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ÉMIGRATION

une origine commune avec les von Emd. Voir art.

ROTEN, ZE. [L. Mr.]

ÉMERIC ou EMERY dit d'Espagne. Famille genevoise importante au XVe et XVIe s Armoiries : un chevron accompagné de trois étoiles. Bourgeoisie en (439. Henri, t 1491, syndic 1456, 1465, 1480, 1484. Conseiller à vie dès 1487, charge établie spécialement pour lui. — Voir Galiffe : Not. gén. II. — Arch. de Genève. — RC publiés. [H. F.]

ÉMERY. Nom de familles des cantons de Genève, du Valais et de Vaud.

A. Canton de Genève. Famille de Colovrcx, bourgeoise de Genève avec — 1. Martin, 1580-1645, fondeur de bronze, reçu gratuitement pour avoir refondu à ses frais les cloches du Seujet et du Pin. La cloche de l'Église de Chancy est de lui, 1634. — 2. André, fds du n° 1, * 1617, maître de la Monnaie de 1655 à 1674. — 3. * Jean, 1641, fils du n° 2, maître de la Monnaie de 1678 à 1689 et de 1701 à 17U2. — 4. Martin, 1643-1/23, filleul et successeur du n° 1, fournisseur de l'Arsenal genevois, auteur d'une belle pièce d'artillerie au millésime de 1680, emmenée à Vienne en 1814 et restituée en 1923. -- Voir Arch. de Genève. — SKL. — Covelle : LB. — Demole : Hist. monétaire de Genève. [H. F.]

B. Canton du Valais. Nom qui apparaît sous la forme Emerici dès le XIIIe s. dans la contrée de Sierre, d'où il passa à Lens. La famille a donné deux grands-châtelains du dizain de Sierre. — Pierre-Joseph-Simon, de Lens, curé de Nendaz 1772, chancelier de l'évèque de Sion, f 1808. — Gremaud. — Furrer : Statistique. — BWGII. [Ta. et J.-B.B.]

C. Canton de Vaud. Familles, l'une d'Étagnières, l'autre des Cullayes, qui remontent au XVIe s. — 1. Josias, 1730-1794, horloger, se fixa en Angleterre où il s'acquit du renom dans la fabrication des montres de marine et des pendules. — 2. Alfred, 1842-1889, des Cullayes, ingénieur à Lausanne, colonel du génie, ingénieur des lignes de la Broyé, du Tramelan-Tavannes, du Locle-Brenet, du Locle-Col-des-Roches. — 3. Alexandre, * 9 mars 1850, à Yverdon, hôtelier à Montreux, député au Grand Conseil vaudois 1889-1893, syndic du Châtelard 1901-1912, bourgeois d'honneur de cette commune 1912, conseiller national 1906-1912. L'un des plus actifs artisans du développement de la région de Montreux, promoteur de l'Office suisse du tourisme et de la fête des Narcisses. — 4. Louis, 1862- 1915, pasteur à Champvent 1888, professeur de théologie systématique à l'académie, puis université de Lausanne 1890, Dr h. c. de l'université de Genève 1909. Auteur d'une importante Introduction à la théologie protestante, de Récits d'histoire biblique, du Problème de la souffrance. — PS. — GL. [A. B.]

Une branche est bourgeoise de Vuissens (Fribourg) au XVIIe s., et de Rossens. — Livre d'or des fam. Vaud. — Regeste d'Hauterive. [G. Cx.]

EMEZO. Seul abbé connu du petit couvent de Bettenau près .Jonschwil, fondé par Saint-Gall. Un document du 4 oct. 903 le mentionne. — UStG II, 330. [J. M.]

ÉMIGRATION. A. L'émigration suisse avant 1800. L'émigration suisse à destination des autres pays européens était, avant le XVIIIe s., beaucoup plus importante que l'émigration d'outre-mer. De tout temps elle eut pour la Suisse une grande importance, car la pauvreté du sol et l'esprit aventureux poussèrent de bonne heure les Suisses hors de leurs frontières. Un exemple typique en est fourni par l'émigration périodique des (irisons vers la république sœur de Venise, qui commença au XII'" s. déjà. Au XVIIe' s. plus de 1000 (irisons étaient établis en Vénétie. Ils y exerçaientle métier de confiseurs et dès 1493 formèrent la corporation des scalelterie. Ils étaient aussi largement représentés dans d'autres corporations, entre autres dans celle des débitants d'eau-de-vie, fondée en 1618, puis dans celles des cordonniers, des rémouleurs et des vitriers. Pour être autorisés à exercer leur métier, les Grisons devaient payer une forte somme ; de plus le permis d'établissement était lié à la condition de servir, contre une solde, dans la Hotte de guerre, en cas de pénurie de rameurs. En 1603, un traité d'alliance, renou-

velé en 1706, fut conclu entre Venise et les Grisons. Ceux-ci obtinrent plusieurs concessions en échange de l'ouverture des cols alpestres. Le droit d'établissement et le libre exercice de commerce et d'industrie dans le territoire vénitien furent, entre autres, accordés à leurs ressortissants ; la tolérance et la protection contre l'inquisition garanties aux protestants. Le nombre des Grisons en Vénétie s'était en 1743 accru à tel point qu'ils constituaient la majorité dans de nombreuses corporations ; mais le gouvernement les supportait avec peine. En 1766, un conilit entre les deux républiques aboutit à la perte des privilèges dont les Grisons jouissaient, et leur activité de 500 à 600 ans en Vénétie prit fin.

L'émigration tessinoise commença au XIIIe s., époque de la construction des cathédrales. Les plus belles églises, les palais les plus élégants de la Lombardie, de la Vénétie, de la Toscane et d'à peu près toutes les régions importantes de l'Italie sont l'œuvre, totalement ou en partie, d'artistes tessinois, les maestri comacini ; ils se distinguèrent aussi pendant la Renaissance. Tandis que, dans les districts de Minusio et de Lugano, l'émigration resta subordonnée à des motifs artistiques, dans d'autres parties du canton, en particulier dans le Sopraceneri, les nécessités économiques en furent seules cause. Au XVe s. les habitants du val Blenio commencèrent à émigrer à Milan, centre de commerce et d'industrie. Ils y vendaient des marrons rôtis et apportèrent ainsi une nouvelle branche d'activité dans leurs vallées, à laquelle s'ajoutèrent plus tard la confiserie et l'industrie du chocolat. L'émigration toucha bientôt toutes les parties du canton ; elle fut organisée ; chaque région eut son but précis et sa spécialité, comme celle de cuisiniers, d'hôteliers, de ramoneurs, de vitriers, de ferblantiers et de plâtriers.

Les autres régions de la Suisse fournirent aussi leurs contingents à l'émigration. Des commerçants bâlois étaient établis à Milan et à Côme pour y écouler leurs étoffes ( Scliihiilzluch ) . Les Zuricois développèrent en Italie l'industrie des soieries, les Saint-Gallois celle des toiles, les Fribourgeois et les Bernois celle des draps, le commerce des bestiaux et des peaux. Mais ce fut par le service mercenaire que la plupart des Suisses se répandirent, à l'étranger ; de 1476 à 1850, la Suisse connut ces émigrations de soldats, d'une importance variable, que provoquaient la misère économique et la soif des aventures. De 1600 à 1750, les raisons politiques et religieuses jouèrent dans l'émigration un rôle capital. A côté des artisans, des valets de ferme, des commerçants, des mercenaires et des aventuriers, s'expatrièrent (en partie par contrainte) les anabaptistes que les autorités molestaient pour leurs principes communistes et même anarchiques. Fuyant l'oppression, ils se rendirent en masse en Moravie où l'empereur Maximilien II les attirait (1568-1576) ; plus tard ils s'établirent, avec d'autres persécutés politiques, dans l'évêché de Bâle et dans l'Allemagne du Sud. L'émigration subit une recrudescence après la guerre de Trente ans, dont souffrit aussi la Suisse. Un véritable flot se déversa de la Suisse sur les régions dépeuplées du Sud de l'Allemagne, en Souabe, en Wurtemberg, dans le grand duché du Bade, en Alsace, dans le Palatinat ; il provenait surtout des cantons réformés, carà lanécessitééconomiques'ajoutaient les poursuites contre les anabaptistes, qui étaient à l'ordre du jour. Lin compte-rendu de 1661 mentionne 4400 personnes ayant quitté les Vges zuricois seulement ; dans le canton de Berne l'émigration des anabaptistes atteignit son point culminant en 1671. Le Palatinat, spécialement, ne constitua pour les émigrants ou pour leurs fils ou petits-fils, qu'une étape dont ils repartirent vers 1700 en compagnie de nombreux indigènes. Dès lors, sous le nom de Palatins, les Suisses se répandirent dans le monde, en Hollande, en Prusse, en Danemark, en Russie, en Angleterre, dans la colonie du Cap, en Pensylvanie et en Caroline. C'est à ce nom erroné qu'il faut imputer le fait que la participation de la Suisse à la colonisation de l'Amérique et d'autres contrées par.iit bien moindre qu'elle ne le fut en réalité.

Les gouvernements ne reconnurent que tardivement le danger d'une émigration excessive qui dépeuplait le

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