CHENE
zerische Nordostbahn avec siège à Zurich, constituée en 1853 par la fusion des chemins de fer Zurich-Bodensee et Nord- und Rheinfall ; les Vereinigten Schweizerbahnen avec centre à Saint-Gall, issues en 1856 de la fusion de la Compagnie saint-galloise-appenzelloise, de la Sùdostbahn et de la Glattalbahn. Ce rapide développement ferroviaire fit apparaître une série de projets nouveaux et plus hardis tendant à traverser la muraille alpine pour relier les réseaux d'Allemagne et de France à celui d'Italie à travers la Suisse. Après de longues et chaudes luttes, le Gothard l'emporta sur ses concurrents, le Simplon et le Lukmanier. Entreprise en 1872, la ligne du Gothard était achevée en 1882.
L'insuffisance de l'ancienne législation ferroviaire se fit sentir si vivement à cette occasion, qu'une nouvelle loi fédérale sur la construction et l'exploitation des chemins de fer fut votée le 23 décembre 1872, et complétée par l'article 26 de la Constitution fédérale de 1874. Cette loi attribue désormais à la Confédération le droit d'accorder les concessions et de contrôler la construction, l'exploitation, les tarifs et la comptabilité des chemins de fer. Peu après, le 28 juil. 1873, fut adjoint au Département fédéral du commerce une section de chemins de fer et par sa liaison avec les postes fut créé le 21 août 1878 le Département fédéral des Postes et Chemins de fer.
L'idée de l'étatisation des chemins de fer eut dès son origine de remarquables défenseurs, parmi lesquels Jacob Stâmpfli, président de la Confédération. Le rachat des chemins de fer fut introduit par le Conseil fédéral grâce à sa politique de pénétration ; lors de la fusion de la Suisse occidentale-Simplon avec le Jura- Berne-Lucerne, la Confédération s'assura un grand nombre d'actions de priorité dans la nouvelle compagnie du Jura.-Simplon. Un référendum s'opposa cependant au projet de rachat du Central suisse, le 25 juin 1891, et la votation populaire se prononça contre les intentions fédérales. Les idées de rachat ne s'évanouirent pas pour autant et reçurent au contraire leur consécration par la loi du 27 mars 1896 sur la comptabilité des entreprises ferroviaires. Le 25 mars 1897, le Conseil fédéral présenta aux Chambres son message de rachat, concluant à l'étatisation des lignes principales. La loi qui suivit, du 16 octobre 1897, sur l'acquisition et l'exploitation des chemins de fer parla Confédération, fut acceptée par le peuple, et c'est ainsi quedu 5 nov. 1900 au 23 oct.1903, la Suisse acquit par rachat à l'amiable l'ensemble des lignes des compagnies susnommées, plus celles du Bôtzberg, de YAarg. Siidbahn, de Wohlen-Bremgarten et du Toggenbourg. Le rachat du Gothard suivit, malgré une assez forte opposition du peuple suisse, le 1er mai 1909. L'exploitation des Chemins de fer fédéraux, qui commença le 1er janvier 1901, comprend une direction générale à Berne et cinq directions d'arrondissements, à Lausanne, Bâle, Zurich, Saint-Gall et Lucerne, qui vont être réduites à trois, car celles de Bâle et de Saint- Gall seront supprimées.
La construction de nouvelles lignes, tant par les Chemins de fer fédéraux que par des Compagnies particulières (Chemins de fer des Alpes bernoises, Chemins de for rhétiques), a passablement augmenté depuis 1900 l'étendue du réseau suisse. Les détails concernant les lignes principales se trouvent à leurs articles particuliers. — Voir aussi les paragraphes Économie publique et Chemins de fer dans les articles des cantons. — DGS V, p. 399. — Reichesberg : Handwôrterbuch, avec bibliographie. — P. Weissenbach : Das Eisenbahnenwesen der Schweiz. — K. Geiser: 50 Jahre bern. Eisenbahnpolitik. [H. Tr.]
CHENAUD.
Plusieurs familles de ce nom se sont établies à Genève à diverses époques ; elles venaient pour la plupart du Pays de Vaud. La seule qui a fait souche est originaire de Lutry ; elle est éteinte à Genève, mais se continue à Bahia (Brésil) ; reçue à la bourgeoisie en 1597. Armes : d'argent au chien passant de gueules adextré d'un chêne de sinople issant du flanc de l'écu sur une terrasse du même.
— Abraham, 1629-1711, pasteur à
DHBS II
Chancy 1658, à Peney 1660 et à Céligny 1689-1697.
— Jacques, 1654-1741, docteur en médecine, du Conseil des Deux-Cents 1693. Il joua un certain rôle politique lors des troubles suscités en 1707 par Pierre Fatio ; il fit office de conciliateur et proposa une solution qui réunit tous les suffrages. Cette motion ramena du côté des autorités les libéraux modérés. — Pierre-Marc, 1759-1794, fut une des victimes de la révolution et mourut fusillé le 25 juillet 1794 sur l'accusation d'avoir, dans une prise d'armes de 1781, blessé un citoyen d'un coup de feu mais, plus vraisemblablement à cause de son attachement à l'ancien régime. — Voir Rec. g'én. suisse II, 141. — Heyer : L'Église de Genève. — Armoriai genevois. — Sordet : Dict. des fam. genevoises. [H. Da.l
CHENAUX (C. Vaud, D. Lavaux. V. DGS). Hameau dominant Cully qui, du XIIIe au XVIe s., dépendit du prieuré de Lutry, puis du gouvernement bernois. En 1279, ce couvent avait un métrai pour Chenaux et pour Épesses. En 1712, les hommes de Chenaux qui avaient pris part à la guerre de Villmergen en rapportèrent une cloche, prise, dit-on, au village d'Endingen.
— DHV. [M. R.] CHENAUX. Famille fribourgeoise, originaire de
Rue, Matran, etc., qui a donné — 1. Pierre- J\icolas, * le 26 février 1740, de La Tour-de-Trême, aide-major au Régiment de Gruyère, chef du mouvement insurrectionnel connu sous le nom de Révolution de Chenaux, dirigé contre le pouvoir oligarchique du canton de Fribourg en 1781. Chenaux eut pour principaux lieutenants l'avocat Jean- André Castella et Jean Murith, Nicolas Barras, Biaise Thorin, Jean-Pierre Raccaud, Henri Rossier, Pierre Chappuis, Jean-Jacques Sudan et François Huguenot. Le 4 mai 1781, il marcha sur Fribourg à la tête de 2000 insurgés pour s'emparer des portes, de l'arsenal et du gouvernement. Fribourg était prévenu, la garnison fit une sortie, coupa la retraite aux révoltés qui, à la première sommation, jetèrent leurs armes et prirent la fuite. Chenaux, dont la tête avait été mise à prix, fut lâchement assassiné par son complice Rossier. Ainsi finit la Révolution de Chenaux, dont les causes principales furent l'opposition toujours grandissante au régime patricien, les idées révolutionnaires qui malgré tout avaient pénétré dans le pays fribourgeois, les griefs des paysans contre les charrois, les corvées, l'augmentation du prix du sel, de la traite foraine et des droits de péage, l'intervention de l'État dans l'administration des biens communaux, la suppression d'un certain nombre de fêtes religieuses, etc., etc. Malgré toutes ses qualités, Chenaux ne paraît pas avoir été doué de celles qui font le vrai chef ; il n'en resta pas moins populaire dans la campagne fribourgeoise où on l'appelle le « Davel fribourgeois ». — Castella : Hist. du C. de Fribourg, p. 417 (avec bibliographie). — Hans Brugger : Der freib. Bauernauf stand oder Chenaux Handel 1781. — [R*my.] — 2. Jean-Joseph, 1822-1883, prêtre 1847, fut vicaire, curé, puis doyen de Vuadens jusqu'à sa mort. Il s'occupa de botanique et publia plusieurs petits traités de botanique populaire ; en outre, Una panera dé révi fribordzey, proverbes patois de Fribourg, spécialement de la Gruyère, qui parut dans la Romania en 1877. Pendant vingt ans, de 1863 à 1883, il fit les observations de la station météorologique fédérale de Vuadens. — Voir Étr. frib. 1885.
— Actes soc. helv. se. nat. 1884. — Revue de la Suisse catholique XV . — Rameau 1884. — RHV 1909. [M. Musy.]
CHÊNE. Nom de deux communes et villages genevois. Actuellement l'appellation « des Trois Chêne » sert à désigner des groupements servant les intérêts de Chêne-Bougeries, Chêne-Bourg et Thônex, communes limitrophes, qui du reste, pendant la période française 1798-1814, ne formèrent qu'une commune. Cet usage n'a rien d'officiel ni ne correspond à l'histoire de cette région. La localité ancienne de cette contrée est Thônex, qui seul était paroisse, mais un chêne seryant de limite a servi à désigner un groupement de maisons sur la route qui tend à Bonneville, groupement qui devint important dès le XVIe s. En 1754, le traité de Turin divisa le bourg de Chêne en deux parties, dont l'une devint Chêne-Bougeries, l'autre Chêne-Bourg. Bien avant cette
Novembre 1923
CHÈNE-BOUGERIES
GHENENS
division, l'endroit était connu non seulement par son chêne servant de limite, mais par une léproserie : la Maladière de Chêne, qu'on trouve citée au XIIIe s. et dont les biens passèrent à Genève au moment de la Réforme. Elle était située sur le territoire actuel de Chène-Bougeries. Chêne était traversé dans toute sa longueur par un aqueduc romain qui existe encore partiellement. Une bataille eut lieu non loin de Chêne entre Genevois et Savoyards en 1536. — Voir Regeste. — Arch. de Genève. [C. R.]
CHÊNE-BOUGERIES (C. Genève, Rive gauche.
Le temple de Chêne-Bougeries. D'après P. Jamin : Temples illustrés des anc. com. genevoises.
W.DGS). Com. et Vge. A la Réforme, les biens de la maladière de Chêne passèrent à Genève ; les maisons et le territoire en deçà de la Seymaz et du pont Bochet restèrent dès lors toujours genevois sous le nom de Chêne-Bougeries (voir art. Bougeries). La commune comprend Grange-Canal, Malagnou, Conches, le Vallon, la Pommière. Un magistrat de Genève fut commis jusqu'en 1798 pour l'administrer. La paroisse de Chêne avait une église sur le territoire cédé en 1754 ; on construisit alors le temple existant, qui fut inauguré en 1758. En 1793, quelques Chênois, dont le procureur de la commune, se querellèrent avec des révolutionnaires de la ville, qui le lendemain en fusillèrent un et organisèrent l'expédition dite de Jussy. Population : 3060 hab. Registres de paroisse dès 1664. — Voir art. Chêne et Chêne-Bourg. — Arch. de Genève. [C. R.]
CHÊNE-BOURG (C. Genève, Rive gauche. V.
DOS). Com. et Vge. En vertu du traité de Turin, 1754, la partie de Chêne au delà de la Seymaz retourna à la Savoie, communauté de Thônex-Chêne. Elle fut rétrocédée à Genève en 1816, et le bourg, devenant un centre toujours plus important, obtint en 1869 sa constitution en commune sous le nom de Chêne-Bourg. L'église, catholique, élevée en 1784 sur l'emplacement de l'ancien temple protestant, a été démolie en 1912. Patrie de Louis Favre, 1826-1879, entrepreneur des travaux du tunnel du Saint-Gothard. Population : 2092 hab. Registres de paroisse dès 1793. — Voir art. Chêne et Chêne-Bougeries. — Arch. de Genève. [C. R.]
CHÊNE-PÂQUIER (C. Vaud, D. Yverdon. V.
DGS). Nom de deux villages réunis aujourd'hui en une seule commune et qui dépendaient autrefois de la seigneurie de Saint-Martin du Chêne. Cette région fut habitée dès la plus haute antiquité. En 1908, sur une étroite terrasse surplombant le ravin des Vaux, on a découvert un important abri sous roche préhistorique. Les fouilles ont établi l'existence de quatre couches archéologiques allant de la période néolithique à l'époque romaine. Des grottes creusées dans le roc portent des tra-
ces d'habitation, et, sur les parois, des dessins de cerf et de cheval.
Les noms mêmes du Chêne et de Saint-Martin sont suggestifs. On peut penser qu'il y avait là, sur le promontoire, un chêne druidique vénéré dans la région à l'époque romaine. Ici, comme ailleurs, le christianisme donna à cette vénération un autre aliment en y plaçant un oratoire dédié à saint Martin. Ce fut le centre d'une nouvelle paroisse, qui se constitua des deux côtés du ravin des Vaux, entre Molondin, Rovrayet Champtauroz. Mais l'endroit était trop bien choisi pour ne pas offrir autre chose qu'un intérêt religieux. Un chemin reliant Avenches au Gros de Vaud traversait un pont, au ruisseau des Vaux, entre le Chêne et Chavannes-le-Chêne, près du Covet. C'était par cela même une route marchande. C'est sans doute ce qui explique pourquoi, tout auprès de la chapelle Saint-Martin, un seigneur construisit un château-fort et domina dès le XIIe s. toute la contrée, bien au loin (voir art. Saint-Martin). L'antique chapelle de Saint-Martin du Chêne est au nombre des églises paroissiales du diocèse en 1228. Elle dépendit bientôt après, et jusqu'à la Réformation, du prieuré de Lutry. D'elle dépendaient des chapelles filiales à Chavannes-le-Chêne, Champtauroz et Molondin. Elle fut démolie en 1667, et avec les pierres on construisit le temple protestant du Pâquier. On y voit une cloche du XVe s., une autre de 1644 qui proviennent de l'ancienne église.
La seigneurie de Saint-Martin du Chêne ayant été démembrée au XIVe s., les villages de Chêne et de Pâquier subirent dès lors des maîtres divers, et leur histoire est obscure. On voit qu'en 1772, les habitants n'avaient ni maison de commune, ni cloche, et que le régent devait aller de maison en maison pour appeler les enfants et les faire venir à l'école. Le bâtiment d'école ne fut construit qu'en 1818, mais le gouvernement bernois dota les communiers d'une cloche en 1772 déjà. — DHV. — • Schenk : La Suisse préhistorique. [M. Reymond.]
CHÊNE-THÔNEX. Nom donné à la partie de la commune de Chêne rétrocédée à Genève en 1816 par la Savoie. En 1869, le bourg de Chêne en fut détaché et la commune ancienne reprit le nom de Thônex. — - Voir art. Chêne et Thônex. [c. r.]
CHENELAT, CHENELACT. Famille venue de Cessens (Haute-Savoie) à la fin du XVe s. à Genève, éteinte au siècle suivant, reçue à la bourgeoisie en 1496. Armes : parti, au premier un gland surmonté d'un croissant, au second, cinq cotices (émaux inconnus). — 1. Pierre, 1533-1596, conseiller dès 1562, syndic 1573, plusieurs fois premier syndic de 1581 à 1593, député de la République à Bâle en 1563, fut chargé de nombreuses missions en Suisse et auprès du duc de Savoie. — 2. Aymé, son fils, du Conseil des Deux-Cents 1603, fut exécuté en 1618 sous l'inculpation d'avoir tramé un complot avec le marquis de Lans, gouverneur de Savoie, afin de lui livrer Genève. L'accusé déclara n'avoir voulu qu'obtenir de l'argent du gouverneur ; sa trahison n'est du reste pas prouvée et reste entourée de mystère, les pièces de la procédure étant perdues. — Voir Galiffe : Not. gén. II, 116. — Armoriaux genevois. — Gautier : Hist. de Genève, 263, 302. — Journal du syndic Du Villard pour l'année 1589, dans MDG 32. [H. Da.] CHÉNENS (C. Fribourg, D. Sarine. V. DGS). Com. et Vge. Anciennes formes : Chegnens, Cheineins, Chieniens, Chinins ; en ail. Geinigen. Armoiries : de gueules au chien d'argent colleté d'or. Des tumuli et des débris de monuments celtiques et gallo-romains ont été découverts dans la région. Première mention 1138. En 1248, Raynald de Vaumarcus et son gendre Jordan de Cottens renoncent à leurs prétentions sur le village de Chénens en faveur de Conon et Pierre de Chénens. L'abbaye de la Fille-Dieu acquit à différentes époques de nombreux droits et la moitié de la dîme de Chénens ; cette dernière donna lieu à de longues contestations avec le curé d'Autigny. Chénens fut désigné comme média via dans divers traités passés au XIVe s. entre Berne et Fribourg
CHENENS