blenio u. Leventina. ]C. T ]
CALPRINO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. En 1817, on y découvrit plus de 400 monnaies romaines, objets en fer, vases, lanternes, médailles, bagues, squelettes. Calprino fait partie de la paroisse de San Pietro Pambio. Population : 1870, 265 hab. ; 1900, 791 ; 1910, 1320 ; 1920, 1318. — BStor. 1882. — Baroffio : Mem. Stovichc. rp t 1
CALÙORI (CALURI, CHALURI). Famille de Rhâzuns et de Bonaduz (Grisons). — S. J. Caluri, peintre, du milieu du XVIIe s. Nous lui devons les peintures de l'église de Saint-Paul à Rhâzuns. — Voir SKL. — Rahn : Kunst- und Wanderstudien, p. 296. [C. Jecklin.]
CALVEN (BATAILLE DE) (22 mai 1499). Lors des expéditions militaires de l'Autriche pendant la guerre de Souabe, les Grisons eurent à soutenir les principales attaques. Trois points se prêtaient particulièrement à des invasions : le Luziensteig, dans la direction de Maienfeld-Coire ; Nauders-Martinsbruck, dans celle de la Basse-Engadine et l'ouverture du Munstertal, en avant du col de l'Ofenberg. La partie inférieure du Munstertal, qui renferme le grand village autrichien de Taufers (actuellement à l'Italie) est, environ 4 km. plus bas, séparée du Vintschgau (Mals-Glurns) par un défilé étroit, la gorge de Calven (en romanche Chalavaina). Sous le commandement de Habsberg, les Autrichiens y avaient construit des fortifications munies de remparts et de tours, qui, des deux côtés du Rambach, s'étendaient d'un versant de la montagne à l'autre. Au commencement de mai 1499, Habsberg se mit de là en marche sur Zernez après avoir franchi l'Ofenberg ; toutefois, il fut contraint par l'avant-garde des troupes grisonnes de battre en retraite sur ses retranchements après un combat au Champ long. A Pentecôte, la troupe grisonne passa l'Ofenberg pour s'emparer de la position fortifiée et en chasser l'ennemi avant que l'empereur, dont on attendait prochainement l'arrivée, n'attaquât, avec des troupes plus fortes. Le soir du 21 mai, on décida, dans le conseil de guerre grison à Munster, de franchir, avec une partie des troupes, le Schlingenberg (côté gauche de la vallée) pour prendre l'ennemi à revers. Aussitôt cette colonne arrivée, elle devait donner un signal au moyen d'un feu et le gros des troupes attaquerait les fortifications par devant. La colonne se mit en marche dans la nuit, et vers le matin arriva à dos des Autrichiens, dans leur position la plus forte, grâce à l'insouciance et au manque de cohésion des troupes ennemies. Le signal fut donné par l'incendie d'une écurie. Le gros des troupes grisonnes hésita toutefois à attaquer, à la suite de dissentiments entre les chefs qui considéraient les remparts comme imprenables. Enfin on avança, en trois colonnes d'attaque et fit l'assaut des fortifications ; comme renfort, il y avait quelques canons fournis par le comte Trivulce. Cependant, l'artillerie des Autrichiens étant beaucoup plus forte causa de grandes pertes. Entre autres, le commandant des troupes grisonnes, Bénédict de Fontana, y trouva la mort et, quoique mourant, exhorta encore ses compatriotes à combattre. A la suite d'une attaque sur son flanc gauche, où les remparts furent tournés, l'ennemi, pris par devant et par derrière, commença à perdre pied. La position fut prise et les Autrichiens s'enfuirent en désordre par le Vintschgau dans la direction de Meran. Les vainqueurs se vengèrent atrocement des incursions précédentes des ennemis : tous les villages jusqu'à Schlanders furent réduits en cendres, tous les hommes âgés de plus de 12 ans mis à mort. L'armée autrichienne, forte de 12 à 13 000 hommes, en perdit plusieurs milliers ; les troupes grisonnes, qui comptaient environ 8000 hommes, n'en perdirent pas plus de 300, à ce qu'on dit. Par la bataille de Calven (nommée à tort anciennement bataille de la Malserheide), tout danger immédiat pour les Grisons fut écarté pour le moment ; il est vrai qu'elle n'empêcha pas une armée impériale.
GALVI
CALVIN
sous le commandement de Sonnenberg, de faire dans l'Engadine, quinze jours plus tard, comme représailles, une expédition qui ne rapporta d'ailleurs ni succès ni gloire.
Pour commémorer cette glorieuse bataille, qui fut décisive et que les Grisons gagnèrent sans l'aide de leurs alliés de la Confédération, le canton des Grisons célébra le 28 et le 29 mai 1899 à Coire la belle fête de Calven, en même temps qu'il commémorait l'entrée des Grisons dans la Confédération renouvelée. Une pièce, composée par M. Bùhler et G. Luck avec musique d'O. Barblan, fut jouée par près de 1500 personnes, devant un auditoire venu des vallées même les plus éloignées. Outre la grande fête de Coire, on en célébra d'autres plus ou moins importantes dans plusieurs vallées du canton : à Zuoz, à Sainte-Marie dans le Munstertal, à Roveredo, à Ardez-Fetan, à Poschiavo, à Savognino, au Bregaglia et à Disentis. — ■ Voir M. Caviezel : Die Calvenschlacht. — C. und F. Jecklin : Festschrift zur Calvenfeier . — R. Planta : Auszuge mis dem Mailànder Staatsarchiv. — Th. von Sprecher : Kriegsgeschichtliches aus dem Tirolerkrieg 1499. — M. Valèr : Kritische Studien zum Srhwabenkriege, dans Rheinquellen 1895. [C. J.]
CALVI, de Cbiasso, prit part en 1797 à l'escarmouche contre les jacobins de Côme venus à Chiasso pour y planter un arbre de liberté (28 avril). Président du gouvernement provisoire de Mendrisio issu de la contre-révolution de fin avril 1799 et membre du tribunal extraordinaire qui condamna les chefs des patriotes ou briganti. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera Italiana. [C. T.]
CALVIN, Jeau, réformateur, 1509-1564.
1. Jusqu'à son arrivée à Genève (1509-1536). * à Noyon en Picardie, le 10 juillet 1509, fils de Gérard Cauvin et de Jeanne Lefranc. Gérard Cauvin obtint pour son fils des bénéfices qui lui permirent de subvenir
Jean Calvin. D'après une gravure sur bois rie 1581 dans les^icone^de Th. de Bèze.
aux frais de son éducation et de payer sa pension dans la famille noble des Montmor. Le jeune homme vécut à Paris de 14 à 19 ans, chez un oncle et suivit les cours du collège de la Marche (libéral), puis du collège de Mon-
taigu (réactionnaire) et apprit à fond le latin et l'art de la discussion. Se conformant à la volonté paternelle, il fit ensuite de brillantes études de droit à Orléans et à Bourges. Dans cette dernière ville, il apprit le grec avec l'allemand Melchior Volmar. A la mort de Gérard Cauvin (1531) le jeune homme se rendit à Paris pour suivre des études littéraires. En 1532, il publia un commentaire sur la de Clementia de Sénèque. Il passe par une crise de conscience qui achève de le détacher de l'Église romaine et il renonce à ses bénéfices. Il se manifeste ouvertement comme un adepte des doctrines évangéliques. Après le discours du 1er novembre 1533, dans lequel le recteur Nicolas Cop, son ami, avait exposé devant l'Université la doctrine du pardon et du salut gratuit, Calvin fut obligé de se retirer à Angoulême (chez le chanoine du Tillet), puis à Poitiers. Après l'affaire des Placards (violents manifestes contre la messe affichés jusque sur la chambre du roi François Ier), il se réfugia à Bâle. C'est là qu'il écrivit V Institution de la religion chrétienne, exposé magistral de la doctrine protestante (première édition latine, Bâle 1536 ; première édition française, Genève 1541). Dans une préface célèbre, Calvin dédie son livre au roi de France et le supplie de ne pas persécuter la pure doctrine de l'Évangile et ceux qui la professent. L'apparition de l'Institution marque une date capitale dans l'histoire littéraire de la France. Ce premier exposé systématique de la doctrine protestante fut bientôt traduit en anglais, en allemand, en hollandais, en italien et en espagnol. Calvin se reposa de ses fatigues en allant en Italie visiter la duchesse de Ferarre, Renée de France. Après être rentré à Noyon pour régler certaines affaires, il voulut retourner à Bâle. La guerre l'obligea à faire le détour par Genève (fin août 1536).
2. Premier séjour à Genève (1536-1538) . Al'arrivée do Calvin, la messe était supprimée depuis un an à Genève. Farel, qui avait été l'âme de cette révolution, adjura Calvin de l'aider à reconstituer la vie religieuse et morale de la cité, conformément à la parole de Dieu. Calvin fit le sacrifice de la vie paisible et studieuse qu'il ambitionnait, il accepta de devenir l'auxiliaire de Farel et de faire dans l'église de Saint-Pierre des leçons sur les Saintes-Écritures. Bientôt les deux réformateurs présentent au Magistrat une confession de foi que devaient jurer solennellement les citoyens, et un catéchisme pour l'instruction de la jeunesse et du peuple.
Calvin prit part à la dispute de Lausanne, qui eut pour conséquence l'établissement de la Réforme dans le pays de Vaud, et repoussa les attaques du théologien Caroli et des anabaptistes néerlandais. Mais la population se méfiait de la nouvelle règle de foi et de vie à laquelle on voulait la soumettre, parce qu'elle comportait une réforme sérieuse de la moralité publique. Des magistrats hostiles au nouveau régime disciplinaire furent nommés, qui entrèrent en lutte avec Farel et Calvin. Ils prétendirent leur imposer des pratiques cultuelles en usage dans l'Église bernoise. Désireux d'assurer l'indépendance de l'Église sur le terrain religieux, les ministres demandèrent que la question fût soumise à un synode qui devait se réunir à Zurich et déclarèrent qu'ils ne recevraient pas à la Sainte-Cène les gens indignes d'y être admis. Le conflit s'envenima à tel point que les Conseils décrétèrent le renvoi de Farel et de Calvin.
3. A Strasbourg (1538-1541). Les deux réformateurs se rendirent à Berne, puis au synode de Zurich. Une tentative des Bernois de les réconcilier avec Genève ayant échoué, ils se réfugièrent à Bâle, d'où Calvin gagna Strasbourg. Il y fut bientôt nommé professeur de théologie et pasteur des réfugiés français. A plusieurs reprises les autorités de la ville le déléguèrent aux Diètes germaniques où se discutaient les moyens de rétablir l'union des catholiques et des protestants. C'est là qu'il se lia d'amitié avec Melanchthon.
A Strasbourg, Calvin écrivit son Truite de la Sainte- Cène dans lequel il a fait œuvre d'union et cherché à rapprocher les luthériens et les zwingliens. En 1540, il publia le premier de ses remarquables Commentaires, ou explications des Saintes-Écritures. Il organisa l'Église française, lui donna une discipline, et une liturgie
CALVIN
CALVIN
et en fit un modèle pour les églises protestantes qui s'établissaient en France. A Rome on crut que Genève pouvait être aisément reconquise et le cardinal Sadolet, évêque de Carpentras, adressa (mars 1539) au sénat et au peuple de Genève une
En 1555, les calvinistes obtinrent la majorité dans les élections et réprimèrent énergiquement une tentative de soulèvement à main armée de leurs adversaires.
Par le régime politico-religieux qu'il a fait triompher
lettre fort conciliante. Calvin se chargea de répondre ; il le fit dans un des plus brillants opuscules qui soient sortis de sa plume.
C'est à Strasbourg que Calvin se maria ; il épousa la veuve d'un anabaptiste liégeois, Idelette de Bùren, t 1549.