‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 275 sur 425 · COLLÈGE HELVÉTIQUE · texte numérisé non relu

COLLÈGE HELVÉTIQUE

( 10LLEG1UM DEYOTOMJM

COLLÈGE. An moyen âge on entendail sous ce nom i oui es sortes do groupements, mais spécialement l'ensemble des clercs rattachés à une église, soit, cathédrale, soit collégiale. Lorsque ce collège s'organisait corporativement, il prenait le nom dis chapitre. Voir articles Chanoines. .

On désigne aussi sous ce terme des écoles, comme celles des jésuites (Lucerne, Fribourg, Sion, Brigue, Porrentruy, Soleure), ou certaines écoles classiques (Genève, Lausanne, Neuchâtel, etc.). [L. K.] COLLÈGE HELVÉTIQUE (COLLEGIUM HELVETI-

CUM). Le Collège helvétique de Milan, appelé parfois Collegium Borromaeum, préparait le clergé des cantons catholiques, des Grisons et de leurs pays sujets, et plus tard aussi du Valais. A la demande de Melchior Lussy, de Stans, le pape Pie V créa en 1566 en faveur de la jeunesse suisse 19 places dans les séminaires de Milan, Pavie, Crémone, Parme, Modène et Rome. Deux ans plus tard l'archevêque de Milan était autorisé à recevoir aux frais de son église le nombre d'élèves suisses qu'il lui plairait. A la suite de différents dons en 1576 et 1579, le Collège helvétique fut fondé, sur l'instigation du cardinal Charles Borromée, par Bulle de Grégoire XIII, du 1er juin 1579 et ouvert à fin octobre 1579. Le premier recteur fut Jean-Pierre Stupano, de Grossoto. La direction de la maison fut remise dès l'origine à la congrégation des Oblats, qui donna plus tard une partie de l'enseignement, d'abord confié aux Jésuites. Le patron du collège et de son église était saint Charles Borromée. Une congrégation de Marie exista dans la maison dès le 25 novembre 1579, ainsi qu'une Accademia Hypheliomachorum. De même qu'au Collegium Germanicum de Rome, les élèves portaient la soutane et le manteau rouges. A côté des étudiants suisses, on admettait aussi des Italiens payant une pension, de sorte que le nombre des élèves dépassa parfois cent. En 1622, le cardinal Frédéric Borromée fit une refonte des statuts de l'établissement et rebâtit magnifiquement le Collège. Ce bâtiment abrite actuellement les Archives d'État milanaises. En 1786, l'empe-

iii. 'M des soins accordés ;i ses soldats malades. Une mission Miiase à son quartier général ne put rien obtenir. Les Autrichiens, auxquels la Lombardic retourna lors du congrès de Vienne, firent aussi la sourde oreille

Le Collège helvétique au temps de saint Charles Borromée. D'après un dessin à la plume.

reur Joseph II s'en était emparé et avait envoyé les théologiens au séminaire général de Pavie ; aux autres étudiants, il avait assigné un local plus petit, la Canonica. Bonaparte supprima le collège le 7 juin 1797, et attribua ses biens au grand hôpital de Milan, en paye-

Le Collège helvétique à Milan en 1738. D'après un dessin de Lattuada.

aux demandes de rétablissement du collège. Après de longues négociations, l'empereur Ferdinand I se décida enfin, le 22 juillet 1842, en remplacement de la fondation supprimée et pour témoigner de sa bienveillance envers la Confédération suisse, à créer au séminaire du diocèse de Milan 24 places pour des élèves de la Suisse catholique, des Grisons et du Valais, à entretenir sur les revenus d'États autrichiens. Ces conditions quelque peu particulières ne furent peut-être pas assez examinées du côté suisse ; elles créèrent plusieurs fois des difficultés quant à la permanence des places ; ces dernières furent supprimées de 1848 à 1856 et très menacées de 1859 à 1862 et de 1880 à 1886. Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Tessin et Valais en possèdent chacun 2,- Glaris avec Appenzell 3, Grisons 3, Fribourg, Soleure, Argovie et Saint-Gall avec Thurgovie chacun 1. Alors qu'autrefois les élèves étaient encore notablement dédommagés de leurs frais accessoires, ils sont tenus depuis quelques années à payer un écolage. Selon leur préparation, on les envoie au séminaire de Saint-Pierre à Barlassina, ou à Monza, ou à Milan.

Voir archives de l'archevêché, de l'État, du séminaire archiépiscopal, du grand hôpital à Milan. — ■ Bibliothèque Ambroisienne à Milan. — Arch. épiscopales, Coire. — Arch. d'État Lucerne, Obwald, Nidwald, Fribourg, etc. — Ratti : Acta ecclesiae Mediolan. III. • — Sala : Documenti di S. Carlo I. — Institutiones Collegii Helvetici 1622. — Extractus regularum Congregationis in Collegio Helvetico 1648. — Gfr. 52-54 et 66. — KSB 1896. — ZSK 1911. — Monat-Rosen 1884-1885. — Lattuada : Descrizione di Milano V. — Mongeri : L'arte in Milano — Wymann : Der hl. Karl Borromeo und die schweiz. Eidg. — Steffens-Reinhardt : DieNuntiatur von G.-F. Bonhomini I, 343. — Amrhyn : Dokumentierte Darstellung iiber den Ursprung und die Stiftungen des schweiz. Kollegiums. — Wymann : Die schweiz. Freipldtze in den erzbischôflichen Seminarien Mailands. [E.W.]

COLLÉGIALE. Église desservie par un chapitre de chanoines sous l'autorité d'un prévôt. Voir art. Chanoines.

COLLEGIUM DEVOTORUM. Nom d'un établissement conventuel fondé par l'abbé Heinrich de Disentis (1252-1261) près de la petite église de St. Benedikt, en amont de Somvix (Grisons) pour des personnes des deux sexes, et qui subsista jusqu'à la Réformation. Il exista autrefois plusieurs établissements du même genre en Suisse ; une partie d'entre eux furent, comme le couvent du Muotatal, transformés au XVIe s. en couvents de femmes plus ou moins fermés. Leurs occupants

Page 1