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CALVINISME

CAMENISGH

suivit à Strasbourg, puis à Genève lors de son retour en 1541, reçu bourgeois gratis le 3 août 1546. Il prit part à diverses affaires d'édition, en particulier à l'impression de l'Institution chrétienne en 1559, entra au Conseil des Deux-Cents en 1558 et au Conseil des Soixante en 1569. f 1573. — Jean, fds du précédent, baptisé le 14 janvier 1561, marchand imprimeur ou libraire, membre du Conseil des Deux-Cents en 1590. Blessé d'un coup de coutelas au combat de Châtelaine le 7 juillet 1590, il mourut à Genève le 11 juillet suivant. — Voir Galifîe : Not. gen. III. — France Protestante. — Doumergue : Jean Calvin III, p. 568- 576, 684-686. [P.-E. M.]

CALVINISME. Calvin, éducateur des consciences, organisateur de l'Église réformée presbytérienne-synodale et théologien de la souveraineté de Dieu, a exercé une influence qui s'est étendue au loin. Le calvinisme, plus radical que le luthéranisme, combat la doctrine de la présence réelle du corps de Christ dans la Sainte-Cène, attribue une grande importance à la loi de l'Ancien Testament (lecture du décalogue dans le culte, suppression des images, observation du dimanche). Il donne une place et une influence aux laïques croyants dans l'organisation ecclésiastique. Il insiste (contrairement au luthéranisme et au zwinglianisme) sur la nécessité pour l'Église de posséder une large autonomie dans les affaires spirituelles (définition de la doctrine, interprétation des Ecritures, nomination des pasteurs et professeurs de théologie). Si les autorités politiques sont hostiles, si elles foulent aux pieds les droits de l'Église, le calvinisme préconise la séparation de l'Église et son indépendance complète vis-à-vis du pouvoir politique : il faut qu'elle puisse accomplir librement son œuvre spirituelle. Le calvinisme attribue une très grande importance à la discipline ecclésiastique ; il enseigne l'égalité de tous les hommes devant la loi divine et la loi humaine ; il revendique la division des pouvoirs : du pouvoir spirituel et du pouvoir politique dans l'État chrétien. Il a fortement poussé au développement de l'instruction publique, du commerce et de l'industrie. Calvin a enseigné la légitimité du prêt à intérêt, moyennant certaines garanties, il a même favorisé les arts. Il a surtout revendiqué énergiquement la simplicité, la véracité, la moralité, la justice, l'ordre, dans les affaires publiques et dans la vie privée. Il a été le grand adversaire de la tyrannie politique et religieuse (révolte des Pays-Bas contre l'Espagne, des puritains contre le prélatisme anglican, des protestants de France et d'Ecosse contre la royauté persécutrice). C'est en Angleterre que le calvinisme a manifesté le plus nettement ses tendances politiques : il a été l'inspirateur des Pères pèlerins, fondateurs de la Nouvelle-Angleterre (1620) et ancêtres des fondateurs de la République des États-Unis d'Amérique. Il a eu quelque peine à se dégager des principes de l'intolérance (affaire Servet), mais au XIXe s., avec Alexandre Vinet, il a proclamé hautement la liberté de la manifestation des convictions religieuses comme un des principes fondamentaux du christianisme. Les doctrines calvinistes se sont répandues dans la Suisse allemande après la mort de Zwingli (Consensus Tigurinus, 1549), en Allemagne, en Angleterre, en Ecosse, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Pologne ; dès la seconde moitié du XVIe s. en France du vivant de Calvin. Principales confessions de foi calvinistes : Confessio belgica (1559) ; la Confessio helvetica posterior (de Bullinger, 1566) ; la Confession de la Rochelle (France 1559 et 1571) ; la Confession de Westminster (pays anglosaxons, 1648) ; Canons de Dordrecht (contre les adversaires de la prédestination, 1619). — Voir E. Choisy : L'Etat chrétien calviniste au temps de Th. de Bèze. — E. Doumergue : Jean Calvin. [E. C]

CALZONI. Famille du Val Maggia. — ■ Giovanni * 1697, docteur en théologie, curé d'Aurigeno, 1727 dé finit eur de la première des trois congrégations dans lesquelles le Val Maggia était anciennement divisé. — LLH. [C. T.]

CAMA (G. Grisons, D. Moesa. V. DGS). Com. et paroisse. 1915, découverte d'un cimetière gaulois. La commune comprend les villages de Camavillaggio, Cama al Ponte et Norantola ; elle partagea la desti-

née des autres communes de la vallée de Mesocco. En 1435, Cama obtint un Allmend. Les seigneurs de Norantola, qui y possédaient leur château et descendaient des comtes de Sax, auront certainement exercé certains droits sur cette commune. Au spirituel, Cama constitue une paroisse autonome. Population en 1900, 250 hab. Registres de paroisse dès 1712. [B. P.]

CAMAGNIS, CAMAND.Nom de famille, d'origine italienne, qui apparaît au XVe s. à Saint-Maurice (Valais) et à Ollon (Vaud). — 1. Antoine, bourgeois de Saint-Maurice 1510 ; vassal des de Cavelli pour le fief de Saint-Martin. — 2. Maurice, petit-fils du n° 1, syndic de Saint-Maurice vers 1570. — 3. Nicolas, petitfils du n° 2, * 30 mars 1673, chanoine et abbé de Saint-Maurice ; reconstruisit la partie méridionale du cloître, détruite par le grand incendie de 1693, f 14 février 1715. — 4. Maurice-Joseph, 1717-1774, neveu du n° 3, châtelain pour l'abbé de Saint-Maurice à Vérossaz et à Salvan-Finshauts. La famille s'éteignit avec Charles, son fils, au XVIIIe s. — Arch. locales. — Furrer : Statistique. — Bovard : Hist. de l'abbaye de Saint- Maurice (mns.). [Ta.]

CAMATHIAS. Famille de Laax (Oberland grison). — Florin, curé à Brigels 1896-1917, puis à Andest, écrivain romanche. Ouvrages : Ils Retoromans ; La flur de Ramuosch ; Historias dil munt S. Gieri (ce dernier lui valut le prix de la fondation Schiller 1919) ; Walter de Belmont, etc. [J. Simonet.]

CAMBESSEDÈS. Famille originaire de Vigan (Gard), reçue à l'habitation de Genève en 1755 avec — 1. Gabriel, maître d'école. — 2. Jean-Jacques, 1796- 1858, petit-fils du n° 1, député au Grand Conseil 1847- 1848 et 1854-1856. — 3. Emile, 1826-1891, fils du n° 2, inspecteur général des Écoles primaires 1858, député au Grand Conseil 1858-1862, 1868-1878, et 1880-1882. Conseiller d'État de 1870 à 1881, il dirigea le Département de l'Intérieur et des Cultes pendant la période troublée du Kulturkampf. Conseiller aux États 1873-1876. — 4. Jean-Pierre, 1828-1882, frère du n° 3, directeur de la Maison de détention, député au Grand Conseil de 1858- 1860. — Voir JG 26 janvier 1882, 24 novembre 1891. — Le Genevois, 24 novembre 1891. — Sordet : Dict. des familles genevoises. [Th. F.]

CAMBIAGUE. Famille noble de Crémone, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1559, actuellement éteinte; un rameau éteint à la fin du XVIIIe s. se fixa en Faucigny et y fit reconnaître sa noblesse. Elle posséda la seigneurie du Martheray à Begnins. Armes : d'argent à la pyramide de sable, mouvant de la pointe, accostée de deux tours de même surmontées chacune d'une aiglette couronnée de même. Au XVIIIe s. cette famille eut plusieurs de ses membres qui siégèrent au Conseil des Deux Cents et au Petit Conseil et deux capitaines de garnison : Théodore, tué au combat de Châtelaine en 1590 at son frère Marc, * 1576, tué à l'Escalade en 1602. — VoirGaliffe : Not. gren. 111,113. — Armoriai genevois. — Galiffe : Le Refuge italien de Genève. — Louis Dufour : Les défenseurs de Genève à l'Escalade, p. 26 dans MDG VII, 1902. — Foras : Armoriai de Savoie I, p. 298. [H. Da.]

CAMBREY, Jean-Jacques. Sieur de Soulangy, envoyé français aux Grisons, de juin 1558 à juillet 1560. Il devait calmer les Grisons, qui réclamaient entre autres des arriérés de soldes. Il leur annonça qu'ils étaient compris dans la paix de Cateau Cambrésis. Sa tentative d'améliorer le service postal aux Grisons échoua devant l'opposition des communes. Le poste d'envoyé resta vacant après lui jusqu'en 1564. — Voir E. Rott : Rep. dipl. I et II. — C. Jecklin : Die ersten Biindnisse der III Bande mit Frankreich, dans JHGG 1921. [L.J.]

CAMEDO (C. Tessin, D. Locarno, Com. Borgnone. V. DGS). Hameau déjà mentionné vers la fin du XVe s.; il semble avoir formé en 1596 une decania de la vicinanza de Centovalli. — Monitore ecolesiastica di Lugano 1921. [C. T.]

CAMENISCH (Ca Men = maison de Domenicus). Famille des Grisons, reçue bourgeoise à Sarn(HeinzenberR). Il existe une branche catholique à Rhàzuns, Schleuis, Surrhein et Truns (Oberland), autrefois aussi

3!të

GAMENZIND

GAMINADA

à Brigels et Obersaxen. La famille de Sarn est intimement alliée avec celle de Heinzenberg. — 1. Thomas, * 1588, secrétaire et président du Cumin da Muntogna. — 2. Thomas, petit- fils du n° 1, * 1666, trésorier, président 1703, landammann 1711, passe pour le fondateur de la richesse et de la considération de la famille. Ses •deux fils : - — 3 et 4. Johann, landammann, et Anton, landammann, apparaissent en 1747 comme les plus riches habitants d 'Heinzenberg. Anton fut podestat de Plurs 1757-1759 ; principal promoteur de la construction de la tour de l'église de Sarn 1755-1756 et fondateur du fonds scolaire de Sarn, f H juin 1772. — 5. Georg, fils du n° 4, * 1750, plusieurs fois landammann de la juridiction de Heinzenberg depuis 1772. Lors des luttes contre les Français, en 1799, il fut déporté, en sa qualité de francophile avec 90 notables grisons, à Innsbruck, puis à Graz. Il rentra dans sa patrie en 1801 ; f 1814. — 6. Anton, fils du n° 5, lieutenant en Hollande, conduisit en 1797 dans le combat de Reichenau les hommes de la juridiction de Heinzenberg. — 7. Johann Anton, fils cadet du n° 5, landammann,

f22 févr. 1858. — 8. Nina, femme de lettres, fille du n° 7, 1826-1891, connue par ses recueils de poésies : Gesch. und Sagen aus Alt Fry Hhàtien et Blumen der Heimat. — Voir B. Hartmann : Die Gedichte eines Biindner Landmâdchens . — Schweiz.

Frauenheim 1912, n° 48.

— Biindner Kalender 1914.

— 9. Georg, fils du n° 7, auteur d'une chronique de famille et d'une Gesch.

des Heinzenbergs (Fragment). — 10. Anton, fils du n° 7, 1836-1911, colonel, passait pour une autorité en matière d'agriculture et fut souvent expert cantonal et fédé-

de bétail. — Voir Volkswirt- H.Thomas-Johann-

Nina GameDisch.

D'après une photographie.

rai dans les concours schaftliches Blatt 1911, n° 24 Anton, petit-fils du n° 7, député au Grand Conseil et président du Cercle de Thusis. — 12. Emil, frère du n° 11, pasteur à Valendas et à Sagens, auteur d'une histoire de la Réformation dans les Grisons. — Voir Familienchronik. — De la, branche catholique descendent : — 1. Chrisita n, curé à Obersaxen 1749-1789, camérier du chapitre, vicaire épiscopal de de la Gruob. — 2. Joseph-Maria, de Medels et Surrhein, curé à Surrhein. 1832-1847, fonda une imprimerie d'où sortirent quantité d'ouvrages en romanche, construisit un presbytère et introduisit la broderie à Surrhein comme occupation d'hiver, f 1847. — 3. Balthasar, de Rhàzuns, * 1818, curé à Laax 1847-1851, Trimmis 1851-1855, Rhâzuns 1859-1891, camérier du chapitre 1862, chanoine 1868 ; f 1892. — Voir J. Simonet : Die kathol. Weltgeistlichen. [J. Simonet.]

r CAMENZIND ( KAMBENZ INDE , KAMEN- Z I NT ) . Une des plus vieilles et, aujourd'hui encore, la plus nombreuse famille de Gersau (Schwyz), mentionnée dès 1345. Depuis environ deux cents ans la famille est également représentée dans la vallée d'Urseren, et depuis 1808 à Lucerne. Les diverses branches de Gersau ont des armoiries différentes :

ainsi la branche dite Herrenlinie porte d'azur à une arbalète d'argent, accostée à dextre d'une croix du même, à senestre d'une étoile d'or ; la branche dite Forstlinie porte de sinople à une marque de maison d'or en forme de croix ; une troisième branche porte d'azur à un oiseau de sable surmontant une étoile d'argent à huit rais (variante). Plusieurs membres de la famille ont exercé des fonctions dans l'Église ou dans l'État. — 1. Joseph- Maria, vicaire, 1816-1863, a laissé des manuscrits trai-

tant de l'histoire de Gersau. — 2. Damian, 1828-1912, préfet 1854, ammann de district, puis membre du Grand Conseil 1856, conseiller d'État 1858-1872, landammann 1868, juge cantonal 1892. Il a publié plusieurs petits ouvrages sur l'histoire locale, entre autres une histoire de la République de Gersau. — 3. Joseph-Maria, 1828- 1906, maître d'école à Gersau, secrétaire d'État 1863- 1884, ammann de district 1884-1888, membre du Grand Conseil du canton 1884-1904, juge cantonal 1892-1914. — 4. Joseph-Maria, fils du n° 3, * 1863, secrétaire d'État 1884-1912, conseiller d'État et chef du Département de l'Instruction publique depuis 1912, landamman 1920. — Voir C. Benziger : Wappen der alten Republik Gersau... dans AHS, 1920. — Renseignements de M. le conseiller d'État J.-M. Camenzind à Gersau. [R-r.]

CAMIGNOLO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. et paroisse du décanat de Bironico. Anciennes formes du nom : Camigiollo 1296 ; Gamiolo 1484. En 1205 il reçut de Henri Rusca des forêts avec la charge d'entretenir l'église de Saint-Martin à Bironico et de Saint-Léonard à Robasacco ; cette obligation disparut en 1809. La cathédrale de Côme y possédait des biens. Les Rusca y bâtirent, au commencement du XVe s., le château deSant' Ambrogio, peut-être sur l'empacement d'un édifice plus ancien ; il appartenait au système de défense du Vedeggio et fut détruit par les Suisses vers 1518. Dans la première moitié du XVe s., Camignolo était une commune et fournissait 12 soldats au duc de Milan. En 1484 il fut ravagé par la peste. Au spirituel, Camignolo fit partie de la paroisse de Bironico jusqu'en 1670 ; il en fut séparé à cette époque pour être constitué en sous-paroisse autonome. L'église paroissiale de Saint-Pierre existait déjà en 1580 ; elle fut transformée en 1668 et restaurée en 1787. La chapelle de Saint-Ambroise, qui a été déclarée monument historique, est très ancienne et fut restaurée en 1719. On y a découvert d'anciennes fresques, probablement du XVe s. (septembre 1922). La chapelle de Notre-Dame de Lourdes fut bâtie en 1916. Population: 1591, 56 ménages; 1845, 270 hab.; 1900, 238; 1910, 233; 1920, 272. Registres de paroisse dès 1671. — BStor. 1884, 1890 et 1904. — Maspoli : La pieve d'Agno. — Simona : Note di arte antica. — Baroffio : Memorie storiche. — . Stuckelberg : Cicérone im Tessin. [C. Trezzini.]

CAMINADA, de. Vieille famille de ministériaux des Grisons, originaire probablement de POberhalbstein, puis répandue dans différentes localités, ainsi dans le Domleschg, dans le Heinzenberg (branche protest.), dans l'Oberland, dans le Lugnez en 1393, à Vrin, Lumbrein, Obersaxen, plus tard à Milan, en France, etc. Une ferme de Vrin porte encore le nom de Caminada. Armoiries : de gueules à un agneau d'argent. Le chevalier Egeno et ses fils Johannes et Nicolaus sont mentionnés en 1271 Six membres de la famille revêtirent la charge de bailli de l'Oberhalbstein. — 1. Nutin, avocat et juré 1472- 1489, porte-drapeau à la bataille de Calven 1499. —

2. Johann, il Prus, dernier ministérial de l'évêque à l'époque du rachat du bailliage épiscopal en 1559. —

3. Donat, de Mons, curé à Panix 1705, Seth 1708-1719, Truns 1719-1727, Ladir 1728-1748, vicaire épiscopal. Auteur d'une biographie en romanche de saint Zenon. f 1752. — 4 Martin, * 1833 à Savognin, maître à l'école cantonale de Coire 1866-1872, directeur du séminaire 1872. Auteur de manuels d'enseignement. — Jahresb. des Bûnd. Lehrervcreins 1914. — 5. Christian, de Vrin, * 1876, curé à Dardin 1901, Obersaxen 1905-1912, Truns 1912-1919, chanoine de Coire 1919. A publié : Die Biindner Glocken ; Die Biindner Friedhôfe, et deux volumes de la Rntorom. Chrestomathie.

Une branche de Vrin fixée à Milan a donné : — 6. Pietro, ingénieur, f à Rome le 20 janvier 1923. Il séjourna pendant de nombreuses années au Brésil, où il fit de Rio de Janeiro une ville moderne. Il est l'auteur d'un projet de transformation de la ville de Rome, et d'un autre, destiné à rendre navigables tous les fleuves de l'Europe, y compris ceux des Alpes, au moyen de canaux et d'écluses. A publié : L'avvenire délia navigazione interna .. — Voir Cod. dipl. I, VI. — Rctorom. Chrestomathie V, p. 163. — P. N. von Salis-Soglio : Bergeller Vasallengeschlecliter. [Ch. C, J. Simonet et M.S.J

CAMINOT

CAMPELL

CAMINOT. Famille des Grisons. Voir Cominot. CAMISARDS DANS LA SUISSE ROMANDE

(LES). Les Camisards sont les protestants Cévenols qui, dans les premières années du XVIIIe s., après avoir subi des persécutions sans nom, entrèrent en lutte armée contre les hommes de guerre de Louis XIV et les tinrent en échec pendant plusieurs années. Quelques-uns se décidèrent à gagner le Pays de Vaud et d'autres parties de la Suisse réformée.

En août 1704, Jean Cavalier, l'un des plus célèbres chefs camisards, après avoir accepté des offres du maréchal de Villars, s'il faisait sa soumission, revint en arrière et parvint à passer avec quelques amis dans le Porrentruy, puis à Lausanne. Son séjour au Pays de Vaud ne dura que trois semaines, il gagna de là le Piémont. En automne de la même année, une expédition qui devait partir de Nyon pour se rendre à Montmélian en Savoie, assiégée par les Français, échoua grâce aux agissements des représentants de la France. Mais le mouvement changea de caractère. Des gens sans aveu, attirés par l'espoir du butin, s'affilièrent aux Camisards qui eurent le tort de faire cause commune avec eux. Le goût des aventures les lança dans des entreprises qui étaient de vrais actes de brigandage. Aussi les sentiments de Berne à leur égard se modifièrent profondément et le nom de Camisard fut parfois confondu alors par LL. EE. avec celui de voleurs de grands chemins. Tel des chefs camisards (Lasalle) fut l'objet d'un procès criminel et décapité à Berne en septembre 1706.

— Voir J. Cart : Un chef camisard à Lausanne en 1704, dans RHV 1906. — B. de Cérenville : Camisards et partisans dans le pays de Vaud, 1703-1707, dans BU 1910.

— A. Piaget : Les Camisards à Cortaillod et à Lausanne, dans MN 1902. — K. Geiser : Eine bern. Seerâubergesch. a. d. Jahre 1706, dans Sonnlagsbl. d. Bund 1892, n08 25- 28. — Voir art. Blanchet. [G.-A.B.]

CAMISIO, Anton de. Religieux lombard désigné par la curie à l'administration du couvent de Disentis après le décès ou la déposition de l'abbé d'alors (nommé Burkhard II par la tradition ?) vers 1248. Son administration paraît avoir été très mauvaise ; il est établi qu'il dissipa les biens conventuels et employa des sommes à son usage personnel. Sur la plainte des religieux, il fut relevé de ses fonctions et un nouvel abbé lui succéda probablement dès le printemps 1252. Heinrich I von Werdenberg-Camisio demeura administrateur des biens du chapitre dans les diocèses de Milan et Côme. A son départ de Disentis, il fut chanoine de Brebbia près de Varese. Il travaillait encore à Rome en 1285 en faveur de Disentis. — Voir Robert Hoppeler : Studien zur Gesch. des Stiftes Disentis im Mlttelalter. — A. Schumacher : Album Disertinense. — v. Mohr : Regesten. — Eichhorn: Episcopatus Curiensis. [P. N. C]

CAMOGASC. Voir Campovasto.

CAMOLETTI. Famille originaire de Bucioletto, province de Novare, fixée à Genève dès la fin du XVIIIe s., reçue à la bourgeoisie en 1829 avec Jean- Marie. — 1. John, 1848-1894, petit-fils du précédent, architecte de talent. Travaux principaux : Casernes de Plainpalais, Victoria-Hall, aménagement du parc Rotschild à Pregny, nouvelle Poste. C'est lui aussi qui fut l'auteur de l'avant-projet de plan général pour l'Exposition nationale suisse de 1896. — 2. Marc, * 1857, frère du précédent, fut tout d'abord son collaborateur. Il construisit plus tard le Musée d'Art et d'Histoire à Genève. — 3. Alexandre, * 1873, cousin des précédents, lauréat de divers concours pour la construction de bâtiments publics importants. — Voir SKL. [Th. F.]

CAMORINO (C. Tessin, D. Bellinzone. V. DGS). Com. mentionnée en 1237 ; l'église collégiale de Bellinzone y avait des biens. La chapelle de Saint-Martin, qui dépendait du chapitre de Bellinzone, est citée en 1285. En 1583, Camorino fut séparé de Bellinzone et érigé en paroisse autonome. L'église actuelle remonte à 1558 et a été complètement restaurée en 1888. Population : 1698, 211 hab. ; 1765, 300 ; 1845, 315 ; 1900, 405 ; 1910, 491 ; 1920, 539. Registres de baptêmes dès 1673, de mariages dès 1752, de décès dès 1710

— BStor. 1885 et 1909. — Simona : Note d'arle

antica. — Borrani : Bellinzona, la sva chiesa e i suoi arcipreli. [C. Trezzini.]

CAMOSSI. Famille éteinte d'Airolo. — 1. Gian- Antonio, lieutenant du bailli uranais, président du gouvernement provisoire de la Léventine 1798 et 1800, président du Conseil de guerre de la Léventine 1799. A la tête des habitants d'Airolo il désarma le contingent tessinois envoyé de l'autre côté du Gothard pour protéger la République helvétique, 27 avril 1799, et s'empara des bagages du général Lecourbe, 28-29 avril. Cantù affirme, à tort, que Camossi aurait pris part à la révolution de Lugano et à l'assassinat de l'abbé Vanelli et des autres patriotes. Lors de la déclaration de guerre de la Léventine à la France, 1er mai 1799, Camossi fut envoyé à Côme et à Milan pour solliciter l'aide de l'Autriche. Président de la commission chargée de liquider les comptes militaires de la Léventine 1799 ; député au Grand Conseil 1803-1808. — 2. Giuseppe-Antonio, fils du n° 1, 1780-1860, à Airolo ; un des deux commandants du contingent do la Léventine envoyé au secours de Berne ; 1799 commandant des Léventinais à Wassen, Hospental et sur le Gothard. C'est lui qui donna aux Uranais le conseil de détruire le pont du Diable pour arrêter la marche des Français. — 3. Carlo-Fran- CESCO, neveu du n° 1, 1781-1834, à Airolo, avocat. Député au Grand Conseil 1808-1813, 1815-1834, juge au Tribunal cantonal 1814, conseiller d'État 1818-1830. — 4. Luigi, fils du n° 1, 1784-1859 à Airolo, avocat, juge au tribunal cantonal. Député au Grand Conseil 1813-1815, 1839-1844, à la Diète 1830, 1831. —Voir P. A. Cattaneo : / Leponti. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italiana. — Baroffio : Dell' Invasione francese. — Baroffio : Storia del c. Ticino. — Cantù : Storia... di Como. — BStor. 1890, 1921. — ASUR. [C. Trezzini.]

CAMP. Famille originaire de Cologne, admise à la bourgeoisie genevoise en 1667, éteinte à la troisième génération. Armes : d'azur à deux fasces d'or, accompagnées de fleurs de lys de même 5, 4, 3. — Voir Galifl'e : Not. gen. III, 116. — Armoriai genevois. [H. Da.]

CAMPAGNE, Charles-Jos. de. *à Berlin 25 sept. 1751 d'une famille du Béarn, réfugiée en Prusse pour cause de religion. Il servit dans l'armée prussienne jusqu'en 1783, se rattacha au groupement de chrétiens piétistes et mystiques. Dès 1814, il se fixa en Suisse, à Bussenhausen (Zurich), et fut dès lors un centre pour les « nouveaux croyants » issus du mouvement piétisto de Spéner et Jacques Bœhme. f 28 janvier 1833. — Voir Chrétien évangélique 1884, p. 557. — Evangel. Wochenblatt, 27 mars et 3 avril 1884. [G.-A. B.J

CAMPAGNOLA, Jacques, f 1571, élu membre du Conseil des Deux Cents 8 jours avant d'être reçu bourgeois de Genève, le 12 février 1565, était originaire de Saint-Paul près de Vérone. — Alexandre, son petit-fils, fut le premier à pénétrer dans le fort de Versoix pendant la guerre de 1589. — Voir Galiffe et Gautier : Armoriai. — Sordet : Dict. des farn. gen. [C. R.]

CAMPANA. Famille du Luganais déjà mentionnée en 1496. — Emilio, * à Signora en 1874. Prêtre et docteur en théologie 1897, professeur au petit séminaire de Pollegio ; dès 1898 professeur de théologie au séminaire de Lugano, sauf deux interruptions en 1916 et en 1919-1921. D'abord sous-délégué épiscopal, puis promoteur fiscal de l'évêché jusqu'en 1916. Dès 1914 chanoine de la cathédrale de Lugano. Auteur de Maria nel dogma. [C. T.]

CAMPANELLA, Simone. Voir Albrici.

CAMPART. Famille vaudoise, originaire d'Autretot en Normandie, fixée en Suisse dès 1747, notamment à Lausanne, où elle a donné des industriels, un pasteur, des médecins, etc. [M. R.]

CAMPATSCH. Voir Samnaun.

CAMPELL (C. Grisons, Cercle Domleschg, Com. Sils. V. DGS). Ruine d'un château appelée Campî en romanche, berceau de la famille encore vivante du même nom. Du latin campellus — préau. Il fut' détruit dans la première moitié du XIVe s., lors d'une guerre des Campell contre les Rhâzuns ; rebâti, il passa ensuite à diverses familles, les Schauenstein-Ehrenfels, Rink von Baldenslein, von Jecklin, von Rosenrollet von Salis. Il était encore habité à la fin du XVIIe s. [A. M.]

CAMPELL

CAMPI CANINI

CAMPELL. Vieille famille de la Basse-Engadine l'une des plus anciennes familles nobles de la Ligue de la Maison-Dieu. Elle habitait au moyen âge le château de Campell, à l'issue du Schyn. Les seigneurs de Rhàzuns le détruisirent dans la première moitié du XIVe s. et obligèrent ses possesseurs à émigrer en Engadine. Egeno possédait en 1290- 1298 des terres à Portein et à Alune.

Gaudentz est cité comme ancien ammann de Stallen en 1499. Au moment de la Réformation, la famille était fixée depuis quatre générations déjà dans l'Engadine, à Lavin, puis Sus. Armoiries : d'or à la flèche de sable à pointe d'argent posée en barre. — 1. Ulrich (en romanche Durisch), * vers 1510 à Sus. Il se rallia tôt déjà à la Réforme, fit des chansons religieuses contre le pape et le catholicisme. On ne sait rien de sa jeunesse. Sa femme, Verena Hug, mit au monde le jour de l'Ascension 1537, une petite fille que son grand-père baptisa d'urgence lui-même, vu son extrême faiblesse. 11 en résulta une vive excitation, qui aboutit au colloque religieux de Sus, 29 décembre 1537- 4 janvier 1538. Campell y participa. Vers 1548 ou 1549, il était pasteur à Klosters d'où il fut appelé à Sus en 1550. Il introduisit la Réforme à Zernez 1553 et prêcha à Zuoz avec l'assentiment de sa paroisse. Le prêche avait lieu chaque semaine à Madulein et Camogask, tous les 15 jours à Sus, parfois aussi à la chapelle Saint-Georges et à celle de la maison des indigents près de Scanfs. Campell revint à Sus au printemps 1556 et fut appelé à Coire en 1570. Il traduisit les psaumes en romanche en 1550 et fit un catéchisme en cette langue. Il fit exécuter à Sus en 1554 sa traduction de Judith et Holopherne et en 1564 un autre drame sur la vie de Joseph. En 1562 il imprima à ses frais les psaumes, des chants religieux et le catéchisme. Il combattit en 1565 l'alliance avec l'Espagne. Malgré son peu de connaissances de l'allemand, il devint en 1571 pasteur à l'église Régula de Coire. La situation politique de cette ville finit par le lasser. Les deux pasteurs de Coire étaient accusés d'avoir provoqué la sentence de mort contre Johann von Planta, ce qui était d'autant moins vraisemblable pour Campell que sa sœur Benvenuta avait épousé un frère de Planta. On haïssait en divers lieux les pasteurs à cause de leur hostilité contre l'alliance française et les levées de mercenaires pour la France depuis la Saint- Barthélémy. Campell démissionna en 1573 et reprit en 1574 la cure abandonnée de Schleins où il demeura jusqu'à sa mort survenue en 1582. Il reçut en 1577 l'ordre d'introduire la Réforme à Bergiin ; il y prêcha dans les maisons et les écuries, mais dut partir àlasuile de poursuites et de calomnies. Sorti du courant, politique, il publia en 1582 un écrit contre le renouvellement de l'alliance française, ce qui provoqua une plainte de l'ambassadeur français à Soleure. Il termina à Schleins son grand ouvrage historique, entrepris à Coire à l'instigation de Simler, en 2 volumes : Rhaetiaedlpestris Topograftca Descriptio et Historia Rhaetica. II y joignit un Generalis appendix quae est..., aperçu d'histoire naturelle das Grisons, un De hominibus Rhaeticis generalis appendix quarto,. Il présenta son œuvre complète à la Diète de 1582 qui en témoigna sa reconnaissance à l'auteur: on ne pouvait songer à l'impression. — Voir Ulrich Campell, zwei Bûcher ràtischer Geschichte, version allemande de Conradin von Mohr 1851.— QSG VII, VIII, IX. — F. Schiess : Dritter und vierter Anhang zur Topographie von Campell. — Bullingers Korrespondenz mil den Bûndnern, dans QSG. — E. Camenisch : Bu initier Reformatio7isgeschichte. — 2. Richard, de Sus,

* 9 novembre 1865, fonda la brasserie de Celerina, collectionna des antiquités en Engadine et aux environs e1 édifia en 1905 le Musée de l'Engadine à Saint-Morit/ sur les plans de l'architecte Hartmann. Les collections passèrent en 1909 à la Société du Musée. — 3. Ulrich,

* 1855, de Sus et Zuoz, instituteur et inspecteur scolaire, collabora à la rédaction des livres scolaires romanches. [T. Semadeni.1

CAMPELLO (C. Tessin, D. Léventine. V. DGS).

Coin, et paroisse. Au moyen âge il faisait partie de la vicinanza de Chiggiogna, plus tard de la commune et paroisse de Calpiogna.Vefs 1837 Campello fut érigé en paroisse et en 1853 en commune autonome. Population : 1870, 244 hab. ; 1900, 141 ; 1910, 115 ; 1920, 102.

— Meyer : Blenio u. Leventina. — Nuova raccolta délie leggi. [C. T.]

CAMPERIO (C. Tessin, D. Blenio, Com. Olivone. V. DGS). Hameau déjà mentionné en 1209. Anciennes formes du nom : Campiri 1209 ; Carnpero 1303 ; Campedo 1466. La chapelle est mentionnée en 1303. Un hospice, annexe de celui de Casaccia, y est mentionné en 1389. En 1476 il portait le nom de monastère des SS. Barnaba et Defendente, et était dirigé par un prieur et plusieurs frères de l'ordre des Humiliés. La vicinanza d'Olivone y exerçait un droit de patronage 1474. L'hospice fut incorporé au grand hôpital de Milan 1478. — BStor. 1881, 1891, 1897, 1898, 1906, 1921.— Meyer : Blenio u. Leventina. [C.T.]

CAMPERIO, Philippe, * 1810 à Lodi en Lombardie, 1 1882 à La Santa, province de Milan, fit des études à la Faculté de droit de Genève. Membre de l'Association du 3 mars à Genève, il était un des partisans de James Fazy lorsqu'éclata la révolution de 1846. 11 s'en sépara peu après et devint un des chefs du groupe indépendant. Naturalisé genevois en 1847, il entrait trois semaines plus tard au Grand Conseil où il resta jusqu'en 1870. Juge à la Cour de cassation en 1848, il est appelé à succéder à Rossi dans la chaire de droit pénal et de droit public de l'Académie de Genève. Quelques années plus tard il est nommé juge au Tribunal fédéral, fonction qu'il occupa jusqu'en 1872. Conseiller d'État 1853-1855, et 1866-1870, conseiller administratif de la ville de Genève 1858-1859; conseiller aux États 1850-1851, 1864-1865, 1869-1870 ; conseiller national 1855-1863 et 1866-1879. Il retourna se fixer en Italie en 1872. — Voir Henry Fazy : Philippe Camperio.

— François Gardy : Cinquante ans de notre vie politique.

— JG 1, 5, 6 avril 1882. — Manzoni : Gli esuli ilaliani nella Svizzera. [Th. Foëx.]

CAMPESTRO (C. Tessin, D. Lugano. V. DGS). Com. qui dans la première moitié du XVe s. devait fournir 21 soldats au duc de Milan. Elle appartient à la paroisse de Tesserete. à laquelle en 1779 elle devait une redevance de 18 lires. Population : 1779, 23 ménages ; 1870, 214 hab. ; 1900, 194 ; 1910, 195 ; 1920, 209.

— BStor. 1880 et 1890. [C. T.] CAMPFER (C. Grisons, D. Maloja, Cercle Ober-

engadin. V. DGS). Hameau possédant son église propre dans les communes de Saint-Moritz et Silvaplana. Le nom : champ de fer, viendrait, selon Faesi : Helvetische Erdbeschreibung IV, de ce que la dureté du sol y interdit toute culture. Au spirituel, Campfer dépend actuellement de la paroisse de Silvaplana. Avant la Réforme, il se rattachait à Saint-Moritz et adopta la nouvelle foi à peu près en même temps que ce dernier. L'église contenait alors une grande et célèbre statue de Saint-Roch, que l'on invoquait en temps de peste. Les communes de Silvaplana et de Saint-Moritz entretiennent une école à Campfer, aux frais de laquelle elles participent chacune pour la moitié. [T. Semadeni.]

CAMPI CAN INI. Ancien nom de la région de Bellinzone. Suivant Grégoire de Tours, les Canini étaient une branche des Lepontii et habitaient la région de Bellinzone. Des habitants, le nom aurait passé à la région. On a discuté longtemps de l'emplacement des Campi Canini. Tschudi, suivi par LL, se basant sur un passage d'Ammien Marcelin et de Sidoine Apollinaire, plaça les Campi Canini près de Coire ; De Moor le* place près de Chiavenna. D'après les documents, il n'y a pas de doute que c'est la région de Bellinzone qui portait ce nom. On ne saurait cependant en préciser l'étendue. Selon Giulini, les Campi Canini s'étendaient dans les vallées de la Léventine, de Blenio et de Riviera jusqu'à Bellinzone. Ce qui est certain, c'est que le monastère des Humiliés de Santa-Maria, près de Pollegio, est toujours dit jusqu'en 1368 in campo canino. En 1274, on parle d'une localité à Giubiasco dite in Campo canino. Nous n'avons pas pu établir quand cette dénomination a cessé d'être employée. — Pometta : Sunto di Sloria

CAMPICHE

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