CHARTREUX (ORDRE DES
Jura suisses, avaient été amenés par la glace et non par l'eau. Cette théorie rencontra au début bien des sceptiques, entre autres Agassiz, qui en 1836, après un séjour à Bex, se rallia complètement au point de vue de Charpentier, qu'il développa et généralisa. Charpentier publia le résultat de ses recherches dans son Essai sur les glaciers et le terrain erratique du Rhône, qui fait encore autorité. Il fut nommé en 1829 professeur honoraire à l'académie de Lausanne, en 1846 directeur des mines du canton de Vaud; Il mourut le 12 septembre 1855, après avoir donné à l'État de Vaud sa belle collection d'histoire naturelle. — De Montet : Dictionnaire. — Lebert : Jean de Charpentier. — Notice sur les salines de Bex. [M. R.]
CHARPIGNY (C.Vaud, D. Aigle, Corn. Ollon. V. DGS). Colline dominant le village de Saint-Triphon, où l'on a trouvé en 1838 un important cimetière de l'âge du bronze ; on y voit une ancienne voie romaine connue sous le nom de sentier des pèlerins ; il y avait sur la colline un châtelard au moyen âge ; la tour actuelle est moderne. — DHV. [M. R.]
CHARRAT (C. Valais, D. Martigny. Y. DGS). Corn, formée des deux agglomérations de Charrat-le-Chène et de Charrat- Vison. Elle faisait partie de la châtellenie épiscopale de Martigny et fut acquise vers 1360 par Pierre de Montheolo. Par le traité de 1384 entre les Valaisans et le Comte Rouge, Charrat passa sous la suzeraineté de la Savoie et y resta jusqu'en 1475 où il suivit les destinées de Martigny. — Aux Geurcets, près de Charrat, eut lieu en 1798 la première rencontre entre les Hauts-Valaisans et les Français. En 1839, Charrat fut détaché de Martigny pour former une commune autonome. Au spirituel, il relève encore de la paroisse de Martigny, mais possède une chapelle. Située à Charrat-Vison, elle valut à cette agglomération le nom de Charrat-la-ChapelJe. — Voir Gremaud. — Grenat : Hist du Valais. [Ta.]
CHARRIÈRE, Joseph-FRÉDÉRic, * à Cerniat (Fribourg) le 19 mars 1803, f à Paris le 9 avril 1876. Apprenti coutelier à Paris 1815-1820, il acheta l'établissement de son patron en 1820, se spécialisa dans la fabrication des instruments de chirurgie et produisit des aciers d'une qualité si parfaite que le monopole des fabriques de Sheffield et de Londres se trouva sérieusement ébranlé. Ses ateliers occupaient en 1844 plus de 400 ouvriers. Il obtint, après l'exposition de 1844, la première décoration accordée à ce genre d'industrie et fut désigné par le jury international comme méritant la council medal à l'exposition universelle de Londres en 1851, mais fut rayé de la liste par le jury anglais. Officier de la Légion d'honneur 1851. — Grand Dictionnaire universel. — Dellion : Dict. des paroisses III, p. 33. — Étrennes frib. 1877, p. 14. , [R*my.]
CHARRIÈRE, de. Famille noble vaudoise, qui remonte à — 1. Claude, cosyndic de Cossonay en 1510.
— 2. Georges-François, f 1638, acquit en 1585 la seigneurie de Mex, dont le château appartient encore à ses descendants. — 3. Claude-André, fils du n° 2, acquit la seigneurie de Penthaz. — 4. Sébastien, 1639-1720, épousa Elisabeth de Gruyère, héritière de la seigneurie de Sévery, souche de la branche seule encore existante des Charrière de Sévery. — 5. Jean-Jacques, cosyndic de Mex, se distingua en 1712 à la bataille de Villmergen.
— 6. Christophle, 1682-1746, fils du n° 4, souche de la branche des seigneurs de Senarclens. — 7. Henri, 1715- 1792, servit au Piémont et devint en 1790 généralmajor. — 8. Salomon, 1724-1793, gouverneur et conseiller des princes de Hesse. — [m. r.] — 9.1sabelle- Agnès-Élisabeth, née van Tuyll van Serooskerken, femme d'esprit, écrivain distingué, * le 20 octobre 1740 au château de Zuylen près Utrecht. Son mariage avec Charles-Emmanuel de Charrière de Penthaz, en 1771, amena cette Hollandaise à Colombier près Neuchâtel où elle vécut jusqu'à sa mort, 27 décembre 1805. Elle a écrit entre autres le Noble ; Mistriss Henley ; les Lettres neuchâteloises ; les Lettres de Lausanne, dont Caliste, son roman le plus célèbre, forme la seconde partie ; Trois femmes et Honorine d' Userche (sous le pseudonyme de l'Abbé de la Tour) ; des comédies, des observations politiques. Elle fut l'amie de Constant d'Hermenches, de Chaillet, de DuPeyrou, surtout de
Isabelle de Charrière.
D'après un pastel de de la Tour.
DHBS II
Benjamin Constant, sur lequel elle exerça un grand ascendant jusqu'au jour où il connut Mme de Staël. — Voir Ph. Godet : Madame de Charrière (avec bibliographie) et Lettres de Belle de Zuylen à C. d' Hermenches, publ. par le même.
— [M. g.] — 10. Louis, 1795-1874 gouverneur de princes russes, grand maître de la Cour de la princesse de Tour et Taxis, auteur d'ouvrages historiques, parmi lesquels :
Les fiefs nobles de la baronnie de Cossonay ; Les dynastes de Cossonay et les dynastes de Grandson. — 11. Frédéric, 1806-1849, pasteur, auteur de recherches sur le couvent de Romainmôtier — 12.
Charles, 1819-1872, général-major au service de Russie. — 13. Ferdinand de Sévery, 1849-1922, frère du n°14, banquier, colonel d'artillerie, philanthrope. — 14. William de Sévery, * 7 août 1866, écrivain, a publié : La vie de société du pays de Vaud au XVII Ie siècle. — Voir RGV.
— de Montet : Dictionnaire. — DHV. [M. R.] CHARTON. Famille originaire de Lyon, bourgeoise
de Genève en 1581. Armes : d'azur au chevron d'or accompagné en chef d'un croissant d'argent entre deux étoiles d'or et en pointe d'iine rose d'argent. De la fin du XVIe s. au milieu du XVIIIe, neuf de ses membres ont exercé le métier de potiers d'étain. Le premier venu à Genève, Etienne, t après 1590, nous est connu par une channe qui est un des plus anciens étains genevois.
— Gabriel, peintre, fut un des promoteurs de la lithographie à Genève et découpait, avec beaucoup d'art, des silhouettes. D'autres membres de cette famille furent notaires et siégèrent au Conseil des Deux-Cents. — Voir Galiffe : Not. gén. VII, 33. — SKL. — Armoriai genevois. [H. Da.]
CHARTREUX (ORDRE DES). Ordre procédant du grand mouvement érémitique et ascétique italien des Xe et XIe s., de Vallombreuse et des Camaldules. Il naquit d'un monastère fondé par saint Bruno, en 1084, à la Grande-Chartreuse (Dauphiné) : fratres in eremo Cartusie commorantes. Jusqu'en 1130 il n'eut point de statuts écrits. Ceux qu'il se donna sont extrêmement sévères : clôture stricte, jeûne et silence, abstinence de chair, prières pendant une partie du jour et de la nuit, travail manuel. Les chartreux portent un habit entièrerement blanc.
Les maisons de l'ordre sont réparties par provinces. Un visiteur et un convisiteur sont à la tête de chaque province.
Chaque maison, appelée depuis le XIIIe s. chartreuse, est gouvernée par un prieur, remplacé parfois par un recteur.
Les chartreux sont divisés en deux grandes catégories : les pères ou moines de chœur et les frères convers.
Il y a eu en Suisse sept chartreuses : Oujon, fondée vers 1146, La Valsainte, fondée en 1295, La Part-Dieu, fondée en 1307, La Lance, fondée en 1317-1320, appartenant toutes quatre à la province de Genève, Thorberg, fondée en 1397 (prov. du Rhin), Val Sainte- Marguerite (Petit-Bâle), fondée en 1401, et Saint-Laurent d' Ittingen, fondée en 1461, rattachées à la prov. d'Allemagne.
Il faut y ajouter deux essais de fondation, l'un à Saint- Martin de Géronde, près Sierre, en 1330 et l'autre, Le Val de la Paix, à Chandossel (Fribourg), avant 1328, abandonné en 1333.
La Valsainte est la seule de ces maisons qui existe encore aujourd'hui.
Sur chacune de ces chartreuses, voir l'article particulier qui leur est consacré.
Voir Wetzer et Welte : Kathol. Kirchenlexikon . — Real-
Octobre 1923