CENT-SUISSES
CENTOVALLI
tissant ou même en expulsant les auteurs, lorsque ceux-ci étaient des ressortissants étrangers. — Voir Listes des mesures prises par la Com. féd de contrôle de la presse.
Bibliographie. F. Heinemann : BLS V, 5. — Das atteste Pressgesetz (NZZ 1890, n° 197). — G. Meyer von Knonau : Gesch. der Censur in Zurich. — Le même : Die helvetische Zensur (ZT 1888, 1889). — Bodmer : Die atteste Zuricher Zeitung (ZT 1869). — Ad. Jacob : Zur Gesch. der Zensur im alten Zurich. — C. Roth : Bucher-Zensur im alten Basel (Centralblatt fur Bibliothekwesen 1914). — F. Heinemann : Gesch. des Schulund Bildungslebens im alten Freiburg (FG II). — M. Buhler : Gesch. des schweiz. Zeitungswesen, dans le Handwbrterbuch der schweiz. Volkswirtschaft... de Reichesberg — J. Hodler : Gesch. d. Schweizervolkes . — Fr. Haag : Die Hohen Schulen zu Bern. — W. Burckhardt : Komm. der schweiz. Bundesverfassung vom 29. v. 1874.
— W. Œchsli : Gesch. d. Schweiz im 19. Jahrh. — K. Dândliker : Gesch. der Schweiz. — Dierauer. — K. Mùller : Die Gesch. der Zensur im alten Bern. — AS I.
— AS II. [C. MULLER.] CENT-SUISSES. Nom de la première troupe suisse
en France, créée par Charles VIII en 1497 comme garde de corps. Quelques historiens en font même remonter la création à Louis XI sans que cette opinion puisse être fondée avec certitude. Avec les autres gardes française et écossaise, les Cent-Suisses formaient la Maison du roi. Plus tard, ils ne furent plus recrutés que dans les cantons catholiques. Ils possédaient divers privilèges, entre autres une juridiction civile et criminelle particulière selon le droit suisse. La troupe était composée de six détachements de quinze hommes dont deux se partageaient jour et nuit avec les autres gardes le service du palais royal. Ils entouraient la personne du roi en campagne et eurent plusieurs fois l'occasion de sceller de leur sang leur fidélité devenue proverbiale ; à Pavie en 1525, les Cent-Suisses de François Ier se
firent
tous massacrer avant que le roi fût fait prisonnier. Dès l'origine, cette troupe fut sous les ordres d'un capitaine français ayant rang
Uniforme do cérémonie d'un enseigne de la compagnie des
Cent-Suisses. Ordonnance de 1690 (collection A. Pochon-
Demme, Berne).
de colonel ;J cette charge ne fut jusqu'en 1791 confiée qu'à des hommes de hautes familles françaises (le premier fut Louis de Menthon), et les membres des meilleures familles suisses des cantons catholiques se firent un honneur d'occuper l'un des autres postes d'officiers des Cent-Suisses. Après 1577, la garde compta à part le capitaine, un lieutenant suisse et un lieutenant français, un enseigne et un aide-major, huit exempts et quatre fourriers-quartiers-maîtres, moitié de nationalité française et moitié de nationalité suisse, six caporaux, un porte-drapeau, quatre tambours et un fifre. La troupe était armée de l'épée et de la hallebarde ; en campagne, elle portait le mousquet ou le fusil. Pendant longtemps l'uniforme changea avec chaque règne ; dès le XVIIe s., il fut bleu et rouge avec une cravate blanche et généralement des bas rouges, mais le chapeau à plumes ou la barette étaient de couleurs diverses. Officiers et soldais possédaient à côté de l'uniforme de service encore trois autres tenues pour les grandes cérémonies, la campagne et les deuils de la cour. La bannière des Cent-Suisses, dont il ne reste aucun exemplaire original, portait une croix d'argent chargée de l'inscription Ea est Fiducia gentis. Elle était cantonnée de deux quartiers bleus et de deux quartiers rouges. Les premiers portaient une main jurée et un sceptre passés en sautoir sur une L sommée d'une couronne royale : les seconds, un rocher d'argent battu par les quatre vents. La compagnie des Cent-Suisses du roi en France fut supprimée une première fois en 1791 par l'Assemblée nationale, mais rétablie en 1814 par Louis XVIII ; elle suivit ce roi en exil lors des Cent- Jours. Portée à trois cents hommes en 1817, elle prit désormais le nom de Compagnie des Gardes à pied ordinaires du Corps du Roi et servit comme telle jusqu'à la chute de Charles X en 1830 A côté des Cent-Suisses du roi, il existait en France une série de gardes privées du même nom au service des grands dignitaires du royaume ; les frères du roi avaient par exemple chacun la leur. D'autres souverains imitèrent cette institution, Le duc de Savoie créa en 1597 une garde de corps des Cent-Suisses qui subsista ensuite à la cour de Piémont et Sardaigne jusqu'en 1798. François de Lorraine, grand-duc de Toscane, entretenait une garde pareille à Florence et la transféra à Vienne en 1745 avec l'assentiment des cantons catholiques, quand il devint époux de l'impératrice Marie- Thérèse. Le prince-électeur de Brandebourg, devenu plus tard le roi Frédéric Ier, conclut en 1696 une capitulation avec les cantons réformés pour avoir sa garde des Cent-Suisses, qui subsista jusqu'en 1713. — Voir LL. — Zurlauben : Hist. militaire des Suisses au service de France III, p. 368. — M. May : Hist. militaire de la Suisse VI, p. 349. — W.-F. von Mulinen : Gesch. der Schweizer Sôldner bis zur Errichtung der ersten stehenden Garde 1497. — - Vallière : Honneur et fidélité. — A. Pochon et A. Zesiger : Schweizer Militûr. — Eug. Titieux : Hist. de la Maison militaire du roi. — AHS 1895. [H. Tr.]
CENTAINE, CENTENIE (ail. Hundertschaft, Cent, Zent). La centaine, qui apparaît pour la première fois dans la loi des Alémannes (VIIe s.), était une subdivision du Gau ou pagus. Son origine est obscure, mais on peut dire qu'elle était au début un groupement social et juridique de cent familles. Elle est devenue par la suite une circonscription judiciaire, dirigée par un centenier appelé Thunginus par la loi salique.
En Suisse, des centaines existaient à l'époque mérovingienne, ainsi dans le comté d'Arbon le Waldramshuntari entre Romanshorn et Giittingen et sans doute Coire qui, au moyen âge encore, formait une centenie. ■ — Voir A. Heusler : Schweiz. Verfassungsgesch. — Œchsli : Origines. — P.-E. Martin : Études critiques sur la Suisse à l'époque mérovingienne. — - P. Viollet : Hist. des institutions pol. et adm. de l'ancienne France. — Wartmann : UStG II. — J. Meyer : Gesch. Schweizer. Bundesrechts, 195. [L. M.]
CENTOVALLI, CENTUMVALLES (C. Tessin, D. Locarno. V. DGS). En 1185, Centum valles. Vallée et ancienne commune qui avait à sa tête deux consuls et embrassait les communes actuelles de Borgnone, Palagnedra et Rasa. Le reste de la vallée formait la commune d'Intragna. Au XIVe s., Centovalli avait droit à
CEPORINUS