BEGUIN
BEHAGEL
A. Pick : Aus der Zeit der Noth 1806 bis 1815. — 10. Edouard, * 1869, professeur de droit à l'Académie, puis à l'Université de Neuchâtel 1894, recteur 1913-1-915, membre de la Cour de cassation pénale dès 1895. — Voir sur la famille : LL. [L. S.]
BÉGUIN. Nom de famille répandu dans les cantons de Neuchâtel, Genève et Yaud.
A. Canton de Neuchâtel. Famille de Rochefort,
connue dès le début du XVe s. Un rameau s'est fixé à Boudevilliers à la fin du XVIe s. Armoiries : d'or à une barre d'azur chargée de trois roses de gueules et accompagnée de deux lions au naturel. — 1. Jean, maire de Rochefort 1462. — 2. David, lieutenant de Rochefort 1593-1613. — 3. Auguste, * 11 mai 1840 à La Chauxde-Fonds, s'établit vers 1865 à Neuchâtel. Membre du Conseil général de cette ville 1883-1906 ; président de la Commission de l'École d'horlogerie 1882-1907. f 19 décembre 1910 à Neuchâtel. — 4. Jean, architecte, * 13 décembre 1866 à Boudevilliers, étudia à Stuttgart et à Paris. Il s'établit dans son village d'abord, puis à Neuchâtel où il contribua à la construction de nombreux édifices cantonaux, f 7 février 1918 à Neuchâtel.
— 5. Ernest, * 8 février 1879 à Neuchâtel, fils du n° 3, avocat, président du tribunal du district de Neuchâtel 1905-1908, procureur-général 1908-1918, conseiller d'État dès 1918 (président de ce Corps 1921), conseiller aux États dès 1921. Il appartint en outre au Conseil général de Neuchâtel de 1909 à 1918, président 1913-1914, et fut député au Grand Conseil de 1907 à 1918. [L. M.]
B. Canton de Genève. Plusieurs familles de ce nom s'établirent à Genève, originaires de Savoie et de France. Appartient aux premières : François, du Conseil des Deux-Cents en 1535, premier secrétaire du Consistoire 1541, syndic en 1547. Il fut accusé par la suite d'avoir des rapports avec les condamnés et quitta Genève en 1556. Aux autres se rattache : Jean, d'Orléans, du Conseil des Deux-Cents en 1563. — Voir Arch. d'État Genève: Mns. Galiffe. — Gautier III et IV.
— Roget (mns. à la Soc. d'hist. de Genève). [C. R.]
C. Canton de Vaud. Alfred, dessinateur et caricaturiste, * à Saint-Légier le 1er janvier 1834, t 1906, élève de Charles Gleyre et des Beaux-Arts de Paris. Il a décoré de scènes champêtres et d'épisodes de la vie rurale les murs extérieurs de plusieurs maisons de Saint-Légier. — Voir SKL. [B.]
BÉGUINES. Au XIIIe s., ce qu'on appelle béguines, sont des femmes vivant dans le monde, faisant profession de continence et formant des associations mi-religieuses, mi-laïques. Malgré de nombreux travaux, leurs origines, qu'il faut chercher dans le dernier quart du XIIe s., restent encore obscures. Les uns (Kurth) voient la naissance de ce mouvement à Liège, les autres (Greven), à Nivelles. Il s'est, il est vrai, accentué à Nivelles ; mais il est contemporain ailleurs. C'est un mouvement général, spontané, provoqué par la piété populaire et répondant à la situation économique des villes où surabondait l'élément féminin et où se trouvait un grand nombre de jeunes filles qui n'étaient pas en état d'entrer au couvent.
Pour l'Église, ces femmes pieuses étaient des virgines continentes. Béguines est un nom populaire ; actuellement encore on n'a pas réussi à expliquer de façon certaine l'origine de ce sobriquet. Dans les pays allemands, on les nommait : Schwestern, arme Schwestern, willige Armen, arme Kinder, Feldnonnen, Waldschwestern (ce nom semble avoir été particulier à la Suisse). Parfois, on les désignait parla couleur de leur habit.
En général, elles vivaient par groupes (en Suisse de 2 à 20 personnes), la vie étant plus facile et plus agréable. Leurs maisons étaient des béguinages ; dans les pays allemands : Einungen, Klausen, Sammungen, etc. Souvent aussi, ces maisons portaient le nom de leur fondateur ou de la maîtresse du groupement. Bon nombre avaient une organisation (règle, statuts) particulière.
Quelques traits essentiels de la condition des béguines : Libres de quitter à leur gré la communauté, elles faisaient le vœu de chasteté perpétuel ou temporaire et, pour la durée de la vie commune, promettaient obéissance à leur maîtresse. Cette promesse n'avait toutefois pas le caractère d'un vœu. Pour subvenir à leur entretien — s'il n'existait pas une fondation pour les faire vivre — elles travaillaient, filaient, soignaient les malades. Souvent elles mendiaient, allant parfois de ville en ville recueillir des aumônes. Leur costume ne différait pas beaucoup du costume laïque. Elles étaient soumises à la direction spirituelle d'un curé ou d'un religieux. Dès la fin du XIIIe s. elles s'affilièrent aux ordres mendiants et nombreuses furent celles qui passèrent aux Tiers-ordres ou en adoptèrent la règle.
L'histoire des béguines est malaisée à suivre. Ce qui l'embrouille, c'est le manque de documents ; c'est que l'étiquette qui est appliquée à ces groupements n'en définit pas toujours très exactement la composition et les tendances ; c'est aussi la difficulté de distinguer dans ce mouvement — où l'hérésie pénétra de très bonne heure et fut à maintes reprises condamnée — les béguines orthodoxes des béguines hétérodoxes. Ainsi à Fribourg, les béguines du Libre Esprit n'ont aucun rapport avec la secte du même nom.
Au début du XVe s., il y eut une crise très grave due à l'hostilité générale contre les béguines sans distinction et à l'immoralité qui régnait dans certaines communautés. Les autorités civiles intervinrent. Quantité de maisons sombrèrent. Il suffit de rappeler les événements de Bâle, les mesures prises par les villes de Fribourg et Berne. En 1431, Eugène IV dut intervenir en faveur des béguines injustement persécutées, ce qui lui valut l'indignation de Félix Hemmerlin de Zurich. Presque tous les béguinages disparurent au cours du XVIe s.
Il est impossible d'énumérer ici toutes les maisons qui existèrent en Suisse au moyen âge. Il y en eut dans presque tous les cantons. Les plus nombreuses furent en Suisse allemande. Les établissements les plus importants furent ceux de Bâle, Fribourg, Berne et Zurich. A Genève, l'attitude du Conseil paraît avoir empêché les béguines de s'établir d'une façon durable. (Beg. Conseil V). A Neuchâtel et dans le Pays de Vaud, on n'en a pas jusqu'ici trouvé traces. Voir art. Hérésies.
Sur les béguines en général : Joseph Greven : Die Anfânge der Beginen, Munster 1912 ; la réponse de G. Kurth, dans Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 1913 ; la réplique de Greven, dans Hist. Jahrb. 35 (1914). — Karl Bûcher : Die Frauenfrage im Mittelalter, 2e éd., Tùbingen 1910.
Sur les béguines en Suisse, le seul travail à citer est : P. Gabriel Meier : Die Beginen der Schweiz, ZSK, 9 (1915), où est donnée une bonne bibliographie de cette question. On peut y ajouter : H. Tiirler : Bem; Bilder aus Vergangenheit und Gegenvjart. — Les pénitentes de Sainte-Marie-Madeleine mentionnées par le P. Meier n'ont aucun rapport avec les béguines. [L. K.]
BÉHA-CASTAGNOLA, Giovanni, de Lugano, * 1871, peintre, étudia à l'Académie de Hanau et à Lugano. Dès 1891, il exposa en Suisse et à l'étranger. — Voir SKL. — PS 1918. [C. T.]
BEHAGEL, Otto, germaniste, * 1854 à Karlsruhe, étudia à lleidelberg et Gôttingue, professeur
Bejjuiue.
D'après une gravure sur bois.