COMTE
nom des régions dans lesquelles se trouvaient leurs biens et où s'exerçaient leurs droits féodaux, mais celui de leurs châteaux, construits pour servir de défense. La surface et les frontières des Gaue et des comtés primitifs ont dû être entièrement changées par le passage de la fonction de comte en fiefs héréditaires de certaines familles. Le mot Gau (pagus) désignait primitivement (au sens géographique) une certaine région, dans les parties allemandes du pays, surtout dans les environs des anciennes localités romaines. On fit des anciens Gaue des districts carolingiens ou comtés dont les frontières étaient primitivement souvent les mêmes que colles des anciens « Gaue », de sorte que les désignations de « comté » (comitatus) et « Gau » (Pagus) pour un certain domaine, alternent dans les anciens documents. Déjà à la fin du XIe s. la désignation de comté ou comitatus est employée non seulement pour la désignation d'un domaine fermé, mais plutôt pour l'ensemble des droits comtaux. Avec le temps, les anciens Gaue ont été divisés en plusieurs comtés, ou bien de nouveaux comtés ont été formés des parties de plusieurs anciens Gaue. Le mot Gau devint de plus en plus une désignation géographique sans signification officielle ; il s'est maintenu en Suisse où il est redevenu officiel dans la désignation allemande des deux cantons d'Argovie (Aargau) et de Thurgovie (Thurgau).
En Suisse la plupart des dynasties comtales connues disparurent au moment du déclin de la féodalité, d'autres prirent fin plus tard, après avoir succombé dans leurs luttes avec les nouveaux groupements politiques ou acquis un droit de bourgeoisie dans les villes. Les renseignements qui suivent se rapportent aux anciens comtés alémannes, burgondes, lombards et rhétiques créés en Suisse aux VIIIe, IXe et Xe s. et dont les limites ne peuvent être déterminées d'une façon précise, vu le peu de documents qu'on possède quant à leur situation.
Au Nord-Est de notre pays on distinguait le Klettgau et le Hegau comprenant le territoire actuel de Schaffhouse et des parties du canton de Zurich et du pays de Bade. Au Sud, de celui-ci s'étendait le Thurgau, dont les limites au Sud et à l'Est se confondaient avec celles de la Rhétie et s'étendaient par exemple jusqu'au col de la Furka et jusqu'au Tôdi. A l'Ouest il allait jusqu'au cours inférieur de l'Aar et de la Reuss et comprenait ainsi à peu près les cantons actuels de Thurgovie, de Zurich (moins le Klettgau), d'Uri (sans la vallée d'Urseren), de Schwyz, de Zoug, d'Appenzell et des parties de Saint-Gall, d'Argovie et de Lucerne, peutêtre même d'Unterwald et de Glaris. A partir du IXe s., le Zurichgau fut élevé au rang de comté, (des bandes de territoire autour des anciennes villes romaines étaient déjà désignées sous le nom de pagus (gau) au temps des Romains). En 1122 Engelberg (donc Unterwald) et même Uri lui furent incorporés. h'Aargau s'étendait au Nord le long du Rhin jusqu'à Augst ; la frontière occidentale ne peut être déterminée. Il est certain que ce comté comprenait les cantons actuels d'Argovie et de Lucerne presque en entier et des portions des cantons de Berne et de Soleure. A l'extrémité Est du Jura et au pied du Botzberg se trouvait le Frickgau, entre le Rhin et l'Aar ; et aux environs de l'antique cité romaine d'Augusta Rauricorum VAugstgau qui pourrait avoir formé un comté, soit à lui tout seul, soit avec le Sisgau (Bâle-Campagne) situé à l'Ouest. Mais à l'origine le Frickgau, l'Augstgau et le Sisgau étaient des parties intégrantes du grand comté d'Aargau. De l'autre côté de la Birse s'étendait le Sundgau qui s'avançait assez loin en Alsace, divisé en plusieurs régions, dont, entre autres, le Baselgau. Comme ce dernier l'Elsgaii (Ajoie), aux environs de Porrentruy, faisait partie du duché d'Alsace. Plus loin du côté Sud, dans le Jura bernois actuel, s'étendait le Sornegau comprenant le Val de Moutiers, puis dernier comté sis en terre purement allémanique, le Buchsgau à droite et à gauche de la ville d'Olten. Dans la Suisse burgonde, le comté de Vaud (Pagus valdensis) qui, partant d'Aubonne et du Léman embrassait au Nord tout le canton de Neuchàtel et à l'Est des parties du canton de Fribourg. Il existait aussi un Pagus Vuisliacensis, Vully. dans la région de la Broyé. Au Sud-Est était situé le district d'Uecht-
land (Ochtlandia). Le comté de Gruyère (Ogo) n'était qu'une partie de l'important comté de Vaud. Le comté de Bargen, mentionné dès le Xe s., et qui n'est jamais désigné sous le nom de pagus, comprenait sans doute la plus grande partie du territoire bernois actuel à l'Ouest de l'Aar. On ne sait à quel comté appartenaient les vallées de l'Oberland bernois. Genève fut le centre d'un comté s'étendant essentiellement sur la rive Sud du Léman. Un comté Equestre exista sous les rois de Bourgogne entre Aubonne et Nyon. La vallée du Rhône enfin constituait le comté du Valais.
Les vallées tessinoises qui sont orientées du Nord au Sud formaient probablement des comtés particuliers au moment où le royaume lombard fut conquis par les Francs. Il y a lieu de mentionner les comtés de Bellinzone, de Stazzoha et de Seprio près de Varèse, dont le territoire comprenait tout le sol tessinois. Au pied du Bernardin se trouvait le comté de Misox. Chiavenna et Bregaglia sont mentionnés comme comtés autonomes. Bien que le pays rhétique fut divisé, à l'époque franque, en deux comtés, Rhétie supérieure et Rhétie inférieure, il était administré par un seul fonctionnaire qui s'appelait, suivant les lieux, président, duc, recteur, margrave ou comte. Les limites de ce comté de Riess (Biessgau) s'étendaient jusqu'au Val d'Urseren et jusqu'au lac de Wallenstadt, et à l'Est jusqu'au Vintschgau. Le Prâtigau ne formait pas à l'époque franque un comté spécial ; en revanche à l'intérieur de la Rhétie, on trouvait le Churwaldengau (Vorarlberg, Rheintal saint-gallois, Sargans et Gaster) et la Rhétie de Coire (tout le territoire rhénan des Grisons, avec la Haute-Engadine). La Basse-Engadine appartenait au Vintschgau qui est aussi mentionné comme comté spécial. Enfin, à l'entrée du Rhin dans le lac de Constance, il faut mentionner le Rheingau avec les anciens territoires de Saint-Gall et du Vorarlberg. — Voir Joh. Meyer : Gesch. des Schweiz. Bundesrechts . — Schrôder : Deutsch. Rechtsgesch. I. — Waitz : Deutsch. Verfassungsgesch. III. — MVG 13. — ASG VI, 366. — DHV. — Œchsli : Origines. — P.-E. Martin : Études critiques sur la Suisse à l'époque mérovingienne. — Dierauer I. — Art. Noblesse. [h. Tr.]
COMTE. Famille des C. de Fribourg et de Vaud. A. Canton de Fribourg. Famille originaire de Romont. Armoiries : d'argent à la grue de sable adextrée d'une croix de gueules. — François, notaire, 1821- 1855, député au Grand Conseil 1848 à 1856, greffier, puis président du tribunal de la Glane 1849-1856, juge suppléant du Tribunal cantonal 1850- 1856 ; juge cantonal 1857 ; f 23 février 1857. — Pierre, député au Grand Conseil 1848-1856 ; juge d'appel 1848 ; juge cantonal 1849-1857 ; président du Tribunal cantonal en 1851, 1852, 1856 et 1857 ; président du Grand Conseil en 1853 et 1855 ; conseiller aux États 1851. — Jules, * à Romont, médecin à Genève, chirurgien-adjoint de l'Hôpital cantonal pendant quatre ans ; refusa un appel de l'université de Sofia. Collaborateur à plusieurs publications scientifiques suisses et étrangères, f 1896.
Une branche de cette famille s'établit à Fribourg au début du XIXe s. et y fit souche. — 1. Georges, de Romont, procureur 1804, avocat 1805, reçu bourgeois de Fribourg 3 janvier 1814. — 2. Jean, fils du n° 1, * 1805, notaire 1837-1862, juge cantonal 1862-1879, t 1879. — 3. Etienne, fils du n° 2, * 1836, notaire, juge suppléant au Tribunal cantonal, homme politique ; un des fondateurs du Cercle catholique de Fribourg. —
4. Joseph, fils du n° 2, * 1837, président central de la Société des Étudiants suisses 1861, curé de Châtel- Saint-Denis 1865, promoteur de la construction de l'église actuelle de Châtel-Saint-Denis, bourgeois d'honneur de cette localité ; nommé recteur du Collège Saint- Michel, puis chanoine de Saint-Nicolas, il déclina ces fonctions pour conserver le ministère ; chanoine honoraire de l'abbaye de Saint- Maurice, f 10 février 1907. —
5. Joseph, * 1866, président du Comité interdiocésain de la Suisse française à Lourdes, titulaire de l'Hospi-