C. de Lippart (coll. Maillart). homme de lettres, membre
de l'Académie française 8 déc. 1881, ollicier de la Légion d'honneur. Auteur d'études et d'essais politiques, littéraires et artistiques et l'un des romanciers les plus féconds et les plus distingués de la seconde moitié du XIXe s. Cherbuliez, qui descendait par les femmes de réfugiés protestants, a revendiqué en 18801a nationalité française. 1! s'était déjà fixé définitivement à Paris en 1875 après la mort de son père. Ouvrages principaux. : Causeries athéniennes, 1860 ; Études de littérature et d'art ; Hommes et choses d' Allemagne : Hommes et choses du temps présent (paru d'abord dans la Revue des Deux-Mondes sous le pseudonyme de George Valbert). Romans : Le comte Kostia, L'Aventurede Ladislas Bolski : Miss Rovel ; Meta Holdenis, etc. — Voir Brunetière dans Revue des Deux- Mondes, 1899. — Bulle in de V Institut genevois, 37. — 7. Charles- Louis- Ferdinand, fils du n° 4, 1836-191', notaire, membre du Conseil municipal de la ville de Genève 1874- 1910, son président ou son vice - président depuis 1882. —8. ÉMILE-Paul, fils du n° 3, 1837-1914. Professeur de mathématiques à Porrentruy, puis au gymnase cantonal de Berne, privat-docent à l'université de Berne, directeur de l'école de chimie de Mulhouse, recteur à Strasbourg, privat-docent à l'École polytechnique de Zurich. Publications diverses sur l'histoire des sciences physiques et mathématiques : a préparé deux des volumes de la grande édition des œuvres d'Euler. — Voir de Montet : Dictionnaire. — E. Rambert : Écrivains nationaux, Ire sér. — A. Oltramare : Nol. biogr. sur MM. les prof. André Cherbuliez et Louis Longchamp. — BIG XXI — E. Rifter: Victor Cherbuliez, recherches généalogiqus dans BIG XXXVI.
— Les ancêtres vaudois de Victor Cherbuliez, dans RHV. 1900. [E.-L. Burnet.]
CHERCENAY (C. Berne, D. Franches-Montagnes, Com. Soubey. V. DGS). Hameau situé sur le versant Sud du Clos du Doubs. Anciennes formes : Cercenaia : Zer Sonnen, 1139 ; Chersenay, 1429. Cité pour la première fois dans la bulle d'Innocent II confirmant les possessions de l'église collégiale de Saint-Ursanne. Autrefois Chercenay était un village avec une église. Il fut probablement détruit par les Suédois pendant la guerre de Trente Ans et la paroisse transférée à Soubey.
— Voir Trouillat. — A. Daucourt : Localités disparues. [G. A.]
CHERIX. Famille vaudoise, fixée à Bex dès 1580. A donné — 1. Edouard, 1809-1876, conseiller national 1855-1857, commandant des milices, fondateur de l'infirmerie de la Grande fontaine, à Bex. — 2. Aimé, 1836-1917, député au Grand Conseil et président de ce corps en 1885, préfet de Lausanne 1873-1882, préfet d'Aigle 1895-1912. — Livre d'Or. [M. R.]
CHERLER. Famille de savants bâlois, originaire d'Elsterburg en Voigtland. — 1. Valentin, * vers 1537, fut dès 1565 maître à l'école de St. Peter à Bâle. poeta laureatus, f 1604. — 2. Johann-Heinrich, fils du n° 1, * vers 1570, Dr méd. à Bâle 1595, médecin de la cour à Montbéliard 1597, botaniste, beau-fils et collaborateur de Johann II Bauhin. f 1609 ou 1610. — 3. Johann-Christoph, fils du n° 2, Dr méd. à Bâle 1622, médecin de la ville à Golmar, fut aussi botaniste et publia le Prodromus de Johann II Bauhin. — Voir A. Burckhardt : Gesch. der mëdizinischen Fakultât zu Basel, p. 133. [C. Ro.]
CHERMIGNON (C. Valais, D. Sierre. V. DGS). Localité composée des deux villages de Chermignon d'en bas et Chermignon d'en haut. Anciennes formes : Cherrnenon, Chirminon. Chermignon appartint au début aux comtes de Granges, puis aux d'Ayent, d'Albi, de la Tour, d'Annivicrs, aux Tavelli, etc. Il formait un des quatre quartiers de la commune de Lens, dont il se sépara en 1900 pour devenir autonome. Au spirituel, Chermignon releva d'abord de la paroisse de Saint- Etienne de Granges, puis au XIIe s. du prieuré de Lens et enfin de l'hospice du Grand-Saint-Bernard à qui il appartient encore. Il possède une chapelle dédiée à saint Georges. — - Voir Gremaud. — de Rivaz : Topographie. — Archives de Lens et du Saint-Bernard. [Ta.]
CHERNEX (C. Vaud, D. Vevey, Com. Le Châtelarii. V. DGS). Fief noble dépendant au moyen âge de
CHEROFINI
CHESOPELLOZ
l'évêché de Sion, plus tard rattaché à l'agglomération de Montreux. Le village a été incendié en 1706 et le 15 décembre 1814. — DHV. [M. R.]
CHEROFINI, Ottavio Cherofino. Chanoine à Viterbe, internonce en Suisse d'octobre 1679 à juin 1685.
— Voir QSG 21, XLI. — Karthunen 239. — Rott : Inv. somm. V, 60. [J. T.]
CHÉRONET, Victor, 1827-1883. Ingénieur, de Paris, qui fut de 1875 à 1883 directeur des chemins de fer de la Suisse Occidentale, et contribua puissamment à remettre cette compagnie sur pied. [M. R.]
CHERVAZ. Ancienne famille de Colombey (Valais), mentionnée dès le XVe s. — 1. Jean, syndic, fut délégué à la Diète du Valais en 1590 pour y faire confirmer les franchises concédées à Monthey par les comtes de Savoie. — 2. Désiré, 1799-1875, chanoine de Saint-Maurice, protonotaire apostolique, aumônier militaire en France, prieur de Vétroz 1852, t 1875 aumônier de l'hôpital de Saint- Maurice. — 3. Xavier, neveu du n° 2, chanoine de Saint-Maurice, professeur au collège, t curé de Vérossaz en 1910. Auteur d'une topographie mns. du Valais. — Ritz : Étals du clergé. [Ta. et J.-B. B.]
CHERVETTAZ (C. Vaud, D. Oron). Forêt, propriété de l'État de Vaud. Sa première mention date de 1154. L'évêque de Lausanne confirme à l'abbaye de Hautcrêt ce que Bonfils de Chexbres lui avait donné à Calvata dans la région de Palézieux. En 1278, le comte de Savoie adjugea à la dite abbaye la messeillerie du bois de la Chalveta et de la Dausaz, que lui contestait le seigneur Pierre de Palézieux. La supposition qu'il y avait là, au temps des rois de Bourgogne, un haras royal, ne repose sur aucun document de valeur. La Chervettaz devint propriété de l'État de Berne en 1536, de celui de Vaud en 1798. — DHV. [M. R.]
CHÉSALES, CHESSALES, CHESAULES, de.
Famille de la localité fribourgeoise de Chésalles aux XIIIe et XIVe s., reçue à la bourgeoisie de Fribourg en 1377 et 1408. Elle s'établit à Broc au XVe s. sous le nom de Chessales. — Cartulaire de Gruyère, II,n°481. [A.d'A.]
CHÉSALLES (C. Fribourg, D. Sarine. V. DGS). Vge et Com. dont on fait dériver le nom de casale, ferme. La grange de Chésalles était en 1146 propriété de l'abbaye de Hauterive. Dans le même siècle, le territoire de Chésalles était possédé par moitié par les nobles d'Épendes et de Marly, qui en donnèrent une grande partie à l'abbaye de Hauterive en 1181 et 1184. Cette dernière acquit en 1477 la moitié de la dîme du village.
— Voir Mémorial de Fribourg I, 270 ; III, 63. — Hidber : UR II, 25. — Régente d'Hauterive, n° 258. [A. d'A.]
CHESALLES (C. Vaud, D. Moudon. V. DGS). Village qui Jaisait partie de la châtellenie de Lucens et qui est connu surtout comme lieu d'origine de Daniel Moginié, dont on a raconté en 1754 l'odyssée, vraie ou fantaisiste, dans l'Inde, à la cour du Grand Mogol. — DHV. [M. R.]
CHESALLES (C. Vaud, D. Oron. V.DGS). Localité très anciennement habitée. On y a trouvé un tombeau de l'époque de la Tène, avec de nombreux objets. Au moyen âge, Chésalles était une seigneurie, avec maison forte, que l'évêque de Lausanne inféoda en 1330 à Perrod de Ferlens. Les sires d'Oron y avaient également des droits, et après la Réforme, Chésalles fut annexée à la commune d'Oron-le-Châtel, dont elle ne fut séparée qu'en 1812. — DHV. [M. R.]
CHESEAUX (C. Vaud, D. Lausanne. V. DGS). Com. et village. Cheseaux paraît avoir été, à l'époque romaine, une importante localité, autant qu'on en peut juger par l'abondance des antiquités découvertes en ce lieu, notamment des chapiteaux, des fûts de colonne, des dalles de marbre blanc, des pavés en mosaïque, des vases, des tuiles diverses, etc. Un grand cimetière, de la période helvète au VIIIe s., a été trouvé non loin de là, à Bel-Air, et a été étudié par Troyon. D'autres vestiges importants, pavés en mosaïques, hypocaustes, ont été trouvés dans la direction de Morrens. Puis le silence se fait sur cette localité jusqu'au XIIIe s. En 1216 apparaît Pierre de Cheseaux, ancêtre d'une famille qui possédait de gros biens à Cheseaux, Assens, Crissier, Echallens, et qui s'éteignit au XVe s., après avoir peu à peu aliéné ses biens au profit des sires de Montfaucon et
d'Échallens, ainsi que de l'évêque de Lausanne et d'autres. Aymon d'Oron, seigneur de Bossonens, possédait déjà vers 1360 le gros de la seigneurie. Celle-ci passa ensuite aux seigneurs de la Sarra, puis en 1497 à Jean Champion. La famille de Loys posséda Cheseaux de 1554 à 1769, et c'est à elle qu'appartenait Jean-Philippe de Loys de Cheseaux, célèbre astronome mort en 1751. La seigneurie fut vendue en 1769 à Marc de Boutes, seigneur de Corcelles et de Champvent, dont la famille la posséda jusqu'à la Révolution.
Le premier château de Cheseaux fut brûlé en 1475 au cours de la guerre de Bourgogne. Un autre fut reconstruit par les Loys. C'est maintenant une propriété privée. L'église, dédiée à saint Nicolas, est déjà mentionnée en 1174 ; elle dépendait de l'évêque. Mais l'édifice actuel est moderne. Il a été construit entièrement à la fin du XVIIe s. Il y a en outre à Cheseaux une chapelle de l'Église libre. État civil dès 1573. Cheseaux est la patrie de l'archéologue Frédéric Troyon (1815-1866). — DHV. [M. R.]
CHESEAUX. Famille valaisanne mentionnée à Saillon et à Salvan au XVIIe s., puis à Lavey. — 1. Jean-Baptiste, curé de Leytron 1716, créa un fonds de 300 é.cus pour faciliter les études des enfants de Saillon.
— 2. Jean-Baptiste, notaire, banneret de Saillon 1751.
— 3. Jean-Laurent, dernier banneret de Saillon 1787. ■ — ■ de Rivaz : Topographie. — Coquoz : Salvan et ses environs. [Ta.]
CHESEAUX-NORÉAZ (C. Vaud, D. Yverdon.
V. DGS). Nom de deux localités de la banlieue d' Yverdon réunies en une seule commune. Cheseaux relevait primitivement des seigneurs de Belmont qui contestèrent en 1235 et 1245 les droits que l'abbaye de Montheron y tenait du prieuré clunisien du Val-de-Travers. Raymond, sire de Montagny, avait aussi des droits à Cheseaux, qu'il avait cédé au même couvent en 1186 déjà, de même que les sénéchaux de Belmont et les sires de Font. Les biens du couvent passèrent en 1536 à la ville de Lausanne qui en aliéna peu à peu les domaines. L'abbaye de Montheron avait aussi acquis au XIIe s. une grange et 60 poses de terrain à Noréaz que lui disputèrent longtemps les seigneurs de Saint-Martin et de Bioley. La commune de Cheseaux-Noréaz a été constituée en 1765 ; elle ne comprenait alors que trois domaines. — DHV. [M. R.]
CHESEREX (C. Vaad, D. Nyon. V. DGS). Com. et village. Village ancien que l'abbaye de Saint-Maurice acquit en 1025 d'un particulier. Il possédait une église Saint-Martin, que les moines de Saint- Victor, à Genève, détenaient en 1093 et donnèrent à l'abbaye de Bonmont. Celle-ci acquit en outre, vers 1165, la « grange » (domaine) que possédaient à Cheserex l'évêque Humbert de Genève et les chanoines de Lausanne. Mais les seigneurs de Gingins avaient pris pied depuis longtemps dans ce village et le 1er mai 1317 une transaction avec le couvent de Bonmont leur reconnut tous droits de juridiction. Cheserex a suivi dès lors le sort du couvent, et fut administré sous le régime bernois par le bailli de Bonmont, le châtelain de Gingins y exerçant la justice. Non loin de Cheserex était une autre église, dédiée à saint Vincent, mentionnée en 1093, aussi rattachée à Bonmont, et disparue comme la première. Des fouilles faites en 1885 dans la propriété Rochmondet en ont fait découvrir le chœur et la nef, ainsi qu'un cimetière burgonde. Dans le chœur, un tombeau renfermait un calice de plomb. — DHV. [M. R.]
CHE8IÈRES (C. Vaud, D. Aigle, Com. Ollon. V. DGS) Ce village relevait au XIIIe s. de l'abbaye de Saint-Maurice. Il dépendit plus tard du gouverneur bernois d'Aigle. Mais il n'a pris d'importance qu'au cours de ces dernières années, comme station d'étrangers. — DHV. lM. R.]
CHESOPELLOZ (C. Fribourg, D. Sarine. V.DGS). Com. et Vge. Anciennes formes : Ghissapenlo, 1229 ; Chesaupenlo, 1406 ; Chesaupello, 1445 ; Chesopelo, 1668 ; Zejopelloz, 1755, formes dérivant régulièrement de Casal(e) Pennilo, qui signifie la métairie de Pennilo, nom propre germain. Le village fit partie des anciennes terres de Fribourg, puis de l'arrondissement ou district de Fribourg (1798), et enfin du district de la Sarine
GHESSEL
GHEVENEZ
(1848). L'abbaye de Hauterive, la confrérie du Saint- Esprit de Fribourg, etc., avaient des propriétés et des droits à Chésopelloz. Au spirituel, Chésopelloz releva toujours de la paroisse de Belfaux. La chapelle, placée sous le vocable de saint Udalric, aurait été bâtie vers l'année 1683. — Voir Stadelmann : Études de toponymie, dans ASHF VII. — Jaccard : Essai de toponymie. — Dellion : Dictionnaire II, 82. — Regeste d'Hauterive. [Jeanne Niquille.]
CHESSEL (C. Vaud, D. Aigle. V.DGS). Vge dépendant au moyen âge des comtes de Savoie, puis soumis au régime bernois. L'église, mentionnée en 1362, dépendait du chapitre de-Sion. Il en subsiste le chœur et le clocher, ce dernier de la fin du XVe s. ; la nef a été transformée en 1775 et 1877. Il y avait autrefois à Chessel un bac pour le passage du Rhône. Il fut remplacé en 1839 par un pont de bois couvert, et celui-ci en 1905 par un pont métallique. — DHV. [M. R.]
CHESSEX. Famille vaudoise, fixée à Montreux dès 1579. A donné — Ami, 1840-1917, l'un des principaux créateurs de l'industrie hôtelière à Montreux et à Leysin. — Livre d'Or. [M. R.]
CHEVALERIE. Voir Noblesse.
CHEVALIER. Familles des cantons de Genève, Neuchâtel et Vaud.
A. Canton de Genève. Parmi les nombreuses familles de ce nom qui vécurent à Genève, il faut faire une place spéciale à celle venue d'Ornex (Pays de Gex), au XVe s. Elle donna, entre autres personnages intéressants — 1. François, Dr en droit, syndic en 1558, 1562, 1566. — 2. Pierre, son fils, professeur d'hébreu de 1587 à 1594. — 3. Paul, fils du précédent, syndic en 1588, 1592, 1596. Cette famille posséda le fief de Fernex. C'est comme seigneur de Fernex que — 4. Pierre, fils du n° 3, du Conseil des Deux-Cents, fut député de la noblesse du Pays de Gex aux États généraux en 1614. Famille éteinte. Armes : d'azur au chevalier d'argent armé de toutes pièces courant sur une terrasse de même.
— Voir Arch. de Genève. — Galiffe : Not. gén. II, 119. — ■ Armoriai genevois. [C. R.]
B. Canton de Neuchâtel. Famille bourgeoise de Neuchâtel, mentionnée dès le XVe s. Armoiries : I. de sinopleà trois F d'or (Fidèles fuerunt fratres ) (concédées en 1681) : II. écartelé, aux 1 et 4 d'or à la bande de gueules chargée d'un chevron d'argent, accompagnée de deux têtes d'aigle de Prusse arrachées, aux 2 et 3 de Chevalier comme ci-dessus. — 1. Jean, maire de Neuchâtel 1561, f 1563. — ■ 2. Simon, médecin de la duchesse de Nemours, conseiller d'État et châtelain de Thielle 1680, révoqué 1682, rétabli 1694, f 1712. Il fut anobli en 1681 avec ses frères Théodore et Jean- Jaques. — 3. Théodore, frère du n° 2, f 1732, receveur du Landeron, puis de Valangin, lieutenant-colonel des milices, obtint en 1703 que quelques redevances qu'il avait à Rochefort fussent érigées en fief. — 4. Jean-Rodolphe, t 1759, chef au bataillon suisse de Sury en Espagne et à Naples. Aveuglé au siège d'Oran. — 5. Simon, fils du n° 2, 1676-1736, major de cavalerie au service de Prusse, conseiller d'État et inspecteur général des milices 1725.
— 6. François, f 1780, capitaine de cavalerie dans les gardes du roi de Pologne, lieutenant-colonel des milices. Il obtint en 1732 la survivance du fief de Rochefort et porta par la suite, ainsi que ses descendants, le nom de Le Chevalier de Rochefort. Ce fief fut racheté en 1832, mais la famille autorisée à conserver le nom. — 7. David-François, 1730-1815, fils du n° 6, entra en 1747 au régiment des gardes-suisses à Paris, colonel 1769, brigadier 1781, démissionna en 1786 avec le grade de maréchal de camp. La famille se continua par des négociants à Trieste, à Copenhague, à Amsterdam et à Londres. Éteinte à la fin du XIXe s. — Voir Biogr. neuch. I. — Quartier-la-Tente : Fam. bourgeoises. [L. M.]
C. Canton de Vaud. Chevalier et Chevallier, Nom de différentes familles vaudoises. A l'une d'elles, de Champvent, appartient — Nicolas, 1828-1902, fils d'un surintendant des domaines du prince de Wittgenstein, peintre de paysages et d'histoire, * à Pétrograde, f à Londres. — SKL. [M. R.]
CHEVALIER ou LE CHEVALIER, ANTOINE, 1507-1572, * en Normandie, professeur d'hébreu à Ge-
CHEVENEZ
nève, où il lut reçu bourgeois en 1559, puis à Cambridge. Il a marqué à Genève, puis dans ses séjours à Lausanne et à Montreux, un zèle éclairé pour la Réforme, f à Guernesey où il avait cherché un refuge après la Saint- Barthélémy. — - Voir France protestante, IIe éd., où se trouve la liste de ses œuvres. [C. R.]
CHEVALLEY. Nom de plusieurs familles vaudoises, la plupart autochtones. Voir aussi Chevalier. Cependant, ce dernier nom désigne le plus souvent des familles d'origine française. [M. R.]
CHEVAUCHÉE. Au moyen âge, le service militaire se présentait, pour le peuple, sous deux formes : Vost et la chevauchée. L'ost était l'obligation de suivre son suzerain à la guerre publique, tandis que la seconde consistait à accompagner le seigneur féodal dans ses guerres particulières. Le droit à la chevauchée était toujours revendiqué par le seigneur, mais les franchises accordées aux villes et bourgs en ont limité l'exercice en précisant la durée pendant laquelle les bourgeois devaient servir à leurs frais, et dans quelles limites de territoire. Si, par exemple, la chevauchée à Saint-Maurice avait une durée d'un mois, et à Moudon de huit jours, elle n'était souvent, dans la plupart des villes du Pays de Vaud, que d'un jour et une nuit. C'est-à-dire que les bourgeois devaient servir à leurs frais pendant un jour et une nuit, mais si l'expédition durait plus longtemps, l'entretien de la troupe incombait alors au seigneur. Le ressort dans lequel les troupes vaudoises pouvaient être utilisées était soit le diocèse de Lausanne seul, soit le même diocèse avec ceux de Sion et de Genève. Les franchises d'Estavayer-le-Lac de 1350 spécifient que la chevauchée est due pour un jour et une nuit, mais si la guerre a lieu du fait des habitants d'Estavayer, elle est portée à quatre jours. — Voir DHV. — Chartes communales du Pays de Vaud, dans MDR XXVII, p. XLVII, 33,
[L. M.] (ail. Kevenach) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes : Chaviniacus, vers 814; Givinei, 1139 ; Chivini, 1178 ; Cheveney, 1310 ; Zschyveney, 1331 ; Cheveneyo, 1438. Armoiries : d'argent à une tour maçonnée et ajourée de sable mouvant d'une Champagne de sinopleet un renard de gueules rampant à la tour. Quiquerez dit avoir trouvé les restes d'un fossé d'origine romaine à l'endroit appelé la Citadelle ; d'après lui aussi, les Romains auraient eu des villas au lieu-dit l'Abbaye. En 1842, on a trouvé à Chevenez deux grands sarcophages de pierre tendre paraissant dater de l'époque gallo-romaine. Chevenez est mentionné pour la première fois vers 814 par Irminon, abbé de Saint- Germain des Prés. Il appartenait alors à l'Abbaye de Saint-Ursanne, à qui il resta pendant près de dix siècles. Au moyen âge Chevenez comprenait deux grands domaines : la cour colongère du chapitre de Saint-Ursanne, et le domaine de l'évêque de Bâle. Le rôle des colonges date du milieu du XIVe s. Chevenez était le siège d'une des quatre mairies de l'Aioie, avec qui il passa successivement des comtes de Ferrette à ceux de Montbéliard, puis à l'évêque de Bâle (1281). Il fit aussi partie de la seigneurie de Roche d'Or, mais en 1425, après différentes péripéties, l'évêque de Bâle réussit à le reprendre. Deux ans après, il fut vendu par le même prince à la comtesse Henriette de Montbéliard, puis fit retour définitivement à l'évêché lors des guerres de Bourgogne. Pendant la guerre de Trente Ans, Chevenez fut cruellement éprouvé par les troupes suédoises. Lors des troubles de 1730- 1740, Chevenez était à la tête du mouvement, et un de ses ressortissants, Jean-Pierre Riat, paya de sa tête la rébellion dont il était un des chefs. L'église, de 1630, fut reconstruite en 1842. Elle est placée sous l'invocation de saint Maurice et avait pour collateur l'archevêque de Besançon et le chapitre de Saint-Ursanne alternativement. Incendies en 1764, 1796 et 1802. Population : 1784, 632 hab. ; 1850, 952 ; 1920, 862. Registres de baptêmes dès 1703, de décès dès 1688, de mariages dès 1689. — Voir Trouillat. — Vautrey : Notices I. — L. Stouff : Le régime colonger dans la Haute-Alsace
GHEVENEZ (NOBLES DE)
CHEVROUX
et les pays voisins. — A. Daucourt : Dictionnaire des paroisses. [G. A.]
CHEVENEZ (NOBLES DE). Famille à laquelle appartint en 1181 Warenbors, sœur des chevaliers d'Undervelier, qui habitait Ghevenez avec son fils Olivier et ses filles. — Thomas, était prévôt de Porrentruy en 1312. En 1359, Richard occupait les mêmes fonctions au même lieu. — Voir Trouillat. — Vautrey : Notices I. [G. A.]
CHEVILLY (G. Vaud, D. Cossonay. V. DGS). Vge dépendant primitivement de la baronnie de la Sarra, et qui passa plus tard entre les mains d'une branche des Gingins. Patrie du peintre Gleyre et du sculptenr Lugeon. — DHV. [M. R.]
CHEVILLY. Famille vaudoise, branche cadette de celle des Gingins, en faveur de qui fut constituée la seigneurie de Chevilly en 1623. — 1. Joseph, premier seigneur de Chevilly, fut mortellement blessé à la bataille de Lutzen en 1632 à la tête d'un contingent de volontaires vaudois. — 2. Wolfgang-Charles, dernier seigneur de Chevilly, fut un des personnages les plus considérables de la République bernoise vers la fin du XVIIIe s. ; du Conseil des Deux-Cents 1764, sénateur 1780, ambassadeur à Fribourg, bailli de Trachselwald et enfin en 1795 trésorier du Pays de Vaud, c'est-à-dire chef de l'administration de ce pays. En 1798, il chercha vainement à pacifier le Pays de Vaud, et à le maintenir en union avec Berne. Il a laissé d'intéressants mémoires encore inédits. [M. R.J
CHÈVRE, Germain-Fidèle, * 1833 à Rossemaison,
t 1910 à Porrentruy, fut d'abord instituteur à Mettemberg et à Vicques, puis entra au séminaire de Strasbourg. Prêtre en 1857, curé à Vendelincourt, directeur du collège de Delémont 1864-1868, curé-doyen de Saint-Ursanne 1868-1896, de Porrentruy 1896-1910, prélat romain, nommé par Léon XIII. Historien, il a publié : Hist. de Saint-Ursanne, 1891 ; Notice hist.
sur l'abbaye de Moutier- Grandval, 1889 ; Histoire abrégéedu Jura bern., 1889.
— Voir Almanach catholique du Jura 1911. — A. Juncker : Notice hist. sur le collège de Delémont. — ASJ 1917. [G. A.]
CHEVRENS (C. Genève, Rive gauche, Com. Anières. Voir DGS sous Chevran). Hameau constitué dès l'époque historique, lieu de découverte d'un cimetière gallo-romain qui fut utilisé jusqu'à l'époque burgonde. Berceau d'une famille du même nom dont quelques membres vinrent se fixer à Genève à diverses époques. — Voir art. Anières. — ASA 1919, 79-84. — Arch. de Genève : Mns. Galiffe. [C. R.]
CHEVRESSY (C. Vaud, D. Yverdon, Com. Pomy. Voir DGS). Chiwrusie en 974. En cette année, l'évêque de Lausanne donna aux chanoines de sa cathédrale les biens qu'il possédait à Chevressy. Les chanoines durent dans la suite les perdre ou les aliéner, car il n'est plus question plus tard de cette possession. Au XIIe s., avant 1163, le domaine de Chevressy était aux mains d'Ebal de Grandson, sire de Belmont, qui le donna à l'abbaye de Montheron ; le comte de Gruyère et d'autres seigneurs ajoutèrent à cette donation. Ce domaine devint si important qu'au début du XIIIe s., il fut question d'y transférer le couvent lui-même. En 1413, le domaine rapportait au couvent un millier de francs par an. En 1536, à la Réforme, la grange de Chevressy devint propriété de la ville de Lausanne avec les autres biens du couvent. La ville ne revendit le domaine qu'en 1801. Il est aujourd'hui morcelé entre divers particuliers. En 1815, le gouvernement suisse établit à Chevressy un camp militaire pour surveiller la fron-
Mgr. Germain-Fidèle Chèvre.
D'après une photographie.
tière de France après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe. — DHV. — Reymond : L'abbaye de Montheron. [M. R.]
CHEVRIER. Famille originaire d'Hermance, reçue à la bourgeoisie de Genève en 1612. Armes : d'azur à la chèvre d'argent. — Jacob, 1717-1778, du Conseil des Deux-Cents 1770, membre du Comité de Sûreté 1793 ; il fut un des commissaires chargés par la bourgeoisie en 1766 de défendre ses droits auprès des Médiateurs. — Voir Rec. gén. suisse I, 95. — Armoriai genevois. — SKL. [H. Da.]
De nombreuses familles du même nom existent dans le Valais.
CHEVRILLES (ail. Giffers) (C. Fribourg, D. Singine. V. DGS sous Giffers). En 1180, Chivill. Armoiries : écartelé aux 1 et 4 d'or à 4 otelles de gueules et aux 2 et 3 de gueules à quatre otelles d'or. Au XIIe s. on rencontre des chevaliers von Giffers, dépendants du couvent d'Hauterive ; ils venaient probablement des possessions des sires de la Glane. Plus tard, Chevrilles dépendit de la seigneurie d'Illens-Arconciel et au spirituel du décanat allemand. Les comtes de Thierstein y possédaient aussi des fiefs qui passèrent en 1442 à l'hôpital des bourgeois de la ville et à la confrérie du Saint-Esprit de Fribourg. Wilhelm von Endlisberg vendit Chevrilles à Pierre III de Gruyère, qui le céda au médecin de la ville de Fribourg, Pierre Aczonis, en 1324 ; la propriété passa enfin à la ville. En 1630, Chevrilles fut détaché au spirituel de Marly et érigé en paroisse autonome.
— Voir Dellion : Dicl. III. — Regeste frib. — Lib. donat. Alteripe. [A. Ruchi.]
CHEVROD, de (CHEVRET). Ancienne famille éteinte, bourgeoise d'Estavayer-le-Lac. — 1. Jean, 1379-1415, curé de Constantine 1395. — 2. Jean, vicaire amodiataire d'Estavayer 1461, curé de Mézières-le-Jorat, de Meyriez, de Morens 1469. — ■ Voir Dellion : Dictionnaire. — Grangier : Annales d'Estavayer. [H. V.]
CHEVRON, de. Famille valaisanne originaire de Savoie. — 1. Humbert, bailli du Valais pour le comte de Savoie, acquit par son mariage avec Amphélise, fille de Pierre d'Aigle, la sénéchalie épiscopale et les vidomnats de Sion, Bramois, Sierre, Rarogne, Viège et Naters, et des droits sur Chamoson. — 2. Jean, chevalier et vidomne de Sierre, seigneur de Musotte, f 1406. — 3. Petermann, 1412-1456, sénéchal, vidomne de Sion, Bramois, Sierre, Viège, seigneur de Musotte et Bernune. Son fils Urbain fut la souche des de Chevron- Villette en Savoie. — 4. Pierre, 1456-1501, sénéchal de l'évêché, seigneur de Musotte et Bernune, vidomne de Granges, Grône, Chalais-Vercorin. — 5. François, 1501-1529, sénéchal, vidomne de Sion-Bramois, Sierre, Rarogne, Viège, Naters, Granges, Grône, Chalais, Vercorin. Servit en France. — 6. Nicolaus, t 1577, vendit la plupart de ses vidomnats de 1530 à 1571, et en 1532, ses droits sur Aigle et les Ormonts aux Bernois. A sa mort, la sénéchalie de Sion et le vidomnat de Sierre passèrent aux Montheolo, et ses domaines en Savoie aux de Chevron- Villette. ■ — ■ Voir Gremaud. — de Rivaz : Topographie.
— Rameau : Châteaux du Valais. — Imesch : Abschiede I. — Furrer : Hist. du Valais. — Archives locales, et de Preux, Anchettes. LTa.]
CHEVRON, CHEVRON-VILLETTE, de. Maison noble parmi les premières de Savoie. — Urbain conseiller d'Amédée IX, duc de Savoie, ambassadeur auprès des seigneurs de Berne et de Fribourg. Élu évêque de Genève en 1482 par le Chapitre, le pape annula son élection et nomma Jean de Compeys. Il mourut en 1483, archevêque de Tarentaise ; fut aussi dès 1461, prieur de Saint-Sulpice (Vaud) et abbé de Tamié (Savoie), chanoine de Lausanne. — Voir Foras : Armoriai de Savoie. — Gautier : Hist. de Genèile. [C. R.]
CHEVROUX (C. Vaud, D. Payerne. V. DGS). Vge sur le lac de Neuchâtel où l'on a trouvé en 1877 huit stations lacustres, quatre de l'époque néolithique et quatre de l'âge du bronze. Elles ont été fouillées en
CMEXBKES
CHÉZARD-SAINT-MARTIN
1882, puis d'une façon plus méthodique en 1922. Audessus d'une falaise à l'endroit appelé le Châtelard existait une vigie à l'époque romaine, où l'on a trouvé une monnaie d'argent du Xe s., frappée à Pavie à l'effigie d'Othon-le-Grand. Ailleurs on a mis à jour des tombes gallo-helvètes. Armoiries : d'argent à un bouquetin rampant de sable. Au moyen âge, Chevroux dépendit d'abord de la seigneurie de Vaumarcus, puis son territoire fut divisé en deux fiefs principaux, dont l'un relevait de l'abbaye de Payerne et l'autre du château de Grandcour. Après la conquête du Pays de Vaud, le premier devint propriété de Berne. En 1402, Grandcour accorda la combourgeoisie aux habitants de Chevroux. Avant la Réforme, le village dépendit de la paroisse de Dompierre-le-Grand ; dès lors il fut rattaché à celle de Ressudens et forma une paroisse autonome en 1733. La chapelle, construite au XVe s. et dédiée à saint Jean-Baptiste, portait à la clef de voûte les armes de Savoie. Elle est devenue le chœur de l'église actuelle ; la nef a été construite en 1678. Au XVIIIe s., Chevroux avait une importante fabrique de toiles peintes, qui dépendait de celle de Cortaillod. Les femmes qui y travaillaient et qu'on appelait pinceleuses, devaient auparavant prouver au baron de Grandcour qu'elles ne négligeaient pas pour cela leurs foyers ni les travaux des champs. — DHV. [M. R. et R. G.]
CHEXBRES (C. Vaud, D. Vevey. V. DGS). Carbarissam 1079 ; Chebres 1134 ; Chebre 1141 ; Chebri 1140 env. Cette localité a été habitée à l'époque romaine : on a trouvé en 1901, au Crêt, les restes d'une maison avec deux monnaies d'Antoine-le-Pieux. On ne sait rien de ce village au haut moyen âge. Un acte de la seconde moitié du XIIe s. mentionne parmi les propriétés de l'église de Sion un alleu in Chibriaco donné par le chevalier Reymond ; mais le contexte indique qu'il faut chercher cet endroit entre Yiège et le val d'Anniviers. Notons seulement que la chapelle de Chexbres était dédiée à saint Théodule, évoque de Sion, et que l'on mesurait au XIIIe s. avec la mesure de saint Sigismond usitée à Saint-Maurice.
En 1079, Carbarissa est au nombre des possessions du duc de Rheinfelden données par l'empereur à l'évêque de Lausanne. L'étendue de ce domaine, que le texte qualifie de potestas, seigneurie, est inconnue. Il semble qu'il faille l'entendre de tout le territoire allant du lac Léman, dès Saint-Saphorin et Glérolles, jusqu'en amont à Puidoux et au lac de Bret ; tout au moins la paroisse de Saint-Saphorin s'étendait-elle sur cette région et voit-on, vers 1160, le curé de Saint-Saphorin et le mayor de Chexbres agir au nom de tous les paroissiens. L'évêque fit administrer spécialement le village de Chexbres par un mayor et par un métrai dont les offices devinrent héréditaires. Aucun document d'ailleurs ne fait supposer que le mayor et le métrai appartinssent à la même famille, contrairement à l'assertion du DHV. Le premier mayor connu est Pierre, vivant en 1134, dont une descendante, Jacobete, apporta la mayorie de Chexbres au chevalier Hugues de Palézieux, qui acquit aussi les mayories de Puidoux et de Saint-Saphorin et reçut de l'évêque en fief le château de Glérolles, ce qui lui assura toute autorité sur l'ensemble de la paroisse. Mais ses descendants durent aliéner tout ce fief et notamment revendre à l'évêque, en 1324, le château de la Motfaz où résidait le mayor. Sur ces entrefaites, l'évêque ayant établi à Saint-Saphorin un châtelain, l'office de la mayorie fut supprimé.
Le premier métrai de Chexbres est Bonfils vivant en 1134 ; le dernier est Guillaume, 1249-1276. A ce moment, l'évêque supprima la métralie. Un acte de 1248 mentionne Pierre, dit de Crousaz, métrai de Chexbres. On en fait la souche de la famille de Crousaz, de Chexbres, quoiqu'en 1209 déjà on voie apparaître Uldricus de Crosa, Quant à Guillaume, le dernier métrai, il est dit de la Paleyre en 1274, et on le croit la souche des nobles de la Paleyre, qui s'éteignirent à la fin du XVe s. Une famille de Plaît aurait une souche analogue.
L'évêque administra directement Chexbres dès le
XIVe s. par son châtelain de Saint-Saphorin. Une administration communale commença d'ailleurs bientôt à se constituer, autour vraisemblablement de la confrérie de Saint- Théodule, mentionnée dès 1362. En 1384, l'évêque accensa à perpétuité aux 38 chefs de famille de Cheybri le four banal, situé en Clos. En 1543, la communauté de Chexbres a son assemblée de village, son conseil, son syndic ; en 1600, sa maison de commune. Cependant, elle restait unie à Saint-Saphorin et Publoz et n'en fut détachée que par décret du Grand Conseil vaudois du 31 juillet 1818.
La chapelle Saint-Théodule de Chexbres était au hameau de Crousaz. En 1688, elle fut dotée d'un pasteur distinct de celui de Saint-Saphorin. Elle fut reconstruite en 1726 et une seconde fois en 1888.
Le village de Chexbres a pris un grand développement au XIXe s., surtout depuis la construction de la ligne d'Oron, puis de celle du chemin de fer local Vevey- Chexbres. La magnifique vue dont on y jouit a fait fleurir l'industrie hôtelière. — DHV. [M. R.]
CHEYRES (C. Fribourg, D. Broyé. V. DGS). Com, Vge et paroisse. Station romaine. Formes anciennes : Cheire, Cheires, Chayres, Cheyro, Chères. Armoiries : de gueules à la fasce bandée de sable et d'argent. Ancienne seigneurie qui, en 1306, appartenait à Ulrich de Challo ; les seigneurs les plus connus sont les de la Molière et de Praroman. Les d'Estavayer, d'Ulens, de Buren, de Bonstetten, etc., avaient des droits à Cheyres. La Maison <!•' Savoie, Berne et Fribourg en furent les suzerains. Après la conquête du Pays de Vaud, Cheyres releva du bailliage de Chenaux-Estavayer ; le 14 mai 1704, l'État de Fribourg acheta la seigneurie de Cheyres d'Abraham Ansel et de Anne-Judith de Praroman, sa femme, et en fit un bailliage. De 1798 à 1848, le village fit partie du district d'Estavayer, en 1848 il fut attribué à celui de la Broyé. Cheyres était régi par le Plaid Général et le (loutumier de Vaud. 11 fit partie de la paroisse d'Yvonand jusqu'à la Béformation ; à ce moment-là, il devint paroisse. En 1443, une chapelle existait à Cheyres ; l'église fut consacrée en 1484 et reconstruite de 1749 à 1752. Patron : saint Nicolas, évèque ; le château des baillis, remarquable par son style, construit en 1762-1763, sert actuellement de cure. Registres de baptêmes et de décès dès 1761, de mariages dès 1805. — Kuenlin : Diction- . naire. — Dellion : Dictionnaire III, p. 228. — AF 1922. — Brulhart : La seigneurie et la paroisse de Font. dans ASHF VIII, p. 155. [R.«my.]
CHÉZARD-SAINT-MARTIN (C. Neuchâtel, D.
Val-de-Buz. V. DGS). Com. formée des trois villages de Grand et Petit-Chézard et Saint-Martin. Armoiries : parti, au 1 d'or à la croix alaisée de gueules cantonnée de quatre tourteaux d'azur (Chézard), et au 2 d'azur à l'image de saint Martin vêtu de blanc brodé d'or, ganté et chaussé de gueules, coiffé d'une mitre d'argent rehaussée d'or et tenant dans la senestre une crosse aussi d'or (Saint-Martin). On a découvert en 1870 une villa romaine avec hypocauste au Grand- Chézard. Les trois villages formaient déjà une communauté en 1465 et en 1531, ils passèrent entre eux un acte d'association. Le Petit-Chézard est mentionné vers 1150 sous le nom d'Essert, nom qu'il a porté pendant le moyen âge. C'est là que le prieuré de Saint-Pierre du Val-de-Travers tenait deux ans sur trois, alternativement avec Boudevilliers, le plaid de Saint-Pierre pour les hommes qui relevaient de lui au Val-de-Ruz. L'église et le village de Saint-Martin furent donnés à l'abbaye de Bevaix lors de sa fondation en 998. Le viliage fut aussi appelé plus tard Saint-Martin aux épines ; il formait une paroisse comprenant le Petit-Chézard, et le Grand-Chézard depuis 1753 seulement. Auparavant, ce dernier se rattachait à Fontaines. Le temple de Saint-Martin fut bâti en 1684 sur l'emplacement d'une chapelle. Il était décoré de quelques beaux vitraux qui furent vendus au XIXe s. Suivant la tradition, Guillemette de Vergy, dame de Valangin, aurait accordé, dans la première moitié du XVIe s., l'affranchissement de la dîme à toutes les terres
CHIAPPELLA
GHICHERIO
du Grand Chézard qu'elle put parcourir en un jour. L'industrie neuchâteloise des toiles peintes commença au Grand Chézard, aux prés Royer, en 1716 par les frères Labran. Population : 1779, 477 hab. ; 1850, 818 ; 1920, 1073. Registres de paroisse dès 1813. — Voir Matile. — Chants valanginois. — Quartier-la-Tente : Le Canton de Neuchûtel, IVe série, Le Val-de-Buz. — MN 1871, 248. IL. M.l
CHIAPPELLA, Angelo. Prêtre piémontais, chapelain d'Airolo. Un des chefs du mouvement contrerévolutionnaire tessinois de 1841. Le 30 juin, il devait conduire 150 hommes de la Léventine à l'avocat Poglia, à Riasca. Il n'en amena qu'une douzaine. Le mouvement ayant échoué, il s'échappa par le col de San Giacomo et fut condamné à mort parle tribunal exceptionnel. Il ne revint plus au Tessin. — Respini-Tartini : Storia politica del C. Ticino. \C. T.]
CHIASSO (C. Tessin, D. Mendrisio. V. DGS). Paroisse et Com. qui portait autrefois le nom de Chiasso- Rofïalora. Anciennes formes : Giasso, 1494 ; Classium tabernarum, Classius, Classio, 1591. Armoiries adoptées en 1898 : de gueules à un faisceau de licteur d'argent et à un caducée d'or posés en sautoir. Selon Maurizio Monti, la plaine de Chiasso aurait formé autrefois un lac, comme la découverte de restes de barques le laisse supposer. Le château de Chiasso est mentionné vers 1156 ; il aurait été pris par les Milanais après le départ de Frédéric Ier pour l'Allemagne, mais il est possible qu'il s'agisse alors du château de Pontegana sur le territoire de Ralerna. A Chiasso fut battu Campanella, capitaine de Franchino Rusca, par les troupes comasques sous les ordres de Giovanni délia Noce, en décembre 1448. Cette défaite fut le commencement des revers des Rusca à Morbio Inferiore, Capolago et Porlezza. Le 24 avril 1797, quelques Comasques tentèrent un soulèvement à Chiasso pour y proclamer la république cisalpine. Ils furent chassés par les habitants de Chiasso et du Mendrisiotto accourus. Le 18 juin de la même année, Napoléon reçut à Chiasso les hommages du bailli de Mendrisio. Dès le milieu du XVe s., Chiasso eut une foire aux chevaux très importante, en mai, où le duc de Milan et les condottieri se pourvoyaient de chevaux de guerre. Sous la domination suisse, Chiasso-Boffalora jouissait de l'exemption douanière. Bien que civilement Chiasso appartînt à la juridiction de Balerna, au spirituel la paroisse relevait de la pieve de Zezio (Côme). Elle en fut détachée en 1885 pour être réunie à celle de Balerna. En 1591, Chiasso formait déjà une paroisse. Celle-ci fut élevée au rang d'église prévôtale vers 1773. L'église paroissiale, consacrée en 1773, fut agrandie en 1879. Registres de baptêmes, mariages et décès dès 1616. Population. L'ouverture de la ligne du Gothard et l'installation d'une gare internationale à Chiasso provoquèrent une forte augmentation de la population : 1591, 160 hab. environ ; 1801, 579 ; 1870, 1414 ; 1900, 3700 ; 1920, 5453. — Baroffio : DelVinvasione francese. — Cantù : Storia... di Como. — Monti : Atti. — Weiss : Die tess. Landvogteien. — Periodico d. Soc. comense II, X. — BStor. 1880, 1881, 1885, 1889. [C. Trezzini.1
CHIASSO (CAMPAGNE DE). Après la conclusion de l'alliance avec le pape Jules II en 1510, le cardinal Schiner obtint des Confédérés l'autorisation de lever 6000 h. afin d'aider le pape dans sa lutte contre son vassal Alphonse de Ferrare. La troupe levée, sa destination fut modifiée ; à fin août, comme elle atteignait Chiasso et Varese; on apprit qu'elle devait renverser le régime français à Milan. La Diète décida de la rappeler dans ses foyers, où elle rentra à la mi-septembre. L'issue de cette expédition troubla quelque temps les bonnes relations entre les Suisses et le pape. — Voir Dierauer II. [E. B.]
CHIATTONE, Antonio, sculpteur, de Lugano, * 1856, f 5 septembre 1904. D'abord élève de Barzaghi- Cattaneo à Lugano et de Vincenzo Vêla à Ligornetto, il continua ses études aux académies de Milan et Florence. Il exposa souvent à Milan, Parme, Vienne, Pétrograde, Paris, Bâle, Genève et Zurich. Ses œuvres principales sont : Fils de Tell ; le monument à G. B. Pioda à Locarno ; In riposo, dont un exemplaire est au musée Rath à Genève et un autre au musée de Soleure ; la statue de
Tell, dans la salle du Conseil national à Berne ; Hiver Été ; le monument de l'impératrice Elisabeth, à Montreux, etc. Les cimetières de Lugano, Sant' Abbondio, Locarno, Faido et Milan possèdent plusieurs monuments funéraires de Chiattone. Il reçut le premio unico perpetuo de l'académie des beaux-arts de Parme, un Grand Prix à l'exposition universelle de Paris en 1900 et la grand'croix fur Kunst und Wissenschaft de l'empereur d'Autriche. — GiUSEPPE, sculpteur, frère et élève du précédent, * 1865. Il étudia aussi à Milan et à Turin ; rentré à Lugano, il travailla quelque temps avec son frère. On a de lui des monuments funéraires à Lugano, Locarno, Genève et Turgi, ainsi qu'en France et en Allemagne. La Stauffacherin de la salle du Conseil national à Berne est son œuvre. Son chef-d'œuvre est le haut-relief Ave Maria, en bronze, exposé à Berne et à Paris et acquis 10 000 fr. par la Confédération. Il exposa à Genève en 1896 Funérailles des Anges. Membre du jury international de l'exposition universelle de Paris en 1900 ; 1900-1902 membre de la Commission fédérale des beaux-arts. — SKL. — ALBK. — DSC. [C. Trezzini.]
CHIAVENNA (ail. Cl^even, Cleven), du latin Clavenna, de Clavis = clef. Cette petite ville italienne et le territoire environnant au pied des passages du Septimer et du Splùgen apparaissent en 1038 comme un comté indépendant de celui de Coire. Tout le val Bregaglia en dépendait à l'origine, et selon un acte de 1192, le comté relevait du duché de Souabe. Otto II donna en 980 à févêque Hildebold de Coire le péage du pont sur la Maira et ses biens personnels à Chiavenna ; il lui transmit peu après ses pouvoirs de comte sur la cité, pouvoirs détenus jusqu'alors par le comte Amizzo. Chiavenna passa en 1038 à un seigneur laïque, le comte Rudolf, et plus tard à Côme et avec celle-ci, en 1335, aux Visconti à Milan. En 1404, Martinus Visconti, fils de Galeazzo, donna Chiavenna et la Valteline à l'évêché de Coire. Les III Ligues s'emparèrent de ces deux régions en 1512 et les conservèrent à titre de pays sujets jusqu'en 1797. Sous leur domination, l'ancien comté forma deux juridictions : Chiavenna et Plurs. A la tête de la première était un fonctionnaire grisou appelé commissaire. Son territoire comprenait les communes de Mese, Gordena, Somolalo, Prada, Novate et le val St. Jacob. En 1797 Chiavenna et la Valteline furent réunis à la République Cisalpine. Les défaites de Napoléon en 1813-1814 et les circonstances politiques qui suivirent poussèrent les Grisons, en mai 1814, à une expédition hâtive et inutile contre Chiavenna. Le Congrès de Vienne de 1815 attribua Chiavenna et la Valteline aux territoires autrichiens de l'Italie. — Voir P.-C. Planta : Die curràt. Herrschaften, 71. — F. Sprecher : Rhet. Chronica, 366. — Œchsli : Der endgultige Verlusi des Veltlins, dans WL IV, 6, p. 368; IV, 7, p. 491. — LL. — A. Rufer dans QSG NF III, 3 et 4. [L. J.]
CHIBLIE (C. Vaud, D. Cossonay). Vge disparu, cité dès 1166, où se trouvait l'église paroissiale d'Aclens, dédiée à saint Laurent. La dame de Cossonay donna en 1282 la dîme de Chiblie au prieuré de Cossonay. — DHV. [M. R.]
CHICAND, CH (QUAND. Famille genevoise autochtone éteinte au XVIIe s., qui compta parmi ses membres deux syndics — Antoine, f 1554, et Guillaume, son frère, ardent calviniste. — Voir Galiffe : Not. gén. II, 159. — Arch. de Genève : P. H. [C. R.]
CH1CHERIO, de CHICHERIIS, de CHICHE- RIO. Famille de Bellinzone, mentionnée déjà à Bellinzone en 1484. Une branche, fixée à Giubiasco, porte le nom de Chicherio-Scalabrini. Armoiries des Chicherio de Bellinzone : tiercé en bande d'azur, de gueules et d'argent à l'arbre de sinople sortant d'une terrasse du même et brochant sur le tout, surmonté d'un croissant d'or entourant une étoile du même (1635). Trois variantes.
— 1. Giovan-Battista, fut fait en 1606 chevalier de l'Éperon d'or, comte de Latran et des palais apostoliques par Paul V. — 2. Giovan-Andrea, frère du n° 1, membre et président du Conseil de Bellinzone, chevalier de l'Éperon d'or, médecin ; reçu dans la bourgeoisie d'Uri. — 3. Taddeo-Maiua, frère des nos 1 et 2, chanoine de Bellinzone, doyen et commissaire apostolique.
— 4. Virginio, frère des précédents, médecin distingué.
CHIGHERIO
GHIÉSAZ (LA)
— 5. Carlo-Antonio, capitaine de cavalerie pour Venise dans la guerre contre les Turcs dans la Morée ; en récompense des services rendus, il fut nommé gouverneur de Megalopolis en Arcadie et des districts de Tanar et de Caritena en Messénie. — 6. Giov.-Battista, fils du n» 5, * 1702 à Modone (Morée), f à Rivolta 1762. Il entra dans la congrégation des Somasques en 1718 et fit ses études à Venise ; professeur au collège Gallio de Côme, à Lugano et ailleurs. Bon orateur et poète. A laissé une grammaire et un dictionnaire italiens, plusieurs vies de Saints ou de personnages illustres, des œuvres d'apologétique, etc., et annota les Annali sacri di Como, de Tatti. — 7. Carlo-Francesco, archiprêtre de Bellinzone de 1721 à sa mort, 24 décembre 1757. — 8. Giov.-Francesco, 1723-1783, archiprêtre de Bellinzone de 1757 à sa mort. Doyen, protonotaire et commissaire apostolique. — 9. Domenico-Glemente-Maria, * 1723, curé de Preonzo 1757, chanoine de Bellinzone
1775, protonotaire apos- -l tolique. — 10. Giuseppe-Agostino, * 1725, augustin, prieur du couvent de Bellinzone 1762, orateur recherché, t après 1780. — 11. Leopoldo-Maria, * à Bellinzone 1er janv. 1789, entra en 1807 au service de France dans le 4e régiment suisse, où il se distingua et reçut quatre décorations. Il fit la campagne d'Espagne dans le corps Dupont, prit part à la bataille de Baylen (22 juillet 1808), y fut fait prisonnier. En mai 1809, il réussit à Leopoldo-Maria Chicherio en 1821. s'échapper et reprit le D'après un portrait à la craie de service français. A la F. Kottmann. chute de Napoléon, il
passa au service du roi, mais aux Cent jours, Chicherio abandonna le roi pour suivre à nouveau Napoléon. Il commanda un régiment suisse en France jusqu'en 1830. Chevalier de la légion d'honneur. — 12, 13, 14. Francesco-Teobaldo, Carlo et Francesco, capitaines au service d'Espagne dans le 3e régiment suisse-espagnol. Francesco combattit à Baylen, à Llinas, au Molino del Rey (1808), à Valls (26 février 1809), où il fut fait prisonnier par les Français et libéré en juin suivant. Carlo combattit à Baylen, Llinas et Valls, devint ensuite lieutenant-colonel et colonel, f à Tarragone le 29 juin 1809. Francesco-Teobaldo, combattit à Baylen et Valls où il fut blessé et fait prisonnier, puis gardé en France jusqu'en 1814. — 15. Carlo-Giuseppe, conseiller régent de Bellinzone 1775, secrétaire du gouvernement provisoire de Bellinzone 1798 ; la même année, il fut élu sénateur helvétique pour le canton de Bellinzone, mais refusa cette charge ; député au Grand Conseil 1805- 1813 ; vota pour la cession du Tessin méridional à Napoléon dans la séance du 31 juillet 1811. — 16. Carlo-Francesco, chanoine de Bellinzone, membre du gouvernement provisoire de Bellinzone, 16 février 1798; député au Grand Conseil 1805-1808, f après 1824. — 17. Carlo, f à Rome 29 août 1828. Prélat domestique de Léon XII, référendaire des deux signatures. Il légua ses biens, environ 80 000 lires, à l'hôpital de Bellinzone pour l'assistance gratuite des pauvres. — 18. Alfonso-Chicherio-Sereni, * 1859, f à Bellinzone 26 déc. 1918. Membre de la constituante de 1892, député au Grand Conseil tessinois depuis 1893, où il fit partie des plus importantes commissions, président du Conseil communal de Bellinzone, membre de la délégation pour la correction du Tessin, député au Conseil national de 1915 à sa mort ; 1906 lieutenant-colonel. — 19. Floriano- Antonio, * 1781, t 2 févr. 1857, président du Conseil de Bellinzone, lieutenant du bailli, fondateur de la branche Chicherio-Scalabrini, de Giubiasco, où il s'établit en 1815. — 20. Agostino, fils du n° 19, 1820-1898. Prêtre en 1844 et recteur de l'église de Ravecchia, curé de La-
mone et Cadempino 1848, doyen du décanat de Bironico, chanoine honoraire de la cathédrale de Lugano. — 21. Fulvio, fils du n° 19, * 1826, t 24 mai 1881. Député au Grand Conseil 1855-1875, syndic de Giubiasco, lieutenant-colonel d'infanterie. — AHS 1914 et 1918. — LL. — Borrani : Ticino Sacro. — BStor. 1879, 1887, 1892, 1903, 1904, 1910-1912, 1915. [C. Trezzini.]
CHIECHEVAUX (DENTDE) (C. Vaud, D. La Vallée). Nom ancien de la dent de Vaulion, cité de 1344 (Matile) à 1709 (Archives de Vaulion). — DHV. [M. R.]
CHIESA (anciennement délia CHIE8A). Famille établie à Sagno (fin du XVIe s.), Chiasso, Sessa, Loco, etc. — 1. Francesco, * 1780 à Sagno, peintre décorateur, travailla beaucoup pour la famille comasque Porro et dans différentes églises, entre autres à Sagno. — 2. Innocente, fils du n° 1, * à Sagno 11 août 1817, t 1894, peintre. Il travailla également pour la famille Porro et dans plusieurs églises des provinces de Côme et de Milan. — 3. Francesco, fils du n° 2, * 5 juin 1871 à Sagno, poète. Il a fait un doctorat en droit à Pavie et fut d'abord secrétaire du procureur général du Sottoceneri, puis devint professeur de littérature et d'histoire de l'art au lycée cantonal de Lugano 1897, directeur de la bibliothèque cantonale 1906, directeur du gymnase et lycée cantonal de Lugano 1914. Chiesa a fondé deux revues éphémères : Idea moderna et la Piccola rivista ticinese, écrit plusieurs volumes de poésies, entre autres : Preludio (1897), Calliope, I viali d'oro, et un ouvrage sur l'Attività artistica délie popolazioni ticinesi e il suo valore storico. Correspondant de plusieurs revues italiennes, président dès 1905 de la Commission cantonale des Monuments historiques. — DSC. — BStor. 1904. — Schweiz. Schriftsteller-Lex. — Patrie suisse, 1916. — 4. Pietro, frère du n° 3, peintre, * à Sagno 29 juillet 1876. Il étudia à l'académie de la Brera, à Milan, et exposa à Munich, Paris, Venise, etc. A illustré Calliope de son frère Francesco, et en partie l'édition florentine de la Divine Comédie de Dante. Obtint en 1900 à Paris, une médaille de bronze pour son tableau Biposo. Son œuvre est dispersée dans les musées de Rome, Milan, Venise, Genève, etc. — DSC. — SKL. [C. Trezzini.]
CHIÉSAZ (LA) (C. Vaud, D. Vevey, Com. Saint- Léger-La Chiésaz. V. DGS). Hameau qui contient l'église de la paroisse de Saint-Légier-Blonay. Un texte de 1250 parle déjà des hommes de Chesia, mais le nom d'église de La Chiésaz n'apparaît qu'au XVIIe s. ; on disait auparavant l'église de Blonay. Cette église est d'origine très ancienne, puisqu'il se trouvait autour un Marterey (Martellet en 1500), soit un cimetière antérieur à l'an 1000. En 1105, l'évêque de Lausanne, Gérard de Faucigny, donne à l'abbé Robert de Molesme l'église de Blonay, avec droit de présentation du curé, au profit des moines qui y feront leur demeure. Cette donation est confirmée en 1135 par l'évêque Gui de Maligny au profit de l'abbaye de Molesme et du prieuré filial de Saint-Sulpice. En 1228, Gérard est à la fois prieur de Saint-Sulpice et de Blonay. En 1241, l'abbé de Molesme amodie au seigneur de Blonay le prieuré du lieu, à la condition qu'il lui restitue des biens enlevés et y entretienne un moine. Un moine Geoffroi vit encore à Blonay en 1285, après quoi le prieuré n'est plus qu'un domaine rural dépendant de Saint-Sulpice. En 1456, l'évêque de Lausanne en est le commendataire et l'amodie au chapelain Pierre Vioget, pour 40 florins d'or par an. Dès le XIIIe s., l'église même n'était plus desservie que par le curé, nommé sur présentation du prieur de Saint- Sulpice. Telle qu'elle se présente aujourd'hui, l'église de La Chiésaz est essentiellement du XIVe s. Ce qui la distingue, c'est de présenter deux chœurs absolument égaux, juxtaposés, séparés par un mur très épais qu'en 1416 les visiteurs épiscopaux ordonnent de percer d'une porte. En 1536, les biens du prieuré de Blonay passèrent à la ville de Lausanne avec ceux du prieuré de Saint- Sulpice. Ils furent alors rapidement aliénés. Mais en vertu d'une prononciation du gouvernement bernois de 1646, Lausanne, considérée comme collateur de l'église, dut contribuer aux deux tiers des frais d'entretien de celle-ci, la commune de Blonay supportant l'autre tiers. Cet état de choses subsista jusqu'à la Révolution. L'église de La Chiésaz a absorbé celle de Saint-Légier,
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