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COIRE

bienfaisance 1809. Ayant découvert les propriétés de l'iode dans le traitement du goître et des affections scrofuleuses, il consigna les résultats de ses expériences dans divers mémoires : Mémoire sur la découverte d'un nouveau remède contre le goitre, 1820 ; Nouvelles recherches sur les effets de l'iode ; Notice sur l'administration de l'iode par friction. Sa découverte lui valut en 1831 le grand prix de 4000 fr. décerné par l'Académie des Sciences de Paris. Membre de nombreuses sociétés savantes suisses et étrangères et l'un des fondateurs de la Société Médicale de Genève, qu'il présida longtemps. Il siégea aussi dans la Commission fédérale sanitaire. — 2. Jean-Charles Walcker, 1796-1876, fils du n° 1, professeur de médecine légale 1852, membre du Conseil Représentatif, médecin-chef de l'hôpital des aliénés, de 1834 à 1856. Sa destitution (1856) par le gouvernement radical qui voulait le remplacer, ainsi que d'autres médecins ayant des fonctions publiques, par des adeptes du nouveau régime, souleva une violente polémique ; le Conseil d'État se défendit dans la Revue, organe radical, tandis que ses adversaires se servaient du Journal de Genève. La faculté de médecine prit fait et cause pour Coindet et la Société médicale publia l'historique et les pièces de l'affaire sous le titre de : Documents sur la position faite

par l'administration publique à la Faculté de médecine de Genève. D'autres démissions furent la suite de cette polémique et le gouvernement put donner libre cours à ses nominations. Coindet publia en 1835 un Mémoire sur l'hygiène des condamnés détenus dans la prison pénitentiaire de Genève ; et en 1865 des considérations sur l'hygiène scolaire. — 3. Jean-Jacques-François dit John, 1800-1857, frère du n° 2, écrivain, artiste et administrateur. Il dirigea en Angleterre quelque temps un établissement de lithographie, revint à Genève et y rédigea le journal Le exposa des paysages à,

Jean-François Coindet.

D'après un portrait de la Bibl.

publique, Genève.

Fédéral. Comme peintre, il

Genève et à Zurich ; il est l'auteur d'une Histoire de la peinture en Italie. Il collabora aussi à la Revue britannique. — Voir Galiffe : Not. gén. III, 137. — De Montet : Dictionnaire. — SKL. [H. Da.l

COINSINS (C. Vaud, D. Nyon. V.DGS). Localité mentionnée dès 1212, mais qui possède un « marterey » où l'on a trouvé des tombes burgondes. Une famille noble en portait le nom au XIIIe s. Elle dépendait des seigneurs d'Aubonne. Au XVIe s., la seigneurie de Coinsins passa aux Dullit et aux Mestral. Les de Wattenwyl l'acquirent vers 1708, puis Louis de Portes, comte de Veyrier et seigneur de Genollier, qui construisit le château actuel de Coinsins. Son fils revendit, le château en 1764, qui passa dès lors en différentes mains. — DHV. [M. R.]

COINTRIN, CUYNTRINU8, QUINTRINS (C.

Genève, Rive droite, Com. Meyrin. V. DGS). Nom de lieu et autrefois de famille. Le monastère de Saint- Hippolyte cité par le DGS n'a jamais existé. — Voir Regeste genevois. [C. R.]

COIRE (ail. Chur, ital. Coira, rom. Cuera) (C. Grisons, D . Plessur. V. D GS) . On peut établir que cette ville, l'ancienne Curia Rhaetorum des Romains, sur la Plessur, existait déjà au Ve s. Elle était le siège d'un évêque chrétien ; le premier est mentionné en 452. La partie la plus anciennement fortifiée, par la nature même des lieux, était le Hof (cour épiscopale) ; il semble cependant que l'ancienne ville se soit développée sur-

tout du côté du Welsches Dôrfli, où on a trouvé des monnaies et des tuiles romaines. Coire émerge de l'obscure histoire du haut moyen âge à l'occasion des donations de l'empereur Othon Ier (952- 960), qui n'étaient que l'aboutissement d'une série de donations antérieures et eurent pour résultat de faire passer les droits seigneuriaux sur la ville du roi à l'évêque. Celui-ci était seigneur territorial de la ville dans les limites de sa banlieue. Il avait le droit de lever un impôt foncier sur les maisons et d'exiger des habitants le service de garde des murs et des portes ; il avait le péage des ponts et des marchés. L'empereur Othon Ier lui avait déjà accordé le droit de battre monnaie, et plus tard (1300), il reçut aussi de l'empereur la régale des sels, ainsi que celle de la chasse, l'ohmgeld sur la vente des vins et les droits de transport des marchandises (Portery). En 1299 l'évêque acquit, à titre de gage hypothécaire, la charge d'avoué impérial, tandis qu'il possédait déjà depuis Louis-le- Débonnaire le droit de juridiction sur son immunité. Déjà en 1282 des Consules civitatis Curiae (conseillers de ville) sont mentionnés à Coire. Et à partir de 1299, il régna continuellement une lutte sourde entre la ville et l'évêché. L'évêque avait désormais le droit d'établir le bailli, lequel jugeait aussi bien les crimes passibles de la peine de mort que les petits délits. L'évêque prétendait en outre au droit de ratifier les élections au Conseil de ville.

Armoiries : d'argent au château de gueules, sommé de trois tours crénelées, ajouré et maçonné de sable, une large voûte au milieu, et sous cette voûte un bouquetin saillant de sable, accorné et saboté d'or.

A partir de l'époque des alliances, les bourgeois de Coire refusèrent de se plier à cet état de choses. Les dates importantes dans l'histoire de l'émancipation de la ville sont 1422, 1454, 1464-1465, 1489 et 1526. En 1422 un jugement arbitral décide que l'évêque ne peut pas établir un bailli sans le consentement de la ville et qu'il a seulement le droit de remplacer les membres démissionnaires du Conseil. Les gens de Coire auront, comme ils le réclament, la haute main sur la maison des marchands et le transport des marchandises (Portery), l'évêque le droit de nommer l'ammann, le vidomne et le chancelier. Les bourgeois ne pourront établir un bourgmestre à la place du Werkmeister, qui présidait jusqu'alors le Conseil, qu'avec le consentement de l'empereur ou de l'évêque. A partir de 1454, en effet, les bourgeois ayant repris quelques années auparavant les négociations avec l'empereur Frédéric III, on voit apparaître un bourgmestre en lieu et place du Werkmeister. En 1464, après un incendie qui avait complètement détruit la ville, celle-ci obtint plusieurs privilèges ; entre autres, le droit lui était formellement reconnu d'avoir son bourgmestre et ses Conseils. En même temps, les bourgeois obtenaient celui de constituer des corporations de métier, ainsi que le droit d'exercer la haute et la basse justice sous la présidence des magistrats épiscopaux : le bailli de la ville, le vidomne, le Profektrichter et l'ammann de la ville. Ainsi se trouvaient reconnus officiellement par l'empereur : le tribunal baillival de la ville, présidé par le bailli, qui jugeait les crimes et délits, rixes, injures, etc. ; le tribunal de la ville, présidé par le vidomne, qui jugeait des causes civiles ; le Profektgericht, présidé par le Profektrichter, qui jugeait les contestations en matière de construction ; enfin l'ammann, assisté de quatre prévôts de corporations, avait la surveillance du commerce des denrées. Dès 1465 on fit usage du droit d'établir une constitution corporative. Les quatre quartiers ( Gemeinden ou Stadtteile) de la ville furent remplacés par cinq corporations : celles des vignerons, des cordonniers, des tailleurs, des forgerons et des boulangers. Chacune d'elles élisait quatorze prévôts, qui formaient ensemble le Grand Conseil de la ville ou les Septante (Siebziger). Ceux-ci, à leur tour, choisissaient dans leur sein quinze membres (trois par corporation) qui formaient le Petit Conseil. A ces quinze membres s'ajoutaient encore cinq Oberzunft-

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