BELLI
devaienl la garde an château de Grandrour ; plus lard, ils relevèrent de la châtellenie de Cudrefin. Bellerivo est la patrie d'Henri Bessard (f 1874), professeur à l'école polytechnique de Riga. — DHV. [M. K.|
BELLES-LETTRES (Sociétés d'étudiants de).
Les sociétés de Belles-Lettres sont au nombre de quatre dans la Suisse romande et une à Zurich. La première en date est celle de Lausanne. Le 17 novembre 1806, cinq étudiants de l'auditoire de Belles-Lettres y fondaient un petit cénacle qui prit le nom de Société de Belles-Lettres. En 1835, il entra en relation avec une société de Genève qui portait Le même nom. Fondée le 15 janvier 1824 sous le nom de Société de littérature, celle-ci avait pris en 1826 le nom qu'elle porta dès lors. Les deux sociétés étaient unies par le but qu'elles poursuivaient en commun : développer chez les étudiants l'amour du pays romand et de sa littérature, mais elles gardèrent leur autonomie, et chacune eut son histoire propre. En 184") apparut l'insigne qui deviendra commun, la casquette verte, portée à Genève dès novembre 1845, à Lausanne dès le mois d'août 1846.
A Neuchâtel avait été fondée le 8 novembre 1832 la Société des étudiants neuchàtelois, qui devint le 19 février 1839 la Société littéraire des étudiants neuchàtelois. Celle-ci entra en relations en 1845 avec la Société de Belles-Lettres de Lausanne, et. en 1846 avec celle de Genève. Au mois de septembre 1846 les Neuchàtelois arboraient la casquette verte et, le 9 mai 1849, ils prenaient aussi le nom de Société de Belles-Lettres. De gymnasiales qu'elles étaient, ces sociétés devinrent l'une après l'autre académiques, puis universitaires.
L'Académie de Lausanne posséda de 1856 à 1860 une autre société d'étudiants poursuivant le même but que Belles-Lettres ; c'était la Mercurienne . Pendant quelques années il y eut lutte entre les deux groupes, puis une fusion intervint en 1860. De la Mercurienne Belles-Lettres de Lausanne a gardé le mot Persévérance dans sa devise et le filet blanc à la casquette et au ruban. A Neuchâtel, Belles-Lettres fusionna, pour des motifs politiques, avec la Société de Zoflngue (juin 1863). Mais le 17 septembre de la même année elle se reconstituait déjà et réclamait ses archives et son drapeau. Ce différend avec Zoflngue donna lieu à de longues négociations qui ne prirent fin qu'en 1878. On rendit aux Bellettriens leur drapeau, et les archives furent déposées à l'Académie. En 1880 et 1881 furent fondées à Lausanne, Neuchâtel et Genève des sociétés d'Anciens-Bellettriens.
Le mois de novembre 1899 vit naître à Fribourg une quatrième Société de Belles-Lettres, qui fut reçue dans le faisceau romand en 1901. Une Société d'Anciens-Bellettriens suivite n 1920. Enfin, le 11 juillet de cette même année 1920, une cinquième Société de Belles-Lettres se constituait à Zurich. Elle groupe des étudiants romands de l'Ecole polytechnique fédérale et de l'Université.
Une fête centrale réunit les Sociétés de Belles-Lettres. La première eut lieu à Rolle le 30 avril 1846. Deux ans après Rolle vit pour la première fois les trois sociétés réunies ; le ruban vert-rouge-vert fut ajouté à la casquette et la devise Union-Etude fut adoptée. En 1864 apparaît un règlement central, qui se borne à instituer une Commission administrative et laisse aux trois sociétés une entière indépendance.
Belles-Lettres de Lausanne a honoré la mémoire d'Alexandre Vinet en lui élevant un monument en 1900 ; Neuchâtel a. érigé un buste à la mémoire d'Agassiz en 1887, et Genève à celle de Marc Monnier en 1888.
Publications des Sociétés de Belles-Lettres : La Revue de Belles -Lettres (1846-1861, 1865-1869, de 1873 à nos jours). — Livre d'or de Belles- Lettres 1806-1894. — Souvenir du cinquantenaire de la première fête de Rolle 1846-1896. — Chansonnier des Sociétés de Belles- Lettres (5 éditions). — En pays romand, anthologie des poètes de la Suisse romande. — Chants populaires de la Suisse romande pour voix mixtes, 1887.
Société de Lausanne: Souvenir du 7 Sme anniversaire le 23 novembre 1881. — Souvenir du centenaire des 6, 7 et 8 juin 1906. — Livre d'or de Belles-Lettres de Lausanne 1806 à 1906 (avec un supplément de 1906 à 1913). — Georges Jacottet : Oeuvres choisies 1919.
Société de Genève : Souvenir du 60me anniversaire du
16 février 1884. — Vers Bellettriens, de Marc Monnier. — Refrains bellettriens, par. laques.
Société de .Neuchâtel : Souvenir du cinquantenaire du 14 avril 1887. — Souvenir du LXXVK anniversaire de Belles-Lettres du 21 novembre 1907. — Livre d'or de Belles-Lettres de Neuchâtel, 1832-1907. [G. Attinoeb.]
BELLES-TRUCHES. Nom dune famille noble savoyarde, de Chambéry, qui posséda à Vevey un fief avec un château qui prit son nom et un château à l'emplacement de l'hôtel actuel des Trois Couronnes ; en outre un domaine de vignes au-dessus de Rolle, lequel a conservé son nom. — DHV. [M, R.]
BELLET, Pierre-Maurice, d'une ancienne famille du Val d'Iliez, surnommé, à cause de sa taille, le « Gros Bellet », fut le héros de la révolution de Monthey le 8 septembre 1790 Furieux des procédés et des exactions du gouverneur haut-valaisan, le médecin Schiner, quelques Valdiliens, ayant à leur tète le Gros Bellet, enlevèrent ce jour-là le château de Monthey. Le châtelain avait pris la fuite pour Saint-Maurice. Bellet est resté dès lors, dans l'imagination populaire du Bas-Yalais, le champion de la liberté. — Voir de Bivaz : Topographie. — L. Ribordy : Documents à l'histoire du Valais. — Abbé Clément : Mns. [Ta.]
BELLETZER. Ancienne famille d'Unterwald (Obwald), paroissienne de Sarnen, et peut-être originaire de Bellinzone (en ail. Bellentz). Mentionnée déjà auXVe s. — Voir Kûchler : Genealogische Notizen. [Al. T.]
BELLEVAUX (C. Vaud, D. et Corn. Lausanne. V. DGS). Couvent de cisterciennes fondé en 1267 par Agnès de Gruyère dans le vallon de la Loue, à quelques minutes au Nord de Lausanne. On l'appela couvent de Vaux Sainte-Marie jusque vers 1380. L'église fut construite de 1271 à 1274, et bénéficia le 23 septembre 1274 d'une bulle d'indulgence du pape Grégoire X. Le nombre des religieuses atteignit rarement la dizaine. En 1476, l'église fut pillée par l'armée du duc de Bourgogne. En 1536, le couvent fut désaffecté, les religieuses dispersées, et ses biens devinrent la propriété de la ville de Lausanne. Il ne subsiste plus aujourd'hui du couvent que les fondements de la grange. Le quartier est devenu populeux depuis une douzaine d'années. — Voir E. Chavannes : L'Abbaye de Bellevaux. — Archives cari/tonales. — DHV. [M. R.]
BELLEVAUX, de. Famille noble de Neuchâtel, éteinte dans la première moitié du XVIe s. Armoiries : d'azur à la bande d'or chargée de trois roses de gueules et accompagnée de dix billettes du second. — Girard, mentionné en 1203, figure en 1215 parmi les ministériaux des comtes de Neuchâtel. — Un autre Girard obtint en 1345, du comte Louis, un fief important comprenant une maison à Neuchâtel, des vignes au quartier actuel de Bellevaux, une partie de la dîme d'Areuse, des terres au Val-de-Travers, etc. Il fut augmenté en 1480 de terres et droits fonciers dans la châtellenie de Thielle. A l'extinction de la famille, le fief de Bellevaux passa en différentes mains, et entra en 1725 dans la famille d'Ivernois pour n'en plus sortir. Il prit fin avec le rachat des cens et dîmes vers le milieu du XIXe s. — Voir Boyve : Annales. - Matile. — Quartier-la-Tente : Le canton de Neuchâlel, lre série I, p. 125. [l. m.]
BELLEVUE (C. Genève, Rive droite. V. DGS). Commune formée pour des motifs politiques et confessionnels le 1er juillet 1855. Elle faisait partie auparavant de la commune de Collex-Bossy, réunie à Genève en 1815. Le village deBellevue ne comptait au commencement du XIXe s. que deux maisons. La commune, par contre renferme les localités plus anciennes de Colovrex, Valavran, Vengeron, L'Ermitage. Population : 1920, 506 hab. Registres de paroisse dès 1855. [R.]
BELLI, Giuseppe, de Prato (Valle Maggia), * 14 août 1752. Lors de l'instauration de la République Helvétique dans le Tessin, il fut un des quatre représentants du Locarnais auprès du Sénat helvétique et de Rapinat pour leur soumettre diverses revendications : respect
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de la religion, permission d'importer des marchandises de la Cisalpine, réunion de Locarno et de Bellinzone en un canton, etc. Le 11 juillet 1798, il fut nommé représentant du canton de Lugano au Sénat helvétique ; membre de la Diète cantonale 1801-1802. On ignore la date de sa mort. — Voir Franscini-Peri : Storia délia Svizzera Italiana. — Motta : Nel 1° centenario delVindependenza ticinese. [C. T.]
BELLIÈVRE, POMPONE de. Homme d'État français et diplomate, * 1529, f le 7 septembre 1607. En 1502, il fut chargé d'une mission auprès des Confédérés, et d'avril 1564 à octobre 1565 représenta son pays auprès des Ligues Grisonnes, qu'il détermina à renouveler l'alliance avec la couronne de France. De mars 1566 à janvier 1571, il fut ambassadeur ordinaire auprès de la Confédération, et à titre extraordinaire de novembre 1572 à mars 1573, ainsi qu'en août 1574. — Voir Rott. : Henri IV, les Suisses et la Haute-Italie. — Rott : Représentation diplomatique II. — LL. — ASI IV. [A. R.]
BELLIGER, Kaspar, * 10 juillet 1790 à Ebikon, t 11 mai 1845 à Lucerne. Lithographe, cartographe et
BELL INI. Famille d'origine italienne, établie à Sion en 1432. — 1. François, capitaine en France, gouverneur d'Evian 1562 ; en 1572, il acheta à Monthey le fief de Veteris avec la tour, aujourd'hui l'arsenal. Cette famille, qui s'éteignit au XVIIIe s., a donné plusieurs châtelains de Bramois : François 1581, Mathieu 1633, Pierre 1673. — de Rivaz : Topographie. — Rameau: Châteaux du Valais. [Ta.]
BELLINZONE (ital. Bellinzona, ail. Bellenz) (C. Tessin, D. Bellinzone. V. DGS). Chef-lieu du canton du Tessin, de la pieve de Bellinzone et de l'ancienne seigneurie ou comté du même nom. Anciennes formes du nom : Bilitio, Biiitiona, Vilitio (dans Grégoire de Tours et Paul Diacre) ; Bellinciona, Berinzona (721, 762, 1379), Berizona (803), Beliciona (901), Beiiziona, Bellizona( 977) Birixona (1173), Belinzona (1055). Armoiries: En 1476, le duc de Milan confirmait les armoiries de Bellinzone, qui portaient d'or à un serpent d'argent. Plus tard on adopta un champ de gueules. Toutes les autres variantes, y compris celles indiquées dans le DGS et les AHS 1895, sont purement arbitraires.
îKS?
Bellinzone en 1645. Daprés une gravure sur cuivre de Matt. Merian.
maître de dessin à Aarau où il fonda avec son frère le premier établissement suisse de lithographie. Il a publié un panorama de Habsbourg et une carte scolaire du canton d'Argovie. Il prit part à la deuxième expédition des francs-tireurs comme dessinateur militaire, fut fait prisonnier et interné à Lucerne où il mourut. — Voir SKL. — F.-X. Bronner :Der KantonArgau. [F.W.] BELLIKON (C. Argovie, D. Baden. V. DGS). Com. où l'on a trouvé des haches néolithiques et des briques romaines. Anciennes formes : Pellihon, vers 1240 fermes des descendants de Ballo (Fôrstemann I, 243). Armoiries : d'argent à un château de sable. Le couvent d'Engelberg y avait des terres aux XIIIe et XIVe s. Le bailliage et les droits de basse justice appartenaient aux frères Johann et Niklaus von Maschwanden, qui les vendirent en 1353 à Peter Krieg, de Zurich. La famille Krieg les conserva jusqu'en 1616. Le château appartenait primitivement aux seigneurs de Bellikon s. Rhin (actuellement Bellingen) ; en 1616 il fut acheté par Ludwig Keller, de Bâle, et en 1640 il devint la propriété de la famille Schmid, d'Uri, qui prit le nom de Schmid de Bellikon. A la Révolution, il échut à la commune qui fut constituée à ce moment-là. La chapelle du château date du XVe s. Le règlement communal date de 1706 1708. La chapelle a été construite en 1853. — Voir Mcrz : Handatlas. — Le même : Die Gemeindewappen des Kls. Aargau. — Le même : Wekrbauten und Burganlagen. - - Gfr. 51. — Kindler von Knobloch : Oberbad. Gesehlechterbuch. — Th. Kaufmann : Leberdie Gesch. des Bohrdorfer Berges (Mns.). [O. Z.] .
Origines. La région de Bellinzone dut avoir une population très dense aux époques préhistoriques à en juger par les nombreuses trouvailles d'objets étrusques et de tombeaux gallo-romains faites à Giubiasco, Pianezzo, Arbedo, etc. On fait remonter Bellinzone à l'épo-
Sceau de Bellinzone, 2<"* moitié du XV« s.
Sceau de Bellinzone, XVIIIe s.
que gauloise ; sous les Romains c'était une place forte, et dans les environs les Alémannes livrèrent bataille en 354 aux soldats de l'empereur Constance. La première mention de Bellinzone se trouve dans Paul Diacre : De gestis Lon go bardorum , et dans Grégoire de Tours : Historia Francorum. Tous deux l'appellent un castrum. Domination de l'évêque et de la ville de Côme. Bellinzone et son territoire figurent de bonne heure parmi les possessions de l'évêque de Côme, à qui ils auraient été donnés, avec tous les droits souverains, par les rois Luitprand en 721, et Didier en 764. Les actes relatifs
BELLINZONE
BELLINZONE
à cette donation sont considérés comme apocryphes, cependant d'autres sont authentiques ; ainsi l'acte de donation de Charlemagnc en 803, de Louis III en 901, etc. Bellinzone et le comté appartinrent à l'évêque jusqu'au commencement du XIII* s. On ne peut préciser à quelle date ils passèrent à la ville de Côme : en 11912, le roi Henri VI donnait liellinzone à cette dernière, mais en 1200, l'évêque y rendait encore la justice. Celle-ci par contre était exercée en 1231 par les représentants de Côme. Sous ce régime, Bellinzone était gouvernée par un podestat, mais pour ses affaires intérieures, elle jouissait d'une grande autonomie et avait un Conseil général. En 1240, l'État de Côme ayant été divisé en arrondissements, Bellinzone et le comté tirent partie de celui de Porta Sala. Les évèques de Côme, cependant, conservèrent leurs grandes propriétés dans le territoire de Bellinzone ; à plusieurs reprises, celles-ci furent remises en fiels aux nobles de Locarno.
Les luttes contre les Hohenstauffen, sur lesquelles se greffèrent les rivalités entre Côme et Milan, eurent leur répercussion à Bellinzone. Frédéric Ier y vint en 1176 enrôler des troupes pour son armée. Dans la paix conclue en 1196 entre Côme et Milan, il est stipulé que Milan aura des nuncii à Bellinzone pour empêcher l'exportation des céréales. En 1239, Bellinzone passa avec Côme au parti de Frédéric II, mais trois ans plus tard Henri de Sax et Simon Orelli, alliés de Milan, assiégèrent et prirent la ville et le château. Une armée de Côme y fut battue et perdit 500 hommes. Selon Meyer, il n'est pas improbable que la chute de Bellinzone, jusqu'alors réputée imprenable, ait eu une influence déterminante sur le passage de Lucerne au parti du pape (1244) et sur le fait que, lors de la révolte de Schwyz et d'Unterwald, Lucerne et Uri restèrent guelfes pour ne pas compromettre leur commerce (1247). Bellinzone dut former comme un condominium de Henri de Sax et de Simon Orelli, qui gouvernèrent par l'entremise de Marchisio délia Torre, de Mendrisio. En 1249, la ville rentra sous la domination de Côme, et en 1263 repassa au parti guelfe.
Domination des Visconti et des Sforza. En 1294, Adolphe de Nassau élut Matteo Visconti vicaire impérial pour la Lombardie. En 1303, Matteo, les Rusconi et les gibelins, en guerre contre les Vitani de Côme, s'emparèrent de Bellinzone et y réunirent une armée pour attaquer Lùgano, Varese et même Côme, où ils furent battus. Matteo céda à Franchino Rusca la ville et le territoire de Bellinzone, qui ne furent restitués à Côme qu'en 1307 contre paiement de 4000 livres. Bellinzone fit retour à Franchino Rusca en 1335, et en 1340, fut. assiégée par Giovanni et Luchino Visconti. Elle se rendit le 1er mai 1340 ; les Visconti obtinrent la ville et le château vieux, tandis que les Rusca gardaient le château neuf et leurs immunités personnelles. A cette occasion les fortifications durent être détruites. Le 13 octobre 1396, Bellinzone fut, avec Côme, définitivement cédée à Milan par le roi Venceslas ; dès ce moment commence la véritable domination des Visconti, qui jusqu'alors n'avaient probablement exercé leur juridiction sur la ville qu'en qualité de vicaires impériaux.
A la mort de Gian Galeazzo Visconti (1402), le baron Albert de Sax s'empara avec les Rusca, de Blenio, Riviera, Monte Dongo et Bellinzone, dont il se fit donner l'investiture par l'empereur Sigismond. En 1407, les Uranais et les Obwaldiens s'emparèrent de la ville ; un traité d'alliance fut conclu entre eux et les Sax. Ceux-ci s'engageaient à tenir Bellinzone ouverte à leurs alliés, et les autorisaient à y avoir une garnison. En 1419, les comtes de Sax vendirent Bellinzone et le comté à Uri et Obwald pour 2400 fl., sous la réserve des immunités douanières pour les gens de Misox et de la vallée du Rhin. Mais, à la suite de la défaite d'Arbedo (1422), la ville et le comté firent retour aux Visconti dans le traité de paix du 21 juillet 1426. Bellinzone devenait le siège du tribunal chargé des litiges d'une valeur supérieure à 100 fl. surgissant entre les Suisses et le duc Visconti, et dépendit dès lors du podestat de Côme. Après une tentative d'Uri de s'emparer de la ville en 1439, celle-ci fut reconnue au Visconti par traité d'avril 1441, mais ce dernier dut exempter les Suisses de tous droits de
douane, le sel excepté, jusqu'aux portes de Milan. Le siège de la cour arbitrale fut transféré à Lucerne. A la proclamation de la république ambrosienne, 1447-1450, Bellinzone se déclara en faveur de Côme et de la république contre Sforza. La république étant tombée, la ville se rendit à Francesco Sforza, non sans avoir été en proie à la guerre civile. Le nouveau duc confirma à la ville ses statuts et privilèges, 16 mars 1450. En 1478, Bellinzone eut à subir un siège de 14 jours de la part des Suisses.
Domination française. Le 13 juin 1495, le futur roi Louis XII promit aux Suisses, s'ils l'aidaient dans la guerre contre Ludovic le More, la possession de Bellinzone, de Lugano et de Locarno. En 1499 le duc fut vaincu et Louis s'empara de Bellinzone, mais il ne tint pas sa promesse. Il ne put toutefois conserver la ville qui, en janvier 1500, se souleva et repoussa la garnison française dans la Murata et le château de Sasso Corbaro.
Domination suisse. Ludovic le More ayant été fait prisonnier le 10 avril 1500, Bellinzone, craignant la vengeance française ne vit de salut que dans les Suisses. Elle profita du passage de 900 Uranais et Schwyzois, revenant probablement d'Italie, pour les prier de la protéger contre les Français. Les Suisses, aidés des Bellinzonais, les chassèrent de la Murata et de Sasso Corbaro, et la ville prêta serment entre les mains de l'ammann Beroldingen. Les privilèges furent confirmés et même étendus par l'acte du 14 avril 1500. Louis XII tenta de rentrer en possession de cette place forte et la soumit à un blocus économique de 1500 à 1503. L'expédition des Suisses en Lombardie débloqua la ville, et la paix d'Arona (10-11 avril 1503), reconnut, sous réserve de l'investiture impériale, la possession de Bellinzone aux cantons d'Uri, Schwyz et Nidwald. Cette cession fut confirmée le 16 mars 1508 par l'empereur Maximilien, et en 1516 dans la paix perpétuelle avec la France. Le 4 mars 1501 eurent lieu l'installation du premier bailli, Walter Imhoff, et la prestation du serment aux nouveaux seigneurs.
L'époque de la Réformation fut relativement tranquille à Bellinzone. Vers la fin du XVIe s., le milanais Ortensio Landi essaya d'introduire la nouvelle doctrine, mais l'influence de l'archiprêtre Caratti en empêcha la diffusion.
Autonomie cantonale. Le 4 avril 1798, les trois cantons souverains proclamèrent l'émancipation de Bellinzone, Riviera et Blenio. La Constitution helvétique de la même année fit de Bellinzone la capitale du canton du même nom, qui comprenait la ville et son comté, Riviera, la Léventine et Blenio. De 1798 à 1800, Bellinzone fut occupée tantôt par les Français, tantôt par les Autrichiens ou par les Busses, et en souffrit beaucoup. En 1799 eut lieu la proclamation d'un gouvernement provisoire remplaçant les autorités helvétiques. Le 29 mai 1801 se réunit à Bellinzone la Diète cantonale pour discuter le nouveau projet de constitution helvétique qui réunissait les deux cantons tessinois en un seul. En 1803, après l'Acte de Médiation, Bellinzone est déclarée capitale du canton du Tessin ; le 20 mai, le Grand Conseil vota le transfert de la capitale à Lugano, mais la décision fut cassée le 22 juin. De 1810 à 1813, Bellinzone vit la dernière occupation de troupes étrangères, les Français du général Fontanelli. Elle resta capitale du canton jusqu'en 1814, puis partagea cet honneur avec Lugano et Locarno jusqu'en 1878. Dès lors elle redevint le seul siège des autorités cantonales.
Les fortifications. La première mention de Bellinzone fait de cette ville un castrum, un endroit fortifié. Elle s'étendait entre les deux collines sur lesquelles s'élèvent les châteaux d'Uri et de Schwyz. Une rue unique partait de la porte septentrionale (Porta di Codiborgo, plus tard Porta tedesca et Porta Ticinese) et aboutissait au Sud à la Porta Caminada, plus tard porte de Lugano, et à l'Ouest à la Porta Nuova, plus tard porte de Locarno. En dehors de la Porta Nuova existait le quartier de Orico, mentionné en 1100 déjà. L'ancienne ville, à l'exception de ce quartier, était entourée de fortes murailles dont une partie importante existe encore. Elle partait des deux châteaux de Monte bello et Caslel Grande. De ce dernier château partait aussi
BELLINZONE
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une énorme muraille, en partie conservée, qui dévalait vers la plaine jusqu'au Tessin, et aboutissait au delà de la rivière à la Torretta, grosse tour dont il n'existe aucune trace. Elle mesurait plus d'un kilomètre de long, avait 16 tourelles et une porte fortifiée, le Portone qui fut rasé en 1869. Elle était parcourue par un corridor intérieur de près de 2 m. de large sur 5 m. parfois de haut. Cette muraille, qui fermait la vallée, porte le nom de Murata. La muraille d'enceinte de la ville remonte à la bataille de Giornico, mais auparavant déjàBellinzone avait des remparts auxquels on travailla en 1354 et à plusieurs reprises au XVe s. La Murata fut construite
1479 ils étaient trois et cinq en 1489. Chaque porte avait un connétable.
Église. Bellinzone est chef-lieu de pieve. Celle-ci comprend tout l'ancien comté (à l'exception d'Isone et de Medeglia, annexés en 1500, et de Robasacco). Elle correspond à l'ancienne paroisse qui fut morcelée en 17 paroisses. Une église paroissiale est mentionnée en 977 ; c'était sans doute Saint-Biaise de Ravecchia. En 1168, une église existe à l'intérieur du bourg, Saint-Pierre sita Castro Birizone. Elle est appelée église-mère en 1403 et église-collégiale en 1424. La paroisse eut de tout temps un archiprêtre et un chapitre. Des chanoines sont men-
Bellinzoue en lSbi. D'après un dessin de C. KOhler.
de 1487 à 1489, mais elle ne faisait que succéder à un système de défense plus ancien.
Le château de Saint-Michel est connu aussi sous le nom de Castel vecchio, Castel grande, Rocha grande et de Castello d' Uri, parce que le 29 juillet 1506 il fut attribué à ce canton par la Diète de Brunnen. Sans le faire remonter au Gaulois, comme le voudrait la tradition, il est certainement très ancien. En 1242, il aurait été détruit par les Milanais ; Uri tenta de le raser en 1526, mais Bellinzone s'y opposa. Actuellement il sert d'arsenal cantonal.
Le château de Montebello, château de Saint-Martin, est aussi appelé Castel Nuovo, Castello piccolo, Castello di Svitto, parce que attribué à Schwyz en 1506. Il existait déjà en 1340 et fut restauré en 1903.
Le château de Sasso Corbaro ou de Sainte-Barbe et plus tard d'Unterwald (1506). Il fut construit en 1479 à la suite de la bataille de Giornico, mais sur son emplacement existait déjà une grosse tour au XIVe s. En 1450 un Castello di Saxo corbario était aux mains des partisans de la république ambrosienne ; détruit à cette occasion, il aurait été remplacé par une tour.
La garde des châteaux, de la Murata et des remparts était confiée par les ducs à des châtelains. En 1450 il y en avait deux, un pour chacun des deux châteaux ; en
tionnés en 1173 ; au XVe s., ils étaient au nombre de six. Le chapitre, dont les plus anciens statuts remontent à 1371, avait le droit de nommer l'archiprêtre et les chanoines. Les Suisses cherchèrent à s'attribuer le droit de nomination aux bénéfices ; par convention du 24 avril 1786, la nomination de l'archiprêtre fut réservée au Saint-Siège, celle des chanoines au chapitre et aux cantons souverains. Les registres de baptêmes, mariages et décès remontent à 1600. La confrérie du Saint-Sacrement existe depuis 1535, celle de Saint-Roch depuis 1583. — Voir BStor. 1882. — Borrani: Bellinzona, la sua chiesa ed i suoi arcipreti.
Édifices religieux. La collégiale. On n'est pas au clair sur les origines de cette église. Les uns placent l'église de Saint-Pierre, mentionnée en 1168, à l'intérieur du Castel grande, d'autres sur l'emplacement de l'église actuelle. Saint-Pierre est encore cité en 1313 ainsi que l'église des SS. Pierre et Etienne, située à proximité. Cette dernière fut probablement réédifiée vers la fin du XIVe s. -commencement du XVe s. En 1424 elle était église-collégiale; elle fut agrandie de 1456 à 1473, reconstruite au XVIe s. et consacrée en 1565. La façade, commencée en 1592, fut reprise en 1640 et achevée en 1654 ; on l'attribue soit à Micheletti de Carasso, soit à un Rodari de Maroggia. Outre la chaire, de
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Rusca, la collégiale possède des œuvres d'art de valeur: le grand bénitier, provenanl du château de Jean- Jacques Trivulce à Misox ou à Roveredo, les deux fresques de saint Pierre et de saint Etienne, d'Agostino Caironi (1885), trois tableaux de Deschwanden.
Saint- Roch, anciennement Santa Maria del Ponte, a été construite en 1330 par Giacomo de Gnosca. Elle passa à Bellinzone par testament de Giacomo dit des Cattaney. Jusqu'en 1600 on l'appela Santa Maria del Ponte extra munis, ou Santa Maria de'Gattanei. Dès lors elle fut appelée Saint- Roch, du nom de la confrérie qu'on y avait fondée en 1583.
Couvent des Augustins. Le 17 juillet 1438, Zanolo Rusca, de Bellinzone, fondait au Sud de la ville le cou-
géométrie el l'arithmétique. Cette école attirail les jeunes gens du Luganais et des vallées supérieures. Vers le milit'ii du \\ r s. Alexandre Trefoglio, de Torricella, fit une fondation pour doter Bellinzone d'une école de belles-lettres ouverte à chacun, mais surtout aux candidats à la prêtrise. A cette école succéda celle des Jésuites, fondée grâce à l'intervention des cantons souverains. Elle fut ouverte près de Santa Maria del Ponte le 7 juillet 1646 avec 40 élèves. En 1675 les Jésuites s'en allèrent et furent remplacés par les bénédictins d'Einsiedeln qui enseignèrent gratuitement jusqu'en 1852. Actuellement Bellinzone possède entre autres écoles un gymnase technique, continuation de l'école des bénédictins, une école cantonale de commerce fondée en
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Plan de Bellinzone en 1845, par Artari.
vent de Saint-Jean pour les Augustins. Ce monastère fut en grande partie détruit le 25 août 1768 par le torrent du Dragonato, et les moines se transportèrent au Nord de la ville où ils bâtirent le couvent et l'église actuelle de Saint-Jean. Supprimé sous l'Acte de Médiation, le couvent passa en propriété à la famille Bonzanigo. En 1840 il fut le siège du gouvernement. La famille Bonzanigo conserva le patronage de l'église qu'elle céda à l'évêque de Lugano en 1920. L'église est utilisée maintenant par la colonie allemande.
Couvent de Santa Maria délie Grazie, fondé par saint Bernardin de Sienne (f 1444) et supprimé en 1848. L'église a été consacrée en 1505. Elle contient des fresques importantes, probablement du XVIe s., et d'autres qui remontent peut-être au XVe s. La construction du couvent fut achevée en 1495 grâce à des dons. Les religieux y ouvrirent une école de belles-lettres et de philosophie.
Couvent des Ursulines, de Sainte-Marie de Lorette, fondé en 1730. L'église de Sainte-Marie de Lorette fut bâtie en 1564. Supprimé en 1848, le couvent transformé devint le siège du gouvernement ; l'église fut démolie en 1892, le clocher en 1921.
Écoles. La première mention d'une école remonte à 1387. En 1441, on enseignait à l'école publique la rhétorique, la logique et la grammaire, et en 1528 aussi la
1894, un collège Francesco Soave (jadis Dante Alighieri) fondé en 1896 et l'institut de Sainte-Marie fondé en 1884 avec gvmnase pour demoiselles à partir de 1 92 1 .
Monuments. Outre les châteaux et les églises, il faut encore citer : le palais de ville, dont les parties principales remontent à la fin du XVe et au XVIe s. La maison de l'avocat Stefano Gabuzzi, sur la place Nosetto, dont une salle a des fresques du XVe s. Le pont de la Torretta, érigé en 1813 à la place de celui qu'emporta la rivière en 1515 ; il fut remplacé en 1901 par un pont de fer. La chapelle Mariotta, aujourd'hui détruite par les travaux d'agrandissement de la gare, avait une fresque de la Pietà de la fin du XVe s. La fresque a été conservée.
Hôpital. En 1370, on permit la construction d'un petit hôpital, hors des murs. En 1387, l'hôpital de Saint- Jean reçut des legs de Pietro Rusconi. L'hôpital fut largement doté en 1729 ; il reçut encore 80 000 lires en 1828 et fut récemment complètement transformé et agrandi.
Industrie et commerce. Bellinzone dut à sa position géographique de s'adonner surtout au trafic et au commerce. Près du pont de la Torretta existait un port très important. Le transit du Gothard donnait une grande importance à la ville. On estime que vers 1360
BELLINZONE (COMTÉ DE)