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COUVENTS

roisse de Meyriez ; lorsque l'allemand y supplanta le français au milieu du XVIII1 s., elles réclamèrent leur propre école. Mais par suite de dissensions, Coussiberlé resta uni à Courgevaux jusqu'en 1878. Au spirituel, il relève de Meyriez, mais la population suit les sermons et l'instruction religieuse à Morat. En 1803, Coussiberlé passa à Fribourg avec, la région de Morat. Il racheta à Meyriez en 1837 la dîme des céréales dont jouissait l'église. Population : 1558, env. 30 hab. ; 181 1. 58 ; 1850, 63 ; 1920, 80. — Voir KG VIII. — Jaccard : Essai de toponymie. — R. Merz (mns.). [C. M.|

COUTAU. Famille originaire de La Case en Languedoc, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1723. — 1. MARC-THÉOPHILE, 1761-1834., pasleur à Londres 1803- 1820, puis à Chancy 1820-1828 ; il obtint, de changer son nom et de prendre celui de sa mère Abauzit. — 2. André-Elisée, 1797-1858, officier au service de France ; décoré en Espagne à la prise de Trocadero, juillet 1830. Il fut un des trois officiers qui, avec 140 hommes, défendirent héroïquement à Paris la caserne de Babylone ; maire de Plainpalais 1831-1834. A publié un Rapport sur les événements de Paris et sur la conduite des Suisses. 3. Étienne-Sigismond, 1833-1919, fils du n° 2, d'abord officier au service de Saxe-Weirnar, puis, rentré en Suisse, instructeur en chef des milices du canton de Genève ; instructeur fédéral de première classe, colonel 1880, instructeur en chef de la deuxième division 1892-

1894, commandant des fortifications de Saint-Maurice. 11 joua un rôle important comme président des exercices réunis de l'Arquebuse et de la Navigation. A publié : Archives de la Société de V Arquebuse et en 1912 : Archives du Noble Exercice de la Navigation. — Voir PS

1895, p. 145, 1913, p. 135, 14 mai 1919. TG 6 mai

1919. — 4. Hippolyte-Gustave, * 1866, fils du n° 3, peintre. S'est consacré au paysage alpestre et au portrait, cité dans SKL. — Voir Rec. gén. suisse III, 76. — Ileyer : L'Église de Genève. [H. Da.]

COUTELIER, François. Cordelier qui prêcha à Genève en 1534 pendant le Carême et qui parla dans ses prédications, malgré la défense que lui en avait faite le magistrat, de choses qu'on ne pouvait prouver par l'Écriture. Sa persistance dans cette occasion accéléra la Réforme, car les délégués de Berne à Genève, exaspérés de ses discours, obtinrent que Farel pût prêcher à son tour, ce qui eut lieu (mars 1534). — ■ Voir Gautier : Hisl. de Genève. [C. R.]

COUTUMIER (DROIT), COUTUME. On comprend par droit coutumier des règles juridiques issues exclusivement d'un long et constant usage et que la population observe précisément parce qu'elle voit en elles une partie du droit en vigueur. La coutume est à l'opposé du droit écrit, ou du droit, légal, qui doit sa naissance aux prescriptions formulées par une autorité compétente. Le droit coutumier joua un rôle important jusque dans le XIXe s. Même les constitutions de quelques cantons, ceux à landsgemeinde surtout, étaient de droit coutumier. Il fallut le Pacte fédéral de 1815, qui prescrivait dans son art. 15 le dépôt des constitutions cantonales aux archives fédérales, pour provoquer la mise par écrit de quelques constitutions. Le canton d'Uri déclarait ainsi le 7 mai 1820 : « Nous n'avons jamais eu une constitution écrite de notre canton, mais par suite d'un usage de plusieurs siècles et des lois existantes, elle repose sur les bases suivantes ». S'il en était ainsi pour les lois fondamentales de l'État, il est compréhensible que dans les autres domaines du droit, droit pénal, procédure, administration, le droit coutumier ait eu force de loi jusqu'à notre époque. En matière de droit privé, le Code civil suisse reconnaît expressément dans son art. 1er le droit coutumier comme droit subsidiaire s'il n'existe pas de dispositions légales.

Le droit coutumier a aussi bien sa valeur que le droit écrit, mais en pratique, il présente un désavantage sensible. Ses dispositions n'étant pas formulées par écrit, il faut faire la preuve de leur teneur et de leur autorité. [E. v. W.J

La coutume, formée d'éléments très divers, dispositions de chartes de franchises, pratiques admises par l'usage, sentences rendues par l'autorité, était transmise

oralement de génération en génération. Afin d'obvier aux inconvénients graves qui résultaient de ce procédé rudimentaire, on chercha un peu partout, à fixer la coutume par écrit. Pour y parvenir, on eut recours à des personnes âgées, expérimentées eu matière de justice et bien au courant, de la tradition. Leurs déclarations prirent dans la Suisse allemande le nom de Weistiimer et de Offnungen ; dans la Suisse romande, elles furent transcrites dans des registres appelés coutumiers. Parfois aussi des particuliers entreprirent de codifier la coutume, tel Pierre Quisard, de Nyon, en 1562. Dans certains cas aussi, L'autorité donnait, à la coutume une

sanction légale en rendant des « points de coutun

Le Plaid général de Lausanne de 1368 n'est, au fond, qu'un coutumier enregistré à cette date par L'autorité épiscopale. Un certain nombre de Offnungen ont été publiées dans SSR. — VoirDHK. — G.-A. Matile : Déclarations ou points de coutume ... de Neuchûtel. [L. S.]

COUVENTS. Couvent, terme générique employé actuellement pour désigner une maison où résident des religieux ou des religieuses vivant sous une règle monastique, sous la direction d'un abbé ou d'une abbesse, d'un prieur, d'un gardien, d'un commandeur, etc. Tout d'abord il s'appliquait à l'ensemble des religieux ou religieuses qui composaient une communauté. C'est au XIIIe s., semble-t-il, peut-être sous l'influence des franciscains, qu'il passa de ce sens à celui de maison. A l'origine, on employait le mot monastère (monasterinm, cenobium, claustrum, d'où le mot allemand : Kloster).

Le monachismc est né de l'ascétisme. De nombreux moines étaient ermites. Ils bâtissaient un oratoire, une cellule, une maison pour les voyageurs ou les pèlerins. Aux endroits qu'ils avaient sanctifiés par leur vie austère, s'élevaient bientôt des monastères ; des villages prenaient naissance, Saint-Imier, par ex. En 612, Gall, compagnon de Colomban, se construisit une cellule à quelque distance du lac de Constance ; il y vécut avec quelques compagnons. Après sa mort, une église fut érigée là en son honneur. Avant le milieu du VIIIe s., cette église était transformée en monastère. Saint Othmar en fut le premier abbé. Telles furent les origines de la célèbre abbaye, puis de la ville de Saint- Gall.

Plusieurs des premiers monastères en Suisse furent fondés par des moines irlandais et, à l'exception de Saint-Maurice d'Agaune, suivirent la règle de Luxeuil. A partir du VIIIe s., et surtout dans les nouvelles fondations monastiques, la règle de saint Benoît l'emporta. Les plus célèbres maisons, au IXe s., Saint-Gall et Einsiedeln, étaient filles de saint Benoît. Les monastères de cet ordre furent richement dotés par les rois et les seigneurs fonciers, et plusieurs abbés devinrent de puissants seigneurs temporels ; du Saint-Siège, ils reçurent d'importants privilèges. Les moines n'avaient pas pour seul but la prière et le développement de la liturgie ; ils organisèrent des paroisses rurales. Ils travaillèrent le sol et jouèrent un rôle économique considérable. Leur influence en architecture, dans le domaine littéraire (conservation et multiplication des manuscrits, enseignement, production littéraire) et artistique (arts décoratifs, peinture) ne fut pas moins grande, notamment à Saint-Gall et à Reichenau. Les monastères bénédictins étaient des facteurs importants de la vie sociale.

La fin du IXe s. marque une baisse dans la vie monastique. Dès le début du Xe s., l'influence de Cluny se fit sentir principalement en Suisse romande. Romainmôtier passa à la nouvelle congrégation (929). De nouveaux prieurés furent fondés (p. ex. Rueggisberg, Saint- Alban de Bâle). A la fin du XIe s., une opposition se manifesta contre Cluny que l'on accusait de déchoir. On voulut revenir à l'observance stricte de la règle de saint Benoît. L'ordre de Cîteaux fut fondé. Comme dans le reste de l'Europe, il eut grand succès dans notre pays et, au XIIe s., son influence religieuse et économique ne fut pas des moindres. Des congrégations pénitentielles comme les prémontrés (p. ex. Humilimont) et les chartreux (p. ex. Oujon) jouirent d'une certaine faveur. Quelques maisons adoptèrent la règle de saint Augustin (p. ex. le Grand Saint-Bernard).

La naissance et le développement des villes créèrent

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