‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 273 sur 425 · GOIRE · texte numérisé non relu

GOIRE

meister, qui étaient élus par les corporations sur une triple proposition du Petit Conseil. Ces Oberzunftmeister prenaient part à toutes les délibérations du Petit Conseil, sauf quand on en appelait à celui-ci contre le tribunal do la ville, parce qu'ils étaient membres de ce dernier. Ce tribunal, en effet, se composait des cinq Oberzunftmeister en charge, des cinq sortant de charge, et de cinq juges pris parmi les Quatorze ( Vierzehner ) . Dans les quinze membres du Petit Conseil étaient compris ceux qu'on appelait, les Sept (Siebner),k savoir le bourgmestre en activité, son collègue en non-activité, le bailli en activité, son collègne en non-activité, le juge

corporations étaient prépondérantes dans les affaires de la ville, comme dans les affaires des III Ligues. En 1489, la ville de Coire racheta les pouvoirs et attributions de l'avoué impérial, comme le droit lui en avait déjà été reconnu par un édit impérial de 1464. A cette occasion, la ville perdit définitivement ses droits sur les quatre villages où elle avait jadis possédé la haute juridiction.

Les Articles d'Ilanz de 1526 mirent fin à la domination temporelle de l'évêque sur la ville, en décidant que celui-ci n'aurait plus le droit d'établir aucun bailli ni autres fonctionnaires. Dès ce moment, le vidomne,

Coire en 1612. D'après une gravure sur cuivre de la Topographie de Matth. Merian.

ou vidomne, le Profektrichter, l'ammann et VObcrstzunftmeister, ce qui avec le président faisait un corps de huit membres. Le premier prévôt des corporations (Oberstzunftmeister) faisait partie de tous les conseils et autorités de la ville, sauf qu'il ne siégeait pas — on a vu plus haut pourquoi — — dans les affaires d'appel contre le tribunal de la ville. Il était choisi par les Septante parmi les cinq prévôts comme une sorte de tribun, représentant le peuple ou la ville et chargé de sauvegarder ses droits. Quant aux Sept, c'était une sorte de comité supérieur, où étaient représentées les diverses magistratures et qu'on réunissait dans certains cas graves qui exigeaient le secret ou mettaient en cause la police des mœurs. Les quinze membres du Petit Conseil et les quinze membres du tribunal de la ville formaient ensemble l'autorité suprême de la ville ou, comme on disait, Rat und Gericht. Présidés par le bailli, ces trente magistrats formaient le tribunal baillival, dont on a vu les attributions ; présidés par le bourgmestre, ils formaient l'autorité administrative qui réglait toutes les affaires importantes. Dans le Profektgericht siégeaient, avec le Profektrichter , un représentant de chaque corporation (celle des vignerons ou la vieille Herrenzunft en avait deux). Les décisions prises parles

l'ammann et le Profektrichter furent nommés par le Grand Conseil. Déjà auparavant, en 1440, Coire s'était alliée avec la Haute Ligue ou Ligue Grise ; l'acte d'alliance, d'ailleurs, ne fut dressé et revêtu des signatures du bourgmestre et du Conseil qu'en 1455 ; ce fut la première manifestation officielle d'autorité du nouveau bourgmestre. Cette alliance fut suivie en 1450 de celle de la Ligue de la Maison-Dieu avec celle des Dix Juridictions, et en 1524 de l'union des trois Ligues. En 1630, encore, l'empereur Ferdinand II confirmait à la ville de Coire l'avouerie impériale et la juridiction criminelle. Au temps de la Réforme Johann Comander ou Dorfmann convertit la ville à la religion réformée. Les églises de Saint-Martin et de Sainte-Régula passèrent aux protestants ; les deux pasteurs de la ville devinrent membres du tribunal matrimonial. Le bourgmestre de Coire fut jusqu'en 1700 chef de la Ligue de la Maison- Dieu. Depuis ce moment, les délégués de la Ligue choisirent dans le Petit Conseil de Coire deux candidats entre lesquels le sort décidait qui des deux serait président de la Ligue. La constitution corporative de la ville inaugurée en 1465 subsista jusqu'à l'année 1839 inclusivement. Une nouvelle constitution lui succéda alors, qui fut également revisée en 1862, 1879 et 1904. Ce n'est qu'en 1904 qu'on eut un Grand Conseil de ville

Page 1