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CHILI

qui était paroissiale en 1228, filiale de Blonay en 1285 et n'était plus qu'une ruine en 1591, date où elle fut transformée en grange. — Arch. de Lausanne et de Dijon. — DHV. — Cartulaire de Molesme. [M. Reymond.] CHIÈTRES (ail. Kerzers) (C. Fribourg, D. Lac. V. DGS). Com., Vge et paroisse. Armoiries : d'azur à deux cierges d'argent posés en pal et allumés de gueules.

Formes anciennes : 926, Castris, Chartris; 962, ad Carcerem ; 1153, Kercers, Kerceis ; 1209, Carceres ; 1228, Chiertri; 1244, Chercerz; 1390, Chertres.

Station et voie romaines. Chiètres fut détruit par les Alémannes aux IIIe et IVe s. Il fit partie d'abord de l'ancienne seigneurie, puis dès 1476 du bailliage de Morat jusqu'en 1798 ; de 1798 à 1848, il fut attribué au district de Morat, et en 1848 au district du Lac. En 926, Rodolphe II, roi de Bourgogne, résida à Chiètres. La reine Berthe donna l'église et ses dîmes de Chiètres à l'abbaye de Payerne qu'elle'venait de fonder!(962) . L'église fut brûlée par les Bourguignons lors du siège de Morat en 1476 et rebâtie en 1477. Les libertés et franchises de Chiètres furent confirmées par Berne et Fribourg, auxquels appartenait le bailliage de Morat, en 1479 et en 1536. Chiètres était régi par le coutumier de Morat. Le dimanche des Rameaux 1530, la Réformation, qui avait été repoussée par les habitants dans plusieurs votations précédentes, fut adoptée à la majorité de 5 voix. En 1339, lors de la bataille de Laupen, l'église et 22 maisons furent incendiées par Pierre d'Aarberg, chef des troupes fribourgeoises. Incendies en 1539, 1764, 1799 et 1881. Dans le chœur gothique de l'église, récement restaurée, se trouvent quelques anciens vitraux. Registres de baptêmes dès 1752, de mariages dès 1814, de décès dès 1850. — - Jaccard : Essai de Toponymie. — Kuenlin : Dictionnaire II. — Schneuwly : Kuenlin annoté. [R^emy.] CHIÈTRES (C. Vaud, D. Aigle, Com. Bex). Colline des environs de Bex où l'on trouve des traces d'anciennes fortifications. — DHV. [M. R.]

CHIFFELLE. Famille de La Neuveville qui a compté plusieurs pasteurs et notaires, bourgeoise de Berne dès 1816. Dès le XVIe s. elle se répandit dans les localités neuchâteloises du Landeron et de Lignières. — Jacob-Georges, 1773-1843, bourgmestre de La Neuveville, membre de la Cour d'appel de Berne, adopta la forme allemande du nom Tschiffeli, qui était en usage à Berne et à Bienne dès le XVIe s. — J. Germiquet : Neuveville et ses habitants. [L. S.]

Une branche de cette famille se fixa à Fribourg où elle fut reçue à la bourgeoisie en 1830.

CHIGGIOGNA (C. Tessin, D. Léventine. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes du nom : Gazonia 1211 ; Gazogna 1227 ; Cazonio 1229 ; Chisogna et Gischonia 1515 ; Cusogna 1653. Anciennement, Chiggiogna comprenait aussi Rossura (avec Molare), Campello et Calonico et peut-être aussi Prugiasco, dans le val Blenio, qui en 1515 appartenait à la circonscription militaire de Chiggiogna. La commune avait ses statuts en 1398 ; elle était divisée en decanie dont quatre existent encore. La vicinanza avait le monopole du transport des marchandises de la souste de Faido à celle de Giornico ; elle formait aussi une des six rodarie de la Léventine et au XIIIe s. envoyait dix députés au Conseil général de la vallée. Chiggiogna appartenait encore sous la République helvétique à la faccia di mezzo composée des vicinanze de Chiggiogna, Faido et Chironico. La casa dei pagani de Chiggiogna aurait été construite au plus tard au XIIe s. (voir art. Casa dei Pagani). Une tour bâtie, d'après Rigollo, après 1402 par les chanoines de Milan pour leur commissaire, aurait été détruite en 1828. Le 17 sept. 1814, Chiggiogna demandait, avec d'autres, l'annexion de la Léventine à Uri. Inondation le 27 août 1834. Au spirituel, Chiggiogna était déjà une paroisse en 1227; elle comprenait aussi Rossura, qui s'en détacha en 1837 ; en 1351 Chiggiogna payait à l'église de Biasca, en signe de l'ancienne dépendance, 27 boisseaux de céréales comme basilicano. L'église paroissiale est très ancienne, elle fut agrandie en 1311 et 1524, et restaurée en 1867. L'ancienne tour contient une cloche

de 1510 et une autre qui remonterait, d'après une notice du martyrologe paroissial, à l'an 1005. Population : 1344, plus de 26 ménages ; 1567, 40 ménages à Chiggiogna et 3 à Lavorgo ; 1845, 219 hab. ; 1900, 393;

L'église de Chiggiogna. D'après une photographie.

1910, 421 ; 1920, 393. Registres de paroisse dès 1651. — Meyer : Blenio u. Leventina. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. — Rahn : Monumenti. — Monitore di Lugano, 1921. — Cattaneo : I Leponti. — BStor. 1880. [C. T.]

CHIGGIOGNA. Famille de notables, qui apparaît au X.IIIe s. à Chiggiogna et a donné un grand nombre de juges et de notaires, ainsi que des baillis de la Léventine pendant presque deux siècles. Elle possédait des biens dans la Léventine, dans le val Blenio et jusqu'à Iragna. — 1. Guarnerius, juge, mentionné de 1209 à 1211. — 2. Guarnerius, fils du n° 1, premier bailli de cette famille dans la Léventine, mentionné comme tel de 1223 à 1262. — 3. Jacobus, fils du n° 2, bailli de la Léventine, mentionné de 1265 à 1270. — 4. GUARNE- RIUS, fils du n° 3, succéda au bailli Alberto Cerro après l'échec de la tentative de ce dernier de libérer la Léventine, vers 1290 ; il garda cette charge jusqu'après 1331. — 5. Johannes, fils du n° 4, bailli mentionné la première fois en 1335, f avant 1371. — 6. Guarnerius, fils du n° 5, bailli de la Léventine. — 7. Franciscus, fils du n° 5, juge, cité déjà en 1354. En 1371 les chanoines de Milan lui affermaient pour neuf ans les ficta donnegalia des rodaries de Chiggiogna et de Bodio. — Meyer : Blenio u. Leventina. [C. T.]

CHILI. Il est difficile de fixer exactement le moment où les premiers Suisses allèrent s'établir au Chili ; mais il faut remonter en tout cas jusqu'au début du XIXe s., c'est-à-dire à l'époque où les Suisses commencèrent à émigrer dans l'Amérique du Sud. La plus forte émigration se produisit dans les années 1880, où l'on donnait la préférence aux provinces méridionales de la République Chilienne. La colonie comprend aujourd'hui environ 3000 citoyens suisses, la plupart de la Suisse allemande, dont beaucoup ont déjà acquis la nationalité

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chilienne. Il existe à Traiguen, sous le nom de Providentiel, un orphelinat suisse, fondé en 1893 par le pasteur Leutwiler. En 1918, le ministre de Suisse à Buenos- Ayres (Argentine) a été accrédité également auprès de la République du Chili : c'était A. de Pury (19)8-192:.') auquel a succédé depuis 1922 K. Egger. Il existe des consulats k Santiago, depuis 1918 (consulat général depuis 1922), à Traiguen 1888-1915, à Valdivia 1916, à Valparaiso 1851 (consulat général 1899-1922). En Suisse, le Chili est représenté par des consuls, à Zurich depuis 1874, à Bâle 1911-1915, à Berne 1916- 1918 (consulat général), à Genève depuis 1886 (consu-

et une petite monnaie de la fin du IVe s. ont été trouvés sur le rocher de Chillon ; ils sont insuiiisants pour attester l'existence d'un poste de surveillance romain. Sur terre ferme, en Muraz, existait une agglomération romaine explorée dès 1816, et qui fait songer au Pennelocus des itinéraires.

Moyen âge. Les fouilles opérées par M. Naef permettent d'attribuer à l'époque carolingienne la construction d'une première ligne de défense faisant face à la rive, puis la création de la terrasse à l'Ouest de l'entrée de l'enceinte, enfin, plus tard, à l'Est de l'entrée, diverses constructions disparues. L'une d'elles était une

Le château de Chillon vers 1840. D'après une lithographie de J.-F. Wagner.

lat général 1918), et à Lucerne 1916-1920. Le Chili a été représenté diplomatiquement à Berne depuis 1893, par les ministres A. Matte 1893-1896, R. Barros-Luco 1899-1919, E.-S. Sanfuentes 1901-1905, B. Silva Cruz 1905, A. Edwards 1906-1908, S. AJdunate-Bascunan 1908-1916, A. Martinez 1918-1920, M. Bivas-Vicuiïa depuis 1921. Le 31 octobre 1897 la Suisse a conclu avec le Chili un traité de commerce. Dans trois cas le gouvernement du Chili a choisi la Suisse comme arbitre : affaire Baltimore en 189 ï, affaire du guano en 1901, réclamations du Chili conire les États-Unis en 1901 — Voir M. Gysi : République du Chili. — O. Mehl: Providencia. — O.Biirger : Lehr- u. Wanderjahre in Chili. le. Benziger.]

CHILLON (C. Vaud, D. Vevey. V. DGS). Château, l'un des plus intéressants de la Suisse tant au point de vue historique qu'archéologique. Anciennes formes du nom •.Cillon 1150 ; Quilonis 1195; Chillon dès le XIIIe s. Le nom de Chillon se rencontre encore près de Lausanne au XIVe s. Au siècle suivant, on extrayait du chilliod d'une carrière à Lausanne. Diverses indications montrent que le chillon n'est pas un simple caillou de rivière, comme le pense Bruchet, mais une roche dure, plate, servant à la construction. L'îlot rocheux de Chillon pourrait bien être un bloc erratique.

Période romaine. Des fragments de tuiles calcinées

chapelle dédiée à saint Tryphon renfermant les débris d'un reliquaire carolingien. — VoirBesson : Art barbare.

Le comte Wala, ministre de Louis-le-Débonnaire, fut enfermé en 830 et 831 dans une tour que l'on a placée à Chillon; ce fut plus probablement un ancien donjon de Saint- Tryphon. Lorsque les Sarrasins franchirent les Alpes et incendièrent le bourg el l'abbaye de Saint-Maurice, vers 940, les défenses de Chillon ne suffirent pas à les arrêter. On a relevé une cou»he d'incendie, sous terre, au pied de la première enceinte.

Les droits de l'évèque de Sion. Le 1er juin 1233, Aymon de Savoie, seigneur du Chablais, reconnut tenir de l'évèque de Sion le fief de Chillon, qui s'étendait de l'Eau Froide à la cluse de Chillon. Ce fief embrassait Villeneuve, mais il n'est pas dit qu'il comprenait le chàtean de Chillon lui-même ; on peut cependant l'admettre. Il est probable que l'évèque de Sion tenait ce fief d'une concession directe du roi, entre 1005 et 1052. Vers 1150, Vaucher de Blonay, avoué de Saint-Maurice, apparaît comme co-possesseur de Chillon, mais peu après, l'on voit le comte de Savoie considérer Chillon comme étant de sa seigneurie et y tenir garnison.

Les constructions du xie siècle. On attribue au début du XIe s. la construction du donjon et celle de la tour de l'Est, dite tour d'Allinges, qui fut plus tard la demeure particulière du duc de Savoie ; au milieu du

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