COMTE, COMTÉS
tion. L'église de Comologno fut bâtie à la fin du XVIIe s. Une chapellenie y fut fondée le 21 juin 1703 et relevait de la paroisse de Russo ; le 16 août 1715, Comologno- Spruga était séparé de cette paroisse et érigé en sousparoisse autonome ; le 16 mars 1766 les hameaux de Corbella et Vocaglia étaient incorporés à la paroisse. Les confréries datent : celle du Rosaire de 1718 ; celle du Saint-Sacrement de 1726. Comologno est la patrie du général Carlo-Francesco Remonda. Population : 1765, 153 hab. ; 1801, 311 ; 1900, 624 ; 1920, 582. — Buetti : Notizie storiche religiose. — Baroffio : Dell' Invasione francese. — Simona : Note di arte antica. [C. T.]
COMPAGNIE. Unité de troupes dont l'effectif a varié ; à l'origine, elle comptait 600 h. Cette expression se rencontre déjà en France et en Italie au XIIIe s. Parmi les troupes levées par le roi de France, Charles VIII, et par Charles-le-Téméraire, on trouve des compagnies d'ordonnances, mais ce n'est que depuis Louis XIV que le terme de compagnie a été employé d'une façon générale pour désigner, à la place du mot enseigne, les plus petites subdivisions d'infanterie. Berne introduisit en 1651 une nouvelle division de ses régiments en compagnies de 200 h., y compris les officiers et sous-officiers. — Voir E. von Rodt : Gesch. des bern. Kriegswesens II. — v. Alten : Handbuch. [h. S.]
COMPAGNIE DES PASTEURS ET PROFES- SEURS DE GENÈVE. Le but de cette Compagnie était de maintenir la concorde entre les ministres et de veiller à la pureté de leur vie et de leur doctrine (Ordonnances ecclésiastiques de Calvin, 1541). Elle nommait les pasteurs et professeurs de théologie et se recrutait par cooptation sous le contrôle du Petit Conseil, jusqu'en 1847. Calvin en fut le modérateur à vie, Bèze le modérateur annuel constamment réélu ; de 1580 à 1831, la charge de modérateur fut hebdomadaire (avec une interruption de 1606 à 1612). La Compagnie eut jusqu'au XIXe s. la direction de l'Instruction publique. Elle a travaillé aux révisions de la Bible (1588 et 1805) et des liturgies et a publié un catéchisme officiel (1788 et 1858). Elle a pratiqué jusqu'à la fin du XVIIIe s. le droit de remontrances aux magistrats, a joué un rôle modérateur dans les luttes politiques et est demeurée constamment en correspondance avec les églises étrangères. Autrefois corps directeur de l'Église et de l'enseignement théologique, elle n'est plus maintenant qu'un corps consultatif. L'ancienne Compagnie se composait des pasteurs en office et des professeurs de théologie et de philosophie. [E. C]
COMPAR, Valentin, originaire probablement de Maienfeld, maître d'école dans le canton d'Uri, dont il reçut la bourgeoisie en 1513 ; devint secrétaire d'État. Il écrivit en 1525 une défense de la foi catholique contre Zwingli ; il n'en reste que des fragments recueillis dans la réponse de ce dernier. Il représenta l'abbé de Pfâfers à la Diète des V cantons à Zoug le 2 décembre 1531 et rédigea en 1532 un rentier de la paroisse d'Altdorf qui est conservé. — Voir LL. — Kluser : V. Compar und sein Streit mit Zwingli, dans Hist. Nbl. von Uri 1895. — AS G X, 103 et 460. — ZSK 1924. [E. W.]
COMPARET. Famille originaire des Clefs (Haute- Savoie), fixée à Genève dès le XVe s. Armes : d'azur à un cerf d'or issant de la pointe accompagné en chef de deux sonnettes d'argent. — 1. Jacques, reçu bourgeois de Genève en 1467. — 2. François, petit-fils du n° 1, eut la tête tranchée par le bourreau en 1555 pour avoir soutenu les perrinistes. — 3. Jean-Antoine, * 1722, acquit un certain renom en littérature et publia entre autres des Lettres à J.-J. Rousseau sur l'Emile. Cette famille donna à Genève plusieurs membres du Conseil des Deux- Cents et des notaires. — Voir Arch. de Genève. — Hec. gên. suisse I, 112. [C. R.]
COMPENGIE. Ancien nom de Villeneuve, cité de 1005 à 1250. Voir Villeneuve.
COMPESIÈRES (C. Genève, Rive gauche, Com. Bardonnex. V. DGS). Groupe de maisons autour de l'ancienne commanderie. Des nobles de Compesières sont cités au XIIe s. L'église du lieu fut donnée à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem par l'évêque Aymon de Menthonay en 1270. Le nom de Compesières a été donné jusqu'en 1851 au territoire des communes actuelles de
Bardonnex et de Plan-les-Ouates. — Voir Arch. de Genève. — Regeste genevois. — Galiffe : Genève hist. et arch. — MDGXlV. [C. R.]
COMPEY, COM POIS, de. Famille de Savoie originaire de Compois, actuellement hameau près de Presinge (Genève), remontant au XIIIe s., qui a joué un rôle important au pays de Vaud et à Genève. Armes : de gueules à cinq étoiles d'argent, au chef d'argent chargé d'un lion de sable lampassé de gueules. — 1. Gérard, châtelain de l'Ile et vidomne de Genève 1288- 1301. — 2. Guillaume, seigneur de Thorens, acquit en 1339, par héritage, la sénéchalie de Lausanne, que ses descendants possédèrent jusqu'en 1450. — 3. Simon, petit-fils du n° 2, f 1396, seigneur de Thorens, épousa Perronette de Saillon, héritière de la seigneurie d'Aigle et des Ormonts. — 4. Jean, f 1455, seigneur de Gruffy, chambellan du duc Amédée VIII, reçut en 1428 de lui la seigneurie de Prangins. — 5. Jean, petit-fils du n° 3, seigneur de Thorens, lieutenant général du duché de Savoie en 1449, favori de la reine Anne de Chypre, tristement célèbre par ses cruautés ; il commanda un corps dans les guerres de Bourgogne, fut massacré à Vevey le 10 mars 1476 par la population, à la suite d'une rixe. — 6. Jean, fils du n° 5, chancelier de Savoie, évêque de Turin 1468, de Genève 24 juillet 1482-14 juin 1484, archevêque de Tarentaise 1484. f 28 juin 1492. — 7. Philippe, frère du n° 6, protonotaire apostolique, prévôt 1467-1469, puis sacristain de Lausanne 1473-1497, élu évêque de Lausanne le 2 janvier 1469, mais non confirmé ; administrateur du diocèse de Lausanne 1473, de l'abbaye de Payerne et du prieuré de Lutry, vicaire général de Genève 1469 et de Lausanne 1492-1496, doyen de Savoie, f 18 mai 1497. — 8. Philibert, fils du n° 5, seigneur de Thorens et Aigle, assassina en 1479 à Allaman Bernard de Menthon et eut ses biens confisqués. — 9. Philibert, fils du n° 8, f vers 1540, dernier de sa famille. — Voir Foras : Armoriai. — Regeste genevois. — de Montet : Documents sur Vevey. — Reymond : Dignitaires. — B. Dumur : Les Sénéchaux de Lausanne. \M. R ]
COMPTOIR NATIONAL. Les troubles révolutionnaires de Genève à la fin du XVIIIe s. provoquèrent une grave crise économique. La population vivait en grande partie de l'horlogerie, bijouterie, orfèvrerie et arts accessoires. Afin de lui venir en aide, l'initiative privée organisa un Comptoir national ou Établissement patriotique d'horlogerie (1793-1798). Il s'ouvrit le 1er mai 1793 et en octobre suivant faisait travailler 1075 artisans. Mais, n'arrivant pas à vendre ses montres, ses capitaux s'épuisèrent et c'est l'État qui dut prendre le Comptoir national à sa charge. Au début de 1795, 1500 ouvriers étaient occupés et l'on avait dépensé 400 000 fl. Le 7 octobre 1795, le Conseil administratif, à bout de ressources, passa un compromis avec deux des gérants, Dufour et Fol, commandités par l'État. Cette commandite, dénoncée le 7 avril 1798, mit fin à l'existence du Comptoir national.
D'autre part, l'État subventionnait aussi une École de filature de coton, installée au Théâtre des Bastions, sorte d'atelier national destiné aux citoyennes genevoises dans le besoin. — Voir Rivoire : Ribliogr. — Compte de la gestion du Conseil administratif, 3 avril 1796. — Babel : Les métiers dans l'ancienne G. [Antony Babel.]
COMTE, COMTÉS. L'origine du titre de comte, qui avant d'être un titre de noblesse, servait à désigner une fonction, remonte à la constitution impériale au temps des Carolingiens. Le comte, du latin cornes, était le fonctionnaire royal placé à la tête d'un district ou d'une région ( Gau) pour y exercer l'administration civile et judiciaire. Sous l'influence du régime féodal, les comtés, comme toutes les fonctions impériales, tendirent à devenir de plus en plus des emplois héréditaires. Au début fonctionnaire révocable, le comte devint avec le temps un administrateur héréditaire qui exerçait souverainement les droits publics dans son district ; les revenus de la fonction devinrent partie intégrante de sa fortune personnelle. Au commencement du XIIIe s., le caractère primitif de l'institution avait totalement disparu. Sous les rois de la dynastie saxonne et salique, les comtés étaient couramment traités comme des fiefs. Les comtes ne prirent plus le