GAMPO FORMIO (PAIX DE
ticinese. — Pometta : Bellinzona. — P. Angelico Cattaneo : / Leponti. — LL — BStor. 1909. [C. T.]
CAMPICHE, autrefois CAMPUCHO. Famille vaudoise, bourgeoise de Sainte-Croix, existant à Valeyressous-Rances au XIVe s. Elle remonte à Lambert Campucho, vivant au début du XIVe s. A donné : — 1. Pierre, recteur, soit syndic de Baulmes en 1405. — 2. Pierre Campuchoz, dit Lambert, en 1518 prud'homme à Sainte-Croix où sa famille s'était fixéeet fit souche. — 3. David, 1667-1753, tige d'une branche qui se fixa à Genève et y acquit la bourgeoisie ; il y a d'autres branches genevoises : — 4. Victor, * 1783, l'un des fondateurs de la colonie suisse de Chabag (Bessarabie) en 1816. — 5. Gustave, 1809-1870, médecin et géologue distingué, fondateur du musée et de la bibliothèque de Sainte-Croix, préfet de Sainte-Croix 1860-1870. — 6. Charles-Alexandre, * 1845, commerçant à Zurich où il a acquis la bourgeoisie en 1893. — 7. Ami, 1846- 1911, professeur à l'École de Commerce de Mayence, député 1882, président du Grand Conseil vaudois 1891, conseiller national 1889-1891, inspecteur des fabriques 1891-1911. — 8. Raoul, * 1879, archiviste, auteur de publications historiques — Voir Généalogie de la famille (mns.) par R. Campiche. — Bull, des sciences nat., n° 66. — Feuille d'Avis de Sainte-Croix, 1922. [M. R.]
CAMPIONE. Localité italienne formant enclave dans le territoire tessinois. En 835, elle fut donnée par l'archevêque de Milan au monastère de Saint-Ambroise, de cette ville, et forma dès lors et jusqu'en 1797 une république ecclésiastique sous la juridiction du monastère. De tout temps, Campione fut considéré comme faisant partie du val Lugano, et plus tard même du bailliage de ce nom, à la réserve des droits féodaux de Saint-Ambroise. En 1412 et 1477, il était exempté de la douane de Lugano, exemption confirmée par les Suisses en 1513. Au début du XVIe s., les habitants de Campione combattirent aux côtés des Suisses contre les Français occupant le château de Lugano. A l'époque des bailliages, Campione devait payer aux XII cantons pour 1 Y2 soldat en cas de guerre. En 1542, les cantons voulurent exercer à Campione des droits de haute juridiction, mais ils se heurtèrent à l'opposition du gouverneur espagnol de Milan et durent reconnaître la haute et basse justice du monastère de Saint-Ambroise. En 1797, le village fut annexé à la république Cisalpine et occupé définitivement par les Français le 24 mai. Les représentants des cantons réclamèrent contre cette occupation, mais on leur fit comprendre qu'on aurait cédé Campione en échange de Mendrisiotto. La même année éclata un conflit de frontière entre Campione et Arogno, qui ne fut terminé que par la convention internationale de Lugano du 5 octobre 1861. Par la même convention, la pointe de Saint-Martin, sur la rive opposée du lac, qui appartenait à Campione, fut cédée à la Suisse. En 1798, Campione devint le centre des Cisalpins et des patriotes qui attaquèrent Lugano le 15 février. Le 29 mars 1848, Campione demanda inutilement sa réunion au Tessin. Ce village jouit actuellement (1922) d'une situation douanière privilégiée; en outre, il relève de l'Italie pour le service postal, et de la Suisse pour le télégraphe et le téléphone. Campione est le lieu d'origine d'un grand nombre d'artistes qui ne sont connus que sous le nom de de Campione ; ils forment un groupe considérable parmi les fameux maestri comacini du XIIe au XVIIe s. En 1917, un casino pour les jeux de hasard fut ouvert à Campione. Il fut fermé à la suite de l'intervention des autorités suisses. — Voir Cantù : Storia délia città... di Como. — Simona : Artisti Ticinesi. — Frassi : Governo feudale delFabate... di S. Ambrogio di Milano. -- Barofflo : Dell'invasione francese. ■ — Pometta : Corne il Ticino. — Franscini-Peri : Storia délia Svizzera italiana. — SKL. — .4LBK. [C. Trbzzini.]
CAMPO (C. Tessin, D. Blenio. V. DGS). Corn, et paroisse. Ancien nom : Campus de Ghirono 1570. Déjà au XIIe s., Campo appartenait à la vicinanza générale d'Olivone, Campo et Largario. Aujourd'hui, cette vicinanza existe encore et le courant favorable à. la division n'a pas eu de succès jusqu'ici. L'église de Sainte- Agathe est mentionnée en 1225. Le Liber nolitiae Sanc-
lorum Ecclesiae Mediolanensis (XIIIe s.) parle d'une église de Saint-Martin et Saint-llilaire à Campo ; il s'agit probablement de l'église de Ghirone mentionnée sans préciser la localité en 1215. L'église actuelle de Sainte- Agathe et Saint-Maurice a dû prendre la place de l'ancienne. Elle remonte probablement au XVe s. ; les fresques de la fin du XVIe ou du début du XVIIe s., sont vraisemblablement de Tarilli. A la visite de saint Charles Borromée (1567), Campo dépendait, au spirituel, de la paroisse d'Olivone ; mais étant donné la grande distance de l'église paroissiale, l'assistance spirituelle était exercée de fait par le curé de Ghirone. Vers 1620, Campo fut érigé en paroisse autonome — Population : 1567, 20 menaces ; 1870, 186 hab. ; 1900, 102 ; 1910, 89 ; 1920, 89. — BStor. 1894. — Meyer : Blenio u. Leventina. — Rahn : Monumenti. — D'Âlessandri : Atti di S. Carlo. [C. Trezzini.]
CAMPO (C. Tessin, D. Valle Maggia. W.DGS). Corn, et paroisse. Anciennement, il formait avec Cevio, Bignasco et Cavergno la Boana superior, probablement une circonscription administrative spéciale. La vallée de Campo, anciennement dite aussi de Cevio, dut former une seule vicinanza ; ensuite se formèrent les communes de Campo, Cimalmotto et Niva ; ces deux dernières furent à nouveau réunies à Campo dans la première moitié du XIXe s. L'alpage de Cravairola forma l'objet de longs conflits entre Campo et le Val d'Ossola, qui furent réglés définitivement par la convention internationale du 23 septembre 1874 avec l'Italie, à la suite de l'arbitrage de l'ambassadeur des Etats-Unis.
Ecclésiastiquement, Campo dépendit tout d'abord de Locarno et ensuite de Cevio. Il fut constitué en paroisse autonome en 1513, mais dut payer une redevance annuelle à l'église de Cevio jusqu'au rachat en 1756- 1758. Dès sa constitution, la paroisse de Campo embrassa aussi Cimalmotto, Niva et Piano. Cimalmotto et Niva s'en détachèrent pour former deux paroisses autonomes en 1767. De 1677 à 1762 la paroisse fut gouvernée par deux curés et dès 1762 par un seul, qui eut le titre honorifique de prévôt. L'église paroissiale de Saint-Bernard est un agrandissement d'une ancienne chapelle, qui remontait probablement au XIVe s. En 1596, elle possédait des peintures remarquables. Au commencement du XVIIe s., l'église fut agrandie, enrichie de fresques par le peintre Borgnis en 1748 et consacrée en 1761. Population : 1596, 360 hab. (avec Cimalmotto et Niva) ; 1765, 244 (sans les deux villages ?) ; 1900, 291 ; 1910, 269 ; 1920, 253. Registres de baptêmes dès 1636, de mariages et de décès dès 1677. — Voir Bolletino Storico 1894 — Monitore di Lugano 1921. — Pometta : Corne il Ticino. — Monti : Atti'. — Buelti : Note stor. relia. [C. Tur.z7.iNi.]
CAMPOCOLOGIVO (C. Grisons, D. Bernina, Cercle et Com. Brusio. V. DGS). Hameau, dernière localité de la vallée située sur territoire suisse. Dans le voisinage se trouvent les ruines du fort de Piattamale, qui barrait la vallée et qui avait été agrandi et renforcé par Louis Sforza en 1487, après que celui-ci eut été forcé d'abandonner de nouveau Poschiavo aux Grisons. A la conquête de la Valteline par les Grisons, en 1512, une garnison française l'occupa encore pendant tout l'été. Le fort fut rasé en 1513 par les Grisons, puis rétabli en 1620-1639. En 1624 les Grisons et les Français en chassèrent la garnison papale. Depuis 1914 le village possède sa propre église, qui est desservie par un prêtre de Brusio. — Lechner : Das Puschlavertal . [T. Semadeni.]
CAMPO FORMIO (PAIX DE). Conclue le 17 octobre 1797 entre l'empereur d'Autriche François II et la République française. Pendant les négociations préparatoires, le plénipotentiaire du Directoire, le général Bonaparte, avait demandé par son projet du 11 octobre, articles 4 et 10, la cession du Fricktal autrichien, et la reconnaissance de l'incorporation de la Valteline, Bormio et Chiavenna à la République cisalpine. Ces propositions furent repoussées. Par contre le sixième article secret du traité stipula que l'empereur céderait à la France, à la paix de l'Empire, le Fricktal et ton les les terres en dépendant sur la rive gauche du Rhin entre Senzach et Bâle. Ce territoire serait ensuite réuni à la
GAMPOVASTO
CAMUZZI
République helvétique moyennant un accord particulier entre ce pays et la France. — Voir Hùffer-Luckwaldt : Der Frieden von Campoformio. — Rufer : Der Freistaat der III Bùnde und die Frage des Veltlins. — Oechsli I. — Dierauer IV. — Dàndliker III. [A. R.]
CAMPOVASTO (rom. Chamues-ch) (C. Grisons, I». Maloja, Cercle Obcrengadin. V. DGS). Avec Ponte, situé non loin, il forme la commune de Ponte-Campovasto. Campolovasco 1139; Camogasco 1293; Campufasco \298;Carnagasco 1370; Camogasch 1468; Camuaschg 1492; Camogascum 1543. Au point de vue linguistique, il se peut que ce nom signifie Pré de l'évêquo ; en fait, la chose est fort incertaine. La forme italienne Campovasto n'apparaît qu'au XVIIIe s. Campovasto appartint au haut moyen âge avec toute la Haute-Engadine aux comtes de Camertingen et fut vendu en 1139 à l'évêché de Coire, auquel les communes rachetèrent en 1494 ses droits de souveraineté. L'acte de partage de 1543 fit de Campovasto et Ponte une commune autonome possédant un territoire propre, des pâtures, alpages et forêts. I /église actuelle, dédiée à saint André, bâtie sur l'emplacement d'un ancien édifice, fut inaugurée en 1505. Il n'est demeuré en souvenir de cette inauguration qu'une fête toute laïque, la Pardunanza, le deuxième dimanche de septembre. Autrefois annexe de l'église de St. Luzius à Zuoz, celle de Campovasto devint autonome au XVIe s. Après de longs et vifs démêlés, Campovasto adopta la Réforme grâce à Campell. Le registre d'église existe sans lacunes depuis 1610. Campovasto est la patrie du célèbre chasseur de chamois Gian Marchet Colani (1772-1837). A Ponte se trouve la maison ancestrale des Albertini. Le village a perdu un tiers des maisons qu'il posséda autrefois par les inondations du torrent Chamuera en 1566, 1772 et 1834, ainsi que par l'incendie de 1803. Population, avec Ponte : 245 hab. romanches. — Voir Campell : Topographie. — Le même: Hàtischc Gesch. — Moor : Codex Diplomalicus. — Le même : Gesch. von Graubunden. — A. Meuli : Die autonomen Gemeinden des Oberengadins. ■ — J. Robbi : Ils lerms per ils noms délias vschinaunchas... del chantun Grischun. — E. Camenisch : Gesch. der Reformation in Graubunden. — Arch. de Ponte-Campovasto. [C. Planta.]
CAMUS ou CANUS, Alexandre, appelé aussi Du Moulin et Laurent de la Croix, réformateur, * à Évreux. Il se rendit à Neuchâtel, puis à Genève vers 1533 et harangua la foule à la porte de la cathédrale de Saint-Pierre à l'issue de la controverse de Furbiti et de Fromment. Banni par le Conseil, il se retira à Berne. Lorsque l'ambassade bernoise arriva avec Farel à Genève, Camus y rentra aussi, mais les évangélistes, craignant pour lui, l'engagèrent à repartir. Il se rendit en France et mourut sur le bûcher à Paris en 1533. — Fromment : Actes et gestes de la cité de Genève. — France protest. — Crespin : Le livre des Martyrs. [H. Denkinger.]
CAMUZZI, CAMUZIO, CAMUCIO. Famille de Lugano, mentionnée déjà en 1471. Au cours du XVIe s., quelques membres de la famille s'établirent à Milan, où ils reçurent le titre de comtes et d'où une branche alla s'établir à Tolmezzo. Des Camuzzi se sont aussi fixés en Allemagne, d'autres à Montagnola. Armoiries : d'argent, au chef de gueules soutenu d'un pal de sable. — • 1. Alberto est reçu citoyen de Côme en 1463. Un Alberto Camozoni, probablement identique au n° 1, est mentionné à Lugano comme médecin en 1471. ■ — 2. Lodovico, fils du n° 1, de Lugano, célèbre médecin, t avant 1520. — 3. Francesco, fils du n° 2, médecin ; c'est lui qui fit construire la chapelle Camuzzi dans l'église de Santa-Maria degli Angeli à Lugano et qui, vraisemblablement, la fit décorer (1520) des fresques probablement du Bramantino que l'on vient d'y découvrir. Administrateur de la même église, il payait en 1532 à la fille de Bernardino Luini une partie de la somme due au peintre pour sa célèbre Passion. — 4 et 5. Gerolamo et Andréa, fils du n° 3, médecins versés dans les questions théologiques. Le 5 août 1549, les deux frères prirent part, au côté de Beccaria et des novateurs, à la dispute religieuse de Locarno. Andréa fut un humaniste de valeur : professeur de philosophie à Côme, professeur de médecine^aux universités de Pavie et de Pise, premier médecin, de 1564 à 1578, de
l'empereur Maximilien II. Citoyen de Milan le 1er février 1557. Il laissa de nombreux écrits de science, d'art, de droit canonique, d'héraldique ; entre autres : Disputationes contre Cardano (1563) ; Tractatus de residentia episcoporum (1563) ; De humano intellectu (1564) ; Apologia, De amore atque felicitate (1574) ; De nobilitate ; Defensiones humani generis, etc. Selon Giovio, Andréa aurait été médecin du Concile de Trente et participé aux discussions du Concile, t à Milan 1578. — 6. Francesco, fils du n° 5, fameux médecin. — 7. Fabio, fils du n° 5, camérier du pape Pie V. — 8. Eugenio, fils du n° 5, étudia à Rome et y prit les grades de docteur en philosophie et en droit. Il jouit de l'estime du pape Pie V, qui le nomma évêque de Bobbio le 19 décembre 1568. Le 24 juin 1595, la Diète de Baden demanda, inutilement d'ailleurs, qu'Eugenio fût nommé évêque de Côme. Après avoir gouverné le diocèse de Bobbio pendant de longues années, Eugenio se retira à Rome où il mourut en 1602.
Branche de Tolmezzo. — 1. Giovanni-Giuseppe,
* vers 1653, f 21 septembre 1695. D'abord prêtre, puis auditeur du cardinal Colorado. Il fut nommé le 24 janvier 1694 évêque d'Orvieto par Innocent XII. f cardinal in pectore. Ami de Prospero Lambertini, plus tard Benoît XIV. — 2. Carlo, * 2 novembre 1697, t à Rome après le 2 février 1788. Curé de Tolmezzo, archidiacre de la Carnia pendant onze ans ; le 20 septembre 1756 sacré évêque de Justinopoli (aujourd'hui Capo d'Istria) par Benoît XIV. En 1776, il renonça à son évêché pour se rendre à Rome, où il fut créé d'abord archevêque de Tarse et ensuite patriarche d'Antioche.
Branche d'Allemagne (éteinte en 1878). — 1. Casimir- Franz, receveur des États de Brisgau ; reçut le 1er septembre 1763 le diplôme de noblesse autrichienne. — 2. Joseph, fils du n° 1, * 1761, f à Munich 8 juillet 1828, conseiller intime bavarois. — 3. Casimir, fils du n° 1,
* 1770, f à Linz 8 mars 1841, fut général de brigade autrichien.
Branche de, Montagnola. — 1. Antonio, stucateur et architecte. Il fit le maître-autel de l'église de Castelrotto en 1690 et les stucs de l'église de Sant'Abbondio de Gentilino, avec son frère Eugenio et un Banchini de Curio, en 1694-1695. — 2. Muzio, stucateur, auteur des stucs de l'église de Saint-Roch à Lugano et que l'on attribue faussement à Antonio (1650). Il fit aussi les stucs de la chapelle Colleoni à Bergame. — 3. Agostino, architecte,
* 1808 à Bergame, f à Montagnola 1870. Jeune encore, il alla en Russie et finit ses études à Petrograde. Il travailla avec Ippolito Monighetti de Biasca. Sa famille de Montagnola possède encore les dessins concernant Czarskoye-Zelo et.
les plans de l'orphelinal de Gatschina, à la construction duquel Agostino dut travailler. Ses travaux en Russie lui valurent de grands honneurs et la noblesse ; il refusa l'indigénat russe qu'on lui offrait. Revenu à Montagnola, il fut député au Grand Conseil tessinois de 1860 à 1870. A coopéré au premier projet de la ligne du Gothard. — 4. Arnoldo, peintre de paysages, * 29 janvier 1838 à Petrograde, f à Montagnola 13 mars 1895. Il étudia d'abord à l'École polytechnique de Zurich et s'adonna ensuite à la peinture ; élève de Gottardo Valentini à Milan. Connu surtout pour son panorama de Lugano, qu'il exposa à Milan et Turin. — 5. Demetrio, architecte et homme politique, * à Montagnola le 26 juin 1858, f 6 juin 1899, fils du n° 3. Il étudia à Lugano, à Zurich, à l'académie de Brera à Milan et à l'université de Pavie. Il prit une part très active à la politique tessinoise. On lui doit la
Agostino Camuzzi.
D'après une photographie.