COUCY
été fouillée en 1867 et à nouveau en 1916-1918. Tandis que la première fouille n'a donné guère que des ossements d'ours des cavernes, les résultats de la seconde sont des plus importants. Dirigées par Auguste Dubois, les fouilles de 1916 à 1918 ont mis au jour une quantité d'ossements d'animaux, appartenant à environ 50 espèces, dont une dizaine d'oiseaux. L'animal le plus fréquemment représenté est l'ours des cavernes (95 %). Parmi les autres espèces, il faut signaler le lion, la panthère, le rhinocéros, le cerf, etc. Quelques centaines de silex ont aussi été trouvés ; ils appartiennent au paléolithique ancien, à l'époque moustérienne. La station moustérienne de Cotencher est placée, suivant les auteurs, soit avant, soit après la dernière glaciation.
— Voir A. Dubois : Notes sur les fouilles exécutées en 1916 dans la grotte de Cotencher, dans MN 1916. — R. Montandon : De la chronologie quaternaire ; à propos des fouilles de Cotencher, dans Arch. suisses d' Anthropologie IV. — H. Lagotala : La chronologie du Quaternaire et les fouilles de Cotencher, dans Comptes Rendus de V Académie des se. (24 avril 1922). [L. M.]
COTTENS (C. Fribourg, D. Sarine. V. D GS). Corn, et Vge. Armoiries : coupé d'argent et de sable à la clef d'or posée en pal sur le tout. Anciennes formes : Cotens XIIe s. ; Chotens 1258 ; Cotteins 1287 ; Cottin 1445 ; Cottingen 1577, = chez les descendants de Cott, nom propre germain. Ce village, mentionné au milieu du XIIe s. dans le livre des anciennes donations de Hauterive.
semble avoir relevé de la seigneurie d'Arconciel. L'abbaye de Hauterive, qui avait reçu de Guillaume de Glane et d'autres membres de sa famille des biens à Cottens, y fit de nombreuses acquisitions au cours des XIIIe et XIVe siècles. Au XVe siècle, Cottens faisait partie des anciennes terres de Fribourg. En 1439, des paysans de Torny, censitaires de Boniface de Challant, détruisirent le gibet de Cottens ; le Conseil de Fribourg envoya à Torny-le-Grand, sous les ordres de Jean Gambach, un contingent de trente hommes qui s'emparèrent de six des paysans fautifs et les emmenèrent en captivité à Fribourg. En 1798, Cottens fut incorporé au district de Fribourg ; en 1848, à celui de la Sarine. Au spirituel, Cottens fait partie de la paroisse d'Autigny. Sa chapelle, dédiée à saint Martin, est mentionnée en 1423 ; elle fut reconstruite en 1550.
— Voir Stadelmann : Études de toponymie dans ASHF VII, 310. — Jaccard : Essai de toponymie. ■ — MDSR VII, 111. — Reymond : Les sires de Glane et leurs possessions dans ASHF XII. — Matile : Monuments de Neuchâtel, p. 65. — Gremaud : Livre des anciennes donations de Hauterive dans ASHF VI.
— Regeste de Hauterive. — Dellion : Dictionnaire I, 290. — Archives d'État de Fribourg : Chronique Rudella. [Jeanne Niquille.]
COTTENS (C. Vaud. D. Cossonay. V.DGS). Corn, et Vge. Chottens en 1041. Au XIVe s. une famille noble en porte le nom, mais la seigneurie, dépendante de la baronnie de Cossonay, appartient à la famille de Châtillon en Michaille. Elle passe au siècle suivant aux Mestral de Vincy. En 1560, Nicolas Crinsoz, châtelain de Cottens, en fait l'acquisition. Les descendants conservèrent la seigneurie jusqu'en 1798 ; ils en possèdent encore le château. — ■ DHV. [M. R.]
COTTENS, de. Famille noble du village fribourgeois du même nom, dont les premiers membres apparaissent dans la seconde moitié du XIIe s. Armoiries : d'or, au chien rampant de gueules, colleté d'or. Les chevaliers et donzels de Cottens étaient de la bourgeoisie de Fribourg, mais ils semblent n'avoir joué aucun rôle important, ni rempli aucune fonction officielle à Fribourg.
Une famille Cottens, non noble, eut, au XIVe et au XVe s., plusieurs représentants qui furent reçus dans la bourgeoisie de Fribourg. — Voir Regeste de Hauterive.
— Archives d'État de Fribourg : Daguet : Généalogies des familles dynastiques. — Gremaud : Familles nobles du Pays de Vaud, n° 24. — Livre de bourgeoisie I.
— [J. Niquille.] — Matthieu, maire de Neuchâtel 1414-143!). [L. M.)
COTTET. Nom de famille répandu dans le canton de Fribourg, surtout dans les districts de la Glane et de la Veveyse. — 1. Jacques, de Bossonnens et Rue, notaire 1594-1621. (Tableau alphabétique des notaires) . —
2. Pierre-Joseph, de Rue, fit la guerre de Vendée, fut créé sous la Restauration chef de bataillon et chevalier de la Légion d'honneur, f 1826. — ASHF VI, 347. —
3. Jean-François-Michel, de Bossonnens, * 15 avril 1825, vicaire à Promasens et à Gruyères, curé de Montbovon, chanoine de Gruyères 1877-1896, f 9 décembre 1896. Botaniste distingué, il a fait de nombreuses découvertes dans la flore fribourgeoise et a publié, en collaboration avec le chanoine Castella, un Guide du botaniste dans le canton de Fribourg (Bull, de la Soc. frib. des se. nat. 1891). Il a légué son herbier au Musée cantonal d'histoire naturelle à Fribourg. — Voir Kir. frib. 1898, p. 124. — Dellion : Dict. VIII, 458. [J. Niquillb.]
COTTI. Famille de tailleurs de pierre, de Fribourg.
— 1. Arraham, tailleur de pierre, travailla à Fribourg de 1594 à 1618. — 2. Franz, membre des Deux Cents de 1589 à 1595, reçu bourgeois secret de Fribourg en 1595, f la même année. Il coopéra à la réparation du château de Romont (1579-1589), à celles du pont de Berne à Fribourg (1580), du pont de Châtel-Saint-Denis (1581), du pont de Domdidier (1583) et du collège Saint- Michel à Fribourg 1585-1595. — 3. Pierre, reçu bourgeois de Fribourg en 1602. — Voir SKL I, p. 323. [G. Cx.]
COTTI ER. Nom de famille des cantons de Vaud et de Fribourg.
A. Canton de Vaud. Famille citée à Rougemont dès 1276. En 1459, onze Cottier sont au nombre des chefs de familles qui signent un engagement en faveur du prieuré de Rougemont. En 1511, six Cottier comptent parmi les fondateurs de la chapelle Saint-Michel, à Rougemont. B. Dumur croit que l'armoriai manuscrit de Rougemont, du XVIIIe s., est l'œuvre d'un Cottier. Armoiries : de gueules au bélier accorné d'argent, contourné ; saillant de trois coupeaux de montagne de sinople, avec une étoile d'or au canton dextre du chef.
— 1. Pierre, chirurgien, et sa femme Esther, née Bovay, léguèrent en 1725 leur fortune aux écoles et aux pauvres de Gessenay. La « fondation Cottier » s'élève actuellement à 120 000 fr. environ. — Voir Anzeiger von Saanen, 1920 n° 17-18. — 2. Charles, 1798-1871, philanthrope qui a fondé de ses propres deniers l'asile des incurables de Saint-Loup. — 3. Charles, directeur de la Banque cantonale vaudoise de 1861 à 1881. [M. R. et R. M.-W.]
B. Canton de Fribourg. Famille originaire de Bellegarde. — 1. Udalric, par testament du 5 juillet 1661, donna les fonds nécessaires à la construction de la chapelle de la Villette. — 2. Athanase, * 1864, curé de La Chaux-de-Fonds depuis 1895, doyen du décanat de Saint-Boniface (Neuchâtel) depuis 1916. — 3. Athanase, * 21 novembre 1874, capucin, auteur d'un Cours abrégé de catéchisme 1912 et d'une étude historique sur La chapelle de Notre-Dame de Compassion et le couvent des capucins de Bulle 1915. — Voir Dellion : Dict. II, p. 107. — Catalogue des capucins 1917-1918. [G. Cx.]
COUCHEPIN. Famille de Délie (France), établie à Saint-Maurice (Valais) en 1748, bourgeoise de Maitigny 1817. — 1. Joseph, 1833-1899, avocat, juge d'appel 1895. — 2. Arthur, fils du n° 1, * 1869, avocat, conseiller d'État 1905, juge fédéral 1916. ITa.]
COUCY, Enguerrand (Ingelram) VII, sire de Coucy, près de Laon (France), fils de Catherine d'Autriche et petit-fils d j duc Léopold I, beau-fils en premières noces d'Edouard III d'Angleterre, * vers 1340. Il pénétra par les passages du Jura, en automne 1375, dans la région de l'Aai avec une grande armée de mercenaires français et anglais en plusieurs colonnes, et investit le pays de l'Argovie au lac de Neuchâtel, le pilla et le ravagea. Son entreprise était dirigée contre les possessions autrichiennes de l'Argovie, car les villes de Sempach, Sursee, Aarau, Lenzbourg et Bremgarten avaient été attribuées en leur temps à sa mère par le duc Léopold en hypothèque d'une dot de 8000 marcs d'argent qui ne furent jamais payés. Zurich, Berne et Soleure, les plus
GOUDOUGNAN
GOUU
menacés, conclurent avec les ducs d'Autriche une alliance de sept mois. Coucy installa son quartier général à l'abbaye de Saint-Urbain ; ses soldats, appelés Anglais ou Gugler à cause de la forme particulière de leurs casques (Kngelhùte), furent battus en détachements séparés, entre autres à Buttisholz, Anet et Fraubrunnen. Coucy se retira en janvier 1378 sans avoir rien obtenu. Dix ans plus tard, il s'allia à l'Autriche contre les Confédérés et obtint en dédommagement les seigneuries de Buren et de Nidau, de l'héritage du comte Rodolphe de Nidau. Mais quand ses troupes se furent établies à Nidau et Buren, Berne prit d'assaut les deux cités en 1388. Soleure aida à l'opération contre Nidau. Il ne fut dès lors plus question des prétentions de Coucy dans le Seeland. 11 participa plus tard à une expédition de la Hongrie contre les Turcs et mourut prisonnier de ces derniers en 1397 à Burse (Bithynie). — Voir B.-F. de Zurlauhen, dans Bibliothèque militaire, historique et politique II. — E. von Rodt : Jngelram von Coucy's Einfall in der Schweiz, dans Schweiz. Geschichtforscher XIV. — Dierauer. - Article Gugler. fH. Tr.]
COUDOUGNAN. Famille originaire de Lunel en Languedoc dont une branche se fixa à Genève et l'autre temporairement à Lausanne. Éteintes au XVIIIe s. Armes : coupé d'azur et d'argent au cognassier arraché au naturel. — Jacques, reçu bourgeois en 1684, et son fils — .Jacques, 1686-1766, furent tous deux maîtres chirurgiens et jouirent d'une certaine notoriété. — Voir Bec. gen. suisse II, p. 158. — Gautier : La médecine à Genève. [H. Da.]
COUDRE (LA) (C. et D. Neuchâtel. X.DGS). Com. et Vge qui faisait partie autrefois de la châtellenie de Thielle. A proximité s'élevait l'abbaye de Fontaine- André, de l'ordre des prémontrés. La Coudre se rattache à la paroisse de Saint-Biaise. — Voir E. Quartier-la- Tente : Le C. de Neuchâtel, lre série, III. [L. M.j
COUDREY (LE) (C. Vaud, D. Orbe, Com. Bavois. V. DGS). Petit fief noble, mouvant de la seigneurie de Bavois, qui passa en de nombreuses mains pour arriver au XVII I' s. à la famille du Gué.
Un plan de 1086 indique les vestiges d'un « château de Coudray » dans la commune de Chéserex, D. Nyon. On ignore tout de son histoire. — DHV. [M. n.|
COUGNARD. Famille autochtone du territoire actuel de Genève, fixée à Sézegnin au début du XVIe s. puis à Chancy, Carligny. — 1. Pierre, reçu bourgeois en 1525, du conseil des Deux-Cents 1536. — 2. Jean- David, de Sézegnin, 1766-1843, bourgeois en 1791, membre de l'Assemblée nationale 1793, de la Commission révolutionnaire et de la Commission nationale 1794, juge de paix et procureur. — 3. Jean-Louis- SALOMON, 1788-1868, fils du n° 2, membre du Conseil Représentatif dès 1820. de la Constituante en 1841, du Grand Conseil dès 1842, député à la Diète en 1842.
— 4. Jf.an-Gédfon-François, frère du n° 3, 1793- 1875, du Conseil Représentatif dès 1827, du Grand Conseil dès 1842, lieutenant-colonel, inspecteur des milices en 1843. — 5. Jean-Marc, dit John, 1821-1896. pasteur à Genève 1851, prédicateur des plus distingués, professeur de théologie 1865. — 6. Jules * 1855, homme de lettres et journaliste. Auteur de plusieurs volumes de vers : A temps perdu. 1886 ; Cassons les Anailles, 1906 ; Le cadran solaire, 1920 ; et de prose : La Caisse d'Épargne du canton de Genève, 1914. Collaborateur au Journal de Genève, à La Semaine littéraire. à la Patrie suisse. — Voir Arch de Genève. — Armoriaux genevois. — [lever : Ilist. de l'Église de Genève.
— DSC. [c. n.] COULEVAIN, Pierre de. Pseudonyme de l'écrivain Augustine Favre. Voir ce nom.
COULIN. Famille d'origine neuchâteloise qui s'installa à Genève vers 1631. — Pierre * 1866, avocat, député au Grand Conseil à diverses reprises dès 1892. [CR.]
Une branche de cette famille s'est fixée à Lucerne. A cette famille appartient — Jules, * 1882, Dr phil. S'occupe de l'histoire de l'art, directeur de la Société Pro Arte, rédacteur de la revue Heimaschutz à Bâle. [H. U]
COULLERY, Pierre, * 1819 à Villars s. Fonte- IlHHS h — 38
nais (Berne), t 26 janvier 1903 à La Chaux-de-Fonds, Dr méd. Il fut d'abord député au Grand Conseil bernois, puis s'établit à La Chaux-de-Fonds où il publia la Voix de l'Avenir (1862-1865). Député au Grand Conseil neuchàtelois 1862-1865, 1868-1871 ; il rompit alors avec le radicalisme et devint un des précurseurs du parti socialiste à La Chaux-de-Fonds, qui l'envoya siéger au Grand Conseil de 1892 à sa mort.
— Voir Messager boiteux de Neuchâtel, 1904. — Quotidiens neuchàtelois. [L. M.]
COULOIM, de. Famille de Cornus en Rouergue, venue en Suisse avec Paul en 1745, bourgeoise de Neuchâtel en 1767.
anoblie en 1847. Armoiries : d'or à deux fasces de gueules, au chef d'azur chargé d'un saint-esprit, d'argent. — 1 . Paul-Louis-Augusle, 1777-1855, t'Is du précédent, négociant, fondateur et premier directeur de la Caisse d'Épargne de Neuchâtel. de 1812 à 1849. Membre du Petit Conseil de Neuchâtel dès 1813, des Audiences générales dès 1818 et du Corps législatif à plusieurs reprises : conseiller d'Étal extraordinaire 1837. Au cours de ses voyages il s'intéressa aux sciences naturelles et fut le promoteur du musée d'histoire naturelle de Neuchâtel. Il présida la Soc. neuchâteloise des sciences naturelles pendant sa première année d'existence, 1832. — ■ Biogr. neuch. I. — 2. Paul-7^om's, fils du n° 1, 1804-1894, naturaliste, ami d'Agassiz dont il assura l'établissement à Neuchâtel. Il fut l'organisateur du musée d'histoire naturelle fondé par son père, en 1837, et le directeur jusqu'à sa mort. Président de la Soc. neuchâteloise des sciences naturelles pendant plus de 50 ans.
— Voir L. Favre : Louis Coulon, dans Bull. soc. se.
nat. de Neuchâtel 1894.-3.
Paul - Alphonse, 1815- 1884, avocat, maître-bourgeois de Neuchâtel 1846.
président du tribunal de Neuchâtel 1848-1865, fondateur de la Société d'histoire en 1864et son premier vice-président ; conservateur du. musée de peinture 1868-1884. — 4. Albert, 18241893, fondateur d'une maison de banque à Londres en 1848, directeur de la Caisse d'Épargne de Neuchâtel 1877-1893. — 5. Paul, fils du n° 2, 1833-1922, pasteur et philanthrope ; pasteur à Fleurier 1858-1867, à Corcelles 1867-1896 ; fondateur de l'Union chrétienne de jeunes gens, il s'intéressa aussi à l'École normale de Peseux, à la Mission romande, et par dessus tout aux Écoles du dimanche. — 6. Maximilien, 1854- 191£, ingénieur, travailla à Paris, au Portugal, en Algérie, au Canal de Corinthe 1887, dans la République Argentine et le Brésil, en Turquie, etc. ; inspecteur fédéral du Simplon 1898. — Voir Ph. Godet : La Caisse d'Épargne de Neuchâtel. — Messager boiteux de Neuchâtel, 1856. 1886, 1894, 1895, 1919, 1924. [L.M.]
COUNIS. Famille originaire de Saxe devenue définitivement genevoise en 1794. — Michel, 1763- 1859, fut un peintre sm émail remarquable. Il fit sa carrière principalement à Florence, patronné par Klisa Bacciochi, grande-duchesse de Toscane. Il s'illustra par une série de portraits d'hommes marquants. — Voir Arch. de Genève. — SKL. [C. R.]
COUP D'ŒIL (CERCLE DU), appelé aussi Cercle de l'Observatoire à Genève. Cercle que les Représentants avaient établi au haut de la Tertasse pour surveiller les cercles constitutionnaires du haut de la ville et celui que les Natifs cornualistes avaient installé à la Tour de Boel.
— Voir Mémoires de Cornuaud, p. 279. [E.-L. Burnet,] COUR (C. Vaud, D et Com. Lausanne). Hameau
Janvier 1924
Paul-Louis Coulon.
D'après une photographie.
GOURANT
COURGEVUJD
près de Vidy. Ou a relevé sur la rive deux stations lacustres de l'âge du bronze ; en amont, plusieurs vestiges romains, ainsi que des tombes au lieu dit le Marterey. Il y avait là au moyen âge une « grande maison de (lors », peut-être une ancienne habitation romaine. Cour dépendait alors du chapitre de Lausanne et de la paroisse de Sainte-Croix. C'est au quartier de Cour que se trouve le crèt de Montriond où la Trève-Dieu fut proclamée en 1036. — DHV. [M. R.]
COURANT, Antoine, de Nîmes, * 1747 à Neuchâtel, bourgeois de cette ville 1753, remplit diverses missions en Russie pour Frédéric II. En 1795, il fut mêlé, avec Fauche-Borel, à la conspiration de Pichegru. — Voir Mémoires de Fauche-Borel 1, 229. — G. Lenolre : L'affaire Perlet. — -Antoine, fils du précédent, * 31 mars 1784 à Neuchâtel, capitaine au service d'Angleterre, lieutenant-colonel dans les milices neuchâteloises 1819- 1824, puis de nouveau en 1831. Compromis dans les événements politiques de cette année-là, il se fixa en 1837 à Morat. Mêlé à l'insurrection de janviei 1847 dans cette ville, il fut incarcéré du 9 janvier au 14 novembre, puis il se retira à Berne. Au lendemain de la révolution neuchàteloise, il se mit à la disposition de la République, fut nommé commandant du poste d'occupation de Neuchâtel, puis commissaire militaire jusqu'en 1851 et député de Neuchâtel à la constituante de 1848. Il mourut à Berne le 7 novembre 1857 et légua sa fortune à l'État de Neuchâtel. Son récit des événements de 1831 à été publié dans MN 1914, p. 242. — Voir Biogr. neuch. II. — Hans Wattelet : Aus dem alten Murtenbrief V. — Die Sonder bundszeit, dans FGB XXI. — Le Journal du lieutenant-colonel Courant, 1847, dans AF 1918. — Arch. d'État Neuchâtel. [L. M. et R^my.J
Une autre famille Courant, originaire de Sauve dans les Cévennes, s'établit, en 1708, à Berne comme réfugiée. Comme elle appartenait à la Colonie française du canton, elle fut incorporée à la bourgeoisie de Neuveville en 1848. — 1. Samuel, 1810-1883, marchand en gros, à Gênes. — 2. Téophile, 1883-10 mars 1918, maître secondaire, puis adjoint à la direction des écoles de la ville de Berne, poète dramatique. [H. T.]
COURBET, Gustave, peintre français, 1819-1877. Condamné après la Commune de Paris, il s'enfuit le 22 janvier 1873, séjourna dans le canton de Neuchâtel, à Fribourg, à Lausanne et enfin à la Tour de Peilz dans une petite maison qu'il appela Bon Port et où il mourut le 31 décembre 1877. Pendant ces quatre années, il peignit, des portraits, entre autres celui de Louis Ruchonnet, et Environs de la Tour de Peilz, Terrasse de Bon Port, Château de Chillon, Bouveret, Villeneuve, Dent de J aman, etc. Son corps fut transporté le 16 juin 1919 à Ornans (Doubs) son village natal. Courbet a donné à la Tour de Peilz un buste en bronze la Liberté, de sa composition, qui a été érigé sur une fontaine publique. — Voir A. Fontainas : Courbet. — P. Borel : Le roman de G. C. — SKL (avec bibliographie). [E. Bonjour.]
COURCELON (ail. Sollendorf) (C.Berne, D. Delémont, Com. Courroux. V. DGS). Vge mentionné en 1139 sous le nom de Curzelun. On y a trouvé des poteries probablement préhistoriques et des monnaies romaines. Il appartenait au chapitre de Saint-Ursasne, de qui les Montsevelier le tenaient en fief en 1296. Le village eut beaucoup à souffrir de la guerre de Trente ans. Courcelon a donné son nom à une famille noble mentionnée aux XIIe et XIIIe s. — Daucourt : Dictionnaire. — Vautrey : Notices. [A. Daucourt.]
COURCHAVON (ail. Vogtsburg) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Vge formant commune avec Mormont. Anciennes formes : Corchauon, 1279 ; Corchaon, 1374 ; Courchaon, 1404. Au XIVe siècle, la famille des Châtel-Vouhay détenait en fief de l'évêque de Bâle les villages de Courchavon et Mormont. Après son extinction en 1470, les terres dépendant du manoir revinrent à l'évêque de Bâle. Au début du XVIIe s., le territoire de Courchavon et de Mormont était partagé en six corps de biens appelés maix ; chacun d'eux était en mains d'une famille et en portait le nom. Pendant la guerre de Trente ans, les Suédois ne laissèrent que des ruines à Courchavon. Jusqu'à la Révolution, le village releva de la mairie de Courtedoux. L'église était filiale
de Porrentruy ; elle fut érigée en paroisse le 28 septembre 1628 sous l'invocation de saint Jean l'Évangéliste. Le collateur était l'évêque de Bâle. L'ancienne église, dont il ne reste que la tour, datait du XIIIe ou du commencement du XIVe s. ; elle aurait été rebâtie en 1628. L'édifice actuel a été consacré en 1847. Peste noire en 1676. Population : 1764, 225 hab. ; 1850, 306 ; 1920, 292. Registres de baptêmes dès 1660, de mariages dès 1661, de décès dès 1669. — Voir Trouillat. — Vautrey : Notices I. — Daucourt : Dictionnaire I. [G A.]
COURCHAVON (NOBLES DE). Voir Chatel-
VOUHAY.
COURFAIVRE (C. Berne, D. Delémont. V. DGS). Com. et paroisse. Curfavro, 1147 ; Cultis fabri, 1160 ; Courfaver, 1400, signifie ferme du forgeron. Armoiries : d'or à la bande de sable dentelée d'argent. On y a trouvé des vestiges de villas romaines, des tombeaux et un camp retranché aux Épenattes. Courfaivre figure dans le cartulaire de Lucelle en 1147. En 1327, il formait déjà une paroisse. L'église, dédiée à saint Germain d'Auxerre, a été bâtie en 1701. Peste de 1634 à 1637. Fabrique de vélos, horlogerie. Registres de baptêmes dès 1666, de mariages dès 1678, de décès dès 1768. Une famille noble de Courfaivre est mentionnée au XIIe s. — Voir Daucourt : Dictionnaire I. — Vautrey : Notices I. [A. Daucourt.]
COURGENAY (ail. Jensdorf) (C. Berne, D. Porrentruy. V. DGS). Com. embrassant Courtemautruy et Vge. Corgennart, 1139 ; Curt genart, 1173 ; Corgenerlh, 1218 ; Corgenay, 1254 ; Corgenne, 1282 ; Curqenago, 1438. A l'entrée du village se dresse la Pierre Percée, monolithe probablement préhistorique qui fut longtemps l'objet de pratiques superstitieuses. D'après le rôle de la mairie d'Ajoie, la délibération annuelle des « prud'hommes » avait lieu « sous le tilleul de Courgenay » ombrageant la Pierre Percée. Courgenay est mentionné pour la première fois en 1139 parmi les possessions de l'église de Saint-Ursanne. L'abbaye de Lucelle y possédait de vastes propriétés aux XIIIe et XIVe s. Un procès mémorable s'éleva entre Aile et Courgenay au sujet d'une forêt, la montagne d'Aile. Une sentence fut prononcée en 1314, mais le procès ne fut liquidé qu'en 1865. Pendant la guerre de Trente ans, le village fut réquisitionné par les soldats du maréchal de la Force (1635), pillé par les Impériaux (1637), occupé par le duc de Saxe-Weimar (1639); puis de nouveau pris et occupé pendant la guerre du Palatinat. De cette époque date probablement la disparition de Courtary et Courtemblin. Pendant les troubles de 1720 à 1740, l'un des «commis », Pierre Péquignat, bourgeois de Courgenay, fut décapité. Le général Comman est oiiginaire de Courgenay. L'église du XIIIe s., placée sous l'invocation de l'Assomption de la sainte Vierge, a été démolie et reconstruite de 1854 à 1856 en style roman. La collation appartenait jusqu'à la révolution française à l'abbé de Lucelle. Population avec Courtemautruy: 1764, 739 hab.; 1818, 823; 1900, 1568 ; 1920, 1480. Registres de baptêmes dès 164P de mariages dès 1640, de décès dès 1748. — Une famille noble de Courgenay est citée aux XIIe et XIIIe s. — Voir Trouillat. — Vautrey : Notices I. — Daucourt : Dictionnaire I. [G. A.] COURGEVAUD ou COURGEVAUX (ail. Gurwolf) (C. Fribourg, D. Lac. \.DGS).
Com. et Vge. Corqivul, 1055 ; Curgenoll, 1142 ; Corgevoulx, 1558 ; Curwolf, 1578 ; Cur Wolff, 1668. De cort (cortis) et Giwulf = ferme de Giwulf.
Armoiries : de sable à un loup passant au naturel lampassé de gueules. Trouvailles romaines. Les ruines d'un châtelard furent découvertes en 1794 sur la colline à l'Ouest du village ; un souterrain l'aurait relié à Morat. Humbert de Praroman, avoyer de Fribourg, avait en 1529 des biens à Courgevaux et détenait le droit de barde Ces possessions passèrent par vente aux von Diesbach de Berne (branche de Liebistorf) ; Magdalena von Diesbach fit bâtir en 1688 le château qui existe encore. Il fut acheté en 1715, avec la plus grande partie des terres qui en dépendaient, par Balthasar Rosenberger qui le
COURIARD