CORPS HELVÉTIQUE
CORRODI, KORRODI
du traitement infligé aux prisonniers. Aussi le Vorort jugea-t-il nécessaire de lever un fort contingent de troupes fédérales qui furent massées aux frontières
Défaite des Corps francs près de Buttisholz, le 1«'- avril 1845 D'après une lithographie de l'époque à la Bibl. nationale, Berne.
d'Argovie, de Berne et de Lucerne, sous le commandement du général grison Louis Donat ; il confia en outre à deux commissaires fédéraux, le landammann W. Nâf, de Saint-Gall, et le chancelier Ph. Hôssli, de Coire, l'exécution des mesures politiques, et convoqua la Diète pour le 5 avril. Les médiateurs fédéraux réussirent, après des négociations compliquées avec les divers cantons, à obtenir la liberté des prisonniers non lucernois contre une rançon totale de 350 000 fr. Les prisonniers lucernois, par contre, éprouvèrent toutes les rigueurs de la justice. Le plus durement traité fut le Dr Steiger : la cour suprême le condamna à mort le 17 mai. Le Grand Conseil lucernois n'osa pas, toutefois, voter l'exécution de la sentence ; il se rallia à la proposition du gouvernement qui était d'interner le condamné dans une forteresse étrangère. Pendant qu'on négociait à ce sujet avec le gouvernement sarde, Steiger parvint à s'évader et s'établit à Winterthour. — Voir Dierauer. — ■ Otto Gass : Der zweite Freischarenzug gegen Luzern im Jahre 1845. [Otto Gass 1
CORPS HELVÉTIQUE. Ce nom apparaît au XVIIe s. dans les relations diplomatiques pour désigner la Confédération. Il fut employé avec quelques variantes (Corps de la nation Helvétique, Corps des Ligues Helvétiques), jusque près de la fin du XVIIIe s. Pour l'étranger, il devint au XVIIIe s. le nom officiel de la Suisse. Bonaparte s'en servit encore en 1797, puis il disparut et fut remplacé par celui de « République Helvétique une et indivisible ». — Voir Œchsli : Die Benennungen der alten Eidgenossenschaft, dans JSG 42. [H. Tr.]
CORPS LÉGISLATIF. Nom donné dans le canton de Neuchâtel à l'autorité législative de 1831 à 1848. Il succéda aux Audiences générales auxquelles on reprochait de n'être pas un conseil de la nation. Le Corps législatif était composé de dix députés nommés par le prince et de députés élus par le peuple à raison de un député pour 500 Neuchâtelois. Ils étaient nommés pour six ans et devaient posséder 1000 lb. tournois. Le Corps législatif a publié un Bulletin de ses séances. — Voir Recueil de pièces officielles concernant Neuchâtel et Valangin II. — A. Piaget : Hist. de la Révolution neuchâteloise III. [L. M.]
CORPUS CATHOLICUM. Dans les Grisons, les luttes confessionnelles n'apparurent qu'un siècle après la Réforme. Un Corpus catholicum est mentionné pour la première fois en 1623, après l'accord de Lindau. Il
comprenait les chefs et les conseillers catholiques, et
représenta l'Église et l'évêché, dont il défendit dès lors
les intérêts jusqu'à nos jours. La fraction catholique du
Grand Conseil grison porte le nom
de Corpus catholicum.
En opposition à ce groupement exista aussi un Corpus evangelicum qui a pris, dès le XIXe s., le nom de Grand Conseil évangélique. La constitution cantonale de 1854 reconnaît à ces deux institutions le caractère de corporations confessionnelles. — Voir H. Furger : Das bùndn. Corpus catholicum. [L. J.]
CORRADI. Famille d'Oberneunforn (Thurgovie). — Konrad, 1813-1878, peintre- paysagiste, mentionné dans le SKL, ainsi que son fils, — Ferdinand, 1840-1903. [Sch.]
CORRADINI. Famille de Sent (Grisons), éteinte à Zernez. — 1.
Andréa, 1800-1855, landammann du cercle d'Untertasna. — 2. GiON, frère du n° 1, président du tribunal de district. — 3. Johann, fils dun°l, 1846-1920, ingénieur du Rhin et de la Nolla. — Voir SB 1920. Des descendants de cette famille vivent à Livourne et Naples. [L. J.]
CORRAGIONI. Voir CORA-
GIONI d'ORELLI.
CORRAY. Voir CORAY.
CORREVON (C. Vaud, D. Moudon. V. DGS). Vge et Com. qui dépendit au moyen âge des sires de Saint- Martin, puis de ceux de Goumoëns-Bioley. Il passa par alliance en 1600 aux Loys de Marnand, et y resta jusqu'à la Révolution. L'église, dédiée à sainte Marguerite, fut une dépendance, dès 1168, du prieuré de St. Maire à Lausanne. L'édifice actuel date de 1905. — - DHV. [M.R.] CORREVON. Famille vaudoise originaire de Cuarny près d'Yverdon, dont elle est bourgeoise depuis le XIVe s. ; elle acquit en 1563 et 1576 la bourgeoisie d'Yverdon. Armoiries : d'azur à deux triangles vidés d'argent, entrelacés en forme d'étoile. — 1. Pierre-François, 1768- 1840, notaire, député au Grand Conseil vaudois 1803, à la Diète fédérale 1832-1833. — 2. Jules, 1802-1865, fils du n° 1 , juge au tribunal d'Yverdon, député au Grand Conseil 1841-1849. — 3.
François-Louis, conseiller d'État 1859-1862. — 4. Gustave, 1841-1911, fils du n° 3, avocat 1868, juge et président du Tribunal cantonal 1879-1911 ; fondateur de diverses œuvres philanthropiques de Lausanne : la Solidarité, la Paternelle, la Fédération des sociétés de secours mutuels de la Suisse romande ; président de la Société vaudoise de secours mutuels. — 5. Ernest, * 7 février 1842 à Yverdon, f 1 septembre 1923 à Coire, fils du n° 2, professeur de droit pénal à l'université de Lausanne, 1873-1874, avocat à Lausanne 1874-1912, député 1874-1897, membre de la Constituante de 1885, président de la société des tramways de Lausanne 1895-1922. — ■ 6. Henry, * 15 août 1854 à Yverdon, «le père des Jardins alpins», botaniste, auteur de nombreux ouvrages: Flore alpine ; Nos arbres ; Plantes et santé ; Alpinisme, etc. Fondateur des jardins alpins de Floraire (Genève), de la Linnea (Bourg-Saint-Pierre), de la Rambertia (Rochers de Naye). — 7. Charles, * 1856, frère du n° 6, pasteur de l'église française de Francfort 1874-1916, aumônier auprès des camps de concentration en Allemagne pendant la guerre 1914-1918 ; auteur de Les prisonniers de guerre en Allemagne, Souvenirs d'un aumônier. [A.. B.]
CORRODI, KORRODI. Familles du canton de Zurich, dont le nom est issu du prénom Conrad.
CORRODI, KORRODI
CORSEREY
— I. Vieille famille de l'Oberland zuricois (Korrodi), mentionnée pour la première fois en 1433 à Durnten.
— II. Famille de la Com. de Hirzel (Korrodi), mentionnée dès 1544. — [J. Frick.] — III. Famille bourgeoise de la ville de Zurich (Corrodi), dont le nom paraît à l'origine sous les formes Cuonrade, Korader, et qui acquit la bourgeoisie le 8 février 1627 avec Jakob
de Weiach où son grand -père était venu d'Oberneunforn (Thurgovie), où la famille existe encore sous le nom de Corradi ouCoradi. Armoiries : d'azur à une bande d'or supportant un lion du second. — 1. Félix, * 27 janvier 1678, pasteur à Balgach 1703- 1708, édita de 1711 à 1715 la revue zuricoise Mercurius historiens ; secrétaire de l'assistance publique 1720- 1752; f 2 juin 1753. — 2. Hans- Felix, * 4 août"1722, fils du n° 1, peintre et graveur, secrétaire de l'assistance publique 1752, secrétaire à Bremgarten pour le Freiamt inférieur 1764 ; f 12 avril 1772. — Voir SKLÏ — 3. Hans-Heinrich, * 1" août 1752, maître au Collegium humanitatis de Zurich 1786, fut au premier rang des « amis des lumières » (Aufklârungsmànner) et écrivit de nombreux ouvrages de théologie et de philosophie : Beitràge zur Fôrderung des vernùnftigen Denkens und der Religion, Kritische Geschichte des Chiliasmus, Philosophische Aufsàtze und Gespràche, etc. ; f 13 sept. 1793. — Voir Monatliche Nachrichten schweiz. Neuheiten, 1793. — Nécrologie par Leonhard Meister. — Nbl. der Chorherren, 1821. — ADB. — 4. Heinrich, fils du n° 2, 1762-1833, peintre de portraits, mentionné dans SKL.
— 5. Carl, * 28 sept. 1796, pasteur à Œtwil am See 1824-1859 ; f 10 mai 1866. — Voir Nbl. der Hûlfsgesellschaft Winterthur, 1911 (avec bibliographie de ses ouvrages). — 6. Wilhelm, frère du n° 5, * 23 avril 1798, pasteur à Uitikon 1823-1827, à Tôss 1827- 1867, doyen du chapitre de Winterthour 1844-1867, a écrit des livres pour les enfants ; f 22 janv. 1868.
— Voir JVW. der Hulfsgesellschaft Winterthttr, 1911 (avec bibliographie de ses œuvres). — 7. Salomon,
* 19 avril 1810, peintre de paysages, fixé à Rome depuis 1843, professeur à l'académie de Saint-Luc et membre d'honneur de celle-ci ; f 4 juillet 1892.
— Voir SKL. — Nbl. der Kûnstlergesellsch. Zurich.
1895. — 8. Wilhelm- August, fils du n° 6, peintre et poète, * 27 févr.
1826, vécut à Saint-Gall comme dessinateur 1851- 1856, puis à Tôss, où il écrivit des vers et des livres d'enfants ; maître de dessin à Winterthour 1862-1881, s'établit en 1881 à Zurich, où il déploya une grande activité comme auteur de comédies en dialecte, f 15 août 1885. — Voir JVW. der Hiilfsgesellschaft Winterthur, 1911. — Nbl. der Stadtbibiiothek Winterthur, 1913. — Festschrift des Gymnasiums Winterthur, 1912. — Otto von Greyerz : Aug. Corrodi's Kinderschriften (dans le Jahrbuch der Literar. Vereinigung Winterthur, 1921). — SKL. — 9. HERMANN-David-Salomon, fils du n° 7
* 23 juillet 1844, peintre de genre et de paysages, établi à Rome, professeur et membre de l'académie de Saint- Luc, fonda peu avant sa mort, dans cette ville, un grand atelier avec locaux d'exposition (maison Corrodi) ; f 30 janvier 1905. — Voir Nbl. der Kûnstlergesellschaft Zurich, 1895. — SKL. — 10. Arnold, frère du n° 9,
* 12 janvier 1846, peintre d'histoire et de genre, vécut également à Rome, f 7 mai 1874 ; les œuvres qu'il laissait brûlèrent en 1892 avec la maison de son
Wilhelm-August Corrodi.
D'après une photographie.
frère Hermann. — Voir SKL. — LL. — LLH. — AGS IV. — [A. Corrodi -Sdlzer.] — 11. EDUARD Korrodi, Dr phil., * 20 novembre 1885, rédacteur littéraire à la NZZ depuis 1914, auteur d'études littéraires entre autres de Schweiz. Litteraturbriefe. — DSC. [L. S.l
CORSALETTES (C. Fribourg, D. Lac. V. DGS). Com. et Vge. de la paroisse de Courtion. Pendant la guerre de Gummenen, Corsalettes fut pillé par la garnison bernoise de Morat et les seigneurs d l'Estavayer réclamèrent et obtinrent du gouvernement de Berne, en 1333, une indemnité pour les propriétés qu'ils y avaient. Dix ans plus tard, Guillaume d'Estavayer vendit ses biens de Corsalettes à Louis, comte de Neuchâtel, qui les lui rendit à titre de fief. Ce village, compris dans les anciennes terres de Fribourg jusqu'en 1798, fut incorporé au district d'Avenches 1798-1803, au district de Fribourg 1803-1848, puis au district du Lac 1848. — Voir FRB VI. — Matile. — Regeste de Hauterive. — Dellion : Dictionnaire IV. — Archives d'État de Fribourg. [Jeanne Niquille.]
CORSAT, Philippe, 1809-1874. Compromis dans' la conspiration neuchâteloise de 1831, il se réfugia sur territoire fribourgeois, participa à la seconde tentative de décembre 1831, faillit y perdre la vie, mais put se réfugier à Lausanne, puis à Genève. Il y fut de toutes les manifestations qui précédèrent la révolution de 1846. Après le 7 octobre, il appuya le gouvernement radical soit par la parole, soit parla plume dans le Carillon de Saint- Gervais, journal politicosatirique qu'il fonda en 1852 et dirigea jusqu'à sa mort. Député au Grand Conseil de 1856 à 1862. Il publia un certain nombre de volumes de vers et de chansons : Premières rimes; Églantines ; Chansons populaires, etc. — Voir :
Chronique radicale, 3 oct
CORSEREY
D'après Bibl
Philippe Corsât, une lithographie de publique, Genève.
Carillon de Saint- Gervais et 1874. [Th. F.l
(C. Fribourg, D. Sarine. V. DGS).
Com. et Vge. Armoiries : écartelé de gueules et d'azur. Anciennes formes :
Corserei, XIIe s. ; Corserer, 1322 ; dérivant de Curtiacum, domaine d'un Curtius, gentilice romain. Corserey, où l'on a découvert des ruines romaines, est mentionné au milieu du XIIe s. déjà. Ce village formait une seigneurie, parfois réunie à celle de Prez, parfois partagée elle-même entre plusieurs coseigneurs ; elle appartint aux de Montagny, aux de Prez, aux de Balmis, aux d'Avenches, aux Champion, aux Pavilliard, aux Roberti (de Payerne), aux de Billens. De 1515 à 1518, l'abbaye de Payerne acquit successivement des coseigneurs de Corserey tous leurs droits dans ce village ; en 1526, elle revendit la seigneurie de Corserey à l'Etat de Fribourg pour 6600 il. de Savoie. Corserey forma dès lors un bailliage fribourgeois qui fut réuni à celui de Montagny en 1585. De 1798 à 1803, Corserey fut rattaché au district de Payerne ; de 1803 à 1815, à l'arrondissement de Montagny ; de 1815 à 1848, à l'arrondissement de Fribourg ; en 1848, au district de la Sarine. Le coutumier en vigueur à Corserey était celui du Pays de Vaud. En 1448, pendant la guerre de Savoie, Corserey fut incendié par les Fribourgeois. Au spirituel, Corserey fait partie de la paroisse de Prez. Sa chapelle, dédiée à saint Sylvestre, saint Pierre et saint Sébastien, est mentionnée au XVe s. — Voir Jaccard : Essai de toponymie. — Regeste de Hauterive. — Dellion : Dictionnaire IX. — Buchi : Freiburgs Bruch mit Oesterreich, p.