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CONSTANCE ET LA SUISSE

d'exhortation et de censure. La juridiction matrimoniale fut réservée au consistoire de Neuchâtel, qui se transforma en une Chambre matrimoniale. Un tribunal semblable fut également institué à Valangin, à côté du consistoire. — Voir Matile : Ilist. des institutions judiciaires de Neuchâtel. — Boyve : Annales. [L. M.]

CONSOLE (CONSUL). Nom donné au Tessin aux chefs administratifs de la vicinanza, de la degagna ou squadra, et môme des consortiums d'alpage. Les consuls prirent parfois le nom de redores ; ils étaient ordinairement au nombre de deux par vicinanza, quelquefois quatre ou même un seul. La charge de console est mentionnée déjà au XIIe s. Les consuls étaient nommés par l'assemblée générale, quelquefois par leurs prédécesseurs (dans la Capriasca). Ils constituaient l'organe exécutif, avec des compétences très variables ; ils représentaient la vicinanza dans les conseils de la vallée ou de la pieve. Dans les communes isolées, les consuls administraient aussi la justice, entre autres à Carona et à Sonvico. — Meyer : Blenio u. Leventina. — Heusler : Rechtsquellen des Kt. Tessin — Martignoni : Schéma storico giuridico del patriziato ticinese. [C. T.]

CONSORTAGE. Nom donné à des associations valaisannes constituées pour la construction et la surveillance de canaux d'irrigation appelés bisses. Les membres du consortage possèdent des droits déterminés et variés. Ils nomment des procureurs ou gardes pour veiller à l'entretien des bisses et président à la distribution de l'eau suivant les règlements adoptés.

Des consortages existent aussi pour la possession de montagnes ou d'alpages. [Ta-]

CONSTABLES ou CONNÉTABLES (ail. KONStaffel). Nom donné à la noblesse et à l'ancienne bourgeoisie de Zurich depuis 1336. En faisaient partie les chevaliers, les nobles et les bourgeois rentiers, négociants, drapiers, changeurs, orfèvres, qui n'appartenaient pas aux corporations. C'est la constitution de Rudolf Brun qui institua, à l'imitation de celle de Strasbourg de 1334, une classe de constables (cornes stabuli) à qui elle accorda la moitié des sièges du Petit Conseil, soit 13 sur 26. Dans le Grand Conseil, on comptait aussi, outre le Petit Conseil et les bourgmestres, 78 constables et 78 représentants de corporations. C'est dans les rangs des constables que se recrutait la Chambre haute (Stùbli). Le rôle politique des constables comme celui des corporations prit fin en 1798. — Voir Dândliker : Geschichte Zurich. [L. S.]

CONSTABLE, Claude de, d'une famille noble de Franche-Comté, fut lieutenant général 1582-1598 et receveur général 1590-1598 de la seigneurie de Valangin. En 1598, la terre du Sorgereux fut érigée en fief en sa faveur. — AHS 1897, p. 142. [L. M.l

Famille vaudoise d'Orbe, qui a donné des magistrats et des ecclésiastiques au Pays de Vaud aux XVe et XVIe siècles. [M. R.]

CONSTAM, Emil-Joseph, Dr phil., * en 1858 à New York, f le 11 février 1917 à Zurich, privatdocent de chimie physique 1885-1899, puis professeur 1899-1917 à l'école polytechnique de Zurich. Il fut le promoteur et le directeur de l'institut pour l'analyse des combustibles ; bourgeois de Zurich 1908. En 1896 il découvrit, de concert avec Hansen, la série des corps nommés percarbonates. — Voir NZZ 15 février 1917. — ZWChr. 1917, n° 8. [D. F.]

CONSTANCE ET LA SUISSE. C'est dans les luttes que soutint la ville de Constance contre son évèque dès la fin du XIIe s. qu'il faut chercher les causes de sa politique et de ses premières relations avec les Confédérés. Une première alliance, en 1312, avec Zurich, Schaffhouse et Saint-Gall, fut conclue par ordre du roi Henri VII, mais les traités d'alliance postérieurs eurent surtout pour but de soutenir Constance dans ses tentatives d'indépendance. La grande alliance conclue dans cette ville le 21 fév. 1385 entre Berne, Zurich, Zoug, Soleure et Lucerne, et la Ligue des villes de Souabe et du Rhin était surtout dirigée contre l'Au-

triche. Toutefois, lors de la guerre de Sempach. les alliés de la Ligue, et parmi eux Constance, firent faux bond aux Confédérés. Dans la guerre de l'abbé de Saint-Gall contre Appenzell, Constance prit parti pour le premier et perdit une centaine de ses bourgeois à la Vôgelinsegg (1403). En 1405, elle conclut un traité avec le duc Frédéric d'Autriche, et en 1407 fit cause commune avec les chevaliers de la Croix de Saint- Georges et d'autres nobles de la Souabe contre Appenzell. Pendant cette période, Constance accrut son mlluence politique en Thurgovie en recevant bourgeois de nombreux habitants de cette région. En 1417, après la mise au ban de l'empire du duc Frédéric d'Autriche, le roi Sigismond hypothéqua à Constance les droits de haute juridiction et de chasse sur la Thurgovie et le bailliage de Frauenfeld. Ces gages restèrent en sa possession après la réconciliation du roi avec le duc. Constance acquit en outre, en 1431, la moitié du bailliage de Weinfelden, qu'elle garda jusqu'en 1542, et, dans le cours du XVe s., celui appelé Auf den Eggen. Par ces droits en Thurgovie et ses relations de commerce avec les habitants, Constance joua un rôle important dans une contrée que se disputèrent l'Autriche et les Confédérés. A la suite d'un soi-disant affront fait à quelques Suisses dans une fête de tir à Constance, quelques milliers de Confédérés s'avancèrent jusqu'à Weinfelden et ne consentirent à se retirer qu'après avoir reçu une forte contribution (1458). Au retour, une partie des troupes occupa Rapperswil, ce qui ralluma les hostilités contre l'Autriche et aboutit à la conquête de la Thurgovie (1460). Constance défendit énergiquement ses droits sur la Thurgovie contre les Confédérés, entre autres ceux de haute juridiction. Mais, sous le prétexte qu'elle favorisait des usuriers juifs au préjudice de Thurgoviens indigents, une expédition de corps francs d'Uri, auxquels se joignirent des habitants d'Unterwald et de Zoug, s'avança en 1495 jusque dans le voisinage de la ville, malgré l'opposition dé Zurich, Lucerne et Schwyz. On extorqua la soi-disant Anlassbrief en vertu de laquelle Constance s'engageait à remettre la décision au sujet de la haute juridiction à des personnes désignées par Uri, Unterwald et Zoug, ou à défaut à payer 4000 fl. Les gouvernements de ces trois cantons ayant fait cause commune avec les corps francs, ' refusèrent, malgré les sommations des autres Confédérés, de se dessaisir de cette Anlassbrief. Constance, qui était depuis 1488 en négociation avec Zurich et Berne pour entrer dans la Confédération, en fut exaspérée et adhéra en 1498 à la ligue souabe. Pendant la guerre de Souabe, cette ville servit de quartier général à l'ennemi ; dans la paix de Bâle elle perdit définitivement ses droits de juridiction en Thurgovie.

Dans la suite, la politique de Constance oscilla entre l'Autriche et la Confédération. De nouvelles négociations pour faire admettre cette ville par les Confédérés n'aboutirent pas. Constance accepta la Réforme, ce qui la rapprocha de Zurich. En décembre 1527, les deux villes conclurent pour dix ans un traité de « Combourgeoisie chrétienne » auquel adhérèrent plusieurs cantons protestants. Cette alliance provoqua de la part des cantons catholiques une violente animosité contre Constance. En 1531, celle-ci adhéra à la Ligue de Smalkalde ; elle fut la dernière à résister à Charles-Quint, croyant, à tort, que les cantons protestants lui prêteraient main forte. Ils restèrent neutres. Dans les cantons catholiques on fit la sourde oreille lorsque la France proposa d'admettre dans la Confédération la ville en détresse. Les tentatives faites par les cantons protestants pour lui procurer de l'argent et des troupes de la France échouèrent. Une médiation des Confédérés fut repoussée par Charles-Quint. Le 14 oct. 1548 Constance ouvrit ses portes à ce monarque ; elle dut sacrifier la Réforme et son droit de ville libre.

Dès lors, les relations de Constance avec les cantons catholiques s'améliorèrent, mais celles avec les protestants se refroidirent. Pendant la guerre de Trente ans, Zurich caressa un moment l'espoir de regagner

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