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CHINE

même siècle, la construction de la terrasse orientale et du corps de bâtiment au midi, destiné à l'habitation du châtelain de Chillon. Le nom de la tour d'Allinges marque que les sires d'Allinges, qui étaient apparentés aux Savoie et aux Blonay, avaient des droits sur le château et construisirent cette tour. Ils possédaient tout autour des domaines que les comtes de Savoie rachetèrent peu à peu, jusqu'en 1301.

Vers la fin du XIe s., l'espace au midi du donjon et de la tour d'Allinges fut séparé de la partie orientale et l'on y construisit de nouvelles habitations, destinées peut-être au début à l'évêque de Sion, en tout cas plus tard au comte de Savoie. C'est cette partie-là que les princes de Savoie eurent à cœur de développer et d'orner.

Le combat de Chillon. Le comte Thomas de Savoie (1189-1233), fit de Chillon l'une de ses principales résidences. C'est peut-être à lui et à l'année 1:207 qu'il faut rapporter le fameux combat de Chillon que, d'après les Chroniques de Savoie, le comte de Savoie livra au duc de Zàhringen (Chopfinghen). Il réorganisa le péage de Chillon et édifia en 1214, dans ce but, le bourg marchand de Villeneuve. En 1224, il donna au châtelain de Chillon l'ordre de lui aménager un appartement convenable, qui serait, d'après M. Naef, un remaniement des constructions au Nord-Ouest du château.

Les constructions du xme siècle. Le travail d'aménagement du château, commencé par Thomas, fut poursuivi par ses fils Avmon (1234- 1237), Amédée IV (1237-1255) et Pierre II (1255-1268). A la mort de ce dernier, le château de Chillon devait avoir à peu près les dimensions actuelles.

Dès lors, il devint une des résidences ordinaires des comtes de Savoie, et les sous-sols servaient en partie de pjison. C'est là que furent enfermés, en 1348, lors de la grande peste, les Juifs que les gens de Villeneuve mirent à mort ; qu'Othon de Grandson fut emprisonné en 1389, le trésorier Pierre Gerbais en 1381, le chancelier Guillaume Bolomier en 1445, etc.

XVe et xvie siècles. Le comte Rouge, Amédée VII, délaissa Chillon pour Ripaille. Amédée VIII, qui devint le pape Félix V, y revint quelquefois et a marqué son passage par quelques remaniements des appartements princiers et de ceux du bailli du Chablais, qui était en même temps le châtelain de Sion. Celui-ci, grand seigneur, continua à y vivre fastueusement, tandis qu'il administrait la région. En 1530, il reçut comme prisonnier le fameux prieur de Saint- Victor, François Bonivard, et lui donna l'une de ses chambres ; mais en 1532, le duc Charles fit descendre le prisonnier au sous-sol où il demeura quatre ans, jusqu'à l'arrivée des Bernois.

La conquête bernoise. Les Bernois avaient vainement assiégé le château de Chillon en 1476, lors des guerres de Bourgogne. Il s'ouvrit devant eux presque sans opposition, le 29 mars 1536, le châtelain Antoine de Beaufort ayant gagné le lac. Les baillis bernois s'installèrent dans la demeure de leurs prédécesseurs et y restèrent jusqu'en 1733, date à laquelle ils s'établirent à Vevey. Les prisons continuèrent à recevoir quantité d'hôtes incommodes, des sorciers et sorcières dont on exécuta un grand nombre au XVIIe s., les patriotes vaudois Rosset et Muller de la Mothe en 1791. En 1793, un hôpital d'invalides y fut installé.

Le régime vaudois. Les patriotes de Vevey et de Montreux s'emparèrent de Chillon, le 5 janvier 1798, sans effusion de sang. En 1835, le gouvernement vaudois le transforma en arsenal et dépôt d'artillerie. On en fit aussi une prison militaire ; le donjon reçut les archives des notaires. Mais en 1842, la Société d'histoire de la Suisse romande vint rappeler l'intérêt historique de l'édifice, que Byron (1816) et Victor Hugo (1839) avaient fait connaître à l'étranger.

Association pour la restauration de Chillon. Fondée le 6 septembre 1887, elle contribue aux travaux de restauration du château et a déjà versé dans ce but plus de 300 000 fr. à l'État de Vaud, Les travaux ont commencé en 1897 sous la direction de M. Albert Naef. — Voir L. Vuillemin : Chillon. — Rahn : Le château

Le château de Chilien. D'après un dessin de J.-R. Rahn.

de Chillon. — A. Naef : La Caméra domini. — Chillon, guide, 1922. — Bull, de l'Association de Chillon. — 1JHV. [Maxim; Reymond.]

CHILMÉGÉSILE. Évèque de Lausanne en 672. — Cart. de Lausanne, 29. [M. R.]

CHINDON (ail. Zer Kinden) (G. Berne, D. Moutier, Coin. Reconvilier. V. DGS). Zer Chindon 1236; Zchindun 1289. Hameau connu surtout par de grandes foires de chevaux, qui se tiennent en réalité à Reconvilier, le premier lundi de septembre. La chapelle, dédiée autrefois à saint Léonard, avait l'abbé de Bellelay pour collateur. Elle sert aujourd'hui de temple aux protestants de langue française des communes de Reconvilier, Saules et Saicourt. [P.-O. B.]

CHINE. Les premières relations de la Suisse avec la Chine ne remontent pas au delà du XVIIIe s. Au début du XIXe s., des horlogers du val de Travers (Neuchâtel) se firent une spécialité de l'exportation de montres fabriquées tout exprès pour la Chine. Vers le même temps, Charles de Constant (1762-1835), de Genève, fut sans doute le premier Suisse à nouer avec ce pays des relations commerciales directes. Son exemple fut bientôt suivi par différents membres des familles Borel, Bovet et Petitpierre, du canton de Neuchâtel. La Suisse, d'autre part, commençait alors à importer toutes sortes d'articles de luxe, porcelaines, laques, tissus et broderies de soie (chinoiseries), que recherchait la mode de l'époque.

C'est aussi au XVIIIe s. que les premiers missionnaires suisses (Franz Stadlin, de Zoug), se rendirent en Chine. Les grandes missions jésuites qui s'y trouvaient établies hébergèrent souvent, par la suite, des prêtres suisses. Mais tandis que les ecclésiastiques catholiques se mettaient généralement à la disposition des missions étrangères, surtout des missions françaises, les missionnaires de la Suisse protestante eurent d'emblée leurs établissements à eux. C'est ainsi que la Mission de Bàle fonda en 1846 une station à Canton, qui fut suivie de celles de Hongkong, Lilong, Tschougtshun, Nienhangli, etc.

Dès le milieu du XIXe s., on trouve plusieurs maisons de commerce suisses établies en Chine, se livrant principalement à l'exportation de la soie grège. En 1842, peu

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