‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 335 sur 425 · DANIS · texte numérisé non relu

DANIS

DAPPES (VALLÉE DES)

furent les derniers conducteurs de la poste du Gotthard. — G. Heinrich, * 1896 à Altdorf, artiste-peintre. — Voir LLH. — Luzerner Chronik 1908. — BStor. XII, 146. — Registres de paroisse et de famille d'Andermatt. [Karl Gisliïr.]

DANIS (C. Grisons, D. Vorderrhein, Cercle Disentis, Com. Brigels. V. DGS). Anives, 766. Le village dépend politiquement de Brigels ; il forme une paroisse autonome depuis 1650 avec Tavanasa, les fermes de Vali et Cathomen. L'église de la Trinité, achevée en 1658, contient un remarquable tableau d'autel. La chapelle qu'elle remplaçait était l'œuvre de l'abbé Chr. von Castelberg à Disentis en 1582. Près de l'église paroissiale se trouve une chapelle de l'Ascension de Saint- Antoine. Ce fut sur le Plaun d'Autras près de Danis que la délégation de Disentis conclut en 1799 une capitulation avec le général Demont. [Chs.]

DANSE. Dès le XVIe s., la danse fut l'objet de mesures spéciales prises par les autorités dans la plupart des cantons : interdiction des danses licencieuses, interdiction de la danse pour cause de calamités publiques : peste, guerre, etc. ; limitation des jours et des heures pendant lesquels on pouvait danser. Encore actuellement la danse fait l'objet de lois restrictives.

A titre d'exemple, voici quelques-unes des ordonnances prises par le gouvernement de Fribourg concernant la danse : 1524, défense de danser d'une manière indécente sous peine de 3 lb. d'amende; on doit danser convenablement, comme le faisaient nos pères ; 1589, défense de danser, sauf aux noces, à cause des dangers de guerre ; 1602, interdiction des danses licencieuses qui avaient lieu au Geissberg ; 1639, suppression de la danse à cause de la peste, et en 1663, à cause de la guerre des Turcs ; 1676, toute danse de nuit est interdite ; 1729, la danse est défendue dans les auberges pendant cette année ; 1751, interdiction de danser pendant le Jubilé ; 1769, suppression de la danse à cause d'une forte chute de grêle ; 1772, interdiction de danser après 8 h. du soir, aussi bien dans les maisons particulières que dans les auberges et sur les places publiques ; 1792, défense de danser les vendredis et les samedis. Très fréquemment la danse était supprimée pour une année. La loi du 1er juin 1804 interdisait toute danse aux jours de dédicaces particulières ou de fêtes patronales, à l'exception de la bénichon ; et encore ces jourslà elle devait finir une demi-heure avant la nuit et ne commencer le dimanche qu'après les vêpres. La loi actuellement en vigueur sur la danse est du 11 décembre 1882 avec modification en 1916. — Archives d'État Fribourg : Manuaux et Mandats. — Bull, des lois. [Rjemt.] DAN8SE. Famille originaire de La Roche en Savoie, reçue à la bourgeoisie genevoise en 1518. Armes : écartelé, aux 1 et 4 d'or à l'anse de commode de sable, accompagnée en pointe d'une étoile de gueules, aux 2 et 3 d'azur à deux bandes d'argent, chargées chacune d'une étoile de gueules. — 1. Abraham, 1556-1636, syndic, envoyé à Paris en 1616 pour complimenter Louis XIII au sujet de son mariage avec Anne d'Autriche. — 2. Jaques, 1599-1652, syndic. — 3.Esaïe, 1602-1675, et — 4. Jaques, * 1612, tous deux colonels au service de la République de Venise. — 5. Abraham- Théodore, * 1778, se fixa à Avignon. Cette ville lui décerna une récompense pour un procédé ingénieux permettant de reconnaître la falsification de la poudre de garance ; médaillé aussi à Paris en 1826 pour un procédé d'extraction de la garance, d'une laque qui est employée avec succès dans la peinture. — Voir Galiffe : Not. gén. III, 157. — LL. — LLH. — Grenus : Fragmens histor. et bïogr. — A GS. — Armoriaux genevois. — Sordet : Dict. des fam. genevoises. [H. Da.]

DANZ. Ancienne famille bourgeoise de Zuoz (Grisons) qui, aux XVIIe et XVIIIe s., dota le canton des Grisons de douze pasteurs. — 1. Johann-Peter, art. lib. mag., pasteur à Celerina de 1600 à 1601, à Teglio (Valteline) de 1601 à 1620, f en ce lieu, victime du massacre de la Valteline, le 20 juillet 1620. — 2. Johannes, art. lib. mag., pasteur à Zuoz de 1630-1665, chancelier du svnode de 1645 à 1664, doyen de la Ligue de la Maison-Dieu de 1664 à 1665, t 1665. — Voir Truog : Bùndner Prddikanten, dans JHG G 1901 .[J.-R. T.]

DANZIG. On peut probablement faire remonter à la seconde moitié du XVIIIe s. l'époque à laquelle les premiers Suisses se fixèrent dans les environs de Danzig ; il y eut alors une émigration assez considérable d'agriculteurs bernois en Poméranie. De 1877 à 1885, se produisit une nouvelle émigration. Nos compatriotes y fondèrent alors de nombreuses laiteries et actuellement plus du 60 % de ces établissements sont entre les mains de propriétaires suisses. C'est de là que dérive l'emploi abusif du mot de Schweizer (Suisse) que l'on applique à des gens employés dans les laiteries de l'Allemagne du Nord. Actuellement la colonie suisse de Danzig compte environ 400 personnes. La Société des Nations a nommé le colonel James de Reynier, de Neuchâtel, président de la Commission du port, chargée de régler les différends entre la Pologne et Danzig touchant les questions relatives aux voies fluviales et aux chemins de fer. [C. Bzr.]

DAPIFER. Famille noble de Lausanne, qui possédait à titre héréditaire l'office de la sénéchalie de l'évêque de Lausanne ; c'est de cette charge qu'elle tire son nom. Elle remonte à — 1. Jordan, chevalier, avant 1150. — 2. Pierre, 1225-1264, fonda en 1257 le couvent de saint François à Lausanne. — 3. Girold, chanoine et sacristain de l'église de Lausanne de 1210 à 1257. — La famille s'éteignit au début du XIVe s. — Revmond : Dinnitaires. [M. R.]

DAPPES (VALLÉE DES) (C. Vaud. V. DGS).

Vallée frontière peu habitée entre le canton de Vaud et la France, dont la possession fut l'objet de longues contestations durant la première moitié du XIXe s.

+ — Y- Frontière actue//e ^ | e Chferflt

Ancienne frontière

Limites c/es Communes limitrophes .'

' vv/vM Territoire ce'c/e par /a Suisse

tii^J Territoire acouispar/a Suisse . .

/ . ... . / . / . Bois d Amont ;>Borne203

Les territoires sont équivalents çf-<S rf *

)Bor>n|2œ/

en sur/àce et mesurent chacun :

7b6 Va hectares

Borne 207

M.B.S/C'.e ' Att.inrjPtsr

La frontière de 1863 à la vallée des Dappe*.

DAPPLES

DARDAGNY

Après la conquête du Pays de Vaud, Berne entreprit la rectification de la frontière occidentale du pays et passa des conventions en 1564 avec la Savoie, en 1606 avec l'Espagne, maîtresse de la Franche-Comté, en 1752 et en 1761 enfin avec la France; la possession de la vallée des Dappes y fut confirmée au Pays de Vaud. En 1799, le Directoire demanda à Berne de rétrocéder une partie du territoire près des Bousses, afin d'établir une route allant à Versoix, d'où la France serait reliée par le Valais à l'Italie septentrionale. Batifiée par le Sénat helvétique le 11 août 1802, la cession ne devint effective qu'en 1807. Mais la France ne tint jamais ses promesses d'indemnité. La première paix de Paris de 1814 et le traité de Vienne de 1815 restituèrent la vallée des Dappes au canton de Vaud. Mais la France obtint des ambassadeurs d'Autriche, de Bussie, de Prusse et d'Angleterre une déclaration dans laquelle ils reconnaissaient, au nom de leurs puissances, les prétentions de la France sur la vallée des Dappes et promettaient de les appuyer, toutefois sans exercer de pression auprès de la Confédération. Se basant sur cet engagement et négligeant la décision du Congrès de Vienne, de 1815, la France refusa de rétrocéder la vallée. Des notes furent échangées sans résultat jusqu'en 1828 où, pour la première fois, l'on envisagea un partage. Mais les négociations reprises sous le règne de Louis-Philippe, en 1835 et 1839, n'aboutirent pas. La tension fut augmentée encore par les conflits de juridiction soulevés par la France, en 1851, et par les nombreuses publications qui parurent alors sur cette question, parmi lesquelles il faut citer celle du général Dufour qui insistait sur l'importance stratégique de cette vallée pour la Suisse et le mémoire d'Ami Girard, de Neuchâtel, adressé en 1858 à l'Assemblée fédérale. En octobre et novembre 1861 le Conseil fédéral protesta contre les violations de frontières dans la vallée des Dappes et exigea de la France des réparations qui furent refusées. Entre temps une convention avait été préparée qui, arrêtée le 8 décembre 1862 sur le principe du partage du domaine contesté, vint mettre fin à la tension et fut adoptée en février 1863 par le gouvernement suisse. La France reçut, avec la route des Bousses à la Faucille, la partie occidentale de la vallée des Dappes et une bande de 150 m. de large à l'Est de la route. En dédommagement la Suisse obtint un territoire de même superficie le long du Noirmont jusqu'au district de Joux. — Voir Die Bedeutung der Dappentalfrage dans Veranstaltung des Zentralausschusses der Helvetia 1859. — Bapport du Conseil fédéral du 9 décembre 1859. — Message du Conseil fédéral du 7 janvier 1863. [H. Tr.] DAPPLES. Famille vaudoise, probablement originaire d'Apples, citée à Vufflens-le-Châtel à la fin du XVe s., se fixa peu après à Bremblens et à Morges, et fut reçue à la bourgeoisie de Lausanne en 1603. Armes: anciennes, d'azur à la bande d'or chargée de deux tourteaux de gueules, accompagnée de deux colombes d'argent, l'une en chef, l'autre en pointe (variantes) ; modernes, de gueules à une bande d'azur chargée de trois besants d'or. — 1. Jean-Pierre * 1616, médecin et régent au collège de Lausanne, connu par d'élégantes poésies latines. — 2. Jean-Pierre, 1656-1733, fils du n» 1, médecin, profess. de grec et de morale à l'académie dès 1703. — 3. Jean-François, f 1772, fils du n° 2, ministre, succéda à son père comme professeur de grec. — 4. Christian, 1740-1802, neveu du n°3, professeur de droit à l'académie dès 1772. — 5. Sylvius, 1767-1830, fondateur à Lausanne d'une

Edouard Dapples.

D'après une lithographie.

maison de banque, possesseur de la maison des Jordils où se tint le banquet des Jordils. — 6. Sylvius, 1793-1870, conseiller d'État en 1843-1845. — 7. Edouard, 1807-1887, forestier, syndic de Lausanne de 1842 à 1848 et de 1857 à 1867 ; conseiller national 1857-1867 (président 1861). -- 8. Ernest, 1836-1895, fils du n° 7, ingénieur, directeur technique au Département fédéral des chemins de fer, député au Grand Conseil bernois. — 9. Charles, 1837-1920, ingénieur, professeur à l'académie et à l'université de Lausanne 1882-1907, professeur honoraire 1916, directeur de l'école d'ingénieurs 1894-1898, colonel d'artillerie et spécialiste en matière de balistique. — 10. Charles, d'une branche établie à Gênes au milieu du XIXe s., banquier à Paris. — Livre d'or. [M. R.]

DARBALEY ou DARBELLAY. I. Famille de Sembrancher (Valais), bourgeoise de Fribourg en 1582.

— Guillaume, imprimeur, établi tout d'abord dans le canton d'Uri, fut obligé par la guerre de quitter Porrentruy, où il était imprimeur des princes-évêques de Bâle 1623-1635 et devint l'imprimeur officiel du gouvernement de Fribourg 1635-1651. t 1651. — Étr. frib. 1888. — Le Gutenberg 1885, n° 13. — G. Amweg : L'imprimerie à Porrentruy. — [R.emy.] — II. Famille mentionnée à Liddes (Valais) au XVIIe s., plus tard à Martigny, Monthey, Sion et Granges. — - 1. Jérôme, 1726-1809, prieur du Saint-Bernard 1752. Il s'occupa de poésie et d'histoire. — 2. Joseph, 1783-1857, prieur du Saint-Bernard 1811, prieur et doyen de Martigny 1816. — Bertrand : Le Valais. — [Ta.] — 3. Jules, * 1881, inspecteur forestier à Fribourg 1914, naturalisé fribourgeois 1918. [G. Cx.]

DARBONNIER. Famille noble vaudoise, bourgeoise d'Orbe dès le XVe s. Elle descendrait de Wilhelme Darzan, de Saint-Pierre d'Albigny en Savoie, reçu bourgeois d'Orbe en 1352 et qui serait grandpère de Claude Darbonnier, gouverneur d'Orbe en 1457, premier ancêtre certain de la famille. Armes : d'azur à trois pointes d'or, avec ou sans coupeaux de sable. — 1. Claude, gouverneur d'Orbe à plusieurs reprises entre 1529 et 1565, l'un des grands artisans de l'introduction de la réforme dans cette ville. — 2. Louis-Frédéric, f 1730, seigneur de Disy, châtelain d'Orbe. — 3. Frédéric-Louis, 1698-1730, dit « comte d'Arbonnier-Disy », petit-fils dun°2, maréchal de camp au service de France en 1761. [M. R.]

DARD. Famille de La Boche en Savoie, fixée sur territoire genevois au commencement du XVIIIe s.

— Henri-Bénédict, 1752-1830. En 1794, juge au premier tribunal révolutionnaire dont il fut exclu à peine nommé pour cause de modérantisme. Condamné comme Montagnard à deux ans de prison domestique par le second tribunal. Auteur de nombreuses brochures politiques pleines d'incohérences. — Voir Arch. de Genève. — Bivoire : Bibliographie. [E.-L. B.]

DARDAGNY (C. Genève, Bive droite. V. DGS). Com. et paroisse. Anciennes formes : Villa Dardaniaca, vers 1100 = fundus Dardaniacus (voir Eugène Bitter : Alm. de la Suisse romande 1883, p. 72-75 ; — Jaccard : Toponymie; — Journal de Carouge, 16 juin 1923). Trouvailles romaines (voir B. Montandon : Genève). Au XIIIe siècle on trouve une famille noble de ce nom. En 1321, Valerius de Dardagny fit une donation importante aux habitants de Dardagny. La seigneurie appartenait à l'évêque de Genève, à cause du château de Peney ; elle faisait partie de l'ensemble des droits, fiefs et juridictions connus dès le XVIIe s. sous le nom générique de Châteauvieux (voir ce nom). Contrairement à ce qui a été imprimé dans cet article, Charles Lullin garda la seigneurie de Châteauvieux et Confignon située sur France (après le traité de 1749) et aliéna la seigneurie de Dardagny proprement dite dépendante de la République de Genève à Jean Vasserot le 5 février 1721 ; en 1779 Jacques-Antoine Horngacher, fils de Jean-Philippe et de Marie-Benée,-Catherine Vasserot, prêta foi et hommage pour cette terre. Le 17 août 1793, Jacques-Antoine Horngacher vendit à Charles- Emmanuel Porchat ses droits seigneuriaux, se réservanl pendant sa vie le droit de porter le titre et le nom de Dardagny et pour son tils. (anl qu'il vivra, le nom de

DARDALET

Page 1