CONSTANCE I
Constance à la Confédération et au protestantisme. Mais l'Autriche ne cessa de s'opposer à la transformation de cette ville en une place frontière neutre, avec une garnison de Confédérés, pour l'empêcher de tomber aux mains de la France. D'autre part, les cantons protestants ne voulurent pas s'engager pendant cette guerre à la défendre par les armes en cas de nécessité. Au début du XIXe s., il fut de nouveau question de l'entrée de Constance dans la Confédération. Joseph Anderwert, entre autres, déploya une grande activité pour faire de cette ville le chef-lieu du canton de Thurgovie. Mais, à la paix de Presbourg, en 1805, elle échut au grand-duché de Bade, et toutes les tentatives ultérieures, auprès de Napoléon, du gouvernement badois, des congrès de Vienne et de Paris, en 1814 et 1815, pour incorporer cette place importante à la Suisse échouèrent. En 1785, plusieurs familles genevoises se fixèrent à Constance, à la suite des luttes intestines de leur patrie. A l'une d'elles appartint le général G. -H. Dufouc. — Voir AS I. — ASHR. — Dierauer. — W. Martens : Gesch. der Stadt Konstanz. — J. Werder : Konstanz und die, Eidg., dans Bericht der Realschule Basel 1885. — J. Marmor : Die Beziehungen der Stadt Konstanz zu der Eidg., dans Arch. S G XVIII. — Ph. Ruppert : Die Landgrafschaft Thurgau im Besitz der Stadt Konstanz, dans Konst. Geschichtl. Beitràge III. — A. Nâf : Die Bûndnisse der Stadt St. Gallen mit den deutschen Reichstâdten... 1312-1411, dans SVB IV. — J. G. Wirz : Zurich u. Konstanz im Kampf... — U. Dikenmann : Die Stellung der Stadt Konstanz in der Landgrafschaft Thurgau von 1417-1499. — A. Maurer : Der Uebergang der Stadt Konstanz an das Haus Oesterreich, dans SVB XXXIII. — J. Marmor : Die Genfer Kolonie in Konstanz, dans SVB I. [F. Gallati.]
CONSTANCE (CONCILE DE). Le concile de Constance, 1414-1418, devait mettre fin au schisme de la papauté qu'avait encore accentué le concile de Pise en nommant en 1409 le pape Jean XXIII. Trois papes: ce dernier, Grégoire XII et Benoît XIII s'excommuniaient l'un l'autre. Il fallait reformer la tête et les organes de l'Église chrétienne. Le pape Jean, venu à Constance avec une grande suite dans l'espoir de majoriser l'assemblée, se vit obligé d'abdiquer, devant un vote émis par nation. Il s'enfuit le 20 mars 1415 par Ermatingen et Schaffhouse à Fribourg-en-Brisgau, avec l'intention de gagner la France d'où il aurait retiré son acte d'abdication. Fait prisonnier sur l'ordre du roi Sigismond qui assistait au concile, il fut conduit au château de Gottlieben et déposé par le concile, de même que les deux autres anti-papes. Frédéric d'Autriche, qui lui avait aidé à fuir, fut mis au ban de l'empire et dépossédé de ses biens. Sigismond ordonna au comte Frédéric de Nuremberg d'entrer en Thurgovie ; il occupa Diessenhofen, Frauenfeld et Winterthour. Les Confédérés conquirent l'Argovie. Schaffhouse acquit l'immédiateté impériale. Dépossédé de son héritage des Habsbourg- Kibourg, Frédéric « à la poche vide » se jeta en 1418 aux pieds du roi, dans le couvent de Munsterlingen et obtint sa grâce. Il recouvra ses biens de Thurgovie sauf la juridiction et le droit de chasse, sauf aussi le bailliage de Frauenfeld, hypothéqué par le roi à la ville de Constance pour 3100 fl. Les possessions argoviennes restèrent aux mains des Confédérés. Le concile, où toute la chrétienté de l'époque avait envoyé ses chefs, crut avoir maîtrisé l'hérésie en condamnant l'enseignement de Wiclef et en livrant au bûcher Jean Huss et Jérôme de Prague. Il ne put supprimer les abus dans l'Église, car il passa à l'élection du pape avant d'avoir pris une décision à leur sujet. Martin V, dont le nom sortit de l'urne le 1er novembre 1417, fixa la clôture de l'assemblée à fin avril 1418. Ainsi prit fin ce grand colloque religieux sur lequel on avait fondé les plus grandes espérances. — Voir von Wessenberg : Die grossen Kirchenversammlungen des 15. und 16. Jahrh. — Hefele : Hist. des conciles. — Dierauer. — Dàndliker. [Sch.]
CONSTANCE (ÉVÊCHÉ DE). Armoiries: d'argent à la bande de sable. L'évêché de Constance dut sa fondation, au milieu du VIe s., au transfert dans cette ville du siège épiscopal de Vindonissa détruite par les Alémannes. Le premier évêque connu est Maxime (550-
583 ?). Dépendant à l'origine de l'archevêché de Besançon, l'évêché de Constance fut attribué plus tard à l'archevêché de Mayence. Ce fut le plus grand des évêchés des peuples de langue allemande. Ses limites, déterminées dans le diplôme de l'empereur Frédéric Ier, de l'an 1155, allaient de l'embouchure du Rhin dans le Bodan rejoindre le Rhin à Ettenheim en passant par Ulm, Gmùnd et Marbach ; en Suisse, elles suivaient le cours du Rhin jusqu'à l'embouchure de l'Aar, remontaient le fleuve jusqu'à l'extrémité du lac de Thoune, franchissaient le Gothard, les montagnes de Glaris, de Saint-Gall, pour revenir au Bodan. La partie suisse du diocèse se subdivisait en cinq archidiaconats : Argovie, Thurgovie, Zurich, Klettgau et Bourgogne (Berne). La riche et puissante abbaye de Reichenau dépendit directement du Saint-Siège jusqu'en 1540, époque à laquelle elle fut incorporée au diocèse de Constance. L'abbaye d'Einsiedeln, en 1452, et l'abbaye de Saint-Gall, en 1590, se libérèrent de la juridiction de l'évêque de Constance. Le domaine temporel de l'évêché de Constance en Suisse était situé surtout en Thurgovie ; défendu par les châteaux épiscopaux d'Arbon, de Bischofszell, de Blidegg, de Castell, de Gottlieben, de Gùttingen, d'Heidelberg, de Hùgelshofen, de Liebbourg, de Liebenfels, de Moosbourg, d'Œttlishausen, de Schonenberg, et de Tanegg. Les châteaux de Kaiserstuhl et de Kussenberg, au bord du Rhin, et les petites villes de Klingnau et de Neunkirch étaient aussi propriétés épiscopales. L'incorporation de l'abbaye de Reichenau vint augmenter encore d'une façon considérable l'importance du diocèse. L'annexion de la Thurgovie par les huit cantons (1460) provoqua toutes sortes de conflits ; l'évêque de Constance était prince de l'empire et jouissait jusqu'alors de l'immunité pour les territoires soumis à sa domination, mais les Confédérés refusaient de reconnaître ces droits. En 1465 l'évêque Burckhard II, soupçonné d'être allié à l'Autriche, dut se justifier de cette accusation devant la Diète d'Einsiedeln. Pour prévenir de nouveaux conflits, l'évêque Hermann III conclut en 1469 avec la Confédération une alliance défensive et offensive que ses successeurs renouvelèrent en 1474, en 1494 et en 1497. A teneur de ce traité, les châteaux de l'évêque étaient ouverts aux Confédérés et jouissaient de leur protection. Lorsque l'évêque Hugo se rallia à la ligue souabe, les Confédérés s'assurèrent des places fortes d'Arbon, de Bischofszell et de Moosbourg. La prise de la forteresse de Gottlieben par les impériaux entraîna, en 1499, la destruction du château de Castell. La Réforme, à laquelle adhérèrent toute la Thurgovie et la ville de Constance, engagea l'évêque à transférer sa résidence à Meersbourg. Le 22 juillet 1509, l'évêque.et les Confédérés conclurent enfin un traité qui fixait pour des siècles les droits des deux parties, deux jours avant le Gerichtsherrenvertrag en Thurgovie. Le traité conclu entre l'évêque Christophe et les Confédérés le 26 juillet 1554 à Baden, déclara comme limite des États épiscopaux le milieu du petit lac de Constance. Les tentatives de contre-réforme dans les bailliages communs trouvèrent naturellement de l'appui auprès de l'évêque de Constance. Elles provoquèrent avec les cantons réformés de fréquents conflits qu'apaisa définitivement le pacte de Diessenhofen de 1713.
La sécularisation de l'évêché de Constance en 1803 . lui fit perdre ses possessions suisses et le 11 août 1821 le / pape Pie VII prononça la suppression de cet évêché. Le dernier évêque fut Dalberg, et le dernier administrateur du diocèse, J.-H. von Wessenberg. La partie du diocèse située en Suisse échut en 1819 en partie à l'évêché de Coire. — Voir TU. — ■ Regesta episcoporum Constantiensium. — Pupikofer : Thurgau. — Brandi : Quellen u. Forschungen z. Gesch. von Reichenau. — AS I. — Steiger : Die Jurisdiction der Abtei St. Gallen, dans SZK 1922, 1923. — Jakob Merck : Chronik dess Bisthumbs Costanlz 1627. — Christoph Schulthaiss : Konstanzer Bistumschronik dans Freib. Diôz. Arch. VIII, X, XI. — Mulinen : Helu. sacra I. — Liber deciinationis 1275. — Liber quartarum, 1324. — Freiburg. Diôz. Archiv IX et