DASSIER
Châteauvieux. La communauté de la paroisse et des habitants apparaît déjà en 1321 ; la justice fut administrée
jusqu'en I 794 -par un <ïiàt eliiin. La ronst il ulion de 179'i fit de 1 >ardagny un district du « territoire enclavé », e1 les lois françaises une commune. Le château a été construit en 1655 ; dans les bois de Roulavaz, on distingue encore l'emplacement du château dit de Bruel. L'église éiaii sous le vocable de saint Pierre ; elle dépendait du prieuré de Saint- Victor. A l'établissement de la Réforme, on confia au pasteur, dès 1544, également les églises de Malval et de Russin, avec lesquels Dardagny forme paroisse aujourd'hui encore. Dès 1868, des concessions furent accordées pour l'exploitation et la recherche des mines de goudron dans la commune. — Voir Galiffe : Genève archéologique, suppl. — Gaudy-Le Fort : Promenades historiques II. — Heyer : L'Église de Genève. — DuBois-Melly : Châteaux, mu noirs et monastères, lre série. - Begeste genevois. -- MDG XVIII, p. 62-63. Arch. d'État Genève. [P.-E. M.]
DARDALET, Nicolas. « Maître ingénieur », reçu bourgeois de la ville de Fribourg et nommé monnayeur de l'État de Fribourg le 29 novembre 1588, fonctions qu'il exerça jusqu'au 24 mai 1589 pour et au nom de Maurice de Maurelles, seigneur du Mesnil. — Arch. d'État Fribourg : Rathserkannt. n° 21, p. 138. [r*my.] DARDEL, de DARDEL. Famille neuchâteloise, mentionnée à Saint-Biaise au début du XIVe s. et qualifiée libre, bourgeoise de Neuchâtel en 1520. Elle s'est répandue dans la suite à Marin, Villiers, Mulhouse et Lyon. Armoiries :
d'azur à l'anille d'or traversée d'une bisse d'argent accompagnée de deux quintefeuilles d'or et en pointe de trois coupeaux de sinople. — Une autre famille est mentionnée au Pâquier en 1400. A la première appartiennent :
— 1. Daniel, 1808-1871, notaire, président de la commune et paroisse de Saint-Biaise 1837, lieutenant de la châtellenie de Thielle 1833, dernier châtelain de Thielle 1848, président de la Cour d'appel de 1848 à sa mort. Il fut également greffier du Tribunal souverain et député au Corps législatif avant 1848, puis député au Grand Conseil, qu'il présida. — Messager boiteux de Neuchâtel 1872. — 2. Georges-Alexandre, capitaine au service de la Compagnie des Indes, fut anobli par la Suède en 1810, avec les armoiries suivantes : d'azur à trois et deux demi-losanges d'or rangés en fasce accompagnés en chef de deux hallebardes d'argent passées en sautoir, et en pointe d'un croissant du même. — 3. Carl, petit-fils du n° 2, * à Stockholm 1846, capitaine de marine en Suède jusqu'en 1885, puis directeur de la fabrique de toiles peintes de Neunkirch près de Vienne, f 1916 à Fridhem (Suède). — 4. Otto, petit-fils du n° 2, * 1864, rédacteur de la Suisse libérale 1894-1906, député au Grand Conseil 1898-1907 et dès 1915, conseiller national dès 1917. Président de la commune de Saint-Biaise dès 1915. — E. Quartier-la- Tente : Familles bourgeoises de Neuchâtel. [L. M.]
DARDIN (C. Grisons, D. Vorderrhein, Cercle Disentis. V. DGS). Arduna 766. Le village comprend 9 hameaux : Capeder, Gliz (Cagliezi), Caprè, Capaul, Casu, Casut, Plaunca, Casievi et Pugaus (Arpagaus). Les 3 derniers sont inhabités depuis un siècle environ. Dardin forme une paroisse depuis 1664. L'église de Saint-Sébastien, en style baroque, remplaça au commencement du XVIIIe s. une ancienne chapelle. Du XVIIIe s. aussi datent les chapelles de la Mère-Dieu à Capeder, de Saint-Joseph à Casutt et de Saint-Nicolas • i Pugaus. — Voir Gaudy : Die kirckl. Baudenkmàler des Kts. Graubiinden. [Chs.]
DAREL, Th. Voir ERAïH-TlSSOT, A.
DARGNIÉS, Nicolas-Claude, * à Abbevilli die) 29 août 1761, t à Riaz (Fribourg) 3 mai 1824. Prêtre, il émigra en Suisse en 1793, se fit trappiste à la Valsainte sous le nom de Franç.ois-de-Paule. Curé de Charmey 1808-1816, puis chapelain à Vuippens et à Riaz. A publié : Dialogue sur la santé, pour le peuple surtout de la campagne, 1821. Il a laissé des mémoires mani très intéressants sur les trappistes de la
Valsainte, dont une grande partie a été publiée par l'abbé Gremaud dans le Mémorial de Fribourg III, p. 208. [R«y.]
DARIER. Famille de Beaune (Dauphiné) fixée à Genève dès 1738, reçue à la bourgeoisie en 1787. — 1. HENRI-JOSEPH, * 1796, de la Constituante en 1841.
— 2. HUGUES, * 1804, député au Grand Conseil dès 1842. D'autres se sont distingués dans les arts mécaniques. — 3. David, 1770-1828, inventeur d'une machine à fabriquer les aiguilles de montres. D'autres enfin dans les beaux-arts. — 4. Samuel, 1808-1884, architecte. — 5. Charles-François, 1841-1900, fils du n° 4, architecte également. — 6. Albert, peintre, * 1843, élève de Gleyre et de l'École des Beaux-Arts de Paris, ami de Corot. Il peignit surtout le portrait et quelques tableaux de genre, les Choristes entre autres qui est au Musée d'art et d'histoire de Genève ; il pratiqua aussi la gravure. — 7. GASTON, 1877-1921, bibliophile et archéologue, publia le résultat de ses fouilles au Janicule. — Voir Sordet : Dicl. des fam. gen. — ■ S KL. [C. R.]
DARLOD. Voir Arlod, d'.
DARM. Famille bourgeoise éteinte de la ville de Berne. Armoiries : une marque de maison. — 1. Nlkolaus, reçu bourgeois en 1505, bailli de Buren en 1520, f 1545. — 2. Sébastian, reçu bourgeois en 1545, percepteur de l'ohmgeld en 1558, bailli de Nyon en 1564-1565, membre du Petit Conseil en 1565, intendant des bâtiments en 1573, banneret en 1569 et en 1576. En 1566 il donna 500 lb. pour que le service divin fût de nouveau célébré à l'église de la Nydeck. Sa lettre d'armoiries se trouve au Musée historique de Berne. — 3. Sébastian, fils du n° 2, du Grand Conseil, reçu bourgeois en 1580, bailli de Moudon 1586- 1592, d'Yverdon 1595-1601, membre du Petit Conseil en 1593 et 1602, se ruina et quitta le pavs. — BT II. [E.B.]
DARMS (d'ARMS, VON ARMS). Famille très répandue à Coire et dans les montagnes des Grisons; suivant LL il existait aussi une famille d' Arms à Zurich. — 1. Israël, le dernier de la branche de Coire, * en 1808 à Trieste, f à Coire le 27 octobre 1887, artistepeintre. — 2. Johann-Martin, de Flond, * le 30 août 1823 à Ilanz, pasteur dans plusieurs paroisses de l'Oberland, doyen ; il s'occupa beaucoup du développement du chant populaire dans sa patrie et pendant 35 ans, dirigea le chœur de la Ligia Grischa, f le 29 juillet 1907. [C. J.]
DARO (C. Tessin, D. et Com. Bellinzone. V. DGS). En 1173, Dali de Bellinzona. Quartier de Bellinzone, autrefois commune autonome, mentionnée en 1173. On y découvrit des tombes préhistoriques. Daro fut incorporé, avec Artore et Pedemonte, à Bellinzone en 190/-1908. Au spirituel, il forme une paroisse détachée de Bellinzone en 1631. L'église de San Quirico est mentionnée en 1198; elle fut réédifiée vers 1450 et transformée dans la suite. La paroisse embrasse Pedemonte et Artore. Population : 1698, 200 hab. ; 1900, 1842. Registres de baptêmes dès 1633, de mariages et de décès dès 1631. — BStor. 1904, 1909, 1911. — Borrani : Bellinzona, la suachiesa.
— Monti : Atti. [C. T.] DARVELA (C. Grisons, D. Vorderrhein, Coin
Truns. V. DGS). Petit vge. En 1911, 1914 et 1922 furent mis au jour successivement 18 tombeaux de l'âge du fer, accompagnés d'un assez grand nombre de parures en bronze, fer, argent et ambre. La disposition remarquable des pierres fait supposer un lieu de sacrifices par le feu. [F. J.]
DASEN. Famille de Gerolfingen (Seeland bernois), dont une branche fut incorporée, en 1864, à la bourgeoisie de Berne. — 1. Hans, 1844, colonel d'artillerie, intendant de l'arsenal de Berne 1876-1912. Son frère cadet ■ - 2. Fritz, * 26 mars 1863 à Berne, médecin en 1889, officier instructeur des troupes du service de santé en 1891, colonel en 1910, commandant, des écoles sanitaires de Bâle durant trente ans ; t 4 janv. 1922. [L S.]
DASSIER. Famille de Lyon reçue à la bourgeoisie genevoise en 1633. firmes : d'azur au chevron d'or accompagné de trois fers de lance d'argent. — 1. François, 1649-1707, pasteur à Vandœuvres 1678, puis à
DASSONE
DAUTUN
Genève 1701. — 2. Jean, 1676-1763. Initié à la gravure des médailles par Maugers, graveur de la Monnaie, à Paris. Ses débuts à Genève furent modestes, mais les grandes séries de médailles qu'il créa le rendirent célèbre. En 1728, le roi Georges II d'Angleterre lui offrit la place de graveur de la Monnaie à Londres.
Il refusa, ne voulant pas s'expatrier.
Graveur de la Monnaie à Genève dès 1711. Il entra au Conseil des Deux- Cents en 1731. On connaît de lui plus de deux cent cinquante médailles : les événements politiques de sa patrie lui en inspirèrent plusieurs. — SKL. — 3. Jacques-Antoine, 1715- 1759, fils aîné du n° 2. Il travailla sous la direction de son père, puis à Paris sous celle de Thomas Germain, suivit l'Académie de peinture, y fut élève de Bernard et de Roussel. Enfin, il voyagea en Italie pour se perfectionner. Rentré à Genève, il travailla chez son père et se rendit ensuite en Angleterre, appelé comme graveur en second de la Monnaie de Londres. La tzarine Elisabeth le fit venir à Saint-Pétersbourg, où il resta trois ans et acquit une grande considération. Il exécuta entre autres une médaille à l'effigie de la souveraine. Rappelé en Angleterre, il s'y rendit, mais mourut pendan! le voyage. Le nombre des médailles de souverains et
de personnages qu'il a frappées est considérable ; à la perfection du dessin, il joignait un grand don d'observation de la physionomie. — .SKL. — 4. Antoine, 1718- 1780, second fils du n° 2, collaborateur de son père, grava la triple pistole de 1771 et des pistoles de 1770 et 1772. — SKL. —5. Pierre, 1736-1813, officier au service de France, fort jeune, revint à Genève où il fut nommé capitaine de la garnison en 1776 ; du Conseil des Deux-Cents 1785. Il reprit du service en France en 1789 où, s'étant distingué dans les campagnes de la République, il acquit le grade de général de brigade. — Voir De Monte t :
Dictionnaire. — J. Grenus :
Étrennes patriotiques. — H. Deonna : La famille Deonna. — LL. — Galiffe : Not. gên. III, 162. — Armoriant qenev. — Rigaud : Renseignements. fH. Da.]
DASSONE (C. Tessin, D. Lugano). Anciennes formes : Ansono, 1326 ; d'Ansone, 1395 ; Dasono. Village aujourd'hui disparu, à la suite d'une épidémie de peste. En 1911, on découvrit dans la région une tombe préhistorique. En 1395, l'abbé de San Carpoforo de Côme y possédait des droits fonciers. La chapelle de Sainte- .Margnerite avait pour patron, en 1591, la famille Brocchi de Lugano. En 1591, le village comptait encore six ménages. — Voir art. ABESSONE. — Monitore di Lugano 1921 . [C T ]
DASYPODIUS (HASEIMFRATZ), Peter. Humaniste, de Frauenfcld, où il devint chapelain en 1524, maître à Zurich jusqu'en 1530, ami de Zwingli, maître de grec et de latin à Strasbourg 1533-1559, chanoim un 1540, doyen du chapitre de Thomas à Strasbourg en 1551, publia 1535-1539 des lexiques qui rendirenl son nom célèbre, f 28 février 1559. — ADB. — G. Bueler : P. D. dans une annexe du Program. der thurg . Kantonsschule 1j19-1920. — Konrad, fils du précédent, * à Frauenfcld 1529 ou 1530, enseigna les mathématiques, édita Euclide en grec et en allemand en 1564, f à. Strasbourg 1600. Auteur d'un manuel de mécanique, inventeur et constructeur de la célèbre horloge astronomique de lu cathédrale de Strasbourg en 1578. — Voir Mit. der naturforschenden Ces. Bern 1845. — Wolf : Biographien III. [Sch.]
Jacob-Antoine Dassier.
D'après une gravure sur cuivre
de J.-R." Schellenberff.
DATH/EUS (THADD/EUS). Famille bourgeoise de Soleure, f en 1611 ; Kaspar devint bourgeois en 1580. Armoiries : d'azur à une marque de maison d'argent (un double crampon couché supportant un quatre croisetté et sommé d'une fleur de lys). — Voir P. Protas Wirz : Biirgergeschltchler. [v. V.]
DAUCHER. Voir TùSCHERZ.
DAUCOURT, DOCOURT. Vieille famille de Porrentruy. Armoiries : coupé de gueules et d'argent, à trois étoiles posées 2 et 1 de l'un en l'autre. — Petermann d'Ocourt vint s'établir à Porrentruy où il fut reçu bourgeois en 1397. Au moment de la Réforme, Jean, partisan des idées nouvelles, dut s'enfuir à Montbéliard ; il est la souche d'une branche française. — 1. NlCOLAS-Josepii-Xavier", 1762-1840, officier au service de France, capitaine 1792, colonel après Friedland, anobli par Napoléon et créé chevalier de la Légion d'honneur. — 2. François- Ignace-Xavier, frère du n° 1, * 1764, officier au service de France, puis de Hollande où il parvinl au grade de général de brigade et fut anobli. — 3. Louis-Jean-Népomuc.ène, frère des précédents, t 1824, officier sous Napoléon, colonel. — [a. d.] — 4. Ernest, * 1848, avocat, député au Grand Conseil 1882-1894, au Conseil national 1901-1919, préfet de Porrentruy 1894- 1914. Fondateur et rédacteur de 1873 à 1923, du journal catholique conservateur Le Pays. A publié:
Scènes et récits du Kulturkampf dans le canton de lier ne ; Dans la mêlée ; La presse jurassienne, etc. — [G. a.] — 5. Arthur, petit-fils du n° 3, * 1849, abbé, curé de Miécourt 1897- 1908, archiviste de Delémont, auteur de nombreux ouvrages historiques: Hist.
de la ville de Delérnont; Dict.
des paroisses du Jura ; Hist. des Franches-Montagnes ; Hist.de la seigneurie de Franquemont, etc. [L S.] DAUGERANT DE BOISRIGAUT, Louis. Voir BOISRIGAUT.
DAULTE, d'AULTE. Famille de La Neuveville, Berne, qui a donné plusieurs pasteurs. — - 1 . Pétremand, notaire, secrétaire de ville, receveur pour Bienne et l'Erguel 1641, châtelain de l'Erguel 1650-1652, f à Courtelary le 7 juillet 1652. — 2. Jean, frère du n° 1, notaire à La Neuveville 1604, secrétaire de ville 1634, maître-bourgeois et lieutenant du châtelain 1639, banneret 1642, maire et châtelain du Schlossberg 1642- 1649. La famille Chiffelle a suscité contre lui, en février 1644, un soulèvement qui fut réprimé par l'évêque Jean-Henri d'Ostein. — 3. Jean-Samuel, * 1734, officier au régiment d'Eptingen. — J. Germiquet : Neuveville et ses habitants. — ASJ 1881 et 1882. — SBB I. — Nom primitif : von Halten (au XIVe et XVe s. à Gléresse). [G. A]
DAUPHIN. Voir Chapeaurouge, de.
DAUSAZ (C. Vaud, D.Oron). Domaine donné avant 1154 par Joret de Lutry au couvent de Hautcrêt. Le gouvernement bernois ayant confisqué le couvent, le reprit, en fit une seigneurie, qu'il donna à la famille de Joffrey. Celle-ci posséda le domaine jusqu'en 1815. Les trois frères Sonney l'achetèrent alors et y installèrent un Institut agricole de jeunes gens, .suivant la méthode l'illenberg. Mais l'établissement périclita et se ferma en 1850. — DHV. [M. R.]
DAUTUIM. Famille vaudoise, d'origine française, qui parait remonter à Jean-François, fixé à Morges en 1620. Elle a donné deux orfèvres. — Daniel, 1098
Louis-Jean-Népomucène Daucourt en 1815. D'après une miniature peinte sur toile.
DAUWALDEIt
DAVEL
L'iiv. 1771 et Henri-Benjamin, * 1717, à Morges. - Jean-Élie, 1776-1832, pasteur à Paris, à Morges, à Berne 1799-1816. Il revint ensuite à Lausanne où il s'adonna à la peinture. Auteur de plusieurs bonnes vues de Lausanne. — SKL. [M. R.]
DAUWALDER. Ancienne famille du Valais et de lîeatenberg. Autrefois son nom s'écrivait Doubwalder et Tubwalder. Du Valais, où la famille Taugwalder, Zumtaugwald existait déjà de bonne heure dans le district de la Viège, surtout dans la contrée de Zerma .1 1 (Praborgne), elle émigra dans l'Oberland bernois. En 1528, il est fait mention d'un Hans Dubwalder, domicilié à Beatenberg. Ce nom dérive d'un nom de lieu Taub-Wald, Taug-Wald (Berne, Valais) = forêt noire (voir Hubschmid dans Festschrift Bachmann 186, 187) — Peter, préfet de 1818 à 1831. De même un Peter, de Beatenberg, sculpteur, fit la belle fontaine de l'établissement des aliénés de la Waldau près de Berne ; il sculpta sous Abart, les deux ours en granit, placés précédemment à la porte d'Aarberg à Berne et qui sont actuellement devant le Musée historique. — Voir G. Buchmuller : St. Beatenberg, p. 65, 165, 229, 433, 586, 609. [G. B.]
DAUX. Famille de Lausanne, qui remonte à Anselme D'Auz ou de Alpirus, advocalus et habitant de Lausanne en 1330. Elle s'enrichit dans l'exercice du notariat et atteignit la noblesse au XVIe s. par l'acquisition de la mayorie de Crissier. A donné — 1. Louis, notaire et secrétaire du chapitre au milieu du XVe s., qui est peut-être l'auteur de la chronique de Moudon relatant les faits et gestes des évêques jusqu'à 1469. — 2. Isrrand, syndic de Lausanne en 1495, à la suite d'une révolution politique ; il travaillait en 1518 à établir l'autorité du duc de Savoie dans cette ville. — 3. Jean, petit-fils du n° 1, mayor de Crissier en 1547. — 4. Isbrand II, mayor de Crissier en 1564 et coseigneur de Prilly, entra au Conseil de Lausanne en 1581, boursier en 1583, élu bourgmestre de la ville le 5 septembre 1585. Isbrand Daux, qui paraît avoir été en relations avec le duc de Savoie dès son entrée au Conseil, complota avec lui pour lui livrer la ville. Le complot semble avoir été ourdi dès l'automne 1587, mais il n'éclata que l'hiver suivant. Il fut finalement convenu que le duc de Savoie débarquerait 1200 hommes à Ouchy et à Saint-Sulpice, que de là, nuitamment, ils monteraient à Lausanne et y entreraient par les portes de Saint-François et de Saint-Laurent, qui étaient aux mains des amis du bourgmestre. L'expédition serait dirigée par le baron d'Hermance, M. de Saint-Joire, et par le châtelain d'Évian, M. de Châtillon, qui était parent de l'un des conjurés. Un traité en due forme fut signé à Sauvillane en Piémont le 26 novembre 1588, suivant lequel le duc de Savoie promettait aux Lausannois de renouveller les franchises dont ils jouissaient sous les évêques et admettait le maintien de la religion protestante dans la ville. Le coup de main fut fixé à la nuit du 12 au 13 décembre. Mais cette nuit-là, une tempête empêcha les galères savoyardes de quitter Thonon. Il en fut de même la nuit suivante. Ce retard fut fatal aux conjurés. Un cousin d'Isbrand Daux, Isbrand de Crousaz, eut vent du complot et le dénonça au bailli bernois de Lausanne. Le bourgmestre l'apprit et il s'enfuit dans la nuit du 14 au 15 décembre, passa le lac avec les principaux complices, l'ancien bourgmestre de Saint - Cierges, le lieutenant baillival Bouvier. Les Bernois ne purent arrêter que des comparses, dont trois furent exécutés. Les biens des conjurés furent confisqués. Isbrand Daux mourut en Savoie. Son fils — ■ 5. Georges, seigneur de Prilly, qui avait suivi sa fortune, se convertit au catholicisme en 1607. Il a fait en France, dit-on, souche d'une famille de comtes d'Aux.
Voir Verdeil : Canton de Vaud. — Stettler : Chronik. — Du Bois Melly, dans les MDGXIX. -r- Reymond : La Conjuration d'Isbrand Daiix, dans BHV 1916 et 1917. [Maxime Rbymond.]
DAVAL (C. Valais). Iles formées par le Bhône entre Chippis et Chalais. Elles étaient autrefois un fief de l'évêché de Sion en mains successivement des familles de Sierre, de Rarogne, etc. Une famille venue pro-
bablement de Saint-Jean dans le val d'Anniviers en prit le nom. Celle-ci est mentionnée du XIIIe au XVe s. — Généalogie de Courten. — Arch. de la contrée. [Ta.]
DAVALL. Famille d'origine écossaise, devenue vaudoise à la fin du XVIIIe s. Armoiries : de gueules au lion d'azur accompagné de neuf fleurs de lys. — 1. Edmond, 1763-1798, botaniste, se fixa dans notre pays. On compte dans sa descendance plusieurs officiers supérieurs. — 2. Edmond, 1793-1860, son fils, colonel. —
3. ALFRED, 1830-1871, fils du n° 2, lieutenant-colonel cl instructeur d'artillerie. — 4. Emile, 1835-1896, fils du n° 2, lieutenant-colonel d'artillerie. En 1870, il dirigea à Berne le Bureau central de renseignements pour l'armée de l'Est internée en Suisse. Il fut chargé ensuite de rédiger un rapport d'ensemble sur l'internement des troupes du général Clinchant. Député au Grand Conseil vaudois 1888-1893. — Voir CL 30 mars 1896. [Si. R.]
DAVAZ (DAVATZ, da VATZ, de VATZ). Famille de Fanas (Grisons). — 1. Hans, podestat à Teglio 1659. — 2. Ulrich- Andréas, fils du n° 1, 1631-1716, landammann de la Ligue des X Juridictions en 1710 ; auparavant plusieurs fois landammann de la juridiction de Seewis. — 3. Johannes, fils du n° 1, 1630-1711, doyen de la Ligue des X Juridictions 1683-1711. —
4. Valentin, fils du n° 1, podestat de Bormio en 1687, de Plurs en 1705. — 5. Rudolf, fils du n° 3, 1667- 1742 capitaine en France, puis interprète de la légation française aux Grisons. — 6. Leonhard, fils du n° 3, 1656-1695, Dr médecin, f capitaine-lieutenant au service hollandais. — 7. Johannes, petit-fils du n" 3, podestat de Traona en 1713. — 8. Florian, 1842- 1894, instituteur à Poschiavo, maître secondaire à Coire, collaborateur et directeur du premier relief des Grisons, publia les Canzonette per le scuole italiane. — Voir Truog : Prddikanten. — Arbre généal. propr. de la famille. [J.-R. Tuuog.]
DAVEL. Famille vaudoise, d'origine incertaine, remontant à Pierre, lombard (maçon), demeurant à Riez sur Lutry à la fin du XVe s. — 1. Pierre, 1630-1680, d'une branche veveysanne de la famille, professeur de philosophie à l'académie de Lausanne 1661, puis de théologie en 1671, recteur en 1676. — 2. François, 1635-1676, diacre à Aigle 1665, pasteur à Morrens 1668. — 3. Jeau-Abram-Vaniel, dit le major Davel, fils du n° 2, * à Morrens en octobre 1670, fut notaire à Cully de 1688 à 1692. Il s'engagea ensuite dans un régiment anglais au Piémont, puis dans le régiment de Sacconay au service de Hollande, fit en qualité de lieutenant, capitaine et aide-major la campagne des Flandres, et rentra au pays en 1711. Il prit part l'année suivante, comme major de régiment, à la campagne de Villmergen, obtint la capitulation de Baden, et se distingua à la bataille de Villmergen ; rentra ensuite au pays et fut nommé en 1717 major de département. D'un caractère mélancolique, vivant volontiers dans l'isolement, de mœurs austères et de jugement sévère, il crut être appelé par Dieu, au moment de l'affaire du Consensus, à sauver le peuple vaudois tyrannisé par un gouvernement bernois qu'il jugeait antichrétien. Il avait été poussé à ce projet par les prédictions en 1691 d'une prophétesse cévenole protestante, que l'on ne connaît que sous le nom de la Belle Inconnue. Il le réalisa seul. Le 31 mars 1723, ayant réuni à Cully 600 hommes de troupes de son ressort, il les conduisit à Lausanne, les rangea en bataille sur la place de la cathédrale, et descendit avec ses officiers à l'hôtel de ville pour demander au Conseil de Lausanne de l'aider dans son dessein. Ce projet consistait à occuper le château de Lausanne — le bailli était à Berne — d'y proclamer le Pays de Vaud canton suisse, de mener rapidement des troupes par Moudon sur le pont de Gummenen, où il refoulerait toute attaque bernoise. Les magistrats lausannois ayant à leur tête le major et contrôleur Daniel de Crousaz, le leurrèrent de bonnes paroles, le retinrent la nuit chez de Crousaz et le lendemain matin le livrèrent aux autorités bernoises. Celles-ci furent d'abord grandement inquiètes, ne connaissant pas l'étendue du complot. Elles se rassurèrent, lorsqu'il leur fut démontré que Davel avait agi seul, sans
DAVEKIO