CHOCOLAT (INDUSTRIE DU
après la paix de Nanking, le Directoire commercial de Saint-Gall s'efforça de resserrer les relations commerciales entre les deux pays (Mission Lindau). Les maisons suisses de Chine ayant pris avec les années beaucoup d'importance, malgré de nombreuses difficultés à vaincre, en même temps que les importations suisses en Chine ne cessaient de s'accroître, le Conseil fédéral, à l'instigation de l'Union suisse du commerce et de l'industrie, se décida en 1911 à créer à Shanghaï une agence commerciale, pour appuyer cette activité. Mais déjà en 1914 le poste d'agent cessa d'être pourvu ; aussi nos compatriotes établis en Chine se trouvèrent-ils à plusieurs reprises, au cours de la guerre mondiale, dans une situation très difficile.
Le 13 juin 1918 fut conclu à Tokio entre la Chine et la Suisse un traité d'amitié, lequel assurait à tous les Suisses établis en Chine, outre la clause de la nation la plus favorisée, tous les droits dont ils jouissaient jusqu'alors partiellement comme protégés des puissances bénéficiaires du régime des capitulations. Du même coup, le Conseil fédéral se trouvait en mesure d'entretenir désormais en Chine des représentants à lui. Il nomma le 4 janvier 1921 Johann-Lukas Isler aux fonctions de consul général de Suisse à Shanghaï, ville où se trouve la colonie suisse la plus importante. Le consul général à Shanghaï exerce, comme les consuls de carrière des autres puissances, les droits de la juridiction consulaire. Le consulat honoraire créé à Canton le 12 mai 1922 a été placé sous ses ordres.
La colonie suisse en Chine se compose surtout de commerçants et compte aujourd'hui environ 400 membres. Quant aux Chinois, ils n'ont pénétré en Suisse que très récemment. Plusieurs ont fréquenté nos établissements d'enseignement supérieur au cours de la guerre mondiale et leur nombre va croissant. Le fait que Genève a été choisi comme siège de la Société des Nations a donné à divers hommes d'État des deux pays l'occasion d'entrer en contact personnel (Wellington Koo). La République de Chine est représentée en Suisse depuis 1919 par une légation. Les noms des ministres de Chine à Berne sont : Young PaoOuang 1919-1922, Lou Tseng-Tsiang, depuis 1922. — Voir R. Lindau : Handelsbericht ûber China. — M. Huber : Bericht ûber die Môglichkeit der Erweiterung der Handelsbeziehungen der Schweiz mit Australien u. China. — W. Schlatter : Gesch. der Basler Mission 1815-1915, II. — ■' A. Chappuis : La montre chinoise. — E. Zimmermann : Chinas wirtschaftliche Verhâltnisse und seine Beziehungen zur schweiz. Exportind. [C. Benziger.] CHINUZ. Ancienne famille éteinte, bourgeoise de Fribourg. — Huguet, reçu bourgeois le 19 juin 1367, banneret du Bourg 1406-1407, trésorier 1407, f 1407. — AF. — ASHF. [H. V.]
CHIONA (CIONA), Cristoforo, Architecte et sculpteur de grande valeur, travailla de 1401 à 1413 à la construction du dôme de Milan. — SKL. [C. T.]
CHIORUS, Petrus. Voir Schneeberger.
CHIOZA, Antonio. Architecte et ingénieur militaire, travailla de 1487 à 1489 aux fortifications de Bellinzone, à la construction de la fameuse Murata. — SKL. — BStor. 1891. [C. T.]
CH IPPIS (C. Valais, D. Sierre. V. D GS). Vge et Com. Anciennes formes : Selpiz, Chipiz, Chipit. Chippis fit partie de la villa gallo-romaine, puis de la seigneurie épiscopale de Sierre, dont il continua à relever au civil et au militaire même après la séparation de Chalais. Le châtelain de Sierre y exerçait la justice au Pàqueret de Veyras. Chippis fut constitué en commune au XIXe s. Au spirituel, il releva d'abord de la paroisse de Saint- Giviez de Villa, puis de celle de Chalais dont il se sépara en 1856. Une chapelle, dédiée à saint Urbain, y est mentionnée au XIIIe s. ; une église lui succéda en 1880, qui fut remplacée en 1920 par un nouvel édifice. Le village eut fréquemment à souffrir des débordements de la Navizance, surtout en 1834 ; il fut détruit complètement en 1853 par un incendie. En 1905 la fabrique d'aluminium de Neuhausen y créa une succursale. [Ta.] CHIRONICO (C. Tessin, D. Léventine. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes du nom : Curonico, Cuironico (XIIIe s.). Chironico apparaît comme vicinanza déjà en 1227 ; elle se divisait en plusieurs decanie :
Osadigo-Grumo, Cala, Gribbio et Doro ; elle formait une rodaria autonome et avait le droit d'envoyer 10 hommes au Conseil général de la vallée. Encore en 1800, Chironico faisait partie de la faccia di mezzo avec Chiggiogna et Faido. Les nobles de Locarno y possédaient des droits fonciers qu'ils aliénèrent au début du XIIIe s. Les seigneurs de Giornico en possédaient encore en 1309. En 1405 le basilicano (basalganum) de Chironico était attribué à la castaldia de Claro. Chironico possède encore une ancienne tour, dite des Pedrini, qui est probablement du XIVe s. et qui est décorée d'une fresque peutêtre du même siècle. En 1814, Chironico fut favorable à la réunion de la Léventine à Uri. Au spirituel, Chironico était une paroisse déjà au début du XIIIe s. Son ancienne dépendance de Biasca était marquée par la redevance appelée basilicano, que la paroisse paya à l'église prévôtale de Biasca jusqu'en 1507, époque où le rachat eut lieu pour 200 lires. La chapelle de Saint- Maurice, dite aujourd'hui de Saint- Ambroise, est une des plus anciennes de la vallée ; elle remonte probablement au XIIe s. Mentionnée en 1224, elle a été la première église paroissiale. En 1570, elle était encore coparoissiale avec l'église actuelle de Saint-Maurice. La confrérie du Sacrement est de 1567. Les différentes chapelles dans les hameaux sont des époques suivantes : celles de Gribbio et Cala existaient déjà en 1567 ; celle de Nivo était en construction à cette date ; celles de Doro et Chesso sont de 1647. Population : 1567, 233 ménages ; 1845, 941 hab. ; 1900, 855 ; 1920, 786. Registres de baptêmes dès 1715, de mariages dès 1779, de décès dès 1816. — Meyer : Blenio und Leventina. — Rahn : Monumenti. — D'Alessandri : Atti di S. Carlo. [C. Trezzini.]
CHISSÉ, de. Famille de Savoie, qui a donné plusieurs ecclésiastiques au diocèse de Lausanne. — 1. Aymon, évêque de Grenoble 1388, transféré à Lausanne en 1410, mais non installé ; évêque de Nice en 1427- 1428. — 2. Humbert, chanoine de Lausanne et de Genève en 1329. — 3. Humbert, chanoine de Lausanne, officiai de Genève, représente le duc de Savoie et le chapitre de Lausanne au concile de Bâle 1434. — Reymond: Dignitaires. [M. R.]
CHISSIEZ (C. Vaud, D. Lausanne). Eschissie en 1228. Quartier à l'Est de Lausanne, autrefois planté de vignes, où le chanoine Bovon Soutey fonda en 1280 un couvent de dominicaines qui fut transféré en 1316 à Estavayer où il existe encore. Les dominicaines d'Estavayer possédèrent le domaine de Chissiez jusqu'en 1848. Elles y avaient un pressoir (truit) qu'elles louèrent au XVIe s. avec le domaine à un nommé Bender. On appela dès lors cette propriété Truit à Bender, altéré aujourd'hui en Trabandan. — DHV. [M. R.]
CHMIELECK A CHMIELNICK, Martin. Médecin et botaniste, * 1559 à Lublin en Pologne d'une famille noble, vint à Bâle en 1577. Dr méd. 1587, bourgeois et professeur de logique 1589, professeur de physique 1610, conseiller de la Faculté de médecine 1612, plusieurs fois doyen des Facultés d'art et de médecine, deux fois recteur, t 1632. Son fils — Johann-Lucas, Dr méd., t 1662 médecin de la ville de Mulhouse. — Voir A. Burckhardt : Gesch. der mediz. Fak. zu Basel, 129. — R. Thommen : Gesch. d. Univ. Basel, 361. [C. Ro.j CHOCOLAT (INDUSTRIE DU). Introduit au XVIe s. en Europe par les Espagnols, après la conquête de l'Amérique, le chocolat fut connu en Suisse relativement de bonne heure, grâce aux fabricants des pays voisins, surtout de France et d'Italie, qui parcouraient les foires et les marchés suisses. Un registre d'état-civil de la Béroche cite en 1781 et 1793 un David Benoît qui s'intitulait chocolatier. En 1803, un document officiel mentionne à Vevey une maison préparant du chocolat. C'est en voyant dans une foire deux Italiens mélanger à la main du cacao et du sucre que F.-L. Cailler conçut le plan d'une fabrication en grand. En 1819, il installait la première fabrique suisse utilisant des procédés mécaniques au lieu dit En Coppet (Com. Corsier, près Vevey). L'extension de son entreprise l'engagea à s'établir à Vevey (1863), puis à Broc (1898). En 1826, Philippe Suchard installe à Serrières sa chocolaterie qui couvrait alors 12 mètres carrés. En 1830, Amédée Kohler fonde
GHODAT